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  • il y a 3 mois
Philippe Bertrand, sept ans. Petit garçon timide au visage rond et aux yeux bleus a été par un jeune homme aux cheveux blonds, Patrick Henry. Avant d'être arrêté, il demandait la peine de mort pour celui qui avait fait ça. Son nom va éclipser celui de la victime au cours d'un procès où ses avocats, dont Robert Badinter, vont sauver sa tête.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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Transcription
00:0014h15 c'est l'heure du crime sur RTL
00:04Jean-Alphonse Richard
00:06La France a peur, je crois qu'on peut le dire aussi nettement.
00:10La France connaît la panique.
00:11Depuis qu'hier soir, on lui a appris cette horreur,
00:15un enfant est mort, un doux enfant au regard profond,
00:18assassiné, étranglé, par le monstre qui l'avait enlevé pour de l'argent.
00:24Bonjour, Philippe Bertrand, 7 ans,
00:27petit garçon timide, aux visages ronds et aux yeux bleus,
00:30tué par un jeune homme de 22 ans, aux cheveux blonds.
00:33Avant d'être arrêté, cet individu, Patrick Henry,
00:36demandait la peine de mort pour celui qui avait enlevé l'écolier.
00:41Ses avocats, dont Robert Badinter, vont sauver sa tête
00:44au terme d'un procès historique, celui de la peine de mort.
00:48Patrick Henry, le tueur sans remords,
00:51l'heure du crime, la seule émission radio 100% fait divers,
00:54c'est tout de suite sur RTL.
00:57Vendredi 30 janvier 1976,
01:03la cloche de midi sonne à l'école primaire de Pont-Sainte-Marie,
01:07proche banlieue de Troyes.
01:09Le petit Philippe Bertrand, 7 ans,
01:11fait partie des écoliers qui se dépêchent de rentrer chez eux pour déjeuner.
01:15Son copain, Dominique Ménien, même âge, l'accompagne.
01:20Puis les garçons se séparent.
01:21« Je ne l'ai pas vu partir avec quelqu'un », va certifier Dominique.
01:26Philippe doit aller récupérer son petit frère à la toute proche maternelle de la visitation.
01:32Il est prévu que les enfants retrouvent leur père devant le magasin du fleuriste.
01:36Quand le papa arrive, il n'y a personne.
01:38À 12h20, la maman qui attend l'arrivée de la famille reçoit un coup de fil.
01:44Une voix d'homme qu'elle ne reconnaît pas, calme et posée, annonce que Philippe a été enlevé.
01:50L'individu réclame un million de francs.
01:53Il rappellera.
01:55Dans l'heure qui suit, deux inspecteurs du commissariat de Troyes sont chez Gérald et Marie-Françoise Bertrand.
02:01Tout le monde est autour du téléphone.
02:04À 18h16, nouvel appel.
02:06Les policiers demandent aux parents de garder leur interlocuteur le plus longtemps possible au bout du fil.
02:12On veut le localiser.
02:14L'inconnu reste en ligne pendant 19 minutes.
02:18Une cabine téléphonique est identifiée à Bréviant d'une commune proche.
02:22La police se met en planque autour de la cabine.
02:25On aperçoit la silhouette d'un jeune homme blond.
02:27On ne va pas tarder à l'arrêter, mais rien ne se passe comme prévu.
02:32L'arrivée d'un fourgon de gendarmerie, gyrofard allumé, met le suspect en fuite.
02:37Il saute dans un talus, il disparaît dans la nuit.
02:40Plus aucune trace.
02:42Mardi 3 février, trois jours après le rap du petit Philippe Bertrand,
02:46sa mère lasse un appel au ravisseur en direct à 13h à la télévision.
02:50Je vous en supplie, rendez-le-moi, ne nous laissez plus souffrir.
02:54Tout ce que je veux, c'est retrouver Philippe, implore Marie-Françoise-Bertrand,
02:59visage défait, engoncé dans un manteau d'hiver.
03:02Un appel à témoins est lancé.
03:04Les policiers parisiens de l'OCRB, arrivés en renfort à Troyes,
03:08estiment que le ou les ravisseurs connaissent la famille Bertrand.
03:12Les parents du petit Philippe ne sont pas spécialement fortunés,
03:15mais le grand-père, Jean Larcher, est une grosse fortune du coin.
03:19Il s'est d'ailleurs tout de suite proposé pour réunir la rançon.
03:22Mardi 10 février, dixième jour de disparition,
03:26le curé de Pont-Sainte-Marie découvre dans sa boîte aux lettres
03:29un gant qui appartient au petit Philippe
03:31et une lettre pour les parents,
03:33les instructions de remise de la rançon.
03:36Gérald Bertrand, le père, prend la route
03:38avec un sac qui contient le million de francs,
03:41en contact permanent avec la police.
03:44Commence alors un cruel jeu de piste.
03:46À chaque étape, un vêtement de l'enfant
03:48et de nouvelles consignes à suivre.
03:50La route s'achève dans la nuit à Mont-Tierramé,
03:53à 25 km de Troyes, devant l'auberge La Mangeoire.
03:56La rançon est déposée au pied d'un poteau téléphonique,
03:59mais personne ne vient la récupérer.
04:02Aux policiers, les gérants de l'auberge
04:03disent avoir aperçu dans l'après-midi
04:05un jeune homme blond avec des lunettes.
04:08Incroyable concours de circonstances.
04:10Celui-ci passe à l'instant,
04:12au même moment, en voiture,
04:14sous les yeux des enquêteurs.
04:15La déesse citroëne blanche est immatriculée dans l'aube.
04:19Le propriétaire est un certain Patrick Henry,
04:2122 ans, représentant de commerce,
04:24domicilié à Troyes,
04:25au numéro 5 de la rue de la République.
04:27Interpellé le lendemain,
04:29peu après 6h du matin,
04:30Patrick Henry avoue qu'il connaît la famille Bertrand,
04:35mais il n'a pas enlevé le petit garçon.
04:38Le commissaire Charles Pellegrini
04:39est persuadé que le jeune homme ment.
04:41On le conduit dans une forêt, on l'intimide.
04:43« Tuez-moi si vous voulez,
04:45mais vous allez tuer un innocent »,
04:47clame le suspect.
04:48Relâchez, après 46h de garde à vue.
04:52Un suspect que les policiers vont bien sûr retrouver sur leur route.
04:56Personne ne se doute alors que le nom de cet inconnu
04:58va devenir tristement célèbre,
05:00entré dans la chronique criminelle,
05:02sous les traits d'un meurtrier froid et dépassionné.
05:06On va voir comment cette affaire va choquer la France entière,
05:10comment la police va travailler sur ce personnage
05:15qui est tout à fait déroutant.
05:17Alors, il faut reprendre, bien sûr, pour le moment,
05:19la route de Troyes, un rapte d'enfants.
05:22Bonjour, commissaire Charles Pellegrini.
05:24Bonjour.
05:24Merci beaucoup d'être avec nous dans le studio aujourd'hui
05:27de l'heure du crime.
05:28Alors, vous êtes l'ancien patron de l'OCRB,
05:29office central de la répression du banditisme,
05:31auteur du livre « L'histoire de PJ »
05:34aux éditions de la Manufacture,
05:36dans lequel vous évoquez cette histoire,
05:37la traque de cet homme.
05:41Et puis, il y a un autre ouvrage aussi
05:43qui s'appelle « Flics et corse, grosses affaires et coups tordus »
05:46qui est publié aux éditions L'Artilleur.
05:48C'est une toute autre histoire,
05:50mais je la conseille évidemment à nos auditeurs.
05:52Charles Pellegrini, un petit mot tout de suite.
05:55Il y a un rapte d'enfants.
05:56Alors, on est évidemment des années,
05:58il y a des années, lumière de ça.
06:00Cette histoire, elle est ancienne déjà.
06:01Mais, ce n'est pas très courant à l'époque.
06:04Mais, à l'époque, c'était l'âge d'or
06:06des enlèvements et séquestrations d'industriels,
06:10de personnes importantes.
06:12Il y avait quand même le petit Mérieux,
06:13Christophe Mérieux,
06:14qui avait été enlevé
06:15contre une demande de rançon.
