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  • il y a 6 mois

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00:00Je dirais qu'il ne faut pas se lancer si on ne sait pas pourquoi on le fait.
00:02Quand je développe quelque chose, il faut vraiment faire du sens.
00:04Bonjour, je suis Sandra Gassmy, je suis la fondatrice de la marque de soins holistiques Demain Beauty.
00:09Demain, c'est une marque qui a 5 ans.
00:11Après avoir travaillé toutes ces années dans cette industrie qui me passionne,
00:14j'ai entendu parler il y a 10 ans de la présence de perturbateurs endocriniens
00:17et ingrédients potentiellement cancérigènes dans les cosmétiques.
00:20J'ai voulu montrer qu'il était possible de créer des produits tout aussi efficaces et sensoriels
00:24aux grandes marques que j'utilisais sans ces ingrédients controversés
00:28pour qu'on puisse prendre soin de notre peau en toute sécurité.
00:31Nos produits sont universels.
00:32On a comme un cœur de cliente, on va dire que c'est la femme qui a plus de 30 ans, qui est maman.
00:38Après, on a des produits anti-âge, collagène, qui vont toucher peut-être des femmes un peu plus âgées.
00:45Je dirais que c'est entre 30 et 60 ans, mais c'est très large puisque nos produits sont universels
00:50et s'adressent à tous les types de peau, tous les âges, tous les sexes.
00:53Je suis convaincue que la peau, c'est le reflet de l'intérieur.
00:55Pour avoir une belle peau, en fait, rien de mieux que de travailler de l'intérieur.
01:01Au lancement de la marque, j'avais un gel nettoyant pour nettoyer la peau
01:04et j'avais un complément alimentaire pour nettoyer le corps de l'intérieur
01:07et un soin jour anti-oxydant pour se protéger des radicaux livres
01:10et un complément alimentaire à base d'anti-oxydants pour protéger nos cellules de l'intérieur.
01:17Donc ça, en fait, ça fait partie de l'ADN de la marque.
01:19On a ajouté depuis un collagène.
01:21J'en ai pas 10, j'en ai pas 15, j'ai ceux qui sont essentiels.
01:24Après avoir fait une école de commerce, j'avais envie de faire le MBA de l'ESSEC
01:27pour accéder à des postes encore plus importants en marketing.
01:31J'ai travaillé chez Sephora, chez Estée Lauder, chez Lancome, Clarence.
01:34J'étais prédestinée à rester dans les grands groupes.
01:37Et en fait, c'est mon mari qui m'a détournée de ce chemin
01:40et qui m'a menée vers l'entrepreneuriat
01:42parce qu'il m'a proposé de l'accompagner, lui, dans son projet entrepreneurial.
01:46Ce que j'ai fait, et en fait, je suis tellement passionnée de cosmétiques
01:49qu'au bout de trois mois, je me suis profondément ennuyée.
01:52En tout cas, j'ai réalisé que la cosmétique n'était pas qu'une passion,
01:55mais c'était une vocation.
01:57Et comme j'avais quitté les grands groupes pour lesquels je travaillais,
02:00j'ai commencé comme ça, en fait, à réfléchir à la création d'une marque.
02:03Et puis après, les choses se sont enchaînées.
02:06Cette première marque que j'ai développée, je ne l'ai pas lancée.
02:09J'ai appris grâce, en fait, à ce premier projet,
02:12pas mal de choses que j'ai appliquées sur la marque Demain.
02:14La première chose, c'est qu'il faut avoir le sens du timing.
02:18Sur cette première marque, j'avais eu raison trop tôt, donc tort.
02:21Elle était beaucoup trop innovante, pas du tout attendue, en fait, sur le marché.
02:24Et puis, j'avais été trop ambitieuse, j'avais développé beaucoup trop de formules,
02:27donc c'était beaucoup trop cher à mettre sur le marché avec mes propres moyens.
02:31Donc quand j'ai développé Demain, j'ai appliqué toutes ces recettes,
02:33et ça m'a été bien utile.
02:34Et Demain, d'ailleurs, est né d'un déclic.
02:36Je n'étais pas du tout partie pour développer cette marque,
02:38j'étais plutôt partie pour réveiller la marque que j'avais laissée dormir
02:41et maturer le temps que le marché soit prêt.
