- il y a 8 mois
Nathalie Debaillie était une femme en danger de mort. Elle le savait. Autour d'elle, des dizaines de proches lui répétaient de faire attention. Elle s'était rendue plusieurs fois au commissariat. Sans succès. Le funeste scénario, écrit à l'avance et que tout le monde connaissait, a fini par se réaliser un matin du printemps 2019 dans un parking de Lille. Un enlèvement suivi d'un meurtre atroce. Dans cette enquête, les policiers ne vont rencontrer aucun mystère.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.
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00:0114h15, c'est l'heure du crime sur RTL, avec Jean-Alphonse Richard.
00:07Tous les systèmes ont été défaillants, à tous les niveaux de l'enquête, de façon évidente et flagrante.
00:15Lorsqu'une femme vient d'écrire ce qu'elle subit, dans un commissariat, un grand commissariat français, il a laissé repartir.
00:24Bonjour, Nathalie Debailly était une femme en danger de mort.
00:30Elle le savait, autour d'elle, des dizaines de proches lui répétaient de faire attention.
00:34Elle s'était rendue plusieurs fois au commissariat, sans jamais être entendue.
00:39Le funeste scénario, écrit à l'avance et que tout le monde redoutait, a fini par se réaliser,
00:45un matin du printemps 2019, dans un parking de Lille, un enlèvement suivi d'un meurtre atroce.
00:51Dans cette enquête, les policiers ne vont rencontrer aucun mystère.
00:55C'est sans effort qu'ils vont mettre la main sur les quatre hauteurs de cette abomination.
01:01En premier lieu, l'ancien compagnon de Nathalie, commanditaire et bourreau, et les trois hommes de main qu'il avait recrutés.
01:08On va se demander pourquoi le compagnon a exécuté cette mère de famille de la pire des façons,
01:12pourquoi elle devait mourir.
01:14Mais on va surtout s'interroger sur l'inertie, le silence, l'aveuglement qui ont entouré ce drame.
01:21Pourquoi n'a-t-on pas écouté cette femme en danger, qui serait encore vivante aujourd'hui ?
01:26Question posée aux invités de l'heure du crime, la seule émission Radio 100% fait divers.
01:30La mort annoncée de Nathalie Debailly, c'est tout de suite sur RTL.
01:35Lundi 27 mai 2019, 8h50 du matin, la police de Lille est appelée pour une scène violente
01:47qui vient tout juste de se dérouler au deuxième étage d'un parking,
01:51à l'angle de la rue Desjardins et du boulevard Carnot.
01:55Sur place, un motard qui venait d'entrer dans le parking a assisté au kidnapping d'une femme,
02:00poussée par au moins deux individus dans un fourgon de couleur blanche.
02:05La victime criait.
02:07Le motard s'est approché pour demander ce qui se passait.
02:10Un homme chauve lui a répondu que ce n'était rien.
02:12Le témoin a insisté.
02:14L'homme a dégainé un pistolet.
02:16Il a fait feu avec une arme chargée de balles en caoutchouc,
02:19tir suffisamment puissant pour blesser le motard.
02:22Un employé de la Société Générale, dont les bureaux sont dans le même immeuble,
02:28affirme que la femme enlevée est une collègue et amie, Nathalie Debailly, 47 ans.
02:34L'employé précise aussitôt qu'elle a de gros problèmes avec son ex-compagnon.
02:38Il l'a menacée plusieurs fois.
02:40Nathalie lui a raconté qu'un soir, en rentrant chez elle,
02:44elle avait été abordée par des individus qui lui ont montré une voiture
02:48et lui ont dit qu'elle finirait dans le coffre.
02:51La vidéo du parking indique que Nathalie Debailly s'est garée à 8h36 dans le parking.
02:57Quatre minutes plus tard, la camionnette blanche repartait avec la victime embarquée de force.
03:04Les policiers identifient dans l'heure qui suit l'ancien compagnon de la disparue,
03:08Jérôme Tonneau, 53 ans, patron de pressing,
03:12déjà condamné pour vol, actuellement poursuivi dans une affaire d'escroquerie.
03:16Nathalie Debailly a vécu trois ans avec lui.
03:18Il s'était rencontré sur le site adoptenmec.com il y a trois mois.
03:24Elle a déposé une plainte contre lui pour menace de mort et violence.
03:28Plainte jamais transmise au parquet de Lille.
03:31Nathalie, mère de deux grands enfants nés d'un premier mariage,
03:34avait auparavant déposé trois mains courantes.
03:38Alertes qui sont restées lettres mortes.
03:40Lundi 27 mai, 10h30, une heure et demie après l'enlèvement de Nathalie Debailly,
03:45les policiers se présentent chez l'ancien compagnon au 194 de la rue du Général de Gaulle,
03:52à la Madeleine, une commune de l'agglomération lilloise.
03:56Le logement est fermé.
03:57Les policiers reviennent à 12h30.
03:59Cette fois, ils forcent la porte dans la salle de bain.
04:02Ils découvrent le carrelage couvert de sang.
04:04Le corps de Nathalie Debailly, habillée mais sans chaussures,
04:07gît dans la baignoire.
04:10Bayonnée, avec de l'adhésif orange, la gorge tranchée.
04:14Un gros cutter professionnel est dans le lavabo.
04:17Le légiste compte sept entailles au cou,
04:20de nombreuses blessures aux mains et aux poignets.
04:23Le médecin indique que la victime s'est défendue comme elle a pu,
04:26de façon désordonnée.
04:27Selon lui, la durée de l'agonie aurait été extrêmement brève
04:30au regard de la violence des coups donnés,
04:32de leur répétition et de l'acharnement du meurtrier.
04:36La brigade criminelle recherche l'ancien compagnon Jérôme Tonneau,
04:40mais aussi trois hommes ayant participé à l'enlèvement,
04:43trois Roumains, qui vivent dans un camp de gens du voyage.
04:46Dans les 48 heures qui suivent,
04:48les trois suspects sont interpellés.
04:50Le 29 mai, 11h30,
04:52deux jours après le crime,
04:53Jérôme Tonneau est arrêté devant chez lui,
04:56dans la voiture de police.
04:57Il déclare avoir enlevé et tué Nathalie
04:59pour une histoire d'argent.
05:01Il regrette.
05:03Il dit avoir ingéré des médicaments.
05:05Il avait l'intention de se suicider.
05:08Et on va voir ce que va déclarer évidemment l'ancien compagnon aux enquêteurs,
05:13un témoignage froid, effarant, presque mécanique,
05:16un meurtre, un féminicide qu'il avait en tête depuis plusieurs semaines.
05:20Il a préparé cette action.
05:23Autant vous dire que cette affaire est loin d'être terminée,
05:25car on va découvrir,
05:27et c'est peut-être le plus effrayant,
05:29le plus stupéfiant de cette histoire,
05:30que Nathalie avait appelé à l'aide à plusieurs reprises,
05:34mais personne ne l'a écouté.
05:36Son cri a eu simplement pour écho le silence.
05:40Et on va évidemment parler de ce silence insupportable
05:44dans la suite de l'heure du crime.
05:46Bonjour Planar Adenovic.
05:48Bonjour.
05:49Merci beaucoup d'être avec nous dans l'heure du crime.
05:52Vous êtes journaliste au service police-justice de RTL.
05:56Et évidemment vous connaissez très bien cette affaire.
05:57Vous l'avez suivi de A à Z.
06:00Vous avez suivi notamment le procès.
06:02On en parlera plus tard.
06:03Un mot déjà à Planar Adenovic.
06:05Ce qui frappe tout de suite,
06:07on trouve très vite le corps.
06:09Il n'y a pas de suspense là-dessus.
06:11On sait déjà qui a tué.
06:13Mais ce qui frappe beaucoup,
06:14c'est la brutalité de cette scène de crime.
06:17Parce que c'est épouvantable.
06:18C'est une exécution digne des pires heures de la mafia.
06:23Oui, les policiers qui ont retrouvé le corps de Nathalie Debailly
06:27étaient eux-mêmes très choqués
06:29parce qu'elle présentait vraiment, par exemple,
06:31une entaille très profonde au cou.
06:34Elle était sanguinolente dans la baignoire
06:37et puis vraiment complètement défigurée.
06:40Enfin, ça témoignait vraiment de la violence
06:42de ce qu'elle avait vécu.
06:44Et ça a été apparemment très bref.
06:46Enfin, c'est son agonie.
06:48Voilà, heureusement pour elle, on va dire.
06:49Enfin, entre guillemets, gros guillemets.
06:51Bien sûr.
06:51Mais en tout cas, l'enquête a démontré ça.
06:54Et oui, oui, c'est vraiment une scène de crime
06:57d'une violence épouvantable
06:59qu'on ne retrouve pas dans tous les féminicides.
07:01On ne laisse aucune chance à cette femme.
07:04On est là pour tuer.
07:05C'est une évidence, hein, Planar Adenovic.
07:07Oui, on ne lui laisse aucune chance
07:08parce qu'en plus, on l'enlève pour ça.
07:10Donc, quand elle se débat,
07:12on la tasse,
07:13on lui donne un coup de tasseur
07:14pour qu'elle se calme.
07:16On la met dans une camionnette.
07:18Enfin, il faut imaginer ce que cette femme
07:19a dû ressentir dans cette camionnette.
07:21En fait, elle savait qu'elle allait être exécutée.
07:24Elle avait reçu des menaces de mort.
07:25Elle s'y attendait.
07:26D'une certaine manière, c'était écrit.
07:28Oui, ça, c'est épouvantable.
07:30Elle s'attendait à sa mort.