06:18Mais, effectivement,
06:19surtout à Troyes et dans des conditions pareilles,
06:22c'était plutôt,
06:23à ma connaissance,
06:24c'était le seul de cette époque.
06:26On a le sentiment, commissaire Pellegrini,
06:29que c'est une enquête facile pour vous.
06:30Lorsque vous arrivez à Troyes,
06:33on sait que cet homme,
06:34il a téléphoné longuement à la famille.
06:36On a failli l'attraper dans cette cabine.
06:39Il laisse des indices partout.
06:41On le voit rouler en voiture.
06:43C'est la voiture qui est immatriculée à son nom.
06:45C'est-à-dire que c'est un amateur ?
06:47Oui, c'est un amateur,
06:48c'est un salopard,
06:51mais c'est un amateur.
06:52Ça, c'est autre chose.
06:53Oui, non, non, mais les deux peuvent que...
06:55C'est vrai.
06:56Et donc, effectivement,
06:58d'abord, déjà,
06:59nous, d'entrer,
07:00le fait qu'il soit resté 20 minutes dans la cabine,
07:03ça suffit à le classifier
07:05comme quelqu'un qui ne connaît pas,
07:06qui n'est pas prudent.
07:07Bref,
07:08mais on n'est pas plus avancé.
07:10Pendant ses 48 heures de garde à vue,
07:12vous le savez,
07:13il n'a rien dit.
07:14Il n'a rien dit.
07:16Vraiment,
07:16il ne dit absolument rien.
07:18C'est un...
07:19Bonjour, Maître Basile Adair.
07:20Bonjour.
07:21Merci beaucoup d'être avec nous également
07:22dans le studio de l'ordre du crime.
07:23Vous êtes avocat au Barreau de Paris
07:25et auteur de la pièce de théâtre
07:27Le procès de Patrick Henry.
07:28Enfin, on en dira en mots de cette pièce,
07:30mais elle est inspirée directement,
07:31c'est ça,
07:32du travail de Robert Badenter,
07:35c'est ça ?
07:35Ah, elle se veut le plus fidèle possible
07:37à la réalité des faits.
07:39Évidemment,
07:39c'est un procès qui a duré trois jours,
07:41qu'il a fallu contracter en une heure et demie,
07:44donc on a retenu l'essentiel.
07:46Mais c'était sous la...
07:47l'affectueuse...
07:49pas correction,
07:51mais en tout cas avec l'aide de Robert Badenter
07:54que je l'ai écrite
07:55et à partir des documents qu'il avait conservés.
07:58Robert Badenter,
07:59évidemment,
07:59l'avocat historique de Patrick Henry,
08:01mais ça,
08:01on va y revenir,
08:02la manière dont il va retourner le dossier,
08:04Robert Badenter,
08:05et qui va le rendre célèbre,
08:06d'ailleurs,
08:06pour son combat contre la peine de mort.
08:09Petite question,
08:10Maître Badenter,
08:10alors je sais que vous n'étiez pas dans le dossier à l'époque,
08:12évidemment,
08:13on est d'accord,
08:14mais cet homme,
08:16Patrick Henry,
08:17il lâche rien,
08:18c'est un peu contre vent et marée
08:19qu'il dit,
08:21c'est pas moi,
08:21c'est pas moi,
08:22c'est très étonnant,
08:23parce qu'il y a beaucoup de choses contre lui.
08:24Il a cette puissance,
08:26alors que c'est un amateur,
08:27comme nous dit Charles Pellegrini,
08:28mais il a cette puissance de la dénégation.
08:30Oui,
08:32il est très jeune,
08:33c'est très étonnant
08:33qu'il ait pu résister
08:34à la pression
08:36qu'il a dû subir,
08:41et à la force
08:41du commissaire Pellegrini,
08:44que je suis heureux de rencontrer aujourd'hui,
08:46mais il y a des gens comme ça,
08:48qui ont du sang-froid,
08:49et dans des circonstances quelquefois héroïques,
08:51quelquefois des criminels,
08:54qui sont capables de résister
08:55à toutes les pressions.
08:56Je ne veux pas vous dire que c'est courant,
09:01mais dans les affaires criminelles,
09:02on les rencontre assez souvent.
09:04Oui, mais vous avez raison
09:05de souligner sa jeunesse,
09:06il a 22, 23 ans,
09:08il est tout jeune,
09:09il n'a pas d'expérience criminelle
09:11à son actif,
09:13si ce n'est quelques menus larcins,
09:14donc effectivement,
09:15on peut s'interroger.
09:16Charles Pellegrini,
09:17alors évidemment,
09:18vous allez tomber sur lui,
09:20sur ce garçon.
09:21Vous allez,
09:21après sa course-poursuite,
09:23en voiture,
09:23dans sa DS, etc.,
09:25l'identifier,
09:26et l'interpeller.
09:28Et là,
09:30c'est qui que vous avez en face de vous ?
09:32C'est un mur ?
09:33Il ne dit rien ?
09:34C'est...
09:35J'allais dire,
09:36c'est...
09:37Je vais résumer.
09:38C'est une petite racaille insolente.
09:40On fait son passé,
09:42il a cambriolé,
09:43il a incendié les endroits
09:44qu'il avait cambriolé.
09:46Pas très malin.
09:47Il vole un chèque
09:48à sa collègue de travail
09:49et il va le déposer
09:50dans une agence,
09:51etc., etc.
09:52Mais on n'a rien.
09:53Mais je voudrais
09:54vous livrer
09:56un témoignage
09:57que je crois inédit.
09:59Après sa garde à vue,
10:01on l'a suivi,
10:02bien entendu,
10:03ça ne donnait rien.
10:04Et on savait,
10:06la maman nous avait confié
10:08qu'il était allé la veille
10:09à la pêche
10:10avec son fils.
10:12Et si vous voulez,
10:13nous avons insisté
10:14auprès du procureur
10:15qu'il avait...
10:16Avec le petit Philippe Bertrand,
10:18donc, sa victime.
10:19Sa victime.
10:19Il est allé à la pêche
10:20la veille
10:21avec le petit Philippe Bertrand.
10:23Nous avons insisté
10:24auprès du PROC
10:25pour qu'on diffuse
10:26la photo
10:27et il a reculé,
10:29reculé
10:29et c'est tout de suite
10:30après la diffusion
10:31de cette photo
10:33que l'hôtelier
10:34a appelé
10:34l'inspecteur.
10:35Alors ça,
10:35on va y venir.
10:36Juste un tout petit mot,
10:38Charles Pellegrini.
10:39Vous allez un peu
10:40le secouer.
10:41Vous l'emmenez
10:41dans une forêt
10:42parce qu'il ne dit rien.
10:43Alors c'est
10:44les vieilles méthodes.
10:44C'est vrai ou c'est faux ?
10:48Mais bien sûr
10:48que c'est vrai
10:49mais ça,
10:49on ne retient que ça.
10:52Évidemment,
10:52c'est spectaculaire.
10:53Évidemment,
10:54je n'aurais pas dû le faire
10:55mais je l'ai fait.
10:55Je l'assume
10:56mais ça serait à refaire.
10:57Je le referai.
10:58Donc, si vous voulez,
10:59il n'y a pas de problème là-dedans.
11:02Il ne dit rien.
11:03On ne torture pas
11:04à nos CRB.
11:06Donc,
11:06il n'y a plus
11:07que la pression psychologique.
11:08Je vais lui faire croire
11:09que je vais lui tirer dessus.
11:11Ça non plus,
11:12ça ne l'aime pas
11:12et dans son sourire,
11:14j'ai bien vu
11:15qu'il disait
11:15espèce de
11:16bon,
11:17je ne dirai pas
11:17que je t'ai bien eu.
11:19C'est ça.
11:19Il vous aurait nargué
11:21jusqu'à l'extrême
11:23cet homme.
11:24Un renseignement
11:25va conduire
11:26jusqu'à un petit cadavre
11:27dans une chambre d'hôtel.
11:29Patrick Henry,
11:30le tueur sans remords,
11:31cherchez pas
11:32sous le lit,
11:33c'est le gamin.
11:33Je l'ai étouffé
11:34parce qu'il pleurait.
11:35L'enquête de l'heure du crime.
11:36On se retrouve
11:36dans un instant
11:37sur RTL.
11:3814h15,
11:40c'est l'heure du crime
11:41sur RTL
11:42avec Jean-Alphonse Richard.
