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  • il y a 2 semaines
François Légeret, 42 ans à la Noël 2005, l'un des trois enfants d'une riche famille suisse qui vit sur les bords du Léman. On le dit tout aussi mystérieux qu'arrogant. Soupçonné d'avoir tué trois femmes dont sa mère et sa sœur. La justice en est convaincue. Lui va nier, obstinément.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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Transcription
00:00En arrivant dans la cuisine, j'ai ouvert une porte qui donnait au sous-sol où il y avait des escaliers qui descendaient, assez en pente, des escaliers.
00:13Et c'est là la surprise, les deux corps qui étaient couchés l'un sur l'autre en bas des escaliers.
00:20Sur le moment, je me suis dit que ce n'était pas un accident.
00:23Bonjour, François Légeret grandit dans une riche famille suisse, âgée de 42 ans à la Noël 2005.
00:32A cette époque, ce dandy un peu hippie, que l'on dit tout aussi mystérieux qu'arrogant, va être soupçonné d'avoir tué trois femmes, dont sa mère et sa sœur.
00:42Il aurait été aveuglé par l'argent.
00:45Il va nier, obstinément, 20 ans plus tard, toujours le même doute, obsédant, meurtrier ou innocent.
00:50François Légeret, les trois mortes du 24 décembre, l'heure du crime, la seule émission radio 100% fait d'hiver et c'est tout de suite sur RTL.
01:05Mercredi 4 janvier 2006, autour de 10h du matin, le jardinier de Madame Légeret est de retour à la maison au 26 sentiers des Rurettes à Vevey, petite ville suisse, sur une rive du lac Léman.
01:18Il n'a pas mis les pieds dans la propriété depuis plusieurs jours.
01:22Il a beaucoup neigé, il retrouve la villa fermée et silencieuse.
01:26La boîte aux lettres déborde de journaux et de prospectus.
01:30Le jardinier n'entend pas les deux chiens de la propriétaire aboyer.
01:34Il sonne, mais personne ne répond.
01:36La société de gardiennage est alertée.
01:39Un employé entre, le premier, dans la demeure, plongé dans l'obscurité.
01:43Un labrador chancelant qui n'a rien mangé depuis des jours sur J, un caniche, J dans un coin, il est mort de faim.
01:52En poussant une porte, une odeur putride remonte de la cave.
01:56Au pied d'un petit escalier, on aperçoit deux corps de femmes face contre terre, en chemise de nuit,
02:02comme si l'une avait entraîné l'autre dans la chute mortelle.
02:06Les gendarmes du canton de Vaud identifient les victimes.
02:10Ruth Légeret, 81 ans, la propriétaire et Marina Studer, 80 ans, une amie venue passer les fêtes de fin d'année à Vevey.
02:18Les légistes démentent le simple accident.
02:21Les échymoses correspondent à des coups donnés avec un objet lourd.
02:25Les victimes ont bel et bien été assommées, précipitées dans l'escalier qui mène au sous-sol et à la chaufferie.
02:31Il y a du sang sur les marches, un peu de sang aussi sur le col de la chemise de nuit de Ruth Légeret.
02:38Dans sa main, elle serre une poignée de cheveux.
02:42Dans le dos de l'autre victime, Marina Studer, c'est une trace de main bien marquée que l'on distingue.
02:49Les enquêteurs ne croient pas au cambriolage.
02:52La maison a été retrouvée fermée à double tour et rien, hormis un bougeoir, n'a été emporté.
02:57Ils sont surtout intrigués par la disparition d'une autre femme qui vit habituellement dans la maison.
03:03Marie-Josée Légeret, 56 ans, la fille de Ruth.
03:07Une ancienne médecin qui serait dépressive, férue de sciences occultes, de divination.
03:14Sa mère la croyait envoûtée.
03:15Elle l'avait conduite un jour à Rome chez un exorciste du Vatican.
03:20Elle a disparu, a laissé ses clés, son téléphone, son portefeuille, elle est introuvable.
03:24Après vérification, ce sont bien ses cheveux qu'on a retrouvés dans la main de sa mère.
03:30La mère et la fille se seraient-elles battues ?
03:33Pour les enquêteurs, le double meurtre a été perpétré entre 10h45 et 14h, le 24 décembre.
03:41À 10h45, Ruth Légeret était vivante.
03:44Elle a discuté sur le pas de la porte avec le facteur.
03:48Un autre postier, passé un peu plus tard, a lui aussi sonné.
03:51Mais là, personne n'a répondu.
03:53La famille Légeret est tout de suite prévenue du drame.
03:57Le fils aîné, Jean-Marc, architecte, marié, vit tout à côté.
04:01Il ne montre pas de réaction en apprenant la nouvelle.
04:04Il ne souhaite même pas se rendre à la villa.
04:07Il a coupé les ponts depuis longtemps avec sa mère, son autre frère et sa sœur,
04:11suite à un désaccord survenu lors du partage de l'héritage après la mort du père de famille en 1990,
04:19lequel avait fait fortune dans l'immobilier.
04:21Son frère, François, habite pour sa part un luxueux chalet à 15 kilomètres de Vevey, au mont de Corsier.
04:29Il vit entouré d'animaux, des chiens, deux anaises, un couple de lama.
04:34François reste lui aussi sans réaction apparente.
04:36En apprenant la tragédie, il avait été adopté par les Légerets en Inde à l'âge de 9 ans.
04:42Il adorait sa mère, qui l'appelait mon trésor ou mon Franceschino.
04:47Il était son fils chéri.
04:49La dernière fois qu'il a vu route, c'était le 16 décembre.
04:52Il était allé la chercher à son salon de coiffure.
04:55François Légeret, 41 ans, explique qu'il se rend régulièrement chez sa mère.
05:00Il gère une partie des biens immobiliers de la famille.
05:03Il discutait d'ailleurs avec elle du déblocage de 83 000 euros pour un projet.
05:09Il connaît bien aussi Marina Studer, la meilleure amie de sa mère.
05:12Il n'a, en revanche, aucune idée de l'endroit où pourrait se trouver sa sœur, Marie-Josée.
05:20Les enquêteurs qui vont se focaliser sur la riche famille Légeret, ils estiment peut-être à tort d'ailleurs,
05:25on va le voir, que la clé de l'énigme se trouve dans ce huis clos où pas grand monde ne parle, il faut bien le dire.
05:32On est en Suisse, sur les bords du Léman, on est à Niver avec cette ambiance neigeuse et tout est feutré.
05:38Même les confidents sont feutrés.
05:40On va voir d'ailleurs que l'argent, ça pourrait être une préoccupation majeure au sein de cette famille.
05:45Et c'est peut-être un mobile l'argent qui s'est immobile pour cette disparition et pour ces deux meurtres.
05:51On vous retourne à Vevey, cette belle villa de plein pied qui s'ouvre sur le Léman.
05:58Bonjour Richard Verly.
05:59Bonjour.
05:59Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui dans l'heure du crime.
06:02Vous êtes journaliste correspondant France-Europe pour le quotidien suisse Blic et puis également pour le site, c'est ça ?
06:09Tout à fait.
06:10Le site de Blic, et puis vous êtes l'auteur aussi d'un livre que je cite avec plaisir qui s'appelle
06:16Cette Amérique qui nous déteste, ça c'est bien de l'actualité.
06:19Cette Amérique qui nous déteste, c'est paru aux éditions Nevicata.
06:23Richard Verly, évidemment vous êtes Suisse, vous connaissez bien cette région.
06:27On est là dans une très riche et très discrète famille.
06:32Les Légerais.
06:34Oui, il faut imaginer, il faut avoir en tête ce qu'est Vevey.
06:37Alors vous dites une paisible ville sur les rives du lac Léman, Jean-Alphonse, c'est quand même pas n'importe quelle ville Vevey.
06:42C'est une ville effectivement qui a la réputation d'être un des hauts lieux de ce qu'on appelle la Riviera Vaudoise.
06:47Donc le mot indique bien l'oculence de cette région.
06:51C'est aussi le siège de Nestlé, cette multinationale énorme.
06:54Donc c'est un peu Vevey, je dirais l'âme de la Suisse, en tout cas l'âme de la Suisse romande.
06:59Et vous avez cette famille, les Légerais, et il y a ce fils qui aujourd'hui est toujours emprisonné, d'origine indienne, adopté, et cette sœur disparue.
07:08Vous savez à l'instant, avant de venir dans l'émission, j'ai regardé sur le site du canton de Vaud, l'état de Vaud, puisque Vevey se trouve dans le canton de Vaud.
07:15Et bien l'avis de recherche pour la sœur disparue, il est toujours là.
07:19Vous pouvez cliquer, vous tapez Marie-Josée Légerais, elle est toujours en fuite.
07:23Et les autorités du canton de Vaud la recherchent toujours, vous savez en Suisse, ça va lentement.
07:27Ça va lentement, mais enfin, on va avancer dans cette histoire.
07:30Parce qu'évidemment, ça va lentement, mais je connais la police suisse, et ils sont tenaces, ils sont accrochés.
07:35Et puis la justice aussi s'accroche à ce dossier.
07:38Un mot sur cette famille, je l'ai dit, elle est discrète et très riche.
07:42Voilà, on parle beaucoup d'argent dans cette famille.
07:45Alors, est-ce que j'ose dire que c'est assez courant à Vevey dans ces parages ?
07:49Vevey, Montreux, ce sont quand même des communes tout à fait opulentes,
07:53où beaucoup de riches suisses et étrangers viennent s'installer,
07:58des origines de fortune, on va dire, diverses.
08:00Et donc, effectivement, on ne montre pas tellement son argent, et on n'en parle pas.
08:05Ça, c'est assez caractéristique, mais tout le monde sait que vous en avez,
08:09surtout quand vous habitez dans ce type de ville-là.
08:11Et puis, excusez-moi, Richard Verly, mais dans ce milieu très feutré,
08:16il y a déjà un double meurtre, plus une disparition.
