- il y a 3 mois
Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay.
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00:00BFM Business et la Tribune présente le 18-19 d'Edwis Chevrillon.
00:10Bonsoir à tous, bienvenue dans le 18-19.
00:13Qui sera le prochain maître du monde ?
00:16Sans maître du monde, pas de mondialisation.
00:19Aujourd'hui c'est la loi du plus fort et plus là-dedans que devient la France.
00:22On en parlera avec le journaliste économique que nous connaissons bien ici, François Langlais.
00:26Il publie justement un livre qui sera le prochain maître du monde.
00:30La France face au chaos, ça s'est publié chez Plon et il sera face à Emmanuel Lechypre.
00:37Et puis on parlera de la fuite des talents, la fuite de nos cerveaux.
00:41Une étude très intéressante révélée en exclusivité pour nous par la Fédération Sintec avec son président Laurent Giovacchini
00:47qui nous dira un peu qu'est-ce qui se passe, le coup pour la France.
00:50On en parlera aussi avec Nathalie Jansson, professeure à Neoma Business School et Mathieu Jolivet de BFM Business.
00:55Mais tout de suite le journal avec Stéphanie Collot.
00:59Le journal.
01:01Il est pile 18h, bonsoir Stéphanie.
01:04Bonsoir Edwige.
01:05Et on commence par le risque de shutdown qui se rapproche aux Etats-Unis.
01:08J'ai envie de dire chaque fois, toujours un peu même exercice.
01:10Chaque année c'est presque toujours la même chose, républicains et démocrates.
01:13On jusqu'à ce soir minuit, heure de Washington, pour éviter une paralysie budgétaire de l'État fédéral.
01:20Si aucun compromis n'est trouvé, une grande partie des services fédéraux sera mis à l'arrêt.
01:25Avec notamment des centaines de milliers de fonctionnaires au chômage technique.
01:29Parallèlement, et c'est la grosse annonce du soir, Donald Trump devrait annoncer ce soir un accord avec Pfizer
01:35sur la baisse des prix de plusieurs médicaments.
01:38Ainsi que le lancement d'une plateforme de vente directe de médicaments.
01:43Elle serait baptisée Trump-RX.
01:46Le budget de la France, les tractations se poursuivent avant la rencontre ce vendredi entre Sébastien Lecornu et le PS.
01:54Le Premier ministre tend la main aux socialistes.
01:57Il se dit favorable à une baisse de la taxation sur le travail.
02:00Dans ce contexte, l'idée d'une baisse de la CSG revient en force.
02:05Pour les salaires jusqu'à 1,4 SMIC.
02:07De quoi redonner du pouvoir d'achat au plus modeste.
02:10Les actionnaires de Telsat donnent leur feu vert à une recapitalisation à hauteur d'un milliard et demi d'euros.
02:17L'objectif est de financer la constellation OneWeb, censée incarner la réponse européenne à Starlink.
02:24La France devient ainsi le premier actionnaire du groupe.
02:27Un signal politique fort.
02:29Mais la France et le Royaume-Uni ne suffiront pas.
02:32L'opérateur attend désormais l'engagement d'autres pays du continent.
02:36Karmat sera fixé sur son sort le 14 octobre.
02:40Date d'une nouvelle audience au tribunal de Versailles.
02:43Le fabricant français du cœur artificiel est au bord de la faillite.
02:47Il ne devrait pas échapper à une liquidation judiciaire.
02:51Le potentiel repreneur Pierre Bastide, déjà actionnaire à hauteur de 20%,
02:54n'a pas pu valider son offre faute de financement.
02:58Et puis, dans le secteur de la beauté, le géant américain Coty lance une revue stratégique.
03:03Il réfléchit à vendre ses marques de maquillage comme Rimmel,
03:06une branche qui pèse un peu plus d'un milliard de dollars dans le chiffre d'affaires.
03:11Objectif, se recentrer sur la parfumerie qui représente près de 70% du chiffre d'affaires.
03:1818h01 sur BFM Business, les marchés.
03:21BFM Business, c'est aussi sur Internet.
03:24Connectez-vous sur bfmbusiness.com et suivez le fil de l'actualité économique.
03:28Les marchés avec Antoine Larigauderie.
03:33Antoine, le CAC termine en petite hausse encore une fois ce soir.
03:36Petite hausse, mais il s'en sera passé des choses.
03:38Déjà, on se demandait qui étaient les nouveaux maîtres du monde.
03:41Il y a Nvidia qui confirme son statut de numéro 1 mondial, incontestable.
03:464 500 milliards de dollars de capitalisation.
03:50C'est la première entreprise au monde de la galaxie à atteindre un tel niveau.
03:55Mais on est encore sur une forte hausse en ce moment, 2,5%.
03:58Et donc, cette barre symbolique des 4 500 milliards qui est franchie.
04:02Du côté du CAC 40, oui, il se sera passé des choses.
04:04On termine en hausse et ce n'était pas gagné.
04:05On a eu un beau coup de dynamisme sur les toutes dernières minutes de cotation à plus 0,19%.
04:117 895 points.
04:13À noter les volumes d'échange qui étaient particulièrement élevés à 3,9 milliards.
04:16Mais on sous-performe quand même le reste de l'Europe boursière à l'image de l'Eurostox 50 qui gagne quand même 0,42%.
04:22On a encore Total Énergie qui a pesé.
04:25Moins 2,5% à 51,73€.
04:27C'est peut-être un des chiffres marquants de cette époque.
04:31On a Total qui perd 13% en 6 mois.
04:34Ce qui est beaucoup quand même en si peu de temps.
04:36On est à 66,25$ sur le baril de Brenne-de-Mer du Nord.
04:4062,64$ sur le brut léger américain.
04:42En revanche, on s'est replié sur des valeurs plus traditionnelles de la tech avec Capgemini
04:46qui s'est pris 1,8% de hausse à 123,55€.
04:49Ou Publicis, plus 2,2%, 81,68€.
04:53L'once d'Orfin, bien évidemment, a battu de nouveaux records historiques.
04:56On est à 3 865 dollars l'once.
04:59Merci beaucoup Antoine.
05:00Merci Stéphanie.
05:01On vous retrouve à 19h, 19h30 pour votre grand journal.
05:04Tout de suite, François Langlais qui sera le prochain maître du monde.
05:08Et avec en face de lui, l'autre maître du monde, bien sûr, Emmanuel Lechypre.
05:11A tout de suite.
05:13Rendez-vous sur BFM Business.
05:15Iconic Business, le luxe par BFM Business.
05:17Toujours plus exclusif, intemporel, mythique, responsable et déculpabilisé du savoir-faire,
05:23de la transmission, de l'histoire du luxe.
05:26C'est à découvrir sur le site également et sur l'émission Iconic Business.
05:30Vivez l'expérience du luxe sur BFM Business.
05:33Iconic Business avec Audrey Maubert, tous les vendredis à 21h sur BFM Business.
05:39Ce programme est à retrouver à la demande en podcast sur l'appli BFM Business et sur les plateformes de streaming.
05:45BFM Business et la Tribune présentent...
05:50Le 18-19 d'Edwis Chevrillon.
05:56Qui sera le prochain maître du monde ?
06:00Est-ce qu'il y aura de la mondialisation sans maître du monde ?
06:03On en parle avec François Langlais, journaliste économique qu'on connaît bien ici, bien sûr.
06:07François, merci d'être avec nous.
06:08Bonsoir Edwige.
06:09Vous publiez qui sera le prochain maître du monde chez Plon.
06:13La France face au nouveau chaos.
06:15C'est aussi très rassurant.
06:17Et puis face à vous, Emmanuel Lechy.
06:18Bonsoir Emmanuel.
06:19Bonsoir Edwige.
06:19Bonsoir François.
06:20Beaucoup de questions à vous poser.
06:22Vous publiez ce livre qui est quand même très très intéressant.
06:24Vous posez la question en disant, mais finalement, on est un peu dans une confrontation entre la Chine et les Etats-Unis.
06:30Les Etats-Unis qui sont un peu fatigués de jouer les maîtres du monde.
06:33En tous les cas, ils ne le jouent plus.
06:35Et là où se découle tout votre raisonnement, c'est de dire en fait, sans maître du monde, il n'y a pas de mondialisation.
06:42Et puis après, on verra dans une deuxième partie un peu le rôle de l'Europe et de la France.
06:48La malédiction française, comme vous aimez bien le dire.
06:51François Langlais, pourquoi c'est si important la question de savoir qui sera le maître du monde ?
06:59D'abord parce que, vous l'avez dit, c'est une question économique au fond.
07:03Elle est en apparence géopolitique, mais en réalité, les flux d'échanges et d'investissements ne se multiplient que dès lors qu'il y a quelqu'un qui surplombe la planète,
07:15qui peut imposer des règles communes, qui fait disparaître le risque géopolitique.
07:19On a connu cette période pendant 30 ans, entre la chute du mur et la guerre d'Ukraine.
07:23Un ordre mondial qui était dominé par les Etats-Unis.
07:25Par les Etats-Unis, ce qu'Hubert Vidrine appelait l'hyperpuissance.
07:29Parce que, en fait, l'hyperpuissance, d'abord, elle développe un système de loyauté avec ses alliés, et elle fait peur aux autres.
07:38Utilisez bien le passé.
07:40Bien sûr, c'est le passé, parce que ça a changé.
07:43C'est d'ailleurs pas Trump qui... Enfin, Trump le caractérise, le manifeste, mais c'est un mouvement qu'on peut dater quand même d'il y a une quinzaine d'années.
07:51Les Etats-Unis considèrent que, finalement, aujourd'hui, l'entretien d'un ordre mondial n'offre pas un bon rapport qualité-prix.
07:59Et mieux vaut une stratégie beaucoup plus brutale, où on rançonne ses alliés, où on fait peur à ses ennemis, et où on prend ce qu'on a à prendre.
08:06Et c'est ça qui provoque un changement de l'économie mondiale considérable.