11:4714h15,
11:48Jean-Alphonse Richard
11:49sur RTL.
11:51L'heure du crime.
11:53Retour aujourd'hui
11:54dans l'heure du crime
11:54sur l'enlèvement
11:55du petit Philippe Bertrand
11:56à 3,
11:57fin janvier 76.
11:58Un suspect,
11:59Patrick Henry,
12:0022 ans,
12:00placé en garde à vue
12:01puis relâché.
12:02Les policiers vont
12:03à nouveau croiser sa route
12:05et découvrir
12:06un meurtre glacial.
12:08Samedi 14 février 1976,
12:11Patrick Henry,
12:11lunettes fumées,
12:12pulgris bleus
12:13et cheveux blonds,
12:15répond très décontracté
12:16à une interview de TF1.
12:18Il affiche un sourire goguenard.
12:20Il se plaint
12:21de ses conditions
12:22de garde à vue.
12:22Il se moque
12:23des policiers
12:24qui continuent
12:24à le suivre.
12:26« Avoir été traité
12:27comme j'ai été traité,
12:28un vrai criminel
12:29ne peut pas être traité
12:31aussi mal, »
12:32déclare-t-il.
12:32« Il balaie
12:33les soupçons
12:33qui pèsent sur lui.
12:34Des coïncidences, »
12:36résume-t-il.
12:36Patrick Henry
12:37a entendu les appels
12:39aux ravisseurs
12:40lancés par le grand-père
12:41et la maman.
12:42Il compatit.
12:43« Ça fait mal au cœur
12:44pour les parents
12:44et surtout pour le petit garçon.
12:46Évidemment,
12:47on souhaite un dénouement
12:48très rapide et heureux. »
12:49Patrick Henry
12:50enchaîne photos
12:51et interviews.
12:53« La peine de mort
12:53pour les ravisseurs d'enfants.
12:55Je suis pour, »
12:56répond-il.
12:58Mardi 17 février,
12:59un informateur anonyme
13:01conseille aux policiers
13:02de se rendre
13:03dans une pension
13:03de famille,
13:04les Charmy,
13:05rue Fortier.
13:07Patrick Henry
13:07y passerait
13:08beaucoup de temps
13:09sur place.
13:09Le réceptionniste
13:10reconnaît sur photo
13:12le client
13:12du premier étage,
13:13mais il ne s'appelle
13:14pas M. Henry,
13:15c'est M. Van der Merch.
13:17Les policiers
13:18préfèrent vérifier.
13:20Après avoir frappé
13:20à la porte,
13:21ils entendent
13:21un volet grincer.
13:23L'homme est en train
13:24de s'échapper.
13:24On lui saute dessus.
13:26C'est bien Patrick Henry,
13:27aussitôt menotté,
13:28assis par terre,
13:29livide.
13:30Sous le lit,
13:31les enquêteurs
13:32aperçoivent un paquet,
13:33une forme enroulée
13:34dans des draps
13:35et des couvertures.
13:36Cherchez plus,
13:37c'est le gamin,
13:38déclare Patrick Henry
13:39d'une voix froide
13:40et sans affect,
13:41selon les enquêteurs.
13:42Le légiste
13:43ne peut pas dater
13:44précisément
13:45le jour
13:45et l'heure du décès.
13:47Le petit Philippe Bertrand
13:48est mort par suffocation,
13:50étranglé,
13:51aucune trace
13:51d'agression sexuelle.
13:53Face au juge,
13:53Patrick Henry
13:54explique avoir guetté
13:55Philippe à la sortie
13:56de l'école.
13:57L'enfant ne s'est pas méfié,
13:59il le connaissait.
14:00Il lui a expliqué
14:01que ses parents
14:01avaient dû partir
14:02à Paris.
14:03Il l'a conduit
14:04jusqu'à la pension,
14:05il lui a dit
14:05de rester dans la chambre.
14:07Philippe n'a pas protesté,
14:08ils ont mangé
14:09de la truite fumée,
14:10ils ont joué aux cartes.
14:12Le lendemain,
14:12l'enfant était agité,
14:13il pleurait
14:14dans la panique.
14:15Il l'a étranglé
14:16avec un foulard.
14:17Les policiers
14:18doutent de ce récit.
14:19Aucune empreinte
14:20du petit Philippe
14:21n'est retrouvée
14:22ni dans la chambre,
14:23ni sur le jeu
14:24de cartes.
14:25L'enfant aurait été tué
14:27juste après leur apte.
14:29Vendredi 20 février,
14:31les obsèques
14:32de Philippe Bertrand
14:33sont célébrés
14:34à l'église
14:35de Pont-Sainte-Marie.
14:36Un millier de personnes
14:37assistent à la cérémonie
14:39retransmise à la télévision.
14:41Une colère sourde
14:41monte contre ce Patrick Henry,
14:43signic tueur d'enfant.
14:45L'enquête montre
14:46qu'après l'assassinat,
14:47le jeune homme
14:48est tranquillement parti au ski
14:50pendant trois jours
14:51avec des amis.
14:52Sa mère le défend
14:53bec et ongle.
14:54Il lui avait dit
14:55qu'il n'avait rien à voir
14:56dans cette affaire.
14:57Elle l'a cru
14:57et le croit encore.
14:59Le mobile du crime
15:00reste flou.
15:01Patrick Henry connaissait
15:02des difficultés financières.
15:04Avec sa mère,
15:04il avait consulté
15:05un notaire
15:06pour obtenir
15:07un prêt de 30 000 francs.
15:09Espérait-il régler
15:10ses ennuis
15:10en touchant
15:11une rançon ?
15:13Question qui reste posée
15:14car Patrick Henry
15:15va zigzaguer
15:16entre ses déclarations.
15:17On a du mal
15:17à suivre
15:18à vrai dire
15:18ses motivations.
15:20Attitude jugée
15:21cynique,
15:22sans remords,
15:22sans regret,
15:23mais cette attitude
15:24elle va évidemment
15:25aggraver son cas.
15:27Il va devenir
15:27un cas d'école.
15:28Des voix
15:29commencent à s'élever
15:30pour réclamer la mort
15:31pour Patrick Henry
15:32et on n'est pas encore
15:33au procès.
15:34Ça commence très tôt.
15:35Il y a beaucoup d'agitation.
15:36On va voir
15:37dans la suite
15:37de l'heure du crime
15:38qu'effectivement
15:39cette agitation
15:40elle va monter en puissance
15:42avec des avocats aussi
15:43qui vont se positionner
15:44pour le défendre.
15:45C'était effectivement
15:46courageux
15:46et pas facile
15:47parce que tout le monde
15:47disait que ce type-là
15:49était totalement incurable
15:50et qu'il méritait
15:50la peine de mort.
15:52Alors,
15:52c'est un étrange personnage.
15:54Commissaire Charles Pellegrini
15:55vous êtes avec nous
15:56dans cette heure du crime
15:57ancien patron
15:57de l'OCRB.
15:59Vous avez mené
15:59une partie de cette enquête.
16:01Il est arrêté
16:02Patrick Henry.
16:03Alors là,
16:04il ne fait pas vraiment
16:04des aveux
16:05mais il y a le corps
16:05qui est sur place.
16:06Évidemment,
16:07là,
16:07il ne peut pas nier
16:07que le corps
16:08du petit Philippe Bertrand
16:10il est là
16:10sous ce lit.
16:12Il y a quelque chose
16:12qui m'a toujours frappé
16:13et qui continue
16:14à frapper les imaginations.
16:16C'est qu'il savait
16:17que ce garçon
16:18était mort
16:18et il continuait
16:19à parader
16:20devant la télévision,
16:21devant les journalistes,
16:22donner des interviews,
16:23se donner le beau rôle,
16:24critiquer la police,
16:25évidemment.
16:26Ça,
16:27ça vous a surpris
16:28de la part de cet homme ?
16:29Non.
16:30Je fréquentais
16:32depuis déjà
16:32assez longtemps
16:33les voyous,
16:34les criminels.
16:35Non.
16:36Il est comme ça,
16:36il est comme ça
16:37et je veux dire,
16:38tout le monde
16:39s'en est plus ou moins
16:40aperçu par la suite
16:41et même si
16:43on peut toujours
16:44lui trouver
16:44des circonstances
16:45atténuantes,
16:47notamment quand
16:47Madinter a plaidé
16:49pour lui,
16:51bon,
16:51il était comme ça.
