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  • il y a 3 mois
Sébastien Lecornu a dressé vendredi ses pistes pour le budget 2026, écartant le retour de l'impôt de la fortune et l'instauration de la taxe Zucman, des annonces qui ont déplu aux partis de gauche.

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Transcription
00:00On va aller voir Marine Tandelier, la patronne des Verts qui nous attend depuis Montpellier.
00:05Alors on débattait avec des chefs d'entreprise, deux chefs d'entreprise, des patrons, des journalistes,
00:09et qui disaient effectivement ceux qui veulent le retour de l'ISF, ce sont des théoriciens.
00:14Marine Tandelier, ce n'est pas le choix qu'a fait Sébastien Lecornu, pas de taxe Huckman, pas de retour à l'ISF.
00:20Pour vous, il va droit vers la censure ?
00:24Ah oui, là je pense que M. Lecornu fait le choix d'être censuré tout simplement.
00:29Je ne sais pas comment vous expliquer qu'un Premier ministre qui nous explique,
00:32qui va souhaiter cette fois-ci un dialogue moderne, franc, transparent, et qui nous promet noms et merveilles.
00:38Bon, on n'y a pas cru.
00:40Moi, je lui avais dit que son équation était impossible,
00:42et qu'à partir du moment où il devait bosser dans un gouvernement avec les Républicains,
00:46je savais bien qu'elle allait être la teneur des négociations pour certaines personnes à certains postes,
00:50c'est-à-dire les mêmes au même endroit, mais aussi pour que la ligne politique reste la même.
00:54Et donc je ne sais plus quoi vous dire devant un président de la République et son équipe gouvernementale
00:59qui ont perdu des élections il y a plus d'un an et qui sont incapables d'en prendre en compte,
01:04soit en proposant une cohabitation, ça aurait été la moindre des choses,
01:07mais même s'ils refusent la cohabitation, ils sont incapables de changer de cap politique en réalité.
01:12Et je réponds à ce que j'entendais dans l'oreillette en vous attendant,
01:15non vouloir faire une taxation de justice fiscale et de faire contribuer plus les plus riches,
01:22ce n'est pas de la théorie, c'est du cas pratique, concret.
01:25Et je vous donne un chiffre qui n'est pas de la théorie, qui est très concret,
01:29c'est qu'aujourd'hui les prélèvements obligatoires, c'est ce que vous, moi, vos téléspectateurs,
01:32on paye en moyenne au public chaque année.
01:37Et donc ça comprend les impôts, ça comprend comme par exemple la TVA,
01:39que vous payez à chaque fois que vous achetez quelque chose,
01:41et ça comprend aussi les charges, les cotisations, etc.
01:43Bon, tous les Français, en moyenne, payent 50% de prélèvements obligatoires.
01:49Les 500 plus riches de ce pays payent en moyenne 27% de prélèvements obligatoires.
01:54Donc ils sont relativement moins taxés, imposés, que vous, moi, et l'ensemble de vos téléspectateurs.
02:01Ça n'est pas normal.
02:02Et quand je vois qu'en 30 ans, leur fortune des 500 plus riches de ce pays a été multipliée par 14,
02:08quand je vois qu'aujourd'hui il y a 9,8 millions de pauvres dans ce pays,
02:11qui a un record depuis 30 ans, je vous dis, les yeux dans les yeux,
02:15et ce n'est pas de la théorie, c'est de la pratique,
02:16que notre pacte social est au bord de l'explosion,
02:20et qu'est-ce que notre société, ce qu'on arrivera à vivre ensemble et à faire ensemble,
02:25qui est en jeu ?
02:25Et ça, ce n'est pas non plus de la théorie, c'est de la pratique.
02:28Vous parlez justement d'un pays au bord de l'explosion,
02:303 416 milliards, c'est le montant de la dette, un nouveau record.
02:34La France s'affiche comme le cancre de l'Europe.
02:37Vous coupez où, Marine Tondelier, à part taxer les riches, effectivement ?
02:41Est-ce qu'il n'y a pas des économies à faire sur les dépenses de l'État ?
02:45Alors déjà, la dette, c'est comme la chasse, il y a les bons et les mauvais chasseurs.
02:52Et bien il y a la bonne et la mauvaise dette.
02:54Et donc ce qui est quand même incroyable, c'est d'avoir fait passer,
02:56en se faisant passer pour des Mozart de la finance,
02:58qui est en fait la Castafior.
03:00Alors, la dette de 2 000 milliards à plus de 3 000 milliards d'euros en 8 ans,
03:04en fait, c'est un exploit d'avoir fait ça.
03:07Mais le double exploit, c'est de l'avoir fait sans faire de justice sociale
03:10et sans préparer l'avenir de notre pays,
03:12c'est-à-dire sans renforcer les services publics
03:14et sans faire la transition écologique de ce pays.
03:17Une fois que je vous dis ça, comment on fait ?
03:19Nous, on propose la taxe Zuckman, c'est 25 milliards par an,
03:22et on veut la réaffecter un peu, voilà, au fait de baisser le déficit,
03:25mais aussi aux services publics, à la justice sociale et à l'environnement.
03:28Mais il faut aussi baisser certaines défenses, vous avez raison.
03:31J'entends dans ce pays que sur chaque euro dépensé par l'État,
03:33et je l'entends beaucoup de certaines personnes,
03:35notamment de celles à mon avis qui sont autour de votre plateau,
03:37dire qu'il faut faire attention à chaque euro dépensé
03:38et que chaque euro doit être dépensé de manière efficiente.
03:41Mais pourquoi on dit ça pour toutes les dépenses de l'État,
03:44sauf pour les dépenses de subvention aux entreprises,
03:48où là, c'est open bar.
03:49Alors, que je dis open bar, c'est une facilité de langage, je l'admets,
03:52mais c'est 270 milliards par an qui sont donnés par l'État aux entreprises,
03:58et plusieurs rapports, dont un rapport Les Républicains au Sénat,
04:01dont des rapports de Bercy, dont des rapports de la Cour des Comptes,
04:04nous montrent que c'est un maquis,
04:06qu'on est incapable de savoir exactement quel euro va,
04:09à quel endroit et pour quel objet.
04:11Quelles sont les conditions de ces aides ?
04:12Là, ça va vite, il n'y en a pas beaucoup.
04:14Il n'y a pas de condition, par exemple, de dire,
04:15tu peux recevoir des aides pendant ton entreprise,
04:18mais c'est à condition d'avoir l'égalité des salaires
04:19entre les hommes et les femmes dans ton entreprise,
04:21ou c'est à condition d'être dans le mieux-disant environnemental,
04:24ou de s'engager à ne pas délocaliser.
04:26Et donc, je ne vois pas pourquoi,
04:27pour chaque aide en France,
04:28il y a des conditions très, très strictes,
04:30et c'est logique.
04:31On l'a compris, mieux encadrer, effectivement,
04:35les aides aux entreprises.
04:38Merci Marine Tondelier.
04:39Je dis qu'il faut leur donner bien.
04:41Voilà.
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