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Le général Pierre de Villiers, ancien chef d'état-major des Armées, était l’invité de #LaGrandeInterview de Sonia Mabrouk dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.
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00:00La grande interview sur CNews et Europe 1, mon invité est le général d'armée, Pierre Devilliers.
00:05Bonjour et bienvenue à vous.
00:06Bonjour madame.
00:07Merci de votre présence.
00:09Pierre Devilliers, vous avez été chef d'état-major des armées.
00:12Vous publiez pour le succès des armes de la France aux éditions Fayard.
00:16Alors ce matin, nous allons beaucoup parler de la chose militaire.
00:19Le mot « guerre » d'ailleurs est souvent utilisé dans tous les domaines.
00:22On parle de guerre contre les narcotrafiques.
00:24Nous allons en parler de guerre également contre l'entrisme islamiste.
00:27Et en particulier après le terrible attentat antisémite à Sydney.
00:32Monsieur le général, est-ce qu'on se paye de mots ou est-ce qu'on mène véritablement cette guerre existentielle ?
00:39Je crois que le monde a profondément changé.
00:42C'est pour ça que j'ai repris ma plume.
00:44J'avais senti en 2017, c'était l'objet de mon différent avec le président de la République,
00:48quand j'ai démissionné, j'avais senti que ce monde était de plus en plus instable, volatile, incertain,
00:54sous le coup du retour des États puissances, qui réarmait de 5 à 10% par an depuis une vingtaine d'années,
01:02quand nous, les démocraties européennes, nous savourions les délices des dividendes de la paix.
01:06Et puis, j'ai vécu les attentats de 2015.
01:09Depuis le 7 janvier 2015, le Bataclan et tout ce chapelet, je l'ai vécu en quelque sorte dans ma chair.
01:17Et je savais que cette idéologie islamiste radicale allait se poursuivre dans le monde entier.
01:21C'est ce qui s'est passé. J'avais pressenti aussi le désengagement progressif américain vers le Pacifique
01:28et vers son adversaire, la Chine.
01:33Et donc, tous ces facteurs m'avaient fait penser qu'il était grand temps de réarmer.
01:39Alors, nous avons fait un effort budgétaire, mais qui n'est pas suffisant par rapport à la gravité de la situation.
01:46Et nous n'avons fait que boucher les trous, finalement.
01:50Les trous qui avaient été creusés pendant des décennies, notamment avec la Revue Générale des Politiques Publiques.
01:56Des trous béants, Pierre Devilliers, face à des défis existentiels, on va les énumérer.
02:02Et vous avez répété un vieux principe que l'armée vous a appris.
02:05Seule la force fait reculer la violence.
02:07Alors, très concrètement, aujourd'hui, par exemple, dans certaines villes, les quartiers entiers vivent au son des tirs de Kalachnikov.
02:15Des enfants marchent sur des sachets de drogue à l'école.
02:17Des barrières sont érigées à l'entrée de certaines cités par des narcos trafiquants.
02:23Où est la force ? Où est la force face à cette ultra-violence ?
02:27Oui, la force, elle repose sur l'autorité.
02:29Et le carburant de l'autorité, c'est la confiance.
02:32En fait, aujourd'hui, les Français n'ont plus confiance dans leur autorité, dans leur gouvernant.
02:40Il y a un fossé qui s'est creusé, qui est énorme, entre ceux qui décident et ceux qui vivent ces décisions sur le terrain.
02:46La situation d'aujourd'hui est d'ailleurs illustrative.
02:49D'un côté, le déplaçant du président de la République à Marseille avec le cartel de la drogue.
02:53Et de l'autre, les paysans qui bloquent la liberté de circulation avec toutes les difficultés qu'ils rencontrent.
03:03Quelle image nous renvoient ces deux Frances ?
03:05Écoutez, moi, cette image de la France, anéantie par ses propres factures et ses propres décisions,
03:15et dans une violence, dans une brutalité énorme,
03:19quand je vois ça par rapport à la situation extérieure et à tout ce qui se passe dans le monde aujourd'hui,
03:26je me dis que ce décalage est éminemment dangereux.
03:30Vous dites aussi, Général Pierre de Villiers, que la peur fait réagir.
03:34Et en grande partie, en tout cas une partie des Français ont peur.
03:37On va parler de la situation également en Europe et internationale.
03:40Et que le courage fait décider.
03:42Et ensuite, c'est le sursaut qui doit arriver.
03:44Nous en sommes où dans cet enchaînement ?
03:47Je crois que nous sommes dans la première étape.
