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  • il y a 4 mois
Jeudi 11 septembre 2025, retrouvez Laurent Martin (Trésorier Direction administrative et financière, CIBTP France), Nuno Texeira (Directeur Analyses et Stratégie, Vega Investment Solutions) et Alain Pitous (Senior Advisor ESG) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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00:00Et c'est parti pour Planète Marché, une quarantaine de minutes ensemble pour décrypter les tendances mais aussi les actualités de la Planète Marché avec trois experts.
00:19Ce soir nous avons le plaisir d'être accompagné de Laurent Martin tout d'abord. Bonsoir Laurent Martin.
00:24Bonsoir Nicolas. Trésorier au sein de la direction administrative et financière de CIBTP France. On a le plaisir d'accueillir également Nuno Texera. Bonsoir Nuno Texera.
00:32Bonsoir Nicolas. Vous êtes directeur analyse et stratégie de Vega Investment Solutions et on a le plaisir d'accueillir également Alain Pitous, senior advisor ESG.
00:39Bonsoir Alain Pitous. Bonsoir. Va-t-on parler d'ESG ce soir ? Peut-être un petit peu mais est-ce encore un sujet sur les marchés en septembre 2025 Alain Pitous ?
00:46Attention, restez polis.
00:46On va évidemment parler donc de la décision de politique monétaire de la BCE, de l'inflation aux Etats-Unis, d'indépendance des banques centrales.
00:55Mais surtout peut-être, on va commencer avec vous Nuno Texera, peut-être une vision un petit peu globale.
01:00On a l'impression que cette semaine une nouvelle en chasse une autre.
01:04Alors parfois c'est une nouvelle politique, un Premier ministre en France qui n'a pas la confiance accordée par l'Assemblée nationale.
01:10On a dans la foulée une France qui emprunte, alors pas longtemps, mais un petit peu plus chère que l'Italie sur une petite période notamment sur des émissions sur le marché secondaire.
01:23On a ensuite donc une attente de la décision politique monétaire de la BCE qui ne change pas grand-chose, ce à quoi les marchés s'attendaient.
01:30Et on a en ligne de mire cette notation de Fitch demain vendredi qui inquiète beaucoup, en tout cas d'un point de vue politique et économique.
01:39Est-ce que ça inquiète aussi d'un point de vue financier ? On le verra dans un instant.
01:41Mais comment est-ce que vous analysez cette séquence de début d'année ?
01:45J'ai volontairement laissé de côté les sujets d'intelligence artificielle qui font bondir les marchés aux Etats-Unis dès qu'on en voit beaucoup dans les résultats.
01:52Oui, alors ce qui se passe en France, c'est important pour nous.
01:54Mais c'est vrai qu'à l'échelle mondiale, c'est un épiphénomène.
02:00Ça ne va pas faire bouger les marchés tant que ça ne va pas déstabiliser la zone euro.
02:05On en est loin.
02:07Pour l'instant, les agences de notation, en fait, les agences de notation, elles enterinent un état de fait en général.
02:15Ce n'est pas les agences de notation qui donnent vraiment le ton.
02:18Le spread de la dette française reflète déjà un certain nombre d'inquiétudes.
02:22On ne le voit pas forcément s'écarter massivement parce que là, on est en train de gagner du temps.
02:28Finalement, on aura d'une manière ou d'une autre un budget, sans doute moins ambitieux que ce qui était prévu.
02:35Mais les marchés pourraient s'encontrer.
02:38Pour ne pas dire au minimum pour que ça passe.
02:39Exactement.
02:41Voire même s'il n'y a pas de budget, il y a une reconduction des dépenses et des recettes.
02:46Là, c'est même plutôt assez vertueux d'une certaine manière.
02:51Donc, il n'y a pas de stress majeur.
02:57S'il devait y avoir un stress et une inquiétude de la part d'ABCE, ce serait à des niveaux peut-être à 150 de spread.
03:04Alors, après l'Italie...
03:05Donc, pardon, mais pas d'étonnement sur le fait que la situation de la dette française...
03:09Parce qu'effectivement, on tourne cette émission en France.
03:11On regarde la situation politique et l'impact que les inquiétudes sur le budget peuvent avoir sur les émissions obligataires françaises.
03:19Mais ce n'est pas étonnant que l'ABCE n'en fasse pas un sujet aujourd'hui, quand elle prend la parole, quand Christine Lagarde prend la parole sur sa politique monétaire.
03:28Tout à fait. On n'est pas dans la situation ni de la Grèce ni de l'Espagne.
03:30On a une balance des paiements qui est autour de l'équilibre, voire excédentaire par moment.
03:37On est dans une situation où la charge de la dette, certes, augmente, mais on est sur 2% du PIB.
03:46On a déjà connu plus élevé.
03:48Bien sûr.
03:48Il y a un coût de la dette aussi qui est autour de 2% parce que, heureusement, dans les bonnes années où les taux étaient très bas, le Trésor a bien géré les échéances de sa dette.
03:57Donc, il n'y a pas de problème immédiat de solvabilité.
04:01En revanche, il y a un problème de trajectoire.
04:04Il y a un problème d'instabilité politique, ce qui est nouveau pour la France.
04:07Bien sûr.
04:07L'Italie, maintenant, a trois ans de stabilité.
04:10Nous, on en est au cinquième Premier ministre en trois ans.
04:12Donc, c'est quand même inquiétant.
04:14C'est plus la dégradation.
04:16On ne voit pas comment les choses vont pouvoir se rétablir rapidement.
04:20Mais la France a d'autres problèmes, peut-être même plus importants que ceux de la dette,
04:27notamment au niveau de la dégradation du capital humain, d'une certaine manière.
04:32Le niveau de formation qui se dégrade, on n'a pas assez de robotisation dans les usines.
04:40On a des problèmes de productivité.
04:42Et donc, c'est ça aussi qu'il faut pouvoir adresser.
04:46C'est compliqué avec un gouvernement qui change tous les ans ou tous les six mois.
04:49D'accord.
04:50Et c'est plus ça qui inquièterait les marchés, même si le CAC 40, on l'a dit, dans Tendance Mon Ami, est en hausse à l'heure actuelle.
04:55Mais c'est plus ça qui aurait tendance à inquièter les marchés plutôt que le sujet du budget.
04:58Je parle d'un stratégiste, un gérant actions, effectivement, qui regarde ce qui se passe sur le marché de l'obligataire,
05:03mais qui doit construire une stratégie aussi.
05:05C'est vrai qu'à court terme, on hésite à se remettre sur la dette française, même à cette spread.
05:11Parce qu'il peut y avoir à un moment donné un moment de perte de confiance qu'on ne maîtrise pas.
05:18Sur des mouvements sociaux, par exemple, on sent qu'il y a quand même une société qui est assez fracturée.
05:25Bien sûr.
05:25Un système politique qui est à bout de souffle.
