- il y a 3 mois
Fabien Roussel, secrétaire national du parti communiste français, était l'invité du Face à Face sur RMC et BFMTV, du 3 octobre. Il est revenu sur le pouvoir d'achats, la grève du 2 octobre et le futur gouvernement de Sébastien Lecornu.
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00:008h28 sur BFM TV et RMC. Bonjour Fabien Roussel.
00:04Bonjour Laurent de Manille.
00:05Vous êtes secrétaire nationale du Parti communiste français,
00:08maire de Saint-Amant-les-Eaux dans le Nord.
00:10Merci d'avoir accepté mon invitation.
00:12Vous prenez la parole quelques minutes avant le Premier ministre,
00:15Sébastien Lecornu, qui va s'exprimer donc de Matignon,
00:18avant de recevoir d'ailleurs les formations politiques.
00:20Vous y serez tout à l'heure à Matignon vers midi et demi.
00:23C'est un moment important.
00:25Sébastien Lecornu ne s'est pas encore exprimé.
00:27C'est sa première prise de parole à la télévision.
00:30Qu'est-ce que vous en attendez ?
00:31Vous attendez qu'il vous dise quoi, le Premier ministre ?
00:34On attend de savoir c'est quoi le plan.
00:36J'attends de savoir où va la France.
00:39J'attends de savoir si les Français vont enfin avoir un peu plus de pouvoir d'achat.
00:45Il y a une soif de justice dans notre pays,
00:48de justice sociale, de justice fiscale.
00:51Les Français le disent beaucoup, par tous les moyens,
00:54les retraités comme les salariés.
00:55Est-ce qu'il va y avoir enfin des mesures fortes pour répondre à leurs attentes ?
01:00Est-ce qu'il va y avoir des moyens pour les services publics ?
01:02Et je pense à nos écoles et à nos hôpitaux.
01:04On attend donc d'avoir enfin un Premier ministre qui va montrer qu'il va y avoir des ruptures.
01:10Il en a parlé.
01:11C'est bizarre cette prise de parole avant de vous recevoir.
01:15J'imagine qu'il ne va pas dévoiler tout ce qu'il va vous dire dans le secret du bureau à Matignon, si ?
01:21Mais je ne sais pas, peut-être qu'il va fixer un cadre.
01:25Et par exemple, il y a quelque chose que nous, nous avons demandé à gauche
01:29et nous étions prêts à le faire.
01:30C'est par exemple de dire qu'il ne faut plus utiliser le 49-3.
01:34Il faut laisser le Parlement travailler.
01:36Nous avons dit, nous, que si nous étions en responsabilité, on n'utiliserait pas le 49-3.
01:42On construirait des majorités, texte par texte, sujet par sujet, et sans motion de censure.
01:48Dans le grand livre qu'il a accordé à la presse écrite, il a dit de toute façon, ne vous trompez pas,
01:52ce ne sera pas le budget Lecornu, ce sera le budget du Parlement.
01:56Alors c'est vrai qu'il n'a pas renoncé formellement au 49-3,
01:59mais c'est quand même une manière de dire que la main est à l'Assemblée et au Sénat.
02:02De toute façon, il y a une Assemblée aujourd'hui, composée de trois blocs,
02:06et personne n'a de majorité absolue.
02:09Et donc, sauf à appuyer sur le bouton de la dissolution dès maintenant
02:13et à provoquer de nouvelles élections, il faut faire avec,
02:15avec ses représentants du peuple, quels qu'ils soient.
02:18Et donc, il faut laisser le Parlement travailler.
02:21On a subi trop de brutalité, avec des 49-3 qui nous ont imposé une réforme des retraites injuste
02:26et des budgets injustes aussi.
02:28Et donc, en laissant le Parlement travailler,
02:31et donc en s'engageant à ne pas faire de 49-3,
02:34eh bien, le Premier ministre peut demander en même temps aux oppositions,
02:38ne me censurez pas, moi je ne ferai pas de 49-3,
02:41mais par contre, à vous de faire un budget.
02:43Et chaque député, je le redis,
02:45chaque député sera face à de grandes responsabilités,
02:49de voter ou de ne pas voter sur des mesures fortes pour le pays.
