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  • il y a 20 heures
Chaque week-end, Emilie Broussouloux vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00On prend maintenant la direction des Etats-Unis avec cette toute nouvelle information.
00:05C'est Donald Trump qui veut mettre la main sur le Groenland même s'il faut utiliser la force.
00:11Alors c'est vrai que c'est une musique qui monte, seulement ce soir il persiste et signe Donald Trump avec une toute nouvelle déclaration.
00:19Il y a à peine une heure. Antoine Ellard, vous êtes notre correspondant à Washington.
00:23Antoine, bonsoir. Vous avez écouté les mots de Donald Trump et cette fois il se montre même de plus en plus menaçant.
00:33Oui exactement. Il y a une chose qui est sûre, c'est que Donald Trump est déterminé à s'accaparer le Groenland de gré ou de force.
00:40Donald Trump dit que c'est une question de sécurité nationale pour contrer la Chine et la Russie.
00:45Alors pour atteindre cet objectif, il dit que la diplomatie c'est la piste privilégiée, l'option numéro 1.
00:50Mais si ça ne fonctionne pas, Trump se dit prêt aussi à recourir à la force. Écoutez.
00:58Nous allons faire quelque chose sur le Groenland, que ça leur plaise ou non.
01:03Parce que si on ne fait rien, la Chine ou la Russie vont s'en emparer.
01:06Et je ne veux pas de la Russie ou de la Chine comme voisin.
01:10Le fait qu'ils aient débarqué en bateau il y a 500 ans ne veut pas dire que le territoire leur appartient.
01:14On a besoin du Groenland, donc nous allons faire quelque chose, soit par la manière douce, soit par la manière forte.
01:20Alors à ce stade, ces menaces sont surtout une façon d'intimider le Danemark,
01:27de mettre la pression pour forcer le gouvernement danois à négocier et à conclure un accord.
01:32Mais attention, ce ne sont pas que des paroles en l'air.
01:35Il faut prendre très au sérieux ce que dit Donald Trump.
01:37D'abord parce que depuis l'attaque sur le Venezuela, le président américain se sent poussé des ailes,
01:41plus convaincu que jamais que la force l'emporte sur le droit international.
01:45Et puis aussi, rappelez-vous, le Groenland, c'est une vieille lubie de Donald Trump.
01:49Lors de son premier mandat, il avait déjà essayé d'acheter le territoire sans succès.
01:54Et s'il y a bien une chose qu'il caractérise depuis sa réélection,
01:57c'est qu'il veut accomplir tout ce qui n'a pas marché la première fois.
02:00C'est pour cette raison qu'il a placé au sein de l'administration uniquement des fidèles.
02:04Et ce qui fait qu'aujourd'hui, à la Maison-Blanche ou au Pentagone,
02:07il n'y a plus personne pour lui tenir tête et pour s'opposer à ses demandes.
02:11Merci beaucoup Antoine Hollard.
02:13Vous restez bien avec nous.
02:14On a d'autres questions à vous poser, évidemment en direct de Washington.
02:18On est avec Thierry Arnault et Rocaille Adialo pour en parler.
02:22Thierry Arnault, vous connaissez parfaitement ce dossier.
02:26Évidemment, Antoine le disait, c'est une vieille lubie de Donald Trump.
02:30Malgré tout, est-ce que là, il faut le prendre au sérieux,
02:32notamment après l'opération américaine au Venezuela ?
02:36Oui, il a l'air parfaitement déterminé cette fois-ci, bien sûr.
02:39Alors, le fait de brandir la force a surtout pour effet de vouloir faire accepter la méthode la plus douce,
02:46c'est-à-dire en quelque sorte brandir le bâton pour faire avaler la carotte.
02:49Et la carotte, c'est quoi la carotte ?
02:51Ce sont des espèces sonnantes et trébuchantes dans des proportions qui restent à déterminer.
02:56Combien d'argent on donne au Danemark ?
02:58Combien d'argent on donne à chacun des 58 000 habitants du Groenland ?
03:02Oui, alors ce chiffre-là a été avancé.
03:06Récemment, ce que je lisais ces derniers jours, on parlait plus de quelques dizaines,
03:10voire quelques centaines de milliers de dollars.
03:13Mais en tout cas, ce qui est clair, c'est que Donald Trump semble déterminé
03:16à planter le drapeau américain sur cette immense étendue qu'est le Groenland.
03:21Alors, il y a déjà une base militaire américaine qui s'appelle Pitoufik,
03:24entre 200 et 300 personnes.
03:27Et il y a des traités qui existent qui permettent aux États-Unis de déployer des forces beaucoup plus importantes
03:34tout en respectant les traités, ce que ne ferait pas évidemment cette conquête que souhaite le président américain.
03:41Mais il l'a dit très clairement.
03:42En fait, il considère que la nature géopolitique, c'est comme la nature tout court, à la horreur du vide,
03:47et que cette vaste étendue aujourd'hui, elle est au moins d'un petit pays
03:51qui n'a pas les moyens d'en assurer la sécurité et la défense.