08:20C'est un choc sur place ?
08:22Ça a été à l'époque un choc absolument terrible, pour deux raisons.
08:27D'abord, parce qu'on a eu quand même énormément de peine.
08:30Il y avait un doute, il y a toujours un doute pour certaines personnes
08:34sur la culpabilité de François Légeret.
08:36On va y revenir.
08:36Certains ont été jusqu'à dire qu'on le jugeait facilement
08:39parce qu'il était justement d'origine indienne, fils adoptif, etc.
08:42Et puis, il y a cette disparition de la sœur, vous imaginez ?
08:45C'est quand même un truc jamais vu.
08:47On parle de la Suisse.
08:49Ce n'est pas un pays très grand.
08:50Ce n'est pas un pays dont vous vous échappez comme ça.
08:53Il n'y a pas longtemps, en 2017, il y a un corps qui a été retrouvé
08:57dans la forêt aux alentours de Vevey.
08:58On a pensé que ça pouvait être elle, mais les analyses ADN ont démontré
09:01que ce n'était pas le cas.
09:02Elle a disparu, effectivement, cette femme.
09:05Et puis, il y a les deux autres femmes aussi qui sont plus âgées,
09:07des octogénaires qu'on a retrouvées dans cette maison
09:09sans vie au bas d'un escalier.
09:11Bonjour, Éric Cotier.
09:13Bonjour.
09:14Merci beaucoup d'être avec nous dans cette heure du crime.
09:18Vous êtes ancien procureur général du canton de Vaud.
09:22Éric Cotier, votre parole nous est précieuse,
09:24et d'autant plus précieuse qu'elle est très rare.
09:26Vous n'êtes quasiment jamais exprimé sur cette affaire.
09:33Et vous nous faites, évidemment, l'honneur aujourd'hui.
09:35On a le privilège de vous avoir dans cette heure du crime
09:37parce que c'est vous qui avez suivi toute cette affaire
09:39et qui avez mené l'accusation dans ce dossier.
09:42Éric Cotier.
09:43Alors, ce qui fait tout de suite tiquer les enquêteurs,
09:46bon, il y a ces deux morts au bas de l'escalier,
09:48mais ce qui les fait tiquer, c'est que c'est l'absence de la fille,
09:51Marie-Josée Légeret.
09:53Alors, évidemment, les enquêteurs vont découvrir rapidement
09:56que Marie-Josée vit avec sa mère,
09:58que leurs relations sont constantes, qu'elles sont étroites.
10:01Et il est clair que son absence et l'ignorance absolue de tout ce qui la concerne le jour de la découverte des corps,
10:08ça suscite de nombreuses questions.
10:11Quels sont les indices qui témoignent d'un meurtre ou d'un assassinat ? On ne sait pas.
10:14Il y a des traces de sang, de très nombreuses traces de sang,
10:19sur les escaliers, aux abords des escaliers, sur le sol,
10:22mais aussi sur les murs du couloir qui se trouvent au sous-sol,
10:27ajoutées aux nombreuses lésions que l'on va découvrir sur les deux cadavres
10:31et à l'examen effectué par les médecins légistes.
10:34Tout cela va constituer des indices très très forts
10:38en faveur d'un meurtre ou d'un assassinat au fil des mois.
10:41Qu'est-ce que vous savez de la dernière journée des Légeret,
10:46mère et fille, de Ruth et de sa fille ?
10:49Les éléments qu'on a à disposition sont à vrai dire peu nombreux
10:52et d'une certaine manière indirectes
10:54parce que ce matin-là, le matin du 24 décembre,
10:58Ruth Légeret ne va communiquer avec personne.
11:01Il n'y aura pas de contact avec l'extérieur
11:04qu'on ait pu identifier avec certitude.
11:07Ce que l'on sait, c'est que Marie-Josée Légeret
11:09est sortie pour faire des courses avec un caddie bien rempli
11:13qui a laissé penser à la personne qui l'a vue
11:15que Marie-Josée Légeret faisait des achats
11:18pour passer un réveillon et des fêtes de Noël,
11:22on va dire agréablement.
11:24C'est à peu près tout ce dont on dispose
11:26dans la suite de la journée du 24 décembre
11:29et tout particulièrement l'après-midi.
11:31Il n'y aura au fond plus aucun signe de vie
11:33provenant de la maison ou à l'intérieur de la maison.
11:38Une maison donc silencieuse.
11:41Le fils adoptif va se retrouver en garde à vue.
11:45François Légeret, les trois mortes du 24 décembre.
11:48C'est un fainéant, un bon à rien,
11:50capable du pire pour arriver à ses fins.
11:52L'enquête de l'heure du crime.
11:53On se retrouve dans un instant sur RTL.
11:54L'heure du crime consacrée aujourd'hui à l'affaire François Légeret.
12:13Ce cadragénaire, fils adoptif d'une riche famille suisse,
12:16va se retrouver suspecté d'avoir tué trois femmes à Vevey à la Noël 2006,
12:21sa mère, une amie de celle-ci,
12:23et sa sœur, il va être interrogé.
12:26Mardi 10 janvier 2006, la police suisse émet un avis de recherche
12:32concernant Marie-Josée Légeret.
12:34Depuis la découverte des corps de sa mère et de la meilleure amie de celle-ci,
12:38dans la maison familiale à Vevey,
12:40elle n'a plus donné signe de vie.
12:42Est-elle mêlée au double meurtre ?
12:44Ou bien, elle aussi a-t-elle été tuée,
12:46cachée dans la nature par quelqu'un
12:48qui veut lui faire porter le chapeau de cette affaire ?
12:51Les investigations se concentrent sur la famille Légeret
12:54et se rapprochent de l'un des fils, François.
12:57Il gère une partie des finances familiales,
13:00mais serait à titre personnel criblé de dettes.
13:03Dans des lettres retrouvées à la maison,
13:06sa sœur, Marie-Josée, lui reproche de ne s'intéresser qu'à l'argent.
13:09Un témoin confirme,
13:11depuis tout petit, François est intéressé par l'argent.
13:14Il est discret, pas bavard, peut-être a-t-il été trop gâté.
13:18Récemment, sa mère s'est plainte auprès d'une amie
13:20de son François, qui lui donne du souci.
13:23Après quelques jours,
13:24le résultat de l'expertise génétique
13:26sur le col ensanglanté de la chemise de nuit
13:29de Ruth Légeret
13:30et sur des ciseaux retrouvés sous le cadavre
13:33tombe,
13:34on a trouvé deux ADN mélangés,
13:36ceux de la victime
13:37et de son fils, François.
13:41Jeudi 2 février 2006,
13:42un mois après la tragédie,
13:44François Légeret est arrêté.
13:45Il nie toute implication dans les morts de Ruth Légeret,
13:48Marina Studer,
13:49et dans la disparition de sa sœur.
13:51Le 24 décembre,
13:53journée où les crimes ont été commis,
13:55il explique qu'il se trouvait dans la famille de sa compagne,
13:58à une vingtaine de kilomètres de Vevey.
14:00La jeune femme confirme sa présence,
14:02mais elle se souvient aussi
14:04que François s'est absenté à plusieurs reprises.
14:07Elle ne peut pas dire quand.
14:08François Légeret est inculpé d'homicide,
14:11placé en détention.
14:11Quatre jours plus tard,
14:12il est entendu par le juge d'instruction,
14:14Jean-Pierre Chaton.
14:15Il change de version le 24 décembre.
14:19Il s'est présenté à la maison de Vevey.
14:22Il n'avait pas les clés.
14:23Il a sonné,
14:24sa sœur lui a ouvert,
14:25elle était paniquée.
14:27Elle l'a emmenée jusqu'au sous-sol.
14:28Les corps de sa mère et de Marina Studer
14:30étaient au bas de l'escalier.
14:32« Ma sœur m'a raconté que notre mère était tombée
14:35dans une bagarre » dit Légeret.
14:36« Il a aidé Marie-Josée à déplacer les cadavres
14:40pour laisser penser à un accident.
14:42Il a laissé sa sœur,
14:44il est rentré chez lui,
14:45il avait peur qu'on le soupçonne.
14:47Le juge ne le croit pas.
14:48Il est convaincu que le fils adoptif
14:50a tué sa mère,
14:52qui s'opposait à ses projets financiers.
14:54Il souhaitait reprendre seule
14:55la gestion du patrimoine immobilier familial.
14:58L'héritage de sa mère avoisine
15:00les 20 millions d'euros.
15:02François Légeret a fait disparaître sa sœur
15:04avec l'espoir qu'elle passe pour coupable.
15:08Marina Studer serait elle une victime collatérale.
15:12Lundi 16 juin 2008,
15:14deux ans et demi après les crimes,
15:15François Légeret, 43 ans,
15:17cheveux longs noirs,
15:18tuniques en coton et pantalons blancs,
15:21est jugé par le tribunal criminel
15:22de l'Est vaudois, aveuvé.
15:25Cette fois, il dément être entré dans la villa
15:27le 24 décembre 2005.
15:29Son avocat réclame l'acquittement.
15:31Il déplore l'absence de preuve.
15:33Selon lui, on ne sait pas de quoi les femmes sont mortes
15:35et la troisième est introuvable.
15:37La marque de main dans le dos de Marina Studer,
15:40signe d'une poussée,
15:42n'appartient sans doute pas à François Légeret,
15:44mais impossible d'en être certain à 100%.
15:47Les experts répètent que les deux femmes
15:49ont reçu des coups violents,
15:51mais ils sont incapables de dire
15:52si c'est un homme ou une femme qui a frappé.
15:54De son côté, l'accusation insiste
15:56sur les conflits d'argent chez les Légeret.
15:59Une tante de François Légeret croit en sa culpabilité.
16:02Elle présente l'accusé comme un fainéant,
16:05un bon à rien, capable du pire pour arriver à ses fins.
16:09Une conseillère financière affirme que Ruth Légeret
16:12et sa fille Marie-Josée étaient sur le point
16:14de couper le robinet financier du fils adoptif.