07:31Ce que vous nous dites,
07:31Planar Adenovic, effectivement,
07:32c'est saisissant et glaçant.
07:35Bonjour, Maître Karine Delabifort.
07:37Bonjour.
07:37Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui
07:39dans le studio de l'ordre du crime.
07:41Vous êtes avocate au barreau de Lille
07:42et dans cette affaire,
07:43avec Maître Isabelle Steyer,
07:45votre consœur,
07:46vous avez défendu
07:47et vous continuez à défendre
07:48la famille de Nathalie Debailly.
07:51Maître Karine Delabifort,
07:54Planar Adenovic le dit.
07:56Elle était menacée
07:57et elle le disait.
07:58C'est ça le plus surprenant
07:59dans cette affaire,
07:59c'est qu'on a l'impression
08:00que l'histoire qui se déroule là,
08:02de minute en minute,
08:03ça va très vite l'enquête.
08:05Elle était déjà écrite.
08:06J'avais intitulé
08:07Ma plaidoirie chronique
08:08d'un féminicide annoncé
08:09et tout le monde le savait.
08:12Tout le monde en avait peur.
08:13Elle le savait.
08:14Et moi, je suis persuadée
08:15que lorsqu'elle a été enlevée
08:16ce matin-là à la Société Générale,
08:18elle savait qu'elle allait mourir.
08:20Elle en parlait très souvent.
08:22Elle en parlait à ses proches
08:23que j'avais appelés les bienveillants.
08:27Elle en parlait à ses collègues de travail
08:29et surtout,
08:30elle en a parlé à la police.
08:32Oui.
08:32Et là, il n'y a pas eu de suite du tout.
08:34On va en parler longuement dans l'émission,
08:36mais effectivement,
08:36elle dépose trois mains courantes,
08:38je crois,
08:38et une plainte, c'est ça ?
08:39Alors, elle dépose,
08:39en tout cas dans le dossier pénal,
08:40on a une main courante
08:41avant les faits,
08:43une plainte
08:44et une main courante
08:46qui est la pire
08:47quelques jours avant sa mort
08:49lorsqu'elle est
08:51convoquée par les services de police
08:53pour répondre d'une plainte
08:54déposée par l'accusé
08:55à son encontre.
08:57On est dans une dimension
09:00qu'on ne peut même pas imaginer
09:01sur la défaillance
09:03des services de police.
09:04Oui, c'est ça.
09:05On ne l'a pas écoutée,
09:06cette femme,
09:06on ne l'a pas entendue,
09:08pas écoutée.
09:09Elle se confie à ses proches
09:10et c'est vraiment
09:11le seul recours qu'elle a,
09:13c'est de faire passer ce message
09:14et peut-être d'attendre
09:14l'aide de ceux qui sont autour d'elle,
09:17mais c'est très compliqué.
09:18Bonjour Nicolas Debailly.
09:20Oui, bonjour.
09:21Merci beaucoup d'être avec nous
09:23aujourd'hui dans l'heure du crime.
09:25Vous êtes le frère de Nathalie Debailly.
09:27Évidemment, je ne vais pas vous dire
09:28que vous avez suivi toute cette histoire.
09:30Vous étiez aux premières loges
09:31et vous êtes un des témoins
09:32particuliers dans cette affaire.
09:36Lorsque vous apprenez
09:37la mort de votre sœur,
09:39quel est votre sentiment ?
09:41Est-ce que,
09:42comme beaucoup de personnes,
09:44vous disiez,
09:44ça devait arriver ?
09:46Oui,
09:47alors on mesurait le danger.
09:50Après,
09:52accueillir l'annonce
09:54de la mort de sa sœur
09:55reste quand même
09:55une sidération.
09:57Même si,
09:58effectivement,
09:59nous,
10:00on avait été au plus près d'elle
10:02les mois qui ont précédé.
10:03Les quatre mois avant son assassinat,
10:06c'est-à-dire entre la rupture
10:06et le meurtre,
10:08où elle a immédiatement,
10:11après la rupture,
10:12été harcelée,
10:14traquée,
10:15menacée.
10:16Et,
10:16effectivement,
10:17elle a tout de suite pris
10:18la mesure du danger
10:20qui pesait sur elle.
10:23Bien sûr.
10:24Elle acte une rupture
10:26le 2 février.
10:27La première main courante
10:28est datée du 11 février.
10:29Oui,
10:29ça va très vite.
10:31Ça va très vite
10:32et elle fait le nécessaire
10:33tout de suite.
10:34C'est-à-dire,
10:34elle passe les portes
10:36d'un commissariat de police.
10:37Voilà,
10:37c'est ça.
10:37Elle fait les choses
10:38dans les règles,
10:39j'ai envie de dire.
10:40Maître Karine de Labifor,
10:42c'est ça.
10:42Elle a suivi,
10:43presque entre guillemets,
10:45la procédure.
10:45Mais oui,
10:46on dit à toutes les femmes
10:47à la première alerte,
10:48courez au commissariat.
10:50C'est ce qu'elle fait.
10:51Première alerte,
10:52elle y va.
10:52Deuxième alerte,
10:53elle y va.
10:54Des mains courantes.
10:55Et puis,
10:55troisième alerte,
10:56c'est la plainte.
10:57C'est ça.
10:57Mais cette plainte,
10:58il faut quand même le rappeler,
11:00elle la dépose
11:00le lendemain
11:01d'un coup de téléphone
11:02qu'elle reçoit
11:03de deux des amis de tonneau
11:04qui lui disent
11:05il va t'enlever,
11:07il va te mettre
11:07dans le coffre de la voiture,
11:08tu es en danger.
11:10Et ça,
11:10effectivement,
11:11c'est très frappant.
11:13Avec le recul,
11:13on se dit,
11:14mais ce n'est pas possible.
11:15Et surtout que lorsqu'elle va déposer plainte,
11:17et ça,
11:17on l'a appris encore de manière plus précise au procès,
11:19c'est qu'elle est accompagnée
11:20par une de ses voisines
11:21qui s'appelle Cindy,
11:22mais qui est avocate.
11:23Et qui va donc l'aider
11:24à faire que cette plainte
11:25soit utile
11:26et exploitable tout de suite.
11:27avec les numéros de téléphone
11:29des témoins,
11:30avec tout ce qu'il faut
11:30pour que les policiers
11:31prennent la mesure
11:32et immédiatement enquêtent.
11:35Et pourtant,
11:36rien.
11:36Et pourtant,
11:36le policier,
11:37vous savez ce qu'il va lui dire ?
11:39Il va lui dire,
11:40rassurez-vous madame,
11:41c'est un escroc,
11:42il ne passera pas à l'acte.
11:43C'est un escroc,
11:44il ne passera pas à l'acte.
11:45Donc il n'a jamais été violent,
11:46donc c'est un escroc,
11:47il ne passera pas à l'acte.
11:48Planar Adénovic,
11:49un mot là-dessus
11:50sur cet homme,
11:51Jérôme Tonneau,
11:52il a été condamné,
11:54et c'est vrai,
11:54pour escroquerie,
11:55etc.
11:55Mais bon,
11:56pas pour des faits violents
11:57jusqu'à présent.
11:59Non, pas du tout.
11:59Et puis c'est un homme
12:00qui a plutôt
12:01une bonne réputation.
12:03Vous savez que
12:03j'ai travaillé dans le Nord
12:05avant d'être à RTL
12:06et je connais beaucoup de gens
12:07qui le connaissent
12:08et qui me disaient
12:09mais on ne comprend pas du tout
12:10ce qui s'est passé.
12:11En fait,
12:11c'est un patron de pressing
12:13qui est un peu
12:14dans les cercles
12:15des commerçants,
12:16qui s'entend bien
12:17avec les gens,
12:18qui est affable,
12:19qui a la tchatche.
12:20Enfin voilà,
12:20évidemment,
12:21personne n'imagine
12:22que ça puisse
12:23être ce profil-là
12:25de quelqu'un
12:25qui va froidement
12:26planifier l'assassinat
12:27de son ex.
12:28En fait,
12:29c'est vraiment...
12:30Enfin,
12:30je pense qu'en effet,
12:31je rejoins ce que dit
12:32Maître de la Biforce,
12:33c'est-à-dire que vraiment,
12:35les policiers,
12:36mais comme personne,
12:37en fait,
12:38ne s'y attendaient
12:39de sa part à lui,
12:40en tout cas les gens
12:41qui le connaissaient lui.
12:43L'ex-compagnon
12:44va livrer un récit
12:45glaçant du meurtre.
12:46Nathalie Debailly,
12:47le meurtre annoncé
12:48d'une femme.
12:49J'ai fait ça
12:50sans la regarder.
12:51J'aimerais vous dire
12:52que j'ai hésité,
12:53mais ce n'est pas le cas.
12:54L'enquête de l'heure du crime.
12:55On se retrouve
12:55dans un instant
12:56sur RTL.
12:5914h15,
13:00c'est l'heure du crime
13:01sur RTL.
13:04L'heure du crime
13:05jusqu'à 15h
13:06sur RTL.
13:08L'heure du crime
13:08consacrée aujourd'hui
13:09à l'affaire
13:10Nathalie Debailly,
13:11un féminicide barbare.
13:13Le 27 mai 2019,
13:14cet employé de banque
13:15est enlevé à Lille,
13:16retrouvé égorgé.
13:17Quelques heures plus tard,
13:18quatre hommes
13:19rapidement interpellés,
13:21dont l'ancien compagnon
13:22commanditaire
13:23et exécutant
13:24de l'opération.
