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  • il y a 3 mois
Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste et député PS de Seine-et-Marne, était l'invitée du Face à Face sur RMC et BFMTV, ce lundi 29 septembre. Il évoque la possible censure du gouvernement encore non constitué de Sébastien Lecornu, le budget 2026, la taxe Zucman ou encore la condamnation de Nicolas Sarkozy.

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Transcription
00:00semaine politique décisive, et tout dépend de vous, Olivier Faure.
00:03Parce que Sébastien Lecornu promet un gouvernement à la fin de la semaine,
00:06mais il lui reste une étape, vous revoir, vendredi,
00:09et s'assurer que vous ne censurerez pas.
00:13C'est ce qu'on va essayer de comprendre avec vous ce matin.
00:15Il n'y aura pas de taxe Zuckman, il n'y aura pas de retour de l'ISF,
00:17il n'y aura pas de suspension de la réforme des retraites.
00:20Comment vous réagissez à toutes ces portes qui se sont fermées ce week-end ?
00:24Vous dites que tout dépend de moi, mais non, tout dépend de lui.
00:27Tout dépend de sa capacité à entendre ce que les Français lui ont dit.
00:31Je rappelle qu'il y a un an, les Français n'ont pas donné une majorité absolue à qui que ce soit,
00:35mais ils ont donné une priorité à la gauche.
00:37Et ce qui n'est pas compréhensible dans l'interview du Premier ministre,
00:40c'est qu'il donne le sentiment de vouloir faire comme d'habitude,
00:43de ne rien changer, et donc de se retrouver dans une situation
00:47où les mêmes causes produiront forcément les mêmes effets.
00:51Et donc si Sébastien Lecornu entend rester à Matignon,
00:54s'il entend gouverner ce pays,
00:57forcément, la copie qu'il a donnée dans Le Parisien ne peut pas être la copie d'arrivée.
01:01Dans cette interview à nos confrères du Parisien,
01:03je répète, il explique qu'il n'y aura pas de taxe Zuckman,
01:06qu'il n'y aura pas de retour de l'ISF,
01:08et qu'il n'y aura pas de suspension de la réforme des retraites.
01:09J'ai quand même pourtant l'impression que c'était les trois points que vous lui demandiez.
01:12Mais moi je vous répète que si rien ne change,
01:15eh bien le résultat est déjà connu.
01:18Il y aura une censure, et donc ce gouvernement tombera,
01:22et il y aura vraisemblablement une dissolution à laquelle nous sommes prêts.
01:25Vous avez été surpris ?
01:27Surpris par ce qu'il dit et ce qu'il pense ?
01:30Non, parce que ça correspond à ce que dit le socle commun depuis huit ans.
01:34Donc forcément, je ne suis pas surpris.
01:36Ce qui m'étonne quand même,
01:37c'est qu'ils devraient avoir entendu le fait qu'ils ont été battus aux élections,
01:42qu'ils ont déjà perdu trois premiers ministres en un an,
01:45ce serait le quatrième,
01:46et donc à un moment, il faudrait que quelque part, quelqu'un se dise,
01:49il est temps d'ouvrir la porte à ce que peut dire l'opposition.
01:54S'ils ne l'entendent pas, que voulez-vous que je fasse ?
01:56Le chaos, c'est eux.
01:57Vous l'avez dit, s'ils ne l'entendent pas et s'il n'y a pas de changement,
02:01alors il y aura censure, et s'il y a censure, il y aura dissolution.
02:03Nous y sommes prêts, on va y revenir.
02:05Il y a tout de même quelques pistes qu'il évoque, Sébastien Lecornu.
02:10Il promet une forme de justice fiscale, c'est ce que vous demandez,
02:13qui reposerait notamment sur la taxation de l'argent qui dort
02:16dans des holdings et des holdings familiales,
02:19sur une contribution éventuelle sur le patrimoine,
02:22voire sur une réduction de la flat tax.
02:24Est-ce que ces pistes-là vous paraissent possibles, prometteuses ?
02:29Prometteuses, je ne sais pas.
