- il y a 2 semaines
Ce jeudi 18 décembre, Laure Causier a reçu Olivier Redoulès, directeur des études de Rexecode, Philippe Manière, président de Vae Solis Communications, et Jézabel Couppey-Soubeyran, maître de conférance à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00BFM Business et la Tribune présentent débats et controverses, les experts.
00:06Il est 10h01 sur BFM Business, bienvenue dans les experts.
00:09La grippe à Mikaou, Raphaël Lejandre, je prends donc le relais pour aujourd'hui.
00:12J'espère qu'il sera de retour demain.
00:15Nos invités aujourd'hui avec nous, Jézabel Coupé-Souberan, bonjour.
00:18Maîtresse de conférence à l'université Paris 1, Panthéon-Sorbonne.
00:21Olivier Redouless, bonjour.
00:22Bonjour.
00:23Directeur des études de Rex & Code.
00:24Et à côté de vous, Philippe Manière, président de VAE Solis.
00:27On est parti pour les experts, on a beaucoup de sujets européens.
00:29Aujourd'hui, à voir ensemble, on va parler du Mercosur, avec un Friedrich Schmerz qui nous dit d'arrêter de chipoter.
00:35Une France qui espère avoir l'Italie à ses côtés.
00:37On n'est plus d'accord sur grand chose avec les Allemands, sur les traités commerciaux, sur la stratégie face à la Chine.
00:42Les voitures thermiques, la BCE, il semble que les désaccords soient désormais importants.
00:46On va également parler de la conjoncture.
00:49Avec ses 0,9% de croissance pour cette année, la France est bien montée à bord de la reprise européenne, nous dit carrément l'INSEE.
00:56Alors, ça va complètement à l'inverse de ce qu'on nous dit sur ces plateaux, avec des patrons qui lèvent le crayon, qui n'investissent plus.
01:00Là, il semble que l'investissement tienne.
01:02Les patrons continuent de jouer le jeu.
01:04Est-ce qu'on peut dire ?
01:05Merci, Patron.
01:06C'est la question qu'on posera à nos invités.
01:07Mais le chiffre avait ce matin une formule intéressante.
01:10La note de conjoncture de l'INSEE, on aurait pu la rebaptiser.
01:13Des entreprises vaillantes et des consommateurs chouinards.
01:16On parlera également des Etats-Unis avec Donald Trump qui s'est exprimé cette nuit.
01:21Pour lui, c'est évident, on est toujours à un niveau puissant dans l'économie américaine.
01:25De toute façon, s'il y a des problèmes, c'est de la faute de Joe Biden.
01:28On en reparlera avec nos invités.
01:30Les experts, c'est parti.
01:35Les experts, débat et controverse sur BFM Business.
01:38On commence avec les bonnes nouvelles et la note de conjoncture de l'INSEE.
01:420,9% de croissance.
01:44On est désormais, Olivier Redouless, au-dessus de ce qu'attendait le gouvernement.
01:49Alors, c'est assez rare quand même.
01:51Oui, alors absolument.
01:53C'est un phénomène, je voudrais replacer les choses de manière un peu plus globale.
01:58En fait, au niveau mondial, on a été surpris globalement par la bonne tenue de l'économie au niveau mondial.
02:05Alors que les signes d'inquiétude et les raisons de s'inquiéter se sont accumulés,
02:10on pense au niveau mondial, on a les chocs sur le cadre commercial,
02:15les tensions géopolitiques qui s'accumulent, etc.
02:18Et quand on regarde les prévisionnistes, nous inclut en fait,
02:21graduellement, au fil des mois, on a relevé nos prévisions de croissance.
02:24Parce qu'en fait, l'économie tient bien.
02:26Et la croissance mondiale, elle est à un rythme assez dynamique.
02:30Même les effets, par exemple, et c'est peut-être d'ailleurs une des raisons de tout ça,
02:34c'est qu'au fond, les effets des tarifs douaniers de Trump,
02:36il ne se voit pas forcément encore sur la dynamique du commerce mondial
02:38et qu'il continue sa croissance.
02:40Et si on revient plus précisément à la France,
02:42effectivement, on a cette dichotomie entre, d'un côté,
02:48même qu'on demande, par exemple, nous, on mène une enquête avec BPI France.
02:52La dernière sortie, c'était en novembre,
02:54donc la collecte d'informations était en octobre.
02:57On voyait qu'il y avait un niveau d'inquiétude assez important des chefs d'entreprise
03:01et une majorité disait reporter leur projet d'embauche ou d'investissement
03:09ou simplement les annuler.
03:11Et en même temps, il y avait quand même un bon tiers qui nous disait,
03:13au fond, ma situation est quand même meilleure
03:15que ce que l'économie laisse entendre, en fait.
03:18Leur propre situation.
03:19En fait, il y a une forme de divergence entre une ambiance qui est assez anxiogène
03:23et puis après, au niveau micro, au niveau des patrons d'entreprise,
03:26mais c'est aussi vrai pour les ménages.
03:28Dans la note de l'INSEE d'hier, il y a eu une enquête,
03:30un éclairage qui est assez intéressant,
03:32où ils ont vraiment étudié de manière très granulaire
03:35les réponses des ménages à l'enquête sur la conscience.