05:28Donc, tout ça, ça peut, à un moment donné, créer une étincelle qui peut mettre le feu aux poudres.
05:34Mais pour le moment, je dirais qu'il n'y a pas d'inquiétude immédiate.
05:38Et en tout cas, au niveau international, ça ne pèse pas.
05:41En revanche, c'est vrai qu'on peut se poser la question au niveau de la politique monétaire.
05:46Est-ce que les taux réels actuels, par rapport à la situation de l'ensemble de la zone euro, qui n'est quand même pas folichonne,
05:53les taux réels, est-ce qu'ils ne pourraient pas être un peu plus bas quand même ?
05:57Surtout qu'on a eu une appréciation de l'euro quand même assez significative, qui pèse sur la compétitivité des entreprises.
06:02Et peut-être qu'il y a un peu de pusillanisme de la part de la BCE qui pourrait peut-être aller un petit peu plus loin
06:09compte tenu d'une inflation qui est quand même sous contrôle.
06:12Oui, parce que là, on ne peut pas tirer de conclusion.
06:13Et après, on aura la réaction de Laurent Martin également.
06:16On ne peut pas tirer de conclusion, mais on a quand même l'impression que là, pour l'instant,
06:18tant qu'il n'y a pas de dégradation supplémentaire, il n'y aura pas de baisse de taux supplémentaire de la part de la BCE.
06:24Donc, ça signe quelque part potentiellement un arrêt des baisses de taux de la BCE, selon vous, Nuno Texera ?
06:30C'est un peu ce que ça laisse entendre.
06:32Nous, on pense qu'il peut y avoir encore une ou deux baisses d'ici à la fin de l'année.
06:35On est carrément hors consensus.
06:37D'accord.
06:37Aujourd'hui, compte tenu de la décision d'aujourd'hui, on n'attendait rien pour aujourd'hui,
06:42mais on pense encore à octobre et à décembre.
06:45Laurent Martin, comment est-ce que vous analysez cette décision de politique monétaire ?
06:49Alors, effectivement, qui n'est une surprise pour personne.
06:51Est-ce que vous avez écouté Christine Lagarde également ?
06:54Est-ce qu'il y a des choses qui vous ont marquées dans son discours ?
06:57Peut-être dans ses prévisions économiques, prévisions d'inflation,
07:00ou tout simplement comme en réaction au contexte économique actuel en zone euro ?
07:06J'ai écouté la conférence de presse de Christine Lagarde.
07:11Au bout de la conférence de presse, il faut quand même avoir une haute,
07:14certaines ténacités.
07:15On sent de l'admiration sur le plan.
07:17Surtout dans le contexte où, effectivement, on n'attendait rien et que les questions sont assez tatillonnes, on va dire.
07:27Moi, je suis dans le consensus.
07:29Je pense que la BCE ne baissera pas de nouveau ses taux d'ici la fin de l'année,
07:34que la marche est très haute pour qu'ils baissent de nouveau leurs taux, à fortiori d'ici la fin de l'année.
07:39Je suis d'accord avec ce que vient de dire Nino, c'est-à-dire qu'on peut imaginer des taux d'ici neuf mois, un an, qu'ils soient à 1,50.
07:49J'ai retenu une phrase intéressante de Christine Lagarde quand elle a été interrogée sur la France, la situation de la France, etc.
07:58Et elle a un petit peu biaisé, donc elle ne prend jamais position sur un pays en particulier.
08:04En revanche, elle a noté une chose, c'est que la dispersion des spreads dans la zone euro entre les pays a diminué.
08:13C'est-à-dire que la France est plutôt l'outsider par rapport aux autres pays de la zone euro.
08:17Donc la stabilité de la zone euro a plutôt augmenté dans les deux dernières années.
08:22Le spread Allemagne-Italie a diminué, le spread Allemagne-Portugal, Allemagne-Espagne.
08:27Et la France est plutôt l'outsider parmi les pays de la zone euro.
08:31Donc nous, effectivement, on se dit…
08:32Les mauvais élèves, on pourrait le dire comme ça ?
08:33Oui.
08:34D'accord.
08:35Oui, on peut dire ça.
08:39Après, ce qui me frappe, moi, depuis un an, et depuis qu'on sait que la BCE va baisser ses taux,
08:44elle les a quand même baissés de 250 points de base quasiment, c'est que les taux longs ne baissent pas.
08:51Et il n'y a pas que les taux longs français qui ne baissent pas.
08:53C'est-à-dire qu'on retrouve une courbe des taux un petit peu normale, avec une prime de terme.
08:58On a aujourd'hui un ester à peu près à 2%.
09:04On a un 10 ans allemand à peu près à 2,60, 2,65, ce que disait Pauline tout à l'heure.
09:08Alors, ça ne paraît pas être une pente de courbe des taux extraordinairement forte.
09:14Et moi, ce que je me demande un petit peu par rapport aux anticipations ou aux attentes de gens qui disent
09:19qu'il faudrait que la BCE baisse un peu plus, c'est est-ce que ça aura un impact sur les taux plus longs ?
09:24Ce n'est pas évident.
09:26D'accord.
09:26Et l'impact sur l'économie, c'est plutôt via les taux plus longs que ça se transmet.
09:31Sur l'immobilier en particulier.
09:32Sur l'immobilier en particulier, sur les crédits qu'on saut à 5, 6 ans.
09:37Je ne suis pas certain que ça ait un énorme impact économique sur la zone euro.
09:43Ce que j'ai retenu aussi, c'est les prévisions de croissance.
09:46Oui, bien sûr.
09:47Voilà, on est zone euro alors qu'on a deux pays qui vont très bien, l'Allemagne et l'Italie, pardon, excusez-moi, l'Espagne, l'Italie, la Grèce.
09:57Mais la Grèce est beaucoup plus petite, donc dans la moyenne de zone euro, elle ne pèse pas grand-chose.
10:02Et que malgré tout ça, on arrive péniblement sur des croissances entre 1 et 1,5, 1,3 même, pour les trois prochaines années.
10:10Et oui, il y a des vrais, vrais sujets de potentiel de croissance à adresser qui nous aideront à régler aussi peut-être les problèmes de déficit et de dette.
10:21Peut-être qu'on en parlera avec une thématique intelligence artificielle quand on voit qu'on arrive à mobiliser des fonds européens avec ASML qui investit dans Mistral et Aïe.
10:29Ça peut être un vecteur de potentiel de croissance.
10:32Est-ce que c'est un exemple potentiellement de réussite d'aller chercher des fonds européens pour investir dans le numérique et dans l'innovation européenne ?
10:41Absolument, absolument.
10:43Et c'était la teneur du rapport Draghi.
10:45Elle a aussi dit une deuxième phrase intéressante.
10:48C'est le rapport Draghi, il a un an et depuis un an, il ne s'est rien passé.