02:30Ce que moi, je voudrais lui dire ce matin, c'est la chose suivante.
02:33Moi, je voudrais la copie complète.
02:35Pour l'instant, on a bien compris ce qu'il ne voulait pas,
02:38on n'a pas très bien compris ce qu'il était prêt à faire.
02:40Et donc, ce que je veux, vendredi, c'est de savoir exactement
02:44ce qu'il sera demandé aux Françaises et aux Français
02:46et quel sera le rendement de toutes les mesures
02:51qu'il entend présenter face au nôtre.
02:54Moi, ce que j'ai présenté avec les socialistes depuis plus d'un mois,
02:57c'est une équation complète.
02:59Donc, quelle est la trajectoire ?
03:01À quel rythme on réduit le déficit ?
03:06Qu'est-ce qu'on fait pour économiser sur le budget de l'État ?
03:11Qu'est-ce qu'on fait aussi comme prélèvement supplémentaire ?
03:14La taxe Zuckman.
03:16Et qu'est-ce qu'on fait aussi pour relancer l'investissement ?
03:19Qu'est-ce qu'on fait pour relancer le pouvoir d'achat ?
03:21À ces conditions-là, on peut discuter.
03:23Pour l'instant, on a compris simplement ce qu'il ne voulait pas.
03:26Mais ça veut dire que s'il arrive à vous démontrer vendredi
03:30que la taxation davantage des holdings,
03:33alors l'argent qui dort, ça voudrait dire avoir mis de l'argent dans des holdings
03:36qui sont censés normalement être une sorte d'avant-poste des investissements dans les entreprises,
03:43si en fait c'est une manière juste d'échapper à l'impôt et de faire dormir de l'argent,
03:48alors cet argent serait taxé.
03:50Si la contribution sur le patrimoine, si tout ça rapporte autant que vous espériez de la taxe Zuckman,
03:57alors vous pourriez dire oui.
03:59Oui, mais la réalité c'est que...
04:00Dans ce cas-là, vous direz oui.
04:01Mais bien sûr, mais la réalité...
04:03Non mais pardon, ça veut dire que c'était pas taxe Zuckman ou rien ?
04:07Non, ça veut dire que je veux de l'argent qui permette d'épargner les Françaises et les Français
04:11de la classe moyenne et des classes populaires.
04:13Parce que ce que les ultra-riches ne payent pas, ce sont tous les autres qui le payent.
04:17Et c'est la raison pour laquelle moi je n'ai rien contre les riches,
04:19simplement ce que je dis, c'est que quand vous avez des gens qui ont une richesse indécente,
04:24qui ont vu leur fortune doubler en 8 ans, passant de 600 milliards à 1200 milliards,
04:29ce chiffre-là, je le répète en permanence, parce qu'il permet de dire quand même
04:33que quand on demande à ces gens-là 15 petits milliards et qu'on nous répond
04:38« c'est pas possible, on peut pas les spolier », mais de quoi parle-t-on ?
04:42Quand je vois que le MEDEF fait semblant de dire que ce sont les entreprises qui sont visées
04:46alors qu'on vise en réalité des très gros patrimoines, je le rappelle, supérieures
04:50à 100 millions d'euros, qui se verraient prélever l'équivalent de 2% de leur patrimoine
04:56chaque année, patrimoine qui leur rapporte en moyenne de 10 à 12% chaque année.
05:01Donc ça veut dire que le propos n'est pas de réduire leur richesse, mais de faire en sorte
05:06qu'ils s'enrichissent moins vite désormais.
05:09Ça vous a surpris aussi le MEDEF qui dit « nous sommes en réalité les nouveaux insoumis »
05:15et qui appelle même à une mobilisation et à un grand meeting le 13 octobre.
05:19Mais comme toujours, malheureusement, le patronat fait semblant de se mobiliser
05:23pour les entreprises, mais en réalité, il est là pour protéger les ultra-riches.
05:27Parce que là, on parle de 1800 personnes qui ont un patrimoine, je le répète,
05:31supérieur à 100 millions d'euros.
05:33On ne parle pas de l'expression de petits riches.
