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  • il y a 3 mois
C'était il y a plus de cinquante ans, en 1967, sur ce qui n'était alors qu'un immense chantier. Celui des nouvelles halles de Paris, le marché de Rungis. Dans ce paysage était découvert le corps martyrisé de la petite Françoise Pernin, quinze ans et demi. Un crime perpétré par deux, peut-être trois ou quatre personnes animées par la cruauté, le sadisme. La police va peu à peu reconstituer les dernières heures de Françoise. Remonter jusqu'à des suspects. Se rapprocher des auteurs du crime, sans parvenir à les démasquer.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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Transcription
00:00L'heure du crime, présentée par Jean-Alphonse Richard sur RTL.
00:05Suspense à Rungis, mais cette fois-ci suspense policier.
00:08On pensait ce matin qu'un police était sur le point de découvrir l'assassin de la petite Bibiche,
00:13découverte étranglée près des nouvelles halles de Rungis.
00:16Les policiers sont persuadés que l'assassin de Bibiche est un familier et habite tout près du domicile de la famille.
00:23Bonjour, Bibiche, c'était le surnom de Françoise Pernin, 15 ans et demi, handicapée mentale,
00:30en 1967, son corps est découvert sur le chantier des nouvelles halles de Paris, le marché de Rungis.
00:37Les meurtriers, au moins deux, peut-être davantage, se sont acharnés.
00:41Qui sont ces sadiques ?
00:43Françoise Pernin, le mystère de la mobilette rouge, l'heure du crime.
00:47La seule émission radio 100% fait divers, c'est tout de suite sur RTL.
00:51Vendredi 13 janvier 1967, autour de 17h30, Paulette Pernin se demande où a bien pu passer sa fille Françoise,
01:0415 ans et demi, et que tout le monde appelle affectueusement Bibiche.
01:08Il y a trois quarts d'heure, elle lui a demandé d'aller faire une course à la boucherie de la rue Marcel Gromény,
01:14la ville juive, à une quinzaine de minutes de marche de leur domicile.
01:19Les Pernins, modestes familles d'ouvriers qui comptent sept enfants,
01:23habitent l'une des HLM de la cité Silof.
01:26La maman trouve le temps long.
01:28Elle la renvoie donc un de ses fils, 14 ans, à la recherche de sa sœur.
01:33La serveuse de la boucherie confirme avoir vu la petite Françoise.
01:36Comme d'habitude, Bibiche lui a tendu un bout de papier,
01:40où sa mère avait inscrit la course à faire un morceau de lard.
01:45La petite a payé, puis est repartie, ni pressée, ni contrariée.
01:49Le père de famille, Francis, rentré du travail, fait aussitôt le tour du quartier.
01:54Il fait du porte-à-porte pour retrouver sa fille, une enfant fragile.
01:58Françoise est mentalement retardée.
02:01Elle s'exprime de façon désordonnée, se tient loin des gens.
02:03Elle peut passer des heures à regarder de loin les enfants qui sortent de l'école
02:07ou les ouvriers qui s'affairent sur des échafaudages.
02:11Le quartier est en plein chantier.
02:12Personne n'a vu ou croisé Françoise.
02:15Le commissariat le plus proche, celui de Choisy-le-Roi, est alerté.
02:21Samedi 14 janvier, lendemain de la disparition,
02:24la police lance un avis de recherche.
02:27Le signalement de Françoise Pernin est publié dans les journaux.
02:301m60, cheveux châtains.
02:32Elle porte une jupe écossaise vert foncé, un pull rose,
02:35un manteau rouge à colle de fourrure blanche, des bottillons fourrés.
02:39Françoise fait un peu plus âgée que ses 15 ans et demi.
02:43Les Pernins sont rongés par l'inquiétude.
02:46Françoise, en raison de son handicap mental, est la plus choyée de la fratrie.
02:51Une enfant vulnérable, craintive.
02:53Elle ne suivrait certainement pas n'importe qui.
02:55Et si elle était agressée, elle aurait du mal à se défendre.
02:58« Francis et Paulette Pernin l'ont toujours protégée.
03:02Ils n'ont jamais voulu que leur fille soit placée dans un foyer.
03:05Cela, nous ne le voulions pas à aucun prix.
03:08Nous avions décidé de la garder avec nous », vont expliquer les parents au journal Détective.
03:12Les recherches dans Villejuif, notamment dans un bidonville très proche de la cité,
03:17ne donnent aucun résultat.
03:19Lundi 16 janvier, 8h15 du matin, trois jours après la disparition,
03:25un ouvrier qui traverse à pied l'immense chantier des nouvelles Halles de Rungis,
03:30un terrain vague, aperçoit une forme humaine au fond d'un caniveau.
03:34Au pied d'un remblai boueux, il distingue le corps d'une jeune femme,
03:39la face contre le sol, le pullover est défait, la jupe froissée.
03:42« À ses doigts ouverts, j'ai compris qu'elle était morte », va dire le témoin.
03:47Alors que le jour se lève, c'est un cadavre martyrisé, ensanglanté,
03:52qui apparaît aux yeux des policiers.
03:53Les cuisses de la victime sont violettes, couvertes d'hématomes, de griffures, de coups.
03:58On a tenté maladroitement de remettre le slip à l'envers.
04:02Les violences sexuelles ne font aucun doute,
04:04une trace d'étranglement est visible autour du cou.
04:07La victime est bien Françoise Pernin, retrouvée à environ 6 km de chez elle.
04:12Son manteau rouge, roulé en boule, a été jeté un peu plus loin.
04:16Il a servi de baluchon pour transporter les bottines de Françoise,
04:20son soutien-gorge et une chaussette.
04:22Les policiers de la brigade criminelle sont persuadés
04:25que l'adolescente n'a pas été tuée ici.
04:28On l'a simplement déposée.
04:30Le patron de la crime, le commissaire Gustave Jobard,
04:33évoque un crime d'une extrême brutalité, à connotation sadique,
04:38deux ou trois agresseurs.
04:39La malheureuse Françoise Pernin ne s'est pas défendue.
04:44La jeune adolescente ne s'est pas défendue ou n'a pas pu se défendre.
04:47Elle n'avait peut-être même pas conscience de ce qui lui arrivait.
04:50Le fait est que les coups ont été d'une violence inouïe,
04:53avec un sadisme qu'on a du mal à exprimer,
04:56parce que les détails de sa mort, et notamment les détails de l'autopsie,
04:59sont quasiment insoutenables.
05:01Alors Françoise Pernin, adolescente fragile, vulnérable,
05:04elle est donc morte sous les coups.
05:06Il va y avoir un témoignage, et puis d'autres,
05:09qui vont aiguiller les policiers sur une piste concrète.
05:12On va voir si cette piste a été fructueuse,
05:15et en tout cas si elle a pu amener à la résolution de l'affaire.
05:19Ce n'est pas du tout sûr.
05:20On va le voir dans la suite de l'heure du crime.
05:22Bonjour Maître Marine Alali.
05:24Bonjour.
05:24Merci beaucoup d'être avec nous dans le studio de l'heure du crime.
05:27Vous êtes avocate au barreau de Paris,
05:29et vous êtes l'avocate d'Alexandra Pernin,
05:32c'est la nièce de Françoise Pernin.
05:35Elle est avec nous d'ailleurs dans l'heure du crime,
05:37et on va parler avec elle dans un petit instant.
05:39Maître Marine Alali, vous êtes en charge de reprendre ce dossier.
05:43Alors je vais dire tout de suite, on est en 1967,
05:46là vous êtes obligés de faire de l'archéologie judiciaire,
05:49parce que, évidemment, c'est très vieux, plus de 50 ans,
05:53les témoins ont disparu, les procédures sont difficiles à retrouver.
05:57Comment peut-on travailler sur un tel dossier,
06:00et pourquoi c'est important de reprendre ce dossier ?
06:02Oui, c'est évident, c'est aujourd'hui notre plus vieux dossier.
06:04Donc, on est habitué au très vieux dossier,
06:06on en a plusieurs des années 70,
06:08et là on est même remonté en arrière, vu qu'on est en 1967.
06:12On a choisi de prendre ce dossier quand même, pour plusieurs raisons.
06:16Déjà, au vu de l'horreur des faits que vous venez de raconter,
06:18et de la particularité, du caractère très violent de ce crime.
06:21Et ensuite, aussi parce qu'on sait qu'on a un dossier qui existe dans cette procédure,
06:25que la procédure est accessible, elle a pu être consultée par la famille.
