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00:00Générique
00:00Et bonsoir et bienvenue dans ce premier numéro d'une semaine dans le monde de l'année 2026,
00:10une année qui débute avec fracas, avec à mes côtés ce soir Ziyad Limam, directeur du mensuel Afrique Magazine.
00:17Bonsoir Ziyad et bonne année. Je montre à nouveau Ziyad le numéro de décembre-janvier 2026,
00:22l'Afrique du futur et la révolution, IA en marche sur le continent africain.
00:26Avec nous également ce soir, Alexandra Schwarzbrod, directrice adjointe de la rédaction de Libération,
00:33à la une du journal Cejour, qui peut encore sauver le Groenland ?
00:37On y reviendra bien évidemment largement dans quelques minutes.
00:41Face à vous Jean-Christophe Ploquin, bonsoir Jean-Christophe, rédacteur en chef et éditorialiste à La Croix,
00:45à la une de ce vendredi Jean-Christophe, l'accord UE Mercosur, 26 ans de psychodrame,
00:50et à la une de l'hebdo, un an de présidence Trump sous le regard de l'Amérique ordinaire.
00:54Et une belle interview de Thierry Breton, une longue interview de Thierry Breton,
00:58visée par une interdiction du visa aux Etats-Unis.
01:01Absolument, et qu'on ira donc ce week-end.
01:03Merci Jean-Christophe, et puis Eric Truant était avec nous ce soir,
01:05dessinateur et membre de Cartooning for Peace.
01:08Merci à vous également d'être avec nous ce soir, Eric.
01:11Au sommaire donc ce soir de cette émission, ce premier coup de tonnerre de l'année 2026,
01:15avec l'opération américaine au Venezuela, frappe, capture et exfiltration de Nicolas Maduro,
01:21désormais jugé sur le sol américain.
01:23Un retour en force de la doctrine Monroe à la sauce Trump,
01:26qui bouleverse une nouvelle fois l'ordre international.
01:29Et puis le président américain annonce qu'il pourrait s'en prendre dans quelques semaines au Groenland,
01:34dont les Etats-Unis ont selon lui besoin.
01:36Et plus que jamais, l'Europe apparaît pour le moins impuissante face à ce président américain,
01:40dont le soutien à l'Ukraine est par ailleurs indispensable.
01:43Et puis autre cible potentielle du président Trump, l'Iran,
01:47alors que Donald Trump menace le régime d'une intervention en cas de répression des manifestants, dit-il.
01:53Ceux-ci battent, ces derniers, battent le pavé depuis deux semaines maintenant dans de nombreuses villes du pays.
01:58Un mouvement à l'origine contre la vie chère, mais qui a pris une tournure politique.
02:02Alors le régime des Mollah est-il en péril ?
02:04Le guide suprême promet en tout cas qu'il ne reculera pas face aux manifestants.
02:11Voilà, ce sont des images qui ont littéralement sidéré la planète,
02:15la capture puis l'exfiltration du président vénézuélien et de son épouse,
02:19depuis présenter un juge new-yorkais, inculpé entre autres pour un narco-terrorisme.
02:24Une intervention américaine en dehors de toute l'égalité internationale
02:26que les Trumpistes justifient par la nature du régime Maduro.
02:29Mais Donald Trump ne s'en est pas caché.
02:32Mais c'est aussi et surtout le sous-sol du Venezuela qui l'intéresse,
02:35le pays détenant les premières réserves de pétrole de la planète.
02:38Alors assiste-t-on à une nouvelle forme d'impérialisme américain ?
02:42On va écouter tout de suite Donald Trump.
02:45Nous devons d'abord reconstruire ce pays.
02:48Après, il y aura une élection, mais il ne saurait même pas en organiser une aujourd'hui.
02:52Le pays est devenu un pays du tiers-monde et il ne saurait pas faire une élection.
02:57On va reconstruire les infrastructures pétrolières et les gérer.
02:59Après, on fera ça bien et ça va rapporter beaucoup d'argent.
03:03On reconstruira ce pays et seulement après cela, il y aura des élections.
03:07Alexandra, c'est donc un retour en force de la doctrine Monroe du début du XIXe siècle à la sauce Trump,
03:14si je puis dire, les États-Unis qui dictent donc leur loi, la Pax Americana, sur cette partie du monde.
03:20Oui, absolument.
03:21C'est ce à quoi on est en train d'assister.
03:23Mais il n'y a pas seulement, pas que Trump.
03:24Il y a Vladimir Poutine aussi de son côté qui veut reconstituer l'Empire russe avec les anciens satellites soviétiques.
03:31Donc on voit vraiment qu'il y a en ce moment trois sphères d'influence qui sont en train de se reconstituer,
03:40qui essayent de se reconstituer.
03:42Alors il y a une dimension nouvelle avec Donald Trump, c'est que c'est d'abord un businessman Donald Trump.
03:48Et on voit bien que toutes les cibles qu'il vise, le Venezuela, vous l'avez dit, est la première réserve de pétrole au monde.
03:55Donc c'est énorme. Et on a interviewé dans Libération aujourd'hui un chercheur qui explique bien que qui détient les réserves d'énergie,
04:06qui détient l'énergie de demain, contrôlera le monde.
04:11Et ça, Donald Trump, il en a bien conscience.
04:13Le Groenland, on va en parler aussi, ce sont des réserves de terres rares, énormes.
04:18Donc il y a la notion aussi business chez Donald Trump.
04:21Et d'ailleurs, au Moyen-Orient aussi, puisque son but, c'est de reconstituer, enfin d'essayer de créer un lien avec les puissances pétrolières du Golfe,
04:31là aussi dans un contexte de business.
04:33Donc il y a cette envie de reconstituer l'Empire, les sphères d'influence de l'Amérique,
04:40mais avec cette dimension business qui est très importante pour lui et pour son entourage.
04:46Parce qu'on voit bien qu'il a constitué, il est entouré de gens, notamment son gendre,
04:52qui sont dans l'immobilier, dans l'énergie.
04:55Et c'est vraiment le fric qui les anime aussi, enfin surtout.
05:00Ziyad, effectivement, un impérialisme totalement assumé et totalement business, comme l'a dit Alexandra.
05:07Même pas maquillé, comme ce fut le temps, du temps jadis, en opération pro-démocratie,
05:13comme c'était le cas par exemple dans les années 80.
05:15Que dire de cette transparence de Trump sur ses intentions ?
05:18Ce qui est assez incroyable, c'est que si on écoute Trump il y a un an, c'est exactement le contraire.
05:24C'est je reste aux Etats-Unis, je ne fais pas de guerre, je ne vais pas à l'extérieur.
05:27America first.
05:28America first, c'est la grande époque G.D. Vance, c'est l'Amérique sur elle-même qui règle ses problèmes, etc.
05:34Et en quelques mois, on est basculé de ce paradigme américain à une Amérique conquérante qui règle ses comptes.