05:37Le problème, c'est que même avec ce que nous avons fait nous-mêmes, avec l'ISF,
05:41qu'est-ce qu'on faisait ? On attrapait les petits riches, mais les ultra-riches, eux,
05:46échappaient à l'impôt.
05:47Et donc c'était tout l'objectif, c'est tout l'objectif de la taxe Zuckman,
05:50c'est effectivement de faire en sorte que ce soit ceux qui sont...
05:52En fait, vous reconnaissez vous-même que l'ISF n'était pas très bien ficelé ?
05:56Je reconnais le fait que l'ISF ne touchait pas les ultra-riches.
06:00Et qu'il y avait là un problème, c'est que les ultra-riches qui optimisent,
06:03qui se réfugient dans des holdings dans lesquels ils placent leurs biens,
06:07pour que les gens nous comprennent.
06:08Le jet privé, il n'appartient pas à l'ultra-riche.
06:12Donc il n'est pas taxé, parce qu'il ne fait pas partie de son patrimoine ?
06:15Bien sûr.
06:16De la même façon que l'hôtel particulier, que le yacht, etc.,
06:19tout ça est complètement exclu, en réalité, de ce qu'est le patrimoine reconnu de l'ultra-riche.
06:25De la même façon que les revenus qui sont des revenus très faibles
06:28par rapport au moment de leur fortune, pour justement ne payer que très peu d'impôts sur le revenu,
06:32et que ça donne tout ça au final.
06:34On a un impôt en France qui est normalement progressif.
06:38Plus vous êtes riche, plus vous payez.
06:39Eh bien, avec les ultra-riches, c'est l'inverse.
06:41Il est dégressif.
06:42Olivier Faure, comment on fait pour que les Français gagnent mieux leur vie ?
06:47Rapprocher le net du brut, voilà aussi une des promesses de Sébastien Lecornu.
06:50Est-ce que là-dessus vous êtes d'accord ?
06:51Et est-ce que vous avez des pistes ?
06:53On avait des pistes, on a proposé 6 milliards d'euros pour tous ceux qui sont en dessous de la médiane.
06:59C'est-à-dire qu'en fait, tous ceux qui gagnent moins de 1920 euros net par mois
07:04verraient leur revenu augmenter entre 900 et 1500 euros par mois.
07:08C'était la suppression de la CSG sur ces salaires-là.
07:12C'est pas la suppression de la CSG, c'est un taux différencié de CSG
07:14qui permet de distinguer entre les revenus
07:17et donc de faire en sorte qu'il y ait des gains immédiats
07:20et qu'ils soient gagés.
07:23Puisqu'en fait, c'est de l'argent en moins pour la protection sociale.
07:26Et donc, la taxe Zuckman venait justement gager
07:29ces efforts que nous faisons en direction des salariés.
07:33On l'a dit, Olivier Faure, vous verrez le Premier ministre vendredi.
07:36Est-ce que c'est le rendez-vous de la dernière chance ?
07:38Oui.
07:39Il n'y en aura pas d'autres.
07:40Vous dites, c'est à prendre ou à laisser vendredi.
07:42Soit il nous convainc, soit il est censuré.
07:45C'est simple.
07:45Jeudi, les Français vont à nouveau manifester.
07:48Vraisemblablement, dans des conditions, j'y serai.
07:50Comme la dernière fois.
07:51Et donc, qu'ils vont manifester.
07:54Et rappelez-vous qu'on a eu entre 500 000 selon la police,
07:585 millions selon les organisateurs.
08:00Enfin bref, une grosse manifestation assez inédite
08:03dans la mesure où il n'y avait plus de projet sur la table
08:06et que le Premier ministre venait même de dire
08:08que les jours fériés ne seraient plus retirés.
08:11Deux jours fériés ne seraient plus retirés.
08:13Et donc, cette mobilisation importante manifeste quelque chose
08:16qu'il faut entendre.
08:18Il y a une forme d'exaspération dans ce pays
08:20et il y a la volonté d'aboutir à plus de justice fiscale.
08:24Le lendemain, vous voyez le Premier ministre.