13:27Mercredi 29 mai 2019,
13:28deux jours après
13:29la mort de Nathalie Debailly,
13:31l'ex-compagnon
13:31Jérôme Tonneau
13:32est en garde à vue.
13:34Il passe des aveux complets.
13:35Il dit avoir recruté
13:36les trois hommes demain
13:37en leur faisant croire
13:38que c'était pour une blague.
13:40Tonneau indique
13:41que ces individus
13:42n'auraient pas été capables
13:44de faire ce qu'il a fait
13:45dans un état
13:46qu'il qualifie de démence.
13:48Quand Nathalie est descendue
13:49de sa voiture
13:50dans le parking,
13:51ils l'ont tirée de force.
13:53Elle s'agrippait à la poignée.
13:55On l'a calmée
13:55avec un taser,
13:57une lampe taser
13:58de 6000 volts,
13:59raconte l'ancien compagnon.
14:01Il se souvient
14:01de l'arrivée du motard.
14:03C'est lui
14:03qui a tiré à deux reprises
14:05avec des balles en caoutchouc.
14:06Arrivé chez lui,
14:07il a demandé à ses complices
14:08de déposer la victime
14:10dans la baignoire.
14:11Il a administré à Nathalie
14:12deux ou trois coups
14:14supplémentaires de taser.
14:15Elle était KO.
14:17Les hommes de main partis,
14:18il reconnaît avoir commis
14:19l'irréparable.
14:21Je n'ai pas spécialement envie
14:23de vous raconter
14:24tellement c'est horrible.
14:25Je lui ai tranché
14:26la gorge et les poignets.
14:28Je lui ai touché son cou.
14:29Il n'y avait plus de poux.
14:31Jérôme Tonneau ajoute
14:32j'étais en trance.
14:33J'ai laissé couler l'eau
14:34pendant un certain temps
14:35parce que je trouvais ça horrible.
14:37Il a utilisé un cutter
14:38mais il précise
14:39qu'il aurait pu tuer Nathalie
14:40par strangulation
14:42ou hydrocution.
14:43Jusqu'à une heure avant,
14:45je ne savais pas.
14:46Tonneau va reconnaître
14:47trois tentatives précédentes
14:49d'enlèvement
14:49dont une en Dordogne.
14:52Le jour de la fête des mers,
14:53il explique son geste
14:54par un différent financier
14:56de l'argent
14:56que Nathalie
14:57ne lui aurait pas remboursé.
14:58Le juge met en examen
15:01Jérôme Tonneau
15:02et les trois hommes de main
15:03pour meurtre en bande organisée.
15:04Enquête qui se poursuit.
15:06Des semaines durant,
15:07les enquêteurs interrogent
15:08ceux qui connaissent la victime
15:09et l'ancien compagnon.
15:11Florine,
15:11fille de Nathalie de Bailly,
15:13savait que sa mère
15:14était sans cesse épiée
15:15par Jérôme Tonneau.
15:16Il surveillait ses allées et venues.
15:19Ma mère était paniquée,
15:20raconte la fille.
15:21Nicolas de Bailly,
15:22frère de Nathalie,
15:23témoigne.
15:24Pour ma sœur,
15:25c'était en permanence
15:25l'ascenseur émotionnel.
15:27Du coup,
15:27il l'énervait,
15:29puis il se réconciliait.
15:31Peggy,
15:32sœur de la victime,
15:33raconte que depuis plus d'un an,
15:34Nathalie se sentait épuisée,
15:36privée de liberté.
15:38Jérôme Tonneau
15:38lui avait dit
15:39qu'il allait la tuer.
15:40Il a harcelé.
15:41Un jour,
15:42il lui a envoyé
15:42de jolies photos
15:43avec au milieu
15:44une tombe,
15:45se souvient la sœur.
15:47Mardi 11,
15:48à vendredi 14 janvier 2022,
15:50deux ans et demi
15:51après le meurtre
15:52de Nathalie de Bailly,
15:53le juge d'instruction
15:54organise deux reconstitutions.
15:56Sur le lieu de l'enlèvement
15:57et sur le parking
15:58de la Société Générale,
16:00puis au domicile
16:01de Jérôme Tonneau,
16:03là où l'ancienne compagne
16:04a été égorgée.
16:06Tonneau dit avoir récupéré
16:07le cutter dans la cuisine,
16:09il refait les gestes.
16:10J'ai fait ça
16:11à portée de bras,
16:12sans la regarder.
16:13Selon lui,
16:14le meurtre aurait duré
16:14moins d'un quart d'heure.
16:15« J'aimerais vous dire
16:17que j'ai hésité,
16:18mais ce n'est pas le cas »,
16:19confie-t-il aux enquêteurs.
16:21« J'aimerais vous dire
16:22que j'ai hésité ».
16:23Une réflexion absolument
16:25surprenante,
16:26mais ce n'est pas le cas.
16:26Il a l'air de presque
16:27s'excuser,
16:28Jérôme Tonneau,
16:29qui passe aux aveux complets.
16:31Rien ne semble vraiment
16:33improvisé dans cette démarche.
16:35On l'écoutait,
16:35on a le sentiment
16:36que la mort de Nathalie
16:37de Bailly
16:37était inéluctable.
16:39Il faisait une fixette,
16:40il avait une obsession
16:42de tuer cette femme.
16:45Alors,
16:45il a beau dire
16:46que c'était horrible,
16:48maître Karine de Labifort,
16:49vous êtes avec nous,
16:50l'une de nos invitées
16:51dans l'ordre du crime,
16:52avocate au barreau de Lille,
16:53et vous êtes l'une des avocates
16:54de la famille de Nathalie de Bailly.
16:56Il a beau dire
16:57que ce qu'il a fait
16:58a été horrible,
16:59horrible, horrible.
16:59Il répète ce mot
17:01à plusieurs reprises,
17:01ce qualificatif.
17:03Pour autant,
17:03il n'en met aucun détail.
17:05Il décrit exactement
17:06ce qu'il a fait,
17:07mais avec une,
17:08j'ai envie de dire,
17:09c'est une froideur métronomique.
17:11Alors,
17:12c'est une froideur métronomique.
17:13Le jour du procès,
17:14au moment du procès,
17:16lorsqu'on décrit notamment
17:17les coups qu'a reçus Nathalie,
17:19il n'emmène pas large,
17:21mais pour autant,
17:23il s'accroqueboute
17:24sur des petits détails.
17:25Je vous donne un exemple,
17:26c'est que ce qu'on ne sait pas assez,
17:28ceux qui n'ont pas assisté au procès
17:28ne le savent pas,
17:30c'est qu'il a poussé le cynisme
17:31jusqu'à faire payer
17:32Nathalie de Bailly
17:33pour payer les hommes de main.
17:35C'est-à-dire qu'au moment
17:35où elle était dans la baignoire ligotée,
17:38il a été lui prendre sa carte bleue,
17:39il a été chercher de l'argent.
17:41900 euros.
17:41900 euros.
17:43Et une de mes thèses,
17:44et je le questionne là-dessus
17:45à l'audience,
17:46c'est d'avoir arraché
17:48à Nathalie de Bailly
17:49son code qui avait changé.
17:50Et là-dessus,
17:51il va s'accroquebouter
17:52pour dire que ce n'est pas vrai
17:53et que je mens, etc.
17:55Alors qu'il va reconnaître,
17:56il dit oui, oui,
17:57c'est normal que c'est elle
17:58en gros qui ait payée,
17:59qui ait payé les hommes de main
18:01qui ont enlevé cette femme.
18:03Il est d'un cynisme absolu.
18:05Mais c'est ça,
18:05c'est ce qui ressort
18:06effectivement de...
18:07Mais à la fois,
18:08un cynisme absolu,
18:10mais quand je lui parle
18:11du sang qui a giclé,
18:12parce que moi,
18:12vous savez,
18:12les reconstruitions,
18:13j'en ai fait,
18:13mais une salle de bain
18:15comme ça,
18:15avec deux ans après,
18:16vous parlez de la reconstruition,
18:17des projections de sang
18:18qui restent sur la baignoire
18:20et partout,
18:20on s'en souvient.
18:22Et quand je lui parle de ça,
18:22vous savez ce qu'il me répond
18:23à l'audience ?
18:23Allez-y.
18:25Je n'aime pas la vue du sang
18:26et j'ai peur de la vue du sang.
18:28On est au bout
18:29de la démonstration.
18:30C'est-à-dire,
18:31on est au bout
18:31de la démonstration.
18:32C'est horrible,
18:33je n'aime pas le sang,
18:34mais pour autant,
18:34je l'ai égorgé
18:35et je l'ai égorgé
18:36de telle ou telle manière.
18:37D'ailleurs,
18:37je ne suis pas rentré
18:37dans les détails
18:38parce que l'autopsie,
18:39elle est abominable,
18:41etc.
18:41Elle décrit très bien
18:42ce qui s'est passé.
18:42Bon,
18:42ce n'est pas aujourd'hui
18:44le lieu pour en parler
18:45et ça ne sert pas
18:46à grand-chose
18:46parce que la pauvre Nathalie,
18:47effectivement,
18:48elle a payé de sa vie
18:48cette rencontre
18:51avec cet homme.
18:53Nicolas Debailly,
18:54vous êtes avec nous
18:55dans cette heure du crime.
18:57Alors,
18:57il y a ces aveux
18:58très rapides
18:59et immédiats
19:00et très détaillés
19:01d'ailleurs
19:01de cet homme.
19:03Vous le connaissiez,
19:05ce Jérôme Tonneau ?
19:08Oui,
19:08je le connaissais
19:09puisqu'ils ont eu
19:10deux ans et demi
19:11de relations environ.
