- il y a 4 mois
Ce jeudi 28 août, Kevin Thozet, membre du comité d'investissement de Carmignac, et Romain Aumond, Macroéconomiste et stratégiste Natixis Investment Managers, ont échangé leurs points de vue sur la situation des marchés financiers dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Face à face, vous connaissez le rendez-vous chaque matin à 9h40 sur BFM Business, deux points de vue pour regarder un petit peu la situation financière, la situation des marchés actions, des banquiers centraux et puis bien sûr de la situation en France aujourd'hui puisque bien sûr c'est compliqué d'en faire l'impasse.
00:16Deux invités, donc Kevin Tausé, membre du comité d'investissement de Carmignac. Bonjour Kevin.
00:20Bonjour.
00:21Merci d'être avec nous ce matin en plateau avec Romain Aumont de Natixis, IM stratégiste et macroéconomiste. Bonjour Romain Aumont.
00:27Merci également d'être là ce matin sur BFM Business. Oui, difficile de faire l'impasse sur la situation française, bien sûr Kevin.
00:35Alors, le disant français tient le coup, on est à 3,5% même si l'écart de taux continue de se réduire entre l'Italie et puis à l'inverse continue de s'écarter avec l'Allemagne.
00:46Oui, clairement cette rentrée est sous le signe de la politique.
00:49Alors, on a eu une première version de ça en fin de semaine dernière avec la politique américaine qui vient s'insérer dans de la politique monétaire et puis la politique française qui fait là aussi son grand retour.
01:03Pour l'instant, la réaction sur les marchés de taux, comme vous le soulignez, elle semble être relativement contenue, mais je crois que ça c'est uniquement au-dessus de la surface.
01:13Quand on regarde sous la surface, la situation, elle pointe clairement vers une dégradation de la situation politique française.
01:18On le sait, le point de départ, il n'est pas vraiment florissant.
01:22Vous voyez ce parallèle avec l'Italie, le solde primaire en Italie, il est repassé en positif.
01:27En France, ce n'est toujours pas le cas et c'est bien ça qui inquiète.
01:31Et le risque avec, comme vous le soulignez, ces taux à 10 ans français qui restent, on va dire, peu ou prou là où ils étaient il y a quelques semaines et quelques mois,
01:39c'est que ça cache des vases communicants avec un coût de la dette moins important pour les autres pays européens et toujours aussi élevé pour la France.
01:50Et ça, ce n'est pas vraiment une bonne nouvelle parce que les perspectives de croissance en France, du fait de l'incertitude,
01:56elles sont plutôt tendances à se dégrader, il y aura moins d'investissements, en tout cas une forme d'attentisme dans l'investissement des entreprises,
02:03une forme d'attentisme dans la consommation des ménages.
02:06Donc ce cocktail-là, il n'est quand même pas vraiment favorable.
02:09Et puis, on va dire, cet atout potentiel, ou ce qui peut sembler comme un atout, c'est-à-dire cette stabilisation des taux nominaux,
02:16dans l'absolu de l'OAT français, comme vous le soulignez, c'est aussi notre fardeau.
02:20Pourquoi ? Parce que la crainte, c'est qu'ils n'encouragent pas les politiques français ou les ménages français à réaliser l'importance de la situation.
02:28Parce que, somme toute, on pourrait se dire, nouveau gouvernement, possible dissolution, et puis les taux français ne bougent pas,
02:33le coût de la dette, c'est à peu près le même. En réalité, ce n'est pas vraiment ça qui se passe.
02:36Ce n'est pas du tout ça. Et puis, on l'a bien vu avec François Béroud, le sujet de la dette.
02:40Et puis, sortir les chiffons rouges sur le fait que ça peut poser problème n'a pas vraiment d'impact dans l'opinion publique.
02:48Comment vous regardez la situation d'un point de vue marché ?
02:50Bien sûr, Romain Aumont, Attic 6e, par rapport à ce que vient de nous dire Kévin Tausé.
02:55Alors, on considère qu'il y a vraisemblablement un petit risque, en effet, politique et une incertitude qui pèsent sur les marchés.
03:03Les marchés attendent une discipline budgétaire de la part du gouvernement français,
03:06dans la mesure où, d'ici 2030, on a quand même 50% du stock de dette à refinancer.
03:11Avec des taux aussi hauts, on a le fameux effet boule de neige qui se matérialiserait et dont parle le Premier ministre.
