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Transcription
00:00 On va maintenant parler de l'Afghanistan, plus d'un an et demi après la prise de pouvoir des talibans.
00:04 Depuis la situation des femmes s'est considérablement dégradée, cible de nombreuses lois répressives,
00:10 leur interdisant notamment de travailler et d'étudier.
00:13 France 24 leur consacre aujourd'hui une journée spéciale avec nombre de reportages et d'invités.
00:18 Je reçois justement sur ce plateau Shekeba Hachemi, fondatrice de l'ONG Afghanistan Libre.
00:23 Bonjour, merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation sur France 24.
00:28 Vous faites partie des quelque 350 signataires d'un appel publié aujourd'hui dans le journal Le Monde,
00:34 appel aux autorités françaises, appel qui demande notamment la mise en place d'un véritable programme
00:40 d'accueil humanitaire d'urgence à destination justement des femmes afghanes.
00:45 Peut-on faire un point tout d'abord sur le quotidien de ces femmes sous régime taliban ?
00:50 Écoutez, depuis le 15 août 2021 où le régime taliban a pris le pouvoir en Afghanistan,
00:55 petit à petit, les interdits sont arrivés très très vite.
00:58 Et aujourd'hui, pour donner un peu une idée, c'est le seul pays au monde, le seul,
01:02 qui interdit par une loi l'éducation des filles.
01:05 C'est le seul pays au monde qui interdit par leur loi toute forme d'existence des femmes dans la vie sociale,
01:10 exactement de la même manière que les talibans version 1, 96-2001 que nous avons combattus.
01:16 Aujourd'hui, ce sont exactement les mêmes arrivés, mais malheureusement avec l'appui de la communauté internationale
01:20 puisqu'ils nous les ont vendus avant, un peu comme les talibans modérés et qu'il fallait négocier avec eux.
01:25 Et depuis le 15 août 2021, nous voyons que les femmes afghanes,
01:28 sur les 38 millions de populations qu'en estime l'Afghanistan aujourd'hui, il y a plus de 20 millions qui sont des femmes.
01:33 Et sur ces 20 millions et 38 millions, il y a plus de 70% de foyers qui vivent à travers le salaire des femmes.
01:39 C'est-à-dire que depuis le 15 août 2021, nous assistons en plus à la crise humanitaire la plus terrible que connaisse le monde.
01:45 Et les Nations Unies sont tous d'accord pour donner malheureusement ce chiffre-là.
01:48 Il n'y a plus aucun moyen bancaire, il n'y a plus de système bancaire, il n'y a plus d'économie, l'inflation est au plus haut.
01:54 Donc non seulement les femmes sont en mûrée vivante, les plus de 20 millions de populations,
01:57 en plus les 38 millions vivent en dessous de seuil de pauvreté aujourd'hui,
02:01 avec une indifférence un petit peu totale et avec surtout un silence assourdissant de tout le monde, de toute la communauté internationale.
02:08 Et avec un impact psychologique, psychique aussi considérable sur ces femmes ?
02:12 C'est-à-dire qu'on a laissé 20 années de fenêtre d'espoir à ces femmes.
02:16 Mono India la première, Afghanistan libre et d'autres.
02:18 On a construit des écoles, on les a mis en avant, ce sont des femmes extraordinaires,
02:23 comme n'importe quelle femme dans le monde, elles ont été ouvertes à l'espoir et à la fenêtre d'espoir.
02:27 Et au bout de 20 ans on arrive et les talibans arrivent à nouveau et arrêtent tout.
02:31 Donc ça veut dire aussi, toutes celles qui ont eu accès à l'extérieur et à l'espoir,
02:35 et pour leurs enfants et pour elles, sont aujourd'hui en mûrée vivante.
02:38 Donc il y a bien évidemment tout l'aspect psychologique.
02:40 C'est la fin de l'avenir, mais surtout ce qu'elles comprennent pas avant tout,
02:43 c'est qu'il faut qu'on arrête aussi de notre côté de parler de certains petits projets à faible impact,
02:49 une petite école clandestine, un petit machin, etc.