08:11Mais pourquoi vous dites que c'est une question de survie ?
08:14Vous voyez ? C'est une survie. Vous dites que c'est une question de survie.
08:16En fait, de savoir qui sera le maître du monde.
08:19Non, je pense que, si vous voulez, dans un monde sans maître, il est livré à la confrontation des grandes puissances.
08:25Et dans ce jeu-là, l'Europe n'a pas les arguments, les forces suffisantes pour se défendre.
08:32Parce qu'elle a profité, justement, de cette période que j'appelle la grande parenthèse, 89 chutes du mur, 22 guerres d'Ukraine.
08:41Et elle pense que c'est le monde normal.
08:43C'est pas vrai. C'est pas vrai.
08:45Le monde normal, c'est maintenant.
08:47C'est le monde normal qui revient.
08:49Et il va falloir réapprendre à défendre nos intérêts pour survivre, justement, dans ce temps des prédateurs.
08:56C'est le titre d'un autre livre récent d'Empoli, et qui me semble bien, justement, définir l'atmosphère actuelle.
09:05Vous dites que la cause qui fait dérailler le monde que nous connaissons, elle est double.
09:09À la fatigue impériale des États-Unis, j'aime bien cette expression, s'ajoute l'émergence d'un rival potentiel, un pays que vous connaissez bien, la Chine.
09:17Bien sûr. Vous savez, il y a un historien de l'économie qui s'appelle Paul Kennedy, un Britannique, qui a justement écrit une somme, ça s'appelle Naissance et déclin des empires.
09:27Et il montre bien que les différents empires qui sont succédés, Espagne-Portugal, Pays-Bas, France, Royaume-Uni, États-Unis, c'est le XXe siècle, est un siècle américain,
09:38eh bien ces empires, au bout d'un moment, connaissent ce qu'il appelle la surexposition impériale.
09:43C'est-à-dire le fait qu'ils sont fatigués d'aller guérouiller aux quatre coins de la planète pour défendre leurs prérogatives,
09:48d'abord pour des raisons intérieures, c'est-à-dire que la population n'est plus prête aux sacrifices humains que ça occasionne,
09:54et puis pour des raisons économiques, parce que les dividendes de la croissance ne sont plus suffisants.
10:00Et c'est précisément le moment où émerge un rival.
10:03On est à ce moment-là, alors un commentateur américain éminent, Graham Allison, a appelé ce moment le piège de Thucydide,
10:10vous savez, cet historien de l'Antiquité qui chroniquait la rivalité entre Athènes et Sparte,
10:14et il dit que c'est déjà arrivé plusieurs fois dans l'histoire humaine,
10:18où le maître du monde décline, puis un autre arrive, et mécaniquement, ça conduit à un conflit qui est tranché par les armes.
10:25Je ne suis pas sûr qu'on en arrive là entre les États-Unis et la Chine, encore que...
10:28Mais en tout cas...
10:29Encore qu'il y a un terrain tout trouvé qui s'appelle Taïwan.
10:32Taïwan, bien sûr.
10:32Et puis de toute façon, Edwige, le fait majeur, c'est la confrontation entre ces deux grandes puissances, armées ou non.
10:39Emmanuel Lechypre ?
10:40Je crois que c'est important de distinguer ce qui est particulier, voire unique à notre époque,
10:47et ce qui est constant.
10:49Il faut quand même insister, parce qu'on a toujours ce prisme un peu...
10:53comme si Donald Trump avait tout bouleversé à lui tout seul.
10:56Non, c'est faux.
10:56C'est-à-dire que si vous regardez, par exemple, le nombre de conflits dans le monde,
11:01il est en hausse progressive depuis des années, pour atteindre son niveau le plus élevé aujourd'hui, depuis 1946.
11:07Si vous regardez le nombre de pays autoritaires dans le monde,
11:11il a dépassé pour la première fois, très récemment, le nombre de démocraties.
11:16Vous avez aujourd'hui un tiers du PIB mondial qui est fabriqué par ces régimes autoritaires.
11:20C'est ce qu'il appelle la France en anglais, les démocratures.
11:22Oui, c'était 10% au début des années 2000.
11:26Donc, il y a une grande constante.
11:28Après, ce qui est inédit, c'est quand même que ce déclin de l'Empire américain,
11:34c'est un déclin voulu.
11:36Ce n'est pas un déclin, c'est un retrait, en fait.
11:38Et c'est ça qui est exceptionnel, ce qu'explique François Hessebourg dans son dernier livre.
11:43Après, moi, je pense qu'il y a des constantes sur la réponse à qui est le nouveau maître du monde.
11:48Regardez quand même toutes les grandes confrontations qui ont eu lieu au cours du XXe siècle.
11:52C'est comme dans les films de Rocky, c'est-à-dire que le gagnant, ça a toujours été l'Amérique.
11:57Rappelez-vous quand même, face à l'Union soviétique, c'est quand même l'Amérique qui a terrassé l'Union soviétique.
12:03Rappelez-vous les années 80, et François, il a un très bon passage dans son bougain sur l'euphorie japonaise des années 80.
12:12Rappelez-vous à la fin des années 80, on pensait que les États-Unis allaient se faire manger par le Japon, etc.
12:17Or, la décennie 90 a été la grande décennie américaine.
12:23La décennie des finances équilibrées, la décennie de l'invention de l'Internet, etc.
12:27Et la Chine, aujourd'hui, le rival chinois, qu'est-ce qu'on vous dit ?
12:30Il n'y a plus une étude aujourd'hui qui vous dit qu'un jour, la Chine, sur le plan économique, rattrapera les États-Unis.
12:39Et par contre, parce que ça ne résout pas le problème géopolitique,
12:41moi, ce qui me fascine, c'est que je trouve qu'aujourd'hui, il y a une disproportion entre le poids économique des États et leur poids géopolitique qui est stupéfiante.
12:48C'est-à-dire que vous voyez le poids d'un pays comme la Russie sur la scène géopolitique et son poids économique, c'est fou.
12:53On va revenir par point là-dessus.
12:54Moi, je voudrais savoir quand même quel a été le...
12:56Bon, vous parlez tous les deux de la fatigue de l'Amérique.
13:00Vous dites aussi, c'est que maintenant, l'Amérique, en fait, elle se comporte comme un voyou.
13:05Enfin, l'Amérique, en fait, c'est Donald Trump.
13:06Et qu'en fait, le rapport a complètement changé.
13:09Et vous dites que s'il est rentré dans cette logique maga,
13:13c'est parce qu'avec cette guerre sur les droits de douane,
13:16c'est qu'en fait, l'Amérique s'est affaiblie.
13:18Vous pensez que c'est les conséquences ? Parce que ça ne coûte pas trop cher, ça.
13:21Oui, je pense que, si vous voulez, le coût de l'entretien de l'ordre mondial est trop élevé.
13:25Surtout parce que, justement, un rival a émergé.
13:28C'est la Chine qui dévore quand même une partie très importante de l'activité
13:32et qui concentre la partie la plus importante de l'industrie mondiale.
13:35Donc, de fait, les États-Unis, la part relative du PIB américain dans le PIB mondial
13:41a diminué depuis une trentaine d'années.
13:43Alors, l'Amérique à de Beaureste, on y reviendra si vous voulez.
13:46Mais de fait, ça n'est plus la situation de prévalence, de suprématie qu'on a connue.
13:51Et du coup, le choix de Trump est un choix très intelligent.
13:54Parce qu'il optimise le rendement.
13:59On avait cette discussion il y a deux ou trois jours avec un grand intellectuel qui me disait
14:05« Mais je ne comprends pas pourquoi ils taxent la Suisse à 39% ».
14:10Je lui disais tout simplement parce qu'ils sont riches et petits.
14:14C'est exactement comme le môme qui est dans la cour d'école dont on sait qu'il a des billes plein la poche
14:21et dont on sait qu'il ne va pas se défendre.
14:23On lui colle un ramponneau pour le rançonner.
14:25C'est ce que fait Trump.
14:26C'est pour ça, d'ailleurs, qu'il s'en prend à ses alliés.
14:27C'est beaucoup plus rentable parce que les alliés ne peuvent pas, ne savent pas se défendre.
14:31Et au contraire, vis-à-vis des gens qui montrent un peu les dents,
14:34Trump, il est beaucoup plus précautionneux.
14:36La Chine notamment.
14:37La Chine notamment, même la Russie, où il change un peu de pied.
14:40Mais enfin, de fait, au début, il était quand même assez conciliant.
14:43Donc cette stratégie, et vous avez utilisé le bon mot, c'est « voyou ».
14:46C'est Michael Beckley, un universitaire américain, qui avait d'ailleurs écrit un papier en 2020,
14:51donc qui était assez clairvoyant, à la fin du premier mandat de Trump,
14:53qui dit « Finalement, il est tout à fait possible que l'Amérique devienne une superpuissance voyou ».
15:01C'est-à-dire non plus le maître du monde,
15:03mais un pays qui est en tête dans la course, au plan technologique.
15:06Mais donc il le sera de facto ?
15:09Le maître du monde ?
15:09Non, pas forcément, parce qu'il laisse pourrir le système multilatéral.
15:13Au contraire, même, il lui donne des coups de pied.
15:15Regardez le discours de Trump, il n'y a pas longtemps, à l'ONU.
15:18C'est lui qui va aussi s'aborder l'OMC en ne nommant plus les juges, etc.
15:23Donc, au fond, il se fiche pas mal du bien commun.
15:26La seule chose qui le préoccupe, c'est le rendement à court terme pour les États-Unis.
15:30François, le seul continent qui, depuis 20 ans, essaye, tant bien que mal, de se préoccuper du bien commun, c'est l'Europe.
15:36Les autres, après, ils s'en foutent.
15:37Et l'Amérique, où il restait une très grande puissance, elle a tout aujourd'hui.
15:41C'est ça qu'il faut bien comprendre.
15:42Oui, il y a de l'énergie, il y a la démographie.