03:50Depuis quelques mois, moi, je trouve que les Français commencent sérieusement à avoir peur.
03:54C'est ce qu'on vous dit ?
03:55Vous faites évidemment de nombreuses éducaces un peu partout en France.
03:59Oui, je fais un, deux déplacements par semaine depuis huit ans.
04:02Et je vois bien le climat évoluer.
04:05Les Français commencent à avoir peur.
04:07Ils ont peur à l'intérieur pour leur propre sécurité.
04:10Parce que, contrairement à ce qu'on nous dit depuis des années,
04:13ce n'est pas un sentiment de sécurité.
04:15Enfin, on est des grands garçons.
04:16On voit bien ce qui se passe quand même.
04:18Il faut dire la vérité.
04:19Ça, c'est un principe de l'exercice de l'autorité.
04:22Dire la vérité.
04:23Sinon, la confiance est rompue.
04:24On est toujours rattrapé par ses propres mensonges ou ses faux semblants.
04:30Je crois que la vérité, l'authenticité, c'est ce qu'attendent les Français.
04:33Et puis, quand on voit la situation dans certains quartiers, effectivement, il faut restaurer l'autorité.
04:41Il faut restaurer l'ordre.
04:43C'est ce que j'entends.
04:43Mon général, alors, on attend.
04:46Il faut restaurer l'ordre.
04:48L'ordre, par la force.
04:49C'est-à-dire, général Pierre de Villiers, que l'on soit très concret ce matin, parce que la deuxième étape, c'est le courage, y compris s'il y a des conséquences difficiles, y compris s'il y a des effets qui peuvent provoquer des choses extrêmement, eh bien, peut-être indésirables sur notre sol.
05:04Mais on n'a pas le choix. Après la peur, ça fait réagir. C'est ce qu'on est en train de faire. On réagit. Mais après, il faut décider. Et il faut décider pour restaurer l'autorité.
05:17Et ensuite, il y aura le sursaut. Et le peuple attend ce sursaut. Moi, je vous le dis, le peuple de France que je côtoie, moi, j'habite en Vendée, je vois bien, les gens, ils attendent maintenant quelque chose de solide, parce qu'on ne peut plus continuer comme ça.
05:30Sinon ?
05:32Sinon, le grand danger, quand on voit l'histoire de France, c'est la rupture. Si vous voulez, la France, quand elle est en difficulté, elle se réforme souvent dans la brutalité et dans la rupture.
05:44C'est ce qu'il faut éviter, à mon avis, parce que cette rupture, elle pourrait aussi provenir de l'extérieur.
05:52Je répète, seule la force fait reculer la violence parce que vous faites ce même constat. C'est très important face aux États puissants. Il faut la force.
05:59Et justement, au sujet de la guerre en Ukraine, Pierre Devilliers, Donald Trump a affirmé, et c'est tout récent, qu'un accord n'a jamais été aussi proche.
06:06Est-ce que cette guerre est la nôtre ? Bien sûr, elle se situe aux confins de l'Europe, mais est-ce qu'elle est la nôtre au sens des intérêts premiers de l'Europe et plus singulièrement de la France ?
06:14L'intérêt de la France, c'est la paix en Ukraine et face à la Russie.
06:20L'intérêt de tous, c'est la paix, non ?
06:20Bien sûr, bien sûr qu'il y a un agresseur. La Russie a agressé l'Ukraine. Bien sûr qu'il fallait aider l'Ukraine pour éviter qu'elle ne s'effondre.
06:29C'est ce que nous avons fait. Mais l'objectif stratégique, vous savez, la stratégie, c'est important.
06:34La stratégie, c'est ce qui gagne les guerres. La tactique gagne les batailles.
06:36Mais ça ne suffit pas de gagner les batailles. Il faut gagner la guerre.
06:40Et là, en l'occurrence, la seule stratégie utile pour la France, c'est la paix.
06:45Une paix qui soit juste, sur les territoires en particulier, et qui soit durable, avec des forces de garantie qui garantissent que la Russie ne va pas recommencer à envahir l'Ukraine ou d'autres pays limitrophes.
06:56Je reprends vos mots. Une paix juste et durable. Paix juste et pérenne. C'est ce que dit le président de la République.
07:03Certaines voix, Pierre de Villiers, je cite par exemple Pierre Lelouch, Michel Onfray, Luc Ferry et d'autres ont tapé depuis longtemps, à la fin de la guerre, le plus rapidement possible, au risque peut-être d'avoir un accord de paix déséquilibré.
