- il y a 4 mois
Regardez L'esprit de l'info avec Alain Duhamel avec Thomas Sotto du 03 septembre 2025.
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00:00Il est 9h15 et jusqu'à 9h30 c'est l'esprit de l'info, nouveau rendez-vous pour vous donner quelques clés de compréhension de l'actualité.
00:09Notre grand témoin du jour c'est donc vous Nathalie Chuc, bonjour.
00:12Bonjour Thomas Soto.
00:13Reporter politique au point et vous sortez demain chez Robert Laffont le cardinal sous-titré
00:19Les combats et ambitions de Bruno Rotaillot, le nouvel homme fort de la droite.
00:23Il y a un an, c'était personne ou presque Bruno Rotaillot pour le grand public.
00:26Aujourd'hui il est présidentiable, c'est qui Bruno Rotaillot ?
00:30Bruno Rotaillot c'est quelqu'un qui est plus complexe qu'on l'imagine parce qu'on en a une image très austère.
00:36D'ailleurs ce titre c'est un petit peu un piège.
00:38Le cardinal, on a une image de quelqu'un qui est assez austère, qui a des positions assez conservatrices sur les questions de société.
00:45Après c'est quelqu'un qui est un peu plus punk qu'on l'imagine.
00:48Un peu punk en fait, peu de gens connaissent son passé un peu de cascadeur au puits du fou.
00:54Il a atterré plusieurs fois à l'hôpital, c'est quelqu'un qui aime bien, en parlant de le dire comme ça, se marrer aussi, qui a une bande de copains.
01:00Donc il est moins bonnet de nuit souvent qu'on l'imagine.
01:03Donc j'ai voulu le raconter, je l'ai rencontré à de très nombreuses reprises chez lui en Vendée.
01:09Et il parle vraiment ? Ou il fait de la langue de bois ?
01:12Pas du tout de langue de bois. Alors c'est quelqu'un qui assume à la fois ses positions et ce qu'il est, ce qu'il a été, son passé avec Philippe de Villiers, tout son parcours.
01:20Et il m'a vraiment raconté son parcours de vie.
01:23Il m'a laissé complètement voir tous les proches que j'avais envie de voir.
01:27Donc le livre est très nuancé, très contrasté.
01:29Je raconte ses bons côtés, ses côtés un peu plus compliqués.
01:33Et le titre ? Le cardinal, ça lui a plu ça ?
01:35Ah non, il n'a pas aimé du tout.
01:36Mais le cardinal, c'est une référence à un surnom que lui donnait l'ancien maire de Marseille, Jean-Claude Godin.
01:41Et pourquoi il l'appelait comme ça ? Parce qu'ils sont tous les deux croyants.
01:44Et ils ont une passion commune, alors ça va vous faire rire, pour les centons de Provence.
01:48Pendant très longtemps, Bruno Retailleau dans ses bureaux...
01:50Le Vendéen a une passion pour les centons de Provence.
01:51Absolument. Quand il était président du groupe Les Républicains en Sénat, il avait une petite collection de centons qu'il affichait.
01:57Alors depuis, ils sont un peu dans des cartons parce que ça marche peut-être moins bien à Beauvaux.
02:01Mais ils avaient cette passion commune.
02:03Hier, il était reçu à Matignon, avec Laurent Wauquiez, par François Bayrou, pour essayer de trouver le trou de fourmi pour le vote de confiance.
02:13À la sortie, on a eu cette image où Bruno Retailleau prend la parole.
02:16Et puis après, c'est Laurent Wauquiez qui presque physiquement se pousse des coudes pour lui prendre la place et pour s'adresser lui aussi aux journalistes.
02:23On sait que Wauquiez a ça dans le sang, la course à la présidentielle.
02:26Est-ce que Retailleau l'a aussi ? Est-ce qu'il est obsédé par ça ? Est-ce qu'il est prêt à tout pour ça ?
02:31Alors, pas du tout.
02:32Pas du tout.
02:32Il n'a jamais rêvé enfant de devenir président de la République comme Laurent Wauquiez qui est d'une certaine façon presque programmé pour ça.
02:40Et c'est vrai que comme vous le disiez très bien sur les marges de Matignon, il y avait un peu de testostérone.
02:44On sentait quand même qu'il y avait de la compète.