15:44Énergie, démographie, monnaie, armée.
15:47Monnaie, il y a un petit bémol sur le monnaie.
15:48Alors, justement, c'est une des questions.
15:50Mais juste un mot, Emmanuel, sur les États-Unis.
15:54Il ne faut pas oublier quand même qu'il y a eu une époque, le plan Marshall, par exemple,
15:58où l'Amérique acceptait de payer pour avoir un bénéfice de moyen terme.
16:02C'est un investissement.
16:03C'est fini.
16:04Ça, c'est fini.
16:05C'était un investissement.
16:06Non, mais c'est vrai que la question, c'est que l'Amérique peut rester la première économie mondiale.
16:11Et encore une fois, elle a les cerveaux, on a fait la liste.
16:14Elle a les cerveaux, elle a les capitaux, l'énergie, la démographie, les ressources naturelles.
16:18Quand vous mettez en regard, par exemple, ce qu'est l'Europe,
16:21dont on se dit finalement que depuis 30 ans, elle a prospéré grâce à quoi ?
16:24Grâce aux parapluies américains et aux gaz russes, finalement, pour faire simple.
16:29Voilà.
16:30Donc, c'est vrai que ce qui est fou, c'est la plasticité quand même du capitalisme américain.
16:35Et donc, c'est un éternel pays émergent.
16:38Donc, moi, je n'ai pas de doute sur le fait que les États-Unis vont rester la première puissance économique mondiale,
16:42ce qui ne résout pas la question de l'ordre mondial.
16:45Alors, oui, justement.
16:46Oui, parce qu'en plus, dans cette guerre, vous dites que la guerre, elle est commerciale, évidemment,
16:50idéologique, elle est technologique.
16:52Bien sûr.
16:52Notamment sur la puissance de ces GAFAM.
16:55On va en dire un mot, surtout quand on voit que ce soir, Nvidia dépasse 4 500 milliards.
16:59Il y a de quoi, quand même, s'interroger sur nos petites entreprises de CAC 40.
17:03Juste un point.
17:04Parlons quand même de l'Europe là-dedans.
17:06Vous dites, je vous cite, le sentiment d'isolement et de déclassement de l'Europe
17:09est encore accru par la montée en puissance du Sud global.
17:13Parce que là, on parle de la confrontation Chine-États-Unis.
17:17Mais bon, il y a le Brésil.
17:18Mais il y a l'Inde, surtout.
17:19On a vu les images, justement, en Chine.
17:20L'Inde, l'Arabie Saoudite, la Russie pour une part.
17:24De revendiquer leur rôle à niveau régional, mais ensuite au niveau mondial.
17:28Bien sûr.
17:28Alors, c'est une coalition assez hétéroclite.
17:31Oui, totalement.
17:31Il y a traversé d'inimitiés, de rivalités, de mépris réciproques, et même d'ailleurs de conflits armés.
17:37Il y a très peu d'intérêt commun entre eux.
17:38Alors, le seul intérêt commun, c'est le ressentiment vis-à-vis de l'Occident.
17:42C'est-à-dire, c'est pour beaucoup des pays qui ont été colonisés, ce n'est pas le cas de la Russie,
17:46mais pour l'essentiel des pays qui ont été colonisés, qui disent, notre heure est venue.
17:49Parce que démographie supérieure, croissance économique largement supérieure, indépendance en termes de matières premières.
17:56Ça, c'est sûr.
17:57L'Europe, là-dedans, si vous voulez, Emmanuel vient de le dire,
18:00non seulement elle n'a pas les atouts naturels,
18:03mais en plus, elle se croit encore dans le monde de la grande parenthèse,
18:08en pensant que c'est le monde normal.
18:10Or, c'est fini.
18:11Et ce qui me frappe, c'est qu'on parle souvent d'Europe puissance, avec des incantations,
18:16on entend les discours de notre président qui sont complètement saugrenus.
18:21Emmanuel Macron en prend pour son grade dans votre livre.
18:23Vous me direz, ce n'est pas la première fois. Vous aimez bien le tacler.
18:26Avec une sévérité qui est juste ?
18:28Oui.
18:28Vous me l'accorderez.
18:29Ce que je veux dire, c'est que fondamentalement, les Européens n'ont pas envie d'être une puissance.
18:36Nous avons renoncé au désir de puissance, parce que nous préférons avoir de l'air pur et des RTT.
18:44Là aussi, je fais court, je caricature, mais pas tellement.
18:48Et au fond, la vie économique, c'est très bien pourvu qu'on encadre le travail dans des bornes relativement étroites.
18:56Et quant à investir dans la défense, mais il y a encore quelques semaines, c'était interdit par la nomenclature européenne.
19:03C'était considéré comme un secteur sale, parce que ça occasionnait la destruction de la vie humaine.
19:09Sur le fond, c'est tout à fait juste.
19:11Sauf que si vous êtes face à des menaces...
19:13Il y a un point, François, quand même, dans ton livre qui ressort de façon frappante, c'est quand même cette idée que c'est pas la Chine, pas les États-Unis qui sont responsables de nos difficultés, c'est finalement nous-mêmes.
19:26Et en fait, c'est vrai que ce qui paraît fou, c'est que cette Europe qui a perdu du terrain sur le plan technologique, sur le plan financier, etc.,
19:38on a l'impression qu'elle s'est dit, mais finalement, notre salut, c'est cette espèce de...
19:44Notre prospérité future, c'est cette espèce de fuite en avant vers cette espèce de paradis écologiste qui fera de nous...
19:53C'est là que nous ferons demain notre prospérité. Le problème, c'est que pour le moment, ce pari, il est complètement perdant.
19:59Complètement perdant. Et le chapitre qu'il a sur l'automobile est édifiant.
20:05C'est la destruction délibérée, organisée, d'un secteur industriel.
20:10Ça s'appelle un suicide.
20:11Et alors que c'était quand même, avec l'aéronautique, c'était vraiment les deux mamels de la puissance industrielle.
20:16Et c'était un secteur sur lequel on avait une barrière à l'entraide technologique, avec l'expertise, plutôt allemande que française, d'ailleurs.
20:21C'est incroyable. Et Edwige, il y a un point quand même qui...
20:23Quel point ?
20:23Non, il y a un point majeur.
20:24Oui, parce que moi, je voudrais avoir un point majeur, une date majeure.
20:27Mais allez-y, Manuel.
20:28Alors, il y a un thème qui, moi, ça me sidère qu'il ne soit pas à la une des journaux tous les matins.
20:35C'est ce qui se passe sur les taux de change.
20:38Et c'est... Enfin, je veux dire, tout le monde parle des droits de douane de Trump.
20:41On n'entend pas beaucoup parler de la baisse du dollar.
20:43On n'entend pas beaucoup parler de la sous-évaluation de la monnaie chinoise.
20:47Et il y a une guerre des monnaies.
20:49Et dans les années 80, on a organisé, finalement, des grandes réunions pour rééquilibrer ces taux de change.
20:56Le rééquilibrage des taux de change, aujourd'hui, c'est un sujet majeur.
21:00Et ça fait l'objet d'un des très bons chapitres du livre de François.
21:03Moi, je voudrais que...
21:06À partir de quand ?
21:07Parce que vous parlez de la décennie où l'Europe a décroché.
21:10Le point de départ, du décrochage de l'Europe, c'est quoi ?
21:17Je le situerais au tournant 2000.
21:19C'est qu'encomitant avec l'arrivée de l'euro ?
21:21Comment c'est pas, Emmanuel ?
21:23Comment c'est pas, Emmanuel ?
21:24La graine a été plantée à ce moment-là.
21:25Bien sûr, bien sûr.
21:26La graine a été plantée à ce moment-là.
21:28L'apogée du marché unique, c'est le début des années 90.
21:30Mais voilà, on a vécu une belle décennie 90,
21:34avec, jusqu'à la fin des années 90...
21:36Oui, mais qu'est-ce qui s'est passé en 2000 ?
21:38D'accord, il y a l'euro, mais...
21:39Si vous voulez, pour prendre un événement français,
21:42mais qui, au fond, raisonnait avec la politique européenne
21:44et l'état d'esprit européen,
21:46c'est le moment où on a réduit le temps de travail.
21:48Comment imaginer qu'on peut s'en sortir en travaillant moins ?
21:51Nous sommes restés sur le logiciel des 30 glorieuses,
21:53avec une productivité de 6 ou 7% par an,
21:56dans notre imaginaire,
21:57parce que la réalité n'était pas ça.
21:59Mais quand, finalement, vous avez une fiscalité
22:03qui est relativement dissuasive,
22:05et que vous avez un temps de travail qui est insuffisant,
22:0820 ans après, vous avez dégringolé les marges de l'échelle.
22:12Malheureusement, Edwige, il n'est pas sûr que ça soit terminé.
22:15Quand on voit les débats dingues
22:16qui se livrent en ce moment en France,
22:19sur la taxe du Kman, sur le pouvoir d'achat,
22:21alors qu'il n'y a rien à distribuer,
22:24et qu'on est déjà à un niveau de prélèvement
22:25qui n'est pas loin de 45% du PIB,
22:27le plus élevé de l'histoire de notre pays,
22:30le plus élevé du monde.
22:33Donc, on ne veut pas voir la réalité.
22:35Non, c'est sûr.
22:36Mais si vous voulez, c'est vraiment symptomatique du déclin.
22:40Je ne dis pas qu'il est irrévocable,
22:43mais pour autant, on est toujours sur le toboggan.
22:45Il y a un point que je trouve aussi intéressant,
22:49donc la guerre, on l'a bien vu,
22:50elle est internationale, géopolitique,
22:53elle est commerciale,
22:54mais vous dites qu'elle est aussi technologique.
22:57Parce que vous parlez de ces entreprises titanesques,
22:59que sont les GAFAM,
23:00qui dévorent, je vous cite,
23:02dévorent la planète en Europe.