02:53– J'ai bien compris, vous ne savez pas pour autant
02:55ce que Sébastien Lecornu va dire dans quelques instants,
02:58en revanche, j'imagine que vous, vous savez ce que vous allez lui dire.
03:01D'ailleurs, vous y allez séparément, les uns après les autres,
03:04dans le bloc de gauche, vous êtes concerté
03:06ou chacun y va avec ses options et ses mesures ?
03:10– Non, on se parle beaucoup quand même à gauche.
03:13– Alors vous, par exemple, vous allez lui demander quoi concrètement ?
03:16Sur la fiscalité, sur les retraites, vous voulez quoi précisément ?
03:19– On est quand même d'accord sur des mesures fortes et d'urgence
03:23que nous demandons ensemble, c'est-à-dire une augmentation des salaires,
03:28mais surtout une indexation des salaires sur l'inflation.
03:30Le SMIC a augmenté, mais pas les salaires qui sont au-dessus du SMIC.
03:33On demande une augmentation des pensions,
03:36et entre ce que nous demandons et zéro,
03:38eh bien il y a une marge, et c'est ça que nous allons mettre sur la table.
03:40– Donc à l'inverse, l'année blanche, la non-indexation, c'est une ligne rouge.
03:44– Mais bien sûr, enfin, le SMIC…
03:47– Y compris pour les retraites les plus élevées.
03:48– Le SMIC aujourd'hui, il est à 1420 euros net.
03:53Il y a aujourd'hui près de 40% des retraités
03:56qui ont une pension inférieure à 1000 euros.
03:58On peut vivre décemment avec ça ?
04:00Les factures augmentent, les factures d'électricité,
04:03les mutuelles, les déremboursements de médicaments qui s'accumulent.
04:06Beaucoup de gens ne peuvent plus finir leur mois
04:10parce que le compte est à sec, ça ne peut pas durer.
04:13C'est cette colère-là qui s'exprime aujourd'hui dans le pays.
04:16Même quand on travaille, même des salariés,
04:18des femmes qui se retrouvent seules avec leurs enfants,
04:21avec des temps partiels, ne s'en sortent plus alors qu'elles travaillent.
04:24Ce n'est plus supportable.
04:25– Donc c'est pour ça qu'il y a tant de colère.
04:27– Vous dites justice fiscale, les salaires…
04:29– Donc de la justice sociale d'abord.
04:30Et bien sûr pour financer ces mesures.
04:33Et des mesures pour nos services publics.
04:35– La taxation des plus riches.
04:36– Encore une fois, à nos hôpitaux, à nos écoles,
04:38deux services publics en souffrance.
04:40Il faut des recettes supplémentaires dans l'État.
04:42– Donc Sébastien Lecornu a dit pas de taxe Zuckman,
04:45pas de retour de l'impôt sur la fortune.
04:46– Moi je ne fais pas, je ne focalise pas sur telle ou telle mesure.
04:51Taxe Zuckman, ISF, taxation des dividendes, etc.
04:54Ce qui est sûr, c'est que ça fait, depuis que M. Macron est là,
04:58les plus riches ont eu plein de cadeaux,
05:01ont vu leurs impôts baissés, mais pas les Français, pas les salariés.
05:04– Vous seriez prêts à une autre mesure à condition que les plus riches participent ?
05:08– Nous demandons à ceux que les plus fortunés,
05:11le capital, les multinationales, les grands actionnaires,
05:15que ceux-là, enfin, payent un impôt en pourcentage au même niveau que nous.
05:20Les 0,1% les plus riches payent moins d'impôts qu'une infirmière,
05:25qu'un instituteur, qu'un ouvrier.
05:27C'est quand même pas acceptable.
05:29Je parle en pourcentage, pas en somme.
05:32Et donc il faut qu'enfin ils contribuent au budget de la nation,
05:36que l'on aille chercher 15 à 20 milliards d'euros auprès de ceux-là,
05:42eux qui ont vu leur patrimoine multiplié par 3 depuis qu'Emmanuel Macron est au pouvoir.