03:38Et en fait, il y a un chiffre qui est assez étonnant,
03:40c'est que depuis 2019, il y a 20% de ménages de plus,
03:44donc de 23 à 43% de ménages qui sont très pessimistes pour l'économie,
03:50mais très optimistes pour eux.
03:51Une partie étant d'ailleurs des ménages plutôt âgés.
03:53Ça fait épargner, globalement, c'est ça que ça fait.
03:55Ça fait épargner, en fait, ce sont aussi ceux qui épargnent.
03:57Du coup, en fait, on a cette situation, cette dichotomie.
04:00Philippe Manière, sur ce plateau, comme j'imagine dans vos clients,
04:04vous les voyez, les chefs d'entreprise inquiets ?
04:05Oui, absolument, mais en fait, moi, je ne suis pas surpris par la note de l'INSEE
04:09parce qu'elle confirme un peu l'impression que j'ai, moi, depuis 3 ou 4 mois
04:12et qui me surprenait, pour le coup.
04:14Ça fait 3 ou 4 mois que je suis surpris de voir que l'économie,
04:17pour autant que je puisse en juger, on a une petite centaine de clients, etc.,
04:20et puis on a notre propre activité.
04:22L'économie tient mieux que ce que j'aurais imaginé.
04:24On a même vu une espèce de petit regain chez certains de nos clients
04:27et chez nous-mêmes depuis septembre, octobre.
04:29Ce qui n'est pas du tout intuitif.
04:31Enfin, franchement, on vous aurait dit, il y a 3 ans,
04:33la Russie va envahir l'Ukraine, Trump va revenir encore plus dingue qu'avant,
04:37la Chine va ralentir puissamment,
04:39il y aura des crises commerciales à tous les étages,
04:41et puis on peut continuer.
04:42Nous, on n'aura plus d'institutions qui fonctionnent depuis 18 mois, etc.
04:45On aurait tous dit, à la SERP, moins 30% sur le CAC
04:49et trois trimestres de récession minimum.
04:52Eh bien non.
04:54Tout ça, ce n'est pas glorieux.
04:561%, 1%.
04:57Il n'y a pas de quoi se relever la nuit.
04:59C'est la croissance potentielle.
05:00Oui, malheureusement, c'est la croissance potentielle.
05:02Donc on est au maximum d'une croissance potentielle ridicule, misérable.
05:06C'est-à-dire qu'on devrait être,
05:08comme c'était le cas il y a 15 ans, 20 ans, 30 ans, 40 ans,
05:10à respectivement 2 points, 2,5 points, 3 points de croissance.
05:13On est à 1% de croissance potentielle
05:16et donc on est à peu près au plein de la croissance potentielle.
05:18C'est à peu près ce dont est capable la France.
05:19Mais c'est vrai que c'est troublant.
05:21Pourquoi ça va aussi bien ?
05:22Alors moi, je pense qu'il y a des explications,
05:24je ne suis pas économiste comme l'aïe Olivier,
05:26mais des explications qui sont d'ailleurs pointées ici et là dans les commentaires,
05:28qui tiennent au fait qu'il y a de la réserve.
05:31C'est-à-dire qu'en fait, il y avait de l'épargne des Français
05:34qui continue d'ailleurs à épargner.
05:35Donc ça laisse de la marge pour après.
05:37L'INSEE pense qu'ils vont se mettre à consommer en 2026.
05:39Et les chefs d'entreprise, ils ajustent un peu leur comportement,
05:42mais c'est vrai qu'ils n'ont manifestement pas coupé complètement.
05:46Cela dit, il faut quand même faire attention,
05:47c'est-à-dire que c'est des effets de cycle aussi,
05:49c'est-à-dire que des très grands investissements
05:51qu'on fait pour 30 ou 40 ans,
05:52ce n'est peut-être pas entre octobre et janvier
05:54que telle ou telle entreprise allait en décider.
05:56La tonicité de l'investissement,
05:58encore une fois, je parle sur le point de l'Orient,
05:59mais on en juge quand même sur autre chose
06:03qu'un trimestre ou sur une seule note de conjoncture.
06:05Mais pour le moment, c'est plutôt des bonnes surprises.
06:07– Gézabel Coupé-Souberant, vous avez été surprise ?
06:09Vous dites quoi ?
06:09Les patrons sont trop pessimistes dans leur discours ?
06:12Ou alors il n'y a que ceux qui sont déprimés qui parlent ?
06:13Je ne sais pas.
06:14– Non, ça tient un peu mieux que prévu, certes,
06:17mais comme ça vient d'être dit,
06:19ce n'est pas non plus folichant.
06:21Moi, je ne suis pas une grande fan de l'indicateur du PIB.
06:26Mais effectivement, ce n'est même pas 1%,
06:27c'est 0,9% et c'est un peu plus que prévu
06:30parce qu'on s'attendait à 0,8%.
06:34Je pense que ce sont des effets très conjoncturels.
06:37Ça vient un peu de la politique économique.
06:39Sur le plan budgétaire,
06:41on s'attendait à un gros effet d'austérité budgétaire
06:44avec la consolidation budgétaire.