16:52Il était froid,
16:53sans empathie,
16:56il ne se rendait pas compte
16:56même quelquefois
16:58de ce qu'il faisait
16:59et il était maladroit.
17:00Il n'a fait que des bêtises
17:01tout au long
17:02de l'enlèvement
17:03de ce gosse.
17:04Alors ce qu'il raconte
17:05sur la mort du petit garçon,
17:07c'est très filandreux,
17:08il faut bien le dire,
17:08parce qu'on a du mal
17:09à le suivre.
17:10Est-ce qu'il dit
17:11j'ai tué le petit
17:12parce qu'il pleurait,
17:13on a joué aux cartes,
17:14on a mangé ensemble,
17:15etc.
17:15Il allait bien
17:16puis d'un seul coup
17:17il s'est mis à pleurer.
17:18Est-ce que c'est plausible ?
17:19Écoutez,
17:20moi je ne le crois pas.
17:21Justement,
17:22parce qu'on n'a pas trouvé
17:23d'empreinte après,
17:24nul ne saura jamais
17:25la vérité.
17:26Moi je pense
17:27de ce que j'ai senti,
17:29c'est tout,
17:29ça ne pèse pas lourd,
17:31mais qu'il l'a tué
17:32dès qu'il est revenu
17:34de la cabine.
17:34Et peut-être même avant,
17:36mais en tout cas,
17:37quand il est revenu
17:37de la cabine,
17:38il a compris
17:39qu'il a vu les gendarmes,
17:41il n'avait pas d'autre choix.
17:42Maître Basile Adair,
17:43vous êtes également avec nous
17:44dans le studio
17:45L'Ordre du Crime,
17:46avocat à Paris,
17:48auteur de la pièce de théâtre
17:48Le procès de Patrick Henry.
17:50Suite à,
17:51évidemment,
17:51vous avez beaucoup rencontré
17:52Robert Badinter
17:53pour écrire cette pièce.
17:55À l'époque,
17:55vous connaissiez bien
17:56Robert Badinter.
17:58Un mot sur,
18:00évidemment,
18:01sur cet homme,
18:01Patrick Henry.
18:03On a le sentiment
18:03qu'il construit lui-même
18:04son image de monstre froid.
18:06C'est-à-dire que,
18:07alors peut-être qu'il est idiot,
18:08j'en sais rien,
18:09il ne sait même pas ce qu'il fait,
18:10peut-être,
18:10c'est une possibilité.
18:12Mais de l'autre côté,
18:12il est tellement cynique,
18:14il est tellement arrogant,
18:15il est tellement sûr de lui,
18:17qu'effectivement,
18:18c'est le coupable
18:19plus qu'idéal.
18:22C'est ce qu'a plaidé
18:23le deuxième avocat
18:24qui était là,
18:25qui était le bâtonnier
18:26Robert Bouquillon,
18:28il fait valoir
18:30quelque chose
18:30d'assez surprenant
18:31et qui répondait d'ailleurs
18:32à ce qu'avait dit
18:33l'avocat général,
18:33en disant,
18:34mais vous n'êtes pas
18:34un enfant de la DAS,
18:36vous avez été aimé,
18:38il n'y a aucune
18:39des circonstances
18:40qui quelquefois
18:41amènent à considérer
18:42qu'il faut atténuer
18:44la peine
18:45au regard du passé.
18:46Et c'est précisément
18:47ce qu'il a plaidé.
18:48Il a dit,
18:49en fait,
18:49il a toujours été protégé
18:50par ses parents,
18:51sa grande soeur.
18:52Oui,
18:52c'est pas un garçon perdu.
18:53On lui passait tout,
18:55il faisait faillite,
18:56on lui remboursait,
18:58et donc il était
18:59un peu dans
19:00une espèce
19:00de monde parallèle
19:03où il pensait
19:04que rien ne lui résisterait.
19:05De cocon.
19:06De cocon.
19:06De cocon.
19:07Et quand,
19:08moi,
19:08c'est mon explication
19:10quand je me suis plongé
19:10dans ce dossier,
19:12mais même quand
19:12il passe à la télévision,
19:14c'est pour lui
19:15la logique
19:15de la vedette
19:17qu'il veut devenir.
19:19Et donc,
19:19c'est un moyen
19:20d'y arriver.
19:20Mégalomane.
19:21Une espèce de mégalomanie,
19:22exactement.
19:23C'est ça.
19:23C'est lui qui compte.
19:24Après tout,
19:24la victime,
19:25elle est morte,
19:26mais ça ne compte pas beaucoup.
19:28Alors,
19:28c'est un réflexe
19:29très courant
19:30chez les grands criminels.
19:31Lui,
19:32ce n'est pas un grand criminel.
19:33Il vient de rentrer
19:34par la grande porte du crime
19:35mais il n'a pas
19:36d'antécédent.
19:38Alors,
19:38il y a autre chose
19:38encore avec vous.
19:39On doit dire,
19:41pardonnez-moi,
19:41mais pour qu'on comprenne
19:42pourquoi,
19:43c'est l'argent.
19:43Il a besoin d'argent.
19:45Il y a eu l'enlèvement
19:46du petit mérieux
19:47où on a payé la rançon.
19:48Il se dit,
19:49finalement,
19:49c'est très simple.
19:50Je connais un petit garçon
19:51dont le grand-père est riche.
19:53Je vais le prendre.
19:53Je le rendrai.
19:55Et je ne sais pas
19:57si vous comptez l'évoquer,
19:58mais sur la question
19:59de l'assassinat,
20:00c'est-à-dire la préméditation,
20:01elle a été discutée au procès.
20:03Oui,
20:03tout à fait.
20:04Mais ça,
20:04c'est important
20:05parce qu'il a besoin d'argent.
20:06Charles Pellegrini,
20:07vous êtes d'accord avec ça ?
20:08Il est à moitié ruiné.
20:10Enfin,
20:10il ne fait rien,
20:11cet homme.
20:11Oui,
20:11mais c'est lui faire
20:12beaucoup de...
20:14Je prends l'argent
20:15et je le rends.
20:16Il ne pouvait pas le rendre.
20:18Il ne pouvait pas le rendre.
20:19Il le connaissait.
20:21Il serait...
20:22La seule issue,
20:23c'était de tuer
20:23ce petit garçon.
20:25Pour moi,
20:25parce qu'il l'avait vu.
20:26Moi,
20:26je n'ai pas la science infuse.
20:28Pour moi,
20:28il n'avait que ça
20:30comme issue.
20:31Il était obligé
20:32de tuer le gosse.
20:34Et quand il dit
20:35je ne savais pas quoi faire,
20:37je l'ai étranglé,
20:38alors là,
20:39on revient vers
20:40son amateurisme,
20:42son absence de préparation.
20:44Comment peut-il aller au ski
20:45quatre jours
20:46sans penser
20:47que le propriétaire,
20:48pour une raison
20:49ou pour une autre,
20:50peut avoir besoin
20:51d'aller dans la chambre
20:52et trouver le gosse ?
20:52C'est ce que vous disiez aussi.
20:54Il est allé à la pêche
20:55avec le petit garçon.
20:56Vous avez fait cette réplosion
20:57la veille.
20:57Vous nous l'avez appris
20:58dans l'heure du crime.
20:59Et effectivement,
21:00il y a cette sortie au ski
21:01qui est complètement surréaliste
21:03parce qu'effectivement,
21:04il vient de tuer un petit garçon.
21:05Encore un petit mot
21:06avec vous,
21:06Maître Basiladère.
21:08La petite musique
21:09du châtiment suprême,
21:11à l'époque,
21:11il y a la peine de mort.
21:12Elle existe,
21:13la peine de mort,
21:13et en guillotine.
21:15Ça commence à s'installer
21:16très tôt
21:16pour Patrick Henry ?
21:19Ah ben oui,
21:19surtout qu'on est à une époque
21:21où on exécute beaucoup.
21:23Finalement,
21:23dans l'histoire
21:24de l'exécution
21:25de la peine de mort,
21:26la période
21:27des débuts
21:28des années 70
21:29est une des plus meurtrières.