08:25Demain, les syndicats, sous la forme de l'inter-syndicale,
08:29seront réunis et seront donc reçus ensemble par le Premier ministre.
08:33Est-ce que c'est de bonne augure que le rendez-vous avec vous
08:37soit effectivement le lendemain et justement dans la foulée des syndicats ?
08:42Est-ce que ça veut dire que déjà, au moins sur la forme,
08:44il a compris quelque chose le Premier ministre, d'après vous ?
08:46En tout cas, ce qu'il doit comprendre,
08:48c'est qu'il y a aujourd'hui des gens qui défendent le monde salarié,
08:52qui défendent aussi les petites entreprises,
08:55qui défendent aussi celles et ceux qui se battent et qui travaillent
08:58et qui ne veulent pas être ceux qui subissent les rentiers.
09:01Et donc, nous devons aujourd'hui être en mesure de dire
09:04qu'effectivement, si des efforts doivent être produits,
09:07ils doivent d'abord reposer sur la rente, sur la spéculation,
09:10sur ceux qui, aujourd'hui, se comportent comme les assistés de la République.
09:13Olivier Faure, l'un des proches de Sébastien Lecornu,
09:16dit dans la presse ce matin,
09:17il faudra accorder une victoire au PS.
09:21Est-ce que vous voyez cette victoire venir ?
09:24Mais je ne sais pas, moi je ne veux pas une victoire pour le PS,
09:26ce n'est pas le sujet.
09:27En gros, ce qu'ils sont en train de dire,
09:28c'est qu'il faudra que vous puissiez sauver la face
09:31pour vous permettre de ne pas censurer.
09:34Est-ce que c'est là qu'il y a un grand malentendu avec eux ?
09:36Il y a un grand malentendu.
09:37Je passais ma journée d'hier,
09:39j'ai fait les vides greniers dans ma circonscription.
09:41Et donc, vous imaginez,
09:43des centaines de gens qui viennent me parler de ça.
09:45Qu'est-ce qu'ils me disent ?
09:46Ils me disent, non pas, on veut sauver qui que ce soit.
09:49Ils disent, faites en sorte que cette semaine,
09:52quand vous verrez le Premier ministre,
09:54il y ait enfin un renouveau, un espoir
09:57qui permette à nous, qui sommes des gens très ordinaires,
10:01de voir un peu de lumière.
10:02Parce que ça fait quand même longtemps que ce pays est dans la dépression.
10:06Est-ce que la lumière, c'est de taxer davantage les riches
10:07ou c'est de faire en sorte qu'eux gagnent davantage ?
10:10C'est de faire qu'eux gagnent davantage.
10:12Mais vous l'avez bien compris aussi,
10:14c'est que si vous voulez que l'immense majorité
10:17gagne davantage, il faut qu'elle soit moins prélevée.
10:20Et donc, tous les impôts qui étaient prévus par François Bayrou,
10:23d'ailleurs avec le gel du barème de l'impôt sur le revenu
10:26qui aurait fait rentrer des ménages dans l'impôt sur le revenu,
10:28qui aurait augmenté les impôts de tout le monde,
10:30sauf pour les ultra-riches,
10:31eh bien la question qu'ils posent,
10:33c'est de savoir si eux vont être à nouveau
10:35les indons de cette mauvaise farce
10:36ou si, justement, on va chercher l'argent du désendettement
10:40et de la capacité de nos services publics à fonctionner
10:43chez celles et ceux qui se sont beaucoup enrichis
10:45et qui ont les moyens de venir en indettement.
10:46Est-ce que les dindons de la farce, comme vous dites,
10:48ce n'est pas vous les socialistes ?
10:50En tout cas, c'est ce que considère Jean-Luc Mélenchon.
10:52Il l'a écrit ce week-end.
10:54Il a bien trimballé les nigauds.
10:56Il, c'est Sébastien Lecornu,
10:58et les nigauds, c'est vous.
10:59Il ne leur donnera rien de l'espoir non plus,
11:02car il dit renoncer à débaucher des candidats ministres
11:04dans les groupes politiques qui ne soutiendraient pas le gouvernement.