03:54Et que comme c'est un emplacement totalement stratégique,
03:58si ce n'est pas les États-Unis qui l'occupent,
04:01eh bien ce sera soit la Chine, soit la Russie.
04:05Et dans ce cas-là, il aura une puissance hostile sur le continent nord-américain proche de lui.
04:10Donc voilà ce qu'elle est son raisonnement.
04:13Concrètement, il a de bonnes raisons de vouloir mettre la main sur le Groenland,
04:16à en croire ces arguments en tout cas.
04:19Alors, ceux qui sont d'un avis différent opposent les traités,
04:24puisque le Danemark est un pays de l'OTAN,
04:26et ça consisterait à attaquer un pays de l'OTAN en étant soi-même un pays de l'OTAN
04:32et en en étant la force principale.
04:33Donc de ce point de vue, ça n'a aucun sens.
04:35Et surtout, l'argument qui est retourné, c'est qu'aujourd'hui,
04:37rien n'empêche les États-Unis d'installer une présence militaire massive au Groenland,
04:43dit, si c'est ça aussi l'un des objectifs,
04:47de se mettre en situation d'aller exploiter des ressources naturelles
04:51qui sont présumées massives, de l'or, du gaz, des terres rares, etc.
04:57Donc dans l'état actuel des choses, il peut absolument faire ça
05:01sans faire en sorte, sans conquérir,
05:05sans faire en sorte que le Groenland soit un territoire américain,
05:08soit conquis par les États-Unis.
05:09Ce n'est pas une nécessité, en tout cas, de son point de vue à lui.
05:13Dans ces cas-là, la communauté internationale laisserait faire, d'après vous, Rokhaya Diallo ?
05:19Alors, je ne sais pas quels sont les moyens pour la communauté internationale
05:21de réagir si Donald Trump décide d'agir par la force.
05:24Mais ce qui est assez frappant dans ses propos,
05:26c'est qu'il s'inscrit vraiment dans une logique complètement coloniale
05:29qui était celle des États-Unis il y a plusieurs siècles.
05:32Il faut savoir que le Groenland est un territoire autonome aujourd'hui,
05:34mais qui a été colonisé par le Danemark.
05:36Jusqu'en 1979, c'était une colonie danoise.
05:38Et quand Donald Trump dit qu'il ne suffit pas d'avoir débarqué dans un territoire
05:42il y a 500 ans pour en être le propriétaire,
05:46il s'inscrit en fait un peu dans l'idée que finalement,
05:49le monde entier peut s'acheter, peut s'acquérir par la force
05:52ou par des moyens financiers.
05:54Et d'autres présidents américains avant lui,
05:56comme Andrew Johnson, avaient tenté d'acheter le Groenland.
06:00Et en fait, les États-Unis se sont élargis justement par des acquisitions.
06:04Ils ont acheté la Louisiane à la France au début du XIXe siècle.
06:06Un demi-siède plus tard, ils ont acheté l'Alaska à la Russie.
06:09Et Donald Trump semble penser qu'on est exactement à la même époque.
06:12Et ce qui est assez frappant, c'est que non seulement il trahit un allié,
06:15qui est le Danemark, il faut savoir que dans l'opinion danoise,
06:17il y a énormément de ressentiments,
06:19puisque le Danemark avait suivi les États-Unis en Afghanistan
06:23et qu'il y a une quarantaine de militaires danois
06:24qui sont morts pour soutenir les États-Unis en Afghanistan.
06:27Donc pour eux, c'est extrêmement violent.
06:29Et qu'en fait, les Groenlandais ne sont pas considérés.
06:31C'est un territoire qui est autonome.
06:33La majorité des Groenlandais ne veulent ni être américains
06:36ni être achetés par les États-Unis.
06:38Et en réalité, les sondages montrent qu'ils ont même envie d'être...
06:39Ils ont même envie de rester dans le giron du Danemark.
06:41En tout cas, l'opinion souhaite une indépendance.
06:44C'est-à-dire qu'ils n'ont pas les moyens d'une défense militaire,
06:47mais ils aimeraient, en tout cas en termes d'opinion, être indépendants.
06:5090% de la population groenlandaise, pour donner une idée,
06:53est une population native d'origine inuite.
06:55Donc ça, c'est aussi important de le préciser.
06:57Et ça, Donald Trump n'en tient pas compte.
06:58Il pense vraiment qu'on peut tout acheter,
07:01conquérir tous les territoires, comme à l'époque coloniale.
07:03Comment réagit le Groenland ces derniers jours, Thierry Arnault ?
07:07Alors, il y a un grand succès dans la vente de maillots et de t-shirts
07:13sur lesquels il est écrit « Le Groenland n'est pas à vendre ».
07:16Voilà, donc je pense que c'est de manière très concrète la réponse à votre question.
07:21Effectivement, comme le dit Rocaille, il n'est pas question d'accepter cette offre américaine,
07:27cette volonté américaine.
