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  • il y a 4 mois
Lundi 15 septembre 2025, retrouvez Marc Charrière (Président, AFNUM), Valentin Briset (co-fondateur, Holoprods) et Charlotte Jouffre (ingénieure biomiméticienne, Bioxegy) dans SMART TECH, une émission présentée par Delphine Sabattier.

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Transcription
00:00Bonjour à tous, Fair Alliance, pour une France et une Europe championne du numérique, c'est le titre du manifeste dévoilé par l'AFNUM qui rassemble les industriels du numérique.
00:18Elle avance 10 propositions, on en parle aujourd'hui à la une de Smartech dans la grande interview avec Marc Charrière, son président.
00:26On aura aussi un focus sur le biomimétisme, comment la nature nous inspire de nouvelles innovations, à s'intéresser cette fois aux écailles du requin et parler d'aérodynamisme.
00:37Mais d'abord, trois questions sur des bornes interactives pour leur apparition, des bornes interactives holographiques. C'est tout de suite l'interview dans Smartech.
00:44Alors, mon invité aujourd'hui pour ouvrir cette édition s'appelle Valentin Briset. Bonjour, vous êtes connecté avec nous à distance. Ça va, vous nous entendez bien ?
01:00Bonjour, merci.
01:01Parfait. Très bien, merci.
01:02Vous êtes le cofondateur d'Holoprods, qui est une jeune pousse lyonnaise, qui propose des bornes, des bornes sans contact, sans casque, sans écran, holographiques, vous nous dites.
01:12Alors, je voulais faire un point. D'abord, technologie avec vous. Est-ce qu'on parle de véritable hologramme ?
01:19Alors, on parle d'hologramme dans le sens où on a une projection qui ressort d'une borne sans regarder d'écran, sans regarder de vite.
01:28On n'est pas encore sur l'hologramme qu'on voit dans les Star Wars, mais on se rapproche de ce qu'on voit dans Minority Reports, par exemple.
01:33Ok, ça veut dire qu'on n'a pas véritablement d'objet reconstitué en volume 3D dont on peut faire le tour.
01:40On est encore sur de la 2D qui ressort d'un écran, oui.
01:43D'accord. Alors, à quoi servent-elles ces bornes que vous appelez holographiques ?
01:49Alors, nous, le but avec ces bornes, c'est de révolutionner l'expérience utilisateur dans des marchés comme la restauration, par exemple, ou le médical, ou encore la vente.
02:09Avec ces bornes, on va pouvoir reproduire en l'air des produits, les voir en vue de coupe, par exemple,
02:19pour des industriels, notamment, pour dévoiler des produits.
02:23Nos premiers clients, c'est EDF et EDIS.
02:25Mais qu'est-ce que ça change par rapport, parce qu'aujourd'hui, des projections et des bornes interactives,
02:29on en voit quand même pas mal dans les magasins.
02:32Qu'est-ce que vous apportez de plus ?
02:34Est-ce que vous avez mis justement un accent technologique sur ce type de bornes
02:39pour trouver une expérience plus enrichissante et moins gadget peut-être aussi ?
02:46Oui, effectivement, l'hologramme jusqu'ici, c'était un petit peu gadget.
02:49Nous, on ramène deux autres avantages, mis à part l'hologramme.
02:52C'est l'aspect aseptique.
02:55Comme on interagit avec un hologramme, on ne touche rien, on ne touche aucune surface.
03:00Ça a son importance dans le médical, dans la restauration.
03:02Pour moi, on a l'impression que la personne touche l'écran, mais pas du tout.
03:06C'est quelque chose qui est vraiment en projection au-dessus.
03:08D'accord.
03:10Vous le verrez sur une autre photo que vous diffusez.
03:13On ne touche vraiment aucune surface.
03:15Aussi, l'hologramme, on le voit plus d'une seule face.
03:18L'objectif, c'est de ramener l'aspect confidentiel.
03:21Alors là, c'est un montage, mais vous voyez l'hologramme.
03:24Il transparaît comme ça.
03:25D'accord.