21:31Et donc,
21:32elle est dans la logique.
21:33elle s'installe aussi
21:34parce que les abolitionnistes
21:36commencent à se faire entendre.
21:37Et donc,
21:38il y a un débat public
21:38sur la question.
21:40Et du coup,
21:40forcément,
21:41ce débat amène à considérer
21:42que s'agissant de Patrick Henry,
21:43alors si franchement,
21:44il y en a un
21:44qui ne doit pas y échapper,
21:45c'est lui.
21:45Des voix vont s'élever
21:48pour demander la guillotine
21:49pour le suspect.
21:51Patrick Henry,
21:51le tueur sans remords,
21:52si j'étais juré,
21:53je prononcerais
21:54la peine de mort.
21:55L'enquête de l'heure du crime,
21:56un enfant assassiné
21:57pour de l'argent.
21:58Comment sauver alors
22:00la tête de l'homme
22:01le plus haï de France ?
22:03À suivre dans un court instant
22:05sur RTL.
22:05Jean-Alphonse Richard
22:07sur RTL.
22:09C'est l'heure du crime
22:09jusqu'à 15h.
22:11L'heure du crime
22:12présentée par Jean-Alphonse Richard
22:14sur RTL.
22:16C'est le grand-père de Philippe
22:17qui vous parle.
22:18Je m'adresse à vous,
22:19les ravisseurs de notre petit Philippe,
22:20pour ne pas aggraver encore
22:22le déchirement de ses parents.
22:23Comprenez la peine d'une mère
22:25et d'un père
22:25et de toute une famille.
22:27Vous, les ravisseurs
22:27qui avez enlevé Philippe,
22:29ressaisissez-vous,
22:30redevenez des êtres humains.
22:32Au programme de l'heure du crime,
22:34la mort du petit Philippe Bertrand
22:357 ans à 3 à l'hiver 1976.
22:38Un suspect, Patrick Henry.
22:40Il a avoué avoir enlevé l'enfant
22:42contre une rançon.
22:43Il l'a étouffé.
22:44Meurtre gratuit et froid
22:46qui révulse l'opinion.
22:48Tout le monde espère
22:48que son auteur sera un jour
22:50condamné à mort.
22:53Vendredi 13 août 1976,
22:555h30 du matin,
22:577 mois après la mort
22:58du petit Philippe Bertrand,
22:59Patrick Henry franchit
23:01sous bonne garde policière
23:03la porte de la pension,
23:05les charmilles.
23:05Là où il a tué l'enfant.
23:07La juge d'instruction a choisi
23:08d'organiser cette reconstitution
23:10en plein mois d'août
23:11alors que la ville est déserte.
23:14La magistrate craint des incidents.
23:16Le suspect répète
23:17que cette opération est inutile.
23:18Il a déjà tout dit,
23:19il a tout avoué.
23:20La juge et les enquêteurs
23:22pensent le contraire.
23:23Le suspect cache des choses.
23:24Il assure ainsi
23:25qu'il s'est servi d'un foulard
23:27pour étrangler la victime.
23:28Mais l'autopsie évoque
23:29une cordelette.
23:30Lors de la reconstitution,
23:32Patrick Henry refuse
23:33de reproduire le geste fatal
23:34sur un mannequin d'enfant.
23:36Il était bouleversé,
23:38il n'a pas pu supporter
23:39la simple évocation des faits,
23:41dit l'un de ses avocats.
23:42Après deux heures de reconstitution,
23:44Patrick Henry s'engouffre
23:45dans une renossaise de la police.
23:47Retour à la prison de Chaumont.
23:51Le procès de Patrick Henry
23:52se rapproche à grands pas.
23:53Des personnalités de premier plan
23:55demandent contre lui
23:56la peine capitale.
23:57Michel Pognatoski,
23:59ministre de l'Intérieur,
24:00déclare
24:00« Si j'étais juré,
24:01je vous dirais
24:02que je prononcerais certainement
24:03la peine de mort. »
24:05Robert Gallet,
24:06ministre et maire de Troyes,
24:08annonce
24:08« La population sera unanime avec moi
24:11pour réclamer un châtiment exemplaire. »
24:13L'avocat de Patrick Henry,
24:15maître Robert Bocquillon,
24:16est menacé.
24:18Il a dû rencontrer en secret
24:19dans une auberge de campagne
24:21son confrère parisien
24:22Robert Badinter,
24:24adversaire déclaré
24:24de la peine de mort.
24:26Il l'a convaincu
24:27de l'aider à défendre
24:28Patrick Henry,
24:29un enfant gâté,
24:30paresseux,
24:31attiré par l'argent facile
24:32et désormais assassin d'enfants.
24:34La cause paraît évidemment perdue.
24:39Et évidemment,
24:39il y a un climat étouffant
24:40qui règne autour de ce procès
24:42qui s'annonce.
24:43On va en parler
24:43dans un court instant.
24:45Mais juste avant ça,
24:46commissaire Charles Pellegrini,
24:47vous nous accompagnez
24:48dans cette heure du crime.
24:49Vous avez participé
24:50à une partie de l'enquête
24:51pour retrouver
24:51l'assassin
24:53du petit Philippe Bertrand.
24:55Il y a cette reconstitution.
24:57Elle est intéressante.
24:58Elle est en creux intéressante.
24:59Parce qu'il ne dit pas grand-chose,
25:01effectivement,
25:02Patrick Henry.
25:04Par contre,
25:04il y a quelque chose
25:04qui m'a marqué.
25:05C'est qu'il y a un mannequin.
25:07On lui présente un mannequin
25:08lors de la reconstitution.
25:09Et là,
25:09il ne veut pas y toucher.
25:10Il ne veut pas y toucher.
25:12Est-ce que vous avez été surpris,
25:14encore une fois,
25:14par cette attitude
25:15où vous dites
25:16que ce type-là
25:17est un lâche
25:17et c'est un lâche jusqu'au bout ?
25:19Je ne suis pas objectif
25:20concernant Patrick Henry.
25:21Non, mais allez-y !
25:22Moi, je pense
25:23qu'il a fait du cinéma.
25:25Voilà.
25:25C'est tout.
25:26Simplement,
25:27il n'est pas bouleversé.
25:28Il n'a jamais été bouleversé
25:29du début à la fin.
25:31Pourquoi il serait bouleversé
25:32à l'idée
25:33d'étrangler ce mannequin ?
25:35Après,
25:36je ne suis pas sûr de moi
25:37à 100%,
25:38mais on va dire
25:39à 99%,
25:41je pense qu'il a fait du cinéma.
25:43Vous ne l'avez jamais senti
25:44dans le repentir,
25:45ce garçon ?
25:46Jamais.
25:46Et vous n'êtes pas le seul
25:47à le dire,
25:47il faut bien le dire.
25:48Non, non.
25:49Jamais.
25:50Jamais.
25:51Il a toujours
25:52sans revendiquer.
25:53Jamais.
25:54Moi,
25:55ce qui m'a aimé rester,
25:57c'est son regard.
25:59La première fois,
26:00tuez-moi si vous voulez,
26:01vous allez tuer un innocent.
26:02Et la deuxième,
26:03quand les balles
26:04ne l'ont pas atteint,
26:06ce sourire ironique
26:07de commisération
26:08envers moi
26:09pour dire
26:10pauvre cloche,
26:11t'as rien compris.
26:13Voilà.
26:13Donc,
26:14je ne suis pas objectif
26:15parlant de Patrick Henry.
26:16J'ai vraiment
26:17une détestation
26:19tenace.
26:20On l'a senti.
26:21Une détestation viscérale même.
26:23On peut le dire comme ça.
26:24Maître Basile Adair,
26:25vous êtes avec nous également
26:26dans l'heure du crime.
26:27Avocat à Paris,
26:28auteur de la pièce de théâtre
26:29Le procès de Patrick Henry.
26:30Ce procès,
26:31on va y venir dans un instant.
26:33Là,
26:33on est à quelques mois
26:34justement de cette audience
26:35qui va s'annoncer capitale.
26:37Il y a un climat étouffant
26:39qui règne vraiment
26:40sur l'affaire
26:40et notamment
26:41beaucoup de personnalités
26:43qui prennent partie.
26:44Ça,
26:44c'est très étonnant
26:44parce que là,
26:45on a changé d'époque.