02:44J'ai eu ce déclic qui était de me dire que c'était quand même dommage
02:47de se dire qu'on pouvait se mettre en danger en mettant un cosmétique.
02:51Et je ne voyais pas l'industrie bouger, en fait.
02:53Ça faisait trois ans déjà qu'on savait qu'il y avait ces ingrédients controversés
02:56dans les produits cosmétiques.
02:58On parlait de « dans huit ans, peut-être, on ferait un peu mieux ».
03:00Et c'est vraiment ça qui a déclenché cette envie
03:03de démontrer qu'il était possible de prendre soin de soi en toute sécurité.
03:08Donc je dirais que la clé, c'est le « why ».
03:11C'est pourquoi ? Pourquoi est-ce qu'on crée une marque ?
03:14Qu'est-ce qu'elle apporte sur le marché ?
03:16Il y a des millions de marques, des millions de produits en tout cas.
03:19Et pour se différencier, je trouve que ce produit ait du sens.
03:22La seule difficulté, parce que quelque part, c'est mon métier de développer des marques,
03:25donc ça, j'ai appris à le faire, etc.
03:27C'est que quand on innove, ça prend du temps et il faut effectivement avoir des gens qui nous suivent.
03:33Parce que moi, je ne suis pas ingénieur chimiste.
03:35Et en fait, on m'a prise un peu pour une folle au départ,
03:38quand j'arrivais avec ce qu'on appelle un « brief ».
03:41C'est-à-dire que je voulais une crème hydratante, antioxydante, avec de l'acide hyaluronique,
03:47tout aussi sensorielle qu'une crème Chanel.
03:50Et on me disait « mais tu n'y arriveras jamais ».
03:51Et ça m'a pris, en fait, 8 mois, alors que j'étais dans l'industrie,
03:54que je connaissais plein de labos,
03:568 mois avant de trouver le laboratoire qui a accepté de me suivre dans ce projet fou,
04:01qui allait prendre le temps qu'il fallait pour qu'on y arrive.
04:04J'ai lancé la marque demain avec 4 produits et pas 40 comme ma marque précédente.
04:09Ce qui fait que j'ai réussi à autofinancer le lancement de la marque.
04:13Et aujourd'hui encore, j'autofinance le développement de la marque.
04:16Donc c'est un peu plus long,
04:17parce que je n'ai pas les moyens financiers de faire des campagnes de publicité
04:21aussi ambitieuses que je l'aimerais.
04:23Mais en même temps, quand on va plus lentement,
04:25on construit aussi des choses parfois plus solides.
04:29Donc voilà, il faut attendre, il faut accepter ce temps long.
04:34On s'appuie sur les réseaux sociaux.
04:36Alors la chance qu'on a quand on est une jeune marque,
04:38c'est que les gens ont envie, comme on le fait aujourd'hui,
04:41de savoir qui est derrière cette marque.
04:43Donc c'est une valeur ajoutée de pouvoir incarner ma marque et d'en parler,
04:48d'expliquer pourquoi je l'ai créée, comment.
04:51J'utilise aussi cet outil en communiquant beaucoup moi-même sur LinkedIn, sur les réseaux.
04:59Je fais pas mal de conférences aussi.
05:00Je pense que sur la durée, ça peut porter ses fruits.
05:03Je crois qu'il faut être un peu fou pour se lancer dans l'entrepreneuriat.
05:07On part animé par une passion, par une envie et on sait pas en fait combien de temps ça va durer
05:13avant d'être rentable.
05:16Le chemin est long et le chemin est coûteux.
05:19En fait, se faire une place dans un marché ultra concurrentiel,
05:22on part de la cosmétique, mais il y en a plein d'autres, la mode, les bijoux.
05:25En fait, aujourd'hui, c'est très rare de créer un produit, d'être dans un océan complètement bleu.
05:30Il faut avoir un produit unique, mais les moyens quand même de le faire connaître,
05:36tout ça, ça prend du temps et c'est des risques financiers.
05:41Souvent, on crée une marque après avoir travaillé dans des plus grands groupes.
05:45On a été salarié, on a touché un salaire plus ou moins conséquent et là, on repart à zéro.
05:50Il faut accepter ça aussi, de ne plus avoir le même niveau de vie.