05:42Il ne faut pas oublier que Maduro, il est sur la liste noire américaine déjà depuis un certain temps.
05:47C'est-à-dire que c'est Trump qui fait le dernier chapitre, mais...
05:49Oui, ça a commencé sous Barack Obama.
05:51...et Maduro sont des gens qui sont dans le collimateur de l'Amérique depuis très longtemps par gauchisme supposé,
05:57alliance avec Moscou, Cuba qui est, comme vous le savez, générateur de votes aux Etats-Unis
06:03et que Cuba en fait est maintenu en vie par le Venezuela.
06:08Mais ce qui me choque vraiment, moi, je peux aller assez loin dans le cynisme.
06:13On va chercher Maduro, on règle un compte, on met Maduro en prison.
06:17Enfin, ce n'est pas gagné d'ailleurs, parce que le procès, il faut qu'il ait lieu.
06:20Le juge, les tribunaux américains, ce n'est quand même pas non plus l'Albanie.
06:24Donc, on va voir comment ça se passe.
06:26Mais ce qui est fou, c'est le côté prise de contrôle d'un pays.
06:30Et le Venezuela, ce n'est pas un petit pays.
06:32On parle d'un pays de 35, 36 millions d'habitants avec une longue histoire, une longue histoire très compliquée.
06:39Ils ont été très pro-américains à un moment avec un régime qui était corrompu jusqu'aux yeux,
06:43qui a d'ailleurs généré le chavisme.
06:46Le chavisme est venu en réaction d'une oligarchie vénézuélienne qui, contrairement à ce qu'on dit, était totalement corrompue.
06:53Donc, ce pays, je ne vois pas comment on va dire à ces élites d'être des collabos, parce que c'est ça.
06:59Vous allez être des collabos de l'Amérique.
07:02On va prendre vos recherches.
07:03Je n'arrive même pas à comprendre l'argument.
07:05J'ai entendu des magas à la radio ce matin qui disaient, oui, mais ils nous l'ont volé, le pétrole.
07:08Donc, on revient à l'époque près de Chavez.
07:11C'était les sociétés américaines, un peu comme à Cuba, les sociétés sucrières.
07:15Donc, on est quand même dans un grand délire colonial, assumé,
07:19mais qui, à mon avis, va se heurter à la réalité du monde, comme je dis souvent sur ce plateau,
07:24comme ils se heurtent à la réalité du monde au Moyen-Orient avec une situation absolument inextricable à Gaza
07:29et qui est scandaleuse, comme ils se heurteront avec l'Iran, si on en parlera tout à l'heure.
07:34Et donc, l'Amérique est toute puissante.
07:36Elle a des capacités militaires qui sont impressionnantes, elle l'a montré,
07:39mais elle est gérée, un pays qui, d'ailleurs, est par ailleurs assez largement armé en termes de milices,
07:46de différentes variées, de trafiquants.
07:48Enfin, bon, c'est pas...
07:49Voilà, je suis très, très surpris que tout ça passe crème aux États-Unis sans que personne ne se dise...
07:54Ça commence à monter, mais...
07:57Et Maduro a été donc exfiltré, mais le régime, lui, reste quand même en place.
08:02En tout cas, la relève est assurée par Delcey Rodriguez,
08:04donc la vice-présidente, enfin, jusque-là, vice-présidente du Venezuela.
08:09Une figure acceptable pour Donald Trump.
08:11C'est une vision, effectivement, de la transition comme d'une collaboration, comme disait Ziad.
08:16C'est ça, le plan de Donald Trump pour la transition au Venezuela ?
08:20Alors, c'est ce qui semble se dessiner.
08:23Lorsque Donald Trump est intervenu, il a notamment écarté l'hypothèse Machado,
08:27donc la leader de l'opposition...
08:29Qui va quand même recevoir à la mi-janvier la prix Nobel de la paix,
08:32qui, d'ailleurs, dit, dans une déclaration assez surprenante aujourd'hui,
08:36qu'elle va lui remettre le prix Nobel de la paix à la Maison-Blanche.
08:39C'est consternant pour les deux.
08:41C'est réaliste.
08:43Et ça n'a rien changé, sans doute, à son sort à elle.
08:45Voilà, ce qu'on voit, ce qui a été posé durant les premières heures et les premiers jours,
08:50effectivement, c'est essayer de conserver le régime en place,
08:54mais de négocier avec lui, le régime vénézuélien,
08:56mais de négocier avec lui pour, justement, les accès américains au pétrole...
09:02Donc, c'est toujours la stratégie du deal de Donald Trump, quoi.
09:05Ce qui est quand même intéressant, c'est de voir que c'est à l'opposé de la stratégie
09:09que les États-Unis de George Bush avaient utilisée en Irak.
09:12Où là, en 2003, c'était au contraire...
09:16Évidemment, on chasse Saddam Hussein, mais aussi...
09:19Toute l'armée, oui.
09:19C'est ce qu'on avait appelé la débasification,
09:22c'est-à-dire que le parti d'État qui contrôlait tout l'Irak de Saddam Hussein,
09:27ils ont été tous virés, les militaires de haut rang ont été tous virés,
09:32et donc l'Irak s'est retrouvé sans structure dirigeante,
09:35et ça a favorisé, très vraisemblablement, le chaos, ensuite,
09:39qui a plongé l'Irak dans l'horreur.
09:42Donc là, visiblement, les Américains apprennent, quand même, de temps en temps de leur leçon,
09:46et donc ils n'ont pas imaginé un scénario à l'irakienne,
09:48mais plutôt de maintenir le régime en place,
09:52et qui est un régime qui était à la fois extrêmement idéologique,
09:57quand on entendait les discours de Maduro,
09:59ou quand on voit d'où venait Chavez,
10:01c'était effectivement une idéologie de gauche très, très puissante,
10:06mais qui, sans doute aussi, a des éléments qui peuvent faire preuve de pragmatisme,
10:12et l'ex-vice-présidente, qui est aujourd'hui présidente par intérim,
10:17était parmi le quintet un petit peu dirigeant,
10:21était identifié comme l'une de celles qui pouvait, effectivement, faire preuve de pragmatisme.
10:25Alors, il y a aussi, sans doute, une envie de la part de Trump de diversion, de faire diversion,
10:32parce qu'on a bien vu qu'en interne, il y a les midterms qui arrivent prochainement,
10:38enfin, à la fin de l'année,
10:40et c'est vrai que la situation économique n'est pas extraordinaire aux Etats-Unis.
10:45Certains Américains, même, qui ont voté Trump,
10:49commencent à se demander où il va, pourquoi, comment.
10:52Mais il doit être déboutoulé, justement, par ses promesses d'América first,
10:55et puis maintenant, on intervient à l'extérieur.