26:46Mais alors,
26:46il y a des ministres
26:47qui disent
26:47il faut lui couper la tête.
26:48C'est quelque chose
26:51qui revenait un peu en boue
26:53quand on en parlait
26:54à Robert Badinter.
26:56Il nous disait
26:56vous n'imaginez pas
26:57la haine
26:59la haine
27:00mais au plus haut lieu
27:02contre cet individu.
27:04C'est comme si
27:04on concentrait
27:06toute l'indignation
27:07évidente
27:08et totalement légitime
27:11que ce crime suscitait
27:12mais pour lui faire porter
27:14une espèce de victime
27:16expiatoire
27:17de toute la criminalité française.
27:20Et donc,
27:21il dit effectivement
27:22quand Robert Bocquillon
27:23qui prend le dossier
27:24parce qu'aucun des avocats
27:26locaux
27:26Oui,
27:26ça il faut bien le dire.
27:27Personne n'en veut.
27:28N'en veut.
27:28Et donc,
27:29quand le bâtonnier de Troyes
27:30dit
27:30moi je ne trouve personne
27:31à commettre d'office
27:32il s'adresse à son collègue voisin
27:34à la ville de Chaumont
27:35en disant
27:36essaye de me trouver quelqu'un.
27:38Et Bocquillon se dit
27:39je vais me heurter
27:40parce que
27:40les avocats sont eux-mêmes
27:42en danger dans ces cas-là.
27:43Je vais m'auto-commettre d'office.
27:46Mais il appelle Robert Banninter
27:48pour l'aider.
27:50Et il se retrouve
27:51dans une auberge.
27:52Oui.
27:52Parce qu'ils ont peur
27:53justement de se faire
27:54casser la figure
27:54tout simplement.
27:56Ils veulent que ça soit
27:57incognito.
27:58Absolument.
27:58Robert Banninter
27:59a beaucoup écrit
28:01a déjà pris
28:02la cause de l'abolition
28:04mais sur un plan intellectuel.
28:06Et Robert Banninter
28:07est devenu un acharné
28:09après l'affaire
28:10Buffet-Bontemps.
28:11Et pour Banninter
28:12ça c'est l'autre chose
28:13qu'il raconte
28:14en disant
28:14c'était très cruel
28:15parce qu'on me faisait
28:16revenir devant
28:17la même cour d'assises
28:18et il apprend très vite
28:20que ça sera devant
28:20le même avocat général
28:21et le même président
28:22que ceux qui avaient condamné
28:24quoi qu'il y avait
28:24été dans l'affaire
28:26Buffet-Bontemps.
28:27Donc pour lui
28:27c'est une espèce
28:28de second match
28:29et pour quelqu'un
28:30beaucoup plus difficile
28:31à défendre
28:32que ne l'avait été
28:32Bontemps.
28:33Charles Pellegrini
28:34en mots là-dessus
28:34vos souvenirs à l'époque
28:36sur ce climat
28:37qui règne autour
28:37de cet homme
28:38c'est vrai que c'est
28:39c'est l'homme
28:40le plus détesté
28:40de France.
28:41Il a été bien décrit
28:42oui c'est l'homme
28:43le plus détesté
28:44de France
28:44il a tout pour lui
28:46un jeune un peu
28:48comme on dit gâté
28:49un gosse
28:50pas de repentir
28:51en tout cas
28:52pas de repentir
28:53à pas en
28:53il réunit
28:54toutes les conditions
28:55pour être détesté.
28:57Un an
28:58après le meurtre
28:58un procès
28:59historique
29:00Patrick Henry
29:01le tueur sans remords
29:02vous êtes seul
29:03si vous le tuez
29:04alors votre justice
29:06sera injuste
29:07l'enquête de l'heure du crime
29:08on se retrouve dans un instant
29:09sur RTL
29:09L'heure du crime
29:11c'est avec Jean-Alphonse Richard
29:13sur RTL
29:14L'heure du crime
29:16présentée par Jean-Alphonse Richard
29:18sur RTL
29:19L'heure du crime
29:20consacrée aujourd'hui
29:21au meurtre du petit
29:22Philippe Bertrand
29:23à Troyes
29:23à l'hiver 76
29:24enlevé
29:25et étranglé
29:26par un jeune homme oisif
29:27Patrick Henry
29:2823 ans
29:28il avait demandé
29:29une rançon
29:30mais a vite tué
29:31son otage
29:32un an après les faits
29:33il est jugé aux assises
29:34il risque
29:35la peine de mort
29:36mardi 18 janvier
29:381977
29:39Patrick Henry
29:40visage rond
29:41impeccablement coiffé
29:42épaisse lunette
29:43costume cravate
29:44et dans le box
29:45des accusés
29:46de la cour d'assises
29:47de l'aube
29:47à 3
29:48on lui demande
29:49s'il plaide coupable
29:50exact
29:50répond-il
29:51le public s'étonne
29:53de découvrir
29:53un jeune homme
29:54normal
29:55presque banal
29:56il raconte son crime
29:57de façon mécanique
29:58l'enfant était assis
29:59il regardait la télé
30:00j'étais derrière lui
30:02j'ai pris un foulard
30:03j'ai serré
30:04deux minutes plus tôt
30:05je n'y pensais même pas
30:06ce fut une impulsion
30:07le légiste
30:09dit avoir trouvé
30:09de l'alcool
30:10et des barbituriques
30:11dans le sang de la victime
30:12pas d'alcool
30:13pas de barbiturique
30:14répond-il
30:15l'avocat de la famille
30:16s'étonne que
30:17Philippe soit resté
30:18si sage
30:18et qu'il n'ait touché
30:19à rien
30:20dans la chambre
30:20où il était séquestré
30:21aucune empreinte
30:23retrouvée
30:23c'est la vérité
30:25indique sèchement
30:26l'accusé
30:27l'avocat général
30:28estime que Patrick Henry
30:29ment
30:29et s'engage
30:31de plus en plus
30:32dans un chemin
30:32sans retour
30:33jeudi 20 janvier
30:36après trois jours
30:36de procès
30:37le sort de Patrick Henry
30:38semble scellé
30:40il n'échappera pas
30:41à la peine de mort
30:42ses avocats
30:43ne sont pas pour autant
30:44résignés
30:44il n'y a pas une chance
30:46sur mille de gagner
30:47mais cette chance
30:47je la disputerai jusqu'au bout
30:49prévient Robert Badinter
30:50au juré
30:51il annonce
30:52quand monsieur
30:53l'avocat général
30:54demande la peine de mort
30:55c'est à vous
30:55qu'il la laissera
30:56vous serez seul
30:58vous seul
30:59aurez droit
31:00de vie
31:00et de mort
31:01sur quelqu'un
31:02l'avocat qualifie
31:03cette sentence
31:04de notre temps
31:05barbare
31:05inutile
31:06sans effet
31:06sur la récidive
31:07si vous le tuez
31:08alors votre justice
31:10est injuste
31:111h30
31:11de délibéré
31:12écoute théâtre
31:14Patrick Henry
31:15échappe à la condamnation
31:16à mort
31:17il écope de la perpétuité
31:18vous n'aurez pas
31:19à le regretter
31:21et annonce alors
31:21le condamné
31:22et on verra évidemment
31:25si on n'a pas à le regretter
31:26avec Patrick Henry
31:27ça c'est une autre histoire
31:28pour l'instant
31:28c'est très important
31:29ce moment qui vient de se jouer
31:30cet acquittement
31:31que personne n'a vu venir
31:33parce que
31:34il était condamné à mort
31:35de facto
31:36Patrick Henry
31:37n'échappera pas
31:38au chantiment suprême
31:40et pourtant
31:40c'est le contraire
31:41qui s'est passé
31:42maître Basile Adère
31:43avec nous
31:44avocat
31:46au barreau de Paris
31:48auteur de la pièce de théâtre
31:49le procès
31:49de Patrick Henry
31:50évidemment
31:51cette affaire
31:51du coup
31:51vous la connaissez bien
31:52et ce procès
31:53vous le connaissez encore mieux
31:54vous aviez beaucoup discuté
31:55pour écrire cette pièce de théâtre
31:57avec Robert Badinter
31:58quel est le génie
32:02finalement
32:02entre guillemets
32:03de Robert Badinter
32:04il a su renverser
32:06totalement
32:07sa plaidoirie