19:13Donc,
19:14c'était évidemment
19:15quelqu'un
19:15qu'on avait intégré
19:18dans la famille
19:18qui était
19:20au fête de Noël,
19:21au Nouvel An
19:21et que je voyais
19:25aux côtés de ma sœur
19:25quand j'allais voir ma sœur.
19:26Donc,
19:26oui,
19:27c'est quelqu'un
19:27qu'on a fréquenté
19:28et qu'on a connu,
19:30voire bien connu.
19:31Vous sentiez
19:32qu'il y avait
19:32un danger
19:34qui montait comme ça ?
19:35Alors,
19:35évidemment,
19:35votre sœur vous disait
19:36à vous,
19:37parce que vous étiez
19:37aussi son confident,
19:38vous êtes son frère,
19:39elle vous disait
19:40j'ai peur,
19:41je suis en danger,
19:42elle vous le disait.
19:43Mais est-ce que vous sentiez
19:43que cet homme
19:44portait le danger en lui ?
19:47Alors,
19:48c'était quand même,
19:49on a su rapidement,
19:50ma sœur a su rapidement
19:52qu'il avait fait
19:52un an de prison.
19:54Ce n'est pas rien.
19:55En tout cas,
19:55pour une famille
19:56comme la nôtre,
19:56c'était la première fois
19:58qu'on rencontrait
19:59quelqu'un
19:59qui avait fait
19:59de la prison.
20:01Mais il avait
20:02un discours
20:03toujours
20:04de victimisation.
20:06Il avait pris
20:07à la place
20:07d'autres personnes,
20:08d'autres personnes,
20:09il avait payé sa dette,
20:11il avait tout pris sur lui
20:11et puis c'était
20:12un autre homme maintenant.
20:13Voilà.
20:14Et comme
20:16on l'a dit précédemment,
20:17c'était quelqu'un
20:17de très affable
20:18qui savait
20:18imposer son narratif,
20:22imposer son discours
20:23et emmener les gens.
20:24C'est un manipulateur,
20:25ni plus ni moins.
20:26C'est la question
20:27que j'allais vous poser.
20:28C'est un manipulateur,
20:29cet homme,
20:30c'est ça ?
20:31Et il a manipulé
20:32votre sœur ?
20:34Oui et non.
20:36Ma sœur,
20:36il faut savoir
20:37que pendant les deux ans
20:37et demi de relation,
20:38avant cette rupture
20:39de février 2019,
20:40elle avait quand même
20:41essayé,
20:42à ma connaissance,
20:43et donc c'était
20:43peut-être plus,
20:44mais au moins
20:45de rompre trois fois.
20:46En tout cas,
20:46trois fois où elle
20:47me l'avait dit.
20:48Donc,
20:49c'était une relation
20:50de haut et de bas.
20:51C'était quelqu'un
20:51d'extrêmement...
20:52qui pouvait être
20:52très gentil,
20:53mais aussi très agressif
20:54d'un coup.
20:57Oui,
20:57il l'a sûrement emmené.
20:58Je pense qu'il y a eu
20:59cette période
20:59de lune de miel au début
21:00puisqu'il lui offrait
21:02des voyages,
21:04c'était champagne
21:05et compagnie.
21:06Donc,
21:06ça pouvait effectivement
21:08dans les premières semaines
21:09être valorisant,
21:10mais rapidement,
21:11la part sombre
21:13s'est imposée
21:13et ma sœur
21:14a essayé
21:15de prendre la distance.
21:16Mais ça a été
21:16très compliqué.
21:17Les trois fois où
21:17elle a essayé de rompre
21:18avant,
21:19il a déjà
21:20refusé la rupture.
21:21C'est ça.
21:22Déjà,
21:22il montrait
21:23qu'il était
21:23en désaccord total
21:24avec cette attitude
21:25et qu'effectivement,
21:26après,
21:26il est monté en puissance
21:27et on le voit
21:28avec cette histoire.
21:29Planar Adénovic,
21:30vous êtes avec nous
21:30également dans
21:31l'heure du crime,
21:32journaliste police-justice
21:33à RTL.
21:33Encore une fois,
21:34merci d'être là
21:34parce que vous connaissez
21:35très très bien
21:35cette histoire.
21:36Vous avez suivi
21:37tout ce dossier.
21:38Je le disais,
21:39il y a des reconnaissances
21:40des lieux.
21:41Il y a trois tentatives
21:42d'enlèvement précédentes.
21:43On a le sentiment
21:44que Jérôme Tonneau,
21:45il a tout calculé.
21:46Oui,
21:47il a tout calculé
21:47et puis c'est vrai
21:48que quand on le voit,
21:49moi je l'ai vu
21:50à son procès
21:51dans le box des accusés,
21:53c'est quelqu'un
21:53qui ne laisse passer
21:54aucune émotion,
21:55qui est vraiment glaçant
21:56et qui va donner
21:57des détails
21:57vraiment glaçants
21:59et qui a tout calculé,
22:02tout préparé
22:02et jusqu'au moment
22:04où ça arrive,
22:05comme il le dit
22:06d'ailleurs lui-même,
22:07il n'a pas hésité
22:08et en fait,
22:09il y a vraiment
22:09quelque chose,
22:11c'est intéressant
22:11ce que vous disiez,
22:12Maitre de l'habit fort
22:13sur l'histoire
22:14de la carte bleue
22:15parce qu'il y a ça
22:16et il y a aussi
22:17avant les faits,
22:19en fait,
22:19il va aller la dénoncer
22:21lui au commissariat,
22:22il l'accuse
22:23d'avoir volé
22:24son téléphone portable
22:25alors qu'il est en train
22:26de la menacer de mort,
22:27etc.
22:28Et elle,
22:28elle sera convoquée
22:29donc avant sa mort
22:30par la police
22:31pour répondre à la police
22:32sur le vol prétendu,
22:33évidemment c'était
22:34complètement faux,
22:35du téléphone portable
22:36de celui qui va être
22:37son assassin ensuite.
22:39Donc c'est quelqu'un
22:39qui a quand même
22:40une perversité,
22:42enfin je ne parle pas
22:43en termes psychiatriques
22:44mais une perversité
22:45en termes de sens commun
22:47qui est vraiment rare
22:49et assez flagrante
22:52et évidente
22:52quand on le voit.
22:53Maître Karine de l'habit fort,
22:55question,
22:55on reste sur la garde à vue,
22:56on parlera du procès
22:57un peu plus tard
22:58mais sur la garde à vue,
22:59moi je n'ai pas lu
22:59de mot de regret
23:00de dire
23:02je n'aurais pas dû faire ça,
23:03de compassion.
23:04Il revendique son crime.
23:06Il revendique.
23:07Après,
23:08il est capable de dire
23:09dans une même phrase
23:10c'est horrible ce que j'ai fait.
23:11Oui mais ça on l'a compris.
23:12Mais pour autant,
23:15vous savez,
23:16un élément aussi,
23:17on a tous reçu
23:18juste avant le début
23:19de l'audience
23:19une lettre de dix pages
23:20dans laquelle
23:22qu'il a adressé au président.
23:23Moi j'ai demandé
23:24aux experts,
23:24et le président a fait droit
23:25à ma demande,
23:26d'analyser cette lettre
23:27parce qu'à mon avis
23:28c'était la synthèse
23:29de sa psychologie.
23:31Dans cette lettre
23:32au début,
23:32il dit c'est horrible
23:33ce que j'ai fait,
23:33trois pages après,
23:34il dit
23:34mais si j'ai besoin
23:35de salir
23:36le nom de Nathalie
23:38pour dire
23:39à la cour ce qui s'est passé,
23:40je le ferai.
23:41Donc il est toujours
23:42extrêmement ambivalent.
23:44Et il est incapable
23:45d'empathie.
23:46La famille va demander
23:48des comptes
23:49aux autorités.
23:51Nathalie Debaille,
23:52le meurtre annoncé
23:52d'une femme.
23:54Si je retourne
23:54au commissariat,
23:55ils vont me prendre
23:56pour une folle.
23:57L'enquête de l'heure
23:57du crime,
23:58pourquoi les signaux
23:58d'alarme adressés
23:59par la mère de famille
24:00n'ont pas été entendus ?
24:02Pouvait-on éviter le drame ?
24:04A suivre dans un court instant
24:05sur RTL.
24:07L'heure du crime
24:08présentée par
24:09Jean-Alphonse Richard
24:09sur RTL.
24:1214h15
24:13C'est l'heure du crime
24:14sur RTL.
24:15Avec Jean-Alphonse Richard.
24:18On n'a rien fait
24:19de ces peurs,
24:20de ces pleurs,
24:21de ces angoisses,
24:22de toutes ces violences
24:25qu'elles subissaient.
24:26On ne les a pas traitées,
24:27on ne les a pas gérées,
24:28on ne les a pas entendues.
24:30Au programme aujourd'hui
24:31de l'heure du crime,
24:31la mort de Nathalie Debaille
24:33à Lille au printemps 2019.
24:35Un terrifiant féminicide,
24:36l'ancien compagnon
24:37a avoué le meurtre.
24:38La victime avait appelé
24:39à l'aide les autorités
24:41sans succès.
24:42Deux ans après les faits,
24:43la famille demande des comptes.
24:44Mercredi 31 mars 2021,
24:47Maître Isabelle Steyer,
24:49avocate de Nicolas Debailly,
24:50le frère de Nathalie,
24:51dépose une première plainte
24:53auprès de Gérald Darmanin,
24:54alors ministre de l'Intérieur.
24:56La requête vise
24:57à identifier et sanctionner
24:59les auteurs
25:00de la suite de négligence
25:02et de dysfonctionnement
25:03ayant permis
25:04le meurtre de Nathalie.