10:53Après, si on revient sur le cas de la France, on a parlé de Mistral, valorisé 14 milliards.
10:58Le fondateur en a 50 %, potentiellement il a 7 milliards, potentiellement certains économistes voudraient lui en prendre 2 %, alors que la boîte ne fait aucun bénéfice.
11:13Donc ça, c'est aussi une particularité de la France qui peut nous inquiéter aussi en France.
11:18Alors là, c'est peut-être à plus long terme, mais ça va venir très très vite.
11:21Il ne faut quand même pas oublier que dans maintenant 20 mois, 500 jours, on a une élection présidentielle très incertaine et que le stress sur la...
11:35Pardon, les petites tensions sur la dette française, je ne les vois pas diminuer d'ici l'élection présidentielle.
11:40Alain Pitous, j'aime bien cette idée. C'est vrai qu'on en parlait beaucoup, effectivement, au moment des élections européennes,
11:47mais ce rêve de l'union des marchés de capitaux qui est devenu ensuite l'union de l'épargne et de l'investissement.
11:53Je reprends cet exemple ASML et Mistral et Haï. Alors ça a quelques jours maintenant, et puis c'est effectivement pas une société cotée, Mistral et Haï,
12:00mais ASML l'est. Est-ce qu'il y a un premier pied vers l'idée de financement européen et de financement d'une croissance européenne
12:09par rapport à ce qu'on voit comme perspective de croissance de la BCE à l'heure actuelle ?
12:14Alors j'aimerais bien, mais non. Je pense que le point, si on regarde le plus petit commun dénominateur européen aujourd'hui, c'est la défense.
12:23C'est la seule chose où on peut dire qu'il y a vraiment une dynamique, avec tout un tas de sujets, avec ceux qui sont très positifs,
12:32ceux qui vont quand même acheter des armes américaines, etc. Enfin, on est quand même sur quelque chose qui est assez partagé,
12:37donc à l'échelle européenne. Il y a pas mal d'autres points qui ne sont pas partagés, en particulier les points que vous évoquez.
12:43Je pense qu'il n'y a pas une volonté énorme d'avancer sur le rapport Draghi, d'avancer sur des intégrations plus fortes.
12:50On reste avec une Europe, je crois qu'il y a 300 opérateurs téléphoniques en Europe, un truc comme ça.
12:56Donc on est quand même très, très loin du compte par rapport à ce qu'il faudrait faire.
13:01Donc non, je crois que là-dessus, il y a la croissance attendue d'ici 2027.
13:07Je ne crois pas qu'on décolle tellement des 1%.
13:09Et on évoque souvent l'Italie et l'Espagne, mais il ne faut pas oublier la masse de capitaux qu'ils ont récupéré de l'Europe.
13:16C'est 140 milliards à peu près pour l'Italie.
13:19Alors donnez-nous, ces 140 milliards en France, la situation serait quand même probablement nettement meilleure.
13:23Bon après, qu'est-ce qu'on en aurait fait ?
13:25Oui, c'est ça.
13:26Comment on aurait fait les 32 heures payer 40 ?
13:30Mais bon, c'est quand même ça.
13:33Après, moi, ce que je trouve intéressant dans le débat en ce moment sur les banques centrales,
13:37et c'est valable pour la Banque centrale américaine, et on va le voir de plus en plus, je pense,
13:41et c'est très valable pour la Banque centrale européenne depuis le début de l'année,
13:43c'est la réduction des bilans.
13:45C'est-à-dire qu'en fait, on évoque souvent les niveaux de taux,
13:48et qui nous mobilisent, parce que c'est ce qui va driver beaucoup de crédits,
13:54et ça va driver l'économie quand même, globalement.
13:56S'ils passaient à 0 ou s'ils passaient à 4, on verrait vraiment très nettement la différence.
14:00Même chose aux États-Unis, on va le voir, je pense, quand ils vont baisser les taux,
14:02on le voit déjà sur les marchés.
14:03Est-ce que c'est une certitude maintenant que la Fed baissait les taux ?
14:06J'ai l'impression que oui, après, je ne suis pas devin.
14:08La question, c'est 25 ou 50, mais c'est ça ?
14:09Oui, c'est ça, et puis il y a une grosse pression pour faire encore plus d'ici la fin d'année.
14:13Autant, il y a un débat entre mes collègues sur l'OBCE,
14:18mais il n'y a pas vraiment de débat, c'est-à-dire que tout le monde est assez d'accord.
14:22Enfin, aujourd'hui, on verra comment ça sera.
14:24En fait, la question, c'est qui baisse les taux ? Est-ce que c'est Trump ou Powell, c'est ça ?
14:26Oui, peut-être, oui.
14:27Mais à côté de ça, vous avez le bilan de la Banque Centrale Européenne qui a fortement baissé,
14:32qui continue de baisser, c'est-à-dire que la Banque Centrale Européenne ne rachète plus de dettes depuis quelques temps,
14:37enfin, ou plus beaucoup, beaucoup moins.
14:40Son bilan baisse, donc ça a un impact assez direct sur la croissance quand même,
14:45parce que c'est moins de capitaux qui sont disponibles,
14:47et puis ça aide aussi à repentifier, je pense, la courbe des taux.
14:50Quand vous achetez moins de l'on, il y a tendance à tirer un peu vers ça.
14:55Et ça fait aussi moins d'euros en circulation,
14:59donc c'est aussi une des raisons pour lesquelles,
15:02entre la faiblesse du dollar et une petite force de l'euro,
15:04on se retrouve avec un euro qui a quand même plutôt monté.
15:07Et on se retrouve en fait dans une politique,
15:09pour les plus jeunes, vous ne vous en rappelez pas,
15:11mais nous, les vieux de la vie, on se rappelle,
15:13ça ressemble quand même pas mal à la Bundesbank, tout ça quand même.
15:16On ne veut surtout pas que la devise du pays baisse,
15:19quitte à avoir pendant des mois une activité assez à tonne.
15:23Donc on est dans ce schéma-là, et avec les Américains,
15:26qui eux, continuent d'acheter comme des brutes.
15:29Vous regardez tous les jours les achats qu'ils font de T-Bonds,
15:32c'est monstrueux.
15:33Donc on est quand même dans deux visions très différentes.
15:39Et ça, si vous voulez, pour moi, c'est quand même quelque chose que je n'aime pas trop,
15:42c'est-à-dire qu'en fait, dans les bonnes périodes économiques,
15:45et je pense que c'est un peu dans l'esprit des investisseurs,
15:48dans les bonnes périodes économiques, les banques centrales sont assez alignées.
15:51C'est-à-dire qu'en fait, même si elles ne se parlent pas,
15:53elles font un peu la même politique.
15:54Aujourd'hui, c'est un peu quand même le foutoir, si vous voulez passer l'expression.