10:56Oui, mais bon, vous avez vu, il fait le cacou,
11:00sa conférence de presse était sidérante, sidérante,
11:05où je suis le meilleur, j'ai réussi un truc extraordinaire qu'on n'a jamais vu.
11:08Je pense que ça peut marcher auprès d'une partie de son électorat.
11:13On va voir, la suite va dire si, sur le moyen terme, ça marche,
11:16parce que, comme vous le disiez très bien, il n'a pas été élu pour ça, ça c'est clair.
11:20Mais ça permet quand même de faire diversion, de montrer quand même qu'il est le plus fort,
11:24et ça, ça plaît beaucoup à une partie de son électorat,
11:28et puis de faire peut-être diversion, parce que sur la guerre en Ukraine,
11:33qu'il avait dit qu'il réglerait en 24 heures, on voit bien qu'on n'y est pas encore.
11:38Ça patine, il n'arrive pas à faire plier Vladimir Poutine.
11:43Au Proche-Orient, bon, ça s'est très bien passé avec Benyamin Netanyahou la semaine dernière,
11:48mais c'est quand même pas ça.
11:51Gaza est dans une situation catastrophique, c'est un mouroir.
11:55La Cisjordanie, c'est terrible aussi.
11:58Et voilà, il voit bien les remontées.
12:01Donc voilà, le Venezuela, ça permet de faire diversion de tout ça,
12:05et de le faire apparaître en majesté,
12:07alors que sa cote de popularité était en train de dégringoler.
12:12Et en même temps, pardon, si je peux ajouter,
12:14il y a quand même cette attention à l'Amérique latine,
12:16qui est quand même un fait majeur aujourd'hui de cette administration,
12:20c'est-à-dire que dans la nouvelle doctrine de sécurité nationale,
12:24l'Amérique latine, enfin voilà ce qu'ils appellent maintenant,
12:26l'administration Trump, l'hémisphère occidental.
12:29J'avoue, je n'ai toujours pas compris ce que ça veut dire,
12:31parce qu'un hémisphère, pour moi, c'est un peu la moitié d'une sphère,
12:33et là, il désigne quelque chose qui est complètement, voilà,
12:37toutes les Amériques en quelque sorte.
12:38Mais en tout cas, ça fait vraiment partie de la priorité aujourd'hui,
12:44on va dire avec la Chine, le fait d'être vraiment très influent
12:47et d'intervenir effectivement en Amérique latine.
12:51Et on voit bien qu'il y a aussi un dialogue, entre guillemets,
12:55qui s'engage avec la Colombie pour faire un peu plier le président de Pétro,
12:59mais aussi s'arranger pour avoir un candidat trumpiste
13:03qui soit élu aux élections présidentielles de mai prochain en Colombie.
13:08Donc voilà, et puis il y a ce que Marco Rubio, le secrétaire d'État,
13:11disait sur Cuba.
13:12Marco Rubio, qui est un descendant de Cuba,
13:14et donc il a, lui, un enjeu personnel avec Cuba et avec le régime castriste.
13:18Donc cette attention de l'administration sur l'Amérique latine,
13:22je pense qu'il va y avoir d'autres événements durant l'année 2026.
13:28Truant, les dessins sur ce premier thème ?
13:31Alors on en a reçu beaucoup, beaucoup, beaucoup.
13:34J'ai essayé de vous faire une sélection qui nous venait d'Amérique latine,
13:37justement, pour avoir une vision qui soit un peu au cœur du sujet.
13:41Donc un premier dessin qui nous vient de Venezuela,
13:44du dessinateur Veil, qu'on voit à l'écran.
13:46Alors là, ça résume un peu, en tout cas, la vision de Veil
13:49et d'une partie de la population du Venezuela,
13:52qui, comme le disait Ziad, pour qui ça ne passe pas crème.
13:56Et où on voit, effectivement, le marionnettiste Trump,
14:00la fratrie Rodriguez, donc la présidente par intérim,
14:03et son frère, le président de l'Assemblée nationale, je crois,
14:06qui lisent, alors je vais vous épargner mon espagnol,
14:09jamais fidèle, et ce qu'on imaginait être plutôt des militaires,
14:14ou en tout cas les soutiens du régime actuel,
14:16toujours des traîtres.
14:17Et un pauvre vénézuélien qui tient un ticket de caisse,
14:20parce que c'est aussi de problèmes économiques énormes dont on parle.
14:23Un second dessin qui nous vient de l'Équateur, donc un voisin,
14:27donc qui dit à peu près la même chose,
14:29mais dont je trouvais la simplicité assez éloquente.
14:32A bas l'impérialisme, donc là, c'est plutôt l'hypocrisie du régime dont on parle,
14:37puisqu'on voit que ce à bas l'impérialisme,
14:40qui a été brandi pendant des décennies,
14:42sert de tapis rouge au roi Trump.
14:45Un troisième dessin qui nous vient toujours de l'Amérique latine, de Cuba,
14:48du dessinateur Mongo, le précédent venait de Bonille,
14:51où là, effectivement, on en parle beaucoup,
14:55et c'est aussi la raison à peine cachée, voire pas du tout cachée,
15:00de l'invasion et de la capture,
15:02avec un Maduro qui n'est pas plus qu'un symbole ici crucifié
15:05sur l'autel du pétrole et des ressources naturelles,
15:08et le faucon aigle américain.
15:11Un avant-dernier dessin qui nous vient toujours du continent américain,
15:15où, ah, on va passer directement au dessin qui nous vient du continent européen,
15:19puisque c'est un dessin que j'ai commis moi-même.
15:22Quel avenir pour le Venezuela ?
15:24On n'a pas d'idée, mais on a du pétrole.
15:25C'est l'heure.
15:26Merci beaucoup, Truant, pour ces dessins sur le Venezuela.
15:31Thème numéro 2 d'une semaine dans le monde ce soir.
15:33Quid donc maintenant de la suite ?
15:36Donald Trump menace désormais le Groenland,
15:38territoire autonome rattaché au Danemark,
15:40qui fait donc partie de l'Union européenne et de l'OTAN.
15:42Le président américain estime que les États-Unis ont besoin,
15:45dit-il, de ce territoire pour la sécurité nationale des États-Unis,
15:49et qu'ils vont s'occuper de ce dossier d'ici quelques semaines.
15:52La première ministre danoise avertit si les États-Unis choisissent d'attaquer un autre pays de l'OTAN,
15:57alors tout s'arrête, toute la sécurité mise en place depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
16:01Les Européens, eux, ne frappent toujours pas du poing sur la table,
16:04les mains liées sans doute par l'indispensable soutien américain à l'Ukraine.
16:07Avancée d'ailleurs cette semaine, on y reviendra lors de la réunion de la coalition des volontaires à Paris.
16:12On va tout d'abord écouter la première ministre danoise.
16:15Si les États-Unis décident d'attaquer militairement un autre pays membre de l'OTAN,
16:19alors ce sera la fin de tout.