05:47– Donc j'ai bien compris, peu importe la mesure, ce qui vous intéresse,
05:50c'est le rendement de la mesure qui sera proposée.
05:52– Je vais donner un chiffre à nos concitoyens.
05:54Ceux qui payaient l'ISF avant, ceux qui payaient l'ISF, c'était 250 000 foyers.
05:59Ils avaient 1 000 milliards d'euros de patrimoine taxable.
06:041 000 milliards, 1 000 milliards pour 250 000 familles.
06:08On peut en prendre 15 à 20, il va leur en rester un petit peu quand même.
06:11Et on a besoin de cet argent pour financer nos services publics, nos écoles, nos hôpitaux.
06:16– Je vous ai compris sur la taxation des hauts revenus ou des capitaux les plus importants, très bien.
06:23Sébastien Lecornu, il a quand même fait hier des propositions sur le travail.
06:26Vous parliez à l'instant des salaires.
06:28Il a proposé le retour de la défiscalisation des heures supplémentaires,
06:32le retour de la prime Macron défiscalisée et exonérée de cotisations sociales,
06:37la baisse de l'impôt sur le revenu pour les couples qui sont légèrement au-dessus du SMIC.
06:44Ça, c'est presque le contraire de ce qu'avait proposé François Bayrou.
06:47Lui, il voulait supprimer les jours fériés à ceux qui travaillent.
06:49Là, vous devriez dire, ça, ça va dans le bon sens pour donner du pouvoir d'achat à ceux qui travaillent.
06:54– Je vais vous dire, avec ces propositions, on voit bien qu'il y a une porte qui est ouverte.
06:58Pour améliorer le pouvoir d'achat, il faut qu'on mette le pied dedans.
07:01Parce que l'autre question…
07:02– Donc ça, ça vous convient ?
07:04– Je dis qu'il y a une porte qui est ouverte.
07:05Nous, on a proposé, par exemple, de baisser la CSG sur les pensions de retraite,
07:10sur les salaires, en dessous de 2 000 euros net par mois.
07:14– Que vous remplacez par quoi ?
07:15– Mais justement, c'est la question qu'on pose.
07:17Parce qu'entre la baisse de la CSG que l'on propose et lui, ses mesures de défiscalisation,
07:21comment il le finance ?
07:23Nous, nous proposons justement des recettes nouvelles en allant taxer le capital.
07:27Mais lui, quelles sont les recettes nouvelles qu'il propose ?
07:29Parce que s'il finance ça, en faisant encore des mesures d'économie sur nos services publics,
07:34sur les communes, le budget des communes, ce n'est pas acceptable.
07:38Et donc, il va falloir aller chercher des recettes nouvelles.
07:40Regardez le scandale encore, aujourd'hui, que l'on découvre, avec l'affaire des Koum Koum,
07:46cette fraude fiscale.
07:47Mais c'est 33 milliards d'euros qui a manqué au budget de la France
07:51parce que des grandes banques ont proposé à des grandes multinationales
07:55de ne pas payer d'impôts sur les dividendes.
07:58Mais c'est un scandale.
07:59Je dis ici, je le dis, que ces dénaquants en col blanc doivent aller en prison.
08:03Il faut durcir la loi.
08:05On ne peut plus accepter de se faire faire les poches par des banques qui ont pignon sur rue.
08:10Et après, c'est de l'argent qui manque pour financer le pays.
08:14Il y a un autre sujet que vous portez, le Parti communiste,
08:17mais en réalité, la plupart des partis de gauche,
08:20c'est celui du conditionnement des aides aux entreprises.
08:23Et vous avez forcément vu le PDG de Michelin, Florent Ménégaux,
08:27qui dit, bah oui, j'ai touché du crédit, impôts, compétitivité et emploi,
08:31le fameux CICE, pour acheter des machines-outils.
08:35L'usine, elle a fermé.
08:36Ces machines-outils, je les ai envoyées en Roumanie.
08:39Je les ai délocalisées.
08:41Je vais rendre l'argent.
08:42C'est quand même la preuve que c'est possible, donc.
08:44Que certains patrons sont vertueux et rendent l'argent.
08:48Carrément.
