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  • il y a 3 mois
Sébastien Lecornu a dressé vendredi ses pistes pour le budget 2026, écartant le retour de l'impôt de la fortune et l'instauration de la taxe Zucman, des annonces qui ont déplu aux partis de gauche. Certaines figures, dont Olivier Faure, seront présentes en parallèle ce samedi 27 septembre dans l'Aude, pour la 5e édition des Rencontres de la Gauche. De son côté, le MoDem fait sa rentrée politique dans le Vaucluse où Gabriel Attal est attendu.

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Transcription
00:00J'ai lu son interview. Manifestement, il a décidé de ne pas rester Premier ministre très longtemps.
00:06Parce que si véritablement la politique qu'il compte appliquer, c'est la même que celle qu'Emmanuel Macron applique depuis huit ans,
00:12inévitablement, les mêmes causes produiront les mêmes effets.
00:15Il y aura une censure et il sera un Premier ministre avec une durée de vie peut-être encore plus brève que Michel Barnier.
00:21En réalité, il dit, vous l'avez indiqué, non à la taxe Zuckmann, non au rétablissement de l'impôt de solidarité sur la fortune,
00:29non à la remise en cause de la réforme des retraites.
00:32Donc en réalité, ce à quoi nous allons assister, c'est un Premier ministre qui est déjà là depuis huit ans,
00:38des ministres qui seront les mêmes qu'avant pour mener la même politique qu'avant.
00:41Et donc, inévitablement, ce sera la censure.
00:44Vous voulez dire tout ça pour ça ? En fait, il avait promis la rupture, Sébastien Lecornu, et en fait, on en est loin ?
00:49Il avait en réalité un choix. Soit il rompait avec Emmanuel Macron, soit il décide de rompre avec la majorité des Français.
00:56En l'occurrence, il y a une majorité de Français qui souhaitent la taxe Zuckmann, qui souhaitent le rétablissement de l'ISF,
01:01qui souhaitent surtout la remise en cause de la réforme des retraites qui leur a été imposée par 49-3.
01:07Le Premier ministre est manifestement sous tutelle, non pas du Parlement, comme il le dit dans son interview,
01:12mais du Président de la République qui lui a intimé l'ordre de poursuivre la même politique,
01:18de préserver l'œuvre d'Emmanuel Macron, cette même œuvre que les Français ne peuvent plus voir en peinture
01:23et qu'ils souhaiteraient voir remise en cause. Donc oui, bien sûr, il y a un gros problème,
01:27et je pense qu'on va inévitablement vers une censure et sans doute vers une dissolution
01:31si le Premier ministre persiste sur cette voie.
01:34– Yann Brossin, Jérémy Trottin, une question.
01:37À la fois, le Premier ministre dit aussi qu'il veut partir d'une page blanche
01:40et qu'il veut faire des deals à l'Assemblée, donc ça laisse quand même peut-être des possibilités.
01:45Vous ne voulez pas tester cette opportunité-là ?
01:49– Le problème, c'est que sa page blanche, je l'ai dit à l'instant, elle est pleine de lignes rouges,
01:54donc elle n'est pas vraiment blanche. On ne peut pas dire qu'on part d'une page blanche
01:58quand on dit dans le même temps qu'on ne veut pas remettre en cause la réforme des retraites,
02:01qu'on ne veut pas remettre en place des réformes qui permettraient de créer de la justice fiscale dans notre pays.
02:08Et donc tout ça me paraît quand même très hypocrite.
02:10On a une rupture dans les mots, mais dans les faits, on est dans une pure continuité de la politique d'Emmanuel Macron.
02:17Donc on peut toujours espérer un miracle, mais pour le coup, son interview est assez claire.
02:22Ce qu'il veut, c'est continuer la même politique, et donc inévitablement, il s'expose à la censure,
02:27mais pas de notre fait, de son fait à lui, et du refus d'écouter ce que les Français ont exprimé
02:31lors des dernières élections législatives.
02:33– Mais qui dit censure, dit possible chute du Premier ministre, avec peut-être une dissolution derrière.
02:38Est-ce que vous pensez que les Français sont prêts à retourner aux urnes,
02:41vu les conséquences de la dernière dissolution qui n'a donné aucune majorité ?
02:45– Je ne pense pas du tout que les Français souhaitent la continuité à tout prix.
02:49Vous savez, on entendait un certain nombre de gens nous dire
02:52« les Français veulent la stabilité ».
02:53Quand nous avons voté contre la confiance à François Bayrou,
02:56je n'ai rencontré aucun Français qui m'a reproché d'avoir proposé
03:02de ne pas voter la confiance à François Bayrou.
03:04Ce que veulent les Français, c'est le changement, c'est une amélioration de leur vie quotidienne.
03:10Et ça, ça suppose qu'on ait demain une majorité de gauche à l'Assemblée nationale.
03:13En tout cas, une chose est sûre, pour ce qui nous concerne, nous les communistes,
03:16mais je crois que ça vaut pour la gauche de manière générale,
03:18nous n'avons pas peur du suffrage universel, nous n'avons pas peur du vote des Français,
03:22et donc nous n'avons pas peur d'une éventuelle dissolution.