03:18En revanche, nous, ce que l'on considère, c'est que finalement, lorsque l'on regarde le ratio de sursouscription
03:24à la dette française depuis la dissolution de 2024, on observe qu'en fait, ce ratio de sursouscription
03:36s'accélère, en réalité, et lorsqu'on regarde les programmes d'émission de l'État français,
03:43les investisseurs veulent investir sur la dette française dans la mesure où il y a une prime de risque
03:49qui est tout à fait valorisable dans des portefeuilles.
03:52Donc, en effet, il y a de la volatilité, mais pour nous, ça fait des points d'entrée
03:56dans la mesure où l'on considère qu'il y aura, à travers ce bruit politique,
04:01une politique économique qui amènera quand même à une consolidation budgétaire,
04:05chose qu'ont réussi à faire les Italiens, chose que les Britanniques parviennent
04:12douloureusement à faire également, outre-Manche.
04:15Mais globalement, on a une volatilité qui va s'accroître jusqu'à des échéances
04:20qui vont être le vote de confiance, qui vont être les agences de notation,
04:25qui vont être ensuite la loi et le projet de loi, le vote du projet de loi.
04:29Néanmoins, on est dans l'expectative et en attendant, il y a une prime de risque
04:32qui, dans tous les cas, nous satisfait et on ne peut pas jouer le défaut, en fait.
04:38Et ce que nous disent les contrats d'assurance contre le défaut souverain français,
04:44en effet, il y a des petits sous-brosseaux, on va dire.
04:48Néanmoins, ça reste une signature, grâce à l'Europe et grâce à la fin des fins
04:53à la Banque Centrale Européenne, une signature que les investisseurs tentent à privilégier.
05:00Oui, et c'est vrai que vous avez fait l'exemple avec l'Europe-Uni,
05:03et là, Kévin Tosé, la situation, elle est claire.
05:05Merci la BCE, merci l'euro, parce que quand on regarde la situation du Royaume-Uni,
05:09alors certes, ils ont une inflation qui est plus élevée par rapport à la situation française,
05:12mais là, sur les taux longs et sur les taux courts, ça se tend.
05:16Oui, et puis c'est le problème du Royaume-Uni,
05:18ils ont les taux d'intérêt des États-Unis et puis ils ont la croissance de la zone euro.
05:23Ce n'est quand même pas tout à fait la même chose des deux côtés de l'Atlantique.
05:27Je serais un peu plus prudent, c'est-à-dire que sur le calendrier,
05:30alors évidemment, le défaut français, ce spectre-là,
05:33il sert à faire peur dans les chômières, mais...
05:36On en est loin.
05:37On en est relativement loin, et puis il y a quand même un certain nombre de garde-fous avant ça,
05:40au premier rang desquels la Banque Centrale Européenne.
05:43Par contre, on va dire, la perception du risque ou de la solidité de l'État français,
05:49le calendrier, il devrait plutôt se dégrader.
05:51C'est-à-dire qu'on a quand même une séquence de plusieurs agences de notation,
05:54à commencer par Fitch mi-septembre,
05:56puis Standard & Poor's et Moody's en octobre et novembre,
05:59qui pourraient bien dégrader la notation de l'État français.
06:02Et c'est des séquences, il y a une forme de complaisance
06:04de la part de ces agences de notation par le passé.
06:07On a vu la séquence avec la Belgique, avec l'Autriche.
06:08Ces agences de notation sont aujourd'hui beaucoup plus, on va dire, précises,
06:13ou en tout cas beaucoup plus au fait des mouvements de complaisance,
06:17en tout cas de la position de complaisance qu'elles ont pu avoir par le passé.
06:19Donc là aussi, je ne suis pas en train de jouer les cassandres,
06:23mais la prime de risque attachée à la dette française,
06:28pour nous aujourd'hui, ne constitue pas un point d'entrée.
06:30Je ne serais pas surpris de les voir approcher les 100 points de base
06:33des quarts de taux entre des obligations allemandes et des obligations françaises.
06:38D'autant plus que la séquence aussi, avec, si dissolution,
06:41on va dire ce calendrier qui viendrait se heurter à celui du budget
06:45et puis à celui des municipales l'année prochaine,
06:48je ne suis pas sûr que ça encourage beaucoup de concessions
06:50au sein des différents partis politiques français.
06:51Et la rentrée sera en effet chargée de ce point de vue,
06:54puisque Fitch va rendre sa décision, ça sera le 12 septembre,
06:57Moody's le 24 octobre et ensuite ça sera S&P le 28 novembre.
07:00Donc tous les mois, les agences de notation vont rendre leur copie
07:04à un moment où le paysage politique français est plus que fractionné.
