Comme beaucoup des coureurs de Groupama-FDJ United, Guillaume Martin est revanchard ! Sans réussite sur les Grands Tours en 2025, le Normand veut revenir à son meilleur niveau et à nouveau briller sur les courses de trois semaines. Après la présentation de son équipe, le grimpeur français s'est arrêté au micro des journalistes pour s'exprimer sur la saison à venir.
« Le vélo, partout & toujours ici » sur https://www.cyclismactu.net / Cyclism'Actu
00:00Qu'est-ce qui te motive à repartir ? C'est une question, ce n'est pas qu'à toi, mais par exemple qui a été posée à Julien, à tous les trentenaires de ta génération.
00:11Qu'est-ce qui fait que tu as encore le plaisir de couvrir cette saison et de repartir avec le souverain ?
00:17Un peu de nouveauté, j'aurai quelques nouvelles courses à mon programme, un peu d'esprit de revanche aussi,
00:26parce que je sors d'une saison avec un petit goût d'inachevé, donc on a quand même un peu d'amour propre quand on est sportif et même à 32 ans,
00:38on ne se dit pas que tout est derrière nous et que tout est fait, on a encore envie de prouver certaines choses et j'ai encore cette envie-là.
00:48Et je pense que j'ai encore des choses à accomplir dans le vélo.
00:52C'est quoi ce goût d'inachevé parce que tu as quand même levé les bras ?
00:55Oui, mais une saison c'était 60-80 jours de course et donc je ne vais pas me satisfaire simplement des deux courses où j'ai pu effectivement lever les bras.
01:08Il y a eu pas mal de moments dans la saison précédente où j'ai eu l'impression de sous-performer,
01:14en tout cas de ne pas pouvoir exploiter, de ne pas être 100% opérationnel pour différentes raisons.
01:19J'ai eu une tendinite en début d'année, j'ai eu une fracture d'une vertèbre suite à une chute sur la Vuelta en fin de saison,
01:26un tour difficile pour d'autres raisons, plutôt des valeurs biologiques pas terribles.
01:30Donc voilà, finalement quand on met tout bout à bout, si je me retourne sur 2025,
01:35je me dis qu'il y a eu un mois, un mois et demi au printemps où j'étais gêné par rien, où j'ai pu exprimer tout mon potentiel.
01:44C'est pas assez, donc j'ai envie qu'en 2026, je puisse réaliser une saison pleine déjà, complètement m'exprimer.
01:53Qu'est-ce que tu attends de l'Australie justement, que tu vas découvrir ?
01:57Eh bien, casser un peu une routine qui peut s'installer après 10 ans chez les pros, répéter les mêmes stages.
02:06Je continue à habiter chez moi en Normandie, donc les hivers sont quand même assez rudes.
02:13C'est vrai que le fait de faire trois semaines au soleil, ça peut faire du bien physiologiquement,
02:20même au-delà de la course en elle-même, où j'essaierai bien sûr de faire le mieux possible.
02:25Mais ça reste une course quand même plutôt pour puncher que pour grimpeur.
02:28Mais je pense que cette longue période exposée à la chaleur pourra m'être profitable dès la reprise en Europe,
02:35ensuite en février, où j'espère bien performer déjà sur des courses comme le Tour de la Provence,
02:40ou autour des Alpes-Maritimes, très vite après l'Australie.
02:43Pour durer, c'est ça qui est aussi inévitable, c'est-à-dire se réinventer, aller chercher autre chose.
02:49Parce qu'il y a l'impression de refaire peut-être un petit peu la même chose chaque saison,
02:53mais aussi pour la tête, pour voir les choses un peu différemment, que ça soit bénéfique pour toute la saison.
02:59Je pense que tous les coureurs, toutes les personnes sont différentes.
03:03Il y a des gens qui, dans la routine, sont très heureuses.
03:07Et je connais des coureurs qui, pendant 10 ans, 15 ans, pour ainsi dire, ont les mêmes programmes
03:12et ne veulent surtout pas que ces programmes changent.
03:15Moi, j'ai plutôt un esprit un peu d'explorateur, je dirais.
03:20J'ai envie de profiter aussi quand même de ce métier pour voir des choses que je ne verrais pas autrement.