03:26L'aspect confidentiel, vraiment important dans les parcours d'achat.
03:30Aujourd'hui, notre objectif, c'est qu'on puisse mettre ses codes de carte bleue
03:33sans que les personnes tout autour puissent le voir ou encore puissent le prendre en photo.
03:37C'est-à-dire mettre son code de carte bleue.
03:39Expliquez-moi, quel est l'usage de cette borne, en fait ?
03:42Parce que là, moi, je pensais que c'était un usage publicitaire, en fait,
03:46par exemple, pour montrer un nouvel objet que les clients pourraient manipuler dans une boutique.
03:51Là, vous parlez carrément d'un acte d'achat.
03:53À quoi elle sert cette borne ? Comment on s'en sert ?
03:56Ça va dépendre de l'utilisation du client.
04:00Oui.
04:01Nos premiers clients, c'est sur de l'industrie.
04:03Donc, c'est pour voir des tutoriels, par exemple, de machines industrielles.
04:06D'accord.
04:06Le tout avec des gants sur les mains et sans toucher d'écran.
04:10On vise à développer la partie vente, la partie parcours de vente,
04:16donc dans des enseignes, pouvoir manipuler son produit en 3D,
04:19le modifier sur les produits qu'il le propose et pouvoir aller jusque l'achat.
04:24D'accord.
04:25Vous parlez de la phase confidentialité, c'est ça, moi, que je n'ai pas très bien compris.
04:29À quel moment on a besoin de cette confidentialité ?
04:31Quand on ne veut pas que les murs autour voient ce qu'on fait,
04:36donc ça peut être tout simplement commander des produits ou encore passer la commande,
04:40remplir des informations dans un questionnaire.
04:43Parce que là, je vais pouvoir saisir des informations dans un questionnaire sur cette projection ?
04:48C'est ça.
04:50On peut interagir de la même manière.
04:53Ça veut dire qu'aujourd'hui, on peut afficher un formulaire et le remplir avec un gant
05:00qui permet de reconnaître notre main, mais ça peut être très, très précis.
05:05Alors oui, et sans gant.
05:07On va vraiment prendre la main, venir définir où est la position des différents doigts.
05:13Et on peut aller jusqu'à, donc oui, taper sur un clavier son code, son adresse mail, par exemple.
05:22Un clavier donc virtuel projeté au-dessus de la borne.
05:26C'est ça.
05:27Ok, intéressant l'aspect confidentialité.
05:30Ça, pour le coup, c'est hyper innovant.
05:32Nouvel usage.
05:33Merci beaucoup de nous avoir éclairé là-dessus.
05:36Valentin Briset sur votre borne.
05:38Vous êtes le cofondateur, je le rappelle, de Holoprods.
05:41Allez, c'est le moment de passer à notre grande interview.
05:44On va s'intéresser à un manifeste diffusé, publié par l'AFNUM.
05:55Marc Charrière est mon grand invité aujourd'hui dans Smartech.
05:58Il est le président de l'AFNUM qui vient de dévoiler son manifeste
06:01« Faire alliance pour une France et une Europe championne du numérique »
06:05avec dix propositions dont on va parler.
06:08Mais peut-être d'abord un mot sur l'AFNUM qui rassemble l'industrie du numérique.
06:12On a beaucoup d'alliances autour de l'industrie du numérique.
06:15Comment vous vous positionnez plus précisément ?
06:18Oui, d'abord, bonjour et merci de nous recevoir.
06:21C'est un honneur pour nous.
06:23L'AFNUM, c'est relativement simple.
06:26C'est une association, un syndicat professionnel qui regroupe tous les membres,
06:37tous les adhérents constituant le socle du numérique.
06:42Donc le socle du numérique, sans le socle du numérique,
06:46on n'a pas de possibilité d'avoir du numérique.
06:49Qu'est-ce que vous appelez le socle du numérique ?
06:50On parle d'alliances françaises, des industriels du numérique.
06:54Il n'y a pas que des acteurs français dans le numérique, déjà.