16:18Après dix jours de procès,
16:20François Légeret est condamné pour le triple homicide
16:23à la prison à vie.
16:26La prison en vie, autrement dit chez nous en France,
16:28la prison à perpétuité.
16:30François Légeret, fils indigne, machiavélique,
16:34comme le dépeint l'accusation,
16:35il a tué tout le monde avec une terrifiante froideur,
16:37il part donc en prison.
16:39Mais pourtant, il nie, il dément les faits,
16:41et l'affaire est loin d'être terminée,
16:43parce qu'un témoignage va tout bousculer.
16:46On va s'apercevoir que l'heure du crime
16:47n'est peut-être pas la bonne.
16:48Mais ça, on va en parler dans le prochain épisode,
16:52évidemment, de cette affaire.
16:53Richard Verli, vous êtes avec nous,
16:56dans cette heure du crime,
16:57journaliste pour Blic,
16:59journaliste suisse,
17:00vous connaissez bien cette histoire
17:01et vous connaissez bien cette région.
17:04Vous parliez très vite tout à l'heure
17:05de François Légeret,
17:07qui apparaît dans le décor de cette maison,
17:09et effectivement,
17:11il va rester,
17:12c'est l'unique suspect dans cette histoire.
17:14Il n'y a pas d'autre piste, on a l'impression.
17:16Les enquêteurs se sont focalisés tout de suite sur lui.
17:19Oui, absolument.
17:20D'abord, parce qu'il y a le fait que sa compagne,
17:23celle avec qui il était présumé se trouvait,
17:26a évoqué ses absences.
17:27Il y a surtout les témoignages de proches
17:30et de l'entourage qui signalent
17:31qu'il y avait pas mal de conflits avec sa mère.
17:34Il faut savoir d'où vient la fortune.
17:36On parlait tout à l'heure de cet argent discret.
17:38La fortune vient du père,
17:40qui était architecte,
17:41que François Légeret n'a quasiment pas connu,
17:43et qui a laissé à son décès
17:45tout un parc de logements locatifs
17:48dans cette région de Vevey,
17:49qui est une région, encore une fois,
17:51assez opulente.
17:53Donc c'est de là que vient la fortune.
17:54Et apparemment, quelque chose se passe
17:56lorsqu'il quitte son emploi.
17:57Il est infirmier de formation.
17:59Vous avez dit qu'il est né en Inde,
18:01il a été adopté par ses parents suisses.
18:03Et quand il quitte son travail,
18:05il se retrouve sans travail
18:06et apparemment dans un, je dirais,
18:08déseœuvrement très intéressé.
18:11Et ce qui, sans doute,
18:12va influer sur l'enquête
18:14et sur l'accusation
18:15et ensuite sur le tribunal,
18:16c'est le fait qu'en gros,
18:18on le voit, en Suisse,
18:21comme un profiteur.
18:22Comme quelqu'un qui a profité
18:23de sa famille adoptive.
18:25J'ajoute à ça,
18:26il faut bien reconnaître
18:27qu'il ne fait pas grand-chose.
18:28Il est dans sa belle maison,
18:30dans les collines,
18:31avec son parc animalier.
18:33Parce qu'effectivement,
18:33ça c'est très étonnant.
18:34Il a des lamas,
18:35il a des chèvres, des ânes,
18:37des poules, des cochons.
18:38Mais il ne fait pas grand-chose de sa vie.
18:41Non, mais alors en même temps,
18:42quand vous avez...
18:42Mais ça donne une mauvaise image.
18:43Mais quand vous avez 50 millions de francs
18:45de patrimoine devant vous,
18:47vous pouvez éventuellement ne rien faire.
18:48C'est la même chose en euros,
18:49à peu près.
18:50Voilà, c'est même en euros un peu plus.
18:52Ce serait aux alentours
18:53de 60 millions d'euros aujourd'hui.
18:55Mais en Suisse, c'est mal vu.
18:56Et là, il faut quand même
18:57donner cette dimension culturelle.
18:59Parce qu'elle a été l'arrière-plan
19:00des enquêtes,
19:02des reportages qui ont été publiés.
19:04C'est qu'on a affaire
19:05à un fils adoptif
19:06que beaucoup vont décrire
19:07comme pas reconnaissant
19:08envers la famille
19:09qu'il a choisi.
19:10Et ça, je ne dirais pas
19:12que ça a pesé
19:12dans l'examen des preuves.
19:13Bien évidemment,
19:14l'épreuve, c'est autre chose.
19:15L'ADN, c'est autre chose.
19:16Mais on a senti quand même cela
19:18au moment de l'affaire.
19:19Alors, merci pour cette précision
19:20parce qu'elle est importante.
19:21C'est vraiment sociologiquement,
19:22c'est important.
19:23Parce que là, effectivement,
19:24on est en Suisse.
19:25On n'a peut-être pas
19:25les mêmes réflexes que chez nous.
19:27Effectivement, il est mal vu,
19:28ce garçon,
19:28parce qu'il a une cuillère
19:30à nord dans la bouche.
19:31Mais effectivement,
19:31il ne fait pas grand-chose.
19:33Éric Cotier,
19:34vous êtes avec nous
19:34dans cette heure du crime
19:35et je vous remercie encore
19:36de votre participation
19:37à cette émission.
19:38Vous êtes ancien procureur général
19:39du canton de Vaud.
19:40Et là, vous avez affaire
19:41à cet homme, évidemment.
19:42C'est vous qui portez l'accusation
19:44lors de ce premier procès.
19:45Vous avez suivi
19:46toute cette enquête.
19:47Revenons un instant,
19:48justement,
19:48sur les vins d'investigation.
19:50Pourquoi François Légeret
19:51devient-il soudain
19:52le suspect numéro un ?
19:55Alors, il est d'abord
19:56le seul à se trouver
19:57dans une situation conflictuelle
20:00qui va s'aggravant
20:01et cela aussi bien
20:02avec sa soeur et sa mère.
20:04On sait aussi que Ruth
20:06va dire maintenant
20:07ça suffit, c'est fini.
20:08On va continuer comme ça.
20:10C'est la première fois
20:11que François se trouve
20:12confronté à un tel refus.
20:14Il est totalement
20:15à court de liquidité.
20:17Il est en retard
20:17pour le paiement
20:18de ses intérêts hypothécaires,
20:19de ses impôts,
20:20d'autres dettes aussi.
20:23Ça, c'est pour le contexte.
20:24Et puis ensuite,
20:25si les soupçons
20:26vont s'orienter
20:27aux directions de François,
20:28c'est parce que
20:28peu à peu,
20:29les éléments techniques
20:30le concernant,
20:31les traces vont s'accumuler,
20:32vont apparaître
20:33des différents procédés
20:35de la police scientifique
20:37qui mènent
20:37les investigations.
20:38Alors ça,
20:39effectivement,
20:39ça c'est capital,
20:40ces traces qu'on retrouve.
20:41Éric Cotier,
20:42on en parlait à l'instant
20:43avec Richard Verly.
20:44Mauvaise réputation
20:45pour cet homme,
20:46pour François Légeret.
20:47Une obsession
20:48pour l'argent.
20:49Alors,
20:50c'est le petit dernier.
20:51On peut dire
20:51qu'il est le chouchou,
20:52le petit chéri
20:53de sa mère.
20:54Cette proximité
20:56va durer très longtemps
20:56et elle va s'estomper
20:58parce que Ruth Légeret
21:00va commencer
21:01à ouvrir son esprit
21:03au fait que François
21:04est extrêmement intéressé
21:05par l'argent.
21:06On veut de plus en plus,
21:08on demande de plus en plus.
21:10Elle se rend compte
21:10de son avidité constante,
21:13de son besoin d'argent
21:15et surtout,
21:16elle se rend compte
21:16que maintenant,
21:17il est en train
21:18de commencer
21:18à se brouiller
21:19avec sa sœur,
21:21avec laquelle jusque-là,
21:22il avait aussi
21:23de bons contacts.
21:24Le mobile des crimes,
21:25Éric Cotier,
21:26vous connaissez bien
21:27ce dossier,
21:27c'est pour ça
21:27que j'insiste avec vous
21:28parce que c'est très important
21:29ce que vous nous racontez.
21:30Le mobile des crimes,
21:31c'est l'argent
21:32ou plutôt la mainmise
21:33sur l'argent de la famille ?
21:35Alors,
21:35effectivement,
21:37je préfère à vrai dire
21:38plutôt que de dire
21:40que le mobile,
21:41que l'argent
21:42est directement le mobile,
21:44je pense que c'est
21:44plutôt la confrontation
21:46où soudain refus
21:48de sa mère
21:48de ne plus lui donner
21:49d'argent
21:50alors que jusque-là,
21:51elle avait toujours dit oui.
21:52Je pense que c'est plutôt
21:53ça,
21:54le mobile
21:54et le facteur déclencheur,
21:56c'est de se heurter
21:57tout à coup
21:58à un nom
21:59d'une personne
21:59qui a toujours dit oui.
22:00Il se reposait donc,
22:02on l'a dit,
22:03ce n'est pas quelqu'un
22:03qui bosse beaucoup,
22:05etc.
22:06Il se reposait
22:06sur la fortune familiale,
22:07il comptait là-dessus.
22:09Exactement.
22:10Mais avec un besoin
22:11de liquidité constant.
22:12C'est-à-dire que
22:13même quand il reçoit
22:15des dizaines
22:16de milliers de francs,
22:17tout de suite,
22:17il les affecte
22:18aux paiements de dettes
22:19qui sont ouvertes
22:20et puis tout de suite
22:22aussi,
22:22il n'a plus de quoi
22:23faire face à la suite.
22:24Il va d'ailleurs même,
22:25de mémoire,
22:26emprunter de l'argent
22:27à son ami de l'époque
22:28ou en tout cas
22:29lui faire payer
22:29certaines choses
22:30parce que lui-même,
22:32le millionnaire légeret,
22:33n'a pas de quoi payer,
22:34il n'a pas de liquide.
