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  • il y a 2 semaines
Ce lundi 15 décembre, Antoine Larigaudrie vous présente le placement à suivre dans l'émission Tout pour investir sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Tout pour investir, le placement à suivre.
00:04Julien Nebenzal est au téléphone avec nous, vous a retrouvé Julien, bonjour.
00:10On va un petit peu brosser l'actualité en termes de finances comportementales de l'année.
00:17On va faire ça en deux parties, on vous retrouvera la semaine prochaine pour parler du reste.
00:21Mais quelles sont les principales problématiques qui sont posées à vous en cette année 2025
00:26où il se sera passé énormément de choses ?
00:29En fait en 2025 j'ai essayé d'utiliser quelques outils et c'est peut-être à la fin d'année
00:35avec les marchés qui sont calmes, un bon moment pour s'arrêter un peu.
00:39Notamment essayer de répondre à une question non seulement qui m'est souvent posée
00:43mais que parfois je me pose, c'est est-ce qu'on a une évolution des marchés
00:47qui est telle que la finance comportementale pourrait être un petit peu moins utile
00:50ou pertinente ou adaptée ?
00:53On est dans un monde où il y a des algorithmes, on est dans un monde qui digitalise,
00:56on est dans un monde aussi d'intelligence artificielle.
01:00Et donc ce qu'on a vu au cours de l'année, c'est un certain nombre de choses justement
01:03qui permettent de connecter la situation actuelle avec la théorie de la finance comportementale.
01:09Alors je vous le rappelle très très brièvement, la finance comportementale ça a commencé dans les années 70
01:14quasiment en parallèle de la finance classique et il a fallu les années 2000
01:18pour que les deux disciplines dialoguent réellement, notamment la crise de 2008
01:23a permis de montrer que la finance comportementale avait une contribution majeure.
01:28Et pour rappel toujours très rapidement, c'est d'utiliser l'analyse des comportements des individus
01:34pour tenter de comprendre l'évolution des marchés financiers.
01:38Alors une des choses que j'ai abordé cette année, c'était le biais narratif,
01:43c'est-à-dire la nécessité quasiment du genre humain de construire en fait des histoires.
01:49C'est un peu comme les contes pour enfants, c'est quelque chose qui est très naturel
01:52quand il y a un sujet qui est complexe ou qui fait appel à des connaissances un peu larges ou historiques.
01:58On construit souvent une histoire pour pouvoir simplifier et représenter les choses.
02:03C'est exactement ce qu'on appelle le biais narratif, c'est exactement ce qui se passe sur les marchés financiers,
02:07sur à peu près toutes les périodes, qu'il s'agisse de la création de la compagnie des Indes
02:12ou l'intelligence artificielle aujourd'hui, pour sévir des sujets aussi complexes,
02:17qu'est-ce qu'on fait ? On crée un biais narratif.
02:18Et qu'est-ce que ça apporte finalement comme biais de comportement ?
02:22Ça apporte un excès de conscience pour une raison évidente,
02:25c'est que quand l'histoire est bien racontée et qu'elle est assez simple,
02:28on prend confiance dans cette histoire,
02:30on se pose probablement moins de questions que s'il n'y avait pas cette histoire.
02:34Et donc, en prenant cette conscience, on investit parfois un petit peu plus.
02:39Il y avait un deuxième sujet que j'avais abordé, c'était lié au taux d'épargne des Français,
02:44notamment le taux d'épargne élevé de 19 %,
02:46et on se rappelle cette fois-ci l'économie classique avec la fameuse équivalence ricardienne,
02:52c'est-à-dire la propension que les individus ont à épargner
02:56quand ils perçoivent que les impôts futurs vont monter.
02:58Eh bien, on en a parlé, je crois, il y a deux semaines,
03:01on a un sujet très récent, enfin très récent qui est quelques années,
03:05qui est arrivé, qui est le Dollar Cost Average, le DCA,
03:08qui permet justement aux gens qui ont cette équivalence ricardienne,
03:11c'est-à-dire qui épargnent de manière un petit peu abondante
03:14par rapport aux perspectives de hausse d'impôt qu'ils anticipent,
03:18et bien le DCA leur permet de passer certains risques liés au biais de comportement,
03:24c'est-à-dire qu'ils investissent très régulièrement en lissant le prix d'acquisition
03:29et en se détachant de la variation quotidienne ou hebdomadaire de la bourse.