02:46Pousse-toi là que je m'y mette.
02:47Voilà, parce que Laurent Wauquiez a beau avoir perdu à la bataille de LR, il n'a renoncé absolument rien.
02:52Bruno Retailleau, il n'a pas cette soif, il n'en rêve pas.
02:54Il dit souvent, j'ai pas le virus.
02:56Après, plusieurs de ses proches...
02:57Et vous le croyez ou pas, vous, qu'il l'avait rencontré, qu'il connaissait bien maintenant pour la préparation de ce livre ?
03:01En vérité, il y a déjà pensé.
03:03Ce n'est pas la première fois qu'il pense à se présenter.
03:05Dans la foulée de la défaite de François Fillon, il avait repris les commandes du micro-parti de François Fillon, force républicaine.
03:11Tout ça pour partir à la présidentielle de 2022.
03:13Mais le micro-parti avait fait des sondages confidentiels.
03:16Il s'était rendu compte qu'en fait, ça ne prenait pas dans l'opinion.
03:19Donc c'était un petit peu trop tôt pour lui.
03:22Et là, ça y est, le virus, la graine, elle est plantée.
03:25Et il considère aujourd'hui que c'est lui qui est en situation de partir à la prochaine présidentielle pour la droite.
03:29Alors, il est président de LR, d'où cette légitimité qu'il revendique.
03:34Sauf qu'il y a du monde, il y a Laurent Wauquiez, il y a Nicolas Sarkozy qui revient dans une interview du Figaro.
03:39Carabiné.
03:40Carabiné, oui, sulfateuse.
03:42Il ne faut dissoudre pas le choix, l'initiative de Bayrou est un suicide politique,
03:45Emmanuel Macron veut toujours faire entrer le pied droit dans la chaussure gauche, etc.
03:48Tout le monde en prend pour son grade.
03:49Botaillot inclus.
03:50Et dans quel état, vraiment, la droite ?
03:51Parce qu'on a l'impression qu'on la sent en forme, mais en trompe-l'œil.
03:54C'est-à-dire qu'elle a des postes importants au gouvernement.
03:56Dans les sondages, ce n'est pas génial.
03:58La dernière présidentielle, c'était moins de 5% pour Valérie Pécresse.
04:00Elle en est où aujourd'hui ?
04:01Alors, statutairement, elle est plutôt en forme.
04:04Les sondages, en cas de dissolution, ne sont pas mauvais non plus.
04:08Après, c'est les Balkans.
04:09Voilà.
04:09Donc, le gros problème de Bruno Retailleau, c'est qu'il faut qu'il mette un petit peu tout le monde d'accord.
04:14Et ça, bon courage.
04:15Il est capable de ça ?
04:16Il s'est chefé.
04:18Il a quand même dirigé un groupe de sénateurs qui était quand même assez composite.
04:22Ça, c'est Chira qui a comme référence.
04:23Un chef, c'est fait pour chefé.
04:24Oui, absolument.
04:25Mais là, il va falloir qu'il apprenne un chefé.
04:27Et Éric Ciotti, qui est aujourd'hui devenu l'allié de Marine Le Pen, lui dit
04:31« Bon courage, parce qu'avec les piranhas, tu ne vas pas te marrer. »
04:34Et il doit composer avec plein de gens qui ont envie aussi d'aller à la présidentielle.
04:38Et David Lissnard, Xavier Bertrand, etc.
04:41Ça ne va pas être facile ou facile.
04:43Il faut gérer Laurent Wauquiez, qui est président du groupe à l'Assemblée.
04:46On voit bien que dans cette séquence du vote de confiance,
04:49Bruno Retailleau a donné une consigne, on vote la confiance.
04:51Et une partie des députés ne veulent pas, parce qu'ils savent très bien que c'est une dissolution.
04:55Ils vont se faire ratatiner dans leurs circonscriptions.
04:57Si on prend un peu de recul et qu'on élargit un peu le spectre,
05:01on entendait Louis Alliot ce matin, très serein,
05:04qui dit « Voilà, si on a un Premier ministre qui peut nous faire des concessions, on ira. »
05:09Mais on comprend très bien que c'est non.
05:11On a Marine Le Pen qui dit hier, pareil, en sortant de Matignon,
05:13« Moi, je suis pour une dissolution ultra rapide. »
05:16Est-ce que le boulevard est vraiment aussi droit, simple et direct
05:21pour le Rassemblement National, pour Matignon ou l'Elysée aujourd'hui ?