22:35Si vous voulez,
22:35c'est un millionnaire
22:36sans liquidité.
22:37Un millionnaire
22:38aux poches vides,
22:39c'est ce que vous nous dites
22:39évidemment.
22:40Éric Cotier,
22:42Richard Verly,
22:43il est à ce procès
22:45cet homme,
22:45on le voit
22:46dans sa tenue blanche,
22:47sa tunique avec ses cheveux,
22:48il est plutôt playboy d'ailleurs,
22:49une espèce de hippie
22:51un peu riche comme ça.
22:53Mais lui,
22:54il ne bouge pas.
22:55Il dément tout en vrac.
22:57Il dit
22:57moi je n'étais pas là.
22:58Absolument.
22:59Il y a une constante
23:00qui stupéfie
23:02puisqu'ensuite,
23:03on va en parler,
23:04il y a eu un second procès,
23:06c'est qu'il se dit innocent.
23:08Il affirme qu'il est innocent.
23:10Il ne cesse de le répéter.
23:12Depuis,
23:13il a fait différentes
23:14demandes de libération.
23:15Mais c'est assez étonnant
23:16parce qu'à aucun moment,
23:18en tout cas
23:19durant les événements publics,
23:20notamment le procès,
23:22il n'a été pris en défaut,
23:23même confronté aux faits.
23:24Alors est-ce que c'est
23:25parce qu'il est particulièrement
23:27endurci
23:27ou est-ce qu'il y aurait
23:29quelque chose
23:30que les enquêteurs
23:31n'auraient pas vu
23:31ou auraient oublié ?
23:32Je rappelle que cette disparition
23:33de sa sœur
23:34est quand même
23:34un élément extrêmement troublant.
23:36Le témoignage
23:37d'une boulangère
23:39va bouleverser le dossier.
23:41François Légeret,
23:42les trois mortes
23:42du 24 décembre,
23:43j'ai vu ces deux femmes
23:45dans ma boulangerie.
23:46Elles étaient vivantes,
23:47l'enquête de l'heure du crime.
23:48Et si le fils indigne
23:50ne l'était pas ?
23:51Tout simplement
23:52parce que l'heure du crime
23:53ne serait pas la bonne.
23:54C'est à suivre
23:54dans un court instant
23:55sur RTL.
23:57Jean-Alphonse Richard
23:58sur RTL.
23:59C'est l'heure du crime
24:00jusqu'à...
24:01Parc Astérix !
24:02L'heure du crime
24:03présentée par
24:04Jean-Alphonse Richard
24:05sur RTL.
24:06On n'avait jamais vu ça
24:07depuis dix ans
24:08dans le canton de Vaud.
24:08De réviser un procès
24:09en première instance
24:11à la suite
24:12d'un témoignage
24:13d'une émission de thé.
24:14Mais il était très content.
24:15Lui, il pense
24:15qu'il va sortir de prison.
24:18Au programme
24:18de l'heure du crime,
24:19la mystérieuse affaire
24:20François Légeret.
24:21Et ce cadragénaire
24:22a été condamné
24:23en 2008
24:24à la perpétuité
24:25pour avoir tué
24:26sa mère,
24:26une amie de celle-ci
24:27et sa propre sœur.
24:28Son mobile ?
24:29L'argent !
24:30Il nie.
24:31Deux ans plus tard.
24:32Un témoignage
24:33bouscule le verdict.
24:35Dimanche 28 décembre 2008,
24:38la télévision suisse romande
24:39diffuse un témoignage inédit
24:41dans l'affaire Légeret.
24:42Celui de Jacqueline Albanesi,
24:44une boulangère
24:45à la retraite
24:46dont le magasin
24:47se trouve aveuver.
24:48Selon elle,
24:49Ruth Légeret,
24:50une habituée
24:50de la boulangerie
24:51n'a pas pu être tuée
24:53le 24 décembre 2005
24:55dans le créneau
24:5610h-14h.
24:57Pourquoi ?
24:58Et bien tout simplement
24:59parce qu'elle l'a servi
25:00ce jour-là
25:01bien plus tard.
25:02À 17h !
25:04Elle se souvient parfaitement
25:05l'avoir vue
25:06avec sa fille
25:06Marie-Josée.
25:07La boulangère est formelle
25:08qu'à ce soir-là,
25:10à cause de Noël,
25:10elle fermait exceptionnellement
25:12à 17h.
25:13Les Légeret,
25:14mère et fille,
25:16étaient ses dernières clientes.
25:17Après le procès
25:18de François Légeret,
25:19Jacqueline Albanesi,
25:20s'est souvenu
25:21de ce détail.
25:22Elle a pris contact
25:23avec l'avocat du condamné,
25:25le procureur général
25:26du canton de Vaud,
25:27Éric Cotier,
25:28qui a mené l'accusation
25:29contre François Légeret,
25:30est incrédule.
25:31Pourquoi si tard ?
25:33Et pourquoi s'adresser
25:34à la presse ?
25:35Plutôt qu'aux autorités,
25:36s'interroge-t-il.
25:37François Légeret
25:38obtient la révision
25:39de son procès.
25:42Lundi 1er mars 2010,
25:44le procès en révision
25:45de François Légeret,
25:4645 ans,
25:47s'ouvre devant
25:48le tribunal criminal
25:49de Lausanne.
25:50L'accusation est décidée
25:52à ne pas laisser planer
25:53le moindre doute
25:54sur sa culpabilité.
25:55Il est tout de suite
25:56présenté comme un menteur,
25:58un affabulateur.
25:59Légeret répète
26:00qu'il n'est pas venu
26:01le 24 décembre 2005
26:03dans la maison familiale
26:04de Vevey.
26:05Il n'a tué personne !
26:06Au deuxième jour d'audience,
26:08la boulangère témoigne
26:09dans un silence
26:10de cathédrale.
26:11Son témoignage
26:13peut tout changer.
26:14Elle certifie
26:15avoir servi
26:15Ruth Légeret
26:16et sa fille
26:17Marie-Josée
26:18à 17h.
26:20Elles étaient bien vivantes,
26:21j'en suis sûr,
26:22à 200%,
26:23affirme la boulangère.
26:25Le procureur général
26:26réplique,
26:26madame,
26:27vous avez pu vous tromper.
26:29Vous faites confusion
26:30pour le tribunal.
26:32La boulangère
26:32n'est pas de mauvaise foi,
26:33mais elle aurait fait erreur
26:35dans les dates.
26:36On ne peut pas dire
26:37comment cela s'est passé,
26:39mais cela ne change rien
26:40à la conviction
26:41que l'accusé
26:42a ôté la vie
26:43à ses femmes,
26:43indiquent les juges.
26:45François Légeret
26:46est à nouveau
26:47condamné
26:48à la perpétuité.
26:49Il ne branche pas
26:50et il continue
26:51à prendre
26:52tranquillement
26:53des notes
26:53dans son carnet.
26:57L'un de nos invités,
26:58Richard Verly,
26:59est avec nous,
27:00journaliste
27:00pour le quotidien
27:01suisse Blik.
27:03Vous connaissez bien
27:03cette affaire,
27:04Richard Verly,
27:04et vous êtes suisse
27:05et vous connaissez bien
27:06cette histoire.
27:08Alors effectivement,
27:09un mot là-dessus,
27:10le témoignage
27:11de la boulangère,
27:12il est spectaculaire
27:13parce qu'en Suisse,
27:14tout le monde
27:15ne parle que de ça.
27:16On s'est trompé
27:17sur l'heure du crime.
27:18Ces femmes,
27:18elles étaient vivantes.
27:19On a dit qu'elles étaient
27:20mortes autour de midi,
27:21mais pas du tout.
27:21Elles étaient vivantes
27:22à 17h.
27:22Ça change tout.
27:24Il est d'autant plus
27:24spectaculaire
27:25qu'elle n'a pas parlé
27:26au début
27:26et qu'elle n'a pas été
27:27entendue.
27:29Or,
27:29Madame Légeret,
27:31la mère qui a été tuée,
27:33ainsi que sa fille,
27:35celle qui a disparu,
27:36sont connues à Vevey,
27:37tout de même.
27:38Elles sont connues
27:39notamment des commerçants.
27:41Et donc,
27:42ce ne sont pas
27:42des personnes,
27:43je dirais,
27:44anonymes.
27:45Et cette boulangère,
27:46alors pourquoi
27:47n'a-t-elle pas parlé
27:47plus tôt ?
27:49Première question.
27:50Pourquoi n'a-t-elle pas
27:51été entendue
27:52dans une forme
27:53d'enquête
27:53de voisinage élargi ?
27:55Et surtout,
27:55les circonstances.
27:56Alors,
27:57elle est décédée aujourd'hui,
27:58Jacqueline Albanese,
27:59elle est décédée en 2015.
28:00Mais quand elle s'exprime,
28:02tout tient sur la date.
28:03Est-ce qu'elle les a bien vues
28:04le 24 décembre ?
28:05Avec tout de suite cette question,
28:06elle est que le 24 décembre,
28:07la veille de Noël,
28:09vous vous souvenez
28:09de tous vos clients précisément,
28:11sachant que c'est une journée
28:11de grande affluence.
28:13Vous l'imaginez.
28:14Et donc,
28:15il va être,
28:15le tribunal va estimer
28:17qu'il y a un risque
28:18de confusion
28:18et qu'on ne peut pas
28:20se baser sur témoignages,
28:21alors que le fils
28:22de la boulangère,
28:23après son décès,
28:24ira même dans un livre
28:25jusqu'à confirmer
28:26que sa mère avait bien vu
28:27les deux victimes.
28:28Je suis d'accord avec vous,
28:29mais ce jour-là,
28:30ce 24 décembre,
28:31c'est un jour particulier
28:32à la boulangerie,
28:32puisqu'on ferme à 17h.