06:45En fait, elle va être beaucoup plus faible que prévu.
06:48Il y a l'effet très progressif de la baisse des taux
06:52au niveau de la politique monétaire.
06:54Donc ça aussi, ça donne un petit peu de souffle pour l'investissement.
06:58Donc l'investissement repart un peu au niveau des entreprises.
07:02Cela étant, ça ne repart pas du tout au niveau de l'investissement public.
07:06– Oui, là, c'est carrément même en pente, mais ce qui est logique.
07:10– Oui, mais si vous voulez, ça veut dire que
07:12nos capacités profondes d'investissement
07:16restent largement insuffisantes.
07:18on a des problèmes de fonds qui demeurent.
07:20Donc les problèmes de fonds qui demeurent,
07:22ce sont les inégalités qui progressent,
07:25alors qu'on n'est pas les pires en France.
07:26Parce que justement, on a un modèle social
07:28qui reste très protecteur,
07:29mais on a de cesse de vouloir l'abîmer,
07:32alors qu'en fait, c'est notre bouclier.
07:34La pauvreté progresse.
07:36Et puis surtout, on n'a pas, je pense, si vous voulez,
07:39vraiment de capacité de financement adapté
07:44aux investissements dont on a besoin
07:46pour faire la transition écologique.
07:49On est en France comme ailleurs
07:50quand même pas mal dans le backlash écologique,
07:53c'est-à-dire que le sujet de la transition écologique
07:55s'attend à être évincé
07:57au profit d'autres sujets qui semblent…
08:00– Moins que les Allemands quand même.
08:01– Oui, mais on est quand même un peu dans ça.
08:07Donc je pense, si vous voulez, que les facteurs profonds
08:10pour élever notre croissance potentielle
08:13et surtout, en fait, pour faire émerger
08:15un nouveau modèle d'activité
08:17qui nous permette de satisfaire nos besoins
08:19en respectant les limites planétaires,
08:21en respectant aussi un plancher social,
08:24c'est ça le modèle vers lequel il nous faut aller.
08:26Ce n'est pas du tout le chemin qu'on prend
08:27en France comme ailleurs.
08:29Et bien sûr, c'est pire encore outre-Atlantique.
08:31– Olivier Roudoulaisse.
08:32– Je voudrais rajouter deux ou trois points
08:34sur l'investissement et aussi sur les explications.
08:37Nous, en fait, ce qui se passait,
08:39c'est qu'on a commencé à observer ce redressement
08:41assez tôt, en fait, dès le mois de septembre
08:44lorsque l'on faisait notre note de conjoncture.
08:47En fait, on se sentait un peu seul par moment,
08:50mais on avait des signaux d'un certain nombre d'entreprises
08:53pour certaines des raisons, d'ailleurs,
08:55que Isabelle a évoquées,
08:56la baisse des taux qui commença à se faire sentir,
08:58le fait aussi que les entreprises,
08:59elles ont déjà fortement ajusté leur investissement
09:01à la baisse depuis 2023.
09:02– Par debat.
09:03– Donc, en fait, on est 10% dessous
09:05de la tendance de moyen terme.
09:06Donc, il y avait un certain nombre d'investissements,
09:07de toute façon, soit qui étaient prévus,
09:09soit qui devaient se faire.
09:10Et c'est vrai que quand on a les enquêtes
09:14des chefs d'entreprise ou autres,
09:16ils signalaient déjà qu'ils allaient investir plus.
09:18Donc, la surprise qu'on a eue, en fait,
09:20elle était plus ou moins, en fait, déjà,
09:21d'étui, on commençait à anticiper.
09:24Cela a été, en fait,
09:25qu'il y a eu une vraie difficulté
09:26du côté des chefs d'entreprise
09:27à naviguer entre, d'un côté,
09:28un marché qui est là,
09:29notamment à l'exportation,
09:31mais aussi sur certains aspects en France
09:32et le contexte qui est en exogène.
09:36Et ça, c'est là où...
09:37Alors, nous, on essaie de développer,
09:38d'ailleurs, de nouvelles offres sur ça
09:41parce qu'on a pas mal de questions
09:42sur la situation
09:43et comment concilier, en fait,
09:44par exemple, des mesures
09:46qui filtrent, qui sortent du Parlement
09:48avec des chiffres
09:48à plusieurs dizaines de milliards
09:51d'impositions, etc.,
09:52qui se révèlent, en fait,
09:53des choses qui n'auront pas lieu.
09:54Et ça, c'est pas forcément...
09:56Est-ce que vous avez essayé
09:57de mesurer l'impact psychologique
09:59de ce genre de débat
10:00sur le moral des chefs d'entreprise ?
10:02Alors, ça, on le mesure...
10:03Est-ce que j'en vois d'être traumatisé
10:04juste par le débat
10:05sur la taxe Zuckman
10:06alors que, finalement,
10:07il n'y a pas lieu ?
10:07Alors, ce qu'on mesure
10:09de manière globale,
10:10c'est que l'incertitude
10:10de politique économique,
10:12ils l'aperçoivent.
10:13Ils indiquent que ça les encourage
10:15à reporter des projets
10:17d'investissement
10:17et notamment pour les TPE-PME.
