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  • il y a 2 mois
Lucas Lefebvre, cofondateur et directeur général de La Fourche, était l'invité de Sandra Gandoin dans French Tech, ce jeudi 30 octobre. Il est revenu sur la croissance et la rentabilité de son supermarché bio en ligne, créé il y a sept ans, qui part à présent à la conquête du marché allemand, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00La French Tech, on reçoit Lucas Lefebvre, cofondateur et directeur général de La Fourche.
00:04Bonjour.
00:04Bonjour.
00:05La Fourche créée il y a 7 ans, vous avez aujourd'hui 350 salariés, c'est le supermarché bio en ligne.
00:11Est-ce que vous allez bien atteindre la rentabilité l'année prochaine ?
00:15C'est le pari que vous vous étiez fixé.
00:17Tout à fait, c'est pour ça qu'on a fait une levée de fonds récemment de 31 millions d'euros.
00:22Pour atteindre cette rentabilité, on devrait y arriver sur un mois glissant en fin d'année,
00:26mais on va confirmer ça l'année prochaine.
00:27Vous nous rappelez quand même ce que c'est le concept de La Fourche ?
00:30Tout à fait. La Fourche est un magasin bio en ligne qui se bat pour rendre accessible au plus grand nombre des produits bio et écologiques
00:37et qui a la particularité de fonctionner avec un système d'adhésion.
00:40Il faut payer 59 euros par an, donc moins de 5 euros par mois pour pouvoir acheter sur le site
00:45et se faire livrer nos 5000 produits partout en France.
00:48C'est vraiment cette adhésion-là qui nous permet de proposer des tarifs qui sont inférieurs à ceux que vous allez trouver dans le commerce.
00:53Donc en moyenne, on est 25% moins cher que les produits équivalents dans le commerce.
00:58Et en fait, on échange un petit peu de la fidélité contre du pouvoir d'achat.
01:01Il faut bien comprendre que quand vous achetez un produit sur Internet, environ 20% du prix que vous payez va tomber dans les mains des GAFAM
01:08parce que c'est le coût de la publicité sur Internet.
01:11C'est un petit peu le coût de la zone de chalandise digitale pour exister, faire venir les utilisateurs sur leur site
01:16et surtout les faire revenir.
01:18Nous, on va payer 3-4% de ces 20%, enfin on va payer 3-4% du total pour faire venir une fois les gens sur notre site.
01:27Ensuite, ils prennent leur adhésion et donc ils reviennent naturellement.
01:29Et donc ces 15% d'économies sur le prix, on va les reverser à nos adhérents sous forme d'économies.
01:34– D'ailleurs, on vous présente souvent comme le costco du bio, c'est-à-dire avec le système d'abonnement.
01:39Mais alors, est-ce que ça fonctionne aujourd'hui ?
01:42On sait qu'il y a une sorte de désamour pour le bio, ou en tout cas, le bio a commis des années compliquées.
01:47Je crois que les derniers chiffres sont un petit peu meilleurs.
01:49Mais comment est-ce que vous arrivez à vous en sortir dans un monde où effectivement,
01:52il y a de plus en plus de défiances à cause de l'inflation aussi,
01:55où il y a de plus en plus d'agriculteurs, on voit des phénomènes de déconversion,
01:58on appelle ça comme ça, c'est-à-dire des agriculteurs qui faisaient du bio et qui disent
02:02« en fait, on ne peut plus faire de bio », comment vous arrivez à vous en sortir dans cette situation-là ?
02:06– Il faut savoir que nous, la baisse des prix qu'on propose,
02:09elle n'est pas basée sur une baisse de coût d'achat aux agriculteurs.
02:14C'est-à-dire qu'on paye les agriculteurs mieux que des distributeurs classiques.
02:19Donc on n'est pas du tout en train de mettre la pression sur les producteurs,
02:21au contraire, on aide les producteurs à s'installer en bio.
02:24Alors c'est vrai que cette année, pour la première fois, il y a eu une baisse des installations en bio.
02:28Après deux années qui ont été difficiles, donc en 2022-2023, c'est revenu à peu près à la normale en 2024.
02:35Donc là, il y a une croissance à nouveau, il y a eu plus de centaines d'ouvertures de magasins bio en France cette année.
02:42Donc la croissance est de nouveau là.
02:44Il faut savoir que nous, notre modèle, en fait, il est un peu contre-cyclique.
02:47Étant donné qu'on est le magasin bio le moins cher de France,
02:48on est élu tous les ans par une étude indépendante de distribuerie « magasin bio le moins cher de France »,
02:53eh bien, même en période d'inflation, les consommateurs se tournent vers nous,
02:58puisqu'on est l'alternative la moins chère.
03:01Et ça fonctionne aussi en période normale, comme en ce moment,
03:04parce qu'on a aussi une offre qui est très pratique, on livre partout en France,
03:10et il y a une notion d'accessibilité prix, mais il y a aussi une notion d'accessibilité géographique.