23:04Nos entreprises, elles sont qu'on les héritiers lointains
23:06de notre splendeur passé,
23:08dix fois plus petites que les GAFAM.
23:10C'est un peu rude ce que vous dites
23:13comme description de notre CAC 40.
23:15Vous l'avez dit, regardez Nvidia,
23:174 500 milliards de dollars,
23:20la plus grosse capitalisation européenne,
23:21c'est 280 milliards d'euros,
23:23quelque chose comme ça.
23:24Et ce sont des secteurs qui ont été inventés.
23:26Vieux secteurs, entre guillemets.
23:27Mais oui, c'est ça qui est frappant.
23:29Alors que toutes les méga entreprises américaines
23:31ont été créées il y a moins de 50 ans.
23:34Disons, il y a 50 ans tout juste.
23:35Apple, ça date du milieu des années 70.
23:37Nvidia, c'est beaucoup plus récent.
23:39Et donc Tesla, n'en parlons pas.
23:42Donc c'est vrai que ça, c'est un symptôme.
23:44Cela dit, ce qui me frappe quand même,
23:46c'est que toutes ces grandes entreprises
23:48sont maintenant sous la coupe du pouvoir politique
23:50aux Etats-Unis.
23:52Et qu'on voit que les oligarques américains
23:55se comportent exactement comme les oligarques russes ou chinois.
23:59Mais Trump ne sera pas éternel, François.
24:02C'est vrai, mais je me demande...
24:03Il y a des tendances lourdes qui vont rester.
24:05Mais Emmanuel, c'est vrai, vous avez raison.
24:07Mais ces mouvements ne sont-ils pas plus lourds que Trump lui-même ?
24:11Autrement dit...
24:12Il y en a beaucoup qui sont plus lourds que Trump lui-même.
24:13Trump ne fait pas l'histoire.
24:15Mais là-dessus, les vents tourneront très vite.
24:18Là-dessus, les vents tourneront très vite.
24:19Et ces GAFAM retomberont peut-être dans leur travers ancien.
24:22Cette surpuissance des géants de la technologie,
24:26elle s'accompagne d'un autre phénomène
24:27qui, moi, m'inquiète aussi.
24:29C'est que, finalement, et qui est lié aux technologies,
24:32c'est que vous avez vu que, finalement,
24:34le coup d'entrée pour avoir une armée puissante et efficace aujourd'hui
24:38a considérablement chuté.
24:40Quand vous voyez aujourd'hui ce que vous pouvez faire
24:42avec cette nouvelle guerre des drones,
24:44qui est une guerre, finalement,
24:46dans laquelle on se dit
24:46mais n'importe quel pays
24:48peut aujourd'hui se constituer
24:50une puissance militaire
24:52à des prix qu'on n'a jamais connus.
24:54Oui, tout à fait.
24:55C'est-à-dire que la guerre a été ubérisée.
24:57Mais c'est ça, c'est l'ubérisation de la guerre.
25:00Il y a tout un point intéressant,
25:01c'est comment, parce que, j'ai envie de dire,
25:03et les entreprises,
25:04dans ce bordel, si vous me permettez cette expression,
25:06c'est un peu ce qui ressort de votre livre, François.
25:09Non, non, mais c'est vrai que...
25:09Elles sont en train de complètement, du coup,
25:11elles se protègent
25:12en parlant d'autres approvisionnements,
25:15d'autres chaînes de valeurs
25:16qui évitent, en fait,
25:17toutes ces confrontations, non ?
25:18On considérait les chaînes de valeurs
25:20comme un donné intangible
25:22autour duquel s'organisait la politique.
25:23C'est devenu l'inverse.
25:24C'est la politique qui prévaut.
25:25Et les entreprises ont été surprises
25:27comme des lapins dans les phares.
25:28Mais aujourd'hui,
25:29elles réfléchissent de façon très intelligente.
25:31Bon nombre d'entreprises ont recruté,
25:32d'ailleurs, dans leurs conseils
25:33ou même dans leurs salariés,
25:35des spécialistes de la géopolitique.
25:37De façon à pouvoir anticiper, comprendre.
25:39On ne peut plus, finalement,
25:41s'appuyer que sur des pays amis
25:43ou presque amis.
25:44Donc, toutes les chaînes de valeurs
25:45sont en train d'être transformées.
25:46Je vous cite les paroles
25:48d'un grand patron français,
25:49un très grand patron français
25:51de la Défense,
25:52pour être encore plus précis.
25:53Il n'y en a pas 40, mais bon.
25:54Il n'y en a pas 40.
25:55L'un de ceux-là m'a dit,
25:56il n'y a pas longtemps,
25:57je suis en train de purger
25:59toute ma chaîne de valeurs
26:00des sous-traitants chinois.
26:01Et il me dit, de rang 1,
26:03de rang 2,
26:04c'est-à-dire les gens qui fournissent
26:05ses propres sous-traitants,
26:07et de rang 3,
26:08les gens qui fournissent
26:09ceux qui fournissent.
26:10Donc, il m'a dit,
26:11j'en ai pour 10 ans,
26:13mais c'est une opération...
26:13Et puis, il va en Inde ?
26:15Alors, je ne sais pas
26:16où il se fournit,
26:17il a dû diversifier,
26:18mais en tout cas,
26:19il considère que le risque chinois
26:20est aujourd'hui tel
26:21qu'il ne peut pas
26:23continuer à se fournir en Chine.
26:25Mais est-ce qu'il considère aussi
26:26que le risque américain
26:27est aussi important
26:28que le risque chinois ?
26:29Alors ça, pour le coup,
26:30c'est un politique
26:32très important français
26:33qui m'a dit ça
26:33il y a 15 jours,
26:35qui m'a dit,
26:36il faut se dérisquer de la Chine,
26:37mais il faut aussi
26:38se dérisquer des États-Unis.
26:40Et c'est probablement assez vrai.
26:42Non pas parce que les États-Unis
26:43vont nous attaquer
26:44ou parce qu'ils vont attaquer
26:45je ne sais pas quoi,
26:47la Guadeloupe ou la Corse.
26:48François, ils vont nous enlever
26:50les roulettes du vélo, quoi.
26:52C'est un peu ça le risque.
26:54Mais c'est un travail titanesque
26:55de se dérisquer de l'ensemble du monde.
26:56Mais c'est là où Trump
26:57vous a fait grandir.
26:58C'est ce qu'on disait tout à l'heure.
26:58En gros, l'Europe,
27:00il faut être lucide,
27:00elle a prospéré tranquillement
27:02et là Trump a raison
27:03sur le fait qu'il n'a pas eu
27:04peut-être le retour
27:04sur investissement
27:05en matière de défense.
27:06Nous avons prospéré
27:07sous le parapluie américain
27:10et avec le gaz russe, pas cher.
27:12Aujourd'hui, on n'a plus
27:13ni l'un ni l'autre.
27:15Donc, est-ce que c'est salutaire ?
27:17Et les marchés ouverts,
27:18le marché américain ouvert.
27:19Est-ce que ça peut être
27:19une planche de salut ?
27:20Est-ce que ça peut être
27:21une prise de conscience
27:22qui va susciter un rebond ?
27:23On le voit quand même
27:24sur la défense.
27:25Comme le disait François,
27:26c'était impossible
27:28d'acheter des actions
27:29de la défense
27:29il y a encore quelques trimestres.
27:31Alors, messieurs,
27:31donc ça a tout changé.
27:32Il nous reste deux minutes.
27:34Un mot quand même
27:34sur la France
27:35parce que c'est quand même
27:36où nous sommes pour l'instant.
27:38Comment la France fait
27:40pour s'en sortir aujourd'hui ?
27:41On va avoir peut-être
27:42un nouveau gouvernement,
27:44peut-être un budget,
27:46on ne sait jamais.
27:48Je ne sais pas.
27:48Vous parliez sur quoi,
27:49François et Emmanuel ?
27:51Je pense que la France
27:52est affaiblie, évidemment,
27:54au plan politique et budgétaire
27:55de façon très importante
27:56sur les deux champs
27:57au pire moment.
28:00On ne peut pas s'attarder
28:01sur les raisons
28:01ou sur les initiateurs
28:05au fond de ce processus
28:06catastrophique.
28:08Je ne suis pas sûr
28:08que le pluriel soit
28:09d'ailleurs de saison.
28:10Mais le fait est
28:12qu'on est pris à revers
28:13par une conjoncture
28:15de plus en plus détestable
28:16au sens géopolitique
28:18et principalement
28:19alors que nous sommes affaiblis.
28:21La seule chose
28:22qu'ils puissent nous faire
28:23taper du talon
28:25sur le fond de la piscine,
28:26c'est que l'élection de 2027
28:27soit résolutoire.
28:29C'est-à-dire qu'on puisse
28:30à l'occasion de la campagne électorale
28:31parler des vrais problèmes
28:32et trouver une façon
28:33de les traiter.
28:34C'est possible, Edwige ?
28:35Vous croyez dans l'homme providentiel.
28:37Non mais j'allais dire
28:38c'est possible
28:39mais ça n'est pas sûr.
28:41Il est possible
28:42que 2027 ne soit pas résolutoire
28:44parce qu'on voit bien
28:45que dans le bloc central
28:46il y a une multitude
28:47de candidats
28:48et qu'il va falloir
28:49s'organiser
28:50pour être le second
28:51dans une élection
28:53où le second
28:54a une chance
28:56de devenir le premier
28:57au deuxième tour.
28:58Emmanuel ?
28:59Je me rappelle
29:00quand François était
29:01mon chef à l'expansion
29:01j'avais fait
29:02j'avais fait la dernière
29:03je crois que j'avais fait
29:06la dernière
29:07je crois que j'avais fait
29:08la dernière interview
29:09grande
29:10de Raymond Barr
29:10vivant
29:11c'était avant
29:11l'élection présidentielle
29:12de 2007
29:13de Nicolas Sarkozy.