07:15Certains les ont traités de municois, de capitulards. Où est la vérité ? Qui sont les vrais pacifistes aujourd'hui ?
07:23Écoutez, moi je suis très à l'aise sur ce plan, puisqu'il y a trois ans, quand j'ai sorti mon livre précédent, j'avais demandé la paix à cette époque.
07:30On m'a traité de municois et de russophiles.
07:35Comment vous expliquez aujourd'hui cette inversion des choses et des valeurs ?
07:38Parce que je crois que notre société a oublié ce qu'est la guerre.
07:44Surtout sur les plateaux avec la moquette parisienne.
07:48Mais la guerre c'est atroce. Il y a parfois des journées à mille morts aujourd'hui en Ukraine.
07:53Il faut arrêter ce massacre. Et vous savez, ensuite, la haine, pour qu'elle retombe, je l'ai vu dans toutes mes interventions, que ce soit au Kosovo, en Afghanistan, en Afrique, c'est très long.
08:05Et donc, si on veut la paix, vraiment, et une paix durable, notamment en Europe, il faut préparer la guerre.
08:13Si, vis, pachem, para, bellum. C'est la devise de l'école de guerre.
08:18Moi, j'ai fait l'école de guerre en 89-91, au moment de la chute du mur de Berlin.
08:22On a gagné parce qu'on était forts.
08:24On avait une dissuasion nucléaire couplée avec des forces conventionnelles au même niveau de suffisance et de crédibilité.
08:32Ce n'est plus le cas aujourd'hui pour les forces conventionnelles.
08:34Et nous avions, Pierre Devilliers, également, peut-être, une souveraineté beaucoup plus importante, beaucoup plus affirmée.
08:41Est-ce qu'aujourd'hui, là, je parle de la voie de la France dans cette guerre, est-ce qu'on peut être souverain quand une partie de nos compétences est aujourd'hui fédéralisée ?
08:49Qu'on a laissé être fédéralisé. Est-ce qu'on peut l'être encore ?
08:53J'ai un chapitre dans mon livre sur le mythe de l'armée européenne.
08:57Je crois qu'il ne faut pas se tromper.
08:59Bien sûr qu'il faut préparer la défense de l'Europe.
09:02On est déjà en retard. On aurait déjà dû aller beaucoup plus vite sur des accords inter-étatiques à géométrie variable,
09:09sur des programmes d'armement, le char futur, l'avion futur, les drones, etc.
09:13Le SCAF, alors ? Le nouvel avion de combat européen avec toutes les difficultés que l'on connaît ?
09:17Mais on voit bien. Nous sommes dans la technostructure.
09:20Nous sommes dans des accords d'appareils, pas des accords inter-étatiques sérieux.
09:26Et c'est ça qu'il faut retrouver. C'est cette Europe-là qu'il faut construire.
09:28Moi, je ne crois pas du tout à cette Europe fédérale qui ne dit pas son nom.
09:32Vous savez, quand on est au combat, moi j'ai commandé en Afghanistan une coalition de 15 pays.
09:37Je sais comment ça se passe quand on est confronté à des décisions sérieuses.
09:40Pas simplement des décisions qui engagent la finance, le social ou l'économie, mais la mort.
09:47La mort. Eh bien, à ce moment-là, on se retourne vers son drapeau, vers sa patrie, vers sa capitale.
09:53Et c'est là qu'on prend les ordres.
09:54Général, il y a un pays en Europe qui se tourne beaucoup vers son drapeau, vers son armée et vers les armes de guerre.
10:01D'ailleurs, c'est inédit. L'effort de réarmement de l'Allemagne en ce moment, c'est historique.
10:06Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, ce pays n'a déployé un tel effort de réarmement.
10:10Est-ce que c'est inquiétant ?
10:12J'ai vu un très bon papier récemment là-dessus.
10:15Bien.
10:16Et je partage ce papier, figurez-vous.
10:20Je pense que moi, j'ai été le chef d'état-major des armées, de l'armée la plus importante, la plus puissante en Europe.
10:30Et ceci m'a donné une capacité de leadership dès qu'il s'agissait d'opérations en Europe.
10:37Aujourd'hui, l'Allemagne est en route vers la reconstitution d'une armée.
10:42Alors, ça va être long, parce que leur loi fondamentale leur interdit la guerre.
10:47Donc, il va falloir quand même modifier la culture de cette armée qui n'est pas une culture de la guerre.
10:53Mais je pense qu'avec les moyens économiques qu'ils mettent en place, ils n'ont pas la dissuasion à payer nucléaire.