07:08Néanmoins, les marchés actions, on l'a vu en début de semaine,
07:11il y a eu quelques prises de profit sur le secteur bancaire.
07:14Là aussi, il n'y a pas vraiment de panique.
07:16Quand on regarde le CAC 40, malheureusement,
07:18ils sous-performent très clairement depuis le début de l'année.
07:21Mais bon, là, depuis hier, ça tente de se reprendre.
07:24Oui, alors après, c'est toujours la question,
07:26c'est-à-dire, est-ce que le CAC 40 est le reflet de l'économie française ?
07:30Quand on pense qu'il y a 60-70% des résultats
07:32de l'ensemble de ces entreprises du CAC 40
07:34qui sont faits ailleurs qu'en France,
07:38peut-être moins le cas que par le passé
07:39ou moins le cas que sur des entreprises de plus petite taille.
07:42Néanmoins, cette prime de risque attachée à l'État français,
07:45il se reflète aussi sur les entreprises françaises,
07:47pour les raisons que je mentionnais.
07:49C'est-à-dire que là aussi, le spectre d'avoir une imposition,
07:52une taxe spéciale pour les grandes entreprises,
07:55pour les super-profits,
07:56ça, in fine, ça se verra dans les résultats des entreprises
07:58et des entreprises françaises, a fortiori.
08:01Sur, là aussi, la reprise de ces entreprises françaises,
08:03de fait, c'est-à-dire que,
08:05très urgent du risque politique en Europe,
08:09il vient peser sur l'euro aussi.
08:10En tout cas, il met une forme de plafond
08:11sur la trajectoire haussière de l'euro.
08:13Et quand on a autant d'exportations que l'ont les entreprises françaises,
08:18au premier rang desquelles les entreprises du luxe,
08:20dont vous parliez tout à l'heure,
08:21il y a une forme de plafond,
08:22ou en tout cas un ralentissement de l'appréciation de l'euro,
08:25ça amène aussi une forme de respiration.
08:27Avec notamment le secteur du luxe qui rebondit très clairement ces dernières heures.
08:30LVMH qui a gagné plus de 3% hier, reprend plus de 3% ce matin.
08:33Romain Aumont, comment vous regardez cette situation de marché ?
08:36Est-ce qu'il y a des opportunités en ce moment sur le marché actions
08:39ou non ?
08:40Comme le disait Kevin Tozé,
08:41il y a une prime de risque sur la France
08:42qui est déjà là depuis la dissolution il y a un an et demi
08:45et malheureusement ça devrait perdurer.
08:47Alors, sur le marché actions,
08:49on a tendance à regarder avec un petit peu de circonspection
08:51le marché européen dans son ensemble.
08:53Comme le soulignait Kevin,
08:55l'euro a quand même pesé pas mal sur les earnings
08:58et sur les résultats des entreprises
09:00qui ont été publiées au second trimestre.
09:02On voit plus de potentiel haussier sur les actions américaines
09:08ou les actions émergentes
09:09dans la mesure où on observe,
09:11et les résultats d'Nvidia le montrent encore,
09:14on observe qu'il y a une dynamique haussière
09:17qui est beaucoup plus...
09:19Enfin, un moteur de dynamique haussière
09:20pour les actifs risqués américains
09:22qui va continuer à se matérialiser
09:23avec une croissance américaine qui est bien plus résiliente,
09:26avec un impact des tarifs douaniers
09:27qui certes se matérialisent peu à peu sur l'économie
09:30mais qui ne sont pas si catastrophiques
09:32par rapport à ce qui avait pu être pricé en début d'année.
09:34Et donc, ce que l'on considère,
09:35c'est qu'étant donné qu'on va avoir potentiellement
09:38une fête qui va devenir de plus en plus accommodante
09:40et finalement une loi fiscale,
09:45la Big Beautiful Bill,
09:46qui va stimuler finalement en 2026
09:48fiscalement les entreprises et les ménages,
09:51on considère qu'il y a encore des supports de croissance
09:53qui ne sont pas encore totalement pricés
09:55par le marché du côté américain.
09:57Sachant que dans le même temps,
09:58les indices à Wall Street sont sur des plus hauts historiques.
10:00C'était encore le cas hier soir
10:01sur le S&P 500
10:03avec les Megatech qui continuent de porter la tendance
10:06d'une façon impressionnante.
10:08Absolument.
10:09Et ce qui est très intéressant de voir
10:10sur les résultats des Megatech
10:12et surtout sur les résultats d'NVIDIA hier,
10:15c'est que finalement,
10:16le risque chinois n'a qu'un impact modéré
10:19sur les résultats et sur la croissance
10:21des entreprises américaines.