07:30Pour autant, on voit bien qu'il y a une pression extrêmement forte.
07:33Le fait de brandir l'intervention militaire, c'est évidemment une façon de dire,
07:37encore une fois, comme je vous le disais,
07:39si vous voulez éviter la méthode forte, il y a la méthode plus douce.
07:44Et Marco Rubio, que l'on aperçoit derrière vous, le secrétaire d'État américain,
07:49le ministre des Affaires étrangères, dans quelques jours,
07:52va s'entretenir avec des responsables danois.
07:54Et on verra sur quoi débouchent ces discussions.
07:56Mais il y a évidemment beaucoup d'inquiétudes du côté du Danemark,
08:00et pas seulement du côté de l'Europe aussi.
08:03Donald Trump, il vient d'accorder un long entretien aux journalistes du New York Times.
08:08Il leur a parlé pendant des heures.
08:10Et lorsqu'on l'interrogeait sur le Groenland, mais aussi sur le Venezuela,
08:13et on lui disait au fond quelles sont les limites,
08:16et on lui demandait dans quelle mesure il se sentait contraint par le droit international,
08:23il a dit que sa réponse est « ça dépend ce qu'on entend par droit international ».
08:27Moi, ma limite, dit-il, textuellement, c'est ma moralité, mon sens moral,
08:33et « my mind », dit-il en anglais, c'est-à-dire en gros ce que je pense, mon opinion.
08:38Et c'est ça la seule limite, ce qui est assez fou quand même,
08:41quand on y pense qu'un président des États-Unis puisse dire ça,
08:43qu'il fixe à son action, aussi bien évidemment sur le territoire américain,
08:48mais sur l'ensemble du monde.
08:51Et on voit bien qu'on a le sentiment de plus en plus qu'alors que Donald Trump a fait campagne
08:56en disant « l'Amérique en premier », « America first », « l'Amérique d'abord »,
09:01ces derniers jours, on a plutôt l'impression que c'est l'Amérique partout, en fait.
09:05– Oui, je voudrais rebondir justement sur ce que vous disiez dans son entretien au New York Times,
09:09c'est vrai qu'il y a une phrase extrêmement forte où il dit qu'il sait qu'il faudra sans doute choisir
09:14entre la préservation de l'intégrité de l'OTAN ou le contrôle du territoire danois.
09:19Est-ce qu'on n'a pas été aussi proche de l'éclatement de l'OTAN, finalement ?
09:24– Ce qui est certain, c'est que s'il s'en prend par la force à un territoire qui fait partie de l'OTAN,
09:29eh bien il le fait imploser, de fait, parce que c'est un accord de protection mutuelle,
09:35un accord de solidarité, et là, en fait, il attaquerait un partenaire de l'intérieur.
09:42Et donc, de fait, ça rendrait l'OTAN inopérant, parce que que peut l'Europe pour répondre à ça ?
09:48Quelle que soit la décision que prend l'Union européenne, enfin les pays de l'Union européenne
09:52ou d'autres pays de l'OTAN, pour réagir contre la possible annexion du territoire de Donald Trump,
09:58ce sera une décision qui mettra fin, de facto, à la pertinence même de l'OTAN.
10:07Donc je crois qu'effectivement, en tout cas, si Donald Trump va jusqu'au bout de sa logique,
10:11on est effectivement au bord de l'implosion.
10:13– Et donc, si jamais il attaque le Groenland, ce serait la fin de l'OTAN.
10:17Antoine Hollard, est-ce qu'au fond, ce n'est pas exactement ce qu'il veut de Donald Trump, depuis le début ?
10:25– Écoutez, ça, je ne peux pas répondre à cette question, je n'en sais rien.
10:29Donald Trump lui-même, d'ailleurs, ne le sait pas.
10:32Il y a aussi une question un peu d'ego pour Donald Trump dans cette histoire.
10:35Il veut aussi être le président qui restera dans l'histoire,
10:39comme celui qui a agrandi le territoire américain.
10:42Ça aussi, c'est un peu une lubie de Donald Trump.
10:43Vous savez, c'est son dernier mandat. Dans trois ans, il doit quitter la Maison-Blanche.
10:46Il ne peut pas se représenter, puisque c'est son deuxième et dernier mandat.
10:50Et donc, Donald Trump, aujourd'hui, pense aussi à l'héritage qu'il va laisser,
10:53à sa trace qu'il va laisser dans l'histoire.
10:55C'est pour cette raison qu'il entreprend des travaux gigantesques à la Maison-Blanche,
10:59pour créer une grande salle de balle.
11:00C'est pour cette raison qu'il met son nom un peu partout,
11:02sur des bâtiments publics ici, à Washington.
11:04Il a récemment rebaptisé le Kennedy Center, le Trump Kennedy Center.
11:08Et c'est donc aussi pour cette raison qu'il veut mettre la main sur le Groenland,
11:12pour rester comme le président qui a agrandi le territoire américain.
11:16Merci beaucoup, Antoine Lard.
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