25:06Les fonctionnaires
25:07n'ont ainsi jamais
25:08donné suite
25:09aux trois mains courantes
25:10déposées par cette femme
25:12apeurée,
25:12pas de suite non plus
25:13à sa plainte.
25:14Nathalie Debailly
25:15stipulait pourtant
25:16que Jérôme Tonneau
25:17voulait passer par le jardin
25:18ou le toit
25:19pour rentrer chez elle.
25:20Dans la deuxième main courante,
25:22elle raconte au policier
25:23« Il m'a suivi jusqu'aux ascenseurs.
25:25Alors qu'il voulait entrer,
25:26je l'ai poussé de la main. »
25:28Dans sa plainte,
25:299 mars 2019,
25:31un peu plus de deux mois
25:32avant le drame,
25:33Nathalie explique
25:34que Jérôme Tonneau
25:35aurait dit
25:36qu'il avait l'intention
25:37de la buter.
25:38Elle explique clairement
25:39être menacée.
25:40« Jérôme Tonneau me fait peur.
25:42Il est imprévisible, »
25:43affirme-t-elle.
25:43Elle redoute
25:44qu'il passe chez elle
25:45pour récupérer des affaires.
25:47L'agent qui prend note
25:48de sa déposition
25:49mentionne
25:50« Aucune mesure de protection
25:52n'est à mettre en œuvre.
25:54Nous avisons la victime
25:55de faire appel à nos services
25:57dès qu'elle le jugera nécessaire. »
26:01Dimanche 21 janvier 2024,
26:03maître Isabelle Steyer,
26:04avocate de la famille
26:05de Nathalie Debailly,
26:06annonce dans Le Parisien
26:07sur l'intention d'attaquer cette fois
26:09l'État en responsabilité
26:10devant le tribunal judiciaire de Paris.
26:13La police n'aurait pas pris au sérieux
26:15les alertes émises par la victime.
26:17« Si je retourne au commissariat,
26:19ils vont me prendre pour une folle.
26:21Je n'en peux plus ! »
26:22écrivait Nathalie à son frère Nicolas
26:24au mois de mars 2019.
26:29Et justement,
26:30Nicolas Debailly est avec nous
26:32dans cette heure du crime.
26:33Frère de Nathalie Debailly,
26:34encore merci Nicolas
26:35d'être avec nous
26:36dans cette heure du crime.
26:37Elle vous écrit,
26:39enfin, elle vous dit,
26:40« Votre sœur,
26:41si je retourne au commissariat,
26:42ils vont me prendre pour une folle. »
26:43Vous avez suivi ces allées et venues
26:45à la police.
26:46Vous lui avez d'ailleurs conseillé
26:47de continuer,
26:48d'aller voir les policiers,
26:50Nicolas Debailly.
26:52Oui, c'est ça.
26:54On a cessé de lui dire.
26:56Alors, moi, à distance,
26:58maître de l'habit fort l'a dit,
27:00des fois elle était accompagnée
27:01de son amie Cindy
27:03lors de la plainte.
27:05Florine, sa fille,
27:06l'a accompagnée
27:07à l'occasion d'une main courante.
27:09Parce qu'on était à ses côtés
27:11et on disait,
27:14mais on n'est pas de ce monde-là,
27:16on ne va pas embaucher des types.
27:19Non, nous,
27:20ce que tu dois faire,
27:22c'est demander une protection
27:23à la police.
27:24Elle n'a cessé d'y retourner.
27:25Et c'est vrai que,
27:26moi, à l'occasion d'échanger SMS,
27:28je la coach,
27:30en tout cas,
27:30je l'accompagne à distance
27:32pour lui donner un peu de courage
27:33en me disant,
27:34vas-y, retourne-y,
27:35parce qu'elle a du mal
27:35à passer les barrages de l'accueil.
27:37Je dis, mais insiste,
27:39demande.
27:40Et c'est vrai qu'elle m'envoie,
27:41mais ils me prennent
27:42pour une folle à chaque fois.
27:44C'était un enfer, en fait.
27:46C'est la double peine.
27:49On est traqués, harcelés,
27:51et il n'y a qu'une solution,
27:52c'est de demander protection.
27:53Et on n'est pas entendus,
27:56écoutés,
27:57on n'est pas crus
27:58par les policiers.
27:59Donc, en fait,
28:00c'est sans issue.
28:02Qu'est-ce qui va m'arriver ?
28:03Bien sûr.
28:04C'est sans issue
28:05et on baisse les bras,
28:06finalement,
28:06on se décourage un petit peu.
28:08Et vous avez raison,
28:09Nicolas Debailly,
28:10de dire que vous,
28:11vous n'êtes pas un voyou
28:12et vous êtes de votre famille,
28:13ce ne sont pas des voyous
28:14et vous n'avez pas fait appel
28:15à des hommes de main
28:15pour aller corriger
28:16cet ancien compagnon
28:19qui était menaçant.
28:20Planar Adénovic,
28:21vous êtes avec nous
28:21dans l'Ord du crime,
28:22journaliste police-justice
28:23à RTL.
28:23Vous connaissez bien ce dossier
28:25et vous connaissez bien
28:25les histoires de police
28:26et des justices.
28:27Alors, pourquoi,
28:29au commissariat de Lille,
28:30on n'a pas bougé ?
28:31Parce qu'on estimait,
28:32comme on dit parfois,
28:33que c'était des signaux faibles,
28:35entre guillemets,
28:36qu'envoyait cette femme ?
28:38Oui, il y a deux choses,
28:39je pense.
28:40C'est que la première,
28:41ça témoigne de la mauvaise
28:43prise en charge encore
28:44qui progresse,
28:45mais encore aujourd'hui,
28:46des violences psychologiques.
28:48Parce qu'en fait,
28:48quand il n'y a pas eu
28:49de violences physiques manifestes,
28:51en fait,
28:52les forces de l'ordre
28:53ont du mal
28:53à évaluer correctement
28:55la menace.
28:56Là, on commence aujourd'hui,
28:57par exemple,
28:57à parler du contrôle coercitif
28:59ou des...
28:59Enfin, en gros,
29:00de tout ce qui peut être
29:01psychologique
29:02et qui peut conduire
29:03quand même à un féminicide.
29:04Donc ça,
29:05c'est la première chose.
29:06Et la deuxième chose,
29:07on l'a un peu effleurée
29:08tout à l'heure,
29:08mais c'est la personnalité
29:10de Jérôme Tonneau
29:11qui, en effet,
29:12n'a jamais été condamné
29:14pour violence,
29:15qui n'est pas,
29:15en fait,
29:16aux yeux des policiers,
29:17un homme violent.
29:18Et puis,
29:19c'est un chef d'entreprise.
29:20En fait,
29:20on n'est pas dans un milieu
29:21social défavorisé.
29:25Alors, bien sûr,
29:26on sait quand on connaît
29:26les violences conjugales
29:28que ça ne veut rien dire,
29:29mais c'est vrai que je pense
29:30que ça joue aussi
29:30pour les policiers
29:31la personnalité de cet homme
29:33qui est bien inséré,
29:35qui a des pressings
29:37que les gens connaissent
29:38localement,
29:39qui a l'air assez rassurant.
29:40Je pense que ça a joué aussi.
29:41Ça a dû jouer,
29:42d'après vous.
29:43Maître Karine Delabifort,
29:44vous êtes avocate à Lille,
29:45vous êtes avocate
29:46avec Maître Isabelle Steyer
29:47de la famille
29:47de Nathalie Debailly.
29:49Debailly.
29:50Vous êtes d'accord
29:51avec cette définition ?
29:52Jérôme Tonneau,
29:53sa personnalité,
29:54il n'avait jamais été condamné
29:55pour des violences.
29:57Ça a pesé
29:58dans le jugement
29:59des policiers,
30:00peut-être ?
30:01Moi, je pense que
30:01ce qui a pesé,
30:02c'est ce que rappelle Planard.
30:03On va être clair,
30:05si Nathalie était arrivée
30:06au commissariat
30:07avec deux yeux au beurre noir,
30:09sa plainte
30:09aurait été traitée.
30:11C'est ça.
30:12Et c'est ça encore la réalité.
30:13Encore aujourd'hui.
30:14Les menaces de mort,
30:15c'est compliqué.
30:16Parce qu'il faut investiguer.
30:18Parce qu'il faut...
30:19Vous savez qu'aujourd'hui,
30:20encore aujourd'hui,
30:21le délai pour aller voir
30:22un médecin légiste,
30:23le psychiatre de l'IML à Lille,
30:26c'est six mois.
30:27Six mois.
30:28On a le temps
30:29de faire beaucoup de choses.
30:30Six mois.
30:30Voilà.
30:31Et encore aujourd'hui,
30:32c'est le problème.
30:32Alors, moi,
30:33je comprends ce que dit Planard,
30:35mais d'un autre côté,
30:36il a un pédigré,
30:37Jérôme Tonneau.
30:39Ce n'est pas un inconnu
30:39de la prison.
30:42Alors, c'est un voyou.
30:44Certes, ce n'est pas
30:44un voyou violent.
30:47Mais comme elle le dit,
30:48la violence conjugale,
30:50c'est dans tous les milieux.
30:52Juste un mot.
30:53Le fait que la plainte,
30:54elle ne soit pas transmise
30:55au parquet de l'île,
30:56c'est-à-dire le procureur,
30:57c'est étonnant, non ?
30:58Non, mais ce n'est pas
30:59qu'elle n'est pas transmise.