15:58Il y a la Banque centrale américaine, la Banque centrale européenne,
16:01la pauvre BE qui est la Banque centrale anglaise, qui est un peu dans son coin,
16:05les Chinois qui essaient aussi de faire quelque chose dans leur coin,
16:07les Japonais qui sont quand même un peu satellisés,
16:09avec des taulons qui montent fortement, ils sont un peu coincés.
16:12Donc on est dans cette situation-là.
16:13Imaginez une crise, quelle qu'elle soit.
16:15Est-ce que les uns et les autres vont se parler ?
16:17Est-ce qu'ils vont se parler rapidement ?
16:18Ils vont finir par se parler, ils vont finir par régler le problème,
16:21il n'y a pas de débat, mais on peut y avoir quand même quelques semaines
16:23un peu difficiles avec une période de Banque centrale
16:26qui serait un peu perturbée.
16:28Et puis pour revenir sur la situation française,
16:30moi je pense que le point, et c'est pour ça qu'on a une très grosse différence
16:35entre les investisseurs professionnels, des gens comme moi,
16:40et les particuliers.
16:41Et les investisseurs professionnels, eux, ils sont quand même assez contraints
16:45par leur environnement et par leurs contraintes réglementaires
16:49qui les obligent d'être investis.
16:50Donc ça fait un débat qui est quand même assez...
16:53On ne peut pas, quand on est investisseur professionnel,
16:55être en dehors des marchés pendant six mois.
16:57C'est absolument impossible.
16:58Donc ça génère des comportements qui sont quand même un peu différents
17:02de ce que font des gens comme moi qui peuvent dire
17:04« Bon, écoutez, restez six mois en cash. »
17:06Et des particuliers qui sont très inquiets de cette dette française
17:09qui est très élevée et qui a un impact.
17:11Alors sur les marchés, on voit bien, mes collègues ne sont pas inquiets
17:15aujourd'hui parce qu'il y a des liquidités, il n'y a pas de risque majeur.
17:19À la dernière émission, il y avait deux fois plus de investisseurs.
17:22Oui, tout à fait. Et puis après, on voit les bancaires.
17:24Il va y avoir une dégradation très probablement au vendredi.
17:29Les obligations bancaires se sont placées comme du petit pain cette semaine
17:32parce qu'il n'y a pas de stress sur les banques françaises aujourd'hui.
17:35Mais ce problème de la dette, il est très embêtant parce qu'il nous déclasse.
17:39C'est-à-dire qu'en fait, tant qu'on ne règle pas et tant qu'on n'améliore pas
17:43cette trajectoire, on ne dit pas qu'on va régler les 140 milliards
17:45qu'il faudrait aujourd'hui, mais tant qu'on n'améliore pas
17:48la trajectoire, et ça nous empêche pour deux sujets,
17:52pour moi qui sont quand même très importants,
17:53c'est qu'est-ce qu'on pèse par rapport aux Allemands dans ce contexte-là.
17:56Même les Italiens nous font la leçon aujourd'hui,
17:57ce qui est un peu toujours embêtant.
18:00Personnellement, ça me gêne toujours.
18:01Et puis sur le plan politique international,
18:04c'est-à-dire que quand notre président s'agite en tous sens,
18:08c'est difficile d'être crédible quand vous arrivez même pas à régler la dette.
18:11Et donc les particuliers sont un peu stressés par rapport à ça,
18:14et je le comprends.
18:14Donc ça fait un discours qui est quand même assez différent
18:17d'un type d'investisseur à l'autre.
18:18Un mot, Nuno Teixeira, en réaction à ce que dit Alain Pitou,
18:21sur effectivement ces stratégies non coordonnées,
18:24alors pas forcément coordonnées, parce qu'elles ne sont pas obligées
18:26de se parler et de se coordonner,
18:28mais ces stratégies peut-être dans des directions différentes
18:30des différentes banques centrales pour nous amener effectivement
18:32à cette décision de la Fed de baisser ses taux
18:34et donc ce soutien à l'économie américaine,
18:37cette décision de la Fed de baisser ses taux anticipée par les marchés.
18:39Rien n'est fait encore, même si le consensus est clair.
18:42Comment est-ce que vous analysez, vous,
18:45votre scénario c'est une baisse de taux déjà de la Fed la semaine prochaine,
18:48de quoi, 25 points de base, 50 points de base ?
18:50Plutôt 25.
18:51Plutôt 25, c'est une certitude pour vous ?
18:54Oui. En tout cas, une baisse de taux, est-ce qu'elle sera de 50 ?
18:58Il me semble quand même que la Fed devrait y aller progressivement,
19:02mais la trajectoire, elle est claire.
19:05De toute façon, on a une situation de dégradation quand même,
19:10même si elle est lente du marché de l'emploi,
19:12qui, je dirais, justifie d'une normalisation un peu plus marquée.
19:19Il y a un sujet de financement du budget aussi,
19:24qui est très financé sur des échéances courtes.
19:28Et puis, il ne faut pas oublier que la Fed a ce double mandat,
19:32que n'a pas la BCE.
19:33Oui, bien sûr.
19:34De également piloter le marché de l'emploi,
19:37et donc d'être quand même dans une forme d'anticipation.
19:41Je mettrai de côté les pressions de Trump,
19:43mais il est clair que pour 2026, elles vont être d'autant plus importantes.
19:50Elles le sont déjà.
19:51On parle même parfois d'une Fed assiégée.
19:54Donc bon, ça veut tout dire.
19:57Est-ce que ça veut dire, parce qu'on a vu quand même
20:00cette opposition entre Donald Trump et Jérôme Powell,
20:04là Jérôme Powell qui effectivement annonce,
20:07enfin, ouvre la porte, pardon,
20:09à une potentielle baisse de taux de la Fed
20:12lors de sa prochaine réunion de politique monétaire ?
20:14On peut voir ça aussi comme céder quelque chose à Donald Trump,
20:17ou pas du tout.
20:17C'est peut-être aussi tout simplement l'analyse des données,
20:21et notamment les données sur le marché du travail qu'on a vu.
20:24Mais est-ce qu'une pression persistante de Donald Trump
20:28pourrait aller chercher une ou deux autres baisses de taux de plus ?
20:32Non, je pense que Jérôme Powell n'a plus rien à craindre de Donald Trump,
20:36donc il ne va pas céder à la pression.
20:38Simplement, son board progressivement va se déformer
20:41par une position plus doviche,
20:44donc il va être obligé à un moment donné d'en tenir compte.
20:48Si une grande partie du board est contre lui,
20:50c'est quand même compliqué pour lui de s'opposer.
20:52Il y a d'autres manières aussi pour Donald Trump
20:54d'affaiblir sa position en annonçant son successeur
20:58qui lui ferait des générations très doviches.
21:01Donc tout ça va dans ce sens-là.
21:04Je pense que là, Jérôme Powell a l'opportunité de justifier sa politique
21:09par des données relativement factuelles,
21:12ralentissement du marché de l'emploi.
