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  • il y a 7 mois
Jeudi 12 juin 2025, retrouvez Gad Amar (Responsable distribution Europe de l’Ouest, Natixis IM) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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Transcription
00:00Musique
00:00Et nous poursuivons cette édition spéciale de Smart Bourse depuis cette troisième édition du Midsommar du Patrimoine organisé par la CNCGP.
00:18Mon invité à mes côtés est le responsable de la distribution pour l'Europe de l'Ouest de Natixis IM, Gad Amar.
00:24Bonjour Gad.
00:24Bonjour.
00:25Merci beaucoup d'être avec nous et de partager votre expérience de terrain.
00:29Ce qui m'intéresse beaucoup c'est le retour de vos clients avec qui vous êtes en contact au terme notamment de cette première partie 2025, de cette année 2025.
00:37Sur les marchés on a observé une tendance qui s'est confirmée sur plusieurs mois, la surperformance des actifs européens notamment par rapport aux actifs américains.
00:46Et peut-être d'ailleurs que cette tendance part d'abord d'une forme de défiance des investisseurs vis-à-vis des actifs américains dans leur ensemble, les actions mais également le dollar.
00:55Comment est-ce que tout ça résonne sur le terrain pour vos clients, Gad ?
00:59Ça résonne complètement.
01:01C'est vrai qu'il faut peut-être faire un peu une marche arrière pour commencer.
01:05Rappelez-vous fin de l'année passée, le pari Trump, ce qu'on appelait le Trump Put, c'était quoi ?
01:10C'était actifs américains, mid-cap, large cap, small cap, actifs en dollars, immobilier, tout ce qui était dollars sentait bon.
01:19Et puis arrive la période de Liberation Day comme on l'appelle maintenant et puis tout rechange.
01:24Et donc on a vu une redistribution totale des cartes.
01:27Rappelez-vous, année où les gens avaient beaucoup favorisé le fixed income, commençaient à se dire on va pouvoir être equity, equity dollar.
01:34Et finalement, renversement de tendance, on reste fixed income et puis on se met à regarder, comme vous l'évoquiez, les actifs européens.
01:40Et effectivement, nos clients et partenaires, conseillers en gestion de patrimoine, ont fait face à la même perplexité, si je puis dire.
01:47On s'est aperçu, enfin, vos clients se sont rendus compte qu'ils avaient peut-être trop de stocks américains dans leur portefeuille, dans leurs allocations, GAD.
01:55Qu'est-ce qui les a fait pivoter ?
01:57Je pense que c'est plusieurs choses.
01:59C'est tout d'abord l'incertitude.
02:01L'administration américaine en cours a introduit un niveau d'incertitude qui n'avait jamais été vu auparavant.
02:08Et de facto, ça s'est traduit par quoi ?
02:10Par le fait que nos clients se sont dit on ne peut plus envisager la confiance sur les actifs dollars comme on le faisait.
02:17Et ça pose des questions à beaucoup plus long terme, à savoir est-ce que les actifs en dollars vont rester de manière structurelle quelque chose que l'on aura en portefeuille, dans des pondérations significatives.
02:28Alors tout ça favorise les actions européennes qui, par ailleurs, étaient sous-évaluées par rapport aux actifs américains.
02:34Intellectuellement, c'est très intéressant cette réflexion, mais est-ce que le questionnement de vos clients reste à un stade intellectuel pour l'instant ?
02:43Est-ce que structurellement j'aurai autant d'actifs américains demain dans mes allocations que j'ai pu en avoir au cours des dernières années ?
02:50Est-ce que des décisions en ce sens ont déjà été prises ?
02:53Ou est-ce qu'on en est encore au stade de l'observation, de la réflexion ?
02:56Pour moi, c'est encore au stade de l'observation et c'est ce que nos équipes ont pu constater sur le terrain.
03:03C'est-à-dire qu'il y a une perplexité.
03:05On sort tous et quelque part, quelle que soit notre génération, on a tous été élevés, éduqués.
03:12Biberonnés.
03:13Biberonnés, c'est encore un meilleur terme.
03:15Et on a tous été biberonnés avec l'actif dollar.
03:18On ne parie pas à long terme contre le dollar.
03:21Aujourd'hui, se pose cette question avec la possibilité de voir des devises alternatives.