03:13Ça veut dire qu'on va pouvoir s'adresser à des consommateurs qui sont loin d'une offre de bio de qualité.
03:18Mais juste, ce phénomène de désamour pour le bio, il est juste lié au phénomène prix,
03:23ou est-ce que c'est plus compliqué que ça ?
03:25Il y a aussi, je voyais, par exemple, la multiplication des labels,
03:28qui fait que les gens sont un peu perdus.
03:29Il y a le label AB, il y a le label zéro résidu de pesticides,
03:33le label HVE, haute valeur environnementale,
03:35et en fait, on ne sait plus trop où on est.
03:37Alors, il y a une dimension prix.
03:39Je dirais que si on devait mettre des chiffres là-dessus,
03:41je dirais que c'est 80% de l'évolution de la consommation bio,
03:45c'est vraiment une notion de prix.
03:46Quand on voit les études qui sont faites par différents instituts,
03:50c'est vraiment le prix, le bloqueur principal.
03:52C'est vrai qu'il y a aussi une dimension de multiplication des labels
03:56qui apporte un peu de confusion,
03:58et qui diminue l'intérêt du label bio aux yeux de certains consommateurs
04:03qui n'ont pas vraiment connaissance des détails.
04:07Ces labels sont très critiqués,
04:08le label haute valeur environnementale,
04:10le label zéro pesticide,
04:11beaucoup moins d'engagement,
04:12le cas des charges est beaucoup moins sérieux et exigeant que le label bio.
04:15Et donc, nous, on fait énormément de pédagogie sur ce sujet-là,
04:18mais dès que l'inflation diminue
04:20et dès que les consommateurs ont un petit peu plus de pouvoir d'achat,
04:23on voit que la consommation bio remonte.
04:25Donc, c'est vraiment la preuve
04:27qu'en fait, c'est une question principalement de pouvoir d'achat.
04:30Le succès d'une supermarché en ligne,
04:33ça repose beaucoup sur la logistique,
04:35sur ce qui se passe dans les entrepôts,
04:36ils sont mécanisés, vos entrepôts,
04:38vous allez encore accélérer là-dedans,
04:39grâce à la levée de temps dont vous avez parlé tout à l'heure.
04:41Qu'est-ce que vous allez mettre en place ?
04:43Tout à fait.
04:43Alors, c'est vrai que c'est vraiment un métier de logisticien
04:46dans lequel on est.
04:47Donc, on a un gros entrepôt
04:48et on a automatisé.
04:50donc, on fait les commandes pour nos adhérents.
04:55Donc, il y a une partie d'aller chercher les produits,
04:57il y a une partie de mettre les produits dans des bacs.
05:00Et donc, on a automatisé une partie, peut-être 80% du picking,
05:03donc la récupération des produits.
05:06Et on est très contents parce qu'on a amélioré la qualité de travail dans nos entrepôts,
05:10parce que c'était, en fait, nos opérateurs se balader,
05:14réaliser beaucoup de distance avec des caddies, en fait,
05:17pour remplir les différentes commandes.
05:19Aujourd'hui, c'est des robots qui leur amènent directement
05:21les produits qui sont déjà mis dans des bacs.
05:25Et donc là, il y a une deuxième étape,
05:27une deuxième étape où, en fait, on va mettre des convoyeurs
05:29pour qu'il y ait encore moins de déplacements
05:30et donc améliorer la productivité.
05:32L'idée, c'est de pouvoir faire plus de volume dans le même espace
05:34et d'aller plus vite.
05:36Vous n'êtes pas très éloigné d'Amazon, finalement ?
05:38Alors, on considère qu'on est très opposé à Amazon,
05:43puisque...
05:44Dans les valeurs, c'est vraiment ça que vous posez la question.
05:46Non, mais même dans les conditions de travail,
05:48parce que...
05:49C'est-à-dire qu'il y a...
05:51Nous, aujourd'hui,
05:52les conditions de travail sont très excellentes à l'entrepôt.
05:55On a un taux de turnover qui est très faible.
05:57Et tous les gens qui viennent travailler dans notre entrepôt le disent.
05:59Ils sont très contents de rester à la fourche.
06:02Et on voit que ça s'oppose complètement
06:05aux conditions de travail chez Amazon.
06:07Et ce n'est pas parce qu'on a automatisé une partie
06:10qu'il n'y a pas encore une dimension de...
06:15Nos opérateurs ne peuvent pas aussi choisir une partie de leur travail,
06:18optimiser les processus eux-mêmes.
06:19Donc, on laisse beaucoup de liberté aux opérateurs.
06:21Et ils ne sont pas en train de suivre en permanence
06:23un process qui est prédéfini.
06:25Merci beaucoup, Lucas Lefebvre,
06:27d'être venu nous voir ce matin dans la French Tech,
06:29cofondateur et directeur général de la fourche.
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