21:14Finalement, on a vu que l'impact inflationniste des droits de douane
21:19était relativement contenu pour l'instant.
21:22Probablement parce que les importateurs,
21:25finalement, le comportement de marge des importateurs
21:27fait qu'ils prennent sur eux une partie de ces droits de douane.
21:30Donc on verra, évidemment, il peut y avoir des effets de second tour,
21:34mais on ne les voit pas encore dans les salaires,
21:36de manière en tout cas très nette.
21:38Donc c'est probablement un bon créneau en ce moment
21:43pour Jérôme Powell pour pouvoir, je dirais,
21:45aller un peu plus dans le sens d'une normalisation.
21:48De manière plus générale, sur l'économie américaine,
21:50comment est-ce que vous regardez ça chez Vega IS à l'heure actuelle ?
21:54Il y en a qui se posent la question de savoir si...
21:57J'ai l'impression que c'est une question qu'on se pose le plus nombreux mois,
21:59de savoir si les États-Unis entrent en récession ou non,
22:02si on parle de récession technique ou autre.
22:03Comment est-ce que vous regardez, vous, cette économie américaine
22:07quand on voit effectivement que les marchés américains,
22:09eux, performent plutôt bien quand même ?
22:11Oui, oui, tout à fait.
22:12On est sur une forme de soft landing puisqu'on a quand même une croissance
22:16qui a été réduite presque par deux cette année par rapport à l'année dernière.
22:23Le marché de l'emploi, on va dire, se normalise,
22:25mais on est encore sur des niveaux de chômage à 4,3.
22:30Ça va, quoi.
22:31Oui, bien sûr.
22:31La consommation, malgré tout, tient.
22:33Et puis l'économie tient beaucoup par l'investissement.
22:35On parlait de l'IA tout à l'heure.
22:36C'est vrai que là, il va y avoir un soutien de l'investissement de manière générale.
22:42On a aussi un budget qui est là en soutien, plus la politique monétaire.
22:46Franchement, on ne voit pas de risque immédiat de récession aux États-Unis.
22:52Laurent, Martin, même question, votre scénario.
22:55Je pose quand même la question.
22:56Peut-être que vous avez un scénario qui n'est pas le même
22:58la semaine prochaine sur la Fed,
23:00mais j'ai quand même l'impression que c'est le consensus du marché à l'heure actuelle.
23:03La Fed va recommencer à baisser ses taux.
23:05Je pense qu'il y a exactement zéro chance que la Fed ne baisse pas ses taux la semaine prochaine.
23:11Ça n'est aucune sorte.
23:12En revanche, je vous avais posé la très bonne question.
23:15Est-ce que c'est Powell qui baisse les taux ou Trump qui baisse les taux ?
23:1825 points de base, c'est Powell qui baisse les taux.
23:2150 points de base, c'est Trump qui baisse les taux.
23:22D'accord. C'est comme ça qu'on analyse.
23:23Je pense que paradoxalement, le fait que Trump ait mis cette pression absolument incroyable sur Powell,
23:31en oubliant qu'il y a un board.
23:33Powell n'est pas tout seul.
23:34Bien sûr, bien sûr, bien sûr.
23:35Jusqu'au mois de juillet, tous les membres du board étaient alignés, peu ou pro, sur la position de Powell.
23:41Donc, le fait de mettre cette pression invraisemblable sur Powell et sur la Fed pour qu'elle baisse les taux très vite
23:46est presque contre-productif.
23:49Donc, 25, je pense qu'ils feront 25.
23:52Je m'attends à un discours, en revanche, plutôt accommodant, plus accommodant que ce qu'on a eu, un peu dans la lignée de ce que l'on a eu à Jackson Hole.
24:02Mais avec quand même, là, je diffère un petit peu avec Ninous, sur l'impact des droits de douane.
24:09Parce que les droits de douane, ce qu'on oublie, c'est qu'ils sont juste en place depuis le 1er août.
24:13Donc, l'impact des droits de douane, avec en plus les importateurs américains qui ont importé massivement avant que les droits de douane ne se mettent en place.
24:21Donc, ils ont constitué des stocks avant droits de douane.
24:26Et plusieurs membres de la Fed ont dit ça, c'est que l'impact des droits de douane va probablement être plus limité que ce qu'ils pensaient,
24:35mais peut-être plus étalé dans le temps.
24:37Et ce qui va être intéressant, c'est après.
24:39C'est ça, c'est dans six mois, quand tout aura été passé au consommateur ou passé en réduction de marge des entreprises,
24:46est-ce qu'on va avoir des effets de second tour sur l'inflation américaine ?
24:50Il y a un autre sujet qui, à mon avis, là aussi, certains membres de la Fed en ont parlé,
24:57c'est la nouvelle politique migratoire de Trump, qui est peut-être plus inflationniste que les droits de douane.
25:02Parce que ces trois dernières années, la croissance de la force de travail aux États-Unis, c'était essentiellement des immigrés.
25:12Si vous parissez l'immigration, voire vous renvoyez des gens dans leur pays,
25:17parce que l'immigration aux États-Unis, c'est une immigration de travail.
25:19Mais alors même que les chiffres de l'emploi montrent qu'il y a moins d'emplois qui sont créés.
25:22Mais moins d'emplois créés, ça peut vouloir dire que vous ne trouvez pas de personnes pour pourvoir l'emploi que vous voulez pourvoir.
25:28D'accord, d'accord.
25:29Ça peut vouloir dire ça aussi.
25:31Ce n'est pas forcément des destructions d'emplois.
25:34Ça peut être des entreprises qui ne trouvent pas de gens pour pouvoir les emplois.
25:39Et donc, ça voudrait dire…
25:40On peut très bien avoir des…
25:43C'est un scénario, c'est un scénario un peu non-consensuel,
25:48mais on peut très bien avoir des créations d'emplois un peu plus faibles,
25:51et malgré tout, des pressions salariales qui augmentent un petit peu.
25:55D'accord.
25:55Parce que le pool…
25:56Donc là, on est bien des deux mondes.
25:57Ah oui.
25:58C'est pour ça, je pense que la Fed, aujourd'hui, je dirais que la Fed, dans les six mois qui viennent,
26:03elle peut baisser ses taux de 75 sans points de base, sans trop de problèmes, sans affoler le marché.
26:09Ça nous mettrait des taux courts à 3,30, 3,25, 3,30.
26:13Avec une inflation qui est un peu en dessous de 3, bon, ça passe.
26:18Et c'est le après qui va être très intéressant.
26:20Si on voit que l'inflation, la désinflation s'est arrêtée,
26:24il ne faut pas oublier aussi qu'on est à une inflation à 3,
26:27alors que le pétrole et l'énergie, depuis un an, ont beaucoup baissé.
26:29Bien sûr.