05:24Alors, c'est plus subtil que ça, parce que le RN n'arrête pas de répéter
05:29qu'il pourrait avoir une majorité absolue, tout seul, à l'Assemblée en cas de dissolution.
05:33Ce n'est pas ce que prédisent en l'État les sondages.
05:35Ils pourraient avoir, certes, tangenté la majorité.
05:38D'où le gros piège pour la droite.
05:40Et on voit bien qu'il y a des forces souterraines qui sont à l'œuvre,
05:42qui sont très compliquées.
05:43Si on avait une dissolution qui donnait une majorité étriquée au RN,
05:47où le RN irait-il chercher les voies d'appoint ?
05:49À droite.
05:50Et vous imaginez bien qu'il y a des gens à droite
05:52qui seraient susceptibles de basculer.
05:53Il y en a déjà qui sont prêts à ça ou pas ?
05:55En off, des gens disent, il faudra peut-être envisager de toper un jour,
06:00plutôt avec Bardella.
06:01Parce que pourquoi ?
06:02Jordan Bardella, on le sait, a une ligne économique qui est un peu plus pro-business.
06:05Si demain, Jordan Bardella impose sa patte sur son parti,
06:10sa ligne économique,
06:10qu'est-ce qui fera la différence entre la droite LR aujourd'hui et le RN ?
06:14Pas grand-chose.
06:15Et à ce moment-là, il y a une espèce de...
06:18Je ne dis pas que la jonction pourrait se faire,
06:19parce que ce n'est pas du tout le projet personnel de Bruno Retailleux.
06:22Il dit l'union des droites, hors de question, par le haut, on ne la fera jamais.
06:25Il faut le faire par le bas, par les électeurs.
06:26Il est étanche ?
06:27Il est étanche, mais il y a une pression dans son entourage.
06:30Il y a une pression dans les troupes LR.
06:32On voit bien qu'il y a une espèce de mélonisation des esprits
06:34qui est à l'œuvre en France.
06:36Et il vous dit, si on a une dissolution qui donne une majorité étriquée au RN,
06:40ça va se compliquer beaucoup pour la droite.
06:42Alors, Bruno Retailleux, qu'on découvre dans le Cardinal,
06:46il est dans un fauteuil assez confortable,
06:49puisqu'il est ministre de l'Intérieur,
06:51il a gagné beaucoup de popularité.
06:53Dans quatre jours, il ne sera peut-être plus ministre.
06:54Ce serait un vrai problème pour lui ou pas ?
06:55Disons que le timing est très très mauvais pour lui.
06:58Il espérait pouvoir rester au gouvernement,
07:00aller, on va dire, jusqu'aux élections municipales de mars 2026,
07:03dans le meilleur des cas jusqu'à l'été prochain.
07:05Et là, on voit bien que ça se complique sérieusement,
07:08que ça peut potentiellement partir à gauche.
07:10Et ça, ce sera sans les Républicains.
07:11Donc, peut-être que dans quatre jours,
07:13il n'est plus statutairement ministre.
07:15Il a fait un 20h lundi soir sur TF1.
07:18C'était peut-être son dernier dans ses habits de premier flic de France.
07:21Il était assez zen, non, au 20h de TF1 ?
07:23On le sentait assez serein, non ?
07:24Parce qu'il a pris une bonne décision au printemps,
07:26après avoir beaucoup hésité.
07:27Il est parti à la bataille du parti.
07:29Au début, il n'avait pas très envie d'y aller.
07:30Il ne le sentait pas.
07:31Il l'a très très bien fait,
07:33parce qu'aujourd'hui, il est un peu maître de son destin.
07:35Il est fléché pour être le candidat de la droite à la présidentielle.
07:38S'il ne l'avait pas fait,
07:40il serait redevenu simple sénateur,
07:42en cas de sortie du gouvernement.
07:44Merci beaucoup à vous, Nathalie Chuc.
07:45On va lire ce Cardinal,
07:46les combats et ambitions de Bruno Retailleau,
07:48nouvel homme fort de la droite,
07:49qui sort demain chez Robert Laffont.
07:50Je ne sais pas.
07:51...
07:54...
07:55...
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