31:00Parce qu'en fait,
31:00ce qui se passe,
31:01c'est que le policier
31:03qui prend la plainte,
31:04c'est lui qui doit
31:04tout simplement procéder
31:06aux investigations.
31:09Il a évidemment
31:09le mandat du parquet.
31:12Donc, voilà.
31:13En fait, le problème,
31:14c'est que le policier
31:15qui prend la plainte,
31:16il a des investigations
31:17à faire.
31:18C'est un peu compliqué.
31:19Il faut convoquer
31:20les témoins.
31:21Donc, qu'est-ce qu'il fait ?
31:21Il la met au-dessus
31:22d'une pile.
31:23Et il ne la traite pas.
31:24Et elle est restée là.
31:25Et elle est restée là.
31:26Alors que la plainte
31:26de tonneau
31:29pour le vol du portable,
31:31elle est très facile
31:31à traiter.
31:32On convoque...
31:33Oui, c'est ça
31:34qui est étonnant.
31:35On convoque Nathalie Debaillé
31:36parce qu'il suffit
31:36de l'auditionner.
31:37Et donc, on la convoque
31:38c'est un jour avant sa mort.
31:39Oui, mais enfin,
31:40on aurait pu tout au moins
31:41auditionner aussi
31:42Jérôme Tonneau.
31:43Oui, mais avant
31:44d'auditionner Jérôme Tonneau,
31:45il fallait entendre
31:45les témoins.
31:46Il fallait entendre
31:46des témoins.
31:46Et ça, c'était sans doute
31:47un peu long
31:47et un peu fastidieux.
31:49Et un peu compliqué.
31:50Donc, du coup,
31:51on a laissé tomber.
31:52Cinq ans après le drame,
31:54l'ancien compagnon
31:54va être jugé.
31:56Nathalie Debaillé,
31:57le meurtre annoncé
31:58d'une femme.
31:59Dans un dernier souffle,
32:00elle m'a dit
32:00qu'elle allait me rembourser.
32:02Je n'en crois pas en mots.
32:04L'enquête de l'heure du crime,
32:05on se retrouve
32:05dans un instant
32:06sur RTL.
32:08Jean-Alphonse Richard
32:09sur RTL.
32:10L'heure du crime
32:11jusqu'à 15h.
32:1414h15,
32:15c'est l'heure du crime
32:16sur RTL.
32:18Retour aujourd'hui
32:19dans l'heure du crime
32:19sur l'affaire
32:20Nathalie Debaillé.
32:21Un horrible féminicide
32:23à Lille
32:23au printemps 2019.
32:25La victime,
32:25mère de famille,
32:26avait alerté en vain
32:27la police du danger
32:28qu'elle courait.
32:29Elle a été égorgée.
32:32Cinq ans plus tard,
32:32son ex-compagnon
32:33et trois hommes de main
32:34sont jugés.
32:37Lundi 24 juin 2024,
32:39Jérôme Thonot,
32:3958 ans,
32:40et trois hommes embauchés
32:41pour enlever
32:42Nathalie Debaillé
32:43sont devant
32:43la cour d'assises du Nord.
32:45Nadoué.
32:46Lors de l'enquête,
32:47les psychologues
32:48et les psychiatres
32:48ont présenté
32:49le principal accusé
32:50comme peu empathique,
32:52doté d'une discrète
32:53froideur,
32:54irritable,
32:55agressif,
32:56ne supportant pas
32:56la contrariété
32:57et la contradiction.
32:58Un expert ajoutait
33:00à ce tableau
33:00le souhait
33:01de dominer,
33:02de posséder,
33:03de maîtriser.
33:04Les témoins se succèdent.
33:06Les amis de la victime,
33:07ses enfants,
33:08son frère,
33:09sa sœur,
33:09décrivent tous
33:10Nathalie comme une femme
33:12terrorisée,
33:13apeurée,
33:13osaguée.
33:14Des amis l'appelaient
33:15pour l'avertir
33:16du danger encouru.
33:17Fais attention à toi,
33:19Nathalie.
33:19Il a pété les plombs.
33:20J'ai peur pour toi,
33:21lui dit un proche.
33:23Enregistrement diffusé
33:24en cour d'assises.
33:25Nathalie Debailly
33:26était à bout,
33:28confirment les témoins.
33:28Quant à Jérôme Tonneau,
33:30il était depuis des mois
33:31obsédé par l'idée
33:32de tuer cette femme
33:33qui lui aurait volé
33:34de l'argent.
33:36L'accusé écoute
33:36sans broncher
33:37les témoignages
33:38comme prostré,
33:39la tête sur les genoux,
33:40les mains sur les oreilles.
33:43Le légiste indique
33:44que les coups
33:44étaient tellement violents
33:45que même une intervention
33:46immédiate du SAMU
33:47n'aurait rien changé.
33:49Le directeur d'enquête
33:50dit avoir retrouvé
33:51une tablette
33:52sur laquelle Jérôme Tonneau
33:53avait consigné
33:54le déroulement du crime.
33:56Peu après avoir tué
33:57Nathalie Debailly,
33:58il écrivait
33:59dans un dernier souffle
34:00« Nathalie m'a dit
34:01qu'elle allait me rembourser.
34:03Je n'en crois pas un mot ! »
34:05La représentante du parquet
34:06présente ses excuses
34:07à la famille
34:08pour les dysfonctionnements
34:09de la police.
34:11L'avocate générale
34:12demande la peine maximale
34:13contre Jérôme Tonneau,
34:14réclusion criminelle
34:15à perpétuité
34:16assortie d'une peine
34:18de sûreté
34:18de 22 ans.
34:22Et on va voir
34:23après ces réquisitions
34:23ce que va donner
34:24le verdict
34:25à quoi va être condamné
34:26Jérôme Tonneau,
34:27condamnation qu'il ne fait
34:28évidemment aucun doute.
34:30Nicolas Debailly,
34:31vous êtes avec nous
34:32dans cette heure du crime,
34:33frère de Nathalie Debailly.
34:34Évidemment,
34:34vous êtes à ce procès.
34:36Est-ce que c'est un choc
34:38de voir l'homme
34:39qui a tué votre sœur
34:41dans le box des accusés ?
34:42Quel regard vous portez
34:43sur cet homme
34:44à ce moment-là ?
34:46Oui, oui,
34:47c'est un choc.
34:48Avec la famille,
34:52on avait fait
34:52le travail de préparation
34:53en amont.
34:56Effectivement,
34:56on est dans la même pièce.
34:57Ils sont à quelques mètres
34:59de nous,
35:00même s'ils sont
35:00derrière une vitre.
35:02Et pendant deux semaines,
35:03parce qu'il y a quand même
35:05eu deux semaines
35:05de sise.
35:07Donc, c'est vrai
35:07que c'était
35:09une épreuve.
35:11Oui,
35:12c'est un choc.
35:14Je crois que
35:14toute la famille
35:15est très unie.
35:16vous êtes au premier rang
35:17avec notamment
35:19il y a parfois
35:19même des portraits
35:20de Nathalie
35:21qui sont avec vous.
35:22Vous les avez
35:22emportés sa photo.
35:25Oui,
35:25c'est la force
35:26de notre famille.
35:27On sait que
35:28les drames déchirent
35:29parfois certaines familles
35:30et je peux le comprendre
35:31parce que nous,
35:32pour avoir traversé
35:33ce drame,
35:33c'est vrai que
35:33ce n'est pas toujours facile.
35:35On a réussi
35:35à toujours rester soudés
35:36à se comprendre
35:37et c'est vrai
35:38que particulièrement
35:39dans ce moment
35:41qui était dur
35:43pour nous,
35:44être tous ensemble,
35:45être soudés,
35:45et c'est vrai
35:45que ça nous a
35:46beaucoup aidés.
35:48Planar Adénovic,
35:49vous êtes à ce procès
35:49pour RTL,
35:51vous êtes jurent
35:51en police et justice
35:52et vous avez suivi
35:54toutes ces audiences,
35:54vous avez bien suivi
35:55cette affaire.
35:57À quoi il ressemble
35:57ce Jérôme Tonneau ?
35:59Il est dans son rôle,
36:00il avait une raison
36:01de tuer,
36:01c'était l'argent,
36:02c'est ce qu'il répète
36:02en tout cas.
36:04Oui,
36:04alors il ressemble
36:05vraiment à
36:06Monsieur Tout-le-Monde,
36:07c'est un peu
36:08un cliché de dire ça
36:08mais c'est vrai,
36:09en fait c'est un petit homme
36:11qu'on ne remarque pas
36:13d'emblée,
36:14enfin voilà,
36:15qui a l'air un petit peu
36:16rond comme ça,
36:17qui a l'air un peu absent
36:18mais c'est quand il parle
36:19en fait que là vraiment
36:20c'est,
36:22moi j'ai rarement vu ça
36:23pourtant,
36:24ben voilà,
36:24c'est mon métier
36:26d'assiste à des procès
36:27donc voilà
36:27mais il est vraiment,
36:30il n'y a pas d'émotion
36:31en fait,
36:31il s'exprime
36:32d'une manière,
36:33c'est ce que vous disiez,
36:34c'est mécanique,
36:35il n'y a rien du tout
36:37et puis ça tranchait
36:38parce que,
36:39vous l'avez rappelé aussi,
36:40il y avait toute la famille
36:41qui était serrée
36:43les uns contre les autres
36:44sur ce banc
36:45avec les portraits
36:46de Nathalie Debailly
36:47qui en plus
36:48était une très jolie femme
36:50souriante,
36:51enfin voilà,
36:52après ça rend la chose
36:54d'autant plus triste
36:54et puis eux,
36:55ils se sont restés
36:57très dignes,
36:57ils ne se sont pas effondrés
36:58mais enfin,
36:59on sentait quand même
37:00évidemment leur émotion
37:00et de l'autre côté,
37:02ben rien,
37:02rien du tout.