26:30Donc les effets de base sur l'énergie vont aussi peut-être un petit peu diminuer.
26:35Donc je pense qu'on va avoir six mois qui vont être extrêmement intéressants.
26:40Alain Pitous.
26:41Oui, sur le ralentissement de l'économie américaine,
26:44bon, il n'est pas tant.
26:46On voit bien, les chiffres sont quand même un peu moins bons.
26:47Moi, je trouve quelques signaux qui ne sont vraiment pas très bons,
26:51avec pas mal de défaillances d'entreprise,
26:53avec des cartes de crédit qui rencontrent de plus en plus de problèmes
26:57de la part des consommateurs.
27:00Des petits signaux comme ça qui sont quand même, je ne trouve pas très bons,
27:04avec des licenciements dans la tech.
27:07Oui.
27:08Mais paradoxalement, en même temps, des vagues de licenciements
27:11qui ne sont pas négligeables.
27:13Oracle, la semaine dernière, je disais des choses,
27:16c'est quand même d'une violence assez incroyable.
27:18Il vire une personne sur dix, vous arrivez le matin,
27:20quart d'heure après, vous n'êtes plus là.
27:21Enfin, c'est des choses, ils tapent vraiment très, très fort
27:26pour limiter les coûts, parce qu'ils savent que l'IA arrive.
27:28L'IA, ça peut coder.
27:30L'IA, c'est tout à fait.
27:32Mais pourtant, Oracle a annoncé hier un carnet de commandes sur 4,5 ans.
27:36Oui, mais ce n'est pas pour autant qu'ils ont quand même viré
27:39à peu près un dixième de leur staff.
27:41Donc, dans tous les échelons de l'entreprise,
27:44c'est quand même à prendre en considération.
27:46Alors après, je ne suis pas inquiet,
27:48et d'ailleurs, c'est ce qui se passe sur les marchés aujourd'hui,
27:49on anticipe des baisses des taux.
27:51Quelques baisses des taux, Trumpienne, Powell,
27:55je ne sais pas quelle sera leur nature,
27:57mais il y en aura pendant un moment,
27:59parce qu'ils ont encore un peu de marge.
28:00Mais si l'inflation repassait gentiment vers 4%,
28:04ça va quand même être assez difficile de justifier, d'aller plus loin.
28:07Donc, on va se retrouver dans une situation qui est quand même un peu bancale,
28:10avec un bilan de la Banque centrale américaine
28:12qui est quand même encore assez élevé.
28:13Donc, une situation qui n'est quand même pas ultra confortable.
28:16Surtout que si je comprends, puisque je reste sur l'emploi,
28:19alors effectivement, on a parlé des mauvais chiffres de l'emploi à l'heure actuelle,
28:22vous parlez effectivement de l'impact de la politique migratoire
28:24qui pourrait aussi avoir un lien, créer des tensions sur le marché du travail.
28:27Et là, on parle d'entreprises qui annoncent des résultats à venir
28:31qui pourraient être pharaoniques, qui elles-mêmes licencient.
28:34Donc, en fait, il va y avoir un vrai sujet de travail-emploi aux États-Unis.
28:37Si on regarde aussi en Europe, regardez ce qui s'est passé avec Novo Nordisk.
28:43C'est une boîte qui fait quand même de la croissance et qui licencie,
28:47je crois que c'est à peu près 10% aussi de son staff.
28:50Et ça, ça veut dire que quand les entreprises vont avoir des difficultés,
28:54si jamais elles rencontrent des difficultés, il va y avoir un ajustement sur l'emploi
28:58qui va être très rapide, parce que les entreprises n'ont que ça pour s'ajuster aujourd'hui.
29:02Donc, c'est une situation qui est quand même assez complexe.
29:05Malgré tout, vous regardez les marchés.
29:07Les marchés, eux, ils anticipent que les taux vont baisser, qu'il y aura la liquidité.
29:10Donc, small cap, mid cap, tout ça, gentiment, ça progresse.
29:14La tech, ça progresse.
29:16Alors après, il y a des gens qui vous disent que c'est cher.
29:18Alors, c'est vrai qu'il y a des boîtes, quand vous n'allez pas l'entir,
29:22c'est 80 fois le chiffre d'affaires, c'est quand même un peu beaucoup.
29:25Oui, bien sûr.
29:25On se rappelle, pour ceux qui ont connu ça, la bulle 2000,
29:28on achetait le nom, on n'achetait pas les résultats financiers, ça ne sert à rien.
29:31On est à deux écart-tips en termes de valeur.
29:35Et alors, à côté de ça...
29:36Ça commence à être impressionnant.
29:37Mais il y a ceux qui disent, regardez l'avenir, peut-être que ce sera encore plus...
29:40Non, non, puis après, vous regardez Google a progressé autant que ses résultats.
29:45Le PE est toujours le même depuis cinq ans.
29:47Donc, la situation actuelle, si vous êtes un investisseur pro,
29:52vous restez investi, vous le restez porté.
29:53Et puis, si vous êtes investisseur et que vous avez le temps devant vous,
29:56laissez-vous porter gentiment.
29:57Par contre, les gens qui se posent la question d'entrer sur le marché,
29:59sur ces niveaux-là, moi, je me dis...
30:01Alors après, on rate parfois des opportunités en faisant ça,
30:04parce que si on avait ces éléments-là il y a trois mois,
30:06on a quand même raté un beau bout de hausse,
30:08mais qui s'est fait finalement sur quelques boîtes.
30:10Parce que si vous avez investi il y a quatre, cinq mois
30:13sur le cœur classique des marchés,
30:17vous n'avez pas fait une performance exceptionnelle du tout.
30:19Vous êtes assez loin des performances, des gros indices
30:21tirées par des Oracles, des NVIDIA jusqu'à quelques mois,
30:26des Palantir, des Google qui ont bien performé,
30:30des Apple qui ont bien performé depuis quelques semaines.
30:32Ça se retrace un petit peu.
30:34Donc, c'est une situation qui est quand même assez complexe.
30:37Tant qu'il y a de la liquidité,
30:38tant qu'on attend que les taux baissent,
30:39ne pas se précipiter à aller faire les oeuvres,
30:42à se mettre en cash en attendant que ça se passe.
30:43Mais c'est tentant quand même.
30:45Il y a aussi ce sujet quand même.
30:48On a vu Oracle bondir de 30% sur la séance d'hier à Wall Street.
30:52Quand on regarde sur un an, c'est plus de 100% quand même de progression.
30:57On peut se féliciter des résultats,
31:00on peut se féliciter effectivement...
31:01Qui n'était pas très bon d'ailleurs.
31:02Qui n'était pas très bon d'Ou.
31:03Qui n'était pas très bon.
31:04On peut se féliciter du carnet de commandes,
31:06on peut se féliciter potentiellement de l'impact
31:09qu'a la thématique intelligence artificielle
31:11sur ceux qui font des infrastructures, des data centers ou autre.