28:34Et on se souvient que,
28:36parce qu'Albanésie,
28:37la boulangère,
28:37elle va dire,
28:38moi,
28:39quand j'ai su toute cette affaire,
28:40je me suis souvenu
28:41qu'elles étaient passées
28:42à 17h.
28:43Et après,
28:43elle a appris effectivement
28:44qu'on avait dit
28:44qu'elle était morte à midi.
28:46Elle avait dit,
28:46ce n'est pas possible.
28:47Mais c'est vrai que son témoignage
28:48est tardif.
28:49C'est le moins qu'on puisse dire,
28:49je vous l'accorde.
28:51Éric Cotier,
28:52procureur général
28:53du canton de Vaud,
28:54ancien procureur général
28:55à l'époque.
28:56Évidemment,
28:57c'est vous,
28:57à nouveau,
28:57qui tamponnez l'accusation.
28:59C'est vous qui renvoyez
29:00cet homme,
29:02François Légeret,
29:03en prison.
29:05Je vous repose
29:06la même question
29:06qu'a Richard Verli
29:08en l'instant.
29:08L'apparition du témoignage
29:10de la boulangère,
29:11c'est un coup de théâtre ?
29:13Alors,
29:13cette boulangère
29:14va indiquer
29:16que ce qu'elle a lu
29:18dans les journaux
29:18à propos du jugement
29:19Légeret,
29:21soit le fait
29:21qu'il aurait agi
29:22le 24 décembre
29:23au milieu de la journée,
29:25ça n'est pas possible
29:26parce qu'elle se souvient
29:27d'avoir vu
29:28Marie-Josée Légeret
29:30en fin d'après-midi
29:31dans la boulangerie
29:32dans laquelle elle travaillait.
29:34Et du coup,
29:34elle va prendre contact
29:36avec l'avocat de Légeret
29:38et ensuite,
29:39elle va se tourner
29:39vers les médias,
29:40plus particulièrement
29:41la télévision,
29:43pour expliquer
29:44qu'elle sait quelque chose
29:45d'absolument essentiel
29:46dans l'affaire Légeret.
29:47C'est cette guillemets
29:48survie de Marie-Josée
29:49à un moment
29:50où, au fond,
29:50selon le jugement,
29:51elle est décédée.
29:52Alors,
29:53absolument d'accord
29:54sur le récit,
29:55évidemment que vous faites
29:56Éric Cotier,
29:57vous avez été surpris
29:57par ce témoignage tardif,
29:59mais pourquoi,
30:00selon vous,
30:00et vous l'avez dit
30:01lors du procès,
30:02pourquoi le témoignage
30:03de la boulangère
30:04ne tient pas ?
30:05Le tribunal a estimé,
30:07je partage l'opinion du tribunal,
30:09que ce témoignage,
30:11survenu presque trois ans
30:12après les faits,
30:13ne paraissait pas compatible.
30:14On n'a jamais affirmé
30:15que ce témoin mentait,
30:17mais le tribunal a retenu
30:18qu'il se trompait,
30:20parce que sa version
30:21n'était pas compatible,
30:23non seulement avec un,
30:25deux, trois ou cinq éléments
30:27figurant déjà dans le dossier,
30:28mais par rapport
30:29à de beaucoup plus nombreux éléments,
30:31en particulier concernant
30:32la chronologie.
30:32Alors oui,
30:33ça c'est intéressant Eric Cotier,
30:34effectivement on le voit
30:35ça en matière criminelle
30:36de temps en temps,
30:37les souvenirs,
30:38ça se modifie,
30:39les souvenirs ça évolue,
30:40on s'adapte,
30:41parfois on croit avoir vu
30:43quelque chose
30:43et on ne l'a pas vu,
30:44ça c'est très compliqué
30:45le témoignage humain.
30:47Cette modification des souvenirs,
30:48c'est vrai que ça arrive
30:49parfois monsieur le procureur ?
30:51Ça arrive,
30:52l'hypothèse a été envisagée
30:53qu'elle se soit trompée
30:54de soir,
30:55parce qu'il est très possible
30:56que le jour précédent
30:57Marie-Josée soit passée
30:58à la boulangerie,
30:59mais enfin on sait que
31:00des membres,
31:00enfin Ruth,
31:02Marie-Josée et peut-être Marina
31:03se trouvaient dans le quartier
31:05où se trouve cette boulangerie
31:06le soir précédent
31:07aux alentours de 17h,
31:08qui est l'heure à laquelle
31:09le témoin a dit avoir vu
31:10Marie-Josée,
31:11sauf qu'elle situe ça
31:12le 24 décembre.
31:13Une erreur
31:13qui ne commet pas
31:16surtout à trois ans d'intervalle.
31:18Voilà,
31:19donc effectivement
31:19vous repoussez
31:20ce témoignage.
31:21J'ai encore une question
31:22parce que ça c'est étonnant,
31:25on a le sentiment
31:26que lors de cette enquête
31:27et puis lors de ces procès,
31:30il a réponse à tout
31:31François Légeret.
31:33Il répond à tout
31:33même quand on le confronte
31:36à des éléments matériels.
31:37Parfois ce n'est pas facile
31:38d'avoir une répartie,
31:40mais là il répond à tout.
31:41Lorsqu'on découvre son ADN
31:43sur le col de la chemise
31:45de Ruth Légeret,
31:46il dit que cet ADN
31:47résulte d'une visite
31:48quelques semaines plus tôt
31:50au cours de laquelle
31:51il l'aurait embrassé
31:52et il laissera ainsi
31:53son ADN sur le vêtement.
31:54Quand on lui parle plus tard
31:56de son ADN sur la pointe
31:57de la paire des ciseaux
31:58retrouvés sous le cadavre
32:00de sa mère,
32:02il affirme qu'il a pu
32:03utiliser ses ciseaux
32:04lors d'un passage
32:04dans la maison
32:05quelques mois
32:06ou quelques semaines plus tôt.
32:08Au fur et à mesure
32:08qu'on lui dit
32:09mais M. Légeret,
32:10on a trouvé ça,
32:11alors il fournit une explication.
32:12M. Légeret,
32:12il y a aussi ceci,
32:13alors il fournit une explication
32:14qui pourrait intégrer
32:16ces élément techniques
32:17qui lui sont présentées.
32:18Oui, c'est ça,
32:19on s'adapte et effectivement
32:20on répond.
32:20En tout cas,
32:20il a réponse à tout.
32:22Richard Verly,
32:23les journaux,
32:24je les ai lus,
32:24ces journaux de l'époque
32:25et notamment l'Illustré
32:26qui a très très bien travaillé,
32:27c'est un très bon journal
32:28qui a très bien travaillé
32:29sur cette affaire.
32:30Tout le monde déplore
32:31sa froideur,
32:32son manque d'empathie
32:33à cet homme.
32:34Il le paye aussi
32:34lors de ses procès.
32:36Sa distance
32:37et comme je le disais,
32:38peut-être aussi ses origines,
32:40peut-être le fait
32:40qu'il n'avait jamais réussi
32:41et ça a été évoqué
32:42par certains psychologues
32:43à s'intégrer
32:45dans cette société suisse
32:46à cet endroit précis
32:47et dans cette famille
32:48et ça a sans doute
32:49joué un rôle.
32:50Moi, je me souviens à l'époque,
32:51alors j'étais basé à Bruxelles
32:53pour le journal
32:54qui m'employait à ce moment-là,
32:55le temps.
32:56Une chose qui m'avait frappé,
32:57c'est l'absence d'exploitation
32:59de la vidéosurveillance.
33:00Vous savez,
33:01Vevey,
33:02vu le nombre de gens,
33:03disons,
33:04assez riches
33:05qui y vivent,
33:06il y a beaucoup de caméras.
33:07C'est vrai.
33:07Et on n'a pas vérifié
33:09ou on a dit plus exactement
33:10qu'il n'y avait pas de caméras
33:11à cet endroit en ville
33:12alors que c'est assez central.
33:14Ça,
33:14à titre personnel,
33:15ça m'a toujours perturbé
33:16mais la police a répondu
33:18qu'il n'y avait pas
33:18les caméras adaptées
33:19pour localiser
33:20les deux femmes
33:21qui pénètrent dans la boulangerie.
33:22Vous avez le sentiment
33:23qu'on s'est un petit peu arrêté
33:24un peu trop tôt ?
33:25Vous savez,
33:25c'est facile
33:26quand vous ne suivez pas
33:27une affaire dans le détail.
33:28Maintenant,
33:29je me suis replongé
33:30dans le dossier
33:30mais je crois effectivement
33:32que ce criminel,
33:34puisqu'il est considéré
33:35comme tel par la justice
33:36et qu'il est emprisonné,
33:37il a sans doute payé
33:39son attitude aussi
33:41et le fait qu'au fond,
33:43l'image qu'il donnait
33:44de lui-même
33:44n'était pas une bonne image
33:45dans une société suisse
33:46qui juge quand même
33:48très facilement.
33:49Quelques années plus tard,
33:50un ultime témoignage
33:52à des charges.
33:53François Légeret,
33:56les trois mortes
33:57du 24 décembre.
33:58Je veux soulager
33:59ma conscience.
34:00Je ne supporte pas l'idée
34:01qu'il y a peut-être
34:02un innocent en prison.
34:04L'enquête de l'heure du crime.
34:05On se retrouve
34:05dans un instant sur RTL.
34:07L'heure du crime,
34:09c'est avec Jean-Alphonse Richard
34:10sur RTL.
34:12L'heure du crime,
34:13présentée par Jean-Alphonse Richard
34:14sur RTL.
34:17Retour dans l'heure du crime.
34:19Sur l'affaire François Légeret,
34:20cet homme,
34:20grandi dans une riche famille suisse,
34:22a été condamné deux fois
34:23à la perpétuité
34:24pour avoir tué trois femmes,
34:26dont sa mère et sa sœur,
34:27à la Noël 2005.
34:28Il a toujours nié les faits,
34:3012 ans après.
