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  • il y a 2 mois
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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Éric Coquerel, député LFI et président de la commission des finances de l'Assemblée nationale.

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Transcription
00:00Bonjour à tous, bonjour, Eric Coquerel. Avant de parler de l'examen du budget par votre commission, l'incarcération de Nicolas Sarkozy,
00:10qui rentre en prison dans quelques instants, au même moment ses proches manifestent, qu'est-ce qui vous choque le plus ?
00:16L'incarcération d'un ancien président de la République ou le fait que des gens manifestent pour le soutenir ?
00:21Ce qui me choque c'est qu'on ait besoin d'incarcérer un président de la République, c'est-à-dire c'est les faits d'abord qui sont manifestement d'une extrême gravité.
00:28Et je vous rappelle que les juges ne font qu'appliquer la loi. Nous, on n'a jamais été favorables à tout ce qui est exécution provisoire,
00:36mandat de dépôt différé, avant appel, etc. On n'est pas pour le tout prison très rapidement.
00:40Mais il se trouve que M. Sarkozy, les siens, la droite, l'extrême droite, ont toujours voté dans ce sens.
00:47Donc c'est normal que ça applique à eux ce qu'ils ont réclamé pour tout le monde et qu'ils s'appliquent à 86% des cas de personnes qui sont consacrantes de prison.
00:54– Mais le fait que quelqu'un qui est, puisque l'appel n'est pas prononcé, qui à ce jour est présumé innocent,
01:00que quelqu'un qui est présumé innocent dorme en prison, vous n'êtes pas très à l'aise avec ça ?
01:05– Nous, on l'a dit, on pense qu'on doit respecter les droits de la défense et que quand on peut,
01:11c'est-à-dire quand il n'y a pas une menace pour la société, effectivement, l'exécution provisoire ne nous sent pas une bonne chose.
01:16– Mais encore une chose, j'ai fait ma réponse, mais il y a plein de gens qui ne sont pas une menace pour la société
01:23et qui se retrouvent, je vous le dis, en prison très rapidement du fait même du discursissement des lois pénales.
01:30Les juges ne font qu'appliquer la loi pénale qui ont été votées et notamment votées par les amis de M. Sarkozy,
01:36votées par les amis de Mme Le Pen, etc.
01:37Donc encore une fois, il faut qu'ils se regardent dans la glace par rapport à ce qu'ils votent.
01:40Maintenant, ils s'aperçoivent d'un coup qu'eux aussi sont concernés à la belle affaire,
01:44mais il fallait peut-être s'en apercevoir avant parce qu'il y a plein de gens qui sont dans cette situation.
01:48– Le procureur général près de la Cour de Cassation, qui est le plus haut magistrat de France,
01:53vient de dire en parlant de l'éventuelle visite de Gérald Darmanin à Nicolas Sarkozy en prison
01:58que ça portait atteinte à l'indépendance des magistrats.
02:02Qu'est-ce que c'est le rôle pour vous de Gérald Darmanin d'avoir visité son ami ?
02:06– Comme ça a été dit, c'est inédit.
02:09J'ai lu des sondages sur la manière dont les gens voient les partis politiques et les responsables politiques.
02:14– On en parlera.
02:14– D'accord. Moi, ça me semble en partie injuste.
02:18Mais comment voulez-vous que les gens, parce qu'ils nous mettent tous dans le même sac en réalité
02:21quand il y a des choses comme ça, comment voulez-vous que les gens nous voient autrement
02:24à partir du moment où il y a manifestement deux poids deux mesures ?
02:28C'est-à-dire que quelqu'un qui se retrouve pour des faits graves en prison
02:33reçoive la visite du garde des Sourds, puisse aller voir Emmanuel Macron, etc.
02:37– Ça vous choque qu'il ait reçu Emmanuel Macron ?
02:39– Eh oui, bien sûr que ça me choque, parce que je pense que tout ça participe en réalité
02:42à une remise en question, justement, de l'autorité judiciaire.