08:49Heureusement qu'il le fait.
08:50Il le fait sous la contrainte parce qu'il a été dénoncé.
08:54Cette affaire a été révélée par les syndicats, les salariés, la CGT de Michelin.
08:58Je l'ai dénoncée dans mon livre.
08:59J'ai révélé ce scandale, que Michelin a perçu des aides publiques.
09:03Ils ont acheté des machines et plusieurs d'entre elles ont été délocalisées en Espagne et en Roumanie.
09:08On l'a écrit, noir sur blanc.
09:09Fabien Guay, auteur de la commission d'enquête sur les 211 milliards d'euros d'aides publiques.
09:13Sénateur communiste qui avait fait cette tribune.
09:15L'a lui aussi rappelé dans son audition qu'il a fait du PDG de Michelin.
09:19Et à l'occasion de cette audition, le PDG de Michelin a dit,
09:21oui, bon, c'est vrai, on a pris la main dans le pot de confiture, on va rembourser.
09:25Ce n'est pas tout à fait ce qu'il dit.
09:26Il dit, on n'a pas touché d'aides indues, on a touché des aides,
09:29mais la conjoncture a fait que ces aides, on n'aurait pas dû les toucher.
09:33On les rend.
09:34Reconnaissez que c'est vertueux ?
09:35Mais d'accord.
09:36Donc est-ce que c'est utile de conditionner ces aides ?
09:38Mais bien sûr.
09:39Il faut l'écrire noir sur blanc.
09:40Il faut écrire noir sur blanc que des aides publiques versées aux entreprises,
09:44nous ne sommes pas contre.
09:46Les aides publiques versées aux entreprises doivent servir à l'intérêt de la France,
09:50des travailleurs.
09:51La relocalisation de l'industrie dans notre pays doit servir à ce que les machines restent ici et tournent ici.
09:57Elles doivent servir l'égalité femmes-hommes, elles doivent servir la formation en France.
10:02Ça doit servir à ça.
10:03Mais est-il logique dans notre pays, alors que l'on cherche des économies,
10:07que sur ces 211 milliards d'euros d'aides versées aux entreprises,
10:10certains touchent ces aides et versent des milliards d'euros de dividendes à leurs actionnaires ?
10:14Michelin va verser en 2025 1,4 milliard d'euros de dividendes et il perçoit des aides publiques.
10:21Nous proposons que quand une entreprise verre des dividendes à ce niveau-là,
10:25qu'il en déduise les aides publiques versées.
10:28Il n'y a pas de sens à ce que l'argent de nos impôts aille dans les poches d'un groupe
10:31qui ensuite verse à ses actionnaires.
10:33On a besoin de cet argent pour justement faire des économies et financer les besoins du pays.
10:38Hier, pour toutes les raisons que vous venez d'évoquer, vous étiez dans les cortés.
10:42Je crois que vous étiez à Valenciennes, avec les salariés d'Outinor qui se bat pour en défendre ses emplois.
10:48Vous avez vu qu'il y avait beaucoup moins de monde dans les rues.
10:51La CGT disait le 18 septembre 1 million, hier elle dit 600 000,
10:54le ministère d'Intérieur dit même moins de 200 000.
10:58C'est la faute à qui c'était une erreur au fond de lancer cette manifestation
11:02alors qu'on ne connaît pas le budget, qu'il n'y a pas de gouvernement,
11:05on ne sait pas quelle sauce on va être mangé.
11:06Est-ce que c'était le bon timing finalement ?
11:08D'abord, il y a toujours une soif de justice forte, je l'ai dit.
11:15Il y a moins de monde mais la colère est la même.
11:17Ah oui, oui.
11:18Parce que, vous savez, c'est difficile pour des salariés de faire grève deux fois de suite
11:23et de perdre du salaire à chaque fois qu'ils font grève,
11:26parce que c'est comme ça que ça se passe.
11:28Et donc, ce n'est pas parce qu'il y avait moins de monde dans les cortèges,
11:31et il y en avait quand même plusieurs centaines de milliers, plus de 250 grèves,
11:36que la colère serait plus faible.