11:07Adieu, vaux, vaches et volailles à plumer
11:08pour Brun et Guedge, par exemple, député socialiste.
11:12Non, mais vous l'avez compris,
11:14moi, je ne commande plus les excès de langage
11:16de Jean-Luc Mélenchon,
11:17qui croit qu'il n'est ni prose ni vert.
11:21Il est simplement dans une forme de démagogie permanente.
11:25Et ce que je fais, moi,
11:27c'est qu'à chaque instant, je cherche des solutions.
11:30Je pourrais, moi aussi, faire un grand numéro
11:32de « ils sont méchants, ils sont la droite, etc. »
11:35et on n'avancera pas.
11:36Moi, ce que je veux au contraire,
11:37c'est qu'à chaque étape,
11:38nous puissions essayer de trouver des solutions
11:40pour les Françaises et les Français.
11:41Si nous ne les trouvons pas, nous censurerons.
11:44Si nous les trouvons, nous maintiendrons.
11:46Voilà, c'est tout, c'est aussi simple que ça.
11:47La première motion de censure,
11:49elle sera déposée par les Insoumis.
11:50Ils l'ont déjà annoncée.
11:53Si, après le rendez-vous de vendredi,
11:55vous en ressortez bredouille,
11:57vous avez l'impression de ne pas avoir été entendue,
11:58que même sur cette histoire de taxer l'argent
12:02qui dort dans les holdings,
12:03il n'a pas le compte,
12:05alors vous pourriez vous associer
12:07à la motion de censure des Insoumis ?
12:09Mais nous verrons.
12:10Et si le compte n'y est pas,
12:11nous déposerons une motion de censure.
12:13Votre propre motion de censure ?
12:14Et nous prendrons nos responsabilités.
12:16Nous ferons en sorte que ce gouvernement tombe
12:19s'il ne veut pas entendre ce que lui disent les Français.
12:21Ça veut dire que vous préférerez avoir votre motion de censure
12:24que vous vous associez à celle des LFI ?
12:26Mais je ne sais pas ce que dira la motion de censure des LFI.
12:29Je sais par contre ce que nous nous dirons.
12:30Nous dirons que nous avions un projet concret,
12:34ce que n'a pas fait LFI,
12:36il n'a pas fait cet effort-là.
12:37Il faut que dans l'année et demie qui vient,
12:39nous sachions dire
12:40comment est-ce qu'on va à l'élection présidentielle.
12:42Et nous, nous avons posé sur la table
12:44un projet qui est parfaitement défini,
12:46avec une trajectoire budgétaire,
12:48avec des économies,
12:49avec aussi des nouvelles recettes,
12:52et puis un plan de relance d'investissement de ça.
12:55En fait, vous n'avez plus rien à voir avec LFI.
12:57Ça suffit de vous en parler, quoi.
12:59Il n'y a plus rien.
13:00Mais ce n'est pas qu'il n'y a plus rien.
13:01C'est qu'en fait, je n'en peux plus
13:03d'être en permanence interrogé sur des gens
13:05qui font de la communication à outrance,
13:08mais qui ne proposent rien.
13:09Moi, ce que je dis, c'est que
13:10dans un moment comme celui-là, il faut...
13:12C'était quand même vos alliés, quoi.
13:12Si vous êtes aujourd'hui dans ce groupe, dans l'Assemblée,
13:16c'était élu sur une liste commune.
13:18Vous étiez ensemble.
13:20C'est quand même normal et légitime qu'on vous interroge.
13:22Mais je ne vous refuse pas de m'interroger.
13:24Vous étiez le nouveau fond populaire.
13:27Je dis simplement qu'à un moment,
13:29quand on a un leader qui se comporte comme il se comporte
13:32et qui a pour principaux adversaires
13:35les autres partenaires de gauche
13:37et qui en oublient même jusqu'à l'extrême droite et la droite,
13:39je dis effectivement qu'il y a un problème.
13:41Il ne peut pas passer sa vie entière
13:43à parler du reste de la gauche.