16:22Cela inclut les accords concernant la sécurité telles qu'ils sont en place depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
16:28Ziad, annexion du Groenland dans les prochains mois, avec peut-être des soldats sur place,
16:33est-ce que c'est un scénario dystopique ou c'est possible ?
16:36Non, non, ce n'est pas dystopique.
16:37D'abord, on finit par croire Donald Trump.
16:39Maintenant, quand il dit quelque chose, déjà la première fois, on sait qu'il veut, qu'il peut et qu'il y a un certain nombre de gens dans l'administration américaine.
16:49Ça aussi, je pense que c'est important de le rappeler, qu'ils sont en ligne avec ça.
16:53Ce n'est pas lui tout seul, Uberois, dans son bureau, qui appuie sur des boutons.
16:57Il y a une machine qui répond aux ordres.
16:58Il y a des gens qui théorisent, il y a des gens qui exécutent, il y a des militaires qui font.
17:03Donc, ce n'est pas du tout dystopique.
17:06C'est une vieille lubie américaine.
17:08Ce n'est pas depuis six mois ou un an.
17:10Ça fait déjà des années que les Américains imaginent acheter le Groenland.
17:14Et encore une fois, si on fait un peu preuve de cynisme, si on déplace la caméra au-dessus de la Terre et non pas comme ça,
17:21on s'aperçoit à quel point le Groenland est au cœur des enjeux de l'Arctique,
17:25mais réellement au cœur des enjeux de l'Arctique, parce qu'il touche presque les États-Unis.
17:29Il touche le Canada, la Russie, la Chine.
17:31On est vraiment sur le pôle.
17:33Et donc, je comprends très bien, d'une certaine manière, que les Américains s'agitent.
17:37Mais ils s'agitent parce qu'en réalité, ils ont des accords.
17:41Ils ont des bases au Groenland qui sont déjà là.
17:43Tout ça pourrait très bien se passer.
17:45Et c'est là qu'on rentre dans la moulinette trumpienne, l'hémisphère, etc.
17:51Je ne pense pas qu'il y aura la guerre sur le Groenland.
17:53Mais un lent étranglement du dossier, des pressions, de l'argent.
18:01Ils ont quand même humilié les Danois de manière très spectaculaire.
18:04Le Danemark est un des pays les plus pro-américains d'Europe, avec des accords même secrets.
18:08J'ai vu passer des infos aujourd'hui comme quoi ils auraient aidé les Américains à écouter Angela Merkel.
18:13Donc quand même, ils sont plutôt leurs potes.
18:15Eh bien, ce pays qui est leur pote, ils l'ont humilié.
18:19Ils savent que l'Europe est totalement désunie sur ce type de dossier,
18:23parce que ça supposerait une solidarité politique et militaire qui n'existe pas.
18:27Et on est, vous l'avez tous dit, main liée par le dossier ukrainien.
18:31Donc les Américains ont la main.
18:33Ce n'est pas un dossier aussi spectaculaire que le Venezuela, que l'Amérique latine, que le Cuba, etc.
18:39Mais il ne faut pas dire dystopique, possible.
18:44Et Alexandra, là aussi, c'est le sous-sol et les ressources du sous-sol du Groenland qui l'intéressent ?
18:50Oui, c'est à la fois le sous-sol, parce qu'on sait que les terres rares,
18:53c'est surtout la Chine, détient beaucoup de terres rares.
18:57Et on sait que les terres rares sont indispensables pour toutes les hautes technologies, nos smartphones.
19:01Notamment l'IA.
19:02L'IA, voilà.
19:03Donc c'est vraiment les matières dont il va falloir avoir besoin dans les années à venir,
19:08qu'il va falloir détenir.
19:10Donc Donald Trump, là, sait qu'il a une manne sur laquelle il peut mettre la main.
19:15C'est aussi les routes maritimes, vous en avez parlé.
19:18C'est vraiment un emplacement stratégique.
19:21Mais ce qui est intéressant, c'est que, comme vous l'avez dit aussi,
19:25il n'a pas forcément besoin d'envahir militairement le Groenland.
19:29Le Groenland, il y a la population et il y a très peu de personnes.
19:34Ils ont déjà une base militaire, une base spatiale.
19:37Ils ont besoin d'une nouvelle proposition financière à ses habitants.
19:40Et surtout, oui, mais pas seulement financière.
19:44Mais ils peuvent essayer de, ils ont commencé à le faire,
19:47de brosser les intermettentistes dans le sens du poil.
19:50Tous ceux qui veulent se détacher du Danemark,
19:53et il y en a un certain nombre qui commencent à, ça fait un moment,
19:56qui commencent à avoir assez de la tutelle danoise.
19:59Ben, ça y commence, il y en a quand même pas mal.
20:03Et là, les Américains pourraient très facilement essayer de mettre un coin
20:08entre les indépendantistes et les autres,
20:11et petit à petit, essayer de provoquer un soulèvement anti-danois,
20:15et puis tranquillement mettre la main sur le territoire.
20:20Souvenez-vous, peu après l'investiture de Donald Trump,
20:23le vice-président J.D. Vance avait voulu aller au Danemark sans être invité.
20:28Un peu comme s'il allait chez lui,
20:29un peu comme si c'était sa résidence secondaire,
20:32et qu'il y allait tranquillement.
20:33Je crois que sa femme et ses enfants y étaient déjà.
20:35Il a voulu y aller, et là, les Danois ont dit non.
20:38Là, c'est pas possible.
20:40Et il a compris que c'était un peu tôt pour aller prendre la mesure des rideaux.
20:42Mais voilà, c'était juste une petite mise en bouche,
20:48et je pense qu'ils vont tranquillement s'y installer peu à peu, sans fracas.
20:54Et les Européens, en effet, que peuvent-ils faire ?
20:56Pour l'instant, ils ne peuvent pas bouger.
20:58Mais c'est la grande question.
21:00Jean-Christophe, que fait l'UE ?
21:04Elle gagne du temps.
21:05Elle essaie de gagner du temps.
21:07C'est vrai que le temps s'accélère à toute vitesse,
21:12et que l'Union européenne, elle n'est pas encore,
21:15je ne sais pas si elle le sera un jour,
21:17mais en tout cas, elle n'est pas constituée
21:18comme une entité politique, fédérale, solide,
21:23qui est capable de, finalement, faire émerger des consensus très rapides
21:28et de prendre des décisions très rapides.
21:31Et par ailleurs, elle n'a pas de force militaire.
21:35La sécurité sur le continent européen, c'est l'OTAN.
21:38Et l'OTAN, le principal contributeur
21:41et le principal actionnaire, c'est les États-Unis.
21:44Et donc, les Européens sont bien embêtés.
21:47Ils ne vont pas faire appel à l'OTAN contre les États-Unis.
21:50Enfin, c'est...