06:57Et qu'est-ce que vous appelez le socle ?
06:59Alors ça va des composants, des terminaux.
07:03Donc les terminaux, que ce soit votre téléphone portable,
07:06mais aussi des terminaux connectés, maintenant.
07:10Ça passe par les infrastructures, donc les réseaux,
07:14avec les équipementiers réseau.
07:16Ça va jusqu'aux produits grand public,
07:20par exemple les appareils photos.
07:23et tout ce qui est ordinateur,
07:28tout ce qui vous permet d'avoir du numérique dans un pays.
07:33Alors, donc, parmi, je disais, c'est une alliance française
07:36dans laquelle on ne retrouve pas uniquement des acteurs français,
07:40qui sont les principaux membres ?
07:43Pour qu'on ait une idée un petit peu plus concrète.
07:44Alors, on est une soixantaine, on a une soixantaine de membres,
07:48que ce soit des très grosses entreprises du numérique.
07:51Donc il y a Nokia, par exemple, puisque vous êtes un des représentants.
07:54Par exemple, dont je ne parlerai pas plus que ça aujourd'hui, évidemment.
07:58Et c'est toujours difficile de citer les adhérents sans vous faire la liste des soixante.
08:04Mais je vous engage à aller sur afnum.fr,
08:07puisqu'ils sont tous présents là.
08:09Mais ce qui est important de comprendre, c'est que...
08:11Quelles sont les grandes actions, peut-être alors, pour le faire différemment,
08:14quelles sont les grandes actions qui vous réunissent ?
08:16Quels sont les thèmes qui vous mobilisent et qui vous rassemblent ?
08:21C'est l'idée qu'on a eue il y a dix ans, quand on a créé l'Afnum.
08:24Donc c'est de dire, sans ce socle, on ne développera pas l'économie du numérique,
08:30les logiciels, les applications, etc.
08:33Et donc, on ne contribuera pas à l'économie française.
08:37Ensuite, on a des grands acteurs, des petits acteurs, des PME.
08:42On a tout ce monde-là, doit faire une alliance, doit regarder ensemble
08:48les différentes problématiques, qu'elles soient technologiques,
08:51parce que c'est quand même parfois assez complexe, technologiquement,
08:55et les enjeux économiques.
08:57Donc c'est de faire des groupes de travail, des vice-présidences, etc.
09:02pour avancer auprès des pouvoirs publics.
09:03On vous a vu monter sur certains sujets, mais il y a quelques années,
09:08j'ai l'impression que l'Afnum est restée très discrète ces derniers temps.
09:11Là, vous sortez un manifeste avec dix propositions,
09:15c'est quelque chose d'assez fort, sur lequel vous avez envie de communiquer.
09:19Pourquoi maintenant ? Quelle est la motivation ?
09:22Alors en fait, non, on a une action qui est continue depuis dix ans,
09:27qui est extrêmement puissante et continue,
09:30parce qu'on sort nos experts, chaque adhérent a des experts,
09:34on les met à disposition, on reste concret, on est des faiseurs,
09:36on reste sur le terrain, on a fait des sites d'expérimentation, etc.
09:40Et là, c'est à l'occasion de nos dix ans qu'on sort un certain nombre de propositions,
09:46une dizaine, et qu'on met sur la table, pas pour les traiter tout seuls,
09:52mais pour dire, voilà, il faut qu'on fasse une alliance
09:54et aussi une réflexion avec les pouvoirs publics,
09:58grandes entreprises, petites entreprises, pouvoirs publics, secteurs privés, pour avancer.
10:03Ça part de quoi ? Ça part d'une inquiétude sur le numérique aujourd'hui ?
10:08C'est pas uniquement une inquiétude, mais c'est le constat d'une importance capitale
10:14pour que la France puisse développer ses nouveaux secteurs industriels, par exemple, économiques.
10:21L'industrie 4.0, sans économie numérique, ça ne marche pas.
10:26On ne va pas avancer, on va regarder le train passer.
10:28Et ça, c'est important d'être un acteur et pas uniquement un observateur.