06:29Donc, on savait que, normalement, une fois qu'on aurait accès à ce dossier,
06:32on ne partait pas de rien.
06:33Et ensuite, c'est évidemment très important,
06:35parce qu'aujourd'hui on représente la nièce,
06:37on représente aussi le frère de la victime.
06:40Et aujourd'hui, ils sont totalement déterminés à voir ce qui est encore possible de faire,
06:46voir si des témoignages peuvent encore être recueillis,
06:49et si on peut finalement avancer et avoir un début de vérité sur ce dossier,
06:53même si, évidemment, on ne sait pas, avec les prescriptions,
06:55si un jour, quelqu'un pourrait être jugé, par exemple.
06:58Mais le but n'est pas forcément directement là.
06:59Le but est de pouvoir déjà avoir un début de réponse pour tout le monde.
07:02Alors ça, c'est déjà remarquable, et on ne peut que saluer cet effort,
07:05et on ne peut que saluer votre détermination.
07:08Alexandra Pernin, bonjour.
07:09Bonjour.
07:10Merci beaucoup, vous aussi, d'être également avec nous dans l'heure du crime.
07:13Vous êtes donc la nièce de Françoise Pernin.
07:16Votre papa était le frère de Françoise.
07:19Donc, c'est presque une affaire familiale.
07:21Juste un mot là-dessus.
07:22Pourquoi ce désir de voir ce crime presque oublié,
07:26en tout cas du grand public, mais qui ne l'a pas été dans la famille,
07:29pourquoi cette envie de savoir la vérité ?
07:33Vous ne l'avez jamais connue, vous, Françoise, évidemment.
07:35Non, je ne l'ai pas connue.
07:37Alors, pour plusieurs raisons, en fait.
07:38La première, c'est avant tout un devoir de mémoire envers ma famille.
07:42Et la deuxième, c'est vrai que maintenant, en fait,
07:45les techniques, elles ont tellement évolué,
07:47les techniques scientifiques,
07:48qu'on s'est dit, peut-être qu'il y a quelque chose à faire.
07:51Cette histoire, elle vous touche beaucoup, je crois.
07:53Parce que la mort est terrifiante, on va en reparler, évidemment.
07:56Mais parce qu'aussi, on a presque oublié très vite cette histoire.
08:02Une jeune femme handicapée, après tout, à l'époque.
08:04À l'époque, ça a fait grand bruit.
08:06Sauf qu'en fait, ça s'est très vite tassé.
08:08Et c'est pour ça qu'en fait, mes grands-parents se sont demandé,
08:10en fait, s'il n'y avait pas des choses qui étaient cachées
08:12de par la police.
08:14Parce que ça n'avançait plus.
08:15Ils ont pris, au bout d'un certain temps, un avocat,
08:17Maître Papillard, qui aujourd'hui, forcément, est décédé.
08:20Décédé.
08:20Et il n'y a jamais eu aucune réponse, suite à tout ça.
08:24Bonjour, Olivier Legal.
08:25Bonjour.
08:26Merci beaucoup d'être, vous aussi, dans le studio de l'ordre du crime.
08:29Alors, vous êtes chargé de mission au pôle des affaires non élucidées
08:33au sein du cabinet de Didier Seban.
08:35Et avec qui travaille, évidemment, avec Maître Marine Alali,
08:38qui est avec nous, le cabinet Seban.
08:40Olivier Legal, lorsqu'on reprend, vous connaissez bien ces affaires.
08:44Vous avez été gendarme.
08:45Vous connaissez bien les enquêtes criminelles,
08:47savoir comment elles s'articulent.
08:49Ceux qui ont enlevé cette jeune Françoise Pernand,
08:53qui, encore une fois, est handicapé mental.
08:55Parce que ça compte beaucoup dans cette affaire.
08:57Il ne pouvait pas ignorer cet handicap.
09:00Là, il y a un geste délibéré de lui faire mal.
09:02C'était sans doute une proie facile.
09:06Si on a affaire à un prédateur, effectivement,
09:09il va se tourner vers ce genre de personne
09:12qui va être facile à aborder, facile à faire monter dans son véhicule.
09:17Ça peut être, effectivement, si c'est la piste du voisinage.
09:21Elle était connue, effectivement.
09:22Et là aussi, peut-être le ou les auteurs se sont dit
09:24« Bon, avec Françoise, ça va être facile,
09:26parce qu'elle est peut-être, effectivement, un peu déficiente mentalement.
09:30Et on n'aura aucune difficulté à pouvoir obtenir d'elle
09:32ce qu'on a envie d'obtenir. »
09:34Le commissaire Jobard, ce n'est pas l'importe qui à l'époque.
09:36C'est le patron de la crime.
09:37C'est un grand nom dans l'histoire du 36 qui est des Orfèvres.
09:41Lui, il va dire tout de suite
09:42« Ils sont plusieurs.
09:43Il n'y a pas une seule personne. »
09:44Et on n'a pas encore les témoignages de certaines personnes.
09:48Je ne sais pas, comme on n'a pas, malheureusement, encore accès au dossier.
09:52Je ne sais pas sur quel élément il se base pour dire ça.
09:55Mais c'est une possibilité, effectivement,
09:57qu'elle ait été victime de plusieurs auteurs.
10:00Marine Alali, il n'y a pas beaucoup de témoins au début.
10:03On est dans une ville en plein chantier.
10:05Il faut un peu resituer ça.
10:06Elle a été enlevée, pourtant, en pleine ville, ville juive.
10:08Mais à l'époque, ville juive, ça n'a rien à voir avec la ville juive d'aujourd'hui.
10:11Oui, ça a énormément changé.
10:12C'était beaucoup moins urbain, avec beaucoup moins d'habitants.
10:15D'ailleurs, il n'y avait même pas de commissariat, comme vous l'avez rappelé.
10:17C'est le commissariat de Choisy-le-Roi qui a été saisi du dossier initialement.
10:21Et au début, elle se volatilise.
10:23Ça commence quand même par une disparition et on la cherche.
10:25On met plusieurs jours à trouver le corps.
10:29Ce n'est pas un lieu forcément criminogène,
10:32même s'il y a beaucoup de monde et beaucoup de passages dans cette ville.
10:35Non, pas particulièrement.
10:36Il n'y avait pas de danger particulier pour laisser une jeune fille de 15 ans aller à la boucherie.
10:40Ça, c'est sûr.
10:41Encore un mot avec vous, Alexandra Pernin.
10:43Je suppose que depuis que vous êtes petite,
10:45votre papa, il vous a raconté cette histoire.
10:47En tout cas, il l'a évoqué ou pas du tout ?
10:49Pas du tout.
10:49Pas du tout ?
10:50En fait, quand j'étais petite, j'allais souvent chez mes grands-parents
10:53et je voyais dans la chambre de ma grand-mère un portrait.
10:56Je ne savais pas du tout qui c'était.
10:59Et après, bien sûr, quand j'ai grandi, j'ai compris.
11:01Et c'est qu'en 2003 où j'ai vraiment su précisément ce qui lui était arrivé.
11:05Donc, j'avais 19 ans en 2003.
11:07Et là, vous avez eu envie de mieux connaître qui était François, c'est ça, Bibiche ?
11:12Pas forcément parce que, de toute façon, je ne l'ai pas connu.
11:15Donc, voilà, c'était...
11:17Je ne peux pas refaire l'histoire.
11:19Maintenant, c'est vrai qu'en 2015, en fait, j'ai pris conscience vraiment de ce qui s'était passé à l'époque.
11:26Et j'ai commencé à faire quelques recherches, notamment à la BNF.
11:29Et c'est là où je suis tombée sur les articles, en fait, du détective.
11:32Et puis, c'est là où, en fait, je me suis dit, c'est bon.
11:35Il faut savoir.
11:35Il faut savoir.
11:36Il faut avancer.
11:37Il faut avoir quelques réponses.
11:39J'ai conscience, on a conscience dans ma famille qu'il y a peu de chances que ça aboutisse.
11:43Mais voilà, on tente quelque chose.
11:45Si ça n'aboutit pas, on n'aura ni remords ni regrets.
11:48Mais on aura tenté quelque chose.
11:48Mais vous aurez essayé, évidemment.
11:50Un témoin de première importance va se manifester.
11:54Françoise Pernin, le mystère de la mobilette rouge.