21:51Donc, effectivement, c'est une situation très compliquée.
21:55Il y a la solidarité.
21:57Elle s'exprime de façon diplomatique.
22:00Les six plus grands pays européens
22:02ont fait une déclaration commune
22:03pour manifester leur solidarité au Danemark.
22:07Je pense qu'il ne faut pas négliger aussi
22:09ce qu'on voit un peu en Ukraine,
22:10enfin, sur le dossier ukrainien,
22:12où, à trois reprises au moins,
22:14on a vu des espèces de coups de boutoir de Trump
22:18ou de son administration en faveur de Poutine,
22:21avec notamment la fameuse rencontre Zelensky-Trump
22:23à la maison, dans le bureau Oval,
22:25et l'humiliation de Zelensky.
22:28Et on a vu, à chaque fois,
22:30finalement, les Européens se concerter,
22:33monter au créneau ensemble,
22:34et arriver quand même à faire bouger les Américains
22:37dans leur stratégie vis-à-vis de la Russie.
22:40Donc, là, on peut imaginer un scénario assez équivalent,
22:43c'est-à-dire que, quand même,
22:45les Européens, ils ont des tas de 06,
22:47des tas de numéros de téléphone, quand même,
22:49au Congrès, dans l'administration et ailleurs.
22:51Et on sait qu'aux États-Unis, par exemple,
22:54l'OTAN, c'est quelque chose de crucial.
22:56Il y a quand même des tas d'élus,
22:57y compris républicains,
22:59pour qui toucher à l'OTAN
23:00ou affaiblir l'OTAN
23:02ou avoir un comportement
23:04qui ruinerait toute confiance
23:05des alliés européens envers les États-Unis,
23:08c'est absolument pas bien perçu.
23:10Donc, il reste, sans doute,
23:11des cordes de rappel.
23:13Et, effectivement, sans doute,
23:14qu'on va vers un scénario
23:15qui va être plutôt, effectivement,
23:17grosse pression de l'administration.
23:19Et, au bout du bout, des accords...
23:21Mais, je ne suis pas sûr que l'OTAN...
23:24Enfin, la bataille pour le cœur de l'Amérique,
23:27ce n'est pas réglé.
23:28C'est-à-dire qu'il y a une partie
23:29des républicains traditionnels
23:30qui restent dans un schéma
23:32otanesque, atlantique.
23:36Mais il y a une partie de l'opinion maga
23:38et de l'opinion publique
23:39qui a totalement débrayé.
23:40C'est vrai, c'est vrai.
23:41Et que Trump incarne.
23:42Et je pense qu'un des problèmes de l'Europe,
23:44c'est la sidération.
23:46Parce qu'il faut voir ce qui s'est passé en un an.
23:49On sort de quatre ans de Biden.
23:51On s'était dit, bon, s'il revient,
23:53on va gérer comme on a relativement géré
23:55la première fois.
23:56On ne s'attendait pas du tout
23:57à la stratégie de l'éléphant
24:00dans un magasin de porcelaine.
24:01C'est-à-dire que le type fait tout voler en éclats.
24:03Et cette Europe qui est complexe,
24:05pas fédérale,
24:06il faut qu'elle s'habitue
24:08à une rupture systémique.
24:10Moi, je pense réellement,
24:11de la manière dont le monde fonctionne,
24:13ça suppose d'intégrer cette rupture,
24:16de se mettre d'accord.
24:17Par ailleurs, il y a les Russes
24:18qui nous balancent des missiles
24:19ou qui aimeraient bien
24:21ou qui nous envoient des messages subliminaux
24:22avec des nouveaux missiles.
24:24En rechnique.
24:24Oui.
24:25Donc, moi, je ne suis pas très optimiste
24:29sur la capacité aujourd'hui.
24:31Alors, il y a beaucoup d'habileté, c'est vrai,
24:32parce qu'on est des négociateurs.
24:33On est des commerçants,
24:35donc on est des négociateurs.
24:35Mais il y a quand même, je pense,
24:38une sidération très forte
24:39sur comment peut-on s'organiser
24:41face à ce changement systémique.
24:43Comment y répondre ?
24:44Ce qui est très intéressant,
24:46c'est que les Européens
24:47sont en train de réaliser
24:49qu'ils se sont
24:50totalement donnés pieds et poings liés
24:54à l'Amérique.
24:55Je parle au niveau technologie,
24:57au niveau même défense.
24:58C'est-à-dire que la plupart des avions
25:01de combat en Europe ne peuvent pas voler
25:05sans l'autorisation américaine.
25:08Pour ce qui est du numérique,
25:09tout est piloté par les Américains.
25:12Donc, ils réalisent un peu trop tard
25:15qu'ils n'ont pas...
25:15C'est ça, ils ont 20 ans de retard.
25:18Ils n'ont pas fait gaffe.
25:19C'est-à-dire qu'ils pensaient,
25:20et on peut les comprendre,
25:22nous-mêmes, on l'a cru aussi,
25:24que les Américains, pour la vie,
25:26étaient nos alliés.
25:27Et en fait, ça fait un an,
25:30même pendant le premier mandat de Trump,
25:32ce n'était pas à ce point-là.
25:33On ne voyait pas les Américains
25:35comme de possibles ennemis.
25:36Là, depuis un an,
25:38on comprend que les dirigeants américains,
25:41pas le peuple américain,
25:43on espère tous qu'il va se réveiller,
25:45mais en tout cas,
25:46les actuels dirigeants américains
25:48sont devenus des ennemis
25:50et non plus des alliés.
25:51Peut-être un mot quand même
25:52de cette 15e réunion
25:54de la Coalition des Volontaires
25:55cette semaine à Paris,
25:56en soutien à Kiev,
25:57en présence des ministères américains.
26:00L'Union européenne
26:00a quand même obtenu quelque chose.
26:02Ça a été un tournant,
26:03ce soutien américain
26:05à ces garanties de sécurité européennes,
26:08en cas, bien sûr,
26:08de cesser le feu.
26:10C'est aussi pour ça ?
26:11Ça ne mange pas de pain.
26:13C'est quand même une discussion
26:14qui contourne la discussion
26:17qui devrait être
26:18entre l'Ukraine et la Russie.
26:21On a montré qu'on était capable
26:22d'avoir un peu de profondeur stratégique,
26:24je parle des Européens,
26:24et un peu de financement
26:26et un peu de pesanteur
26:29pour pouvoir tenir cette Ukraine
26:30et la soutenir.
26:32Parce que les Américains,
26:33ils changent de cap
26:34toutes les 10 minutes.
26:35Comme vous l'avez dit,
26:36ce qu'il veut,
26:36lui, c'est une paix
26:37au prix d'une Ukraine
26:39fragilisée,
26:41relativement démembrée
26:42et qu'on retourne au business.
26:44Donc voilà,
26:45c'est pour ça que ces réunions
26:46sont importantes.