10:33Comment vous l'avez pensé, ce manifeste, avec ces dix propositions ?
10:38Vous avez travaillé sur des axes majeurs.
10:41Qu'est-ce que vous pouvez nous en dire comme mesures principales
10:44qui, selon vous, sont urgentes à mettre en œuvre,
10:47ou en tout cas à discuter avec des décideurs publics, par exemple ?
10:51Il y a un certain nombre de propositions qui consistent à améliorer la compétitivité,
10:58et la possibilité d'innover.
11:01Par exemple, on n'est pas contre les réglementations, bien évidemment,
11:05mais il faut simplifier.
11:06Il faut simplifier les réglementations, il ne faut pas en avoir des tonnes, je dirais.
11:11Il ne faut pas faire de la sur-réglementation par rapport à l'Europe, etc.
11:16On est tout à fait à même de venir discuter de tous les sujets,
11:21de regarder les problématiques,
11:22mais il faut simplifier, harmoniser et s'inscrire dans la durée
11:26pour qu'on puisse, justement, avancer.
11:31Ça, c'est un des...
11:32Mais qu'est-ce que ça veut dire être plus compétitif,
11:34favoriser la compétitivité en France et en Europe ?
11:38Parce qu'aujourd'hui, ce sont des entreprises très compétitives
11:41dans le numérique, notamment parmi vos membres.
11:45Oui, mais on a des...
11:46Alors, on est forcément international, internationalisé, mondialisé même,
11:51pour la plupart, y compris pour les petites entreprises,
11:54et on observe des comportements différents suivant les continents.
11:58Par exemple, sur la commande publique,
12:02on a une commande publique qui est beaucoup plus complexe
12:06en Europe et en France qu'aux États-Unis,
12:09et ça donne, en ce qui concerne l'innovation,
12:13une possibilité d'innover qui est inférieure en Europe
12:18parce qu'on a des règles différentes,
12:21on a un morcellement,
12:23on a une spécificité de le prix d'abord
12:29et pas forcément la qualité,
12:34le développement durable,
12:37tous ces aspects-là qui sont assez mal quantifiés.
12:40Et du coup, sur la commande publique, par exemple,
12:42il y a vraiment du travail à faire pour avoir un marché intérieur,
12:45et le marché intérieur, c'est aussi la possibilité pour nos acteurs
12:51d'innover et de pousser ce qu'on veut faire en France et en Europe.
12:57Alors, j'ai vu aussi que vous vous positionnez sur la question de la formation
13:00pour avoir davantage de talent.
13:03On manque aujourd'hui de compétences dans le numérique.
13:06En revanche, on pourrait quand même rappeler,
13:08et on s'en félicite.
13:09D'ailleurs, parfois, on se dit, finalement, ça va,
13:11on dit tout le temps, la France, on a les talents,
13:14on est les meilleurs en intelligence artificielle et tout ça,
13:17mais il nous manque les mastodontes économiques.
13:20Est-ce que la question des talents,
13:22c'est vraiment un sujet important aujourd'hui aussi en France ?
13:25Complètement.
13:26On estime à 180 000,
13:28les demandes de nouveaux emplois
13:32à créer d'ici 2030
13:34dans notre secteur
13:35et dans le secteur du numérique plus généralement.
13:37Donc, on a une formation d'excellence,
13:39mais on manque de quantité.
13:41On manque de quantité,
13:42on manque de filles dans notre secteur,
13:46on manque d'attractivité à partir du collège.
13:49Donc, il faut vraiment sensibiliser nos jeunes
13:52à tout ce qu'on peut faire dans notre domaine,
13:55dès le plus jeune âge.
13:57On a un sujet aussi sur l'adoption.
14:00Je vois, vous voulez accélérer sur l'adoption
14:02de l'intelligence artificielle et des deep tech.
14:05D'ailleurs, quand vous dites deep tech,
14:06vous mettez quoi derrière ?