11:56La fille était à l'arrière du cyclomoteur.
11:58Un des garçons a dit, éteins tes phares, tu vas nous faire repérer.
12:02L'enquête de l'heure du crime.
12:03On se retrouve dans un instant sur RTL.
12:0714h15.
12:08C'est l'heure du crime sur RTL.
12:1314h15.
12:14C'est l'heure du crime sur RTL.
12:16Au programme aujourd'hui de l'heure du crime, l'assassinat de Françoise Pernin.
12:2015 ans et demi, adolescente vulnérable enlevée à la mi-janvier 67 en plein centre de ville juif, dans le Val-de-Marne.
12:28Une attaque sexuelle.
12:29Son corps découvert sur le chantier du marché de Rungis.
12:32Un témoin va apparaître.
12:34La brigade criminelle examine sous tous les angles la scène de découverte du corps de Françoise Pernin.
12:40Retrouvée au pied d'un talus, dans une tranchée pas suffisamment profonde pour cacher le cadavre.
12:47Il y a ici beaucoup de passages à cause de la proximité du chantier des nouvelles halles de Rungis.
12:52Le samedi, jour de la disparition.
12:54Et le dimanche, personne n'a rien vu.
12:56L'adolescente sans vie a sans doute été déposée dans la nuit de dimanche à lundi.
13:01La victime aurait donc été séquestrée pendant plus d'une journée avant de succomber sous les coups et les sévices.
13:07Malgré les appels à témoins lancés par les autorités à Villejuif, à Rungis,
13:12aucun témoignage ne remonte.
13:14Le porte-à-porte ne donne rien.
13:16Un ancien employé de la SNECMA, société qui fabrique des moteurs d'avion,
13:22finit par se manifester auprès des policiers.
13:25Michel Cazemarie habite la petite rue du Dr Pinel, à environ 1 km du domicile des Pernins.
13:32Cette voie est à l'époque sans issue.
13:34Elle débouche sur des terrains vagues, des jardins ouvriers.
13:37Le vendredi 13 janvier, fin d'après-midi, il prenait l'air devant chez lui.
13:41Il était à peu près 19h30.
13:43Deux heures donc après la disparition et en cette saison, la nuit était déjà tombée.
13:49Aux enquêteurs, Michel Cazemarie raconte.
13:51J'ai vu venir un jeune homme en costume sombre au guidon d'un cyclomoteur rouge.
13:56Sur la selle, il transportait une jeune fille en manteau rouge.
14:00Un autre garçon les suivait également sur un cyclo.
14:03A cause de la pénombre, le témoin ne peut pas décrire la passagère.
14:07Il se souvient toutefois avoir entendu une phrase intrigante.
14:10Un des jeunes gens, autour de 17 ans, a lancé à l'autre « Éteins tes phares, tu vas nous faire repérer ! »
14:18Des motos de quelle couleur ?
14:22Et lorsque ces motos sont passées devant vous, les lumières se sont éteintes ?
14:28Mardi 17 janvier 1967, lendemain de la découverte du corps, à partir de 15h et jusqu'à la nuit,
14:39la police organise une gigantesque battue entre le secteur où un témoin a aperçu la mobilette rouge et les abords de l'autoroute.
14:4830 policiers, 70 gardiens de la paix, 5 chiens renifleurs quadrillent le périmètre.
14:53Sans succès.
14:54Recherche difficile dans cette zone urbaine, en pleine démolition et reconstruction.
14:59Le paysage change ici, chaque jour.
15:01Des baraques de chantier sont explorées à Villejuif.
15:04Elles auraient pu servir de lieu de séquestration, mais d'autres habitations similaires ont déjà été détruites par les pelleteuses.
15:12Impossible donc de trouver dans le coin, le moindre indice, une éventuelle trace du passage de Françoise Pernin.
15:20Les policiers font le tour des hommes déjà connus pour violences ou agressions sexuelles.
15:25L'attaque dont a été victime Françoise Pernin ressemble à s'y méprendre à d'autres perpétrés dans le département voisin, l'Essonne.
15:33Le 25 décembre, une jeune fille de Ledeville a ainsi été enlevée à 2h15 du matin.
15:39Son compagnon a été roué de coups, laissé pour mort.
15:42La jeune fille a été violée, dépouillée de son argent.
15:45Une semaine plus tard, 2 janvier, Viri-Châtillon, une jeune femme âgée de 18 ans a été kidnappée, violée dans un bois.
15:53Une mère de famille, 27 ans, a été enlevée à Gif sur Ivette, non loin d'un café bondé.
15:58On l'a poussée de force à l'intérieur d'une voiture.
16:01La victime a été retrouvée entre la vie et la mort, torturée au tournevis et violée par plusieurs individus.
16:07Le 8 janvier, c'est une jeune femme, 18 ans, qui a subi des violences identiques à la sortie d'un cinéma de Corbeil.
16:14Le 12 janvier, veille de la disparition de Françoise Pernin, les policiers avaient interpellé 2 individus, 20 et 17 ans.
16:22Ils avaient été identifiés par une des victimes, 2 autres hommes, 27, 21 ans, vont eux aussi être reconnus par une des femmes agressées.
16:31Mais les enquêteurs ne peuvent pas établir de lien entre ces individus et le meurtre de Françoise Pernin.
16:39Enquête très compliquée, on le voit.
16:41La possible scène de crime est vaste, elle est mouvante.
16:44Cette partie de ville juif est parsemée de terrains vagues.
16:47C'est alors qu'un immense chantier, tout ce paysage.
16:50On va voir dans la suite de l'émission quelles nouvelles découvertes vont faire les policiers.
16:53Et puis les témoignages vont s'affiner et puis permettre enfin de dégager peut-être quelques pistes.
17:00Alors il y a le légiste et les policiers qui se rejoignent, en tout cas sur un premier point.
17:05L'endroit de la découverte du corps n'est pas le lieu du meurtre.
17:09Maître Marine Alali, avocate au barreau de Paris.
17:12Vous travaillez au cabinet Seban et vous êtes aujourd'hui l'avocate d'Alexandra Pernin,
17:18la nièce de Françoise, Alexandre Pernin, qui a relancé cette affaire.
17:22C'est la nièce, elle est avec nous aujourd'hui dans cette heure du crime.
17:25Maître Marine Alali, ça c'est important parce que l'endroit du meurtre n'est pas l'endroit de découvert du corps.
17:31On a transporté ce corps, ça les policiers ils sont formels,
17:34il n'y a pas de traces de lutte à l'endroit où a été découvert le corps.
17:38Ça veut dire quoi ? Ça veut dire séquestration ?
17:39Ça peut vous dire dire séquestration, vu qu'on retrouve le corps deux jours après la disparition finalement.
17:45Est-ce que pendant ce temps-là, où elle était ?
17:47Soit elle a été tuée immédiatement puis jetée là,
17:50soit elle a été séquestrée, torturée malheureusement pendant un certain nombre d'heures,
17:54puis jetée là.
17:55Donc c'est vrai que ça ouvre tous les scénarios et pour l'instant évidemment on n'a pas la réponse plus en détail.
17:59Alors il y a ce très vaste périmètre, il y a des fouilles.
18:03Olivier Le Gall, vous êtes avec nous également dans l'ordre du crime,
18:05vous travaillez vous aussi au cabinet Seban,
18:07vous êtes chargé plus précisément des affaires non-élucidées au sein de ce cabinet,
18:11vous travaillez aujourd'hui sur l'affaire Françoise Pernin.
18:16Alors effectivement les policiers, ils travaillent de façon très classique,
18:19il y a tous ces précédents, ils vont regarder les délinquants sexuels,
18:23les gens violents, les hommes violents,
18:24et là il y a toute une série de primes quasiment,
18:27il y a des viols, des agressions, des enlèvements dans le département juste à côté,
18:32l'Essonne, ça c'est très étonnant.
18:35Oui c'est étonnant, alors on s'aperçoit finalement que les techniques d'enquête de l'époque
18:38sont assez proches de ce qu'on fait quand même aujourd'hui,
18:40c'est-à-dire que dans un premier temps on va chercher tous les individus
18:43qui sont connus pour les affaires de mœurs,
18:45alors bien sûr il n'y avait pas le fichier actuel qu'on connaît et qu'elle figesse,
18:49mais déjà ils s'intéressent au sujet en se disant
18:50quels sont les individus connus pour ce genre d'affaires,
18:53ils vont effectivement opérer des fouilles avec des chiens etc.