26:47C'est pour dire,
26:47bon, on est là.
26:48Mais encore une fois,
26:49je pense que les missiles
26:50d'hier soir
26:51étaient un message
26:52extrêmement précis
26:54de Vladimir Poutine
26:56aux Ukrainiens
26:58et au reste du monde.
26:58Ce qui est intéressant
26:59sur les missiles,
27:00c'est justement
27:01la réponse de Poutine,
27:03c'est
27:03j'en vote pas de votre truc.
27:05Ça ne m'intéresse pas.
27:06Or,
27:07Trump essaye toujours
27:08d'amener Poutine
27:10quand même
27:10dans une logique
27:12de cesser le feu
27:13et de paix.
27:13Donc,
27:14effectivement,
27:15l'accord
27:15de la coalition
27:16des volontaires,
27:18il a permis
27:19une nouvelle fois
27:20de montrer
27:21qu'en face,
27:22Poutine ne voulait pas
27:23rentrer aujourd'hui
27:25dans un processus
27:25de cesser le feu.
27:26Et ça,
27:27ça peut être important.
27:28Tout l'espoir
27:29des Ukrainiens,
27:30éventuellement
27:30des Européens,
27:32c'est de se dire
27:32un jour quand même,
27:33Trump,
27:34il va comprendre
27:34que Poutine
27:35n'en veut pas de la paix.
27:36Donc,
27:36il faut encore
27:37augmenter la pression sur lui.
27:39Le regard des dessinateurs
27:40de presse.
27:41Oui,
27:41alors il se trouve
27:41qu'ils ont repris
27:43exactement la séquence
27:44de vos discussions.
27:45premier dessin
27:46qui vient de Syrie,
27:47du nénateur
27:48Fad Bahadi.
27:49Est-ce qu'on a affaire
27:51à une dystopie ?
27:52Pas forcément,
27:53pas uniquement,
27:54mais à la volonté
27:54d'un seul homme,
27:55finalement.
27:56Et la vision
27:56qu'a Trump,
27:57en l'occurrence,
27:58du sphère
27:58et de la globe terrestre
28:00et de la manière
28:01dont il va le retourner
28:02à sa guise.
28:03Un second dessin
28:04qui vient du Portugal,
28:06du nénateur Rodrigo,
28:07qui reprend un peu
28:08la thématique
28:09de la manne
28:10dont parlait Alexandra.
28:11On y voit
28:12un Inuit
28:12et un phoque
28:13qui se demandent
28:14« Mais pourquoi
28:15il voudrait de nous ? »
28:16Ce qu'il y a en dessous.
28:18Voilà,
28:18ce qu'il y a en dessous.
28:20Entre autres,
28:20puisqu'il y a aussi
28:21les routes commerciales
28:22stratégiques.
28:24Un troisième dessin
28:25italien
28:25qui nous vient
28:26du dessinateur
28:27Emmanuel
28:28et Del Rosso.
28:29Là,
28:30on parlait
28:30de sidération.
28:31Il y a de sidération
28:32et d'un lapin
28:34dans les phares.
28:34Alors là,
28:35on a plutôt
28:35une Autruche,
28:36une Europe
28:36qui fait l'Autruche,
28:37un OTAN
28:38qui fait l'Autruche
28:38et une coalition
28:40qui fait l'Autruche
28:41également.
28:43Comme le conclut
28:43le dessinateur français
28:45Urb
28:45dans le dernier dessin,
28:47on va voir apparaître
28:48« Menace sur le Groenland,
28:50l'OTAN »
28:51ou la coalition
28:52d'ailleurs
28:52pourrait agir.
28:53Attention,
28:53on va faire une réunion.
28:54Ils l'ont fait.
28:56On ne devrait pas
28:56en rire.
28:56Dernier thème
28:58d'une semaine
28:59dans le monde,
28:59l'Iran qui a aussi
29:00des raisons de s'inquiéter
29:01alors que Donald Trump
29:02a menacé le régime
29:03d'une intervention
29:03en cas de répression
29:04des manifestants.
29:05Ceux-ci battent le pavé
29:06depuis deux semaines
29:07maintenant à Téhéran
29:07et dans de nombreuses
29:09villes du pays,
29:11notamment dans l'Ouest.
29:12En dépit des tentatives
29:13d'apaissement
29:13du président Massoud Pézechian,
29:15les autorités iraniennes
29:16dont la réponse
29:17est ambivalente
29:18entre déclarations
29:19justement destinées
29:20à calmer la rue
29:20et répression
29:21à l'origine
29:22en tout cas
29:22de ces manifestations,
29:24une protestation
29:24contre la vie chère
29:25mais au fil des jours,
29:26des slogans politiques
29:27se sont aussi mêlés
29:28aux revendications économiques
29:30avec par endroits
29:31des slogans hostiles
29:33au guide suprême lui-même,
29:34Ali Khamenei
29:35qui affirme aujourd'hui
29:36qu'il ne reculera pas.
29:38On va l'écouter.
29:42La nuit dernière,
29:43à Téhéran
29:44et dans d'autres villes,
29:46des vandales ont saccagé
29:47des bâtiments
29:47appartenant à leur propre pays
29:49uniquement pour plaire
29:51au président américain.
29:55Que Trump s'occupe d'abord
29:57de son propre pays
29:58s'il en est capable,
29:59il s'y passe
30:00toutes sortes d'incidents.
30:03Jean-Christophe,
30:04au moins,
30:04des dizaines de villes
30:06sont aujourd'hui concernées,
30:06quasiment toutes les provinces
30:08de l'Iran.
30:09Le mouvement a véritablement
30:11pris de l'ampleur
30:12depuis deux semaines.
30:12Oui,
30:13c'est un mouvement
30:14effectivement
30:14contre la vie chère.
30:16C'est vraiment
30:16les trois quarts
30:18des Iraniens
30:18vivent sous le seuil
30:19de pauvreté.
30:20Donc,
30:20c'est vraiment un peuple
30:21qui souffre énormément,
30:22qui souffre depuis
30:23très longtemps
30:24et il y a eu
30:25fin décembre
30:27la chute
30:28de la monnaie nationale
30:29qui a pour enchéri
30:30toutes les importations
30:31et donc des gens
30:32qui sont sortis
30:34spontanément,
30:35les bazaris aussi,
30:35les commerçants.
30:37Ce qui est plutôt
30:37inhabituel
30:38parce que c'est
30:38un bâton conservateur.
30:39Voilà.
30:40Mais alors,
30:41est-ce qu'on est
30:42dans une phase
30:43je dirais
30:44de coalition des luttes
30:45et notamment
30:46on a tous en tête
30:47en fait
30:47le mouvement
30:48Femmes-Vie-Liberté
30:49après le décès
30:51de Marcia Amini ?
30:53Visiblement,
30:54on n'en est pas là encore.