03:28Et donc, oui, c'est un long voyage d'Australie, ça implique de prendre l'avion.
03:36Donc, il y a aussi quelques concessions internes que je dois faire.
03:40Mais je me dis aussi que c'est une opportunité, que je n'irai pas là-bas autrement.
03:47Et voilà, j'ai toujours aussi conscience de la chance que c'est que d'être coureur cycliste professionnel,
03:55de pouvoir à la fois faire des voyages, rencontrer des gens.
03:59Enfin, c'est une vie particulière.
04:00Et j'ai envie, pour les dernières années qu'il me reste, de profiter de cette ville-là.
04:06Quand tu vois des mecs comme Yates Carrette, alors qu'il sort dans son 25 ans, c'est incroyable,
04:12ça te surprend ou c'est lié justement aussi à cette fatigue mentale qu'on peut avoir certains pour eux ?
04:17Je ne connais pas personnellement et je ne connais pas exactement les raisons qui justifient son arrêt.
04:25Mais par contre, c'est vrai que le sujet, on a parlé un peu pendant la conférence, de la fatigue mentale,
04:32de l'assitude, c'est quelque chose qui peut arriver dans n'importe quel métier,
04:37et dans le cyclisme en particulier, avec des saisons qui sont...
04:43Enfin, un sport qui est de plus en plus exigeant physiquement, mais aussi psychologiquement.
04:48Donc, il s'agit de ne pas tomber dans cette forme de burn-out et de rester...
04:54de garder une certaine fraîcheur.
04:56Et donc, ça peut passer par plein de biais, mais la nouveauté en est une, évidemment.
05:00Tu parles de ces dernières années, tu l'as déjà en tête, là, tu devais te dire
05:05« je m'arrête dans deux ans, dans trois ans », tu y as déjà réfléchi ?
05:10Allez, les questions de ce type, je pense qu'on arrive à un moment donné dans sa carrière
05:13où les questions de ce type commencent à arriver.
05:18Forcément, je commence à y penser, je pense que c'est sain aussi de se projeter sur la suite,
05:27même si je continue à vivre le présent intensément.
05:32Mais voilà, j'ai aussi la chance d'avoir, déjà pendant ma carrière,
05:38plusieurs choses en dehors du vélo, donc je ne suis pas très inquiet pour mon après-carrière non plus.
05:43Ta conscience écologique t'a fait douter d'aller en Australie ?
05:46Tu disais, voilà, mes réticences internes.
05:49Ben oui, oui, c'est sûr que c'est un sujet qui m'importe, qui continue de m'importer,
05:54malgré le fait que je m'entends un peu moins résonner dans l'espace public.
06:00Mais moi, je n'ai pas oublié ce sujet-là.
06:05Et donc, oui, je n'irai pas tous les ans en Australie.
06:12Et je dois aussi m'auto-convaincre en quelque sorte des raisons d'aller là-bas.
06:21Et je pense que je prendrai l'avion avec une forme de culpabilité.
06:26Mais déjà, cette conscience est déjà importante.
06:30Et je continue dans ma vie de tous les jours de mettre en place un maximum de choses
06:33pour être en accord avec moi-même sur ce sujet-là.
06:36Par le Tour de France, l'an dernier, on attendait un binôme Guillaume Martin-Guillonnais
06:42et David Gaudu sur le Tour de France.
06:44On va peut-être y avoir le droit cette année, alors ?
06:45C'est vrai que si je me replonge aussi à ce moment de la conférence de presse l'an dernier,
06:52on parlait beaucoup de ce binôme et des courses qu'on pourrait faire ensemble.
06:55Et puis finalement, il y a eu beaucoup de frustration là-dessus.
06:58On a tous les deux, je crois, fait des saisons un peu...
07:03Ouais, on a sous-performé.
07:05Et on n'a finalement quasiment pas couru ensemble, ni sur le Tour.
07:09Ça devait se passer sur la Vuelta.
07:11Cette fois, c'est moi qui suis parti assez vite dès la deuxième étape.
07:15Donc je ne sais pas, on ne va peut-être pas trop en parler aussi pour ne pas provoquer le...
07:19Même si je ne suis pas superstitieux, mais pas attirer le chat noir.
Écris le tout premier commentaire