- il y a 3 mois
Regardez L'esprit de l'info avec Alain Duhamel avec Thomas Sotto du 29 septembre 2025.
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00:00RTL, Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Et à 9h14, c'est l'esprit de l'info sur RTL avec notre grand témoin du lundi, Alain Duhamel.
00:07Bonjour et bienvenue Alain.
00:09Bonjour.
00:09On a besoin de vous tous les jours en ce moment, tellement on a l'impression que ça part dans tous les sens.
00:12Tiens, on va commencer avec la politique, parce qu'on l'oublie.
00:15Ça va faire trois semaines que Sébastien Lecornu a les clés de Matignon,
00:18et ça fait trois semaines qu'on ne sait ni très bien où il veut aller,
00:21ni très bien avec qui il veut, où il va pouvoir travailler.
00:23Il n'y a toujours pas de gouvernement.
00:25Dans le Parisien, ce week-end, il a dit qu'il nommerait son gouvernement avant le début des travaux parlementaires.
00:31Ça commence mercredi. On n'y croit pas.
00:34C'est-à-dire qu'au début, vous savez, il y a les élections du nouveau bureau de l'Assemblée, ça prend deux jours.
00:41Je pense qu'on aura ça à la fin de la semaine.
00:43À la fin de la semaine. C'est un problème ou pas ?
00:45Au stade où on en est, le fait qu'il n'y ait pas les ministres, ça n'est pas vraiment un problème.
00:51Le problème, c'est que jusqu'à présent, quand Sébastien Lecornu s'exprime, on ne peut pas dire que ce soit un GPS.
01:00C'est-à-dire que quand on a fini de l'écouter, on n'est pas plus avancé que quand on a commencé.
01:04Autrement dit, jusqu'à présent, c'est une méthode, c'est une tactique.
01:09Jusqu'à présent, il laisse tout ouvert, mais il n'a rien précisé.
01:13Et ça, ça sera à la fin de la semaine.
01:16Bon, il reçoit les représentants de son propre camp aujourd'hui.
01:22Il reçoit la gauche le vendredi.
01:25Aujourd'hui, je pense qu'il n'y aura pas énormément de nouvelles.
01:29Vendredi, il va bien falloir, alors là, cette fois-ci, qu'il dise exactement où il veut aller.
01:33D'autant qu'il a quand même fermé quelques portes dans l'interview du Parisien.
01:36Pas d'impôt sur la fortune, pas le retour, pas de taxe Zuckmann, pas de retour sur la réforme des retraites.
01:40Oui, mais ça, j'ai bien lu ça.
01:43Je pense qu'il y a un certain nombre de gens qui ont dû pousser un ouf de soulagement.
01:47Nous, ça ne nous concerne pas, mais enfin d'autres.
01:52Vendredi, il va falloir qu'il soit précis.
01:53Moi, je suis sûr qu'il y aura une mesure sur les patrimoines élevés.
01:58Il ne peut pas faire autrement.
01:59C'est un politique, il le sait, il n'est pas obtus.
02:03Il y aura quelque chose, évidemment, parce que le symbole est inévitable.
02:07Vous pensez qu'il ne peut pas faire autrement ?
02:08Oui, je pense qu'il ne peut pas faire autrement.
02:09Est-ce qu'il n'est pas en train de faire une espèce, pardon, pour le mot, de bidouille,
02:13où il dit, voilà, moi, ma copie, elle est assez floue, finalement, le Parlement s'en débrouillera,
02:16et puis je les laisserai faire, et on dira, c'est les parlementaires.
02:18Alors, son idée, c'est certainement de donner des pistes très larges.
02:24C'est-à-dire pas fermées du tout.
02:26Et, alors, pour le coup, c'est quelque chose à quoi, moi, je n'ai jamais assisté sous la Ve République.
02:31C'est-à-dire qu'il va y avoir un budget en coproduction du gouvernement, et pour l'essentiel, de l'Assemblée nationale.