32:10c'est à dire
32:10qu'il n'a pas
32:10plaidé pour
32:11Patrick Henry
32:12je crois
32:13il ne l'évoque même
32:14quasiment pas
32:15mais
32:16il plaide
32:16contre la peine de mort
32:18il a
32:19il a cette
32:20cette façon
32:22d'inverser
32:23le sens naturel
32:24du procès
32:25un peu comme
32:26Gisèle Halemi
32:27il avait eu
32:28quelques années plus tôt
32:30pour le procès de Bobigny
32:31en faisant le procès
32:32de la loi
32:32qui punissait
32:33l'avortement
32:34il fait le procès
32:36de la peine de mort
32:36or un procès
32:37va naturellement
32:39dans le sens
32:39de l'accusation
32:40en fait
32:41on devient fort
32:41dans un procès
32:42quand on
32:43devient soi-même
32:44accusateur
32:44et c'est pour ça
32:45qu'il fait citer
32:46des témoins
32:46dont le prix Nobel
32:47Wolf
32:48l'abbé Clavier
32:49qui va raconter
32:50comment on exécute
32:52en France
32:52à cette époque
32:53et le professeur
32:54Léauté
32:54qui vient expliquer
32:55que ça n'a
32:56aucune des attributs
32:58de la peine
32:58telle qu'elle est
32:59conçue dans le code pénal
33:00et qu'elle n'empêche pas
33:01la récidive
33:02elle n'empêche pas
33:02etc
33:03et donc il devient
33:04accusateur
33:05il a compris que
33:06Patrick Henry
33:06est très compliqué
33:07à défendre
33:07parce qu'il n'a
33:08quasiment rien pour lui
33:09effectivement
33:09il ne fait même pas
33:10un mandat honorable
33:11il est détestable
33:12il est détestable
33:12et c'est Boquillon
33:13d'ailleurs
33:14qui s'en charge
33:15qui sur tous les aspects
33:16de personnalité
33:17sur les faits
33:18fait la défense classique
33:20et lui
33:21il va devenir
33:22une forme d'accusateur
33:23à son tour
33:23accusateur public
33:24j'ai envie de dire
33:25non
33:25Badinter se fait
33:26l'accusateur
33:27et sa plaidorie
33:29préfigure
33:29ce qu'il dira ensuite
33:30au moment où
33:31il portera le projet
33:31de l'abolition
33:32donc il a
33:34et de fait
33:36il devient plus fort
33:37c'est exactement
33:38le coup de génie
33:38qu'il a eu
33:39alors il fait basculer
33:40évidemment ce procès
33:41on le comprend
33:41ça va être
33:42d'ailleurs son heure de gloire
33:43c'est là qu'on va
33:44il va commencer
33:44à être très connu
33:45Robert Badinter
33:46il fait basculer
33:47un procès pour l'histoire
33:48il faut bien le dire
33:49parce qu'après
33:49il sera difficile
33:50de condamner
33:50qui que ce soit
33:51à la peine de mort
33:52on est bien d'accord
33:53est-ce qu'il y a eu
33:53d'autres déclics
33:54qui expliquent
33:56qui peuvent expliquer
33:57cet acquittement ?
33:59je lui ai posé la question
34:01je lui ai dit
34:01mais Robert
34:02c'est vous tout seul
34:04ou pas ?
34:04il me dit
34:05c'est très compliqué à dire
34:06c'est la collégialité
34:07et le secret du délibéré
34:08qu'on ne sait pas
34:09comment ça s'est passé
34:11c'est que le président
34:12et sans doute
34:13les deux assesseurs
34:13y étaient favorables
34:15le président
34:16quelques années plus tôt
34:17n'avait pas hésité
34:18à condamner bon temps
34:19il avait eu
34:20aussi
34:21à l'adresse des jurés
34:23en disant
34:24il ne sera pas gracié
34:25Ranucci
34:27qui pourtant
34:27disait qu'il était innocent
34:29pour le meurtre d'un enfant
34:31n'avait pas été gracié
34:32par le président Pompidou
34:33donc vous serez
34:34les seuls responsables
34:35il les a mis en face
34:36de la responsabilité
34:37parce qu'il y avait
34:37quelque chose de commode
34:38souvent à considérer
34:39écoutez moi
34:40je le condamne à mort
34:40et le président de la république
34:42c'est lui qui décidera
34:43c'est gracié
34:44ou pas
34:44mais alors
34:45je termine juste
34:46sur ce qu'il m'a raconté
34:47il m'a dit
34:47Boquillon a fait un travail
34:49formidable
34:49il a mis en disant
34:51cet enfant pourrait être
34:52le vôtre
34:53cet enfant
34:54effectivement
34:55s'est cru tout permis
34:57était dans ce espèce
34:58de monde parallèle
34:58mais méfiez-vous
35:00parce que
35:00si c'était votre enfant
35:01vous ne voudriez pas
35:02qu'on le coupe en deux
35:03et il m'a dit aussi
35:05il y a eu
35:05un épisode important
35:07c'est que
35:08le curé de
35:09le curé de Troyes
35:11dans le prêche
35:12du dimanche précédent
35:13c'était évidemment
35:14évité dans les débats
35:16à l'époque
35:16on montait encore en chair
35:17pour faire le sermon
35:18et avait dit
35:20tu ne tueras pas
35:21tu ne tueras point
35:22et semble-t-il
35:24dans le juré
35:24il y avait des gens
35:25pratiquants
35:26catholiques
35:27qui s'en sont souvenus
35:28et il m'a dit
35:29c'est peut-être lui
35:29qui était à la messe
35:30qui était à la messe précédente
35:32bien sûr
35:32à l'époque
35:33la messe était
35:33très pratico
35:35les gens y allaient
35:38beaucoup plus nombreux
35:39qu'aujourd'hui
35:39et donc c'est peut-être ça
35:41qui a fait basculer
35:41en tout cas
35:42il y avait un climat porteur
35:43qui a su saisir
35:44effectivement Robert Badenter
35:45à ce moment-là
35:46c'est un accusé
35:47qui sauve sa tête
35:48mais qui va refaire parler de lui
35:49Patrick Henry
35:51le tueur sans remords
35:52je l'ai étranglé
35:53je ne savais pas quoi en faire
35:54l'enquête de l'heure du crime
35:56je vous retrouve tout de suite
35:56sur RTL
35:57L'heure du crime
35:59présentée par Jean-Alphonse Richard
36:01sur RTL
36:02dans l'heure du crime
36:09aujourd'hui
36:09le meurtre du petit
36:10Philippe Bertrand
36:11janvier 76 à 3
36:12étranglé par un jeune homme
36:14désœuvré
36:15Patrick Henry
36:1522 ans à l'époque
36:17il a échappé à la peine de mort
36:18mais a écopé
36:19de la perpétuité
36:20il sort
36:21après 25 ans
36:22de détention
36:23samedi 15 mai 2001
36:26Patrick Henry
36:2749 ans
36:27est en liberté conditionnelle
36:29après sa sixième
36:30demande de sortie
36:31il pose pour Paris Match
36:33il annonce
36:33qu'il va écrire un livre
36:34il est devenu
36:36dit-il
36:36un autre homme
36:37un an et demi
36:38plus tard
36:39il est pourtant arrêté
36:40en Espagne
36:41avec 10 kilos de cannabis
36:43et 9000 euros
36:44sur lui
36:45il est aussi accusé
36:46d'un vol
36:46dans un magasin
36:47en Normandie
36:48il repart
36:49en prison
36:49dimanche 3 décembre 2017
36:52trois mois
36:53après avoir obtenu
36:54la suspension
36:55de sa peine
36:55pour raison médicale
36:57Patrick Henry
36:58meurt d'un cancer
36:59à l'âge de 64 ans
37:01seules deux personnes
37:02n'auront jamais
37:03cessé de le soutenir
37:05sa mère
37:06et sa soeur
37:07je crois que c'est ça
37:09la vraie leçon
37:10du procès Patrick Henry
37:11c'est cette idée
37:12qu'on réduit un homme
37:13à un crime
37:14et que pour cet acte
37:16en oubliant que
37:17tout homme
37:18peut se racheter
37:19et que toute société
37:20doit reconnaître
37:21cette espèce de limite
37:22la vie de l'autre
37:23c'est ça que les jurés