14:07Deep tech, ce sont les technologies
14:12qui permettent ensuite des applicatifs,
14:15c'est-à-dire des technologies
14:16telles que l'intelligence artificielle
14:19qui permettent pas uniquement
14:21de créer des moteurs bien connus actuellement,
14:25mais aussi d'aider justement l'industrie,
14:27le développement de certains applicatifs.
14:31Il faut avoir ce moteur, ce moteur numérique en dessous pour pouvoir créer au-dessus.
14:38Et donc, parce qu'aujourd'hui, on a un problème,
14:42il vous semble qu'on a un retard sur l'adoption de l'intelligence artificielle en Europe ?
14:47Alors, l'investissement européen...
14:49Parce qu'on voit une volonté, pour le coup, il y a une volonté politique.
14:53On a vu la France organiser le sommet mondial pour l'action sur l'intelligence artificielle.
14:58On a vu le deal entre Mistral et ASML qui donne une sorte de confiance,
15:03à nouveau quand même, dans nos forces économiques en matière d'intelligence artificielle.
15:08On se dit, bon, là, tout le monde est OK pour avancer.
15:12Alors, oui, simplement, on ne dit pas qu'on est dans le catastrophisme,
15:17mais il y a toujours mieux à faire et il faut progresser.
15:21Et en particulier, par exemple, en Europe, sur les financements de ce secteur-là,
15:26on a vraiment des progrès à faire.
15:28On travaille avec Digital Europe aussi là-dessus.
15:33On pousse pour qu'il y ait 25% d'investissement de l'Europe,
15:36déjà sur l'aspect du numérique.
15:40Et ce n'est pas un chiffre...
15:42On était à 7, on veut passer à 25,
15:44parce que ça concerne tous les secteurs de l'industrie.
15:47Ça ne concerne pas notre petit bout.
15:49Donc ça, c'est 25%.
15:51Et ensuite, on a des soucis également sur la circulation des capitaux.
15:57On a une industrie très capitalistique.
16:00Forcément, il faut s'inscrire dans la durée avec des capitaux qui sont importants.
16:05Et on a un problème de circulation de ces capitaux à l'intérieur de l'Europe.
16:10Et on voit bien, par exemple, que l'investissement privé...
16:13Chaque pays gère son investissement privé.
16:16Que l'investissement privé, c'est-à-dire ce que vous pouvez épargner
16:20en tant qu'individu sur tel ou tel compte,
16:24ou sur la caisse d'épargne, ou ce que vous voulez,
16:28eh bien, ça ne sera pas utilisé dans ces domaines-là.
16:31Alors que dans d'autres pays, c'est comme ça que ça marche.
16:36C'est comme ça que ça marche.
16:37Et du coup, on a des PME qui sont hyper attractives,
16:41hyper sur le coup, comme vous le disiez.
16:46Mais leur passage au stade de ce qu'on appelle tout le temps
16:50les licornes, etc., est bien plus compliqué.
16:53C'est très, très compliqué pour eux.
16:56Et du coup, on a un risque que tout ça parte ailleurs.
17:00Vous parlez aussi de numérique responsable, inclusif,
17:04mais là, ça, c'est de l'ordre de la responsabilité
17:06des industriels eux-mêmes, j'ai envie de dire.
17:09Oui, simplement, il faut...
17:11Alors, l'AFNUM est très active sur l'économie circulaire
17:15depuis 10 ans et même avant,
17:18ceux qui sont venus nous rejoindre.
17:19Donc, on est très actifs sur ces aspects-là,
17:22ce qui est très important pour des secteurs, évidemment,
17:25que j'ai décrits tout à l'heure.
17:27Et on a aussi...
17:30On fait des études sur l'éco-conception,
17:32par exemple, des équipements de réseau.
17:34On va avoir des annonces là-dessus fin septembre.
17:38D'accord.
17:41Voilà.
17:42On va présenter notre dossier là-dessus,
17:45sur l'éco-conception.
17:46Et bien sûr que ça nous concerne,
17:50mais il y a aussi, comme je disais tout à l'heure,
17:53des normes à respecter, à mettre en place, etc.