10:23C'est-à-dire qu'on a vraiment une demande domestique.
10:25Donc, NVIDIA, c'est 50% du chiffre d'affaires
10:27qui est servi par Microsoft, Amazon, Google et Meta.
10:32Et finalement, en fait, le besoin d'investissement
10:34en actifs intangibles et en structures numériques
10:38qui sont exponentiels à l'heure actuelle
10:41du côté outre-Atlantique,
10:44eh bien, vous avez un stimulus,
10:45vous avez un moteur de croissance,
10:46un investissement qui continue
10:48à stimuler finalement les cours.
10:51et c'est la raison pour laquelle
10:53on est quand même assez positif
10:55sur l'aspect tech.
10:57Sur les valorisations, on va toujours dire
10:59d'accord, c'est cher.
11:00Néanmoins, c'est cher depuis 10-15 ans
11:02et on a un coût d'opportunité
11:05à ne pas être exposé sur ce marché
11:06à l'heure actuelle qui est assez démentiel.
11:08Donc, les records sont faits pour être battus
11:10et on s'attend à ce que cette dynamique continue
11:13dans les mois, dans les trimestres
11:16et dans les années qui viennent.
11:17Une dynamique qui est extrêmement forte.
11:18Hier soir, NVIDIA a annoncé une croissance
11:20de son chiffre d'affaires de plus de 50 %,
11:21idem pour le résultat net.
11:23Il faut que ça tienne, là,
11:24à ces niveaux de cours, Kevin Tozet.
11:25Parce que si dans un an,
11:26on se retrouve avec des niveaux de croissance
11:28qui ne sont plus au rendez-vous,
11:29là, le marché ne fera pas de cadeaux.
11:30Oui, c'est toute la problématique
11:32d'avoir une entreprise
11:32qui est valorisée à plus de 4 milliards de dollars.
11:36C'est-à-dire que ce qui est déjà anticipé,
11:39ce qui est dans les cours aujourd'hui,
11:40c'est que le chiffre d'affaires du NVIDIA,
11:43il sera à 200 milliards d'ici quelques mois.
11:45Il sera à deux fois ça d'ici un an, un an et demi.
11:48Donc, la question, c'est comment est-ce qu'on fait
11:50pour enclencher une deuxième jambe de hausse ?
11:53Et ça, ça voudrait dire,
11:54eh bien, voilà, un chiffre d'affaires,
11:56des résultats chez NVIDIA
11:57qui font à peu près deux fois ça.
11:59Donc, comment est-ce qu'ils font
12:00pour aller river vers les 600 milliards de résultats ?
12:03Et cette question-là,
12:03eh bien, cette réponse-là,
12:06en tout cas, cette trajectoire-là,
12:07elle ne pourra se faire que par plus d'investissements.
12:10Donc, il faudra évidemment guetter ce que font
12:12ces autres sept magnifiques,
12:14ces autres grandes entreprises du secteur technologique.
12:16Il faudra aussi regarder ce qui se fait en Chine.
12:18Parce que là aussi, si la réaction du titre
12:21déçoit un petit peu à la clôture hier,
12:25en dépit de cette hausse de 50% des résultats,
12:28outre ce qui a été anticipé,
12:29c'est qu'on a assez peu de prospectives
12:33sur ce qui va se passer en Chine.
12:34Et c'est vrai que là, on a un peu eu des coups de boutoir.
12:37On a eu ces phases plus H20,
12:39donc on va dire de moins bonne qualité,
12:41en tout cas pas aussi performantes que les autres
12:43qui pouvaient être vendues en Chine.
12:44Et puis finalement, pas du tout de vente en Chine.
12:46Et puis finalement, des ventes en Chine qui seraient possibles,
12:48mais avec, on va dire, une taxe subsidiaire de l'État américain
12:51qui lui aussi cherche à combler son déficit.
12:53Et puis après, on a des autorités chinoises
12:55qui nous disent qu'elles encouragent leur grand géant du secteur technologique
12:59à moins se reposer sur Nvidia.
13:01Et on a globalement peu ou pas du tout de perspectives à ce sujet-là.
13:05Je crois que la lumière ou le rayon de soleil dans ces résultats,
13:10outre le fait qu'ils ont été absolument colossaux
13:12et qu'on nous guide aussi vers plus de 50 milliards de résultats
13:15pour le trimestre suivant,
13:17c'est que M. Jensen nous dit que le marché total adressable
13:21n'en est qu'à ses débuts
13:22et qu'il devrait croître là aussi de façon exponentielle.