31:13Et on peut aussi se poser la question,
31:15comme l'a mentionné Alain Pitous, d'une bulle.
31:18Quand on voit qu'effectivement déjà il y a un an,
31:20l'intelligence artificielle, c'était la thématique porteuse.
31:22Que là, on atteint encore des stades encore plus impressionnants.
31:26Mais aujourd'hui, est-ce que c'est quand on...
31:29On peut difficilement passer à côté
31:30quand on a des stratégies sur les marchés financiers.
31:33Mais en même temps, est-ce que ça inquiète pas à un moment aussi
31:35de voir que le marché s'emballe autant sur cette thématique ?
31:38Oui, c'est clair.
31:39C'est clair que la tech aux Etats-Unis, c'est plus de 40% de l'indice.
31:42Donc c'est compliqué d'être en dehors.
31:46On a quand même aux Etats-Unis, cette année,
31:50des attentes de résultats qui sont assez correctes.
31:52Autour de, je crois, 14%.
31:54C'est à peu près les estimations du consensus.
31:58C'est autour de 0 à 2% en Europe.
32:00Donc, heureusement, on souffre notamment du niveau de l'euro,
32:06des droits de douane, etc.
32:08Donc, le problème, c'est qu'on est déjà dans une formation de bulle.
32:14Le problème, c'est pas de...
32:17C'est plus la fin.
32:18...diagnostique.
32:19Mais le problème, c'est que personne ne sait quand elle va éclater.
32:21Et donc, c'est dommage de...
32:24Voilà, tout le monde se dit, je vais en profiter des 15 ou 20% supplémentaires
32:30qui peuvent...
32:31Mais là, on est quand même à 22,5 fois le résultat.
32:35On est sur les niveaux à peu près du 19 février de cette année.
32:41On sent qu'on est dans des territoires qui commencent à être un peu compliqués.
32:45Si les taux baissent significativement, ça va quand même aider les multiples.
32:49Bien sûr.
32:50Donc, ça va se soutenir un peu.
32:52Moi, un peu, ma crainte, c'est que les volumes d'investissement
32:56qui seront annoncés dans l'IA, je me pose un peu la question de leur rentabilité.
33:00Je me dis, peut-être qu'il y a un peu trop,
33:02parce que tout le monde doit y aller absolument.
33:05Donc, voilà, il faut essayer de raison garder,
33:10de peut-être pas mettre toutes ces billes sur le marché de la tech,
33:15tout en en ayant quelques-unes,
33:17parce qu'il y a évidemment de très, très belles valeurs dans la tech.
33:19Mais une, ça veut dire 10% ou 50% quand on voit des performances pareilles ?
33:22Peut-être qu'au lieu d'être à 40%,
33:25soit d'aller sur un indice écu pondéré sur le S&P,
33:30soit d'aller sur une pondération à 20 ou 25% de tech,
33:34parce que de toute façon, on ne peut pas l'éviter.
33:36Et puis, la tech européenne, ce n'est pas de même nature.
33:40Oui, bien sûr.
33:41L'Europe est plutôt devenue un marché assez value.
33:45Elle a toujours été, mais je dirais, un marché qui enfin récompense la value.
33:49Oui, c'est peu.
33:49Bien sûr.
33:50Et quand on regarde les performances du marché européen sur trois ans en euro,
33:56les États-Unis, l'Europe, c'est à peu près à parité,
34:00compte tenu des effets de change.
34:03Donc, voilà, il faut avoir un peu d'équilibre dans ses portefeuilles, comme toujours.
34:08Mais on n'est pas encore en territoire, il me semble, d'euphorie totale.
34:17Mais il faut le surveiller, il faut l'avoir en tête.
34:18Voilà, n'importe qui qui vous parle de Nvidia.
34:22D'accord.
34:22Est-ce que les chauffeurs du taxi parlent de Nvidia ?
34:24C'est ça le...
34:25Alors, Nvidia, peut-être, peut-être pas des valeurs de crypto,
34:30parce qu'il y a aussi le type de la crypto qui élève beaucoup de capitaux.
34:33Juste un mot, c'est...
34:35En fait, nous, on raisonne en Europe comme des financiers,
34:39avec des résultats, des PE, des chiffres, des analyses financières.
34:42Les Américains, ils raisonnent comme des gérants de private equity.
34:45Et c'est une approche qui est complètement différente, en fait.
34:47C'est-à-dire qu'ils ne vont bien sûr pas vous vendre aujourd'hui quelque chose
34:50à 15 fois les résultats, qui vaut 100 balles.
34:54Si demain, ça vaudra peut-être, ou dans 5 ans,
34:57ça vaudra peut-être 2, 3, 4, 5 000 euros.
35:00D'accord.
35:00Alors, bien sûr, si ça peut faire, c'est 15 fois les résultats,
35:03ou 50 fois les résultats, ou 100 fois les résultats,
35:05ce n'est pas grave qu'ils se disent,
35:06cette boîte-là va prendre des parts de marché telles
35:09qu'elle va générer, et c'est ce qui se passe sur Oracle,
35:12c'est ce qui s'est passé sur Oracle hier.
35:14Ils raisonnent sur des perspectives de gains de parts de marché, etc.
35:18Et c'est un raisonnement qui est totalement différent.
35:20On n'est pas là-dedans, on n'est pas dans un raisonnement de private equity.
35:23Les gens qui ne vendent pas leur palentir aujourd'hui,
35:25c'est parce qu'ils se disent, palentir dans 20 ans, dans 10 ans,
35:28ils raisonnent vraiment comme des investisseurs.
35:29Paradoxalement, c'est-à-dire qu'on imagine,
35:32c'est des gros traders qui achètent, qui vendent sans arrêt,
35:34mais la réalité, c'est que les gros investisseurs américains,
35:36ils achètent, ils restent dans un coin pendant des fois 5, 10 ans.
35:39Ils vous sortent des performances en disant,
35:41Nvidia, je l'avais acheté à 10, et ça vaut 170.
35:45C'est une approche qui est totalement différente de la nôtre,
35:48surtout sur le secteur de la tech.
35:49Donc, ça justifie, enfin, ça explique.
35:53Ça explique, effectivement.
35:54Et comme ils raisonnent sur des private equity,
35:57ils disent, j'en mets 10, j'en aurais 5 qui vont partir dans le décor,
35:593 qui vont me merdouiller, et puis 2 qui vont faire Nvidia.
36:02Et bien, voilà, quoi. Bingo.
36:04Laurent Martin, sur cette thématique d'intelligence artificielle,
36:09moi, je disais crainte de bulle,
36:11Nuno Teixeira nous disait, elle est là,
36:13la question, c'est effectivement,
36:15quand est-ce qu'on va rentrer dans l'euphorie pure ?
36:17Comment est-ce que vous analysez ça, vous, Laurent Martin ?