18:56et ils vont surtout essayer de faire du travail de rapprochement,
18:59ce qu'ils ont fait aussi donc à l'époque,
19:02et ce qu'on ferait aujourd'hui avec des logiciels aussi
19:04qui sont dédiés à ça mais qui n'existaient forcément plus à l'époque.
19:07Donc là on est quand même, les affaires qui le rapprochent
19:09sont très près de Véjuif puisqu'on est dans un rayon de 20 à 40 kilomètres,
19:13donc on n'est pas à l'autre bout de la France quand même,
19:15donc c'était des éléments intéressants à l'époque.
19:17Et d'autant plus remarquable qu'à l'époque, vous l'avez dit,
19:20les moyens ne sont pas les mêmes.
19:21Pas du tout.
19:21La police scientifique n'existe quasiment pas.
19:23Quasiment pas, on en est juste à la technique d'empreinte du portrait robot,
19:27on ne parle pas d'ADN.
19:28Il n'y a pas effectivement les fichiers,
19:30le FED a été créé en 88,
19:32le FNAEG en 98,
19:34vous voyez donc on est encore loin,
19:35on n'est pas non plus à l'âge de pierre,
19:37mais on est encore loin de ce qu'on fait aujourd'hui.
19:40Maître Marie Nalali, un mot,
19:42et évidemment ce témoignage il est capital,
19:43on l'a entendu, le témoignage de ce monsieur Kaysmarie,
19:47on a même entendu sa voix,
19:48c'est un document RTL,
19:49il y a beaucoup de documents RTL sur cette affaire,
19:52ça c'est capital,
19:53parce que ce monsieur il ne ment pas,
19:55il ne peut pas inventer ce qu'il a vu.
19:57Oui c'est capital,
19:58et d'ailleurs si j'ai bien entendu ce qu'il a dit,
20:00il ne parle pas d'une mobilette,
20:01mais de deux mobilettes.
20:01Deux mobilettes qui se suivent, bien sûr.
20:03Une mobilette grise et une mobilette rouge.
20:05C'était un des premiers éléments,
20:06parce que effectivement,
20:07si c'était effectivement François sur cette mobilette
20:09avec les deux hommes,
20:11qu'ils veulent se montrer discrets,
20:13est-ce que c'était le moment où ils l'ont emmené quelque part ?
20:14Forcément tout le monde a pensé à ça,
20:16mais on n'a jamais réussi à identifier
20:17les personnes qui étaient sur ces mobilettes.
20:19Oui, mais ça veut dire qu'il y a un enlèvement, manifestement.
20:21Elle ne peut pas se défendre, encore une fois,
20:23on l'a dit, mais il faut le redire,
20:25elle est fragile Françoise,
20:26elle est handicapée mentale,
20:28elle n'a pas ses réflexes de pouvoir même s'enfuir,
20:30elle ne sait peut-être sans doute pas où elle va,
20:32et là c'est important,
20:33parce qu'effectivement on a une piste.
20:34Après de manière générale,
20:35sur une jeune fille de 15 ans,
20:36il y en a beaucoup qui ne vont pas s'enfuir,
20:37qui vont être tétanisées,
20:39et même des personnes adultes,
20:40donc je ne sais pas si tout peut être ramené à son handicap,
20:42mais en tout cas,
20:44c'est sûr que malheureusement,
20:45beaucoup de personnes handicapées sont...
20:47On a d'autant plus de chances d'être victime d'une agression grave
20:50que l'on est handicapé,
20:52puisqu'on est une preuve facile.
20:54Alexandre Pernin,
20:54vous êtes avec nous également dans cette heure du crime,
20:56vous êtes la nièce de Françoise Pernin,
20:58et je vous remercie encore d'avoir accepté notre invitation.
21:01Vous vous battez encore une fois pour la vérité,
21:03pour que ce dossier ressurgisse,
21:05même s'il est très ancien,
21:06et qu'il ne faut pas se faire plus trop d'illusions,
21:08mais c'est important pour votre famille.
21:11Lorsque vous voyez cette histoire de mobilette,
21:14là vous vous dites qu'il y a quelque chose,
21:17il y a un témoignage un peu plus précis.
21:20C'est un peu plus précis,
21:21mais encore une fois,
21:21je ne pense pas que ça n'a été bien étudié,
21:24que la piste a été vraiment étudiée par la police.
21:26Les policiers ont fait beaucoup de travail,
21:28il y a ces battus qui sont organisés.
21:30Je pense qu'il y a eu un travail incroyable de fait,
21:34mais je pense surtout que les bonnes pistes
21:36n'ont pas été étudiées.
21:38Le préfet, je n'en ai pas dit en mots,
21:40mais le préfet s'appelle Maurice Grimaud,
21:41ça va être le préfet de mai 68,
21:43c'est lui qui a évité que Paris brûle,
21:45tout simplement.
21:45C'était un grand préfet de la République.
21:48Lui, il va s'impliquer personnellement.
21:51Ça, vous l'avez lu, vous l'avez retrouvé.
21:52C'est ce que j'ai lu dans les archives.
21:53Et ça, ça veut dire qu'il y avait à l'époque
21:55quand même une volonté que ça aboutisse.
21:57Il y avait une volonté,
21:58mais le résultat est là,
22:00il n'y a rien eu.
22:01On a beaucoup travaillé,
22:02Marine Alali, vous confirmez,
22:03l'enquête n'est pas nulle.
22:04Encore une fois,
22:05on n'a pas eu accès à dossier,
22:06donc on en sait ce qu'on a pu lire
22:07justement dans les archives de la presse plutôt.
22:09Mais c'est sûr qu'il y a l'air
22:12d'avoir eu beaucoup d'émotions
22:13autour du meurtre de sa jeune fille.
22:16Ça ne s'en est pas à rester là.
22:17Il y a eu des vraies investigations
22:18faites avec les moyens de l'époque.
22:20Des témoins qui retrouvent la mémoire.
22:23Françoise Pernin,
22:24le mystère de la mobilette rouge.
22:26Quand j'ai lu l'histoire dans les journaux
22:28et que j'ai vu la photo de la jeune fille,
22:29j'ai tout de suite pensé
22:31que ça pouvait être elle,
22:33l'enquête de l'heure du crime.
22:34Et si l'adolescente avait suivi
22:36des jeunes gens qu'elle connaissait
22:37pour tomber dans le plus sordide des pièges,
22:41à suivre dans un court instant sur RTL.
22:43Jean-Alphonse Richard sur RTL.
22:45C'est l'heure du crime jusqu'à 15h.
22:49L'heure du crime.
22:51Jusqu'à 15h sur RTL.
22:53Un autre mystère dans cette enquête,
22:55la jupe écossaise de Bibich
22:57a été brûlée en deux endroits.
22:59Mais ces deux brûlures incitent la police
23:01à penser que Françoise aurait été
23:03déshabillée, étranglée
23:05et rhabillée après sa mort.
23:07Retour aujourd'hui dans l'heure du crime
23:09sur l'affaire de la disparition
23:10et la mort de Françoise Pernin.
23:12Cette adolescente fragile,
23:1415 ans et demi,
23:14a été séquestrée, violée,
23:16étranglée à Villejuif
23:17en janvier 67,
23:19en quête de grande ampleur.
23:21De nouveaux témoignages,
23:22esquisses de possibles scénarios.
23:25Jeudi 2 février 67,
23:27presque 20 jours après la disparition
23:29de Françoise Pernin à Villejuif,
23:31la police dispose d'un nouveau témoignage,
23:33celui d'une voisine proche du témoin principal,
23:36Michel Casse-Marie,
23:37le premier à avoir décrit la mobilette rouge
23:40et les possibles ravisseurs
23:41et tortionnaires de l'adolescente.
23:44Cette femme s'est confiée à la police.
23:46Elle explique avoir vu,
23:47elle aussi,
23:48le fameux cyclomoteur rouge.
23:50Pas à 19h30,
23:51comme l'a dit le témoin,
23:52mais deux heures plus tôt.
23:54À cette heure-là,
23:55Françoise Pernin venait tout juste
23:57de sortir de la boucherie charcuterie.
23:59La femme explique qu'elle rentrait chez elle
24:02avec son fils
24:03en empruntant un petit chemin de terre
24:05près du terrain vague.