03:34Et puis le troisième sujet que j'ai abordé cette année,
03:36qui était, je pense, un point important pour tous ceux qui s'intéressent à la finance comportementale
03:42comme justement outil de compréhension, c'est l'arrivée de l'intelligence artificielle
03:45et notamment des LLN, c'est-à-dire des robots avec lesquels on dialogue.
03:51On va avoir, c'est un sujet qui est majeur, on va avoir à peu près,
03:55si on se souvient bien de la statistique, 600% de hausse du conseil digitalisé
03:59dans les trois ans qui viennent.
04:01Et si on prend simplement notre clientèle chez nous, 8 euros,
04:04on a une personne sur cinq qui nous annonce qu'elle va utiliser l'intelligence artificielle
04:09systématiquement l'an prochain pour ses investissements.
04:12Donc vous voyez qu'on est rentré, on est complètement pénétré par ce sujet.
04:17Et ce que j'avais montré dans cette chronique, c'est une recherche académique d'Androu Lowe, du MIT,
04:25quelqu'un qui a travaillé sur de nombreux sujets depuis 30 ans, c'est une référence en la matière.
04:30Il avait constaté qu'en faisant des tests sous forme de jeu à différents LLM,
04:35il obtenait des résultats assez surprenants.
04:37Et la conclusion que je vous l'avais donnée, les LLM ont eux aussi des biais de comportement,
04:42pas par eux-mêmes, mais parce qu'ils analysent des données qui elles-mêmes ont été biaisées.
04:48C'est-à-dire que les résultats des LLM sont un michement entre la position ultra-rationnelle
04:53et la position complètement biaisée d'un être humain.
04:56Donc on est encore toujours dedans.
04:57Juste un truc, Julien.
05:00Finalement, il y a deux problématiques dont vous parlez qui se recoupent,
05:03à savoir l'IA, dont vous venez de parler,
05:06mais également la modélisation du narratif dont vous nous parliez au début.
05:11Est-ce que finalement ce narratif autour de l'IA,
05:14qui a été vraiment martelé jour après jour toute cette année,
05:18ne nous a pas créé un biais qui nous a fait ignorer,
05:21et on en parlait en début d'émission,
05:22des mouvements super intéressants et des dynamiques de croissance
05:25qui existaient sur d'autres secteurs ?
05:29Alors, en fait, je pourrais prolonger l'analogie encore plus loin,
05:34parce que je parlais du conte pour enfants,
05:36mais la meilleure manière d'endormir en enfance,
05:38c'est de lui raconter une histoire.
05:40Et donc effectivement, quand vous avez un biais narratif
05:42qui est très traignant, qui se développe,
05:44et bien en fait, toutes les autres histoires,
05:46on les entend beaucoup moins.
05:47Ça, c'est une réalité.
05:49Mais c'est aussi un biais de comportement,
05:52au sens où, comme on a besoin de biais narratif
05:55pour comprendre des choses qui sont complexes,
05:57et bien une fois que l'histoire commence à se raconter,
06:00on est complètement captivé par cette histoire,
06:03et plus on la comprend, plus on comprend ce qui nous arrive,
06:07et bien plus on s'attache à ce sujet.
06:09Et en faisant ça, naturellement, on met de côté d'autres choses.
06:12Alors, il s'est passé d'autres choses que l'intelligence artificielle,
06:15on a parlé de l'or aussi, dans toutes les émissions,
06:18enfin, on a quand même vu d'autres petites choses.
06:20Mais c'est vrai, le biais narratif va nous créer,
06:23en fait, alors on va utiliser un autre terme,
06:25le biais de disponibilité.
06:27C'est-à-dire qu'on va aller plus vite
06:28à une certaine forme d'information disponible
06:30plutôt qu'à une autre.
06:31Mais ça a contribué à renforcer, en fait,
06:35l'attention portée sur ce thème,
06:37qu'il n'en est qu'un parmi d'autres.
06:38Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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