03:26Mais je ne pense pas, en tout cas ce n'est pas notre observation, que les gens aient commencé à complètement inverser leurs paris, leurs allocations,
03:33en se disant qu'on va être significativement dédollarisés, si je puis dire, et commencer à regarder d'autres devises.
03:39Mais en tout cas, les questions se posent et ça, c'est un grand changement, une grande innovation par rapport à ce que l'on a pu connaître dans le passé.
03:46Néanmoins, il y a quand même une forme de réallocation, au moins sur les actions européennes, vers les actions européennes,
03:51et peut-être émergentes également, qui a pu avoir lieu au cours des derniers mois.
03:55Vous le confirmez, Gade.
03:57Et dans ce jeu relatif permanent des marchés, ce concours de beauté permanent,
04:01quelles sont les forces et les atouts des actifs européens pour vos clients ?
04:07Les actifs européens ont plusieurs facteurs à leur crédit ou à leur avantage, si je puis dire.
04:13Le premier, c'est que déjà, ils étaient sous-évalués.
04:17Donc, il y avait mécaniquement un besoin, ou en tout cas un rattrapage possible.
04:22Il y a des grandes décisions suite aux décisions de l'administration américaine
04:28qui font qu'on va avoir des grandes dépenses qui vont être initiées en Europe,
04:31qui vont changer et rebattre les cartes, et qui structurellement vont faire que, sans doute,
04:36les actifs européens vont avoir un effet de rattrapage assez durable.
04:40Il y a enfin des perspectives.
04:41L'Europe offre enfin des perspectives et de la visibilité, au moins sur certains sujets.
04:45Exactement.
04:46Et un autre point que vous évoquiez à juste titre, c'est les marchés émergents.
04:50Les marchés émergents sont dans une situation dans laquelle on commence à voir l'émergence
04:55d'échanges interzone et intrazone entre les émergents.
04:59Et finalement, leur dépendance aux marchés très développés, que sont les Etats-Unis et l'Europe,
05:04commence progressivement à se réduire.
05:07Donc on a aussi potentiellement l'émergence de marchés d'alternatives dans les allocations d'actifs à travers les émergents.
05:14Et cette résilience qui s'organise dans la sphère émergente, ça veut dire que les actions émergentes sont peut-être moins risquées aujourd'hui
05:23que ce qu'elles ont pu être dans le passé, au cours de la décennie passée ?
05:26En tout cas, ce ne sera plus les mêmes actions émergentes.
05:31Une autre grande tendance du marché de l'épargne, Gade, c'est l'émergence ou le début de l'avènement des actifs privés
05:39dans les allocations des particuliers, des clients privés.
05:43Qu'est-ce que vous pouvez nous dire de ce cycle, qui est peut-être un cycle en train de débuter ?
05:47Et comment est-ce qu'un fournisseur de solutions comme Natix ICM s'adapte ou adapte son offre pour servir en actifs privés
05:54une clientèle qui n'avait pas l'habitude de détenir ses actifs privés ?
05:58Alors c'est un très très bon point que vous évoquez.
06:01Le premier point à avoir, c'est que le voyage de l'allocation d'actifs continue pour les clients de nos partenaires conseillers en gestion de patrimoine.
06:08Historiquement, ils ont commencé à se diversifier interzone en Europe, puis globalement, puis dans les différentes classes d'actifs de chaque zone.
06:18Et finalement, le private equity restait, ou en tout cas les actifs réels, restaient assez inaccessibles
06:23pour des raisons techniques principalement que les évolutions technologiques ont commencé à résoudre.
06:30Et donc, l'onboarding des clients retail est beaucoup plus simple qu'il n'était dans le passé.
06:34La création de véhicules plus faciles à gérer pour les particuliers à travers les véhicules de type Evergreen devient une réalité.
06:42Et de facto, pour les allocations d'actifs, ça devient des blocs supplémentaires de diversification pour la clientèle des particuliers.
06:51Et selon nous, c'est une tendance de fond qui va permettre une amélioration significative de l'allocation d'actifs
06:59à travers des blocs différents, moins corrélés les uns aux autres.
07:03Donc, à partir de là, comment on y répond ?
07:06Vous dites juste, Gade, c'est encore une brique de diversification ?
07:09Moi, j'avais le sentiment que le sens du voyage, pour reprendre votre image, c'était que ces actifs privés
07:14allaient devenir à un moment des actifs cœur de portefeuille,
07:17comme on l'observe peut-être dans l'allocation d'un client privé américain aujourd'hui.