13:44Moi, je ne parle pas de lui.
13:46Ça ne m'intéresse pas.
13:47Je ne suis pas en train de chercher à antagoniser...
13:48Et c'est vrai qu'il a passé le week-end à parler de vous,
13:50de vous, l'éligo, le ramassis de vieux sectaraux cassoulet.
13:54Oui, mais moi, je ne cherche pas à antagoniser la gauche.
13:57Je cherche à dire qu'il y a un chemin possible pour la France
14:00et c'est très différent.
14:01Avez-vous vu une différence entre Sébastien Lecornu et François Bayrou ?
14:04Oui, sur la forme, sur la méthode,
14:07sur, je pense, l'attitude générale du Premier ministre
14:12qui donne le sentiment de vouloir discuter.
14:14Mais le problème, ce n'est pas simplement la méthode,
14:17c'est aussi le contenu.
14:18Et pour l'instant, je ne vois pas de changement.
14:20S'il n'y a pas de chemin possible
14:24où vous puissiez avoir au minimum une bienveillance
14:27à l'endroit de ce nouveau gouvernement...
14:30Je vous dis tout de suite, il n'y aura aucune bienveillance.
14:32Le fait de ne pas censurer, ce n'est pas de la bienveillance ?
14:34Non. La seule chose qui m'intéresse,
14:36c'est de savoir si les Français,
14:38les classes populaires, les classes moyennes,
14:40les gens ordinaires, vont être pénalisés par ce budget ou pas.
14:43Et donc, est-ce qu'on fera tourner les services publics ou pas ?
14:45Est-ce qu'on fera en sorte qu'on puisse redonner du plan d'achat
14:48au plus grand nombre ou pas ?
14:49Est-ce qu'il vaut mieux dissoudre
14:50ou est-ce qu'il vaut mieux juste censurer et passer au suivant ?
14:53Moi, je pense que dans ces cas-là,
14:55c'est l'oeuvre de ce président de la République qui décide.
14:57Mais peut-être que la dissolution sera le seul moyen
15:00d'arriver à remettre les compteurs à zéro.
15:01Plutôt que de passer au suivant
15:04Si c'est pour que le suivant revienne
15:05et nous dise la même chose que le précédent,
15:07ça ne sert à rien.
15:08Olivier Faure, vous avez compris, vous,
15:09le jugement contre Nicolas Sarkozy ?
15:12Oui, je comprends qu'il y avait une affaire grave
15:15de corruption de nos élites,
15:20et en l'occurrence d'un ancien président,
15:22qu'au bout de dix années d'enquête,
15:24les juges ont considéré
15:27qu'il y avait une condamnation
15:29sur la base de l'association de malfaiteurs
15:31contre Nicolas Sarkozy.
15:32Et moi, ce qui m'indigne aujourd'hui,
15:35parce que je crois, comme lui,
15:36que la France a été humiliée,
15:38mais pas pour les mêmes raisons,
15:39ce qui humilie la France aujourd'hui,
15:41c'est de voir qu'une partie du monde politique
15:43a décidé de faire la peau des juges.
15:46Et moi, je crois que dans un état de droit,
15:48justement, on doit s'en tenir
15:49à respecter la séparation des pouvoirs,
15:52respecter la liberté de la presse,
15:54respecter des décisions de justice
15:55qui sont parfaitement motivées.
15:58Sur cette question de l'état de droit,
16:00ce que dit Nicolas Sarkozy
16:01et un certain nombre de ses soutiens,
16:03mais aussi quelques observateurs,
16:05y compris du monde judiciaire,
16:07c'est que le principe de l'exécution provisoire
16:10serait contraire, justement,
16:13à l'état de droit,
16:14c'est-à-dire à la double juridiction.
16:16Est-ce que ça vous interroge ?
16:18Quand vous entendez le président du Sénat
16:20qui dit « oui, ça interroge »,
16:23il y a un questionnement.
16:24Je comprends que ça interroge.
16:25Ils ont tous des cas dans leur propre famille politique.
16:29Le parti des honnêtes gens,
16:30celui de Retailleau, comme ils l'appellent.