11:38Nous sommes assis sur un volcan, la France va mal, on vit mal même quand on travaille.
11:46C'est insupportable pour des millions de nos concitoyens, il y a besoin de changement.
11:50Même s'il y avait moins de monde dans les cortèges hier, la soif de changement, elle existe.
11:53Alors vous, vous étiez à Valenciennes, donc vous n'avez peut-être pas entendu ce qui s'est passé à Paris,
11:56mais il y a eu quand même un moment qui a frappé tous ceux qui ont regardé cette manifestation.
12:01Olivier Faure, le patron du Parti Socialiste, et son collègue Boris Vallaud,
12:05qui est le chef des députés socialistes, hués, invectivés, insultés,
12:10PS collabos, saluent les traîtres, retournent lécher les pieds de le corps nu,
12:15tout le monde déteste le PS, c'est ça l'union de la gauche.
12:19Pendant que les syndicats montrent qu'ils sont unis, les partis de gauche,
12:22voilà l'image qu'ils montrent d'eux-mêmes.
12:24C'est bien sûr inacceptable, scandaleux, mais je sais que ce genre de pratiques existe
12:30de la part d'une minorité, une minorité d'extrémistes.
12:36Une minorité de la France insoumise ?
12:38Non, je ne sais pas moi, je ne sais pas qui est-ce qu'il y a derrière.
12:40C'est une question, je ne sais pas non plus.
12:41Parce qu'en plus, souvent ils sont masqués, ils n'ont même pas le courage de leurs opinions,
12:45ils se cachent derrière des cagoules ou des parapluies.
12:49Non, ça n'a pas de place justement, on a besoin d'être unis et forts.
12:53les salariés, les syndicats, les forces de gauche, pour pouvoir peser aujourd'hui
12:58et obtenir des changements.
13:00Olivier Faure, il était à votre micro cette semaine, lundi, au micro d'Apolline de Malherbe,
13:04et il a dit « si rien ne change, nous on censure ».
13:07Vous êtes exactement sur cette ligne-là, vous êtes aligné avec lui ?
13:10Les députés communistes et du groupe GDR disent la même chose,
13:14et je pense à ceux d'Outre-mer aussi, qui sont dans notre groupe,
13:17et où la vie chère pèse beaucoup là-bas aussi, nous disons la même chose.
13:22S'il n'y a pas de changement en France métropolitaine, dans les Outre-mer,
13:26nous censurons de la même manière, parce que la soif de changement,
13:29elle est trop importante, il faut l'entendre.
13:30Il faut l'entendre, et je l'ai dit comme ça à Sébastien Lecornu.
13:33Tout ça, vous en êtes conscient évidemment, ça crée de l'instabilité politique,
13:37et quand on regarde les sondages, cette instabilité politique,
13:39dernier sondage IFOP, ça semble profiter essentiellement au Rassemblement National,
13:43qui caracole en tête 33-35% d'intentions de vote pour Marine Le Pen ou Jordan Bardella.
13:48Ça ne vous interroge pas ?
13:49Mais c'est pour ça que j'invite le Premier ministre à laisser le Parlement travailler,
13:54et que les Français se rendent compte, découvrent ce que chaque député va voter.
14:01Les députés du Front National, du Rassemblement National,
14:04ne veulent pas de taxes sur les plus riches, ne veulent pas d'ISF,
14:08ne veulent pas d'augmentation des salaires,
14:10ils veulent tuer la Sécurité Sociale en supprimant les cotisations,
14:14alors qu'on fête le 80e anniversaire de la Sécurité Sociale, d'Ambroise Croisa,
14:19et donc moi je souhaite que justement, on laisse le Parlement travailler,
14:23qu'il n'y ait pas de 49-3, qu'il n'y ait pas de censure derrière,
14:27mais que le Parlement travaille.
14:29Fabien Roussel, il nous reste quelques minutes avant la prise de parole du Premier ministre à Matignon.
14:34Vous ne vous êtes pas exprimé encore depuis la condamnation de Nicolas Sarkozy à 5 ans de prison,
14:39avec mandat de dépôt différé mais exécution provisoire.