10:20Mais nous, ce qu'on essaie
10:21surtout à faire, en fait,
10:22c'est de dérisquer, en fait,
10:23de faire de la pédagogie,
10:25du décryptage
10:26pour permettre aux chefs d'entreprise,
10:28en fait, de bien se situer,
10:29de bien naviguer
10:30entre un climat qui est anxiogène,
10:32beaucoup d'écu,
10:32mais en fait,
10:33une mer qui est relativement calme
10:34en dessous.
10:35Philippe, vous n'êtes pas traumatisé
10:37par le débat sur la taxe Zuckman ?
10:38Parce que moi, j'en entends.
10:39Non, mais évidemment
10:39qu'ils sont traumatisés
10:40et ils ont raison de l'être.
10:41C'est-à-dire que si vous imaginez
10:43que seulement une partie des folies
10:45qu'on a entendues depuis septembre
10:46est mise en œuvre,
10:47vous avez une très claire dégradation
10:48des conditions d'expérience,
10:49à la fois pour l'entreprise
10:52et pour ses propriétaires.
10:54Donc, il ne faut pas se faire d'illusions.
10:56On n'aura pas le pire du pire,
10:58c'est clair.
11:00Ce débat parlementaire est très particulier
11:02puisqu'en fait,
11:03on a eu quelque chose d'assez curieux
11:04où tout le monde savait
11:06qu'il n'y aurait pas de vrai budget,
11:08que ce serait un arrangement final
11:09qui viendrait bien plus tard.
11:10Et donc, il y a eu deux mois
11:11pendant lesquels c'était simplement,
11:12on a dit la foire à la saucisse.
11:14C'est une démonstration,
11:15c'est un petit théâtre.
11:16C'était en fait
11:17une espèce de mise en scène
11:18par chaque partie
11:19des promesses qu'il voulait faire
11:21à ses électeurs
11:21dans la perspective
11:22d'un arrangement dans son camp.
11:24Le PS qui voulait montrer
11:25qu'il n'y avait pas que les filles
11:25qui travaillaient pour le peuple,
11:26etc.
11:27Et pareil à droite.
11:28Et aussi dans la perspective
11:30de la présidentielle.
11:30Donc, on était dans quelque chose
11:31qui effectivement était très pathologique
11:33et qui était anxiogène
11:34parce que dans le fond,
11:36le point commun
11:36de toutes les gaudrioles
11:37qu'on a entendues depuis 4 mois,
11:38c'était qu'il fallait taper
11:39sur les entreprises
11:39et sur les investisseurs.
11:40Donc, mettez-vous à leur place,
11:42même s'ils savent
11:43que tout ne va pas leur tomber dessus,
11:44ça ne les met pas en joie.
11:45Et puis, quand même,
11:46il faut faire attention à une chose,
11:47c'est-à-dire que ce n'est pas
11:47parce qu'on n'a pas la taxe Zoukman
11:48qu'on n'a pas une très nette dégradation
11:49et on l'aura de toute façon.
11:51On sait que,
11:52quel que soit l'atterrissage,
11:53soit la loi spéciale,
11:54ce soit, je ne sais pas quoi,
11:55des ordonnances négociées,
11:57à l'arrivée,
11:58les conditions
11:59pour les entreprises
12:00de l'an prochain
12:00ne seront pas si bonnes
12:02que ce qu'on aurait pu imaginer
12:03il y a seulement 6 mois
12:03et elles seront très nettement dégradées
12:05par rapport à ce qu'on a aujourd'hui.
12:07Donc, attention au biais d'ancrage.
12:08Ce n'est pas parce qu'on n'a pas
12:09la taxe Zoukman
12:10qu'on va avoir un univers câlin.
12:12On aura quelque chose
12:13qui sera hostile,
12:15fut-il moins hostile
12:16que ce qu'on aurait pu craindre
12:17dans le pire des cauchemars
12:17en septembre-octobre.
12:18Je peux essayer de rétablir quelque chose ?
12:19Rétablissez, je vous en prie.
12:21Parce que, si vous voulez,
12:23il me semble que la taxe Zoukman,
12:25ce n'est pas taper sur les entreprises
12:27et taper sur les investisseurs.
12:29La taxe Zoukman,
12:30c'est juste un moyen
12:31de rétablir un peu de justice.
12:34C'est votre objectif,
12:35mais tout de même,
12:36ça se traduit par
12:37une douleur infligée
12:38aux investisseurs.
12:39Vous ne pouvez pas dire le contraire,
12:40Zézabelle.
12:41Ça consiste à piquer de l'argent
12:42à des investisseurs.
12:43Donc, c'est un fait.
12:43Non, ce n'est pas piquer de l'argent
12:44à des investisseurs.
12:45C'est faire en sorte
12:46que les plus aisés
12:48payent à la hauteur
12:49de leur capacité
12:50de contribution.
12:52Après, sur les modalités,
12:54nul doute qu'il y a moyen
12:55de l'ajuster au mieux.
12:57Donc, je pense qu'il faut vraiment
12:58arrêter de caricaturer
12:59cet instrument.
13:02C'est vraiment le minimum,
13:03minimum qu'on puisse faire
13:04pour rétablir un tout petit peu
13:06la justice sociale.