24:06Elle a croisé la route
24:08de deux cyclomotoristes,
24:09deux jeunes gens,
24:10dont l'un transporté sur la selle arrière,
24:13une fille aux cheveux courts,
24:14portant un manteau rouge
24:16et assise à l'Amazon.
24:17Un des garçons,
24:18porté un col roulé noir.
24:21Quand le lendemain,
24:22j'ai lu l'histoire dans les journaux
24:23et que j'ai vu la photo de la jeune fille,
24:25j'ai tout de suite pensé
24:26que ça pouvait être elle,
24:28va raconter le témoin
24:29au journal Détective.
24:31La riveraine est formelle
24:32sur les horaires.
24:34Françoise Pernin
24:34aurait donc passé au moins deux heures
24:36en compagnie de ses ravisseurs
24:38avant d'être à nouveau
24:40transportée sur un cyclomoteur,
24:41puis séquestrée quelque part.
24:44Des cris de femmes
24:44auraient été entendus
24:45bien plus tard dans le quartier,
24:48mais sans qu'ils puissent être localisés.
24:51Les policiers se demandent
24:53si Françoise Pernin
24:54n'aurait pas suivi sans méfiance
24:55des personnes qui la connaissaient.
24:57Elle ne se serait pas méfiée.
24:59La maman, Paulette,
25:00ne croit pas à cette hypothèse.
25:02Elle répète que Françoise
25:03était réellement craintive.
25:05Elle aurait été incapable
25:06de partir avec qui que ce soit.
25:08Lorsque quelqu'un s'approchait d'elle,
25:10ne serait-ce que pour demander son chemin,
25:13elle s'enfuyait en courant,
25:15dit-elle.
25:15Selon la maman,
25:16Bibiche était terrorisée
25:18par les rencontres,
25:19traumatisée depuis l'âge de 7 ans
25:20lors de son admission
25:22à l'école Joliot-Curie.
25:23Des instituteurs spécialisés
25:25s'occupaient parfaitement d'elle,
25:27mais la petite fille
25:28était harcelée,
25:30moquée par ses camarades
25:31à cause de son handicap.
25:33Elle n'était restée
25:34que 15 jours
25:35dans l'établissement.
25:37Françoise n'avait pas d'amis.
25:38Les seules personnes
25:39avec qui elle se sentait
25:40en sécurité
25:41étaient sa propre famille
25:43et la petite chienne,
25:44Miquette,
25:45que ses parents
25:46lui avaient offert.
25:47Et voilà donc
25:49pour la vie
25:50et la mort
25:51de Françoise Pernin.
25:53Effectivement,
25:53on est à l'époque
25:54à la recherche
25:54des individus
25:56qui ont pu lui donner la mort
25:57de cette façon
25:57la plus horrible qui soit
25:59et avec un sadisme certain.
26:01Alexandra Pernin,
26:02vous êtes avec nous
26:02dans cette heure du crime.
26:03Vous êtes la nièce
26:03de Françoise Pernin
26:05et c'est vous
26:06qui rouvrez aujourd'hui
26:07ce dossier.
26:08En tout cas,
26:08qui faites tout
26:09pour que ce dossier
26:10soit enfin rouvert
26:11et que peut-être,
26:12sait-on jamais,
26:13une enquête
26:13plus de 50 ans après
26:14apporte ses fruits.
26:16Alors,
26:17effectivement,
26:18il faut parler un petit peu
26:19de la victime
26:20de Françoise Pernin.
26:22C'est une jeune fille,
26:24une adolescente
26:25qui en aucun cas
26:26aurait suivi quelqu'un.
26:27C'est ce que dit sa mère
26:28à l'époque.
26:28Pas du tout.
26:29Elle n'aurait jamais suivi
26:30quelqu'un qu'elle ne connaissait pas.
26:32Ça,
26:32vous l'avez vu
26:33l'établir.
26:34Ah oui.
26:35Et puis,
26:35c'était une adolescente
26:36qui était un peu craintive.
26:39Donc,
26:39la logique veut
26:40qu'elle n'aurait pas suivi
26:41quelqu'un
26:42qu'elle ne connaissait pas.
26:43Donc,
26:44pour nous,
26:44c'est ancré
26:45qu'elle a suivi
26:46quelqu'un
26:47qu'elle connaissait.
26:48Elle se réfugiait
26:48toujours dans la famille,
26:49c'est ça ?
26:50Oui.
26:50Elle sortait très peu,
26:52sauf...
26:53Elle sortait souvent
26:54sa petite chienne.
26:55Elle flânait en chemin,
26:56mais c'est vrai
26:57qu'elle ne faisait
26:58rien d'autre.
26:59Oui,
26:59c'est ça.
27:00qu'elle était en sécurité
27:02au sein même
27:03de cette famille
27:03qui l'adorait
27:05et qui l'a protégée.
27:06C'est pour ça aussi
27:07que cette histoire
27:07est frappante
27:08et tellement cruelle
27:09et touchante
27:10que cette famille
27:11a protégé
27:12Bibiche,
27:12a protégé
27:13la petite Françoise
27:14jusqu'au bout.
27:15Et puis,
27:15effectivement,
27:16la vie a échappé
27:17à cette fille
27:18et le sort
27:19a été totalement dramatique.
27:21Olivier Le Gall,
27:21vous êtes avec nous
27:22dans l'heure du crime,
27:23chargé de mission,
27:25des affaires
27:26non élucidées
27:27au sein du cabinet
27:27Seban,
27:28Seban et Alali,
27:29qui est avocate
27:31et qui est avec nous également.
27:32On va parler avec vous
27:33dans un instant,
27:34Maître Marine Alali.
27:35Olivier Le Gall,
27:36deuxième témoignage,
27:38on retrouve encore
27:38ces deux cyclos motoristes,
27:41on retrouve encore
27:41la mobilette rouge,
27:43la mobilette grise,
27:44on retrouve la jeune fille
27:46en robe rouge,
27:47la même robe rouge
27:48que portait
27:49Françoise Pernin.
27:50Là,
27:51effectivement,
27:51on a un angle
27:52très précis d'enquête
27:53à l'époque.
27:55Oui,
27:55alors,
27:56après,
27:56peut se poser la question
27:57du transport du corps.
27:58Si effectivement,
27:59les policiers pensent
28:00que le corps
28:00a été transporté
28:01du lieu de séquestration
28:03jusqu'au lieu
28:04où on découvre
28:05la victime,
28:07est-ce que ça peut se faire
28:07avec des mobilettes ?
28:10Sans doute pas.
28:11On peut en douter.
28:12Donc,
28:12là aussi,
28:13peut-être que les policiers
28:14se sont dit
28:14ne se sont pas plus intéressés
28:16que ça à la piste
28:17de la mobilette
28:17parce qu'ils se sont dit
28:18que ce n'était pas possible
28:19que le corps puisse être transporté
28:20sur le port de bagage
28:21tout simplement
28:22une fois que la victime
28:22était morte.
28:23Donc,
28:23ça voudrait dire
28:24qu'il y a une voiture
28:24qui a été utilisée ?
28:25Vraisemblablement.
28:26Parce que les policiers
28:27en ont déduit.
28:27Et fatalement des complices
28:29ou incomplices.
28:30Et alors là,
28:31c'est intéressant
28:31ce que vous dites,
28:32Olivier Legale,
28:33parce qu'effectivement,
28:34au plus il y a de personnes
28:35et vous le savez très bien
28:36et bien mieux que moi
28:36dans une enquête,
28:37au plus il y a de personnes
28:38susceptibles de parler.
28:41Exactement.
28:41Sauf que là,
28:42pour le coup,
28:43je pense que les policiers
28:44ont effectivement fait
28:45tout un environnement.
28:46Ils se sont d'abord
28:47certainement intéressés
28:48à la piste locale.
28:49Mais s'ils n'ont rien trouvé,
28:50c'est qu'effectivement,
28:51il n'y avait personne
28:52qui n'a parlé
28:53à ce moment-là ?
28:54Maître Marine Alali,
28:55un mot.
28:56L'affaire,
28:57il va y avoir
28:58un non-lieu
28:59assez rapide.
29:00Mais à l'époque,
29:01c'est vrai que les non-lieux,
29:02on les distribue
29:02de manière
29:03pas immédiate,
29:04mais presque.
29:05Oui.
