Un plan européen vise à utiliser les avoirs russes gelés en Europe pour accorder un prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine. Mais certains pays, comme l'Italie, craignent les représailles de Moscou.
00:00On va évoquer le Conseil européen avec vous maintenant, François, qui s'ouvre ce matin à Bruxelles.
00:05Alors il sera question du Mercosur, évidemment, on en a parlé, mais pas que.
00:08Les 27 doivent décider si oui ou non, ils vont puiser dans les avoirs russes gelés en Europe pour financer l'Ukraine l'année prochaine.
00:15Et vous nous dites, François, que face à Vladimir Poutine, en fait c'est un test ultime de notre crédibilité.
00:21Énorme, un test absolument énorme. L'équation, elle est très très simple, je vous la résume.
00:26Les États-Unis n'aident plus financièrement et militairement l'Ukraine.
00:30La plupart des grands pays de l'Union européenne n'ont plus les moyens budgétaires de pouvoir aider l'Ukraine seule.
00:36C'est donc ensemble, à 27, qu'il faut le faire tous ensemble.
00:41Comment ? Eh bien en utilisant par exemple les avoirs russes gelés.
00:45De quoi parle-t-on ? Eh bien vous avez 210 milliards d'euros d'avoirs russes gelés en Europe.
00:53Il y en a un peu plus que ça dans le monde, mais en Europe c'est chez nous.
00:55Dont 180 dans une seule et même institution qui s'appelle Euroclear et qui est installée en Belgique.
01:02C'est une société de gestion de fonds.
01:04Depuis le début de la guerre, le président Zelensky dit, s'il vous plaît, donnez-moi cet argent pour que je puisse me battre et faire financer mon économie.
01:12Jusqu'à présent, les Européens n'ont jamais réussi à s'entendre sur cette question.
01:17Parce que c'est contraire aux droits internationaux que de saisir des avoirs.
01:20On peut les geler, mais pas les saisir.
01:22Et donc qu'est-ce qu'ils ont fait jusqu'à présent l'année dernière ? Ils ont décidé uniquement d'utiliser les intérêts de ces avoirs pour effectivement livrer des armes à l'Ukraine.
01:31Mais cela ne suffit plus. Alors comment faire ?
01:34Eh bien le test, il est là. Le test de crédibilité.
01:37Parce que vous avez deux options.
01:39La première, c'est celle qu'a proposée la Commission européenne pour contourner le droit international.
01:43C'est-à-dire de transformer ces avoirs en une ligne de crédit qui serait donc une sorte de prêt à l'Ukraine.
01:51L'Ukraine a besoin de, vous le voyez, de 137 milliards d'euros.
01:55Donc nous, on propose d'en prélever 90 milliards, de les prêter à l'Ukraine.
01:59Et l'Ukraine se rembourserait ou nous rembourserait sur les réparations de guerre de la Russie.
02:04Sauf que les réparations de guerre de la Russie, vous imaginez bien qu'évidemment, on n'en parle pas.
02:09Et c'est compliqué. Deuxième option, eh bien puisqu'on n'y arrive pas,
02:12empruntons tous en commun pour pouvoir continuer à aider l'Ukraine.
02:16Et là, c'est l'Allemagne, par exemple, qui bloque.
02:18Elle est toujours très réticente à emprunter en commun.
02:21Et en plus, il faudrait l'unanimité. Et il n'y en a pas.
02:24Donc, si aujourd'hui, on n'arrive pas à trancher cette question de 90 milliards d'euros pour 2026 pour l'Ukraine, c'est mort.
02:34On est à la lumière. On dit c'est terminé. On n'a pas réussi.
02:36Bravo, M. Poutine. Au revoir. Terminé.
02:39Et c'est ça, vraiment, le moment clé qu'on est en train de vivre.
02:43C'est soit l'Ukraine peut se battre en 2026, soit elle ne peut pas.
02:46Un enjeu ultime de notre crédibilité, vous nous dites ce matin.
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