02:46Voilà, c'est ce que je crois.
02:47Je ne vois pas pourquoi Nicolas Sarkozy aurait droit, j'allais dire, à plus d'égards
02:52par rapport aux faits qui sont incriminés, et le fait encore que c'est la loi qui est appliquée.
02:56Je crois que M. Darmanin était, pour justement le fait de durcir l'exécution provisoire,
03:01pourquoi il aurait plus d'égards que n'importe quel concitoyen français ?
03:04Il y a vraiment quelque chose qui n'est pas acceptable, et je vous assure que c'est difficilement supportable
03:08et entendable par les gens qui nous regardent.
03:10– Venons-en à l'examen du budget par la commission que vous présidez.
03:14Vous avez achevé hier votre première journée d'examen.
03:18La taxe du Kman défendue par la gauche unie, tous les groupes de gauche l'ont défendu,
03:22a été discutée, examinée, puis rejetée.
03:26N'est-ce pas la preuve que finalement il n'y a pas de majorité pour la taxe du Kman ?
03:29– C'est la preuve en tout cas que cette année vous avez un socle,
03:34c'est le bon terme, socle commun, c'est-à-dire en gros les groupes gouvernementaux
03:38qui sont un peu divisés, et le Rassemblement National qui s'entendent
03:41pour refuser toutes les mesures de justice fiscale que nous proposons.
03:44– Vous avez présenté un amendement, vous-même, qui a été adopté grâce au ARN.
03:48– Laissez-moi finir, laissez-moi finir.
03:50– La plupart des amendements que nous proposons au rétablissement de l'ISF,
03:53taxe du Kman, le flat d'en finir, ou au moins de remonter le plafond
03:57du bouclier social du capital qui est la flat tax,
04:00c'est-à-dire de ne pas pouvoir être imposée à plus de 30%,
04:02tout ça a été enlevé.
04:04Pire même, la contribution sur les grandes entreprises,
04:06qui déjà, j'allais dire, est un faible apport si on considère
04:12tous les efforts qui sont demandés aux Français,
04:14a été là aussi diminuée par la même alliance,
04:17Rassemblement National et Socle Commun.
04:18Donc voilà à quoi on a à faire depuis hier, vous avez raison,
04:21il y a une mesure que j'ai réussi à sauver sur l'impôt différencié
04:24qui permet d'aller chercher les évadés fiscaux,
04:27voilà, il existe là, mais à part ça, je vous assure qu'il y a plutôt
04:31un durcissement des mesures hier qui ont été adoptées
04:34en faveur de moins de justice fiscale,
04:37et tout ce qu'on a proposé, qu'elles, dans ce sens, ont été balayées.
04:39Donc voilà pour l'instant le bilan que j'en tire.
04:42– Pendant tous ces mois, depuis la dissolution, vous avez dit
04:45« Nommez-nous à Matignon, on discutera, on ira devant l'Assemblée nationale,
04:49parfois on gagnera, parfois on perdra ».
04:51C'est exactement ce qui est en train de se passer.
04:54– Oui, mais d'accord.
04:56Mais ce qui s'est passé, je vous rappelle l'an dernier,
04:58c'était, nous avions notamment cette stratégie de nous dire
05:01« Tiens, on peut changer le budget ».
05:02Voilà, on avait une dynamique NFP aussi, c'était un autre moment
05:05où le Parti Socialiste avait voté avec nous l'ascensure de M. Barnier,
05:10où il ne pensait pas gouverner sans les insoumis,
05:14où il estimait que le problème du NFP les engageait toujours,
05:18donc on n'a pas vraiment la même dynamique unitaire de ce fait, ça c'est clair.
05:21Et deuxièmement, il se trouve que nous avons eu un an d'expérience,
05:24c'est-à-dire que nous avons essayé de faire ça,
05:26et nous avons vu qu'en face, il y avait un gouvernement
05:28qui utilisait absolument tous les éléments pour en réalité ne pas changer de politique.
