- il y a 3 mois
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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec François Ruffin, député "Debout !" de la Somme.
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec François Ruffin, député "Debout !" de la Somme.
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00:00Bonjour Maya, bonjour à tous, bonjour François Ruffin.
00:07La dernière journée d'action a été un succès, mais enfin pas non plus un raz-de-marée,
00:11pas vraiment de nature à impressionner le gouvernement.
00:14Est-ce que demain, vous incitez les salariés à perdre une journée de salaire
00:19pour un gain assez aléatoire finalement ?
00:21Vous savez, ce qu'il y a aujourd'hui, ce que viennent dire les gens dans la rue,
00:25c'est que ce n'est plus à nous de payer.
00:26On a donné deux années pour la retraite, on a vu nos salaires gelés,
00:30ce n'est plus à nous de payer.
00:31Et de manière plus générale, aujourd'hui, ce que je viens de dire,
00:34c'est qu'à l'oligarchie, la fête est finie.
00:39Les 500 fortunes qui voient leur patrimoine multipliées par 14
00:42pendant que le SMIC ne double pas en 30 ans, c'est fini.
00:46Bernard Arnault, qui touche 3 milliards de dividendes
00:49et ne paye pas 1 euro d'impôt là-dessus, c'est fini.
00:52Et de manière générale, les milliardaires qui sont deux fois moins imposés
00:56que leurs secrétaires ou que les infirmières, c'est fini.
01:00Aujourd'hui, c'est un combat fiscal qui est engagé entre la démocratie et l'oligarchie,
01:04entre le peuple, les gens, la masse qui veulent de la justice fiscale
01:07et quelques-uns, les plus ultra-riches, les nantis,
01:13qui, eux, veulent continuer à échapper à l'impôt.
01:16Et je pense que ce que viennent dire dans la rue,
01:17demain, les Français et les Françaises qui se déplaceront,
01:20et c'est déjà miraculeux qu'on ait des manifestations
01:22alors qu'il n'y a pas de budget, il n'y a pas de réforme, il n'y a pas de gouvernement.
01:25C'est dire un ras-le-bol de « c'est plus à nous de payer ».
01:29Alors justement, le Premier ministre a admis qu'il fallait faire un effort de justice fiscale.
01:33On ne sait pas encore très bien comment il va se manifester.
01:36Pour vous, c'est la taxe Zucman ou rien ?
01:39La taxe Zucman est un bon moyen.
01:41Moi, je donne au Premier ministre une obligation de résultat et non pas une obligation de moyens.
01:46Et donc, il faut qu'il y trouve 15 à 20 milliards d'euros sur les milliardaires de ce pays.
01:5215 à 20 milliards d'euros, c'est beaucoup ?
01:54C'est rien pour eux.
01:55En un an de crise Covid, les 500 fortunes ont vu leur patrimoine quasiment doublé,
02:00augmenter de 236 milliards d'euros.
02:02Vous vous rendez compte ?
02:03236 milliards d'euros en un an où l'économie est à l'arrêt,
02:07où les Français sont confinés ou pour certains ils mouraient,
02:09où celles qui tiennent le pays debout, ce sont les infirmières,
02:13les aides à domicile, les caissières.
02:15Et à la fin, qui est récompensé ?
02:17Non pas elles, mais les milliardaires de ce pays.
02:19Plus 236 milliards d'euros.
02:21Donc oui, il y a 15 à 20 milliards d'euros à récupérer chaque année
02:25sur les plus grandes fortunes de notre pays.
02:26Et pour ça, il y a la taxe du CMAN,
02:28il y a le repos autour d'un impôt de solidarité sur la fortune,
02:31il y a la fin des sociétés écrans,
02:33il y a le relèvement des dividendes,
02:34il y a taxer les grandes transmissions.
02:38Donc il y a toute une sorte de moyens possibles.
02:40Par exemple, un relèvement de ce qu'on appelle la flat tax,
02:42le prélèvement forfaitaire unique, on appelle ça comme on veut,
02:45un relèvement aujourd'hui à 30% qui passe à 33, 34, 35,
02:49ça va dans la bonne direction ?
02:51Oui, c'est un moyen, je le dis, ça se cumule avec d'autres moyens.
02:55Une imposition sur le patrimoine, imposer les grandes transmissions,
02:58en finir avec les sociétés écrans.
02:59Vous savez, en France…
03:00La réduction des niches, par exemple,
03:02qui ne profitent pas aux très grandes fortunes,
03:04mais qui profitent aux ménages aisés,
03:07est-ce que vous l'incluez dans vos 15 milliards ?
03:08Non, je veux dire, il y a 15 à 20 milliards à aller chercher
03:11sur les ultra-riches de notre pays.
03:13C'est-à-dire, pour être précis, sur les 0,01% les plus riches,
03:17sur les 1 600 foyers qui ont vu leur patrimoine exploser ces dernières années,
03:22et ce sont ces 1 600 foyers qu'il y a, il y a une double injustice,
03:25parce que non seulement ils ont accumulé du patrimoine,
03:28mais en plus, ils sont deux fois moins imposés que ne le sont vous, moi,
03:33les boueurs qui, ce matin, sont en train de ramasser les poubelles,
03:37et deux fois plus imposés que ne l'est Bernard Arnault.
03:40Enfin, on est dans une situation qui est...
03:41Normalement, vous savez, la déclaration des droits de l'homme et du citoyen,
03:44c'est que chacun doit payer en raison de ses facultés.