30:55C'est-à-dire que
30:55ceux qui manifestaient
30:57il y a trois ans
30:57ne sont pas forcément
30:58ceux qui manifestent
30:59aujourd'hui
30:59et donc
31:01finalement,
31:03ceux qui manifestaient
31:05au temps de Marcia Amini
31:06ne sont peut-être pas
31:09en train de jouer
31:10la chute du régime.
31:11Se disent
31:11ce régime
31:12il est encore là
31:12pour tenir
31:13et face à cette révolte
31:15populaire
31:16et vraiment du pain
31:17en quelque sorte
31:18qui existe,
31:19finalement
31:20le régime
31:22a les moyens
31:23encore
31:23de réprimer
31:24férocement
31:25et c'est d'ailleurs
31:25ce qu'il dit.
31:26Donc
31:27c'est sans doute
31:28beaucoup trop tôt
31:29pour se dire
31:30c'en est fini
31:31du régime iranien
31:32il a énormément
31:33de ressources
31:33ce qui est intéressant
31:34évidemment
31:35c'est de voir
31:35la pression extérieure
31:37des Etats-Unis
31:38et d'Israël
31:38avec le Mossad
31:40qui envoie des messages
31:41en disant
31:41de toute façon
31:42on est dans les manifs
31:43on est dans les manifs
31:44et on organise
31:46un petit peu tout ça
31:46donc évidemment
31:47ça envoie des messages
31:48très déstabilisants
31:49vers le régime iranien
31:51mais voilà
31:53ce régime
31:55dont on connaît
31:56la violence
31:56et la capacité
31:57de réprimer
31:58très très férocement
31:59a encore
32:00cette ressource là.
32:01Israël
32:02qui a effectivement
32:02qui a validé
32:04un nouveau plan d'attaque
32:05contre l'Iran
32:06une opération
32:06conjointe
32:07avec les Etats-Unis
32:08c'est envisageable ?
32:09Bien sûr
32:10ça s'est fait
32:11au printemps dernier
32:12la fameuse guerre
32:13des 12 jours
32:13et d'ailleurs
32:15souvenez-vous
32:15la semaine dernière
32:16Donald Trump
32:17avait prononcé
32:19et proféré
32:20les mêmes menaces
32:20contre l'Iran
32:21juste après
32:22le passage
32:23à la Maison Blanche
32:24de Benyamin Netanyahou
32:25donc il y a
32:26évidemment
32:27un plan
32:27ce qui permet
32:29de penser
32:29que ce régime
32:30certes il tient
32:32mais il est en sursis
32:32et il ne peut pas
32:34riposter
32:34comme il l'a fait
32:35dans le passé
32:36parce que les capacités
32:37balistiques
32:37ont été largement
32:38entamées
32:38la dernière fois
32:39il y a ça
32:40elles sont affaiblies
32:42même si elles ne sont
32:42pas totalement détruites
32:43et puis surtout
32:46il a perdu
32:46tous ses proxys
32:48tous ses soutiens
32:49le Hezbollah
32:49le Hamas
32:51qui existent toujours
32:52qui sont toujours là
32:53mais qui sont
32:53considérablement affaiblis
32:55et puis
32:56on sait que
32:57tout tout tard
32:58soit de l'intérieur
33:00parce qu'en effet
33:01comme vous le dites
33:02il est un peu tôt
33:03pour savoir
33:03si ça va
33:05prendre de l'ampleur
33:06ou si ça va
33:07s'arrêter
33:08mais ce qui est sûr
33:09c'est que
33:09si ce n'est pas ce coup-là
33:11ce sera le prochain coup
33:12et si ça ne vient pas
33:14de la base
33:14les Américains
33:16et Donald Trump
33:17et Benjamin Netanyahou
33:18ont clairement
33:19en tête
33:20de refrapper l'Iran
33:21et donc ce régime
33:23finira tout ou tard
33:24par tomber
33:24Ziyad Trump
33:26est passé des paroles
33:27aux actes
33:27au Venezuela
33:28il pourrait aussi le faire
33:29pour l'Iran
33:30il dit
33:31je vais les attaquer
33:33s'ils tuent
33:33puis le jour d'après
33:35il dit
33:35on va voir ce que ça donne
33:36donc on est dans
33:37le pragmatisme trumpien
33:38il n'est pas dans une ligne
33:40aussi
33:40pour les Israéliens
33:42c'est une question
33:43de vie ou de mort
33:43c'est bon
33:44c'est clair
33:44c'est net
33:45si on peut entraîner
33:46l'Amérique de nouveau
33:46on le fera
33:47les Américains
33:48ils regardent
33:49qu'est-ce qui va se passer
33:50on sort le fils
33:52pas la vie
33:52puis finalement
33:53on le remet dans le placard
33:54enfin
33:54c'est pas encore bien
33:55fixé
33:56se débarrasser des mots-là
33:58ça serait génial
33:59est-ce que c'est au prix
34:00d'une guerre
34:01qui n'est pas de la même ampleur
34:02ça se discute
34:03moi je pense que la dynamique
34:04elle se joue à Téhéran
34:06c'est-à-dire que
34:06tant que le régime
34:08religieux
34:10reste cohérent
34:11avec lui-même
34:12tant que ça se fissure pas
34:14entre une aile
34:15j'allais dire
34:16parce que l'Iran
34:17reste un pays
34:18quand même
34:19à tonalité religieuse
34:20tant qu'une partie
34:21du monde religieux
34:23ne bascule pas
34:24dans une espèce
34:25d'alliance pragmatique
34:26avec le monde
34:27laïco-modalien
34:29moderniste
34:30incarné par exemple
34:31un peu comme le président
34:32actuellement
34:33s'il n'y a pas
34:34cet équilibre-là
34:35et bien ça tiendra
34:36et les militaires
34:37et les passe-d'Aran
34:38et les gardiens
34:38de la révolution
34:39ils iront vers le pouvoir
34:41et donc
34:41c'est vraiment
34:42quand est-ce que
34:44quand est-ce que
34:45l'équilibre
34:45à l'intérieur
34:46de la révolution
34:47à l'intérieur
34:47du régime
34:48des Mollas
34:48va bouger
34:49pour des raisons
34:50de survie
34:51ou pour des raisons
34:52d'adaptation
34:53à un monde différent
34:54et c'est pas le cas
34:55pour le moment
34:55mais on voit aussi
34:57que malgré
34:59le discours
35:00de violence
35:01il y a une forme
35:02de contrainte
35:02par rapport
35:03aux autres manifestations
35:05qui avaient été
35:05réprimées
35:06dans le sang
35:06on se rappelle
35:08de scènes
35:09absolument terrifiantes
35:10là on sent
35:11qu'il y a une espèce
35:12de peut-être
35:13faudrait pas aller
35:14au-delà
35:15d'un certain point
35:16il y a déjà
35:16des dizaines de morts
35:17cela dit