29:14Rappelez-vous à l'époque
29:14on disait
29:15ça va être la réforme
29:16la réforme de l'État
29:17ça va y aller
29:17etc.
29:18Et il m'avait dit
29:19non non non
29:21je lui avais dit
29:212007
29:22non non non
29:23je limite pas
29:24parce que
29:25mais 2012
29:26il m'avait dit
29:27non non
29:27et il m'avait dit
29:28ça n'ira
29:29ça ne pourra
29:30ça ne va pas encore
29:32assez mal
29:32pour qu'on puisse
29:33espérer que ça aille mieux
29:34et on n'y est pas encore
29:36il m'avait dit
29:36pas avant 2020
29:372025
29:38il m'avait dit
29:39toutes les élections suivantes
29:40il n'y aura pas
29:41cette prise
29:42on n'a pas encore
29:43touché le fond de la piscine
29:45pour reprendre
29:45votre expérience
29:46merci messieurs
29:47merci Emmanuel
29:48merci François Langlais
29:49je rappelle
29:50le titre de votre livre
29:51qui sera le prochain
29:52maître du monde
29:53la France face
29:54au nouveau chaos
29:55et c'est donc publié
29:56chez Plon
29:57et merci beaucoup
29:57et ça sort le 2 octobre
29:59c'est à dire jeudi
30:00jeudi
30:01voilà
30:01si vous défilez
30:03vous faites un détour
30:04par la librairie
30:04voilà
30:04merci tout de suite
30:06en parlant justement
30:06de la fuite des cerveaux
30:07vous allez voir
30:08c'est une étude là aussi
30:08très intéressante
30:09que nous révèle
30:11le président de Sintec
30:12on voit ça tout de suite
30:13BFM Business
30:14et la Tribune
30:15présente
30:15le 18-19
30:19d'Edvie Chevrillon
30:20suite du 18-19
30:25avec nos invités
30:27le président du Sintec
30:29Laurent Giovacchini
30:30bonsoir
30:30merci d'être avec nous
30:31bonsoir Edwige Chevrillon
30:32et si vous êtes là
30:33c'est que vous allez
30:34nous révéler une enquête
30:35sur la fuite des cerveaux
30:36notamment de nos jeunes cerveaux
30:38l'impact que ça a
30:39évidemment sur
30:40sur les finances de l'État
30:42aussi
30:42ça coûte
30:42près d'un milliard
30:44en tous les cas
30:44c'est le chiffre
30:44que vous allez nous
30:45confirmer dans un instant
30:47on en parlera aussi
30:48avec Mathieu Jolivet
30:49qui est à mes côtés
30:50bonsoir Mathieu
30:50bonsoir Edwige
30:51et Nathalie Jansson
30:52qui est professeure
30:53à Neoma Business School
30:54ça sera intéressant
30:54parce qu'elle arrive
30:55à nous rejoindre
30:55après les embouteillages
30:57Laurent Giovacchini
31:00vous avez fait cette enquête
31:01avec
31:02avec Ipsos BVA
31:04Ipsos BVA
31:05voilà
31:05c'était le BVA
31:06qui manquait
31:06c'était Ipsos
31:07maintenant
31:07c'est vrai que c'est le même groupe
31:08sur cette fuite du cerveau
31:10moi les chiffres
31:10je suis un peu tombée
31:11de l'armoire
31:12donc dites-les nous
31:13et puis après
31:14on va les commenter
31:15alors
31:15on a voulu
31:16objectiver
31:17une situation
31:18on parle de fuite des cerveaux
31:19fuite des cerveaux
31:20mythes ou réalité
31:21et on a regardé
31:22vous dites hémorragie
31:23alors justement
31:24pas de tsunami
31:25mais hémorragie
31:27lente et continue
31:28c'est ça notre diagnostic
31:29on a regardé
31:30deux populations
31:30qui nous intéressent
31:31tout particulièrement
31:32chez Sintègre
31:32vous savez qu'on est
31:33on est la fédération
31:34qui représente
31:35les métiers du numérique
31:36de l'ingénierie
31:37du conseil
31:37nous ce qui nous intéresse
31:39c'est les ingénieurs
31:39et puis les diplômés
31:41d'école de management
31:42et de commerce
31:42on a
31:44un chiffre
31:46qui est
31:46de 15 000
31:48jeunes diplômés
31:49qui chaque année
31:50s'expatrie
31:51pour un premier emploi
31:52ça veut pas dire
31:53qu'ils reviendront pas
31:54mais
31:54oui mais ça c'est logique
31:55moi j'ai fait ça aussi
31:56ils s'en vont
31:56et pour certains
31:57pour longtemps
31:58c'est très bien
32:00d'aller compléter
32:02sa formation à l'étranger
32:03ça peut même être
32:04un plus au retour
32:04mais
32:05à l'instant T
32:07c'est 15 000
32:08qui s'en vont
32:08c'est 15 000
32:09jeunes diplômés
32:10ils ont été formés
32:12dans nos grandes écoles
32:14et
32:14quand on regarde
32:15ce qu'ils ont coûté
32:16à l'état
32:17entre le début
32:18de leur classe préparatoire
32:19pour ceux qui ont fait
32:19par exemple
32:20Mathsup, Mathspe
32:21ou des écoles
32:22de préparation commerciale
32:24et puis
32:24ce qu'ils ont coûté
32:25également en école
32:26parce que les écoles
32:26notamment d'ingénieurs
32:27sont presque gratuites
32:28en France
32:28et donc financées
32:29par le contribuable
32:30on s'aperçoit
32:31que ça représente
32:32un petit milliard d'euros
32:34chaque année
32:34mais ce n'est que
32:35la partie émergée
32:36de l'iceberg
32:37puisque évidemment
32:38ce qui compte le plus
32:39c'est toute la richesse
32:40qu'ils ne vont pas créer
32:41pendant 5 ans
32:4110 ans
32:4215 ans
32:42pour certains 20 ans
32:43à l'étranger
32:44et puis il y a un truc
32:45il y a un chiffre important
32:46aussi
32:46que je voudrais donner
32:47c'est que
32:48ces 15 000 jeunes
32:50qui partent
32:50on pourrait dire
32:51que ce n'est pas énorme
32:51c'est 10%
32:52des écoles d'ingénieurs
32:53c'est 15%
32:54des écoles de management
32:55et c'est assez stable
32:56ce pourcentage
32:57dans le temps
32:57depuis 10 ans
32:58mais il y a plus
32:59d'ingénieurs formés
33:01qu'il y a 10 ans
33:02donc on est passé
33:03de 11-12 000
33:04expatriés chaque année
33:05à près de 15 000
33:06aujourd'hui
33:07et puis plus on regarde
33:08les écoles sélectives
33:09plus on monte
33:10dans le classement
33:11plus on voit
33:12que ça s'expatrie
33:13plus fortement
33:1517% pour Centrale Supélec
33:1719% pour Polytechnique
33:19rien d'anormal
33:21d'ailleurs
33:21à cet égard
33:22mais enfin
33:22il nous importait
33:24d'objectiver
33:25de mesurer ce phénomène
33:2657%
33:28moi j'aime bien
33:28les chiffres
33:29justement
33:29vous savez
33:2957% des talents
33:31interrogés
33:32envisagent une expatriation
33:33dans les 3 prochaines années
33:34dont 21%
33:35sérieusement
33:3684%
33:37des jeunes diplômés
33:38citent au moins
33:39un avantage
33:40lié à l'écosystème
33:42national
33:43comme raison
33:43d'attractivité professionnelle
33:45de la France
33:45ça c'est plutôt bon signe
33:47ça c'est positif
33:48ça veut dire qu'ils partent
33:48mais ils reviennent
33:48alors c'est un peu plus
33:50compliqué que ça
33:51pardon
33:52je complète
33:53avant de vous passer
33:54la parole
33:55bien sûr
33:55ils sont
33:57plus nombreux
33:58nous semble-t-il
33:59à s'interroger
34:01vraiment sur l'expatriation
34:02là on n'est pas
34:02sur les jeunes diplômés
34:03on est sur une population
34:04de 1000 personnes
34:06type sauce BVA
34:07à interroger
34:07qui sont des cadres supérieurs
34:09en activité
34:10dans leur entreprise
34:10oui mais qu'ils sont plus vieux
34:12ils sont un peu plus vieux
34:13ils sont entre
34:1325 et 45 ans
34:15ils sont
34:16et ils nous disent
34:17quoi
34:17ils nous disent
34:18on est 57%
34:20à s'interroger
34:20effectivement
34:21à envisager de partir
34:23et 21% sérieusement
34:24ils nous disent
34:25ok la France
34:26écosystème
34:27pas mal
34:28je suis bien dans mon entreprise
34:2981% des ingénieurs
34:31nous disent
34:31je suis bien dans ma boîte
34:32le cadre de vie est bien
34:34c'est vrai que c'est pas mal
34:35en termes de système social aussi
34:38mais alors
34:38on a des impôts
34:39on a des règles strictes
34:41et puis
34:41nos rémunérations nettes
34:43nos rémunérations nettes
34:44elles sont pas au niveau
34:44de ce qu'on peut trouver
34:45en Suisse
34:46de l'autre côté de la frontière
34:48je parle même pas des Etats-Unis
34:49en Allemagne
34:50au Canada
34:50pour ceux qui y vont
34:51etc
34:52donc
34:52et puis ils ajoutent un truc
34:54qui moi m'inquiète
34:55c'est
34:55cela dit
34:56ça rejoint l'opinion des Français
34:58en général
34:58c'est qu'ils nous disent
34:59et bien
35:00à 70%
35:02la France est en déclin
35:03j'écoutais tout à l'heure
35:05François Langlais
35:05qui malheureusement
35:06disait un peu la même chose
35:0774% s'inquiètent
35:10de la situation économique
35:11du pays
35:11et 81%
35:13de la situation politique
35:14donc on est peut-être
35:14sur un point de bascule
35:15et le fameux 10%
35:17d'écoles d'ingénieurs
35:1815% d'écoles communes
35:19qui s'expatrie
35:19va peut-être
35:20malheureusement
35:21si on y prend garde
35:22si on ne prend pas