02:39C'est complètement neuf.
02:42C'est jouable, vous pensez ?
02:43Alors, j'allais dire, ça n'est pas malhabile dans la période baroque dans laquelle on se trouve,
02:52mais c'est neuf, donc si ça marche, tant mieux, mais rien ne prouve que ça peut marcher.
02:56Avec des groupes qui ont des intérêts, des volontés contradictoires.
02:58Oui, et puis alors, entre-temps, par exemple, c'est un petit exemple,
03:04mais entre-temps, est-ce que ça sera le même rapporteur général du budget, par exemple,
03:09qui, dans un cas comme ça, jouera par principe un rôle important ?
03:13Il est très possible qu'il ait changé, donc que ça soit autre chose.
03:17Discuter à l'Assemblée nationale, c'est très démocratique, ça n'est pas forcément très productif.
03:25Ce n'est pas son risque, en tout cas pour Sébastien Lecornu et son futur gouvernement.
03:29Il y en a un qui a mis la pression, dès ce matin, assez fortement,
03:32et peut-être même plus fortement que d'habitude, c'est Olivier Faure, le patron du Parti Socialiste,
03:36qui était l'invité de nos confrères de BFM. Écoutez.
03:38Il donne le sentiment de ne rien changer, et donc de se retrouver dans une situation
03:43où les mêmes causes produiront forcément les mêmes effets.
03:46Si rien ne change, eh bien le résultat est déjà connu.
03:50Il y aura une censure, et donc ce gouvernement tombera,
03:54et il y aura vraisemblablement une dissolution à laquelle nous sommes prêts.
03:58Dans la même tonalité, on pourrait citer Marine Pondelier, la patronne des Verts,
04:01qui a dit ce week-end, je pense que Sébastien Lecornu fait le choix d'être censuré.
04:06Oui, alors moi je reprendrais plutôt la fameuse formule,
04:09il faut que tout change pour que rien ne change.
04:11C'est-à-dire que je pense qu'il va introduire pas mal de changements,
04:15ce qui n'empêche qu'on sait très bien dans quelle fourchette se situe la nécessité de limiter le déficit.
04:25Parce que ça, ça ne peut pas être modifié.
04:27Il dit qu'il va baisser le déficit.
04:28Il le dit dans le Parisien, il dit ça va baisser, on va être à...
04:31Oui, oui.
04:31Non, je n'ai plus en tête, mais il le dit.
04:33On est autour de la trentaine de milliards.
04:36Oui.
04:36Oui, alors que c'était 44, avec François Bayrou.
04:42Bon, on sait très bien qu'il va y avoir des augmentations d'impôts.
04:46Bon, le plus probable est que ces augmentations d'impôts,
04:50ça va peser sur les grandes fortunes,
04:52ça va peser dans certains cas sur des niches des entreprises.
04:56Quand on dit niche, c'est aussi des choses qui les aident à être compétitives.
04:59C'est pas faux pas dire.
05:00Mais toutes les niches ne sont pas des cadeaux.
05:01Voilà, c'est ça.
05:02C'est quelquefois une nécessité,
05:04puisque les charges sur les entreprises françaises
05:07sont plus élevées que les charges sur leurs concurrents étrangers.
05:10Donc, c'est pas n'importe quoi.
05:13Et puis, ça m'étonnerait qu'il n'y ait pas une mesure
05:16pour, disons, les retraités les plus aisés.
05:22Pour les faire contribuer un petit peu plus.
05:24Peut-être l'abattement de 10%.
05:25Alors, il faut que ce soit pour, disons,
05:29la moitié la plus aisée des retraités.
05:33Mais je pense que c'est ce genre de direction vers laquelle on ira.
05:36En tout cas, il faut des bons antibrouillards en ce moment
05:38pour essayer de voir où va le pays,
05:40où va le gouvernement, où va l'Assemblée.