13:07Là, vous parlez de l'exposé
13:08des motifs et il est
13:08parfaitement respectable.
13:09Moi, je vous dis que
13:10quoi qu'il arrive
13:11et quels que splendides
13:12que soit l'exposé des motifs,
13:14à l'arrivée,
13:15pour ceux qui sont détenteurs
13:16de capital,
13:16ça se traduit par des mauvaises
13:17loupes.
13:17Vous ne pouvez pas en disconvenir.
13:19De toute façon,
13:20quand vous regardez
13:21justement l'évolution
13:23de la valeur des actions,
13:25la façon dont ça a explosé,
13:27si ça oblige
13:28certains contribuables
13:31très aisés
13:31à en vendre un peu,
13:33quel est le problème ?
13:34Sincèrement.
13:34Très bien,
13:34ça n'a pas de problème
13:35à vos yeux.
13:35Moi, je pense que ça pose
13:37un problème de perception
13:38pour les investisseurs.
13:39Vous avez un système financier
13:40qui a doublé de volume
13:41depuis la crise financière
13:42de 2007-2008.
13:44Je pense qu'il faut
13:45tempérer tout ça.
13:46si ce genre d'instrument
13:47permet un tant soit peu,
13:49et à mon avis,
13:50pour le coup,
13:52ce n'est vraiment pas
13:52l'objectif de cet instrument-là,
13:54mais si ça permet
13:55de tempérer un peu
13:56cette histoire...
13:57Sur l'impact économique,
13:58juste sur...
13:59Il y a un petit encadré
14:01dans les chiffres de l'INSEE
14:02qui dit que
14:03la surtaxe dièse
14:05n'a eu aucun impact
14:05sur les investissements.
14:06On peut hurler
14:07de temps en temps
14:08en disant
14:09toute hausse de la fiscalité
14:10a un impact sur les investissements.
14:12Là, ce n'est pas le cas.
14:12Est-ce que c'est parce
14:13que c'était une fois ?
14:14C'est censément
14:14être one-shot.
14:15Elle n'est pas encore arrivée.
14:16Elle est payée maintenant.
14:18Elle va être payée maintenant.
14:20Oui, mais là,
14:20ils disent qu'en gros,
14:21ça n'aura pas d'impact
14:21sur les investissements.
14:22Ce qu'il faut avoir,
14:23c'est que ce qu'il faut voir,
14:24après, on verra,
14:25mais 10 milliards d'euros,
14:27ça a un effet.
14:28Alors, ça n'a pas forcément
14:29un effet immédiat
14:30sur des projets d'investissement
14:31qui étaient en cours,
14:32mais quand vous enlevez
14:3410 milliards d'euros
14:34dans les entreprises,
14:36ça a son effet.
14:37Donc, moi, je pense
14:38que ce qu'on voit,
14:39c'est qu'effectivement,
14:39à très court terme,
14:41les entreprises
14:41n'ont pas immédiatement
14:42modifié leur projet
14:43d'investissement,
14:44qui étaient sans doute
14:45des tuyaux,
14:46si on parle plus
14:47des grandes entreprises,
14:48pour quelque chose
14:49qui n'a pas été...
14:50En fait,
14:50qui a commencé
14:51à être payé cette semaine,
14:53le 15 décembre.
14:54Donc, l'impact,
14:55je pense,
14:55il va venir plus tard.
14:57L'important pour les entreprises,
14:58ce sont les infrastructures,
15:00ce sont des services publics
15:01qui fonctionnent bien.
15:02C'est une formation
15:02et une éducation
15:03qui va bien.
15:05Je pense qu'il n'y a pas que ça,
15:05la rentabilité
15:06ce sont les investissements
15:07qu'on fait dans ça.
15:08C'est ça l'important
15:08pour les entreprises ?
15:09C'est pas tant...
15:11Attendez,
15:11chacun votre tour.
15:12Olivier et Président.
15:13Tout ça compte,
15:14mais ça rentre
15:15dans une rentabilité
15:16d'ensemble.
15:17Et là, en fait,
15:17quand vous appliquez
15:18une fiscalité sur le capital,
15:20au fond, en fait,
15:20vous réduisez
15:21la rentabilité
15:21de l'investissement.
15:22Vous réduisez
15:24l'incitation d'investir
15:25et notamment
15:25pour les entreprises.
15:26Alors, là,
15:27on parle des entreprises
15:28qui sont résidentes en France
15:30et qu'on parle
15:30de la taxe Zuckman
15:31pour les investisseurs
15:33qui ont...
15:33Encore une fois,
15:34c'est par un impôt
15:34sur les entreprises
15:35la taxe Zuckman.
15:36Il faut vraiment
15:36arrêter de caricaturer.
15:37Non, mais par contre,
15:37Gézabelle, on entend...
15:38Vous savez bien
15:39que les patrimoines économiques
15:41correspondent justement
15:42à ceux qui détiennent
15:42les grandes entreprises
15:43qui font des résultats.
15:44Du coup, en fait,
15:45si leur patrimoine-action
15:46a explosé,
15:48il tape un peu dedans,
15:49c'est pas très grave.