34:31Un nouveau témoignage.
34:33Mercredi 23 août 2017,
34:36une femme écrit
34:37au procureur général
34:38du canton de Vaud.
34:40Gisèle Aigli,
34:4292 ans,
34:43veuve de banquier,
34:45explique que le 24 décembre 2005,
34:48au soir,
34:48elle a croisé,
34:49vers 17h15,
34:51au centre-ville de Vevey,
34:52route Légeret
34:53et une autre femme
34:54qu'elle n'a pas reconnue.
34:55Elle est certaine
34:56de ce qu'elle avance.
34:57Elle venait tout juste
34:58de quitter sa fille
34:59qui fermait sa boutique
35:00de vêtements.
35:01Gisèle Aigli,
35:02dit avoir salué
35:04route Légeret,
35:05laquelle lui a répondu
35:06« Elle a vu les deux femmes
35:07se diriger vers le parking
35:09du panorama,
35:10comme celui de la boulangère. »
35:13Ce nouveau témoignage
35:14accrédite
35:14que les victimes
35:15n'ont pas pu être tuées.
35:17En fin de matinée,
35:18elles étaient encore vivantes
35:19en fin d'après-midi.
35:21« Quand j'ai appris
35:21la mort de Mme Légeret,
35:23j'ai tout de suite dit
35:24autour de moi
35:24que je l'avais croisée
35:25le 24 décembre au soir,
35:27mais mes enfants
35:28ne voulaient pas
35:29que je parle.
35:30Ils ne voulaient pas
35:30que j'aie des ennuis,
35:31dit-elle.
35:32Au journal illustré,
35:33Gisèle Aigli confie
35:35« J'ai 92 ans,
35:36je veux soulager
35:37ma conscience,
35:38je ne supporte pas
35:39l'idée
35:39qu'il y a peut-être
35:40un innocent en prison. »
35:42La justice écarte.
35:44Pourtant,
35:44ce témoignage,
35:45il n'y aura pas
35:46de deuxième révision
35:47du procès Légeret.
35:47Jeudi 4 mars 2021,
35:51le tribunal fédéral suisse
35:52statue sur la demande
35:53de François Légeret
35:54de récuser son accusateur,
35:57le procureur général
35:58Éric Cotier.
35:59Le détenu,
36:00emprisonné depuis
36:00une quinzaine d'années
36:01et dont la libération
36:02anticipée a été refusée,
36:04dénonce les procédés
36:06inéquitables du magistrat.
36:08Monsieur le procureur,
36:09ce devait d'être
36:10irréprochable,
36:11mais il a failli
36:11à son devoir,
36:12écrit-il.
36:13Le tribunal estime
36:14que Légeret
36:15ne se fonde que
36:16sur des impressions.
36:18La demande de récusation
36:19est refusée.
36:22Richard Verly
36:23est avec nous
36:23dans cette heure du crime,
36:24journaliste
36:25pour le quotidien suisse
36:26Blic.
36:28Richard Verly,
36:29évidemment,
36:30vous êtes avec nous
36:30depuis le début
36:31de cette émission
36:31pour aider à mieux
36:32la comprendre.
36:33On voit qu'il y a
36:34des rebondissements,
36:35des surprises.
36:36Alors là,
36:36il y a à nouveau,
36:37j'ai envie de dire,
36:38une surprise,
36:39c'est celle,
36:39c'est Gisèle Aigli
36:40qui vient témoigner.
36:42La boulangère avait déjà
36:43dit que ce n'était pas possible,
36:44elle avait vu les femmes
36:45vivantes à 17h
36:46alors qu'elles auraient
36:47été tuées à midi,
36:48donc impossible.
36:49Gisèle Aigli,
36:50elle dit exactement
36:50la même chose.
36:51Et Gisèle Aigli,
36:53excusez-moi,
36:53mais comme la boulangère,
36:55elle est digne de foi,
36:56c'est une bourgeoise
36:58qui habite Vevey,
37:00son mari était banquier,
37:02etc.,
37:03c'est une femme respectable,
37:04elle connaît bien,
37:05évidemment,
37:06cette famille Légeret.
37:08Pourquoi elle dirait ça
37:09d'un seul coup ?
37:11Vous avez raison,
37:11vous savez,
37:12Vevey,
37:12il faut visualiser,
37:14c'est une rue commerçante principale,
37:17une rue commerçante,
37:18avec des boutiques d'ailleurs
37:19assez jolies
37:20et une place historique
37:22sur laquelle
37:23tous les 6 ou 7 ans
37:25se déroule
37:25la fameuse fête
37:26des vignerons,
37:26je le cite,
37:27parce que tout le monde
37:27en Suisse connaît Vevey
37:28pour ça.
37:29Eh bien,
37:30ces gens,
37:31effectivement,
37:31ils connaissent les Légeret,
37:33ils connaissent
37:33les deux femmes en question
37:34et la question
37:35qu'on peut se poser,
37:36je suis sûr que vous
37:37vous l'êtes posée,
37:38Jean-Alphonse,
37:38et si la police scientifique suisse,
37:41celle qui avait daté le crime,
37:43qui avait trouvé
37:43la trace UD ADN,
37:45est-ce qu'elle aurait fait
37:46une erreur d'emblée,
37:48de départ ?
37:49Mais attendez,
37:50Richard,
37:51excusez-moi,
37:52vous connaissez aussi
37:52très bien la chose criminelle,
37:54vous savez qu'on se trompe,
37:56non pas fréquemment,
37:57mais ça arrive
37:57qu'on se trompe
37:58sur des heures de crime.
37:59L'heure de crime,
38:00c'est capital,
38:00c'est à partir de là
38:02que tout s'organise
38:03et que tout s'articule
38:04dans une enquête.
38:05Donc si on rate le coche
38:06à ce moment-là,
38:07tout est décalé,
38:08en avant ou en arrière.
38:09Donc effectivement,
38:10ça arrive que des légistes
38:11se trompent,
38:11que des policiers,
38:12des gendarmes se trompent.
38:14Voilà,
38:14donc il y a ce témoignage,
38:16il est balayé ce témoignage ?
38:17Oui,
38:18il est balayé très vite
38:20pour des motifs
38:20qui peuvent étonner tout de même.
38:23Par contre,
38:24il y a une chose
38:25qu'on ne peut pas balayer,
38:26c'est qu'à aucun moment
38:28de cette affaire,
38:29le coupable désigné
38:31par la justice
38:32n'a apporté
38:33d'éléments nouveaux,
38:34n'a apporté d'éléments
38:35qui auraient pu
38:35réviser son procès.
38:37Et au fond,
38:37c'est ça,
38:38c'est qu'il est un coupable
38:40que désignent les indices,
38:41il est un coupable
38:42que désignent son comportement,
38:44les relations
38:44qui étaient devenues mauvaises
38:46avec sa mère
38:46pour des raisons financières,
38:48il y a trop d'éléments
38:49qui la câblent
38:51et rien
38:52qui l'exonère.
38:54Éric Cotier,
38:55ancien procureur général
38:56du canton de Vaud,
38:57alors évidemment,
38:58vous êtes devenu
38:59un petit peu
39:00la bête noire
39:01de François Légeret
39:02parce que c'est vous
39:02qui l'envoyez en prison,
39:04en tout cas,
39:04c'est vous qui portez
39:05l'accusation
39:06parce que vous le pensez
39:08coupable.
39:09Revenons sur un point,
39:11depuis la mort
39:12de son père,
39:13de Charles Légeret,
39:16ce fils,
39:17François,
39:19a accumulé
39:19les tensions
39:20avec notamment
39:21sa sœur Marie-Josée
39:23parce qu'il faut reparler
39:24un peu de Marie-Josée,
39:25elle a disparu,
39:25on ne sait pas où elle est,
39:26elle est peut-être
39:26enterrée dans un coin
39:27et les tensions
39:29se sont accumulées
39:30au fil des années
39:31entre François
39:31et sa sœur.
39:33Lors du procès,
39:34j'avais utilisé
39:35l'image du Monopoly,
39:36au Monopoly,
39:37au départ,
39:38il y a quatre ou cinq
39:38ou six protagonistes
39:40et puis à un moment donné,
39:41il y en a un ou deux
39:41qui disparaissent
39:42parce qu'ils n'ont plus
39:44d'argent
39:44et ils sortent du jeu.
39:46Eh bien,
39:46dans le cadre
39:47de la succession
39:47de Charles Légeret,
39:48c'est un peu la même chose
39:49et tout à la fin,
39:50il n'y a plus que deux
39:51personnes face à face,
39:53c'est Marie-Josée
39:54et François
39:55et à ce moment-là,
39:56les tensions
39:57entre eux deux
39:58vont commencer,
39:59vont devenir
39:59de plus en plus fortes,
40:00toujours sur fond
40:01de questions financières.
40:02Effectivement,
40:04oui,
40:04ça a cessé
40:05de monter
40:06ces tensions.
40:08Petite parenthèse,
40:09Éric Cotier,
40:10évidemment,
40:11encore une fois,
40:12vous avez porté
40:12l'accusation,
40:13il vous désigne
40:14comme son accusateur,
40:15comme l'homme
40:16qu'il a envoyé en prison,
40:17comme l'homme
40:18qui veut sa peau,
40:18François Légeret.
40:20Il a tenté
40:21de vous faire récuser,
40:22c'est-à-dire qu'il a tenté
40:23de dire que vous n'étiez
40:24pas à la hauteur,
40:25c'est ça ?
40:26Oui,
40:26François Légeret
40:27à plusieurs reprises
40:28a demandé la récusation
40:30du procureur général
40:31que j'étais
40:32il m'a même
40:34dénoncé à l'autorité
40:36en me reprochant
40:38d'avoir abusé
40:38des pouvoirs
40:39de ma charge.
