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  • il y a 7 mois
Comme tous les jours, BFMTV répond à vos questions

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Transcription
00:00Alors on va commencer par cette loi anti-fast fashion, à savoir cette mode éphémère, cette mode jetable qui débarque au Sénat cet après-midi, Marguerite.
00:07Chine, Temu, même H&M et Zara, vous avez sûrement des vêtements de ces marques dans votre placard.
00:14Une loi doit permettre de limiter leur consommation.
00:18Une première mouture a été votée il y a un an et demi à l'Assemblée nationale depuis le texte a évolué.
00:22Il prévoit notamment une définition légale de la fast fashion, des obligations pour ces plateformes, sensibiliser à l'impact environnemental, freiner la pub en ligne ou encore un bonus malus, toujours selon l'impact environnemental.
00:37On va répondre à toutes vos questions avec notre invitée Julia Fort, bonjour.
00:43Bonjour.
00:44Vous êtes coprésidente d'Impact France.
00:47Tout d'abord, vous dites vous que ce texte risque de ne servir à rien.
00:51Est-ce que vous pouvez nous expliquer pourquoi ?
00:56Oui, en fait, ce texte a été modifié en commission du Sénat avec un objectif assez clair.
01:04Impacter seulement l'ultra fast fashion chinoise type Chine et Temu en épargnant la fast fashion européenne type Primark et Zara.
01:12Sauf qu'en tordant le texte, pour lui donner les effets que je viens de vous décrire, on l'a rendu beaucoup moins efficace.
01:17Les primes pénalités dont vous parliez auparavant ont été carrément retirées du texte, au même titre que les échéances à laquelle ces primes et pénalités devaient être appliquées.
01:27Julia Fort, je voulais quand même vous faire écouter la ministre de la Transition écologique qui s'est exprimée tout à l'heure.
01:33Les amendements qui sont proposés sont des amendements qui visent très clairement à sécuriser juridiquement cette loi.
01:39Moi, je ne veux pas que cette loi soit attaquée le jour où elle est promulguée et qu'elle tombe parce qu'elle présente des fragilités au regard du droit européen ou de notre droit constitutionnel.
01:50Nous allons prendre des positions un peu fortes et nous savons que nous prenons sur certains sujets des risques, mais nous voulons aussi qu'elle soit la plus solide possible pour pouvoir être appliquée.
02:00Julia Fort, ces arguments s'entendent. Il vaut mieux une loi qui soit peut-être un peu moins ambitieuse, mais qui soit applicable.
02:09Le problème, c'est que les arguments techniques qu'on nous a opposés pour justifier l'amoindrissement de la loi ne tiennent pas la route.
02:17Par exemple, ce qu'on nous a dit, c'est que l'affichage n'était pas obligatoire et que du coup, on ne pouvait pas indexer les primes pénalités dessus.
02:24Or, la première chose, c'est que l'affichage environnemental est rendu obligatoire par l'article 2 de la loi climat et résilience,
02:30mais quand bien même, on peut utiliser la méthodologie derrière l'affichage environnemental pour appliquer ces primes et pénalités sans que l'affichage soit obligatoire pour les marques.
02:39En fait, moi, ma sensation, c'est que le gouvernement se cache derrière des arguments techniques et juridiques pour finalement faire son intention qu'il a lui-même dit,
02:49c'est-à-dire pénaliser la fast fashion chinoise sans toucher d'un centime à la fast fashion européenne.
02:54On a reçu pas mal de questions de nos téléspectateurs sur cette question de la fast fashion.
02:59Je le disais, on a tous des vêtements fast fashion dans notre placard.
03:03On a notamment cette jeune femme qui nous dit, je n'achète pas de la fast fashion par plaisir, mais par nécessité, pas le budget pour d'autres marques chères.
03:14Qu'est-ce que vous lui répondez ?
03:19Non, mais c'est un vrai point. Effectivement, la fast fashion arrive à proposer des vêtements beaucoup moins chers que le reste des enseignes.
03:27Mais il faut se poser la question de comment et pourquoi on arrive à avoir des t-shirts à 4 euros.
03:32Ça veut dire bien sûr que derrière, il y a de l'exploitation des gens qui fabriquent.
03:37Ça veut dire que bien sûr, il y a une pollution immense.
03:40Bien sûr, pour obtenir des t-shirts aussi peu chers, on va fabriquer dans des pays où les lois sont peu contraignantes,
03:45où les gens qui fabriquent sont peu protégés et où l'environnement est peu protégé.
03:49Mais aussi, il faut savoir ce que ça nous coûte à nous en tant que citoyens français.
03:52Quand on paye un t-shirt 4 euros, ça veut dire qu'il n'est pas produit chez nous.
03:56Ça veut dire qu'il détruit de l'emploi dans l'industrie textile.
03:58Ça veut dire qu'il ne reste pas assez de valeur à l'intérieur pour payer correctement les gens qui le vendent.
04:02Donc ça détruit aussi de l'emploi dans le commerce, dans la vente de vêtements.
04:08Mais ça détruit aussi de l'économie à un niveau plus global.
04:11C'est-à-dire que le textile, ça représente une dizaine de milliards d'euros de déficit commercial par an.
04:17Ça veut dire que la France s'endette pour faire venir ces masses de vêtements de l'autre bout du manche.
04:21Et à la fin, cette dette, c'est nous qui allons la payer en tant que citoyens.
04:25Donc ce que je veux dire, c'est que même si on a l'impression en tant que consommateur de faire une bonne affaire
04:30en achetant des vêtements pas chers, c'est nous en tant que citoyens et citoyennes qui allons le payer après
04:36parce qu'il va y avoir moins d'emplois, moins d'argent dans les caisses, moins d'argent pour l'hôpital, pour la santé, pour l'école, etc.
04:42Et c'est pour cela que vous souhaitez que la loi soit plus sévère.
04:49Merci beaucoup Julia Ford d'avoir été avec nous en direct.
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