15:50On a bien compris
15:51que vous étiez favorable
15:52et on peut entendre.
15:53Notre sujet, là,
15:54c'est pas ça.
15:55C'est un impact
15:55que je suis favorable,
15:56c'est que je pense
15:57que c'est minimum minimum.
15:58Vous êtes super favorable
15:59puisque vous pensez
15:59qu'on pourrait faire
16:00encore mieux.
16:01Mais ce que je veux dire,
16:02c'est que notre sujet
16:03aujourd'hui,
16:04c'est de savoir
16:04si ça, ça a un impact
16:05sur le comportement
16:06des agents.
16:06Et la réponse est
16:07évidemment oui.
16:08Mais tout a un impact,
16:09mais certaines choses
16:10plus que d'autres.
16:11Et je pense que
16:11des investissements
16:12dans l'éducation,
16:13des investissements
16:14dans la formation
16:16des universités
16:17qui a le mieux,
16:19eh bien ça,
16:19c'est beaucoup plus important
16:20pour les entreprises.
16:21Mais la question de fond,
16:22ça reste quand même
16:22que comment on fait ça,
16:24comment on va chercher
16:25plus d'argent
16:26pour les investissements
16:27dans l'école,
16:28dans l'armée,
16:28dans ce qu'on veut,
16:28tout en ayant
16:29un contexte macroéconomique
16:32favorable ?
16:33Parce qu'on les entend,
16:34les investisseurs étrangers
16:35qui disent,
16:35moi franchement,
16:35la France aujourd'hui,
16:36ça devient compliqué.
16:37Et des boîtes françaises
16:38qui disent,
16:39je ne vais plus investir
16:39en France
16:40parce qu'on atteint
16:41mon outil.
16:41Donc comment on fait
16:42pour trouver cet équilibre ?
16:43On a bien sûr
16:44une équation financière
16:45qui est là
16:46extrêmement compliquée
16:47et notamment une équation
16:49au niveau des finances publiques
16:50qui est très compliquée.
16:52Et si on reste
16:53avec les instruments en place,
16:56on ne s'en sortira pas.
16:57C'est-à-dire qu'on a besoin
16:58d'investissements publics
17:00qui viennent faire levier
17:02sur les investissements privés.
17:04Pour que ces investissements
17:05publics aient lieu,
17:07il faut repenser
17:08les modalités
17:09de financement.
17:11Il faut élargir
17:12l'espace budgétaire.
17:13Il nous faudrait,
17:14par exemple,
17:14cheminer vers
17:16l'union budgétaire
17:16pour qu'il y ait
17:17des emprunts communs
17:18dans la zone euro.
17:19Ça,
17:20ce serait important.
17:21Il faudrait peut-être aussi
17:22que la Banque Centrale Européenne,
17:24malgré tout,
17:25se relance,
17:26même si ce n'est pas
17:26une panacée
17:27dans des achats
17:29de titres de dettes publiques.
17:30Donc arrête de baisser son bilan,
17:32par exemple,
17:32ce qu'elle fait.
17:32Oui,
17:33mais ça,
17:34en fait,
17:34c'est très important
17:35pour le coût
17:37des emprunts souverandes.
17:39Donc ça permettrait,
17:40en fait,
17:40d'abaisser le coût
17:41et ça créerait
17:42une sorte de totem d'immunité.
17:44C'est ce totem d'immunité
17:45qui explique,
17:46par exemple,
17:46que le Japon
17:48puisse fonctionner
17:49avec une dette
17:50qui atteint
17:50250% du PIB
17:52sans avoir vu du tout
17:53sa charge d'intérêt progressée.
17:55Donc il faut regarder
17:56du côté de ces instruments-là.
17:57Ces instruments-là
17:58ne remettent pas du tout
17:59en question,
18:00d'ailleurs,
18:00la logique de marché
18:02qui prévaut
18:03dans le financement des États.
18:05Plus de dettes.
18:05En fait,
18:06un espace budgétaire
18:07permettant
18:08d'avoir,
18:09si vous voulez,
18:10une dette
18:10qui ne soit pas insoutenable,
18:13qu'on puisse avoir
18:14un peu plus de dettes
18:15sans que ce soit insoutenable.
18:16Mais je pense
18:16qu'il faut combiner ça
18:17à des solutions
18:18encore un peu plus audacieuses.
18:21Et je pense qu'il y en a.
18:22Il y a des réflexions
18:23sur ça.
18:24Il y a des travaux.
18:25C'est-à-dire qu'en fait,
18:25on pourrait véritablement
18:27mobiliser la banque centrale
18:29sur ça
18:30pour qu'elle émette
18:32de la monnaie centrale
18:33sur un mode de subvention.
18:35Elle a subventionné les banques.
18:36Eh bien,
18:36qu'elle subventionne
18:37les investissements
18:38dans la transition.
18:39Mais ça n'arrivera pas,
18:40Isabelle.
18:41Les annonces n'ont pas d'accord.
18:43Peut-être que ça n'arrivera pas.
18:44En attendant,
18:45c'est ce dont on a besoin
18:46pour débloquer la situation.
18:48Expliquez-moi comment
18:48vous voulez débloquer la situation.