29:06Une fois qu'on a fait
29:07à peu près tous les actes
29:08d'investigation
29:09qui sont possibles à l'époque,
29:10au lieu de laisser une chance
29:11au dossier,
29:12justement de le laisser ouvert
29:13pour peut-être apporter
29:14d'autres témoignages,
29:16laisser la parole
29:16un peu se délier
29:17et peut-être avoir
29:18de nouveaux éléments,
29:19fermer les dossiers
29:20systématiquement,
29:21même dans des cas
29:22gravissimes comme celui-là.
29:24Quelques pistes suivies,
29:25puis la prescription.
29:27Françoise Pernin,
29:27le mystère
29:28de la mobilette rouge.
29:29Ma tante était fragilisée
29:31mentalement,
29:31elle était assez sauvage,
29:33elle ne serait jamais montée
29:34avec quelqu'un
29:35qu'elle ne connaissait pas,
29:36elle a été massacrée.
29:37L'enquête de l'heure du crime.
29:38On se retrouve
29:39dans un instant
29:39sur RTL.
29:41L'heure du crime,
29:42c'est avec Jean-Alphonse Richard
29:43sur RTL.
29:45Service.
29:46L'heure du crime,
29:48c'est avec Jean-Alphonse Richard
29:49sur RTL.
29:51L'heure du crime
29:52consacrée aujourd'hui
29:52à l'affaire Françoise Pernin,
29:54cette adolescente
29:5415 ans et demi
29:55a été enlevée,
29:56violée,
29:57tuée en janvier 67
29:58à Villejuif,
29:59dans le Val-de-Marne.
30:01Aucun suspect arrêté,
30:02la police va s'intéresser
30:03à quelques possibles suspects,
30:05puis le dossier
30:06va se refermer.
30:09Les enquêteurs vont longtemps
30:10continuer à recenser
30:11les enlèvements
30:12ou tentatives
30:13d'enlèvements similaires
30:14à l'affaire Françoise Pernin.
30:16Dans les mois
30:16qui suivent le crime,
30:17ils examinent le cas
30:18de la petite Véronique,
30:19âgée d'une douzaine d'années.
30:21Elle a failli être enlevée
30:22à Thiers,
30:23commune toute proche
30:24de Villejuif.
30:25A la demande de sa mère,
30:26elle était partie
30:27faire une course
30:27avenue Gambetta,
30:29devant une librairie.
30:29Elle a été abordée
30:30par un homme jeune
30:31qui l'a invité
30:33à monter dans sa voiture,
30:34une Citroën Amisys
30:35blanche.
30:37Elle lui a faussé compagnie,
30:38mais l'individu
30:39l'a suivie à pied
30:40pour la rattraper
30:41dans une cage d'escalier.
30:42Il s'est jeté sur elle
30:43au premier étage.
30:44Il m'a rattrapé,
30:45j'ai alors crié très fort,
30:46il s'est sauvé,
30:48va raconter la petite Véronique.
30:49Ni le suspect,
30:50ni sa voiture
30:51n'ont été retrouvées.
30:53Les recherches entreprises
30:54pour identifier
30:54la mobilette rouge
30:55qui aurait transporté
30:57Françoise Pernin
30:57ne vont pas,
30:59non plus,
30:59porter leurs fruits.
31:01Quelques témoignages,
31:02anonymes,
31:02reçus par la police
31:03sont vérifiés,
31:04mais il s'avère fantaisiste.
31:06Les investigations s'étiolent,
31:08puis s'arrêtent totalement
31:09au bout de quelques mois.
31:10Un non-lieu
31:11est délivré par la justice.
31:141991,
31:1524 ans après la mort
31:16de Françoise Pernin,
31:18le crime est prescrit
31:19selon la loi
31:20en vigueur à l'époque.
31:21L'action de la justice
31:22est alors éteinte.
31:24Seul un fait nouveau,
31:25témoignage inédit,
31:26pourrait éventuellement
31:27entraîner des vérifications,
31:29mais malgré le temps écoulé,
31:31la famille Pernin
31:32va toujours garder
31:33cette histoire
31:34comme une blessure intime
31:36et jamais refermée.
31:37En 2023,
31:38Alexandra Pernin,
31:40nièce de la victime,
31:42rouvre le dossier.
31:43Elle témoigne alors.
31:44Ma tante était fragilisée
31:45mentalement,
31:46assez sauvage.
31:47Elle ne serait jamais montée
31:48avec quelqu'un
31:49qu'elle ne connaissait pas.
31:50Elle a été massacrée.
31:52Alexandra Pernin,
31:53qui décrivait le juif
31:54comme une cité à l'époque
31:55mal fréquentée,
31:56violente,
31:56poursuit.
31:57Je suis convaincu
31:58qu'ils étaient plusieurs.
32:00On pense qu'elle n'a pas été tuée
32:01tout de suite,
32:02mais plutôt séquestrée
32:02dans un cabanon,
32:04dans un endroit assez reculé
32:05où un voisin
32:06avait raconté
32:07qu'il avait entendu des cris,
32:08tout le week-end.
32:09Voilà donc cette affaire
32:13qui se referme.
32:14Un non-lieu tout d'abord.
32:15Et puis,
32:1624 ans après la mort de Françoise,
32:18le crime est prescrit.
32:19Là, on ne peut plus faire grand-chose.
32:21Il faudrait des éléments nouveaux
32:22pour ranimer ce dossier.
32:25C'est ce que vous essayez de faire
32:27et de trouver,
32:27Maître Marine Alali.
32:28Vous êtes avec nous,
32:29avocate au barreau de Paris.
32:30Vous êtes avocate au cabinet
32:32Ceban.
32:32Et vous êtes l'avocate
32:33d'Alexandra Pernin,
32:34la nièce de Françoise,
32:36qui essaie effectivement
32:37de faire rouvrir ce dossier.
32:40Alors, il y a ces cas
32:42qui sont étonnants,
32:43qui sont recensés.
32:45Il y a les recherches entreprises,
32:47notamment pour identifier
32:48la mobilette rouge.
32:50À l'époque,
32:50il faut savoir,
32:51ce genre de mobilette,
32:52de cette couleur en tout cas,
32:53c'est assez rare.
32:54C'est étonnant
32:55qu'on n'ait pas retrouvé
32:56cette mobilette,
32:57qu'on n'ait pas retrouvé
32:58non plus des suspects
32:59parce que tout le monde
33:00se connaît dans ces villes
33:01à l'époque.
33:01Oui, apparemment,
33:02il n'y avait pas tant
33:03de véhicules de ce type-là
33:04qui circulaient.
33:06Et en tout cas,
33:07c'est une piste
33:07qui n'a pourtant rien donné.
33:09Est-ce que les recherches
33:10ont été au bout ?
33:11Et on a pu, à l'époque,
33:13avoir des listings
33:13de ce type de mobilette
33:14dans les environs ou pas ?
33:17Ça, je ne sais pas.
33:18Mais en tout cas,
33:19malheureusement,
33:20ça n'a pas suffi
33:21à déboucher sur une piste sérieuse.
33:22Je voudrais juste revenir
33:23sur les questions de prescription.
33:25Dans tous les cas,
33:26pour rouvrir un dossier fermé,
33:28même s'il n'est pas prescrit,
33:29il faut des éléments nouveaux.
33:30Donc, on est toujours forcé
33:31de trouver des éléments nouveaux.
33:33Après, on ne sait jamais
33:35si un dossier est prescrit ou pas
33:37tant qu'on n'a pas enquêté
33:37et finalement qu'on n'a pas
33:38trouvé l'auteur.
33:39Parce que, par exemple,
33:40si ce crime s'inscrivait
33:41dans une succession de crimes
33:42commis par un même auteur,
33:44on pourrait estimer
33:45que la prescription aurait été
33:48interrompue
33:49à chaque nouvelle procédure
33:51faite contre cet auteur.
33:53Donc, on ne sait jamais.
33:54Je dis n'importe quoi,
33:55ce n'est pas du tout le cas.
33:56Mais si on tombait sur
33:56Michel Fourneret
33:57sur ce dossier-là,
33:58on pourrait très bien considérer
34:00que le dossier n'est pas prescrit.
34:01Donc, ce n'est pas si simple que ça.
34:03Et aujourd'hui,
34:04personne ne peut
34:04tant affirmer que ça
34:06que ce dossier est totalement prescrit.
34:07Alors, dossier,
34:08un mot là-dessus quand même,
34:09Maître Marine Alali.
34:10Je sais que ce dossier,
34:11vous n'avez pas pu le consulter.
34:13Il est dans des archives
34:14départementales, c'est ça ?