17:55Donc, il faut qu'on discute aussi avec les pouvoirs publics
17:58sur la meilleure façon d'avancer sur ce domaine.
18:01Oui.
18:02Vous publiez des chiffres dans ce domaine, par exemple,
18:05il y a ce chiffre, seulement 20% des smartphones usagers
18:07sont collectés.
18:08Je pense qu'on peut faire mieux là-dessus.
18:10Oui, et on est preneur.
18:11C'est un des exemples parmi tous ceux que vous citez.
18:14Vous nous dites qu'il faut que la France devienne un moteur
18:18dans le numérique européen, mais ça a un coût.
18:22Aujourd'hui, on est sur des questions budgétaires hyper complexes.
18:26Ce manifeste de l'adresser à qui ?
18:29Alors déjà, forcément, je vais répondre qu'on l'adresse à tout le monde,
18:33bien sûr, mais il s'adresse également au pouvoir public.
18:36Et le message qu'on a là-dessus, c'est voici quels sont les grands axes
18:43sur lesquels on veut travailler et sur lesquels on peut contribuer.
18:47On ne contribue pas sur tout, mais sur lesquels on peut contribuer.
18:51On va venir vous voir, s'asseoir autour des tables pour parler de ça et avancer.
18:57Et ça, c'est...
18:59Mais vous l'avez budgété, par exemple, la mise en œuvre de ce manifeste ?
19:03Alors, non, le total n'a pas été budgété.
19:06Par contre, on est capable de travailler avec chaque partie
19:11pour voir ce que ça peut apporter.
19:14Parce qu'il y a un coût, comme vous le dites,
19:17et il y a aussi un gain derrière.
19:21Donc, on est à chaque fois, et on est obligé de regarder les bénéfices-risques,
19:26comme dirait un médecin.
19:28Ça, vous chiffrez ? Vous allez le chiffrer ?
19:30Bien sûr. Mais il faut voir ça avec chaque secteur.
19:34On va être très impliqués dans le secteur de l'aéronautique,
19:38de l'énergie, de l'automobile.
19:40Et à chaque fois, c'est avec les spécialistes de ce domaine-là
19:43qu'il faut se mettre ensemble pour faire ces calculs.
19:47Je me trompe peut-être, mais je n'ai pas vu le mot souveraineté
19:50dans ce manifeste.
19:52Ça fait partie des grands sujets aujourd'hui européens.
19:55La souveraineté numérique de l'Europe, qu'est-ce que ça veut dire ?
19:58Alors, on préfère souvent employer le terme d'autonomie stratégique.
20:03Vous, vous êtes sur l'idée de faire alliance pour avoir une Europe compétitive.
20:09Est-ce que ça s'oppose, faire alliance, à être indépendant ou autonome ?
20:13Alors, effectivement, on n'a pas mis le mot souveraineté,
20:17parce que derrière le mot souveraineté, chacun met...
20:21Je suis bien d'accord avec vous.
20:22...met ce qu'il veut.
20:23Le terme d'autonomie stratégique, je suis d'accord avec vous,
20:27c'est quelque chose qui nous convient bien.
20:31Ce qui compte, c'est que chaque pays, chaque structure puisse,
20:37comment dire, avoir la main sur les solutions et les services
20:42qu'il met en place.
20:44Ça, c'est extrêmement important.
20:45Ensuite, il ne s'agit pas de protectionnisme,
20:50parce que sur la plupart des secteurs,
20:55y compris pour des sociétés européennes ou des sociétés françaises,
20:58elles sont internationalisées, de toute façon,
21:01y compris des PME de 200 ou 300 personnes,
21:05elles sont dans plusieurs pays.
21:06On a, si on veut revenir sur un certain nombre de choses,
21:09si vous voulez refaire des PC ou des terminaux comme ça,
21:15qui soient du même ordre,
21:17vous n'allez pas tout faire à partir d'équipements faits en France, etc.
21:22Ce qui compte, c'est de regarder...