37:03C'est un mur,
37:04c'est-à-dire qu'il ne donne rien
37:06cet homme,
37:07il répond aux questions
37:08mais encore une fois,
37:09il est dans un registre
37:10presque administratif,
37:12on va le dire comme ça
37:13pour rester poli.
37:14Maître Karine Delabifort,
37:16vous êtes avec nous,
37:17vous êtes avocate
37:18au barreau de Lille,
37:19vous êtes l'avocate
37:20avec Maître Isabelle Steyer,
37:21je le répète,
37:22de la famille de Nathalie Debailly.
37:24Alors les experts,
37:25ils pèsent lourd aussi
37:25dans ce procès
37:26parce qu'il n'y a aucune place
37:28à l'hésitation
37:30sur le crime
37:30qui a été commis
37:31et l'horreur
37:31qui a été commise,
37:33c'est une entreprise
37:34de destruction
37:35qu'ils décrivent,
37:36tous ces experts,
37:37les légistes, etc.
37:39Ah oui,
37:39je pense que Nathalie Debailly
37:40n'a eu aucune chance
37:41et ça on le sait,
37:43on a rarement vu,
37:44je vous l'ai dit,
37:45moi les scènes de crime
37:46j'en ai vu aussi,
37:46j'en ai rarement vu
37:47d'aussi violentes
37:49et toute ma vie,
37:50je crois que je...
37:51D'ailleurs on a vu cette photo
37:52et moi je l'ai encore
37:53dans la rétine,
37:54Nathalie Debailly
37:55sur son lit de mort,
37:56elle avait les yeux
37:56grands ouverts,
37:57ces merveilleux yeux verts
37:58qui sont les yeux
37:58de ma cliente aussi,
38:00de sa sœur,
38:01elle avait les yeux ouverts
38:02dans cette baignoire
38:03et je pense que
38:04tout le monde,
38:06tout le monde
38:06lors de ce procès
38:07a en souvenir
38:08cette image-là.
38:10Oui,
38:11qui est frappante,
38:11évidemment,
38:12ce sont des images
38:13qui restent
38:13et puis il y a une voix
38:14qui reste aussi
38:15parce qu'on va entendre,
38:16dites-nous en mots là-dessus,
38:17on va entendre
38:18des enregistrements.
38:19La voix d'outre-tombe,
38:21on entend cette conversation
38:22totalement délirante
38:23la veille de sa plainte
38:24entre ceux
38:25que j'ai appelés lâches
38:26les deux amis
38:28de Jérôme Tonneau
38:29qui sont venus à la barre
38:31et quand on leur a posé
38:32des questions,
38:33on ne voit pas trop
38:33ce qu'on a à vous dire
38:34et qui ont dit
38:35à Nathalie Debailly
38:36fais attention à toi
38:37parce qu'il va t'enlever
38:39et quand Nathalie
38:40leur a dit
38:40mais accompagnez-moi
38:41au commissariat,
38:42ah ben non.
38:43Aller le dire.
38:44Parce que si les deux
38:45là avaient accompagné
38:47Nathalie Debailly
38:48au commissariat,
38:49ils lui auraient sauvé
38:49la vie ?
38:50Bien sûr.
38:51Et ils ont non seulement dit
38:53non non,
38:53mais ils ont dit
38:54mais en fait
38:54il faut que tu fasses
38:55un truc
38:56parce que là,
38:57Tonneau il est insupportable
38:58donc il faut que tu fasses
38:59un truc Nathalie
38:59mais on ne t'aide pas.
39:00On te dit
39:01de faire attention à toi
39:01mais on ne t'aide pas.
39:02Ce sont des vrais lâches
39:03et effectivement
39:04ils étaient finalement
39:06très mal
39:06lors de leurs auditions.
39:08Ça a duré très longtemps
39:09mais quand on a entendu
39:10cette voix
39:11de Nathalie
39:12qui disait
39:13ok merci
39:14ben finalement
39:14voilà j'irai toute seule
39:16demain
39:16on s'est dit
39:18voilà
39:19là aussi
39:19son destin.
39:21Son destin
39:21il a été scellé
39:22à ce moment-là
39:22parce que ces hommes-là
39:23n'ont pas eu le courage
39:24d'accompagner Nathalie
39:26pour porter plainte.
39:27Planar Adénovic
39:28je vous repose la question
39:29il n'y a pas eu
39:30un mot de compassion
39:32de cette principale accusée
39:34de Jérôme Tonneau
39:34dans son boxe ?
39:37Non il n'y a pas eu
39:38un mot
39:38et en plus
39:39comment dire
39:41il est revenu
39:41sur cette histoire
39:42de mobile financier
39:44enfin parce qu'on lui a
39:44posé la question
39:45mais en fait
39:47comme si
39:48en fait dans sa tête
39:49presque
39:49elle aurait mérité
39:51de mourir
39:51et puis il reparlait
39:52du fait que
39:53Nathalie aurait profité
39:55de ses largesses
39:56etc.
39:57C'est presque déplacé
39:59C'était vraiment malsain
39:59ouais ouais
40:00vraiment déplacé.
40:01Après neuf jours
40:02de procès
40:03voici l'heure du verdict
40:04Nathalie Debailly
40:06le meurtre annoncé d'une femme
40:07un jugement
40:08que comprend la famille
40:10l'enquête de l'heure du crime
40:11je vous retrouve
40:12tout de suite
40:12sur RTL
40:13Dans l'heure du crime
40:25aujourd'hui
40:25la mort de Nathalie Debailly
40:27à Lille
40:27en 2019
40:28la mère de famille
40:29a été égorgée
40:30un féminicide
40:31été 2024
40:33son ancien compagnon
40:34qui a avoué
40:35et jugé
40:35avec trois hommes de main
40:36après neuf jours de procès
40:38voici le verdict
40:39Vendredi 5 juillet 2024
40:42Jérôme Tonneau
40:43est condamné
40:43à 30 ans
40:44de réclusion criminelle
40:45à sortie de 20 ans
40:46de sûreté
40:46les juges ont requalifié
40:48le crime
40:49en assassinat
40:50pour les trois hommes de main
40:51les peines s'échelonnent
40:52entre 16 et 20 ans
40:54aucune réaction
40:55chez les accusés
40:56les avocates
40:57de la famille
40:57maître Isabelle Steyer
40:59Karine Delabry
41:00fort
41:00salue
41:01un jugement
41:02équilibré
41:03et compris
41:04de la famille
41:04Jérôme Tonneau
41:05fait savoir
41:06qu'il ne fera
41:07pas
41:07appel
41:08mercredi 7 mai
41:102025
41:10le tribunal judiciaire
41:12de Paris
41:12examine la plainte
41:13contre l'état
41:14déposé par la famille
41:15de Nathalie Debailly
41:16je regrette cette faute
41:18j'espère qu'elle ne sera
41:19pas réitérée
41:20assure l'avocate
41:21qui représente
41:22l'état
41:22l'avocate de la famille
41:24réclame
41:24200 000 euros
41:25pour les deux
41:26enfants de la victime
41:27100 000 euros
41:28pour son frère
41:29100 000 pour l'ex-mari
41:30pour faute lourde
41:31décision mise
41:33en délibéré
41:34moi s'il vous fait
41:35des menaces
41:36sur ma personne
41:37il faut aller
41:37prévenir la police
41:38maintenant que je suis
41:39au courant du truc
41:40je ne vais pas attendre
41:41que ça se passe
41:42je vais aller me protéger
41:43c'est la voix
41:46de Nathalie Debailly
41:47qu'on entend
41:47dans ce document
41:48elle était au téléphone
41:50avec un ami
41:51et c'est un extrait
41:52qui a été diffusé
41:53dans l'émission
41:547 à 8
41:54sur TF1
41:56et effectivement
41:56elle disait
41:57moi je ne vais pas
41:57me laisser faire
41:58je vais aller voir du monde
42:00et ça ne va pas
42:00se passer comme ça
42:01mais ça s'est passé
42:02comme ça
42:03Nicolas Debailly
42:04vous êtes avec nous
42:04vous êtes le frère
42:06de Nathalie Debailly
42:07vous l'avez beaucoup écouté
42:09votre soeur
42:09alors qu'elle avait ses problèmes
42:10vous avez essayé de l'aider
42:11c'était compliqué
42:12lorsque vous entendez
42:14sa voix
42:14la voix de Nathalie
42:15je suppose que pour vous
42:16c'est toujours un déchirement
42:18aujourd'hui encore
42:19oui
42:20d'autant que
42:21j'ai découvert
42:22cet enregistrement
42:23sur son ordinateur
42:23après son décès
42:24puisqu'elle était tellement
42:26terrorisée
42:28et qu'elle avait conscience
42:29comme on l'a dit précédemment
42:30qu'elle passait les portes
42:32des commissariats
42:34sans présenter
42:35de bleu apparent
42:36en tout cas
42:36puisqu'elle était traquée
42:38pas frappée
42:39elle avait décidé
42:40de tout tracer
42:41de tout
42:42prendre des captures écran
42:45garder les SMS
42:45et là
42:46elle en était arrivée
42:47à un stade
42:47où elle enregistrait
42:47les conversations téléphoniques
42:49donc avec les amis
42:51de monsieur Tonneau
42:53comme maître de la Bifort
42:55l'a dit
42:55les lâches
42:56ceux qui
42:57on pourrait penser
42:59qu'ils essayaient de l'aider
43:00en disant
43:00fais attention à toi
43:01mais refuser
43:02d'aller à la police
43:03avec elle
43:04et finalement
43:04c'était les complices
43:06les complices utiles
43:08ceux qui relayaient
43:09les menaces
43:09et ouais
43:11c'est très dur
43:12parce que
43:13elle s'enregistrait
43:14quand même
43:14il faut bien
43:15comprendre ça
43:16elle l'enregistrait
43:17ses conversations téléphoniques
43:18pour les faire
43:18écouter à la police
43:19elle était
43:21elle savait plus
43:22elle savait plus quoi faire
43:23elle avait mis une alarme
43:24elle avait changé
43:25ses serrures
43:26elle dormait plus la nuit
43:27enfin c'était
43:28c'était un calvaire
43:29vous en voulez
43:30à ces hommes
43:31qui lui ont dit
43:32attention
43:33tu vas te faire enlever
43:34etc.