37:24je pense
37:25ont reconnu
37:25l'ancien ministre
37:28de la justice
37:29et avocat
37:29de Patrick Henry
37:30Robert Badinter
37:31c'était sur France 3
37:32en janvier 1977
37:34il revenait
37:35sur ce procès
37:36le procès de Patrick Henry
37:37qui a signé
37:39finalement la fin
37:40de la peine de mort
37:40puisque dès lors
37:41et par la suite
37:42cette punition
37:45elle va être abolie
37:47dans le droit français
37:49alors évidemment
37:49il dit
37:49les personnes
37:50qui se sont repenties
37:51qui ont changé de voie
37:52effectivement
37:53il faut donner une chance
37:54aux personnes
37:55qui sont acquittées
37:57qui ont fait de la prison
37:58commissaire Charles Pellegrini
38:00vous êtes avec nous
38:01dans cette heure du crime
38:01le moins qu'on puisse dire
38:03c'est que Patrick Henry
38:03quand il est sorti de prison
38:05un an et demi plus tard
38:06il a repiqué
38:07il est allé acheter
38:09de la drogue
38:09en Espagne
38:10on pense qu'il voulait
38:10la revendre
38:11tout ça n'était pas très clair
38:12il commençait à voler
38:13dans des magasins
38:15est-ce que
38:15alors vous avez suivi ça
38:16évidemment à l'époque
38:17qu'est-ce que vous vous êtes dit
38:18quand vous vous êtes dit
38:18bah tiens
38:19il retourne en prison
38:20il est égal à lui-même
38:21en fait
38:22l'histoire du vol
38:23dans un magasin
38:24bon je pense que
38:25ça a été une pulsion
38:26je crois qu'il a volé
38:27une perceuse
38:28oui c'était anecdotique
38:29peu importe
38:31mais l'argent
38:31il avait toujours
38:33il a toujours eu besoin
38:34d'argent
38:34et même en sortant de prison
38:36il avait envie justement
38:37d'écrire un livre
38:38de briller
38:39et pour ça
38:40il fallait du fric
38:41et on ne pouvait l'avoir
38:42il ne voulait plus recommencer
38:44à faire des choses
38:46et il pensait
38:48que le trafic de drogue
38:49l'épargnerait
38:52les foudres
38:52des flics
38:53toujours l'argent aussi
38:54oui oui
38:55toujours l'argent
38:55pour l'argent
38:56toujours l'argent
38:58il a eu cette phrase
39:01glaçante
39:02lors de l'instruction
39:04quand on lui demande
39:05mais pourquoi
39:05vous l'avez étranglé
39:07ce petit garçon
39:07il va dire
39:09je l'ai étranglé
39:10je ne savais pas quoi en faire
39:12oui oui
39:13voilà
39:13mais ça ne va pas plus loin
39:14la phrase elle s'arrête là
39:15il n'y a pas d'autres déclarations après
39:16mais c'est absolument vrai
39:18il n'a pas préparé
39:19il n'a pas mis un endroit
39:21il n'a pas prévu
39:21qu'il y ait un endroit
39:22je ne sais pas moi
39:23une décharge
39:24il n'a rien prévu
39:25il est là
39:26le gosse est mort
39:27il ne sait pas quoi en faire
39:28enfin il n'est pas encore mort
39:29il ne sait pas quoi en faire
39:30il étrangle
39:31Robert Badinter
39:32a une autre
39:33maître Basilader
39:35pardonnez-moi
39:36a une autre explication
39:38que j'ai remise
39:40dans la première scène
39:41de la pièce
39:41parce qu'elle était
39:42très frappante
39:43lorsque dit-il
39:45je viens le voir
39:45pour la première fois
39:46la maison d'arrêt de la santé
39:47on l'avait déplacé
39:49parce qu'il était en danger
39:50dans sa première prison
39:52je lui dis
39:54racontez-moi
39:54ce qui s'est passé
39:55et puis il arrive
39:56à l'épisode
39:57où il prend le foulard
39:58ou la cordelette
39:59et il y a un grand silence
40:01qui s'installe
40:02et Badinter dit
40:03et alors
40:03un deuxième silence
40:05et puis Patrick Henry dit
40:07j'ai perdu la tête
40:08j'ai perdu la tête
40:10et finalement
40:12il ne l'a pas perdu
40:13il ne l'a pas perdu
40:14mais effectivement
40:15c'est intéressant
40:16ce que vous dites
40:16parce qu'il y a eu ce débat
40:17la cordelette
40:18ou le foulard
40:18qu'est-ce que vous avez
40:20utilisé
40:21et tout ça flotte
40:23les experts
40:23c'est la cordelette
40:25et pour lui
40:26c'est le foulard
40:26l'étranglement
40:27si c'est un foulard
40:28on se dit
40:29tiens c'est une pulsion
40:30s'il y a une cordelette
40:31c'est qu'elle est là
40:32pour quelque chose
40:33on est d'accord
40:34c'est préparé
40:34donc il y a
40:35après méditation
40:35mais je voudrais dire une chose
40:36c'est que la chambre de l'instruction
40:38dans l'affaire
40:39au cours de l'instruction
40:40a évacué la préméditation
40:42alors qu'elle était soutenue
40:43par le ministère public
40:44donc au moment
40:46il comparait
40:47il ne comparait pas
40:48pour assassiner
40:49parce qu'on ne considère pas
40:50qu'il y a eu
40:50de préméditation
40:51un mot
40:52maître Basile adhère encore
40:53Robert Bandeleter
40:54il fait son entrée
40:55au Panthéon
40:56jeudi
40:56donc
40:57voilà
40:58donc
40:59c'est cette
41:00finalement
41:01c'est ce procès
41:02qui
41:02l'a propulsé
41:04comme
41:04l'homme
41:05qui allait
41:05faire abolir
41:07la peine de mort
41:07c'est une première marche
41:09dans ce combat
41:09il considère
41:11que c'est vraiment
41:11le point de bascule
41:12c'est pour ça
41:13que ça a été une victoire
41:14qui va bien au-delà
41:15de l'histoire
41:16de Patrick Henry
41:17et vous l'avez dit
41:19tout à l'heure
41:20à partir du moment
41:21où on lui trouve
41:23des circonstances
41:23athéno
41:24dans cette affaire
41:24abominable
41:26on ne pourra plus
41:27condamner à mort
41:28qui que ce soit
41:29alors
41:30ça a d'ailleurs
41:31propulsé
41:32Bandeleter
41:32qui avait
41:33dit
41:34je défendrai
41:36tous ceux
41:36qui sont
41:37qui ont été
41:38condamnés à mort
41:39la première fois
41:42puisqu'il y avait
41:42un conseiller
41:44à la chambre
41:45criminelle
41:45qui cassait
41:46parce qu'il était
41:48aussi abolitionniste
41:49à chaque fois
41:51les décisions
41:51donc
41:52Bandeleter
41:52a fait 5 ou 6 procès
41:54ensuite
41:54je ne sais pas
41:55si vous vouliez le raconter
41:56mais donc
41:57il s'invite
41:58à ce moment-là
41:58j'ai quasiment terminé
42:00comme le grand défenseur
42:02le grand défenseur
42:03de l'abolition
42:04et c'est ça
42:05qui l'amène ensuite
42:06à prendre la passe
42:07centrale
42:08qu'il aura
42:09dans cette histoire
42:09politique évidemment
42:10et dans l'histoire
42:11avec ce procès
42:12effectivement
42:13qui s'est conclu
42:13par un acquittement
42:14on pense aussi
42:15à la famille Bertrand
42:16parce qu'effectivement
42:17ils ont beaucoup souffert
42:19dans cette affaire
42:19il ne faut pas les oublier
42:20la victime
42:21ça reste encore aujourd'hui
42:22le petit Philippe Bertrand
42:23merci beaucoup
42:24maître Basila Der
42:25Charles Pellegrini
42:27d'avoir été
42:27les invités
42:28de l'heure du crime
42:28merci à l'équipe de l'émission
42:30rédactrice en chef
42:30Justine Vigneault
42:31préparation
42:32Lisa Canales
42:33Pauline Dessillon
42:33réalisation en direct
42:35Jonathan Griveaux
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