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  • il y a 4 mois
Lundi 15 septembre 2025, retrouvez Pierre-Yves Dugua (Correspondant américain) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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Transcription
00:00Le dernier quart d'heure de SmartBourse, chaque lundi, c'est le quart d'heure consacré à l'actualité américaine.
00:10Notre quart d'heure américain avec notre correspondant américain Pierre-Yves Dugas en visio avec nous.
00:14Bonsoir Pierre-Yves, merci beaucoup d'être avec nous.
00:17Fidèle à ce rendez-vous qui traite de l'actualité économique et politique américaine.
00:22On est à la frontière des deux évidemment avec la réunion de la réserve fédérale américaine cette semaine.
00:27Mais prenons le volet économique Pierre-Yves.
00:31Je ne sais pas si on le découvre mais en tout cas l'emploi américain se met à inquiéter.
00:37En tout cas devient un argument aujourd'hui pour ceux qui soutiennent l'idée que la fête doit absolument baisser ses taux
00:44et continuer de le faire sans doute à l'occasion des prochaines réunions.
00:47Alors le 30 juillet dernier, c'était pas si loin que ça, la réunion du comité monétaire de la réserve fédérale, Jérôme Parrault nous dit
00:59« L'emploi américain est solide ».
01:03Quelques jours plus tard, le premier vendredi du mois d'août, sont publiés les chiffres de l'emploi,
01:09les chiffres officiels de l'emploi du mois de juillet
01:12et cette effrayante révision à la baisse des chiffres du mois de juin et des chiffres du mois de mai
01:21qui littéralement met à mal ce narratif optimiste sur la santé de l'emploi américain.
01:27Depuis, ça s'est considérablement aggravé.
01:30On a eu la publication début septembre de chiffres catastrophiques pour les créations nettes d'emploi aux États-Unis au mois d'août.
01:38Et quelques jours plus tard, autour du 9-10 septembre, une révision massive à la baisse de l'estimation des créations d'emplois
01:45en gros du mois de mars 2024 au mois d'avril 2025.
01:51Il n'est plus possible de dire que l'emploi américain se porte bien
01:54et la seule lecture du taux de chômage qui est passé en gros au printemps de 4,1 à 4,3 aujourd'hui
02:01ne suffit pas à nous donner une image claire de ce qui se passe sur l'emploi américain.
02:07Les révisions sont catastrophiques.
02:10On a, je voudrais les citer pour ne pas dire de bêtises,
02:14on a créé seulement en trois mois 29 300 emplois aux États-Unis, selon l'estimation du BLS.
02:23Rappelons qu'au cours du printemps, on était encore sur trois mois à un rythme de 200.
02:28Maintenant, il se passe quelque chose.
02:31Il y a un décrochage et certains, autour de la table du Comité monétaire de la Réserve fédérale,
02:39ont vu venir la chose.
02:41Je vous ai déjà dit ici, nous en avons déjà parlé,
02:43que Christopher Waller, à mon avis, serait un excellent candidat pour succéder à Jérôme Parron.
02:49Il fait partie des rares gouverneurs qui ont senti la chose
02:53et qui ont osé, dès le 30 juillet, voter contre le consensus du Comité monétaire,
02:58en soulignant des signes de faiblesse sur le marché de l'emploi
03:02qui ne se sont que confirmés depuis.
03:05Il avait remarqué, par exemple, que dans la population active,
03:10les Américains qui décident de changer d'emploi,
03:14qui démissionnent pour en prendre un autre,
03:16ne trouvent pas de conditions d'amélioration de salaire
03:19meilleures que ceux qui sont restés en place.
03:22Ça, c'est un renversement complet de la situation
03:25qui avait prévalu au sortir de la pandémie du Covid.
03:28Vous vous souvenez, tout le monde démissionnait
03:30parce que tout le monde était certain de trouver un meilleur emploi
03:33avec un meilleur salaire dans une autre entreprise.
03:36Renversement complet.
03:37Le taux de chômage n'est qu'à 4,3% d'accord,
03:41mais si l'on intègre les Américains ou les résidents américains,
03:45en tout cas dans la population active,
03:46qui doivent se contenter d'un travail à mi-temps
03:50en faute d'un travail à plein temps, d'une part,
03:53et d'autre part, ceux qui sont découragés et qui ne cherchent plus,
03:57on a un taux de chômage qui est au plus haut depuis 4 ans à 8,1%.
04:00Ne l'oublions pas, on y a fait allusion avec nos invités il y a quelques minutes,
04:05la Banque Centrale Européenne n'a qu'un mandat, si je ne dis pas de bêtises,
04:10de s'attaquer à la stabilité des prix et de contrôler l'inflation.