35:24les bonnes mesures
35:24pour renforcer
35:25l'attractivité
35:26de notre pays
35:27ce chiffre assez stable
35:29en pourcentage
35:30qui monte doucement
35:31en valeur absolue
35:3210 000
35:3315 000
35:33risque de s'accroître
35:35Mathieu Jolivet
35:37ce qui est intéressant
35:37aussi et ce qui est dangereux
35:39c'est qu'on se rend compte
35:39qu'il y a
35:40même si l'hémorragie
35:41est assez lente
35:42c'est qu'elle est continue
35:45et c'est qu'il y a
35:45une forme de double hémorragie
35:47c'est-à-dire qu'on a le sentiment
35:48qu'en France
35:49on n'arrive pas
35:49à retenir
35:51nos cerveaux français
35:52qui se forment ici
35:53dans les meilleures écoles
35:54mais on n'arrive pas
35:55à retenir aussi
35:56les cerveaux brillants
35:58qu'on a attirés
35:59sur le plateau de Saclay
36:00ou à l'école polytechnique
36:01donc cette hémorragie
36:03elle a l'air d'être
36:04assez double
36:05et après ça c'était plus
36:06quand j'ai regardé
36:06votre étude
36:07j'ai l'impression
36:08que tous ceux qui partent
36:09il n'y a pas de sentiment
36:11vraiment de désamour
36:12vis-à-vis de la France
36:13j'ai l'impression
36:14que c'est plus un sentiment
36:15de lassitude
36:16qui fait écho peut-être
36:17à cette période
36:19qu'on traverse
36:20on parle au quotidien
36:22d'instabilité politique
36:24de climat social
36:25un peu morose
36:26quand on parle d'Europe
36:28et de France
36:28on parle d'une économie molle
36:30mais j'imagine
36:31que tous ceux
36:32que vous avez sondés
36:32ce sont des cerveaux
36:34qui en veulent
36:35qui ont planché
36:35pendant des années
36:36dans des prépas
36:37qui aujourd'hui
36:39ont envie
36:40de croquer
36:42de l'activité
36:42de remonter les manches
36:44bon ben
36:44j'imagine qu'ils vont aller
36:45là où ça se passe
36:46exactement
36:47vous avez raison
36:48de dire que
36:49l'étude montre aussi
36:51que les talents étrangers
36:52on ne les retient
36:53peut-être pas suffisamment
36:54et d'ailleurs
36:54il y a quelque chose
36:56qui nous frappe aussi
36:57c'est qu'on se débrouille
36:58pour décourager
36:59les meilleurs talents étrangers
37:01de venir chez nous
37:01qui se plaignent
37:02de nos difficultés
37:03enfin Donald Trump
37:04fait ça aussi aux Etats-Unis
37:05oui mais il a engrangé
37:07pas mal avant
37:07mais pourquoi vous dites ça
37:08chez nous
37:09parce que les meilleurs
37:10étrangers nous disent
37:11c'est très compliqué
37:12les permis de séjour
37:13pour les bacs plus 5
37:15pour les bacs plus 7
37:15ils sont découragés
37:18de venir chez nous
37:18et vous avez raison
37:20pour ceux
37:20pour les français qui partent
37:21il y a ce sentiment
37:23que notre pays
37:24est un peu en déclin
37:26alors qu'il suffirait
37:27peut-être de pas grand chose
37:28parce qu'ils reconnaissent
37:29en même temps
37:30qu'il y a un écosystème
37:31en matière d'innovation
37:32qu'il y a des
37:33avec des dispositifs
37:34comme le crédit d'impôt recherche
37:36qu'on fait
37:37beaucoup de choses
37:37qu'il y a
37:38on est quand même
37:39une référence
37:40on a quand même
37:41une école mathématique
37:42des laboratoires
37:43de recherche de pointe
37:44oui parce que quand même
37:45quand on regarde les chiffres
37:45vous avez 84%
37:48des répondants
37:49qui citent au moins
37:50un avantage lié
37:50à l'écosystème français
37:51comme raison d'attractivité
37:53la protection sociale
37:5548%
37:5548%
37:561 sur 2 quand même
37:57oui bien sûr
37:57protection sociale
37:58je trouve ça compte
37:59surtout si j'ai une famille
38:01etc
38:01les congés payés
38:03on s'en sert jamais
38:04on s'en sort jamais
38:0546%
38:06je trouve ça
38:07assez incroyable
38:08la protection de l'emploi
38:0938%
38:10ou encore
38:11ça c'est ce qu'on prend
38:12le cadre de vie
38:1338%
38:14c'est fou quand même
38:15la protection de l'emploi
38:17les congés payés
38:19la protection sociale
38:21c'est le modèle social français
38:23ça vient après un chiffre
38:24qui est encore plus sympathique
38:25me semble-t-il
38:26en tout cas à mes yeux
38:26qui est
38:2773% des talents
38:2981% des ingénieurs
38:30sont contents
38:31dans leur cadre professionnel
38:33ils demandent
38:34qu'à s'épanouir
38:34dans leur entreprise
38:35mais ils veulent avoir confiance
38:36dans le pays
38:37ils veulent que ce pays
38:38vous le disiez
38:39très justement
38:40ce pays aille de l'avant
38:42et ne soit pas montré du doigt
38:43comme en déclin
38:45dans un continent
38:46l'Union Européenne
38:47qui elle-même
38:47paraît
38:49peu dynamique
38:50par rapport aux autres
38:51grandes plaques
38:51après je pense
38:52qu'il y a de quoi
38:52parfois être un peu
38:53schizophrène en France
38:54parce que vous avez
38:55là je regardais
38:56en quelques mois
38:56vous avez en même temps
38:57un message hyper positif
38:59qui est celui du
39:00Choose Europe for Science
39:02qu'a lancé
39:03Choose Europe for Science
39:05qu'a lancé Emmanuel Macron
39:06en mai dernier
39:07bon il a mis 100 millions
39:08d'euros sur la table
39:09c'est peut-être une goutte d'eau
39:10mais en essayant
39:11de mettre en avant
39:12un kit de facilité fiscale
39:14pour attirer les gens
39:15et dans le même temps
39:17l'année dernière
39:18on a quand même assisté
39:19à un budget
39:20qui a mis fin
39:22à un dispositif
39:23qui s'appelle
39:24le dispositif
39:24Jeune Docteur
39:25qui est quand même
39:26un dispositif
39:27alors ça
39:27vraiment s'est passé
39:28un peu sous les radars
39:29ce dispositif
39:30mais c'est quelque chose
39:31qui permet
39:31à n'importe quel chef
39:33d'entreprise
39:34d'embaucher
39:35un doctorant
39:36et de pouvoir
39:37faire passer
39:37je crois
39:38120%
39:38de cette masse salariale
39:39pendant 24 mois
39:40en crédit d'impôt recherche
39:41et bien ça
39:43ils l'ont supprimé
39:44derrière
39:44ça a aussi
39:45à 3000
39:46suppressions d'emplois
39:48de doctorants
39:49suite à ça
39:49et donc
39:50on a économisé
39:5090 millions d'euros
39:51mais si vous voulez
39:52ça c'est pas vraiment
39:53un bon signal
39:54en termes d'attractivité
39:55et puis on reprendra
39:57justement ce débat
39:58sur l'hémorragie
39:59des cerveaux
40:00sachant que les destinations
40:01alors moi c'est
40:02le Canada
40:02ça on sait
40:03la Suisse
40:05les Etats-Unis
40:06donc Canada
40:07c'est 29%
40:08la Suisse 22%
40:09les Etats-Unis
40:1017%
40:11et l'Allemagne
40:1116%
40:12alors il y avait
40:13et bien vous nous direz
40:14pourquoi
40:14je sens que vous avez
40:15une réponse
40:16Laurent Jovacchini
40:16à tout de suite
40:17FM Business
40:19et la Tribune
40:19présente
40:21le 18-19
40:24d'Edwish Chevrillon
40:25retour dans ce 18-19
40:29où on parle
40:30de fuite de cerveau
40:31d'hémorragie
40:32qui continue
40:33grâce à une étude
40:35carré
40:35Elze Lipsos
40:36BVA
40:37pour le Syntec
40:38son président
40:38Laurent Jovacchini
40:39est avec nous
40:40étude quand même
40:41très intéressante
40:42Mathieu Jolivet
40:42est avec nous
40:43et Nathalie Jansson
40:45est arrivée
40:46à vaincu
40:46les incidents
40:47de mobilité
40:48comme on dit
40:49professeur
40:50à la Néoma
40:51Business School
40:52c'est intéressant
40:53de vous avoir
40:54pour voir
40:54si vous
40:56vous corroborez
40:57un peu
40:57tous ces chiffres
40:58qu'on a sortis
40:59est-ce que pour vous
41:01c'est une réalité
41:02à laquelle
41:02vous êtes confrontée
41:03oui
41:05on constate
41:05dans les écoles
41:06de commerce
41:06alors c'est pas
41:07un phénomène
41:08récent d'ailleurs
41:09c'est ce que disait
41:09tout à fait
41:10également l'étude
41:11en particulier
41:12dans les écoles
41:13de commerce
41:13pour ceux
41:14qui sont intéressés
41:15par la finance
41:16très souvent
41:17c'était quand même
41:18déjà historiquement
41:19un canal
41:20qui s'en allait
41:21parce que
41:22effectivement
41:22ils avaient
41:23des opportunités
41:24au niveau professionnel
41:26qui étaient
41:27qui étaient
41:28meilleures
41:29et ils pouvaient
41:30les valoriser
41:31en rentrant
41:32c'est-à-dire que
41:32non seulement
41:33c'était mieux
41:33d'aller là-bas
41:34pour faire
41:34ses premières armes
41:36ses passes d'armes
41:37et ensuite
41:38on se valorisait
41:39bien plus
41:39lorsqu'on rentrait
41:40alors certains
41:41évidemment rentraient
41:42mais certains
41:42ne rentraient pas
41:43mais ils vous disent
41:46quoi ?