05:54Il y a plein de sacrifices et ça, c'est important de le dire parce que tout n'est pas rose.
05:59Il y a un moment, quand on a du succès, il faut produire et produire,
06:02il y a des minimums de quantités qui sont importants.
06:04Il faut avancer l'argent avant de vendre.
06:06Plus on progresse, plus les productions sont importantes, plus les risques sont importants.
06:10Il y a deux solutions, soit être accompagné par des banques, soit faire de levées de fonds.
06:15Je suis surtout entrepreneur, je dirais oui quand même,
06:17parce que tous les matins, c'est moi qui porte la société.
06:19J'ai encore une petite équipe.
06:22Mon rêve, c'est de pouvoir la faire grandir le plus vite possible,
06:25de pouvoir m'entourer plus vite de personnes qui sont plus seniors
06:30pour pouvoir prendre plus de hauteur, pour pouvoir dormir la nuit.
06:34Ce n'est pas facile de décrocher complètement.
06:36Je n'y arrive pas en vrai.
06:38Je coupe très, très, très rarement totalement.
06:42Mais j'ai compris quand même que je pouvais me mettre en danger,
06:44en fait, à avoir ces nuits très courtes, de façon récurrente,
06:48et peu de temps pour récupérer.
06:50Donc j'ai compris ça il y a quatre ans, et alors ça va vous surprendre,
06:54mais pour m'aider à tenir, j'ai commencé à jeûner.
07:01Donc ça fait quatre ans que chaque année, je jeûne pendant une semaine.
07:05Et le jeûne a cette vertu que pendant qu'on ne mange pas,
07:08notre corps a l'espace pour se régénérer.
07:12Comme je ne dors pas, il faut que je compense en faisant du sport,
07:15en mangeant sainement.
07:16Les angoisses, comment est-ce qu'on les gère ?
07:19En essayant de prendre le plus de recul possible.
07:22Parfois j'ai des trucs qui arrivent,
07:24donc ça peut être un problème de trésorerie.
07:25Et avec le temps, les choses, en fait, on arrive toujours à trouver des solutions.
07:30L'entrepreneur est seul, et ça c'est très compliqué.
07:35Moi j'ai beaucoup de chance.
07:37D'abord j'ai la chance d'avoir mon mari à mes côtés.
07:40Je l'ai associé dans ma société.
07:41On a un rapport très sain, c'est-à-dire qu'on cède mutuellement.
07:44C'est-à-dire que moi je ne suis pas opérationnelle dans sa société,
07:47je l'aide sur la gestion, etc.
07:50Et lui, comme il est architecte, designer, directeur artistique,
07:53j'ai son regard sur ma marque.
07:55Il me soutient, c'est-à-dire que quand je travaille beaucoup,
07:57le week-end, le soir, il me soutient.
07:59Il n'est pas là en train de me dire,
08:01« Ouais, tu travailles tout le temps, tu n'es pas disponible. »
08:04Et ça, mine de rien, c'est quand même important.
08:06Et puis j'ai une autre grande chance,
08:09c'est qu'il y a cinq ans,
08:10je me suis regroupée avec des entrepreneurs de la beauté.
08:14Et on a créé un groupe WhatsApp qui s'appelle les Beautypreneurs.
08:17Donc en fait, ça ne rassemble que les entrepreneurs de la beauté indépendants.
08:20On a créé ça il y a cinq ans, on était 5, 5, 10.
08:23Maintenant, on doit être plus de 100.
08:25On a tous les mêmes problématiques à un moment.
08:27Alors, on n'échange pas nos formules,
08:29mais parfois on recherche un fabricant,
08:32je ne sais pas, d'une étiquette, d'un sticker,
08:33parce qu'on va dans un pays étranger.
08:35« Tiens, comment est-ce que je peux mettre un sticker ? »
08:37Et en fait, ces petites questions qui sont hyper chronophages,
08:41il y a toujours quelqu'un qui va répondre,
08:42et on gagne un temps fou.
08:44Et même quand on ne pose aucune question,
08:45en fait, on sait que le groupe est là.
08:48Et ça, pour la charge mentale, le confort, c'est incroyable.
08:53Notre premier canal de distribution,
08:55ça reste encore notre site e-commerce.