04:13La Réserve fédérale a un double mandat,
04:16elle doit s'occuper de la stabilité des prix,
04:18mais également faire en sorte que les conditions soient là
04:21pour que le niveau de l'emploi soit maximal.
04:23Elle doit absolument bouger mercredi soir,
04:26et probablement à plusieurs reprises d'ici de Noël.
04:28Bon, on verra, la Fed aura les arguments évidemment sur la table cette semaine
04:34pour délivrer cette première baisse de taux depuis les dernières
04:37qui datent de la fin d'année 2024.
04:40On verra quels seront les signaux envoyés
04:42avec un certain nombre de projections économiques
04:44et de la trajectoire de politique monétaire
04:45qui seront réajustées et révisées
04:47à l'occasion de ce meeting de la Fed cette semaine.
04:50Mais qui est donc la réalisone, Pierre-Yves ?
04:53Je ne vous pose pas la question à vous directement
04:57parce qu'on sait tous évidemment qui est Larry Ellison.
05:00On est d'une génération quand même
05:01qui doit savoir qui est Larry Ellison
05:03et son entreprise Oracle.
05:05Mais c'est vrai que pour un certain nombre de la nouvelle génération,
05:09peut-être que ce nom a refait surface
05:10et que c'est quelqu'un qu'il faut à nouveau présenter.
05:13Qui est ce jeune non-agénaire
05:15qui vient défier Elon Musk comme homme le plus riche du monde ?
05:20Dites-moi Grégoire,
05:22sur votre yacht,
05:24avez-vous installé un terrain de basket ?
05:28Non, pas encore.
05:29Pour l'année prochaine.
05:30Si vous vous appelez Larry Ellison,
05:32vous avez 81 ans.
05:33Vous êtes le gagnant et le participant de l'America's Cup.
05:38Mais vous avez également un yacht.
05:40Et sur ce yacht,
05:42vous avez un terrain de basket.
05:44Et accroché à ce yacht,
05:45il y a une petite vedette rapide
05:46qui est employée rapidement par un des employés
05:50de Larry Ellison
05:53pour aller chercher les ballons
05:54qui sont sortis du terrain
05:56et qui flottent dans le Pacifique.
05:59Mettre un feed-out sur du terrain de basket ?
06:01Non, ce n'était pas possible.
06:04Quand on est l'homme le plus riche du monde,
06:05et il est devenu l'homme le plus riche du monde
06:07la semaine dernière,
06:08sur le papier en tout cas,
06:10l'homme qui valait 370 milliards de dollars,
06:13ça change toutes les 5 minutes.
06:14Oracle, la dernière fois que j'ai vérifié tout à l'heure,
06:16gagnait encore 4%.
06:17Et Larry Ellison détient 40% du capital.
06:21Donc, vous voyez que,
06:22comme cela s'est produit la semaine dernière,
06:24lorsque Oracle voit son cours bondir
06:27de 38% en une seule journée,
06:30ça change le rapport de force entre lui,
06:33Larry Ellison, âgé de 80 ans,
06:35fondateur de Oracle.
06:37On dit Oracle ou Oracle, d'ailleurs.
06:39Si je veux être snob jusqu'au bout,
06:40je vais dire Oracle.
06:41et son ami Elon Musk,
06:45les deux hommes,
06:46s'apprécient et se respectent.
06:48Donc, il se passe quelquefois.
06:50Moi, je suis stupéfait.
06:51Comment cette boîte est passée,
06:53est restée sous les radars ?
06:54Parce qu'encore une fois,
06:55moi, j'ai commencé à suivre les marchés.
06:57Oracle, comme vous dites,
06:58Pierre-Yves,
06:59était la star de la tech de l'époque.
07:02Tout ça était bien avant l'IA,
07:04enfin l'IA générative, etc.
07:05Bon, ils ont raté des virages,
07:06comme plein de boîtes américaines.
07:08Microsoft a raté des virages.
07:09Apple a raté des virages.
07:10C'est des boîtes qui se sont réinventées
07:12toutes, plusieurs fois.
07:14Qu'est-ce qui fait qu'Oracle sort à nouveau
07:16d'une zone un peu grise ?
07:20Alors, ils ont annoncé à l'occasion
07:22de la publication de leurs résultats trimestriels
07:24qu'ils avaient conclu
07:25quatre énormes contrats
07:27qui, en gros, poussent leur carnet de commandes
07:32à plus de 500 milliards de dollars.