03:46Or, aujourd'hui, on paye en fonction inversement proportionnelle à ses facultés.
03:51La demande claire des gens, des Français, de 80% des Français,
03:55mais vous savez, c'est les économistes qui le disent,
03:56c'est même le FMI qui dit, voilà, il faut rééquilibrer tout ça,
03:59il faut que maintenant la fiscalité pèse bien davantage sur les ultra-riches.
04:02En dessous de 15 milliards d'euros, vous censurez ?
04:06En tout cas, aujourd'hui, vous savez, moi, j'espère toujours
04:08qu'il va y avoir un miracle au moment où Sébastien Lecornu
04:11va monter à la tribune, à l'Assemblée nationale,
04:15pour faire son discours de politique générale,
04:17que peut-être un ange va venir se poser sur son épaule
04:20et faire que les petits payent petit dans notre pays
04:22et que les gros payent gros.
04:24Tant qu'on n'a pas ça, et l'entretien aux Parisiens
04:27donné par Sébastien Lecornu, vous savez,
04:28on a un beau packaging avec Sébastien Lecornu,
04:31parce qu'il vient nous dire justice fiscale,
04:33il vient nous dire concertation, il vient nous dire rupture,
04:35tout ça est très beau.
04:36Et puis quand on ouvre le paquet, à l'intérieur, c'est encore du Macron.
04:40La taxe Zuckman, c'est non.
04:41Le retour d'un impôt de solidarité sur la fortune,
04:44c'est non.
04:45L'abrogation de la retraite à 64 ans, c'est non.
04:47Même la suspension.
04:48On n'a pas de rupture, on a la continuité de Macron.
04:51Pour l'instant, pour l'instant.
04:53Moi, j'ai confiance en l'humanité.
04:55Donc, si un miracle advient, je suis le premier
04:57à l'Assemblée nationale à me lever et à applaudir.
04:59Vous avez vu les chiffres des récentes études d'opinion.
05:02En cas de dissolution, on peut s'attendre à une forte poussée du RN
05:05qui les mettrait peut-être aux portes du pouvoir.
05:09Est-ce que ça va peser, cette éventualité qu'en cas de dissolution,
05:13le RN arrive à Matignon ?
05:14Est-ce que ça va peser dans votre décision de censurer ou pas ?
05:17Moi, je censurerais si c'est conforme à mes engagements.
05:21Mes engagements sont simples.
05:23Même s'il y a un risque de mettre Jordan Bardella à Matignon,
05:28si le budget ne vous convient pas, vous s'en suer.
05:29J'ai des engagements simples auprès de mes concitoyens.
05:32Que les Français puissent vivre de leur travail,
05:34bien en vivre et non pas en survivre.
05:35Un.
05:36Deux.
05:37Que les petits payent petit et que les gros payent mon.
05:38Vous l'avez déjà dit.
05:39Ce que je veux savoir, c'est est-ce que la virtualité,
05:42le risque de mettre le RN au pouvoir,
05:45est-ce que ça pèse dans votre décision ou pas ?
05:46Je ne suis pas rentré à l'Assemblée nationale
05:48pour les petits calculs politiciens.
05:50Ce n'est pas à savoir si le RN va gouverner la France ou pas,
05:53ce n'est pas un petit calcul politicien.
05:55Pourquoi le RN est à ce niveau-là dans le pays ?
05:57Quel est le responsable de cette catastrophe politique ?
06:00Il est aujourd'hui à l'Élysée.
06:01Donc aujourd'hui, si j'ai le choix,
06:03moi ce que je souhaite, c'est la démission du président de la République.
06:06Ne serait-ce que par honnêteté,
06:08compte tenu de son bilan,
06:09qui nous a amenés à la fois dans une crise fiscale
06:12et dans une crise politique.
06:14Il nous reste une minute.
06:15Donald Trump, soutenu par à peu près tous les pays du monde,
06:18a proposé un plan de paix au Hamas.
06:20Est-ce que vous le soutenez ?
06:22Est-ce que vous souhaitez que le Hamas l'accepte ?
06:24Qu'est-ce qui se passe en ce moment en Palestine ?
06:27On a un génocide en cours reconnu par l'ONU.
06:30On a des millions de personnes
06:32qui sont déplacées,
06:33qui sont affamées,
06:34qui sont en grand danger.
06:35On a des femmes et des enfants qui sont victimes de ça.
06:38Donc tout ce qui peut être fait
06:39pour arrêter ce massacre en cours
06:41doit être fait.
06:42Donc le plan Trump, c'est oui.
06:44C'est oui, malgré des grands défauts.
06:46L'État palestinien n'est qu'à peine mentionné.
06:50La Cisjordanie, on n'en parle pas.
06:52On place la Palestine ou Gaza
06:54sous la tutelle de Tony Blair.
06:57Bon, tout ça.
06:58Donc oui, oui pour arrêter le massacre tout de suite.
07:02Oui, et en même temps,
07:03il va falloir chercher une solution politique
07:05entre un Hamas désarmé
07:07et une autorité palestinienne discréditée.
07:09Il faut espérer qu'il y aura
07:10des nouvelles générations de Palestiniens
07:11pour aider à reprendre leur destin en main.
07:13François Ruffin, député de la Somme,
07:16était l'invité des 4 vérités.
07:18C'est à vous Maya.
07:18Très bonne journée à tous.
07:19Merci.
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