05:42On évoquait Olivier Faure, le premier secrétaire du PS,
05:44qui a aussi commenté les commentaires
05:46sur la condamnation de Nicolas Sarkozy.
05:48Une partie du monde politique a décidé de faire la peau des juges,
05:51dit-il, après les critiques, notamment de la droite
05:53et de l'extrême droite, contre la condamnation
05:55à 5 ans de prison ferme qui a visé Nicolas Sarkozy.
05:58Le soufflet ne retombe pas 4 jours après cette condamnation.
06:01Écoutez ce qu'en disait ce matin Jean-François Bonnert,
06:03c'est le procureur du parquet national financier.
06:05Autrement dit, c'est la parole de l'accusation.
06:08Il était sur RTL.
06:09On est en train de marcher sur la tête.
06:11Quand on vient critiquer avec violence et menace de mort
06:15un tribunal, c'est l'état de droit qui est menacé.
06:19Et souvenons-nous, l'état de droit, c'est le socle de la démocratie.
06:22Je peux vous le dire, à cette heure, je suis sûr
06:25que Montesquieu est en train de se retourner dans sa tombe.
06:28La démocratie est en danger aujourd'hui ?
06:29Oui.
06:30L'état de droit est menacé, dit Jean-François Bonnert.
06:32On a violé l'état de droit, avait dit précédemment
06:35et dans l'interview au journal du dimanche, Nicolas Sarkozy hier.
06:38On s'en sort pas, ce truc-là ?
06:39Écoutez, la polémique ne retombe pas.
06:44Elle ne retombe pas pour une raison qui porte beaucoup moins
06:47sur le jugement qui a été prononcé
06:50que sur l'application immédiate qui a été décidée.
06:53L'exécution provisoire.
06:54Que d'ailleurs, le parquet ne demandait pas.
06:59Celui qui s'exprimait ce matin n'a pas demandé ça.
07:02Et la réalité, c'est que s'il n'y avait pas eu
07:06l'application instantanée
07:09qui n'était pas du tout obligatoire
07:11et qui en plus n'était pas fait pour ce genre de cas-là,
07:14c'est fait pour les casseurs,
07:18c'est fait pour les narcotrafiquants,
07:20ce n'est pas fait du tout pour ces cas-là.
07:22S'il n'y avait pas eu cette mesure-là,
07:25la polémique aurait été extrêmement assourdie.
07:28Il y aurait eu des discussions, évidemment,
07:30parce que c'est quand même un ancien président de la République.
07:32Mais il n'y aurait pas eu
07:34cette espèce de déchaînement qui s'est produit.
07:37Donc là, franchement,
07:39c'est le tribunal qui a décidé de prendre ce risque
07:43dont il pouvait parfaitement se dispenser.
07:46Il a abîmé l'ensemble de son travail,
07:47vous trouvez, avec cette mesure-là ?
07:50Non, parce qu'il a enlevé de la clarté ?
07:52Alors, ils ont brouillé.
07:54Ils ont brouillé le sens de ce qu'il décidait.
07:57En revanche, sur le jugement lui-même,
07:59qui est un jugement sévère,
08:01mais enfin, sur le jugement lui-même,
08:03ils ont beaucoup travaillé,
08:04ils ont abouti à une décision
08:09qui est une décision sévère,
08:10mais qui n'est pas du tout une décision illégale.
08:12Je suis persuadé qu'on n'aurait pas du tout eu
08:15cette UBOU s'il n'y avait pas eu
08:17une mesure immédiate,
08:19et qui, franchement, n'a pas de sens.
08:23Eh bien, voilà qu'il dit.
08:24Je ne suis pas sûr qu'on ne soit pas amené
08:25à en reparler dans les prochains jours
08:27et dans les prochaines semaines.
08:28Alain Duhamel, merci.
08:28Merci.
08:29Merci.
08:30Merci.
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