36:20Alors, je suis moins spécialiste des marchés actions.
36:25Je suis assez d'accord avec Alain.
36:29Et puis, avec nous aussi,
36:30on sent quand même qu'il y a cette euphorie.
36:35On sent aussi que, oui, dans 10 ans,
36:38l'intelligence artificielle, elle sera un petit peu partout.
36:41Moi, ce qui me pose comme question,
36:44c'est, est-ce que, dans ce domaine de l'intelligence artificielle,
36:48projetons-nous à 10 ans,
36:49est-ce qu'on aura le même schéma
36:52que sur les réseaux sociaux, la big tech,
36:54c'est-à-dire, we don't take all,
36:56c'est-à-dire qu'on aura une entreprise ultra-dominante
36:59et qui pourra sortir des marges de 70%,
37:02marges brutes de 70%,
37:04ou est-ce qu'on aura une vraie concurrence
37:06internationale de plusieurs boîtes,
37:08auquel cas, les investissements colossaux
37:11dans l'intelligence artificielle, aujourd'hui,
37:13effectivement, ils risquent d'avoir une rentabilité
37:15relativement faible.
37:16D'accord.
37:17C'est plus ça.
37:18Les Chinois arrivent à avoir des modèles économiques
37:20un peu plus abordés.
37:22C'est plus ça, la question que je me pose.
37:25Je n'ai pas la réponse.
37:26C'est qu'aujourd'hui, acheter,
37:28comme dans Toutes Rue et Vers l'Or,
37:29acheter les vendeurs de pelles,
37:31de seaux et de tamis,
37:32c'est une bonne idée.
37:33C'est le cas de râpe, pour le coup.
37:35C'est ça.
37:36Acheter les méga-caps,
37:40parce que demain,
37:42elles vont développer des outils
37:43d'intelligence artificielle,
37:45est-ce qu'elles pourront justifier
37:48la rentabilité de leurs investissements ?
37:50Ce n'est pas sûr.
37:51Et encore une fois,
37:52je n'ai pas la réponse.
37:53Même si je pense que dans 10 ans,
37:54oui, on a tous vécu l'essor de l'Internet.
37:58On sentait bien au début de l'Internet
38:00que l'Internet allait effectivement
38:02bouleverser nos vies,
38:03bouleverser nos habitudes.
38:04Bon, il y a des sociétés
38:07qui ont fait faillite.
38:09Il y a des rentabilités
38:10qui n'ont pas été au rendez-vous.
38:12Il y a certains créneaux
38:13qui ont été au rendez-vous
38:13et encore plus qu'au rendez-vous.
38:15Et après, il y a eu des applications
38:16de l'Internet,
38:17les réseaux sociaux en particulier.
38:19En 2000, lors de la bulle Internet,
38:21les réseaux sociaux n'existaient pas.
38:22Oui, bien sûr.
38:23Et les boîtes qui sont aujourd'hui
38:25les stars du marché
38:26n'existaient pas.
38:27Ils n'existaient pas.
38:28Oui, mais c'est vrai qu'il y avait,
38:29par exemple, il y avait Mico.
38:31C'est Microsoft, Intel, Cisco, Oracle.
38:33Oui, bien sûr.
38:34Il y a eu des survivants.
38:35Il y a eu des survivants.
38:37Mais peut-être pas au niveau de validation.
38:39Alors justement,
38:40on ne peut jamais tomber
38:41dans le biais du survivant.
38:42Des choses qui,
38:44quand on discute comme ça
38:44sur les réseaux,
38:45sur Twitter,
38:46où les gens disent
38:47« Regardez, si on avait acheté
38:48du Google, Apple il y a 20 ans,
38:51et oui, mais si tu avais acheté
38:52de l'AOL, du J-20 et de l'Alcantel… »
38:54Ou alors, on peut acheter tout le monde.
38:55Ou alors, on peut acheter tout le monde.
38:56Ou alors, il faut,
38:57c'est ce que dit Alain.
38:58C'est 10 boîtes.
38:59Il y en a 5 qui font une faillite.
39:02Il y en a 3 qui se dérouillent à peu près.
39:03Il y en a 2 qui sont des pépites.
39:05Et une finesse…
39:06Mais par rapport au problème
39:07de concentration,
39:08moi, ce que je me dirais,
39:09c'est que l'architecture
39:11va être totalement corsetée
39:13par les gros.
39:13Je pense que là-dessus,
39:14c'est tels investissements
39:16que ce n'est pas Mistral
39:18qui va faire ces investissements-là.
39:20Par contre,
39:21et peut-être la différence
39:22par rapport au développement d'Internet,
39:25qui est quand même
39:26très grosse machine,
39:27il me semble,
39:28c'est un peu comme ça
39:29que je vois les choses
39:29et c'est ce qui se passe aujourd'hui
39:30avec les gros acteurs,
39:32je pense que ce qui va faire
39:35le sel de l'IA,
39:36c'est les agents l'IA.
39:37C'est ce qui est le plus près
39:39du consommateur,
39:40enfin,
39:40du utilisateur final.
39:42Et ça,
39:42ça va être totalement…
39:45Je pense que là,
39:45il n'y aura pas de grand gagnant.
39:48Parce que ça va être
39:49très très morcelé
39:49parce que déjà,
39:50rien que les Chinois de leur côté,
39:51les Européens de l'autre,
39:52les Datas, etc.
39:53Et les Européens,
39:53c'est développé eux-mêmes.
39:54Voilà,
39:54ça fait des choses
39:55qui sont quand même,
39:56je pense,
39:56beaucoup plus légères
39:58et qui d'ailleurs,
39:59à mon avis,
39:59posent un problème
40:00à tout un tas de boîtes
40:01de logiciels
40:01qui vont être conférencés
40:03par des gamins
40:04dans leur coin
40:05qui vont faire
40:06comme Mistral,
40:07qui vont développer
40:07des choses localement
40:09qui se développent,
40:10etc.
40:11Et alors,
40:11il faut oublier,
40:12et je pense que le dernier,
40:13je finis là-dessus,
40:14pour moi,
40:14c'est le…
40:15Attention,
40:16parce qu'il y a 5 ans,
40:17on parlait tous
40:17du métaverse.
40:18Oui,
40:19c'est pas faux.
40:19Il y aura peut-être
40:21un peu de charpie
40:23un peu à droite à gauche
40:24sur les investissements
40:26hier,
40:27je pense.
40:27Merci Alain Pitou,
40:28senior advisor ESG,
40:29merci Nuno Texera,
40:30directeur analyse et stratégie
40:31de Vega Investment Solutions.
40:33Merci Laurent Martin,
40:35trésorier,
40:36au sein de la direction
40:36administrative et financière
40:37de CIBTP France.
40:39Merci à tous les trois
40:40et quant à nous,
40:41on se retrouve tout de suite
40:42dans Marché Athème.
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