18:50Expliquez-moi.
18:50Moi, j'attends vos propositions.
18:52Je vais prendre la liste.
18:52Moi, j'attends les propositions.
18:54Non, on a compris.
18:55Pardon, je vais essayer
18:56de vous répondre du mieux possible.
18:57Mais je vais vous répondre
18:57en faisant un détour
18:58si vous m'autorisez.
18:59Allez-y.
19:00Le détour, ça va consister
19:00à dire qu'on n'est pas
19:01les premiers à être
19:02dans une espèce d'impasse
19:03un peu identitaire
19:03et en tout cas
19:04d'identité du modèle productif.
19:07Je vous disais,
19:08en quoi la France est-elle...
19:09Ah, c'est-à-dire
19:10vous allez me faire le point
19:11ça y est, on est arrivé là.
19:17Est-ce qu'on peut rester
19:18convainc et rationnel ?
19:20Je veux juste comprendre.
19:21Il y a des pays
19:22qui ont eu une espèce
19:22d'impasse identitaire
19:23et budgétaire
19:24au sens où comment on va faire
19:25pour continuer à financer
19:26notre modèle productif
19:26si on est dans une impasse ?
19:28Il y a eu la Suède,
19:28il y a eu le Canada,
19:29il y a eu la Nouvelle-Zélande.
19:30Ça, c'est dans les années passées.
19:31Je ne vous parle pas
19:32des États-Unis et du Royaume-Uni
19:33parce que je ne veux pas
19:33que vous fassiez les gros yeux.
19:35Goran Persson en Suède,
19:36de gauche.
19:37Roger Douglas en Nouvelle-Zélande,
19:39de gauche.
19:39Et puis, il y a eu le Canada,
19:41mettons, centriste.
19:42Et puis, il y a eu plus récemment
19:43la Grèce, le Portugal, l'Espagne.
19:46Tous ces pays-là,
19:46parce que la France
19:47n'est pas unique au monde,
19:48elle ne vit pas un truc
19:49que personne n'a jamais vécu.
19:50Elle vit un truc hyper classique.
19:51On a claqué du fric
19:52plus qu'on en avait,
19:54on a fait des bêtises
19:54et on ne sait pas
19:55comment on va faire.
19:56C'est arrivé à plein de gens
19:57avant nous.
19:58Qu'est-ce qu'ils ont fait ?
19:58Est-ce qu'ils ont fait
19:59des taxukmanes ?
20:00Aucun de ceux que j'ai cités.
20:02Est-ce qu'ils ont fait
20:03appel à la Banque Centrale ?
20:05Aucun, bien sûr,
20:05parce que vous imaginez
20:06la Grèce quand elle était
20:07dans la panade
20:08ou la Nouvelle-Zélande
20:09ou la Suède
20:10demandaient à la Banque Centrale
20:10de faire les pieds au mur.
20:11Non, quand on a fait des bêtises,
20:13on s'organise pour reprendre le dessus.
20:16En faisant quoi ?
20:16On coupe dans les dépenses
20:17et on réunit les conditions
20:18de la compétitivité.
20:20C'est aussi simple que ça.
20:21Il y a plusieurs manières de le faire,
20:21mais tout le monde a fait ça
20:22parce qu'on ne peut pas faire autrement.
20:24Le Portugal récemment,
20:25l'Espagne récemment,
20:26la Grèce récemment,
20:27avant l'Espagne,
20:28la Nouvelle-Zélande,
20:29la Suède et ça.
20:30Donc, comment vous pouvez imaginer ?
20:32Moi, je ne comprends pas
20:33pourquoi vous pensez
20:34que la France est ressortie
20:35à un traitement spécifique
20:36du type Harry Potter,
20:37baguette magique, BCE.
20:39Il faut faire comme les autres ont fait.
20:41Tailler dans la dépense
20:41et réunir les conditions
20:42de la compétitivité.
20:43Alors, je vais les appeler à Paul-Livier.
20:44Bon, vous caricaturez mon propos
20:46parce que je ne suis pas en train
20:47de dire que tout ça
20:49est ultra spécifique à la France.
20:51Je dis qu'effectivement,
20:53il faut que nous trouvions
20:54des solutions au niveau européen.
20:56Ben non, est-ce que c'est français ?
20:57On se parle d'ailleurs.
20:58Une émission de monnaie centrale
21:01sur le mode de la subvention,
21:02ce ne serait évidemment pas
21:04réservé à la France.
21:05Mais il n'y a que la France
21:06qui la demande.
21:08À l'échelle de la zone euro.
21:09Il faut que les pays européens
21:11s'entendent sur des projets.
21:13Olivier, faites l'arbitre avec moi.
21:15Faites l'arbitre avec moi.
21:16Je pense qu'il y a plusieurs sujets.
21:19Il y a le sujet,
21:20vous avez fait la comparaison
21:21avec le Japon.
21:22Je pense que ce n'est pas
21:23exactement comparable.
21:24Vous connaissez bien
21:24l'économie japonaise.
21:26C'est une économie qui est dominée
21:27par quelques grands groupes
21:28avec un mécanisme
21:29de partage à valeur
21:30qui ne nous satisfait pas du tout.