43:34les lâches
43:34comme vous les appelez
43:35les amis de Jérôme Tonneau
43:36de ne pas être allé plus loin
43:38de ne pas être allé voir la police
43:40ouais ouais
43:42maître de la Bifort
43:44a prononcé le nom de lâche
43:46moi je vais un peu plus loin
43:47quand même
43:47pour moi c'est des vrais complices
43:49et
43:51aux assises
43:54ça se voyait
43:55c'était
43:56c'est des bandes
43:57c'est les mêmes profils
43:58c'est des voyous
43:59qui
44:01qui fonctionnent ensemble
44:03qui magouillent ensemble
44:03qui se tiennent ensemble
44:04et qui
44:04et qui se protègent
44:06quand il faut se protéger
44:08donc
44:09ouais ouais
44:09pour moi ça va au-delà
44:11de la lâcheté
44:11c'est
44:12ils ont
44:13ils ont
44:14ils ont
44:15entendu le cutter
44:16maître Karine de la Bifort
44:18on entend les propos
44:19très très puissants
44:20de Nicolas Debailly
44:22effectivement
44:22qui avec
44:23beaucoup de calme
44:24nous explique
44:24cette situation
44:26vous êtes avocate
44:26au barreau de Lille
44:27et avocate de la famille
44:28de Nathalie Debailly
44:30l'affaire continue
44:32puisqu'il y a cette
44:32procédure civile
44:34parce que vous estimez
44:35que là il faut maintenant
44:36trancher
44:37il faut dire que l'Etat
44:38a eu sa responsabilité
44:39dans cette affaire
44:40c'est ça ?
44:41oui alors c'est Isabelle Steyer
44:42qui porte
44:42oui enfin vous connaissez
44:43bien le dossier
44:44bien sûr
44:44mais je pense que c'est
44:46très important
44:47effectivement
44:48alors on verra
44:49ce que dit le tribunal
44:51bien sûr
44:51mais sur le plan symbolique
44:53c'est très important
44:53et la faute lourde
44:54elle est acquise
44:55après le procureur
44:57a ergoté
44:57sur le fait de dire
44:58que c'est une perte de chance
44:59c'est que c'est hallucinant
45:00ce qu'a dit le procureur
45:01d'ailleurs à l'audience
45:02en disant oui mais
45:03même si on avait enquêté
45:04peut-être que ça n'aurait pas
45:05arrêté
45:06c'est hallucinant
45:07parce que c'est
45:08le contraire de ce qu'on dit aux femmes
45:10allez déposer plainte
45:11pour qu'on vous protège
45:12donc c'est hallucinant
45:14mais c'est très important
45:16que effectivement
45:17la faute lourde de l'Etat
45:18soit reconnue
45:18je ne sais pas
45:20si ça va changer
45:21diamétralement
45:21les techniques
45:24des fonctionnaires de police
45:26parce qu'il y a
45:26encore beaucoup
45:27beaucoup de problèmes
45:28mais c'est effectivement
45:29impératifs
45:30qu'on vienne dire
45:31que la justice
45:32la police
45:33a dysfonctionné
45:34et n'a pas protégé Nathalie
45:36parce que Nathalie
45:37on l'a entendu
45:37c'était une femme forte
45:38vous avez entendu sa voix
45:40c'est pas une voix d'une plaintive
45:41c'est ce que j'ai dit
45:42c'était une femme forte
45:43et jusqu'au bout
45:45elle ne fait pas fragile
45:46elle sait très bien ce qui se passe
45:48malheureusement
45:48malheureusement
45:50parce que je pense
45:51que si ça avait été
45:51un petit oiseau blessé
45:52peut-être que le policier
45:53celui qui a dit
45:54ne vous inquiétez pas
45:55il ne passera pas à l'acte
45:56c'est une femme
45:58qui renvoyait
45:59une certaine force aussi
46:00et je pense que
46:02malheureusement
46:03ça l'a desservi
46:04on ne l'a pas cru pour ça aussi
46:05on s'est dit
46:06elle va se défendre
46:07elle va se défendre
46:09c'est ça qui est
46:09terrible
46:10dans ce dossier
46:11Planar Adénovic
46:13vous êtes avec nous
46:14dans l'heure du crime
46:14journaliste police-justice
46:15RTL
46:16vous avez suivi tout ce dossier
46:18lorsque le verdict tombe
46:21un petit mot là-dessus
46:22Jérôme Tonneau
46:23le principal accusé
46:24il ne branche pas
46:25il n'y a pas de réaction
46:26particulière de sa part
46:27non c'est à l'image
46:29de tout le procès
46:31en fait
46:31quand il apprend quand même
46:33qu'il prend 30 ans
46:34de réclusion criminelle
46:35pour en plus
46:36assassinat
46:36ça a été requalifié
46:37et bien il ne branche pas
46:39mâchoire serrée
46:40et puis d'ailleurs
46:40il ne fera pas appel
46:41parce que c'est vrai
46:42qu'il est presque
46:43à revendiquer son acte
46:45ce n'est pas du tout
46:46quelqu'un qui s'est présenté
46:47dans une posture
46:48d'émotion et de regret
46:50et je crois juste
46:51ajouter pardon
46:52que l'avocate générale
46:54à ce procès
46:55a présenté ses excuses
46:56au nom de la justice
46:57donc ça prouve bien aussi
46:59que la justice a failli
47:00et qu'elle le reconnaît
47:01elle-même
47:02donc on verra ce que ça donne
47:03de la procédure au civil
47:04le 4 juin
47:05c'est ça
47:06le 4 juin
47:06il y aura ce rendez-vous
47:07évidemment
47:07on vous en fera part
47:09dès lors que
47:10cette décision
47:11tombera
47:12la condamnation possible
47:13de l'état
47:13dans cette histoire
47:15un petit mot
47:16maître Karine Delabifort
47:18les choses se sont améliorées
47:19quand même
47:19l'accueil des victimes
47:21dans les commissariats
47:22il y a des cours
47:22qui sont donnés
47:23etc
47:24police-gendarmerie
47:26les deux
47:26c'est un peu mieux
47:28c'est un peu mieux
47:28vous êtes sceptique
47:30mais c'est un peu mieux
47:30c'est toujours anarchique
47:31il faut avoir de la chance
47:33de tomber sur
47:34le bon policier
47:35le bon gendarme
47:37et le bon moment
47:38Nicolas Debailly
47:40aujourd'hui
47:41quelle leçon
47:42vous tirez
47:43de cette histoire
47:43évidemment
47:44vous en voulez
47:45vous l'avez dit
47:46aux hommes
47:47qui ont gardé
47:48le secret
47:48en tout cas
47:49qui ne sont pas manifestés
47:50qui n'ont pas aidé
47:50votre soeur
47:52vous en voulez évidemment
47:53à l'assassin
47:54de votre soeur
47:54mais vous en voulez
47:56aussi aux autorités
47:56on n'a pas écouté
47:57votre soeur
47:58oui j'en veux
48:00aux autorités
48:01et à ce propos
48:02je souhaiterais quand même
48:02ajouter une précision
48:03par rapport
48:04aux alertes
48:06et aux profils
48:07on parle d'un escroc
48:08on parle
48:09de quelqu'un
48:10quand même
48:10qui a des antécédents
48:12c'est à dire
48:14qu'il y avait déjà
48:15une de ses anciennes
48:17compagnes
48:17qui avait porté
48:18plainte contre lui
48:18pour tentative
48:19de strangulation
48:20plainte qui avait été
48:21classée sans suite
48:22et une autre compagne
48:23en 2015
48:24et une autre compagne
48:25en 2017
48:26qui avait déposé
48:26une main courante
48:27pour harcèlement
48:28contre lui
48:28et donc
48:29on n'est pas
48:30on n'est pas face
48:31à un seul escroc
48:32alors bien sûr
48:33une main courante
48:34et une plainte
48:34classée sans suite
48:35mais voilà
48:36s'il y avait eu une enquête
48:37contrairement à ce que dit
48:38le procureur
48:39on pouvait
48:40et bien
48:41s'il y avait eu une enquête
48:42contrairement à ce que dit
48:43le procureur
48:43je pense que votre soeur
48:44serait vivante aujourd'hui
48:45tout simplement
48:45merci beaucoup
48:46Nicolas Debailly
48:47et maître Karine
48:48de Labifor
48:49d'avoir été
48:50les invités
48:50de l'heure du crime
48:51ainsi que
48:52Planara Denovic
48:53merci à l'équipe de l'émission
48:54rédactrice en chef
48:55Justine Vignot
48:55préparation Maribos Artea
48:57de Turcame
48:57réalisation en direct
48:58Nicolas Godet
48:59Maribos Artea
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