07:21Alors, ça va dépendre du profil de client.
07:25Non, il faut se rappeler que les actifs privés que vous évoquez, notamment sur la clientèle américaine,
07:30c'est sur ce que l'on appelle le high net worth.
07:32La clientèle la plus fortune.
07:33Les 401k, par exemple, n'ont toujours pas accès au PI.
07:36Et c'est un des plans, c'est une des initiatives de l'administration Trump en cours d'ouvrir ça au private equity.
07:42Ce qui ferait, là encore, un appel d'air formidable pour les actifs réels et les solutions de private equity.
07:49Mais donc, pour la clientèle particulière, on va dire, ou la clientèle du grand public,
07:55il est important d'avoir des véhicules qui soient adaptés à leurs allocations d'actifs.
08:00Et après, c'est eux, avec leurs conseillers, qui mettront le curseur là où ils estiment que c'est adapté à leurs besoins.
08:05Et ça, c'est vraiment le plus important, de toujours être centré sur le besoin de chaque client.
08:09Pour certains clients, ça peut être une brique plus importante, peut-être même cœur de l'allocation d'actifs,
08:14s'ils ont un horizon très long.
08:16Et pour d'autres, ce sera plus une diversification en fonction des besoins de chaque client.
08:20Et ça, c'est nos partenaires, un conseiller en gestion de patrimoine qui savent le mieux le déterminer.
08:25Et donc, les véhicules dont vous avez besoin sont soit des véhicules de type vintage,
08:29soit des fonds que l'on dit evergreen, c'est-à-dire qu'ils sont constamment ouverts.
08:33Et nous, on a répondu à ces deux besoins à travers des véhicules en solution vintage,
08:38donc des véhicules qui sont fermés, millésimés, exactement, merci pour la remise en français.
08:48Et des véhicules de type evergreen, qui permettent aux clients et aux allocations d'actifs
08:54de perpétuellement investir dans ce type de solution.
08:59Et c'est ce que l'on a fait avec un de nos affiliés qui s'appelle Flexstone.
09:03On lance un véhicule qui sera sur du private equity, Europe et Amérique,
09:07et qui va permettre aux clients particuliers d'avoir une allocation dans un véhicule de qualité institutionnelle,
09:14mais dans un format adapté aux besoins de la clientèle grand public.
09:17C'est quoi la technique ou l'ingénierie financière qui permet ça, Gad ?
09:23Gad, parce que je suis toujours attentif quand des produits destinés à une clientèle sophistiquée
09:30ou une clientèle institutionnelle, qui n'a évidemment pas besoin d'éducation financière
09:35pour comprendre le fonctionnement d'un produit.
09:37Quand je vois ces produits arriver sur un terrain plus grand public,
09:41on est toujours attentif à ce que la promesse, ce qu'on promet à des institutionnels
09:45et qu'on veut traduire en promesse pour le client particulier,
09:49à ce que cette promesse puisse être tenue avec des spécificités du client privé
09:54qui n'a peut-être pas la même éducation, la même sophistication,
09:58et surtout qui a peut-être un besoin de liquidité un peu plus fréquent
10:01qu'un client institutionnel qui peut lui s'engager dans un tunnel de 10 ans
10:05à partir du moment où il a bien compris les tenants et les aboutissants.
10:07Exactement, et c'est à travers le véhicule FCPR que nous avons monté.
10:12On s'est assuré d'avoir, tout en respectant les critères de liquidité essentielle,
10:18d'avoir le moins de cash et de liquidité dans le véhicule
10:21afin de ne pas avoir ce que l'on appelle en bon français le cash drag,
10:25c'est-à-dire l'impact du cash qui vous fait baisser la performance
10:28ou des liquidités, et d'avoir un objectif à deux chiffres.
10:33C'est-à-dire qu'on pense qu'on est assez à l'aise pour dire à nos partenaires et clients
10:39qu'ils auront autour de 12% de performance annualisée.
10:43C'est ça l'objectif du fond.
10:44Et qu'il y a de la vraie surperformance à la recherche.
10:44Et qu'il y a une vraie surperformance par rapport à des véhicules plus conservateurs.