11:00Je pense qu'ils vont aller vite.
11:01Et incontestablement, ceci devrait nous pousser à réarmer à vitesse grand V.
11:09Donc, le sursaut, encore et toujours.
11:11Sursaut également, mais alors là, c'est très intéressant.
11:13Général Pierre de Villiers, quand il est demandé, en tous les cas, mis en avant par l'administration Trump,
11:19j'imagine que vous êtes beaucoup intéressé à ce document sur la stratégie de sécurité nationale,
11:24on peut y lire une charge contre l'Europe ou alors un appel au sursaut
11:28et surtout ce risque d'un effacement civilisationnel de l'Europe.
11:31Est-ce que vous faites partie de ceux qui disent « c'est la réalité » qui nous menace
11:34ou alors d'autres qui disent « mais ce n'est pas à lui de nous donner des leçons et de donner des leçons à l'Europe » ?
11:39Non, mais cette stratégie ne m'a absolument pas surpris.
11:43Tout est écrit depuis 20 ans.
11:45« America First », ce n'est pas récent, ce n'est pas nouveau.
11:49On le sent, on le sait.
11:50En 2017, dans cette réunion que je raconte dans mon livre avec le président Trump,
11:56j'avais senti ce désengagement progressif, évidemment.
12:00Qui ne l'a pas vu ? Qui n'a pas voulu le voir ?
12:04Il n'y a pas pire sûr que celui qui ne veut pas entendre cette myopie, ce somnambulisme.
12:10Vous en parlez, de ces élites ou élites autoproclamées bruxelloises,
12:13les experts géostratégiques médiatiques, en prenant aussi, en prennent pour leur grade.
12:19Ils sont épinglés, dites-vous, pour leur déni d'hier et leur virage guerrier d'aujourd'hui.
12:23Mais oui, c'est incroyable ce réveil brutal.
12:26Ah bon ? La guerre, ça existe ?
12:27Ah oui, il faudrait peut-être augmenter le budget des armées.
12:30Ah oui, d'accord.
12:31Ah oui, il faudrait peut-être rétablir un service militaire.
12:34Ah oui, peut-être, oui.
12:35Après avoir fait huit ans de service national universel, une sorte de colonie de vacances qui a coûté très cher.
12:41Non, je crois que maintenant, c'est fini.
12:45Il faut passer la vitesse supérieure.
12:47On arrête de rire.
12:48La guerre est à nos portes.
12:49On va parler de cette vitesse supérieure, simplement.
12:51Une précision, Général Pierre de Villiers.
12:52Pourquoi est-ce qu'on a besoin de réarmer alors qu'on a la dissuasion nucléaire ?
12:56Le Général de Gaulle disait que ça permet de sanctuariser notre territoire.
12:59Pourquoi alors un effort de réarmement parallèle ?
13:01Alors, le Général de Gaulle, effectivement, a instauré la dissuasion nucléaire.
13:06Anticipation absolument incroyable.
13:09C'était un stratège.
13:10C'était un véritable prophète dans la matière.
13:15Il a pris ce risque.
13:16Mais il a couplé la dissuasion nucléaire avec des forces conventionnelles puissantes.
13:21La dissuasion nucléaire fonctionne à la condition qu'elle s'accompagne d'une capacité pour l'action classique.
13:28Et on voit bien aujourd'hui la faille parce que la guerre en Ukraine, elle a lieu.
13:33Et pourtant, la Russie a le nucléaire.
13:36Donc, la dissuasion nucléaire qui a été préservée et qui est autonome.
13:41Et ça, c'est remarquable parce que nous avons un parc industriel avec des grands groupes industriels exceptionnels en France
13:47que nous avons su conserver.
13:48Il faut les saluer.
13:49Il faut les saluer.
13:50Il faut les encourager.
13:51Ils attendent les commandes.
13:52Ils sont l'arme au pied.
13:52Mais les commandes ne viennent pas parce que la bureaucratie, la technostructure, Bercy, les procédures de temps de paix,
13:59nous ne sommes pas en économie de guerre.
14:01Donc, il faut restaurer cet outil classique à la hauteur d'une guerre.
14:05Nous avons une belle armée, des soldats marins aviateurs extraordinaires.
14:09Je ne doute à aucun moment de leur engagement jusqu'au sacrifice suprême s'il le faut.
14:13Mais il faut leur donner les moyens d'une guerre.
14:16La guerre, ça consomme des munitions, des pièces de rechange.
