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  • il y a 4 mois
Plébiscitée par la gauche, la taxe Zucman vise à taxer à hauteur de 2% par an les patrimoines supérieurs à 100 millions d'euros. Ses opposants dénoncent un dispositif aux recettes surestimées qui minerait les investissements en France.

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Transcription
00:00On va regarder cette citation de Bernard Arnault qui parle justement de cette taxe Zuckman qui va s'afficher à l'écran et qui dit
00:09« Gabriel Zuckman est un militant d'extrême-gauche visant la destruction de l'économie libérale ».
00:15Bernard Arnault, donc président, directeur de LVMH. Allez-y, vous êtes d'accord avec Bernard Arnault ?
00:20Je dirais que c'est pire que ça. C'est une arme de destruction massive de l'économie. Je vais vous donner un exemple.
00:26Vous avez une société familiale qui a été créée après la guerre, qui fait 100 millions d'euros de chiffre d'affaires.
00:30Elle est dans la vallée de l'Arve, elle fait vivre 1000 personnes, 1000 familles, 3 usines, 4 usines.
00:35Les enfants ont repris, ils ont continué de s'acharner à développer sa boîte.
00:40La boîte fait, on va dire, 3% de résultats nets, ça fait 3 millions.
00:443 millions, ils se versent 20% de dividendes de ces 3 millions, c'est-à-dire qu'ils réinjectent 80% dans l'outil industriel tous les ans, c'est-à-dire 2,5 millions.
00:52Donc, ils se versent 500 000 euros par an divisé par 10, 20 actionnaires, très bien.
00:59Qu'est-ce que va faire cette taxe Huckman ? Sur 100 millions de chiffre d'affaires, valoriser 100 millions.
01:04Elle va obliger la famille à donner 2 millions au fisc.
01:08Vous vous rendez compte ? 2 millions sur 3 millions qu'ils ont payés et qu'ils ont reçus en résultats nets.
01:14Donc, il reste 1 million à se répartir entre les actionnaires et l'investissement productif, c'est-à-dire qu'il ne reste plus que 500 000 pour l'entreprise au lieu d'avoir 2 millions 5.
01:23Donc, tous les ans, vous allez pousser les dividendes, vous allez ruiner l'investissement parce que vous allez mettre moins d'argent dans l'innovation, dans les équipements, dans la formation des gens, etc.
01:32Et donc, petit à petit, vous allez couler la boîte.
01:34Et qu'est-ce qui va se passer ? Il va se passer que, vu cette perspective-là, les enfants ou les gens ou les propriétaires des boîtes vont partir.
01:42Ils vont vendre, ils vont partir. Ils vont se dire mais c'est de la folie.
01:44Moi-même, j'ai connu 20 concurrents. J'avais 20 concurrents en 93 quand je suis arrivé à Radial à cause de l'ISF, où il n'y avait pas la loi d'Utreil, mais 20 concurrents sont vendus et sont partis.
01:54Mais pour cette raison-là, vous avez un mystiguerie, vous avez un patrimoine industriel que vous voulez faire vivre.
02:00Vous investissez, vous faites vivre des familles. Un emploi industriel, c'est deux ou trois emplois de service.
02:05C'est-à-dire que le dégât est considérable. Donc je ne comprends pas les responsabilités de M. Zucman.
02:08Pierre Gattaz, dans un instant, Clémentine Autain va vous rejoindre, député de gauche, qui sera en désaccord avec vous.
02:14On aura l'occasion d'en débattre. Mais d'abord, un mot, puisque Jérôme Fourca est là, pour savoir quelles sont les franges de la population qui sont pour cette taxe.
02:23Parce que c'est étonnant. On peut penser que c'est forcément la gauche qui veut taxer les riches, mais étonnamment...
02:28À 86%, sachant que la gauche fait à peu près 30% des voix, ça déborde très largement.
02:34Donc toutes les composantes de l'électorat, il y a cette demande qui est très forte.
02:40Alors on entend les arguments, mais manifestement, ce que les Français ont tête, quand ils répondent positivement à cette mesure, à cette question,
02:48ce n'est pas la grosse PME familiale de province, c'est plutôt les très très grandes holdings qui abritent les dividendes des plus grandes entreprises du CAC 40.
03:01Et c'est aussi, chez beaucoup de patrons de PME, l'idée qu'eux ne pratiquent pas l'optimisation fiscale
03:08et qu'ils payent, eu égard à leurs revenus, davantage que les propriétaires de très grands groupes français aujourd'hui.
03:17Compte tenu de la situation économique et sociale du pays, et François Bayrou s'était employé à remettre dans le débat la question de la dette,
03:26si on veut demander des efforts à toute une partie de la population, il y aura, je pense, en termes de logique d'opinion,
03:34immanquablement des symboles à donner de la part, soit du personnel politique, mais aussi des plus grandes fortunes de ce pays.
03:43Alors après, moi je ne suis ni économiste, ni militant politique, de dire où est-ce qu'il faut faire passer la barre, comment on l'applique,
03:51mais il y a ce propos général. Ensuite, pour rebondir sur ce que disait M. Gattaz, on peut prendre aussi les statistiques.
04:01Prenez la grande PME Famila, ce qu'on appelle une ETI. Une ETI, c'est une entreprise de taille intermédiaire, c'est plus de 250 salariés.
04:08C'est la richesse de l'Allemagne, c'est la richesse de l'Italie. Nous avons 5000 ETI seulement en France, il y en a 10 000 en Italie et 15 000 en Allemagne.
04:14Voilà, j'allais donner ces chiffres.
04:15C'est, je dirais, les joyaux de la couronne. Et c'est ça qui est incroyable, c'est qu'à cause de l'ISF non déplatonné,
04:20heureusement, il y a eu les lois d'Utreil. Et actuellement, la taxe Zuckmann qui arrive, je veux dire, en filigrame,
04:25ce ne sera pas 5000 ETI qu'on aura. On va en garder 1000. Mais ça va être très, très rapide.
04:30Ça va être horrible. Ça va être un désastre absolu.
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