10:49Donc on veut rester sur du vrai private equity,
10:52une vraie expérience de private equity dans un véhicule adapté
10:55qui correspond et qui puisse être dans les contrats d'assurance-vie,
10:58notamment à travers le véhicule.
10:59Mais ça veut dire apporter de la liquidité à minima,
11:02par une promesse de liquidité permanente.
11:04Non, on voulait...
11:05Alors, plus vous mettez de liquidité dans le fond,
11:07et plus le rendement se dégrade.
11:09Si on veut garder la promesse de rendement,
11:12il faut que ce soit dans des marges raisonnables,
11:14avec des fenêtres de liquidité qui sont possibles
11:17par rapport à des événements particuliers.
11:19Mais il est vrai qu'il faut accepter d'avoir un peu moins de liquidité
11:23qu'un véhicule qui serait totalement liquide.
11:26Sinon, c'est pas les...
11:27C'est plus la caractéristique du private equity.
11:30C'est une classe d'actifs dans son ensemble.
11:33Et c'est vrai que quand on dit private equity,
11:34d'ailleurs la terminologie n'est peut-être pas tout à fait adaptée.
11:36Les actifs non cotés, ça embarque également la dette privée.
11:40Et là, qui est un sujet...
11:41J'ai vu le push du private equity vers le retail,
11:44et je suis en train d'observer depuis quelques mois,
11:46quelques trimestres maintenant,
11:47le push de la dette privée également vers la clientèle de particuliers.
11:51Bien sûr, vous allez avoir une...
11:53La technologie qui est autour de...
11:56Que ce soit l'onboarding à travers les plateformes électroniques,
12:03on peut on-border des clients particuliers.
12:04La tokenisation dont on commence à parler de manière assez générale
12:09va permettre là aussi de donner accès à des classes d'actifs
12:13qui historiquement étaient réservées à des très gros investisseurs
12:16ou des investisseurs très fortunés
12:18qui étaient quasiment des institutionnels.
12:21Et aujourd'hui, c'est cette révolution qui est en cours
12:23qui va permettre, pour le plus grand bénéfice
12:26de la diversification des portefeuilles de nos clients,
12:29d'accéder à des classes d'actifs qui historiquement étaient réservées.
12:33Tout ça, l'évolution de cette offre de solutions,
12:37ça nécessite pour...
12:38Alors, vos clients qui sont des CGP,
12:40mais qui ont des clients finaux derrière,
12:42ça nécessite, je le dis avec mes mots,
12:44mais une montée en gamme de la profession,
12:45une sophistication de la profession.
12:47Est-ce que vous l'observez, Galle ?
12:49Alors, ce n'est pas récent.
12:50La profession des conseillers en gestion de patrimoine,
12:53et je pense que l'événement auquel nous participons aujourd'hui
12:55en illustration,
12:57se professionnalise depuis longtemps.
13:00On observe plusieurs choses.
13:01la grande concentration de cette industrie,
13:04mais aussi un appel d'air,
13:06notamment au sein de certaines banques
13:08qui voient des conseillers,
13:09qui avaient des clientèles très attachées à eux,
13:12créer leur propre entreprise.
13:14On a vu des grandes réussites se faire,
13:17des grands cabinets se constituer
13:19avec des quasi-tailles de banques privées.
13:21Et tout ça, évidemment,
13:23dans l'objectif de mieux servir la clientèle particulière,
13:25de lui donner le niveau de service qui est requis
13:30et qui est attendu par l'ensemble des clients.
13:33Donc, je pense qu'en fait,
13:34la sophistication va de pair.
13:36Vous avez des gens qui créent leurs entreprises,
13:38d'autres qui en font des plus grosses,
13:40et qui créent des process,
13:41qui utilisent la technologie.
13:43Et donc, tout ça,
13:44c'est quelque chose qui, pour nous,
13:46était déjà une tendance de fond.
13:48Est-ce que l'accès à des classes d'actifs un peu plus complexes
13:51va accentuer ce phénomène ?
13:52Sans doute, mais c'était quelque chose
13:54qui était déjà en cours.
13:55Les conseillers en gestion de patrimoine
13:56se sont largement professionnalisés
13:59depuis une vingtaine d'années.
14:01Merci beaucoup, Gade.
14:01Merci pour ce retour d'expérience.
14:03Gade Amard, le directeur de la distribution
14:05pour l'Europe de l'Ouest de Natixis IM.
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