14:43Un président de la République qui va aller en prison, c'est quand même historique, c'est un choc.
14:48La présidente du tribunal est menacée de mort,
14:51certains critiquent l'État de droit, on ne vous a pas entendu réagir.
14:54Qu'est-ce que vous avez pensé en entendant cette condamnation ?
14:57D'abord parce que je ne fais jamais de commentaire sur des décisions de justice,
15:02et je n'ai pas voulu en faire concernant Nicolas Sarkozy.
15:07Il y a une procédure longue, plus de 10 ans, il est condamné, dont acte.
15:10Et donc je ne vais pas tirer sur l'ambulance, je ne vais pas en rajouter, c'est fait,
15:14je ne commande pas une décision de justice.
15:15En revanche, je me suis exprimé pour dénoncer les menaces dont font l'objet les magistrats,
15:22et ça c'est inacceptable, ça ça remet en cause l'État de droit.
15:25Mais quand il y a une décision de justice qui tombe, que l'on soit misérable ou puissant,
15:29il faut l'accepter et ne pas la contester.
15:32Et c'est pour ça que moi je n'ai pas voulu faire quelques commentaires que ce soit sur cette décision de justice,
15:37et je regrette que certains la remettent en cause.
15:39Il faut accepter la justice.
15:40L'exécution provisoire qui a frappé Marine Le Pen en première instance, condamnée à de l'inéligibilité,
15:48ou Nicolas Sarkozy également, vous vous dites que l'exécution provisoire s'applique à tous les Français,
15:52donc elle s'applique aux responsables politiques ?
15:54Mais bien sûr, pourquoi les responsables politiques devraient être exemptés de dispositions qui existent aujourd'hui dans la loi ?
16:00Je rappelle que c'est Rachida Dati, ministre de la Justice, qui l'a introduite dans la loi,
16:05quand Nicolas Sarkozy était président de la République.
16:07Donc il subit ce que lui-même a voulu introduire dans la loi.
16:11S'il ne faut pas l'appliquer l'exécution provisoire, il faut remettre la loi en débat et la sortir des décisions de justice.
16:20Mais si les juges estiment qu'il faut la mettre en application, il faut respecter la justice.
16:25Encore une question en attendant la prise de parole, je le répète, de Sébastien Lecornu,
16:29ce sera en direct dans quelques secondes sur BFM TV.
16:32Vous avez vu ce syndicat des enseignants du primaire qui veut débaptiser les vacances qui sont liées à des fêtes religieuses,
16:41les fêtes de Noël, les fêtes de l'Atoussin pour les appeler les fêtes de l'automne,
16:45les vacances de l'automne ou les vacances de l'hiver pour les laïciser.
16:49Vous êtes pour ou vous êtes contre ?
16:51Je n'ai pas vu ça.
16:53Je sens que je vous...
16:54Mais non, mais ce n'est pas... Est-ce que c'est le niveau du débat qu'on doit avoir aujourd'hui ?
17:00Je suis un républicain laïc, mais je ne pense pas que ce soit forcément la priorité.
17:07Mais bon, qui pousse le débat ? Pourquoi pas ?
17:10Mais ce n'est pas le sujet. Je ne pense pas que c'est la priorité du moment, franchement.
17:14J'ai gardé le meilleur pour la fin. Vous vous en doutez ?
17:17Au mois de mars, il y a des élections municipales.
17:19Vous êtes candidat à la mairie de Saint-Amand-les-Eaux ?
17:22Permettez-moi de réserver cette réponse aux Amandinois.
17:24Et je m'exprimerai aux Amandinois pour dire ce que je compte faire.
17:28Mais j'ai déjà dit depuis plusieurs mois, depuis que je suis maire,
17:33que je ne suis pas là pour faire de l'intérim.
17:35J'aime ma ville, j'y vis, je suis passionné.
17:38J'y mourrai, parce que j'habite là avec ma compagne.
17:42Mes enfants y ont été à l'école.
17:43Et donc je défendrai toujours, toujours ma ville que j'adore.
17:47Merci Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste.
17:50Merci d'être venu répondre à nos questions.
17:52Il est 8h47 sur RMC et sur BFM TV.
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