13:24Donc c'est bien dans ce sens-là
13:26qu'il y a sans doute encore de la valeur à investir
13:28sur des entreprises comme Nvidia.
13:30Et puis voilà, vous parliez de valorisation.
13:31La valorisation de Nvidia, c'est moins cher aujourd'hui
13:34que ça ne l'était il y a un an ou il y a deux ans.
13:38Alors même que les trajectoires...
13:39Si la croissance dans un an est au rendez-vous.
13:41Exactement.
13:41C'est la condition.
13:42Alors que la trajectoire du prix de l'action
13:45a été absolument extraordinaire.
13:47Et puis il y a d'autres grandes valeurs
13:48qui permettent de s'y exposer un petit peu moins cher
13:50et un petit peu ailleurs dans le monde.
13:52Taïwan, on parlait de marché émergent.
13:53Je ne sais pas si c'est un marché émergent ou pas.
13:55Mais en tout cas, ça fait partie...
13:56Il nous reste deux minutes.
13:57Je suis désolé de vous couper une minute quand même chacun
13:58sur l'allocation.
13:59Vous faites quoi aujourd'hui, Kevin Tozé,
14:00par rapport à ces méga techs qui sont prépondérantes
14:03dans les portefeuilles ?
14:04Oui, alors on est investi sur ce segment de la cote-là.
14:08Je crois qu'il y a de la valeur à être investi sur les actions.
14:11Ce qui se passe outre-Atlantique,
14:13que ce soit sur le volet budgétaire
14:15ou sur le volet monétaire, ça prêche vers quoi ?
14:17Ça prêche vers un assouplissement des conditions financières,
14:19des baisses de taux réels,
14:20un dollar moins élevé,
14:21des primes de risque qui baissent.
14:22Donc ça veut dire un coût en capital
14:23moins important pour les entreprises.
14:25Donc ça, c'est plutôt, on va dire,
14:26un moteur pour les marchés d'action
14:27et notamment pour les entreprises
14:29qui doivent financer beaucoup de froissance.
14:31C'est notamment le cas des grandes valeurs
14:33du secteur technologique.
14:35Donc ça, c'est une partie de l'allocation.
14:36On a un peu la même histoire en Europe.
14:39Je crois qu'il y a une logique à deux vitesses en Europe.
14:41C'est-à-dire que le ralentissement
14:43ou l'attentisme français,
14:44ils cachent peut-être l'accélération
14:46ou une reprise en Allemagne.
14:48Donc là aussi, on va avoir du stimulus budgétaire
14:50à compter du début de l'année prochaine.
14:53Les problématiques d'endettement,
14:55je crois qu'elles nous amènent à privilégier
14:57le risque lié à des entreprises
14:59qu'au risque souverain.
15:00Donc on préfère les entreprises dans le crédit
15:02sur les actions que de prêter à des États.
15:06Et on aime bien les stratégies liées à l'inflation
15:07parce que quand même,
15:08on a des chiffres d'inflation cet après-midi
15:09qui devraient montrer quoi ?
15:10Une réaccélération de l'inflation aux États-Unis.
15:13Romain Aumont, NatixiCM,
15:15comment ça se passe en termes d'allocations ?
15:16Quelles sont vos notes en ce moment ?
15:18Alors, on reste, comme je le disais, constructif
15:20sur les actifs risqués américains et émergents.
15:23On a tendance à revenir sur la neutralité en Europe
15:25parce qu'on est un petit peu circonspect
15:26par rapport au plan budgétaire allemand
15:29qui peine à se matérialiser
15:30dans la mesure où on a quand même
15:31une petite tension obligataire européenne
15:35prise dans son entièreté.
15:36On aura tendance également à privilégier le crédit,
15:38le crédit de bonne qualité
15:40dans la mesure où c'est un sacré buffer
15:42par rapport au risque souverain à l'heure actuelle
15:44quand on observe les trajectoires de rendement.
15:47Et on aura tendance à privilégier
15:49des maturités plutôt courtes sur le souverain
15:51de telle sorte à pouvoir éviter la volatilité
15:55sur la partie longue de la courbe
15:56qui risque encore une fois de se matérialiser
15:58d'ici la fin de l'année.
16:00Très clair.
16:01Merci beaucoup messieurs
16:01de nous avoir accompagnés ce matin
16:02dans ce face-à-face.
16:03Romain Aumont, donc macroéconomiste
16:05et stratégiste chez Natixis IM
16:07et Kevin Tozé, membre du comité d'investissement
16:09de Carmignac.
16:11Merci.
16:12Merci.
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