34:17C'est ça, au SMAC.
34:18Donc, c'est les...
34:19Vas-y, Olivier,
34:20c'est les archives.
34:21C'est le...
34:21Olivier Le Gall,
34:22qui vous travaillez avec Marine Alali.
34:24Oui, c'est le service
34:25de la mémoire culturelle
34:26de la ville de Paris,
34:27en fait,
34:27qui recense aussi
34:29des affaires de police judiciaire.
34:30Et on sait que le dossier est là-bas,
34:32on sait que la famille
34:33a pu le consulter
34:34par dérogation.
34:35Et aujourd'hui,
34:37nous, on demande
34:37à y avoir accès.
34:39Et ça vous est refusé ?
34:40Non, mais il faut dire
34:41les choses très clairement.
34:42Oui, alors,
34:42c'est une des raisons
34:43de notre présence,
34:45aujourd'hui,
34:46puisqu'on est passablement
34:47très en colère
34:48de ne pas avoir accès
34:49à ce dossier.
34:50La famille a pu le consulter,
34:51mais évidemment,
34:51ce ne sont pas des professionnels
34:53et l'idéal est d'avoir une copie
34:54pour pouvoir la travailler
34:55et en faire quelque chose.
34:56Et aujourd'hui,
34:57elle nous est totalement refusé,
34:59même en tant que mandataire
35:00de la famille,
35:01ce qui est tout bonnement
35:02incompréhensible,
35:03surtout que...
35:04Alors, je vais donner
35:05le nom exact,
35:06c'est l'état-major
35:07de la direction
35:07de la police judiciaire
35:08qui doit donner
35:09un avis favorable
35:09pour qu'on puisse avoir accès
35:10à la copie de ce dossier.
35:12Et ce dernier a répondu
35:13que c'était une atteinte
35:13trop grave à la vie privée.
35:15Non, mais ça ne va pas du tout.
35:15Alors, la vie privée,
35:17voilà, d'une vie qui est décidée...
35:18Alors, ça ne va pas du tout.
35:18Il faut absolument
35:19communiquer ce dossier
35:21aux avocats.
35:21Il faut que vous ayez...
35:22C'est ça.
35:23Voilà, que vous puissiez
35:23disposer de ce dossier.
35:24Là, on fait une demande
35:25très directe.
35:26Très officielle.
35:27Et à ce sujet,
35:28on a écrit à plusieurs reprises
35:29à la procureure de la République
35:29de Paris
35:30qui, elle, pourrait demander
35:32le dossier
35:32et nous le transmettre.
35:33Et pour l'instant,
35:34le parquet de Paris
35:35a été totalement insensible.
35:37On a écrit trois de quatre fois
35:38et on n'a jamais eu de réponse.
35:40Ce qui est quand même
35:40extrêmement limite
35:42au vu des faits
35:42et de notre parfaite légitimité
35:44de demander l'accès
35:44de ce dossier.
35:45Eh bien, la procureure de Paris,
35:46Mme Bécou,
35:47nous entend.
35:49Et il faut absolument
35:49ouvrir ce dossier
35:51parce que je veux bien
35:52qu'il soit à 100 ans
35:53dans les archives.
35:54Ça ne sert pas à grand-chose.
35:55On a une chance peut-être
35:55de faire bouger les choses.
35:57Il faut absolument
35:57communiquer ce dossier.
35:59Un tout petit mot avec vous,
36:00Alexandra Pernin.
36:01Vous êtes la nièce
36:02de Françoise Pernin.
36:02Vous l'avez vu, vous, ce dossier.
36:04Parce que vous êtes la famille.
36:05Vous avez pu le regarder.
36:06Ça ressemble à quoi ?
36:07C'est assez complexe.
36:09On pourrait croire
36:10à première vue
36:10que c'est un petit dossier.
36:12Et en fait,
36:13quand on l'ouvre,
36:14on se rend compte
36:14que ce sont des sortes
36:15de papiers calques
36:16et qu'en fait,
36:17le dossier est plutôt complet.
36:20Sauf que quand on n'y a
36:21accès qu'une après-midi,
36:22c'est très difficile
36:23de tout synthétiser.
36:24Bien sûr.
36:25Et puis, vous n'êtes pas,
36:25encore une fois,
36:26une professionnelle de la justice.
36:28J'ai pris les quelques passages
36:30qui me semblaient judicieux,
36:32mais encore une fois,
36:33c'est avec mes yeux à moi
36:34et pas avec les yeux
36:35d'un avocat
36:36que j'ai regardé ce dossier.
36:3955 ans après les faits,
36:41un témoignage surprise.
36:43Françoise Pernin,
36:43le mystère de la mobilette rouge.
36:45Après ce coup de fil,
36:46je me suis dit
36:47qu'il y avait là
36:47quelque chose à creuser.
36:49L'enquête de l'heure du crime.
36:50Je vous retrouve tout de suite
36:51sur RTL.
36:52L'heure du crime,
36:53présentée par Jean-Alphonse Richard
36:54sur RTL.
36:57L'heure du crime,
36:58c'est avec Jean-Alphonse Richard
37:00sur RTL.
37:02Dans l'heure du crime,
37:03aujourd'hui,
37:03l'affaire Françoise Pernin.
37:04En 1967,
37:05cette adolescente,
37:0615 ans et demi,
37:07légèrement handicapée mentalement,
37:10est retrouvée massacrée.
37:11Elle avait été séquestrée,
37:12violée,
37:13étranglée à Villejuif.
37:14Dossier prescrit.
37:1655 ans plus tard,
37:17un témoignage attire la curiosité.
37:21Courant 2022,
37:22l'un des frères de Françoise Pernin,
37:24il avait 11 ans à l'époque,
37:25reçoit un coup de fil
37:26d'un ami d'enfance.
37:28Ce dernier lui rapporte
37:29une histoire survenue
37:30quelques années auparavant.
37:32Lors d'un déménagement
37:33de l'appartement
37:34de deux frères
37:35à Villejuif,
37:36il a été découvert
37:37dans le garage
37:38une vieille mobilette rouge.
37:40Le témoin
37:41n'a pu s'empêcher
37:42de faire le rapport
37:42avec la mort de Françoise,
37:44mais sur le coup,
37:45il n'a rien dit.
37:46Selon lui,
37:46la mobilette a été emportée.
37:48Il n'y avait pas beaucoup
37:49de mobilettes rouges à l'époque.
37:51Les deux frères en question
37:52sont décédés,
37:53mais je me suis dit
37:54qu'il y avait là
37:54quelque chose à creuser,
37:55et indique Alexandra Pernin,
37:57la nièce de la victime.
38:00Alexandra Pernin,
38:01devenue porte-parole
38:01de la famille de Françoise,
38:03assure que le crime
38:04est toujours une question
38:05sensible au sein de la famille.
38:07Elle ne désespère pas
38:08de trouver,
38:09malgré le temps,
38:10quelques petits éléments
38:11de réponse
38:12pour se rapprocher,
38:14enfin,
38:15de la vérité.
38:16Je crois vous-même,
38:18madame,
38:18que vous êtes descendue
38:19vers 18h
38:19pour voir si Bibiche rentrait.
38:2118h, oui,
38:21en effet, c'est exact.
38:23Je n'ai rien vu.
38:23Et Bibiche empruntait
38:25toujours le même chemin
38:26lorsqu'elle allait faire
38:27des courses ?
38:28Ça, je me le demande aussi.
38:30Voilà.
38:30Après la circuiterie,
38:31il y a plusieurs passages,
38:32alors toujours pareil,
38:33est-ce qu'elle a pris l'un,
38:34est-ce qu'elle a pris l'autre ?
38:35Je n'en sais rien.
38:37Document exceptionnel,
38:38c'est la voix de Paulette Pernin.
38:40C'est la maman de Françoise,
38:42c'était sur RTL
38:43en janvier 1967.
38:46On félicite les archives de RTL
38:47d'avoir gardé ces documents
38:48qui sont précieux et capitaux,
38:49et même pour une enquête,
38:51c'est très très précieux
38:51d'avoir ce genre de documents.
38:54Alexandra Pernin,
38:55évidemment,
38:55vous êtes avec nous
38:56depuis le début de cette émission.
38:58Vous êtes la nièce
38:58de Françoise Pernin.
39:00Alors là,
39:00il y a ce sursaut,
39:02j'ai envie de dire.