05:31Je vous dis que c'est toujours la même chose que nous avons sur la table,
05:33plus le fait que par rapport à il y a un an,
05:36je prends par exemple, encore une fois, la flat tax qui n'a pas été votée hier,
05:41relevée à 33%, le RN avait voté pour il y a un an,
05:45là ce n'est plus le cas, donc en plus de ça,
05:47on a un Rassemblement National, disons, qui évolue vers un discours plus néolibéral,
05:50si j'allais dire, donc tout ça fait que, du sport, pas majoritaire,
05:54et c'est pour ça qu'il fallait censurer le gouvernement, le cornu,
05:59et ne pas laisser engager cette bataille parlementaire,
06:01parce que c'est un budget antisocial qu'on nous propose,
06:04c'est un musée des horreurs,
06:05et que nous n'avons pas, effectivement, dans l'Assemblée,
06:08les moyens de le modifier.
06:09Par contre, je pense qu'on aura les moyens de le battre,
06:11en tout cas, c'est ce qu'il faut essayer de faire.
06:13La nouvelle vague, vous y avez fait, Alisson, tout à l'heure,
06:15la nouvelle vague de l'enquête Fracture française est parue hier,
06:18alors, ce n'est pas pour Valeurs Actuelles,
06:20c'est pour Le Monde, la Fondation Jean Jaurès et le Cevipof,
06:23elle témoigne d'une très nette inversion de la figure de l'épouvantail,
06:28si je puis dire, à la question,
06:30quel parti est dangereux pour la démocratie ?
06:32En 2020, on répondait oui pour LFI à 51%,
06:35et nous, pour le RN à 61%.
06:38Aujourd'hui, en 2025,
06:40quel parti est dangereux pour la démocratie ?
06:42Le RN, 49% répondent oui,
06:45et les filles, 64%.
06:47Ça s'est inversé, 64% de nos concitoyens,
06:51c'est un échantillon de 3 000 personnes,
06:5364% de nos concitoyens considèrent que votre parti est dangereux pour la démocratie.
06:58J'allais dire que tous ceux qui, il y a un an,
07:00appelaient au Front Républicain,
07:01et qui en ont bien profité,
07:02parce que je rappelle que nos électeurs ont davantage voté au deuxième tour
07:05pour des députés macronistes, voire républicains,
07:09que l'inverse,
07:11j'allais dire qu'à force de nous calomnier,
07:14de nous attaquer,
07:15de nous prendre pour si principal,
07:16et de banaliser le RN,
07:17Je vous fais la réponse que je souhaite.
07:21Bien sûr.
07:22Et de banaliser le RN,
07:23Et moi, les rembourses que je souhaite.
07:24Oui, d'accord, mais vous me posez des questions, je vous réponds.
07:27Absolument.
07:27On a les résultats qu'on a.
07:30C'est des sondages,
07:31donc je vais les prendre quand même avec,
07:33j'allais dire,
07:33c'est pas la première fois où on a des sondages
07:36qui laissent à penser que nous serions dévalorisés haute,
07:39c'est pas ce que donnent après les élections,
07:40vous le remarquerez,
07:41donc on va attendre le résultat des urnes.
07:43Mais je vous dis,
07:43il y a un jeu qui est dangereux,
07:44c'est-à-dire qu'il y a un an,
07:46il y avait un franc républicain,
07:47ou en tout cas,
07:48nous, ce qu'on a appelé un socle commun
07:49vis-à-vis du RN,
07:50depuis, ils ont été banalisés.
07:52Banalisés au point que là, par exemple,
07:54on a la plupart des amendements et des textes
07:57qui sont votés de concert
07:59entre le socle main et le RN
08:01contre les mesures de justice fiscale de la gauche.
08:03Voilà le bilan que nous avons.
08:05Et ça, c'est eux les responsables.
08:07Éric Coquerel, président de la Commission des Finances,
08:09était l'invité des 4V.
08:10Désolé pour avoir un petit peu débordé.
08:12Bonne journée.
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