35:17et puis il y a
35:18cette coupure
35:18d'internet généralisée
35:20qui fait craindre
35:21à nouveau
35:21oui mais la coupure
35:22d'internet
35:23malheureusement
35:23c'est devenu
35:24un truc classique
35:24que ce soit en Iran
35:25dans tous les pays
35:27on coupe internet
35:27pour pas que les gens
35:28voient
35:28ou pour pas que les gens
35:29communiquent entre eux
35:30parce que ça leur permet
35:31de monter des manifestations
35:32mais franchement
35:33encore une fois
35:33je pense que
35:34l'idée
35:35ça serait quand même
35:36d'essayer
35:37d'avoir une coalition
35:38du changement
35:39mais qui implique
35:40forcément une partie
35:40des religieux
35:41et du monde religieux
35:42parce que l'Iran
35:43ça reste
35:44un pays
35:45profondément marqué
35:47par 45 ans
35:48de révolution islamiste
35:49et c'est déjà l'heure
35:50des dessins
35:51sur ce troisième thème
35:52alors sur ce dernier thème
35:54j'ai trois dessins
35:55un premier
35:56qui nous vient du Brésil
35:57du dessinateur
35:58Amorim
35:59vous verrez
36:00que les trois dessins
36:01tournent autour
36:01de la figure
36:02évidemment symbolique
36:04et cardinale
36:05de ce qui se passe
36:06en Iran
36:07depuis des décennies
36:08donc le guide suprême
36:09Romanaï
36:09là il semble
36:11effectivement
36:11comme les hésiades
36:12que ça se fissure
36:13mais que ça tient
36:14un peu de choses
36:15et ça tient un peu de choses
36:16notamment
36:17à cause
36:18ou du fait
36:19de Ramenaï
36:20un second dessin
36:21qui nous vient
36:22à nouveau d'Italie
36:23de Lombardie
36:24on n'a pas parlé
36:26ces dernières minutes
36:27mais Bachar Al-Assad
36:29d'ailleurs
36:29il a été évoqué
36:30qu'il était déjà parti
36:31cette semaine
36:32ce qui ne semble pas
36:32être le cas
36:33il pourrait effectivement
36:34être accueilli
36:34en Russie
36:36et partager éventuellement
36:37une chambre
36:37avec Bachar Al-Assad
36:39un dernier dessin
36:41alors français
36:42comment c'est le faire
36:43qui rappelle
36:44alors avec
36:45l'ironie
36:46et le cynisme
36:46légendaire
36:48de Rodot
36:48que tout ça
36:50est parti
36:50que l'État
36:50est parti
36:51d'un
36:52problème économique
36:53et de l'incurie
36:54du régime
36:55à gérer
36:57l'économie
36:58d'un pays
36:58donc on y voit
36:59
36:59deux mots là
37:00qu'est-ce que dit le Coran
37:01à propos de l'inflation
37:02Merci beaucoup Truant
37:05Allez un mot
37:06tout de même
37:06de la libération
37:07du chercheur français
37:08Laurent Vinatier
37:09cette semaine
37:10il était emprisonné
37:10en Russie
37:11depuis juin 2024
37:13et il a donc bénéficié
37:14d'un échange de prisonniers
37:15qui a aussi donc
37:16impliqué un basketteur russe
37:17détenu en France
37:18lui aussi libéré
37:19Alexandra
37:20pourquoi ce timing ?
37:22En tout cas
37:23ce qu'on peut dire
37:23c'est que c'est la première
37:24bonne nouvelle
37:25il en fallait une
37:27de 2026
37:28il en fallait une
37:29après
37:29voilà
37:30ces échanges
37:32de prisonniers
37:32ce sont des négociations
37:34serrées
37:35qui prennent du temps
37:36pourquoi maintenant
37:36c'est un peu
37:38là c'est un peu compliqué
37:40en tout cas
37:41pas de quoi réchauffer
37:42les relations absolument
37:43glaciales
37:44entre Emmanuel Macron
37:45et Vladimir Poutine
37:46non non absolument pas
37:47Ziad
37:48un mot là-dessus
37:50je ne sais pas
37:51je trouve qu'il y a
37:53des messages
37:53en ce moment
37:54qui circulent
37:56est-ce qu'on doit
37:56voir Poutine
37:57est-ce qu'on ne doit
37:57pas voir Poutine
37:58je trouve que ce genre
37:59de son quand ça arrive
38:00Emmanuel Macron est en train
38:01de dire
38:01il faut recommencer
38:02à lui parler
38:03je ne sais pas
38:05je ne sais pas
38:06si c'est
38:06c'est glacial
38:07on est d'accord
38:08mais est-ce qu'on est
38:09dans une phase
38:10de préparer l'opinion
38:11à un éventuel dialogue
38:13peut-être
38:14qui rentrerait
38:14dans le cadre
38:15des négociations
38:17etc
38:17je ne sais pas
38:17mais c'est vrai
38:18que la phrase
38:19c'est je ne sais pas
38:20et Jean-Christophe
38:21tout ça dans le contexte
38:22qu'on a décrit
38:23tout à l'heure
38:24de bombardement
38:24d'ampleur
38:25absolument massive
38:26encore la nuit dernière
38:28sur Kiev
38:29au moins 4 morts
38:30et puis l'utilisation
38:31donc de ce
38:32de ce
38:33Oreshnik
38:34inédit
38:35la libération
38:36de Laurent Vignatier
38:37c'est un irritant
38:38de moins
38:39dans la relation
38:40possible entre la Russie
38:42et la France
38:43moi c'est comme ça
38:44que je l'ai perçu
38:44donc pour moi
38:45il y a quand même
38:46un signal
38:47on se facilite
38:49on déblaye un petit peu
38:50le terrain
38:51avant peut-être
38:52de se rappeler
38:53au téléphone
38:54et pourquoi
38:55est-ce que
38:56à nouveau
38:56Poutine et Macron
38:57parleraient au téléphone
38:59peut-être parce que
39:00l'hypothèse
39:01d'un cessez-le-feu
39:02progresse
39:02et que
39:03y compris Poutine
39:05a besoin de parler
39:06à d'autres interlocuteurs
39:07que Trump
39:08ou que Wittkopf
39:08Merci à tous
39:10merci Jean-Christophe
39:12Truanzi
39:13et Alexandra
39:13d'avoir participé
39:14à Une semaine dans le monde
39:15ce soir
39:16cette émission
39:16est à retrouver
39:17sur notre site
39:18internet
39:18et nos réseaux sociaux
39:20points complets
39:20sur l'actualité
39:21internationale
39:22dans quelques minutes
39:23restez avec nous
39:23sur France
39:24Gat
39:24Sous-titrage Société Radio-Canada
39:27Sous-titrage Société Radio-Canada
39:27Sous-titrage Société Radio-Canada
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