08:56Mais on est très distribués dans les réseaux de facialistes.
08:59Je pensais plutôt aux parfumeries,
09:00que je connais très bien, et aux pharmacies.
09:03Et en fait, j'ai souvent dit ça,
09:07qu'une marque, elle est choisie par son public,
09:09ce n'est pas forcément elle qui le choisit.
09:11Et dans notre cas, ce sont les esthéticiennes,
09:13les professionnels qui ont choisi,
09:16plébiscité la marque.
09:17Donc, c'est notre premier réseau de distribution physique aujourd'hui.
09:20Mais on se développe beaucoup en pharmacie,
09:23parce qu'il faut quand même être présent physiquement,
09:27disponible facilement pour nos clients,
09:29pour qu'ils puissent nous trouver.
09:31Tout le monde n'a pas envie d'acheter sur Internet.
09:32Alors, ce qu'il faut savoir, c'est que le pharmacien,
09:34c'est un commerçant avant tout.
09:36Et alors, ça paraît un peu surprenant,
09:37mais il ne va pas choisir forcément les produits les plus sains.
09:40Il va choisir ceux qu'on demande.
09:41Moi, j'ai la chance d'avoir mis dans mes produits
09:43des prébiotiques et des probiotiques,
09:46qui nourrissent les bactéries, qui les renforcent.
09:48Et c'est un des points de différenciation de la marque,
09:50et qui fait que nos produits sont extrêmement efficaces.
09:53Grâce à des formules 100% saines et clean,
09:55enrichies en prébiotiques et probiotiques,
09:57en fait, on redonne à la peau son pouvoir de régénération naturelle.
10:00Les pharmaciens le comprennent très bien,
10:01parce que c'est les premiers à...
10:03Ils ont quand même un background scientifique.
10:05Ils connaissent très bien la puissance des prébiotiques et des probiotiques.
10:08Donc, notre discours leur parle.
10:10Et puis, on a la chance d'avoir, depuis 5 ans,
10:12gagné beaucoup de awards.
10:14Donc, ça les rassure.
10:15Voilà, on n'arrive pas non plus complètement vierges.
10:16On a des preuves de succès.
10:20Et grâce à ça, on n'arrive pas à se faire une place.
10:22Un fondateur va toujours vous dire que son produit est merveilleux.
10:25Mais on le sait, en fait, ce qui fait le succès d'un produit,
10:28c'est les avis clients.
10:29C'est comme un restaurant.
10:30Quand vous allez dans un restaurant, vous regardez les avis.
10:32Les avis clients sont très importants et les awards.
10:35Alors, moi, en fait, je veille à ce que,
10:39quand je fais concourir un produit,
10:41j'aime bien les jurys de consommateurs à l'aveugle.
10:45Je trouve qu'il n'y a rien de mieux que de juger un produit
10:47sans savoir quelle est la marque qui est derrière,
10:49pour pouvoir juger en toute sincérité.
10:55Et c'est le cas, en fait.
10:56Quatre années consécutives, on a gagné des victoires de la beauté
10:59avec des produits différents.
11:00Aujourd'hui, on a quasiment terminé
11:03ce qui, à mon sens, fait les essentiels de beauté
11:07d'une marque de soins.
11:09Donc, il y aura une suite,
11:11mais plutôt sur d'autres catégories de produits
11:14plutôt que d'inventer le produit dont on n'a pas besoin.
11:18Là, on a cinq ans, on est franco-français.
11:21Très certainement, dans les trois ans à venir,
11:23on va se développer à l'international.
11:24On peut avoir la marque qui cartonne dans un pays
11:26et pas dans un autre.
11:27Donc, en fait, il y a toujours une part d'inconnu.
11:29Et c'est ce qui fait aussi le plaisir d'être entrepreneur.
11:32C'est que, quelque part, on est dans l'inconnu.
11:35Et c'est ça aussi qui est excitant.
11:37Alors, j'aime bien suivre les femmes entrepreneuses.
11:40C'est toujours inspirant.
11:41Je peux peut-être vous parler d'Emilie Viargue.
11:44C'est une des rares femmes à avoir piloté une entreprise.
11:48Donc, ça peut être intéressant de voir
11:50quelle va être la suite de son parcours.
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