02:51 C'est que les femmes afghanes, les 20 millions d'afghanes aujourd'hui,
02:53 demandent une vraie prise de conscience de la communauté internationale,
02:57 et une prise de conscience politique, parce que leur sort au quotidien
03:00 doit changer radicalement avec l'appui de la communauté internationale.
03:04 Un certain nombre a fui le pays, mais elles sont encore peu nombreuses à choisir la route de l'exil.
03:08 C'est un pari extrêmement risqué ?
03:11 Vous savez, on a l'impression que quand en août 2021, l'Afghanistan a été pris par les talibans,
03:16 nous nous étions envahis en France par des centaines de milliers d'Afghans.
03:19 C'est faux, nous avons pu... La France a pu évacuer seulement 2 600 Afghans,
03:23 surtout les personnes qui ont travaillé, voilà, c'est très peu.
03:26 Et beaucoup, beaucoup de femmes et de jeunes femmes ont fui vers les pays d'à côté,
03:29 où la route était encore ouverte, c'est-à-dire le Pakistan et l'Iran.
03:32 Les conditions de vie et d'éducation sont pas non plus parfaites ?
03:34 C'est pas non plus ça, mais surtout qu'elles ont pas de moyens.
03:37 Donc aujourd'hui, la plupart vivent dans des conditions terribles,
03:39 y compris la prostitution, y compris le traître des êtres humains.
03:42 Et donc, elles ont pas accès du tout à des visas vers l'extérieur.
03:45 Mais je reviens aussi au fait qu'il y a 20 millions de femmes à sauver en Afghanistan,
03:49 et que l'Afghanistan a besoin d'une vraie prise de conscience globale de la communauté internationale.
03:53 Alors justement, vous lancez dans le journal Le Monde,
03:55 aux côtés de plus de 350 signataires, un appel aux autorités françaises
03:59 pour la mise sur pied d'un véritable programme d'accueil de ces femmes afghanes.
04:03 Quel peut-être ce dispositif ? Quels sont les besoins ?
04:07 Écoutez, moi, c'est à l'initiative de France Terre d'Asile que, voilà, cet appel a été lancé.
04:12 Bien évidemment qu'on a toutes répondu. C'est un appel apolitique.
04:16 C'est juste pour dire que les femmes afghanes et les jeunes afghanes aujourd'hui vivent la situation la pire au monde.
04:21 Encore une fois, je donne des chiffres des Nations Unies.
04:24 Le pire endroit au monde à vivre aujourd'hui pour les femmes, c'est l'Afghanistan.
04:27 Donc, ces femmes-là ont besoin d'avoir celles qui sont sorties, ont besoin d'avoir accès à nos consulats.
04:32 Et surtout, je rappelle aussi qu'on est très fiers,
04:35 ça c'est la française qui vous parle, d'avoir une diplomatie féministe en France.
04:38 Alors, quand est-ce qu'on va la montrer, cette diplomatie féministe ?
04:40 À quel moment, dans le pays où il fait le moins bon vivre pour les femmes ?
04:44 À quel moment on va montrer cette fierté de dire que nous sommes un pays de diplomatie féministe,
04:48 mais que nous laissons un pays dans cette situation la plus terrible au monde, qui est l'Afghanistan, avec notre silence ?
04:54 Je rappelle aussi qu'à l'époque, c'était M. Le Drian qui était notre ministre des Affaires étrangères.
04:58 Il négociait, il participait à la négociation avec les talibans,
05:01 et qu'il nous disait qu'il y avait des valeurs sur lesquelles on ne dérogeait pas,
05:05 c'est-à-dire le droit des femmes, le droit à l'éducation des femmes.
05:07 Et aujourd'hui, je voudrais leur lancer un appel pour dire
05:10 qu'en fait, ces talibans que vous nous avez vendus comme des gens à qui il faut négocier,
05:13 aujourd'hui, ils sont en train d'être le régime le plus totalitaire, le plus terrible au monde,
05:19 et que ces 20 millions de femmes sont en train de mourir.
05:21 Donc arrêtons avec des petits projets à faible impact,
05:23 essayons de faire une vraie prise de position politique pour ces Afghans et ces Afghanes,
05:29 surtout en muret vivante.
05:30 – Espérons que votre appel soit entendu.
05:32 Merci beaucoup, Cheikh Eba Achimi, pour votre intervention.
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