03:24– D'autres propositions peuvent être encore faites, dit Sébastien Lecornu,
03:28il va recevoir de nouveau les partis politiques vendredi prochain.
03:31Vous ne voulez pas attendre, c'est quand même une main tendue ?
03:35– Mais on n'arrête pas d'attendre, en l'occurrence, on a attendu des semaines
03:38avant que le Premier ministre annonce la couleur.
03:40Il a fallu attendre plusieurs jours avant qu'il n'annonce ses intentions.
03:44Son interview était d'ailleurs très attendue,
03:46et le moins qu'on puisse dire, c'est que la montagne accouche d'un sourisseau,
03:49puisque en réalité, il n'annonce rien,
03:51si ce n'est la poursuite de la politique qu'on a connue depuis 8 ans.
03:54Donc moi, je veux bien qu'on attende,
03:55mais en réalité, aujourd'hui, on est d'une certaine manière fixé.
03:58Pour ce qui nous concerne, nous, nous avons mis des propositions sur la table
04:01en matière de justice sociale, en matière de justice fiscale,
04:04en matière de pouvoir d'achat.
04:05Pour le moment, on n'a pas l'impression qu'il l'entende.
04:08– Mais est-ce que vous êtes vraiment surpris ce matin ?
04:10– Non, je ne suis pas surpris,
04:11parce que la nomination de Sébastien Lecornu lui-même,
04:15le fait de choisir comme Premier ministre,
04:16quelqu'un qui a été ministre d'Emmanuel Macron pendant 8 ans,
04:19c'était quelque chose qui traduisait le fait
04:21que le Président de la République veut continuer la même politique.
04:23Donc non, je vous mentirais si je vous disais que j'étais tombé de l'armoire.
04:27En revanche, je pense que ça traduit un manque de lucidité,
04:30de l'état du pays et de la volonté de changement
04:32qui animent les Français singulièrement
04:34depuis les dernières élections législatives.
04:36– On ne peut pas parler justement de cette colère sociale.
04:38Est-ce que vous serez dans la rue le 2 octobre ?
04:40Et qu'est-ce que vous attendez de cette journée, Yann Brossat ?
04:42– Très clairement, ce qui peut changer la donne,
04:45ce qui peut modifier le rapport de force,
04:47ce sont les mobilisations sociales.
04:49D'ailleurs, c'est parce qu'il y a eu des mobilisations sociales
04:52que par exemple, nous avons obtenu que deux jours fériés
04:55ne soient pas supprimés.
04:56La seule chose qui pourra changer la donne,
04:58ce ne sont pas les réunions à Matignon,
04:59même si nous nous y allons
05:00et nous ne pratiquons pas la politique de la chaise vide.
05:02Mais ce qui changera fondamentalement les choses,
05:05c'est le mouvement social, ce sont les mobilisations populaires.
05:07Et je suis d'ailleurs très heureux
05:08que l'intersyndical continue à avancer unis.
05:12Et je pense d'ailleurs que la gauche gagnerait
05:14à s'inspirer de l'intersyndical.
05:16Si nous étions aussi unis que l'intersyndical,
05:17nous serions encore plus armés
05:19dans l'éventualité d'une dissolution.
05:21Donc nous avons beaucoup à nous inspirer des syndicats.
05:24À défaut de pouvoir se tourner vers la gauche,
05:26est-ce que vous pensez que Sébastien Lecornu
05:27pourrait être tenté d'aller voir du côté du Rassemblement national ?
05:31Je rappelle quand même que le Rassemblement national,
05:34contrairement au nouveau Front populaire,
05:35a perdu les dernières élections législatives.
05:37Une élection législative, c'est deux tours.
05:40Et en l'occurrence, à l'issue du second tour,
05:42c'est la gauche qui est arrivée en tête en nombre de sièges,
05:45grâce notamment au Front républicain.
05:47Et ce serait donc une provocation
05:49et un déni de démocratie supplémentaire
05:51que d'aller confier les clés du pouvoir
05:53à ceux qui ont perdu les élections législatives.
05:55Peut-être que le président de la République
05:56aurait souhaité que M. Bardella et Yamatignon,
05:59mais enfin, les Français ne l'ont pas voulu.
06:00Sinon, ils auraient eu une majorité de sièges.
06:03C'était d'ailleurs ce que prévoyaient
06:04tous les instituts de sondage.
06:06Donc non, je pense que la logique aurait voulu
06:07qu'ils nomment un Premier ministre de gauche.
06:09En tout cas, ce que je souhaite,
06:10c'est que s'il y a une dissolution demain,
06:12la gauche puisse disposer d'une majorité absolue,
06:14d'une victoire claire et nette,
06:16ce qui nous permettra de gouverner
06:17et de mener une politique
06:18qui améliore la vie des gens,
06:20loin de tout ce quoi on assiste depuis 8 ans.
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