39:02Là, vous avez eu un flash
39:04parce qu'il y a
39:04cet ami d'enfance
39:06de votre papa,
39:07il appelle et il dit
39:08« Mais moi, je me souviens,
39:09il y a eu une mobilette rouge,
39:10il y avait deux frères,
39:11ils n'étaient peut-être pas
39:12très bien fréquentables,
39:13ces deux frères.
39:14En tout cas,
39:14ils sont morts,
39:15mais ils avaient une mobilette rouge,
39:16on l'a retrouvée. »
39:17C'est ça le déclic pour vous ?
39:18Vous vous dites là,
39:18on n'est peut-être pas très loin ?
39:21En fait,
39:21il y a eu deux déclics en un.
39:23Le premier,
39:23effectivement,
39:24l'ami d'enfance
39:25de mon père,
39:26lui,
39:27porte à sa connaissance
39:28en fait
39:28que dans la cave
39:31de l'un des deux frères,
39:33il a vu cette fameuse
39:34mobilette rouge.
39:35Est-ce que c'est celle
39:36dont vous les témoignez ?
39:38On ne sait pas,
39:38en tout cas,
39:39ça pose question.
39:41Et ce même copain d'enfance
39:42a rapporté
39:43les propos suivants
39:44qu'il tient
39:45d'une autre voisine
39:46qui à l'époque
39:47avait 15-16 ans
39:48qu'elle a vu
39:50l'un des deux frères
39:51le jour de la disparition
39:52de ma tante
39:53avec ma tante
39:55et la tante
39:55sur, en fait,
39:57le porte-bagages
39:57de ce frère,
39:59sur sa mobilette.
39:59Alors ça,
40:00c'est un capital
40:00comme témoignage.
40:02Est-ce que,
40:03Alexandre Pernand,
40:05c'est important
40:05pour l'enquête
40:06qui peut,
40:07pourquoi pas,
40:07être rouverte.
40:09Est-ce que ces personnes,
40:10vous savez qui c'est ?
40:12Elles peuvent éventuellement
40:13témoigner ?
40:13Elles peuvent vous apporter ?
40:14confirmer,
40:15certains disent ?
40:16Alors,
40:16justement,
40:17sur mon insistance,
40:18en fait,
40:18mon père a rappelé
40:19ce copain d'enfance
40:19qui avait pour mission
40:21de rappeler
40:22ses fameux témoins
40:23et ses fameux témoins,
40:26plus de six mois après,
40:27ont finalement dit
40:28non,
40:28c'est terminé,
40:29on a dit ce qu'on avait à dire,
40:30on ne veut plus parler.
40:33Incroyable.
40:33C'est trop douloureux,
40:34on arrête là.
40:35On arrête là
40:35et puis on est peut-être
40:37aussi un peu inquiets,
40:38peut-être qu'on s'est
40:39un peu avancés,
40:39on a dit des choses
40:40qu'il ne fallait pas dire
40:41mais c'est comme ça
40:42que la vérité jaillit.
40:44l'avocate au barreau de Paris,
40:45vous êtes l'avocate
40:46d'Alexandra Pernin
40:47qu'on vient d'entendre.
40:49C'est très étonnant ça
40:50parce qu'on est là
40:51plus de 50 ans après
40:52et pourtant,
40:53il y a cette gêne
40:53dans les témoignages.
40:55Il faudrait aller revoir
40:56sans doute ces personnes.
40:57Oui,
40:57ça montre comment
40:58des années après,
40:59ça marque quand même
41:00les gens pour qu'ils puissent
41:01un,
41:02amener leurs témoignages
41:02puis deux,
41:03être bouleversés
41:03de l'avoir fait finalement.
41:05C'est pour ça que c'est là
41:06où ça serait très intéressant
41:07de revendre le dossier
41:08et que des enquêteurs
41:09puissent les interroger
41:09parce qu'évidemment,
41:10face à des policiers,
41:11ils seront bien contraints
41:12de quand même dire
41:13ce qu'ils savent
41:14même s'ils ne veulent plus
41:15aujourd'hui communiquer
41:16directement avec la famille.
41:18Alors,
41:18il y a ce dossier.
41:19Olivier Le Gall,
41:20vous travaillez également
41:20au cabinet Seban
41:22et vous penchez
41:22sur les affaires
41:23non élucidées
41:23pour le cabinet Seban
41:25dans lequel travaille
41:26Marine Alali,
41:27je le précise.
41:29Évidemment,
41:29aujourd'hui,
41:29les indices,
41:30ils ont disparu.
41:31Il n'y a plus de scellés
41:31dans cette histoire.
41:33A priori ?
41:34A priori,
41:35on le saura
41:36quand on aura accès
41:37au dossier
41:38mais c'est toujours intéressant
41:39d'essayer de voir
41:39s'il n'y a pas
41:41des indices quelque part.
41:41Je voudrais juste revenir
41:42sur l'accès au dossier
41:43puisqu'il y a,
41:44pour donner un exemple,
41:45il y a quand même
41:45le procureur de la République
41:46d'Épinal
41:47qui, à la demande de la famille,
41:49a réussi à retrouver
41:50un dossier de 1978
41:51sur l'assassinat
41:52d'Evelyne Riva.
41:54Donc,
41:54comme quoi,
41:55quand un procureur
41:55veut s'investir
41:56dans la recherche
41:57d'une archive de procédure
41:59et d'essayer de voir
42:00s'il n'y a pas
42:01moyen de résoudre
42:02une enquête,
42:03c'est possible de le faire
42:03puisque lui,
42:04il l'a fait.
42:05Et il n'est jamais interdit
42:07de réouvrir une enquête
42:08sur la base
42:09d'une demande
42:10d'une famille
42:11au moins en enquête
42:12préliminaire
42:13pour voir s'il n'y a
42:14pas quelque chose
42:15encore à faire.
42:15Et puis,
42:16on est d'accord,
42:16Maître Marine Alali,
42:17ça ne coûte rien.
42:18On a fait un appel
42:19tout à l'heure
42:20à la procureure
42:21de la République de Paris
42:22pour vous aider
42:23à pouvoir consulter
42:24ce dossier.
42:25Ce dossier,
42:26il est inerte.
42:27Tout seul,
42:28il ne sert à rien.
42:29C'est ça,
42:29ça ne coûte pas grand-chose
42:30d'autant plus que là,
42:31on dit précisément
42:31où il est.
42:32Donc, des fois,
42:32ce qui est compliqué,
42:33c'est de chercher
42:33le bon service d'archives,
42:35de trouver le dossier,
42:36d'aller fouiller
42:38dans les services
42:38des archives,
42:39là, on sait où il est.
42:40Donc, en cinq minutes,
42:41il est possible
42:42de l'obtenir
42:42sur réquisition
42:43de n'importe quel procureur.
42:45Et c'est vrai
42:45que c'est dommage
42:47d'avoir un silence.
42:48On est méfiant
42:49vis-à-vis des familles
42:50comme si elles n'avaient pas
42:51le droit d'avoir accès
42:52à leur propre procédure.
42:54On défend effectivement
42:55Alexandra et également
42:56son papa.
42:56Son papa,
42:57il est frère,
42:58donc il a la qualité
42:59de partie civile.
43:00S'il a eu le droit
43:00d'avoir accès à ce dossier,
43:01il n'y a aucune raison
43:02qu'on lui interdise aujourd'hui.
43:03Il faut sortir ce dossier
43:04de la poussière.
43:06Dernière question pour vous,
43:07Alexandra Pernin,
43:08aujourd'hui,
43:08vous attendez quoi ?
43:09Vous avez l'espoir
43:10qu'on puisse avoir accès
43:12au dossier ?
43:13Je pense que c'est
43:14la première priorité.
43:15Et après,
43:16comme je l'ai dit,
43:16avoir quelques réponses.
43:18Après, on est conscients
43:19que peut-être
43:20qu'il n'y aura rien
43:21au bout du chemin.
43:22Merci beaucoup,
43:23Alexandra Pernin,
43:24maître Marine Alali,
43:26Olivier Legal
43:26d'avoir été les invités
43:27de l'heure du crime.
43:28Merci à l'équipe de l'émission,
43:29rédactrice en chef,
43:30Justine Vigneault,
43:31préparation Marie Bossard,
43:32Lisa Canales,
43:33réalisation,
43:34je l'attends Griveaux.
43:35L'heure du crime,
43:36présentée par Jean-Alphonse Richard.
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