14:18Il faut une épaisseur, une capacité à durer.
14:21Dans votre livre, et depuis le début de notre entretien, vous évoquez ces différents défis.
14:25On pourrait avoir un esprit, on pourrait, je dis bien, défaitiste.
14:29Mais quand on regarde une partie de la jeunesse, général Pierre Devillé, c'est tout l'inverse.
14:33Ils veulent de la grandeur et du sens.
14:35Ils veulent quelque chose qui les dépasse.
14:37Que leur dites-vous ce matin si certains d'entre eux nous écoutent et nous regardent ?
14:42Moi, j'aime la jeunesse.
14:44Aiment notre jeunesse, elle nous le rendra.
14:45Et je rencontre des jeunes incroyables.
14:49Ils ont soif.
14:50Mais on leur parle de procédures, de normes, de matériel, de réseaux sociaux.
14:56Eux, ils veulent quelque chose de grand.
14:59Et je le vois avec les 25 000 jeunes qui rentrent tous les ans dans l'armée.
15:02On les appelle à se surpasser, à se dépasser, à s'engager pour la France, pour le drapeau, pour la patrie, pour le pays.
15:12C'est ça qu'on leur apprend.
15:13Et c'est ce qu'il faut apprendre à notre jeunesse.
15:16Et ce qu'ils vous disent, peut-être certains, lors de vos dédicaces, il faut un homme fort à la tête du pays.
15:21Plus de 4 citoyens sur 10 seraient prêts à voir arriver un homme autoritaire au pouvoir.
15:25Sans doute, pense-t-il, à un militaire, quitte à renier sur la démocratie.
15:30Quelle est la différence entre autorité et autoritarisme, selon vous ?
15:33Alors, quand on parle autorité, en France, on pense autoritarisme.
15:37C'est toute la difficulté.
15:38Autorité, ça vient de aoguerrer, augmenter, élever vers l'ordre et exécuter avant d'avoir été donné.
15:44C'était ma grande fierté quand j'étais en situation de commandement.
15:47C'était que je n'avais même pas besoin de donner l'ordre.
15:49Là, je me disais, là, vraiment, c'est de la vraie autorité.
15:52Et ça repose sur la confiance.
15:54C'est ça, l'autorité.
15:55L'autoritarisme, c'est le petit chef.
15:57Je décide, il exécute.
15:59C'est tout l'inverse de l'autorité.
16:00Et l'autorité, c'est ce fil étroit entre la bienveillance et l'exigence,
16:05entre la fermeté et l'humanité.
16:09Aujourd'hui, il n'y a plus de fermeté.
16:11Regardez ce qui se passe.
16:12Et il n'y a plus d'humanité.
16:13On est dans une société de plus en plus déshumanisée,
16:17dans le tout à l'égo, y compris jusqu'au sommet, d'ailleurs.
16:19Le tout à l'égo, mon prochain poste.
16:22Une dernière question pour conclure, Pierre de Villiers.
16:25C'est une question qui est souvent posée par quelqu'un que vous connaissez bien,
16:27votre frère, Philippe de Villiers,
16:29qui est sur notre antenne tous les vendredis,
16:32avec le succès que vous connaissez.
16:35C'est l'espérance française.
16:37Il y tient beaucoup, tout comme vous.
16:38D'ailleurs, beaucoup de choses vous rassemblent,
16:40contrairement à ce que pensent certains.
16:42Si vous deviez définir ce chemin pour l'espérance française,
16:44que diriez-vous ?
16:46Moi, je crois que l'espérance n'est pas un optimisme,
16:49c'est un désespoir surmonté.
16:51« Il faut dire ce que l'on voit, mais plus difficile,
16:53il faut voir ce que l'on voit », disait Peggy.
16:56Et la phrase précédente, c'était Bernanos.
16:59Et avec Bernanos et Peggy,
17:02on a l'espérance qui permettra à la France de se surpasser,
17:06d'avoir ce sursaut que j'appelle de mes voeux,
17:11ce sursaut qui passe par la force,
17:13qui passe par le succès des armes de la France.
17:15Eh bien, soyez-vous entendus, on l'espère, Pierre Devilliers.
17:19Merci beaucoup, Général.
17:20Je rappelle le titre de votre livre
17:23« Pour le succès des armes de la France » aux éditions FIRE.
17:25Merci pour cette parole directe.
17:28Et je suis sûre qu'il va beaucoup faire réagir.
17:29Merci encore et à bientôt.
17:31Merci, madame.
17:38Merci.
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