40:42Il a fait une fixation
40:43sur moi,
40:43en quelque sorte,
40:44comme s'il perdait de vue
40:46ou comme s'il avait perdu de vue
40:47que ce sont les tribunaux
40:49de première instance
40:49puis de deuxième instance
40:50qui l'ont condamné
40:51et qui ont confirmé
40:52ces condamnations
40:53puis rejeté
40:53ces demandes de révision.
40:55Là, en quelque sorte,
40:56il fait une affaire
40:56personnelle par rapport à moi
40:58comme si je faisais,
40:59moi, de son cas,
41:00une affaire personnelle
41:01alors que pour moi,
41:01c'est un dossier
41:02que je suivais
41:03dans toute sa trajectoire,
41:04dans toutes ses trajectoires
41:05judiciaires.
41:0825 ans après le triple meurtre,
41:10le condamné
41:11est toujours en prison.
41:13François Légeret,
41:14les trois mortes
41:14du 24 décembre,
41:16il a toujours éprouvé
41:17le besoin
41:17de tout contrôler
41:18en permanence.
41:19L'enquête de l'heure du crime,
41:20je vous retrouve tout de suite
41:21sur RTL.
41:22L'heure du crime,
41:24présenté par Jean-Alphonse Richard
41:25sur RTL.
41:26Dans l'heure du crime,
41:34aujourd'hui,
41:34l'affaire François Légeret,
41:36jugé coupable
41:37de la mort de sa mère,
41:38de sa soeur
41:39et d'une troisième femme
41:40à la Noël 2005
41:41en Suisse,
41:42condamné à la prison
41:43à vie.
41:44Il a toujours nié
41:45en détention
41:46depuis 24 ans.
41:48François Légeret,
41:5061 ans,
41:51purge toujours sa peine
41:52dans la prison de Bellevue,
41:54un établissement
41:55de haute sécurité
41:56proche de Neuchâtel.
41:58En 2023,
41:59le tribunal fédéral
42:00a rejeté
42:01sa cinquième demande
42:03de révision
42:03de son procès.
42:06La famille Légeret,
42:07malgré deux procès
42:08et des années d'enquête,
42:10n'a jamais su
42:10comment Ruth Légeret,
42:12sa fille Marie-Josée
42:13et l'amie proche
42:14Marina Studer
42:15ont été tués
42:16dans la villa
42:17de Vevey.
42:18François Légeret
42:19est un garçon
42:20qui a toujours éprouvé
42:21le besoin
42:22de tout contrôler
42:23en permanence
42:24mais seul lui
42:26détient la vérité,
42:28avait dit un témoin
42:29lors du procès.
42:32Quand j'ai dit
42:32que j'ai aucune application
42:33chez l'ençon,
42:35il ne me croit pas,
42:36il me raconte autre chose.
42:37Quand j'ai dit
42:37des propos à décharge,
42:39il ne me croit pas non plus.
42:40Dès le début,
42:42on m'a accusé
42:42de certaines choses
42:43et je sentais
42:44que j'étais comme tétanisé
42:45au niveau des émotions.
42:48Et cette voix,
42:49vous l'avez reconnue sans doute,
42:50c'est la voix de François Légeret,
42:52tout simplement.
42:53François Légeret
42:53qui témoignait
42:55dans l'émission,
42:56excellente émission d'ailleurs,
42:57dans l'émission
42:58Zone d'Ombre
42:59diffusée
42:59par la radio-télévision
43:01suisse,
43:02la RTS.
43:03Richard Verly,
43:04vous êtes avec nous
43:05dans cette heure du crime
43:07et vous,
43:07encore une fois,
43:08vous nous accompagnez
43:09pour mieux comprendre
43:10cette histoire
43:11qui est quand même
43:12très étonnante
43:12et incroyable.
43:13Alors François Légeret,
43:14il est toujours en prison,
43:16pénitencier suisse.
43:19Cinquième demande
43:20de révision
43:20refusée,
43:22je pense qu'il a envie
43:23évidemment d'en reformuler
43:24une quatrième
43:24et peut-être encore plus.
43:26C'est étonnant,
43:27on n'a pas l'impression
43:29d'un acharnement,
43:30mais enfin bon,
43:30en tout cas,
43:30on ne l'écoute pas beaucoup
43:31François Légeret.
43:32Le crime est affreux.
43:34La manière dont il a été
43:36perpétré est affreuse
43:37et le motif,
43:38et j'allais dire,
43:39peut-être l'un des pires,
43:41c'est-à-dire l'avidité.
43:42Voilà ce que la justice
43:43regarde
43:44et voilà ce que la justice
43:46ne refuse pas aujourd'hui
43:47de remettre en cause.
43:49Après,
43:50il y a cette attitude
43:51de François Légeret,
43:52mais il y a surtout
43:53le fait,
43:54et je le répète,
43:55c'est important que rien,
43:56et on peut faire
43:57quand même confiance
43:58à la justice
43:59pour avoir instruit
44:00à charge et à décharge,
44:01rien n'est venu
44:03contredire
44:04à l'exception
44:04des témoignages
44:05de la boulangère
44:06et de cette dame
44:07que l'on citait,
44:08rien n'est venu
44:09contredire l'accusation.
44:10Au fond,
44:11c'est cela fondamentalement
44:12qui manque,
44:13c'est quelque chose
44:14qui aurait mis en difficulté
44:16le procureur,
44:17le procureur qui est avec nous,
44:19et ça n'a pas été le cas.
44:20Oui, mais alors,
44:21je connais moins bien
44:22le droit suisse que vous,
44:23mais c'est quand même pas
44:24à l'accusé
44:25d'apporter des preuves,
44:26non ?
44:26Non, je dis simplement
44:28que dans le cours
44:29de l'enquête
44:30et de l'instruction,
44:31et ensuite,
44:32lors du procès
44:33en révision,
44:34rien n'est venu
44:34troubler la certitude
44:36des magistrats.
44:37Voilà, c'est ce que
44:38je voulais dire.
44:39Rien n'est venu troubler
44:40et lorsqu'il a pris
44:41la parole à chaque fois,
44:42François Légeret l'a fait
44:43pour dire son innocence,
44:44mais à aucun moment
44:45il n'a apporté
44:46quoi que ce soit
44:46qui puisse installer le doute.
44:48Oui, c'est ça.
44:48Donc, il n'y a pas...
44:49Le doute n'est pas
44:50du bon côté pour lui,
44:51en tout cas.
44:52Donc, voilà.
44:52Donc, il a beau dire
44:53c'est pas moi,
44:54c'est pas moi,
44:54mais il n'apporte pas
44:56d'explication.
44:57Et puis, il y a son emploi
44:58du temps aussi.
44:58Il a menti là-dessus.
45:00Il s'est absenté plusieurs fois.
45:01Il était avec sa compagne
45:02chez ses beaux-parents.
45:04Il a menti.
45:04Ça, ça pèse aussi.
45:05Oui, et puis,
45:06n'oublions pas un élément
45:07que les auditeurs français
45:08ont peut-être du mal
45:10à intégrer,
45:11mais c'est qu'en Suisse,
45:12les procureurs sont élus.
45:13Dans le canton de Vaud,
45:14ils sont élus par le Grand Conseil,
45:15c'est-à-dire le Parlement
45:16du canton de Vaud.
45:17Donc, les procureurs
45:18sont aussi des politiciens.
45:19Ils ont une carrière politique.
45:22Comme aux Etats-Unis.
45:23Absolument.
45:23Ils ont des électeurs
45:26le peuple dans le canton de Genève
45:27ou le Grand Conseil
45:28dans le canton de Vaud.
45:29Donc, ce n'est pas tout.
45:30Je dirais,
45:31un procureur
45:32qui a ce lien électoral
45:34ne se comporte peut-être pas,
45:35on le voit aux Etats-Unis souvent,
45:36de la même manière
45:37que les procureurs en France.
45:39Ça peut fausser,
45:40effectivement,
45:40les angles de vue.
45:41Et puis,
45:42on aime avoir des coupables,
45:43on aime des condamnations.
45:45Donc, on va peut-être
45:45parfois un peu trop vite.
45:47Éric Cotier,
45:48vous êtes l'ancien procureur général
45:49du canton de Vaud.
45:51On le dit,
45:52depuis le début de l'émission,
45:53c'est vous qui avez porté
45:54l'accusation
45:55contre cet homme,
45:56contre François Légeret.
45:57Alors, il y a la grande absente.
45:59C'est Marie-Josée Légeret.
46:01Alors, elle,
46:02évidemment,
46:03Richard Verly
46:03nous disait tout à l'heure
46:04que la Suisse,
46:05ce n'est pas un État américain,
46:07c'est encore moins
46:07les Etats-Unis.
46:09Elle est sûrement quelque part,
46:11cette sœur,
46:11mais on ne l'a jamais retrouvée,
46:13Éric Cotier.
46:15Non, on ne l'a jamais retrouvée.
46:16C'est désagréable
46:17pour un esprit cartésien
46:18parce qu'on aime bien
46:20pouvoir toucher la réalité.
46:24Cela dit,
46:25nombreuses personnes
46:25disparaissent chaque année
46:26sans qu'on retrouve leur corps.
46:28Alors, bon,
46:28là, c'est très particulier,
46:29mais au fond,
46:30elle n'est pas la seule personne décédée
46:32dont on n'a pas retrouvé le corps.
46:35Bien sûr que ça étonne,
46:37ça intrigue,
46:37ça contrarie les enquêteurs
46:40et les gens qui doivent
46:41s'occuper du dossier,
46:42mais ça ne signifie pas pour autant
46:44que malheureusement,
46:45Marie-Josée ne soit pas
46:46devenue un cadavre
46:47et qu'elle n'ait pas été tuée.
46:48Alors, effectivement,
46:51on peut se poser cette question.
46:53Alors, dans l'hypothèse
46:54où elle aurait été tuée,
46:56quels sont les différents scénarios ?
46:58Vous pouvez le dire aujourd'hui,
46:59il y a eu deux procès, etc.
47:01L'affaire est close.
47:02Quels sont les différents scénarios
47:03que vous avez pu envisager ?