21:24Ce qui compte, c'est de regarder l'autonomie que vous pouvez avoir,
21:32l'approvisionnement que vous pouvez avoir, d'une part,
21:34et ensuite regarder tout ce qui est innovant et secteur stratégique pour l'avenir,
21:39comme l'intelligence artificielle, comme les centres de calcul,
21:42sur lesquels il faut vraiment qu'on mette la pêche.
21:47L'accent et les budgets, j'ai l'impression.
21:49Alors, je voulais qu'on joue ensemble au jeu des questions binaires,
21:53oui ou non, pour, contre.
21:55Je ne connaissais pas ce jeu.
21:57Ah, c'est un jeu que j'aime bien dans Smartech.
22:00Alors, oui ou non, Marc Charrière,
22:02on manque d'une feuille de route claire sur le numérique.
22:05Oui.
22:07Pour ou contre davantage d'intervention de l'État sur les questions numériques ?
22:12Non.
22:16Vrai ou faux, on prend du retard sur les technologies clés de demain ?
22:21Oui.
22:22J'aime ou j'aime pas les débats autour de la souveraineté numérique ?
22:25Oui.
22:27J'y crois ou j'y crois pas la réglementation qui protège ?
22:32Euh, je dirais non.
22:37Vous n'y croyez pas ?
22:39Oui, c'est pas facile.
22:41Vous n'êtes pas obligé d'être si binaire dans vos réponses.
22:43Je vous laisse le droit quand même.
22:44Ah bon, moi j'ai fait oui ou non.
22:46Bravo.
22:47C'est mieux ou moins bien la compétitivité de la France et de l'Europe dans le numérique ?
22:52Vous avez l'impression qu'on progresse ou qu'on ne progresse pas ?
22:55Ah oui.
22:56Oui, on progresse.
22:56Et si vous deviez ne garder qu'une seule idée du manifeste de l'AFNUM, ce serait laquelle ?
23:03Travailler ensemble, pas en silo.
23:07Merci beaucoup, Marc Charrière, d'avoir joué le jeu de l'interview et de l'interview exprès.
23:12Je rappelle que vous êtes le président de l'AFNUM et également le secrétaire général de NOCA France.
23:17Mais ça, ce sera pour d'autres sujets.
23:19Merci.
23:19C'est moi qui vous remercie.
23:20Merci beaucoup et bon travail.
23:28Pour terminer cette édition, nous sommes avec Charlotte Jouffre, ingénieure biomiméticienne.
23:33Bonjour Charlotte.
23:34Bonjour.
23:34Aujourd'hui, on va s'intéresser à la consommation en carburant et à la pollution des avions
23:39pour expliquer comment le biomimétisme ou la nature peut nous inviter à trouver de nouvelles réponses à ces problématiques.
23:47Exactement.
23:47Comme vous l'avez très bien dit, la consommation en carburant et même les émissions carbone,
23:51c'est une des grandes problématiques de l'aviation.
23:54Avec plus de 1 milliard de tonnes de CO2 émises par an, c'est responsable de 5% du réchauffement climatique et même plus.
24:02Donc, il y a un véritable enjeu pour l'innovation, pour essayer de faire quelque chose pour améliorer la situation.
24:07On sait que le biomimétisme, ça inspire les avions depuis super longtemps.
24:12Rien qu'à voir la forme d'un avion, même si vous regardez au bout des ailes, le winglet qui remonte, c'est inspiré directement des rapaces.
24:21Mais en termes de consommation en carburant, on va aller chercher quelque chose d'un peu différent.
24:26Un animal qui n'évolue pas dans les airs, mais plutôt dans l'eau.
24:31Ça, c'est original.
24:32Donc, on va s'intéresser aux requins.
24:33C'est écrit un peu dans le titre.
24:34Donc, dévoilé.
24:35J'ai spoilé.
24:36Exactement.
24:37Les requins, par exemple, le grand requin blanc, c'est une espèce qui peut faire jusqu'à 1000 kg.
24:44Et pour autant, il se déplace à 56 km heure en vitesse de pointe quand il chasse.
24:48C'est déjà hyper impressionnant.