41:46ils vous disent
41:46parce que c'est
41:47tout à fait intéressant
41:48ben voilà
41:48moi j'ai fait
41:49un billet HEC
41:50j'ai été fait
41:50à l'un de business school
41:51avant j'étais passé
41:52six mois à Harvard
41:53c'est très bien
41:53parce qu'on apprend
41:54d'autres choses
41:55on rencontre
41:56d'autres univers
41:57là où effectivement
41:59ça devient inquiétant
42:00c'est si jamais
42:01ils ne reviennent pas
42:02hier je recevais
42:06Sylvain Catherine
42:07enfin un économiste
42:08un jeune
42:09voilà l'anti-Zucman
42:10on le présente comme ça
42:11il est parti à Wharton
42:13il a fait HEC
42:13il est parti à Wharton
42:14il aurait pu faire
42:15l'école d'économie de Paris
42:16non il est parti à Wharton
42:17oui parce que
42:18c'est un très bon exemple
42:19aussi celui-là
42:20puisque une partie
42:21par exemple
42:22dans les blocages
42:25qui font que
42:26les diplômés
42:28très diplômés
42:28s'en vont
42:29il y a justement
42:30le problème du marché
42:31académique
42:31dont Sylvain Catherine
42:33fait partie
42:33c'est-à-dire de professeur
42:34et là on est dans
42:35un blocage total
42:36c'est-à-dire qu'en fait
42:37c'est un marché international
42:38où les publications comptent
42:40il n'y a pas beaucoup
42:41de postes en France
42:42parce que de toute façon
42:43l'université
42:43il y a plus des questions
42:44de rémunération
42:44parce qu'on a publié
42:45sur les réseaux sociaux
42:46la feuille de paye
42:48de Gabriel Gickman
42:49c'est sûr que c'est
42:49intéressant pour lui
42:50d'être payé à Harvard
42:51non pas Harvard
42:52parce qu'il n'a pas été
42:53mais enfin
42:53voilà exactement
42:54ça doit représenter
42:55enfin il gagne en un mois
42:57ce que certains gagnent
42:59ce que vous vous gagnez
43:00oui on n'est pas loin
43:02mais il y a quand même
43:04des énormes différences
43:05Laurent Giovacchini
43:08il y a un point
43:09je trouve aussi intéressant
43:11vous parlez des destinations
43:12est-ce que ça vous a surpris
43:14pourquoi la Suisse
43:14je rappelle le Canada
43:1629%
43:17la Suisse
43:18l'Italie
43:19et l'Allemagne
43:20les Etats-Unis
43:21et l'Allemagne
43:23mais c'est 17-18%
43:25c'est un peu plus loin
43:26quand même
43:26il y a quelques années
43:28on aurait trouvé
43:29le Royaume-Uni
43:30et puis le Brexit
43:31a mis fin
43:32en grande partie
43:33à cette expatriation
43:35l'Allemagne
43:35je pouvais dire
43:35ça coûte une fortune
43:36le Canada en premier
43:37on le sait
43:37et d'ailleurs
43:38vous avez vu
43:38que Québec
43:40est en train
43:41de durcir
43:41les conditions
43:42d'impatriation
43:44notamment pour les jeunes français
43:45en les mettant
43:45sur un pied d'égalité
43:46avec les autres
43:47donc peut-être
43:47que ça va diminuer
43:48pour le Canada
43:48la Suisse
43:49pourquoi ?
43:50c'est de l'autre côté
43:51de la frontière
43:51vous vous formez
43:52dans une école
43:53horlogère
43:54à Besançon
43:55même les ingénieurs
43:58EPFL
43:59c'est l'ingénieur
44:00mais même
44:01les écoles françaises
44:03d'horlogerie
44:04vous allez
44:04dans les marques
44:06prestigieuses
44:07suisses
44:07de l'autre côté
44:08et vous avez aussitôt
44:09une rémunération nette
44:10qui est le double
44:10de ce que vous pouvez avoir
44:11en France
44:12les Etats-Unis
44:13on va voir ce qui se passe
44:14avec les 100 000 dollars
44:16de taxes
44:17à l'entrée
44:18pour les nouveaux profils
44:19peut-être ça va diminuer aussi
44:20l'Allemagne
44:22c'est à côté
44:23c'est un peu comme la Suisse
44:24on peut gagner
44:25mieux sa vie en Allemagne
44:26au Danemark aussi d'ailleurs
44:28il y a un truc
44:29que je trouve intéressant
44:30c'est finalement
44:31je pense que dans
44:32l'histoire contemporaine
44:33tous nos brillants cerveaux
44:34ils suivent
44:35l'eau qui coule
44:36ils vont là
44:37où l'eau coule
44:37et en fait
44:38si vous regardez
44:38ce qui s'est passé en Chine
44:39c'est assez passionnant
44:40en fait
44:41à partir de 1978
44:42il y a Deng Xiaoping
44:43qui a eu l'ouverture économique
44:45de la Chine
44:45à l'époque
44:45il n'y avait pas
44:46de formation universitaire
44:48qui était stable en Chine
44:49et il a dit
44:50à ces jeunes diplômés chinois
44:51partez
44:51partez tous
44:52je veux vous voir
44:53à Boston
44:54aux Etats-Unis
44:54etc
44:55ils sont partis
44:56et ils ne voulaient plus revenir
44:57en Chine
44:58donc là il y a eu
44:59une hémorragie
44:59des cerveaux chinois
45:00sauf que derrière
45:01vous avez eu un moment
45:02de bascule
45:02c'est 2008
45:032008
45:04qu'est-ce qui s'est passé
45:04Lehman Brothers
45:05crise financière
45:06et vous avez
45:07en gros
45:07un choc hyper violent
45:09à l'ouest
45:09quand vous aviez
45:10en même temps
45:11une montée en gamme
45:12à l'est
45:12et là vous aviez
45:13toute cette diaspora
45:14de l'élite économique chinoise
45:15qui ne voulait plus revenir
45:16qui s'est dit
45:17qu'est-ce qu'on fait maintenant
45:18perte d'attractivité
45:19de l'Occident
45:20au même moment
45:20opportunément
45:21vous avez Pékin
45:22qui a mis en place
45:23un programme
45:23qui s'appelle
45:241000 talent
45:24qui a fait revenir
45:26tout
45:26et je pense que
45:27sincèrement
45:27moi j'ai vécu ça
45:28ils n'avaient pas le choix
45:29il fallait qu'ils rentrent
45:30on n'est pas dans une démocratie
45:33il fallait qu'ils rentrent
45:34qui a fait venir
45:36à coup aussi
45:36de subventions
45:37énormément de talent
45:38ils ont appelé ça
45:39le aiguille
45:39les tortues de mer
45:40qui doivent revenir
45:41là sur le littoral
45:43où elles sont nées
45:43ça c'est un phénomène
45:44qui raconte un peu
45:45l'histoire
45:46sauf au niveau
45:47que l'Europe devait être
45:48l'Europe devait être
45:51le continent de la connaissance
45:52vous vous souvenez
45:53de cette grande ambition
45:54d'il y a encore quelques années
45:54je suis d'accord avec vous
45:56tant qu'on ne retrouvera pas
45:57pour l'Europe
45:57et pour la France
45:58cette attractivité
45:59et qu'on puisse se dire
46:00c'est en France
46:02c'est en Europe
46:02que ça se passe
46:03c'est peut-être un peu
46:04de votre faute
46:04rappelez-moi votre fonction
46:06Fédération
46:07Syntec
46:08numérique
46:09ingénierie
46:10conseil
46:10et société de conseil
46:11avant tout le monde
46:12allait dans les sociétés de conseil
46:13quand on sortait
46:14d'une grande école
46:15n'est-ce pas
46:15Nathalie Jansson
46:16et bien aujourd'hui
46:17ils n'ont plus envie
46:18parce qu'on est exploité
46:20on est mal payé
46:21c'est ce qu'ils vous disent
46:22les jeunes
46:2340% des ingénieurs
46:25viennent dans notre branche
46:27donc on n'est pas encore
46:28totalement repoussois
46:30ce qui se passe
46:31ce qui est vrai
46:32c'est que la rémunération nette
46:33dans notre pays
46:34c'est élevé
46:35entre le super brut
46:36que le chef d'entreprise paye
46:38et le net qu'il touche
46:39il y a un énorme écart
46:40moi je peux
46:41en tant que chef d'entreprise
46:44dans mon autre vie
46:44embaucher 5 ingénieurs
46:47en Allemagne
46:47avec la même somme
46:483,5 en France
46:49parce que
46:50les cotisations sociales
46:51parce que
46:52les charges sont trop élevées
46:53alors évidemment
46:54on est un peu schizophrène
46:55parce qu'en même temps
46:55les mêmes nous disent
46:56le modèle social français
46:57c'est pas mal
46:58mais il est très redistributif
47:00et beaucoup trop
47:02pèse ne semble-t-il
47:03sur le travail
47:04c'est tout le débat
47:04c'est tout le débat du moment
47:06on est un pays
47:06qui avait fait le choix
47:07du chômage autrefois
47:08vous vous en souvenez
47:09aujourd'hui
47:10il a fait le choix
47:11implicitement
47:12parce que le chômage
47:12ça va mieux
47:13heureusement
47:13de l'emploi non qualifié
47:15on enlève des tas
47:16et on comprend pourquoi
47:16on enlève toutes les charges
47:18au niveau du SMIC
47:18etc
47:18parce qu'il faut solvabiliser
47:20ces emplois-là
47:20et il faut le faire
47:21mais tout pèse
47:23Nathalie Jansson
47:24vous d'abord
47:25vos étudiants
47:25ils vous disent quoi ?