47:06Il y en a eu plusieurs
47:06qui ont été envisagées.
47:08Soit de l'avoir immergée
47:10dans un lac suffisamment bien
47:12chargé de poids
47:13pour qu'elle ne remonte pas.
47:15Il y a eu d'autres hypothèses
47:16qui ont été envisagées
47:16comme de l'emporter
47:18dans une station
47:18de traitement d'ordure
47:20et puis qu'elle ait fini
47:21dans un grand fourneau.
47:22Bref, auquel elle a été enterrée,
47:23bien sûr aussi,
47:24ça a été envisagé.
47:24Des fouilles ont été effectuées,
47:25bien sûr.
47:27On ne sait pas.
47:28Le fait de ne pas savoir
47:29ne doit pas être une entrave
47:30à juger.
47:31Le mobile que l'on retient,
47:33Éric Cotier,
47:34je pense que vous allez le confirmer,
47:36le mobile que l'on retient,
47:37c'est de la part de cet homme,
47:39de François Légeret,
47:40du fils adoptif.
47:42C'est une frustration financière.
47:44Il n'avait pas ce qu'il voulait.
47:45C'est ça ?
47:45C'est la frustration ?
47:47C'est ça.
47:47C'est la frustration.
47:48Et une énorme frustration
47:49parce qu'au fond,
47:51Ruth Légeret,
47:51dans la famille Légeret,
47:52c'est à peu près la seule
47:53qui a été constamment gentille
47:58et qui n'était pas entrée
48:00en conflit avec lui.
48:02Et au fond,
48:03cette dernière personne
48:04avec laquelle il n'avait pas eu
48:05de conflit,
48:06tout à coup,
48:07elle est en conflit aussi
48:08avec lui.
48:10Est-ce qu'on saura un jour
48:11ce qui s'est passé,
48:12monsieur le procureur,
48:13là-dessus,
48:13dans cette histoire ?
48:16Pour les tribunaux
48:16qui l'ont condamné,
48:17comme pour moi,
48:18François Légeret a tué
48:18trois personnes.
48:20Il y a beaucoup de choses
48:20qu'on ne peut pas
48:21définitivement exclure.
48:22Qu'un jour,
48:23on découvre par incroyable
48:25le cadavre de Marie-Josée.
48:27Est-ce que ça renseignera plus
48:29sur le déroulement des faits ?
48:30Peut-être,
48:30peut-être pas.
48:32Et puis,
48:33un regard objectif
48:34sur l'affaire,
48:35sur les milliers
48:36de pages de dossiers,
48:37sur tous les éléments,
48:39ne laisse plus de place
48:40au mystère.
48:41Donc,
48:41à partir de l'annonce,
48:42je pense qu'on ne saura
48:42jamais exactement
48:43dans les détails,
48:44sous réserve que François Légeret
48:45décide de dire,
48:47finalement,
48:47comment ça s'est
48:48exactement passé.
48:49Mais là aussi,
48:50cette hypothèse
48:51me paraît extrêmement
48:52peu probable.
48:53Je vous remercie
48:53pour votre franchise,
48:54Éric Cotier,
48:54parce qu'effectivement,
48:55là,
48:55vous parlez très clairement
48:57qu'effectivement,
48:57on ne saura sans doute pas
48:58vraiment ce qui s'est passé
48:59dans cette maison de Vevey
49:01et que cet homme,
49:02sauf si un jour,
49:03il décide de donner
49:04un scénario,
49:05évidemment,
49:06il garde le silence
49:07pour l'instant.
49:08Richard Verly,
49:09est-ce qu'il a été condamné
49:10deux fois à la perpétuité,
49:12la prison à vie,
49:13comme vous le dites souvent
49:13en Suisse,
49:15est-ce qu'il peut sortir
49:16au regard de la loi suisse ?
49:18Oui,
49:18il est effectivement
49:20libérable,
49:22donc il a été condamné
49:23une première fois,
49:24puis une seconde,
49:26et on peut penser
49:28que dans les années à venir,
49:30assez proches,
49:32le tribunal devrait concéder
49:33son élargissement.
49:35Après,
49:36bien évidemment,
49:37la question qui se pose,
49:38c'est qu'est-ce qui pourrait
49:39intervenir d'ici là ?
49:41Et la découverte,
49:42soit du cadavre,
49:43soit de la sœur
49:45encore vivante,
49:46après tout,
49:47on ne sait pas...
49:48Peu probable quand même.
49:49François Légeret.
49:50Vous savez,
49:50c'est peu probable,
49:51mais moi,
49:52il y a un livre
49:53qui a été écrit,
49:55Un assassin imaginaire,
49:56l'affaire Légeret,
49:57d'un auteur local
49:58qui s'appelle Jacques Secrétan,
50:00et ce livre,
50:02moi,
50:02m'a mis quand même,
50:04m'a fait douter
50:04de tout ce qui s'est passé.
50:07C'est une société
50:08où j'ai du mal
50:09à penser,
50:10moi qui connais
50:11assez bien ces parages,
50:12qu'on puisse disparaître
50:13complètement.
50:14Donc là,
50:15le procureur
50:16que nous venons d'entendre,
50:17qui est avec nous,
50:18dit,
50:18ça peut arriver,
50:21moi,
50:21vous m'auriez posé la question,
50:22j'aurais dit,
50:23c'est très difficile
50:23et je pense que ça ne peut pas arriver.
50:25Donc vous voyez,
50:26c'est assez...
50:27Oui,
50:28il y a effectivement
50:28ce point d'interrogation
50:30qui plane toujours
50:30au-dessus de l'affaire.
50:32Il avait publié un livre,
50:34je crois,
50:34François Légeret.
50:35Oui,
50:35tout à fait.
50:36Également.
50:37Et lui,
50:37alors,
50:37il a été tenté
50:38d'être assez prolixe
50:39et il voulait raconter
50:40sa version des faits
50:41et après se pose la question
50:42est-ce que peut-être
50:44ça ne l'a pas aussi
50:44enfoncé,
50:45en quelque sorte,
50:46de vouloir à tout prix
50:47parler au lieu
50:48d'accepter sa peine.
50:50Alors,
50:50évidemment,
50:51vous n'allez pas me contredire,
50:53c'est un des faits divers,
50:54sans doute,
50:54les plus étonnants,
50:55les plus mystérieux,
50:56les plus palpitants aussi
50:58de la chronique judiciaire suisse,
51:00Richard Verli.
51:00Oui,
51:01avec une petite nuance près,
51:03c'est que ça se passe,
51:04vous l'avez très bien dit
51:05et expliqué,
51:06dans un milieu
51:07assez fermé,
51:09de gens très riches
51:10qui cachaient un peu
51:11leur richesse,
51:12autrement dit,
51:13il n'y a pas eu
51:14énormément de sympathie
51:15pour les victimes,
51:16ça aussi,
51:17ça m'avait frappé,
51:18même si vous lisez
51:18la presse de l'époque,
51:20on n'est pas dans un...
51:21Vous vous souvenez
51:21d'autres affaires,
51:22notamment de cette petite fille
51:23dans le Valais
51:24qui a disparu,
51:26Sarah Auberson.
51:27Exactement,
51:28qui là,
51:28il y avait un élan populaire,
51:29il n'y a pas eu
51:30d'élan populaire
51:31autour de l'affaire Légeret,
51:32à la fois parce que
51:33les victimes
51:34étaient relativement recluses
51:36et parce que
51:36le coupable,
51:37désigné par la justice,
51:39enfant adoptif,
51:40originaire d'Inde,
51:40etc.,
51:41n'a pas suscité
51:42de sympathie populaire.
51:43Il n'a pas suscité
51:44de sympathie,
51:44puis il n'a eu aucun mot
51:45aussi pour les victimes
51:47à ses procès,
51:49là-dessus,
51:50il ne revient pas là-dessus,
51:51c'est comme si c'était normal,
51:52etc.,
51:52il parle d'autre chose,
51:53évidemment,
51:53il n'est pas sympathique,
51:55tant pis pour lui,
51:56François Légeret.
51:57Éric Cotier,
51:58je termine cette émission
51:59avec vous,
52:00vous aussi,
52:01vous vous êtes intéressé
52:01beaucoup à cette histoire,
52:02elle vous a rattrapé
52:03même dans votre métier,
52:04c'est une affaire
52:05qui a marqué votre carrière.
52:07Écoutez,
52:07heureusement,
52:09des affaires dans lesquelles
52:09il y a trois morts,
52:11comme ça,
52:11d'un coup,
52:12elles sont rares,
52:13elles sont notamment rares
52:14en Suisse,
52:15mais enfin,
52:16dans d'autres pays aussi,
52:18donc c'est déjà
52:18un élément tout à fait particulier,
52:20mais celle-ci a pris
52:21une dimension
52:22et sur une durée
52:23qui en font
52:24quelque chose
52:25de totalement extraordinaire.
52:27Maintenant,
52:28certains vont considérer
52:29qu'il y a encore une place
52:30pour le mystère,
52:31ce n'est pas mon cas,
52:32surtout,
52:33c'est quand même
52:33une tragédie
52:34qui a fait trois morts,
52:35qui a bouleversé,
52:35marqué toute une famille,
52:37avec un homme
52:38qui avait 40 ans
52:40au moment des faits,
52:41qui en a 60 maintenant,
52:43qui vient de passer
52:43deux décennies
52:44de sa vie en prison,
52:45qui pourrait y rester encore
52:47durant de longues années,
52:49et ces aspects humains
52:50sont évidemment
52:51essentiels
52:52et prépondérants.
52:52Merci beaucoup
52:54Eric Cotier
52:55et Richard Verly
52:56d'avoir été aujourd'hui
52:57les invités
52:57de l'heure du crime.
52:58Merci à l'équipe de l'émission,
52:59rédactrice en chef
53:00Justine Vignon,
53:01préparation Lisa Canales,
53:02Pauline Descillons.
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