24:49Nous, dans l'eau, même Michael Phipps, il naît vraiment lentement à côté.
24:53Et pour essayer de comprendre à quoi c'est dû, on va d'abord penser que c'est parce que le requin est super lisse.
25:02Et en fait, pas du tout.
25:03Si on zoome plus précisément sur la peau du requin et qu'on regarde ses écailles.
25:08Là, on les voit, ses écailles.
25:09Il va remarquer toutes ces petites nervures, ces creux, ces vagues sur ces écailles qu'on appelle les denticules.
25:19Et en fait, c'est cette structure particulière qui permet au requin d'avancer encore plus vite.
25:24Comment c'est possible ?
25:26C'est parce que, en fait, l'eau s'écoule très facilement, finalement, dans les canaux naturellement créés par la peau du requin.
25:33Ce qui fait qu'il a beaucoup moins de résistance quand il essaye d'avancer.
25:37Donc, c'est cette technologie-là, cette structure particulière qui est très intéressante pour faire avancer, par exemple, un avion plus rapidement.
25:45Et un avion qui avance plus rapidement, a priori, consomme moins de carburant.
25:48Et donc, ça a été développé ? On s'est vraiment inspiré des écailles du requin ?
25:52Exactement.
25:53Il y a des films qui existent, c'est des chercheurs notamment d'universités en Allemagne et qui ont travaillé avec la Lufthansa,
25:59qui ont développé des films qui reproduisent cette forme particulière qu'il y a sur les denticules de requin
26:06et qui l'appliquent ensuite sur l'avion pour justement lui permettre de consommer moins de carburant.
26:13Ils estiment que ça pourrait permettre d'éviter plus de 15 000 tonnes de carbone par an
26:22et de grandes économies.
26:24Si c'était sur tous les avions.
26:25Si c'était sur tous les avions de leur flotte, exactement.
26:30Et donc, c'est quand même quelque chose qui serait assez significatif, donc intéressant.
26:35Après, il faut garder en tête qu'on ajoute quelque chose sur l'avion.
26:38Il est plus lourd, donc c'est à prendre en compte.
26:40Il y a aussi le fait qu'il faut l'œil…
26:41Ça se voit à l'œil nul ?
26:42Non, ça ne se voit pas du tout.
26:44C'est des choses qui sont sur le requin, c'est de l'ordre de 60 microns.
26:48Donc, c'est tout petit, 60 micromètres.
26:50Et pour les avions, même s'ils l'ont un petit peu grossi, ça reste imperceptible.
26:54C'est justement ça.
26:55On a l'impression que c'est tout lisse, donc ça va super bien avancer.
26:57Et en fait, non, si on regarde plus proche.
27:01Mais il y a aussi, oui, il faut faire super attention pour l'application.
27:05S'il y a des défauts, ça peut générer des turbulences.
27:07Et donc, au final, avoir un effet qui n'est pas si positif.
27:10Et ça coûte aussi beaucoup d'argent de revêtir tous les avions.
27:14Il me semble que c'est quelque chose comme 950 m², donc c'est quand même énorme.
27:18Donc, c'est des beaux challenges techniques, mais c'est une piste qui est quand même très prometteuse
27:21puisqu'on voit que les gains pourraient être très intéressants.
27:24Donc, on pense que ça pourrait continuer à être développé.
27:28D'ailleurs, c'est développé pour les maillots de bain si vous voulez nager plus rapidement.
27:31Donc voilà, je crois que ça a même été un peu interdit pour les compétitions olympiques.
27:35à tester prochainement en piscine.
27:37Mais tout ça est encore de l'ordre de la recherche, si j'ai bien compris.
27:40Merci beaucoup, Charlotte Jouf, d'avoir été avec nous.
27:43Je rappelle que vous êtes ingénieure biomiméticienne chez Bioxigy.
27:46C'était Smartech, merci à vous de nous avoir suivis.
27:49On se retrouve très vite pour de nouvelles discussions sur la tech.
27:51Excellente journée à tous.
27:52Sous-titrage Société Radio-Canada
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