47:27ils nous disent
47:28en tout cas pour les plus
47:29entrepreneurs
47:30pareil là
47:30on va retrouver un discours
47:31alors c'est vrai
47:32qu'on a quand même
47:33des incubateurs
47:33on ne va pas non plus
47:35dire qu'il n'y a rien
47:36mais c'est vrai
47:37que pour les plus dynamiques
47:38et les plus tech
47:39il y en a qui disent
47:40il y a tellement
47:41de règles
47:43et de normes
47:46auxquelles il faut
47:46se confronter
47:47d'autant plus que moi
47:48j'ai une petite spécialité
47:50en crypto
47:51donc là
47:52c'est encore pire
47:53depuis que Mika est arrivé
47:54qu'en fait
47:55finalement
47:56les talents
47:56enfin ceux qui veulent
47:57vraiment persister
47:58dans ce secteur-là
47:58se disent que finalement
47:59il vaut mieux
48:00qu'ils aillent ailleurs
48:00sinon ils se font racheter
48:01par des plus gros
48:02parce qu'en fait
48:02c'est ça qui se passe
48:03en fait
48:03si vous ne pouvez pas
48:04développer votre entreprise
48:06dans un secteur
48:07qui est trop
48:07effectivement encadré
48:09comme c'est le cas
48:09avec ce qui s'est passé
48:11avec Mika
48:11bien ceux qui ne peuvent pas
48:13se mettre à niveau
48:14en fait se font racheter
48:15par faute de se mettre
48:16à niveau
48:16et puis vous avez vu
48:18aussi ce qui se passe
48:18quand même
48:19avec la guerre
48:19des cerveaux
48:21justement dans le sens
48:22positif
48:23avec Zuckerberg
48:26qui met 100 millions
48:26de dollars
48:28sur la table
48:29pour embaucher
48:30quelqu'un
48:31c'est une prime
48:31de bienvenue
48:32après il y a le salaire
48:33oui oui complètement
48:34et en plus
48:34on n'a pas les moyens
48:35enfin je veux dire
48:36on s'est appauvris
48:37donc c'est
48:38et puis on n'a pas
48:38à part Mistral
48:40le fameux Mistral
48:41heureusement qu'on l'a
48:42lui
48:42enfin bon
48:43ça fait une entreprise
48:45on n'est pas du tout
48:46présent dans cette
48:47pas du tout assez
48:49en tous les cas
48:49on a des très belles
48:51sociétés de tech
48:52de services
48:53on a des Capgemini
48:55on a des assosystèmes
48:56dans le domaine
48:56de l'édition de logiciels
48:58on a des Soprasteria
48:59ça c'est pour
49:00c'est ma maison
49:01on a
49:02mais quand on regarde
49:04un autre phénomène
49:05qui pèse beaucoup
49:06aussi sur l'Europe
49:07c'est l'excès de normes
49:08les start-up
49:09dans le domaine médical
49:10moi j'ai rencontré
49:11beaucoup de patrons
49:12de start-up
49:12qui me disent
49:13avant
49:13on allait plus vite
49:14en Europe
49:15pour développer notre start-up
49:16et on allait aux Etats-Unis
49:17ensuite
49:17maintenant
49:17c'est fini
49:18on l'a créé à Paris
49:19la start-up
49:19ou à Angoulême
49:20mais on va tout de suite
49:22la développer aux Etats-Unis
49:23parce que ça va
49:24beaucoup plus vite
49:24les autorisations
49:25pour tester
49:26les nouvelles technologies
49:28les nouveaux médicaments
49:28etc
49:28et on revient
49:30éventuellement en Europe
49:31après si on a le temps
49:32parce que c'est tellement lent
49:33d'obtenir les autorisations
49:35nationales
49:35européennes
49:36dans la santé
49:37mais ça c'est un peu particulier
49:38c'est vrai
49:38beaucoup de domaines
49:40le droit européen
49:41et en France
49:42on surtranspose beaucoup
49:43on a un problème
49:44de simplification
49:45qui coûte pas si cher
49:47que ça à régler
49:48là on pourrait le régler
49:49mais on a cette volonté
49:51d'être le phare du monde
49:53dans beaucoup de domaines
49:54ce qui est bien sans doute
49:55mais parfois
49:55ça pèse un peu
49:57au pied des entrepreneurs
49:58mais c'est vrai qu'en termes
49:59d'attractivité
49:59ce qui est absolument sidérant
50:01en termes de contraste
50:02c'est que vous avez
50:02en même temps
50:03Mark Zuckerberg
50:04qui met sur la table
50:06autant d'argent
50:07pour une personne
50:08que n'en met
50:09Emmanuel Macron
50:11pour son plan
50:12Choose Europe for Science
50:13c'est le même montant
50:14et ça c'est quand même
50:15assez sidérant
50:16et l'autre point
50:16c'est plus une anecdote
50:17mais aujourd'hui
50:18j'en parlais
50:18avec une chinoise
50:20qui a fait ses études
50:23à l'université de Pékin
50:24qui est un peu
50:24le Harvard en Chine
50:26une des meilleures
50:26universités chinoises
50:27et elle m'expliquait
50:28qu'en fait aujourd'hui
50:29la donne
50:29elle a un peu changé
50:30notamment sur tout
50:31ce qui est académique
50:31scientifique en Chine
50:32et qu'ils ont
50:33notamment l'université
50:35de Tsinghua
50:35qui est des mecs
50:39de l'intelligence artificielle
50:40elle me dit
50:40mais aujourd'hui
50:41un étudiant chinois
50:42qui rentre à l'université
50:43de Tsinghua
50:44derrière en fait
50:45il n'a pas besoin
50:46d'aller au MIT
50:47tout est là-bas
50:48tout est sur place
50:49donc ils ont
50:50je pense que
50:51ils ont récupéré
50:53les pionniers de l'IA
50:54en Chine
50:54et sont allés
50:55se former au MIT
50:56dans les années 90
50:57et aujourd'hui
50:58on développe
50:59les universités chinoises
51:01vous en tant que professeur
51:03qu'est-ce qu'il faudrait
51:04pour qu'ils restent là
51:05je pense que c'est
51:08ce qu'on dit
51:08malheureusement
51:09voilà ce qu'on répète
51:11depuis plusieurs années
51:12c'est-à-dire qu'effectivement
51:13pour rester attractif
51:14il faudrait avoir
51:15une vision
51:16plus d'innovation
51:19c'est-à-dire
51:19flexibiliser le cadre
51:21plus de congés payés
51:22je pense que c'est vraiment
51:24c'est vraiment
51:25dans la flexibilisation
51:26du cadre
51:26qu'on pourra y arriver
51:27c'est-à-dire qu'effectivement
51:28quand vous innovez
51:29vu qu'aujourd'hui
51:30l'innovation est quand même
51:31au cœur
51:31et que ce sont des domaines
51:32où on lance des projets
51:33on ne sait pas ce qui va
51:34et en plus l'innovation
51:36s'accélère beaucoup
51:36si vous avez des normes
51:38ça va à contre-courant
51:39de la vitesse d'accélération
51:40de l'innovation
51:41je pense que c'est là
51:42le problème
51:42c'est-à-dire qu'avant
51:43tant que c'était lent
51:44les normes
51:45on en souffrait
51:46mais pas tant que ça
51:46mais aujourd'hui en fait
51:48les normes
51:48elles sont un blocage
51:50vraiment rédhibitoire
51:52pour être dans l'innovation
51:54puisque l'innovation
51:55va trop vite
51:55par rapport aux normes
51:57Laurent
51:57et puis il faut
51:58aussi qu'on arrive
52:00à mobiliser
52:01cette énorme épargne privée
52:03qui existe en France
52:04et en Europe
52:04et qui va
52:05bien souvent
52:06financer
52:07les bons du trésor américain
52:08si on arrive
52:09à trouver
52:10des sujets
52:11qui mobilisent
52:13aussi bien
52:14monsieur et madame
52:15Michu
52:15à Carpentras
52:17que celui
52:18qui a
52:18100 millions
52:19200 millions
52:19300 millions d'euros
52:20et qui veut
52:23investir cet argent
52:24dans des projets
52:24qui rassemblent
52:25le pays
52:26autour de
52:26on est très fiers
52:29autrefois
52:29d'avoir fait
52:30Concorde
52:30d'avoir fait
52:31Ariane
52:31là nos seuls
52:33moments de fierté
52:34ces dernières années
52:35c'est les Jeux Olympiques
52:36c'est tous les 100 ans
52:36et reconstruire Notre-Dame
52:38de Paris
52:38on peut quand même
52:38pas brûler une cathédrale
52:39tous les 5 ans
52:40pour avoir la fierté
52:41de la reconstruire
52:42donc il faut qu'on trouve
52:43des objets
52:43ça sera peut-être
52:44le sujet
52:46de la future présidentielle
52:47qui rassemble
52:47deux français sur trois
52:49aurait dit Giscard d'Estaing
52:50et qui nous
52:51mobilise
52:52et qui donne envie
52:53aux chercheurs
52:53de rester en France
52:54qui donne envie
52:55aux gens qui ont de l'argent
52:55de l'investir
52:56en France et en Europe
52:57et qui donne confiance
52:59à nos concitoyens
52:59en général
53:00on va peut-être faire
53:01une proposition
53:02assurance vie
53:02for science
53:03excellent
53:04merci beaucoup
53:07en tous les cas
53:07d'avoir été avec nous
53:08Laurent Giovacchini
53:09Nathalie Jansson
53:10on était ravis
53:11de vous retrouver
53:11et puis Mathieu Jolivet
53:13qu'on retrouve tous les vendredis
53:14sauf ce vendredi
53:15mais sinon
53:16on vous retrouve tous les vendredis
53:1718h-19h
53:18et tout de suite
53:19c'est Stéphanie Collot
53:20le Grand Journal
53:2118h-19h
53:2219h30
53:23le 18h-19h
53:27d'Edwish Chevrillon
53:28sur BFM Business
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