16:32En fait, ils multiplient,
16:34enfin, ils sont plus nombreux dans les tribunaux
16:36qu'à l'Assemblée.
16:37Donc, effectivement, je comprends
16:39qu'il y a un problème pour eux.
16:40Mais enfin, il ne faudrait quand même pas
16:41prendre les choses à l'envers.
16:43Parce que là, on est en train de créer
16:44un immense nuage.
16:46On ferait de la fumée,
16:47on doit donner une affaire.
16:49La réalité, c'est que le vrai débat,
16:51c'est de savoir si on accepte ou pas
16:53que celles et ceux qui nous gouvernent
16:56et qui donc sont censés être exemplaires
16:59sont décorrompus ou pas.
17:01Mais sur cette question de l'exécution provisoire,
17:04est-ce que vous vous dites
17:05« oui, ça pose question ».
17:06Non, mais moi, je ne veux pas répondre à cette question.
17:08– Mais c'est la loi.
17:10– Comme à Gérard Larcher.
17:11– Non, mais c'est la loi et les juges
17:12ne font que l'appliquer.
17:13Mais vous vous rendez compte
17:14qu'au bout de 10 années de procédure,
17:16ça fait 10 ans qu'il y a une procédure qui est engagée
17:18et seulement au bout de 10 ans,
17:19il y a une condamnation.
17:20Et donc là, si vous dites
17:21qu'il n'y a pas d'exécution provisoire,
17:22ça veut dire qu'en fait,
17:23vous repartez en appel,
17:24peut-être qu'encore 10 ans
17:26pendant lesquels vous aurez en fait…
17:28– Donc en fait, c'est une réponse
17:29à la lenteur de la justice ?
17:30– C'est une réponse tout simplement
17:31à la lenteur de l'instruction
17:33parce que c'est difficile
17:34d'instruire un dossier pareil.
17:35Je comprends parfaitement
17:36que ça ait duré longtemps.
17:37C'est logique qu'on cherche à s'assurer.
17:40– Nicolas Sarkozy, il considère même
17:41que ça a eu un impact politique.
17:44Voilà ces mots hier.
17:45Je rappelle que j'ai perdu
17:47la présidentielle de 2012 de très peu.
17:50Il parle notamment de la question
17:51du faux document qui serait faux
17:55ou en tout cas dont on ne peut pas prouver
17:57la véracité pour être tout à fait précise
17:59et utiliser les mots du tribunal.
18:00Il dit le faux de Mediaparty
18:02a joué un grand rôle.
18:03Qui réparera cette injustice ?
18:04Il estime même que, au fond,
18:06l'élection de François Hollande de 2012
18:07serait fragilisée.
18:10– Attends, mais vous vous rendez compte ?
18:13C'est quand même…
18:14Enfin, cette façon de chercher
18:16systématiquement à retourner
18:18tous les arguments.
18:20La vraie question qui est posée,
18:21c'est est-ce qu'il y a eu un moment
18:23des collaborateurs de Nicolas Sarkozy
18:25qui sont partis voir,
18:26y compris un homme qui était accusé
18:28de terrorisme,
18:29qui est à l'origine
18:31de cet attentat
18:32sur le décès 10 de l'UTA
18:35qui a causé la mort de 170 morts.
18:38Vraiment, est-ce qu'on peut
18:39remettre les choses à leur place
18:40et se redire les choses
18:42telles qu'elles se sont passées ?
18:43Moi, ce que je vois,
18:45c'est qu'à chaque fois
18:46que la justice,
18:47on a un homme ou une femme politique,
18:49eh bien, la droite
18:50remet en cause la justice.
18:51– Merci.
18:52– Alors qu'elle est celle
18:52qui, en permanence,
18:53appelle à plus de sévérité
18:55et à ce qu'il y ait une tolérance zéro.
18:57– Merci Olivier Faure.
18:57– La tolérance zéro,
18:58c'est pour tout le monde.
18:59– Merci Olivier Faure,
19:00premier secrétaire du Parti socialiste,
19:01Merci.
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