07:35Contrats qu'ils ne veulent pas dire
07:36qu'ils ont déjà encaissés
07:38500 milliards de dollars.
07:39Mais contrats qui vont durer
07:41quatre, cinq, six ans
07:42avec de grandes sociétés
07:44qui sont dans l'intelligence artificielle
07:46et qui ont besoin de l'infrastructure
07:48que leur propose Oracle.
07:52Je suis stupéfait
07:53que les analystes,
07:55qui sont quand même assez nombreux,
07:56parce qu'Oracle est quand même
07:58une société qui est liquide,
08:01qui est connue,
08:01qui a pignon sur rue.
08:03On a vu Larry Ellison faire des annonces
08:06avec son allié,
08:08M. Altman,
08:09de OpenAI,
08:11avec l'excellent personnalité japonaise
08:16dont le nom m'échappe,
08:17qui est patron de Softbank,
08:19qui nous ont annoncé
08:19qu'avec le projet Stargate,
08:21ils avaient 500 milliards
08:22de dollars d'investissement
08:24pour fabriquer des centres
08:26de traitement de données.
08:27On aurait dû voir venir cela.
08:29On a appris et on devine
08:30que sur ces quatre contrats,
08:32il y en a un forcément
08:32avec OpenAI
08:33et il y en a un également
08:34avec l'OTAN, figurez-vous.
08:36Alors, la valorisation d'Oracle,
08:39qui était une valorisation élevée
08:41de sociétés,
08:42de la technologie
08:43qui marchaient bien,
08:44est en train de faire
08:45plus que rivaliser
08:46avec celle de Microsoft.
08:47Je vais vous donner les chiffres,
08:48c'est assez stupéfiant.
08:50En 24 heures,
08:51tout a basculé.
08:53Peut-être,
08:54faut-il parler aujourd'hui,
08:55de non plus
08:56Magnificent Seven,
08:58mais de Magnificent Eight,
09:00parce que la valorisation actuelle,
09:04la capitalisation actuelle
09:06maintenant d'Oracle
09:07est de l'ordre
09:07de 870 milliards de dollars.
09:11Son ratio prix-bénéfice,
09:12je sais,
09:13c'est vieux jeu
09:14de parler de valorisation
09:15comme ça,
09:16son ratio prix-bénéfice courant,
09:19je vous le donne,
09:20il est de 70.
09:23Son ratio prix-bénéfice anticipé,
09:26ça c'est déjà plus branché,
09:27et on a confiance
09:28dans les prévisions
09:29des analystes
09:30qui n'ont rien vu venir
09:31et qui maintenant
09:32donc ont tout compris.
09:33Trouvez l'erreur.
09:3443.
09:3543.
09:37Comparons cela,
09:38si vous voulez bien,
09:41au ratio prix-bénéfice
09:42de Microsoft.
09:44Je suis assez vieux
09:45pour me souvenir des...
09:47C'était plus que des batailles.
09:48Ici, on échangeait des insultes
09:50entre Larry Ellison
09:51et Bill Gates
09:53à l'époque où il dirigeait
09:54Microsoft.
09:55Larry Ellison,
09:56à la fin des années 90,
09:58début des années 2000,
09:59voulait absolument
10:00faire exploser
10:01ce qu'il considérait
10:02être le monopole
10:04de Microsoft.
10:05Je me souviens
10:06de conférences
10:07à San Francisco
10:08où on voyait tourner
10:09autour du Moscone Center
10:12des grands camions
10:14de sociétés
10:16d'insecticides
10:17et sur lesquels
10:18il y avait écrit
10:19Windows is full of bugs.
10:23Windows est plein de bugs,
10:24c'est-à-dire d'insectes.
10:26Vous voyez un petit peu
10:26le niveau de la rivalité
10:28entre Larry Ellison
10:29qui n'est pas quelqu'un
10:30de commode
10:30et Bill Gates.
10:32Microsoft aujourd'hui,
10:34ratio prix-bénéfice
10:35courant 37,
10:37ratio prix-bénéfice
10:38anticipé 33.
10:40Oracle est valorisé
10:40deux fois plus.
10:41La nouvelle jeunesse
10:43de Larry Ellison,
10:4481 ans,
10:45est toujours détenteur
10:46de plus de 40%
10:47du capital
10:47de son entreprise,
10:49Oracle.
10:49Merci beaucoup Pierre-Yves.
10:50Pierre-Yves Duguay
10:51avec nous chaque lundi
10:52en direct évidemment
10:53dans Smart Bourse
10:54à partir de 17h
10:55que vous retrouvez
10:56en rattrapage,
10:57en replay
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