21:32Je ne suis pas du tout sûr
21:32qu'on soit prêt à entrer
21:33dans 20 ou 30 ans
21:34de déflation en France
21:35et notamment de déflation salariale
21:37en France ou en Europe.
21:38Ensuite,
21:39si on regarde,
21:40il y a deux types de mécanismes.
21:41Où trouver l'argent ?
21:42Le problème,
21:43le problème, c'est que vous parlez
21:43d'espace budgétaire.
21:44On a 57% de dépenses publiques
21:47dans le PIB.
21:47Alors,
21:47t'as une grande partie,
21:48la moitié,
21:49c'est la dépense sociale,
21:50mais à la fin,
21:50c'est quand même
21:51la dépense publique.
21:52Donc,
21:52si on veut investir plus,
21:53la logique,
21:54c'est quand même
21:54de réallouer nos dépenses,
21:56peut-être vers plus d'investissement,
21:58vers plus d'éducation,
21:58peut-être vers moins de retraite.
22:00Ça,
22:00c'est des choix.
22:01C'est le rôle du Parlement
22:02de faire ses choix,
22:03c'est le rôle du politique.
22:04Mais à la fin,
22:0457% de dépenses publiques.
22:06On a un des taux de préalablement
22:07sur le travail,
22:08notamment un des plus élevés
22:09d'Europe.
22:11Donc,
22:12je pense,
22:12à un moment donné,
22:13là,
22:13c'est vouloir accroître
22:14l'espace budgétaire
22:16au niveau français,
22:17c'est compliqué.
22:18Au niveau européen,
22:19je pense qu'il y a deux choses.
22:19Il y a le sujet politique,
22:20effectivement,
22:21c'est un peu compliqué
22:22dans nos discussions,
22:22notamment avec nos Allemands
22:23ou autres,
22:24de leur demander
22:24de s'endetter pour nous
22:25quand on ne respecte pas
22:26les règles qu'on s'est fixées
22:28et d'ailleurs
22:28qu'on a contribué à fixer.
22:29Donc ça,
22:30politiquement,
22:31c'est compliqué,
22:31mais même plus profondément.
22:33Vous parlez,
22:34vous dites que la Banque Centrale
22:35finance et donne des subventions.
22:36C'est quelque chose
22:37qui est complètement questionnable.
22:38À la fin,
22:39si vous prenez l'ensemble
22:40des administrations publiques,
22:41ça fait de la dette publique.
22:43Mais pas du tout.
22:43Mais si,
22:44ça fait faire de la dette publique.
22:45Non, non,
22:45je pense que c'est...
22:46Non, non,
22:46il faut arrêter avec ça
22:47parce que c'est faux.
22:48Attendez,
22:48je n'ai pas compris
22:49sur quoi il fallait arrêter.
22:50Je vais vous expliquer
22:51sur quoi il faut arrêter.
22:52La Banque Centrale,
22:52c'est une filiale de l'État.
22:53Vous demandez à la Banque Centrale
22:55d'acheter la dette de l'État.
22:57À la fin,
22:57ça ne change rien.
22:58Le code des administrations publiques...
22:59Alors,
23:00je suis désolée,
23:00il ne faut pas laisser dire ça.
23:02D'accord ?
23:02La Banque Centrale et l'État,
23:04ce n'est pas la même chose.
23:05Il n'y a pas un compte consolidé
23:07entre la Banque Centrale
23:08et l'État.
23:09Non, non,
23:09attendez.
23:10Que je comprenne déjà
23:11sur quoi
23:12et le truc sur lequel
23:13vous n'êtes pas d'accord.
23:14Vous dites à la filiale
23:15d'acheter la dette
23:16de la maison mère.
23:17À la fin,
23:18c'est neutre.
23:18Le solde consolidé,
23:19si vous avez la même dette,
23:21vous avez la même masse monétaire...
23:23Alors,
23:23on est en train d'essayer
23:24de expliquer là
23:25que des pertes,
23:26admettons,
23:27pour la Banque Centrale...
23:27Vous avez juste remplacé
23:28de la dette de l'État
23:29à la dette de l'État.
23:29Attendez, Olivier,
23:29parce que si on parle en même temps,
23:30on ne se comprend pas.
23:32Ça ne va rien...
23:33Ce qui fait la garantie
23:34de la Banque Centrale,
23:35c'est la capacité justement
23:36de l'État
23:37à assurer sa soutenabilité.
23:39Si l'État commence finalement
23:41à ne plus être soutenable,
23:43il n'est plus en mesure
23:43d'assurer la crédibilité
23:45de la Banque Centrale
23:46et on tourne en rond,
23:46on revient aux aspects...
23:48Olivier, pause.
23:49Isabelle,
23:49la dette,
23:50ça reste de la dette
23:52qu'on la prenne de l'État
23:53ou de la Banque Centrale Européenne.
23:54Il va falloir la rembourser.
23:55Qu'est-ce que ça change ?
23:56Alors, non, justement,
23:57c'est très différent,
23:58en fait,
23:58d'envisager un mode de financement
24:00dans lequel l'État
24:02s'endette sur les marchés
24:03pour réaliser
24:04des investissements publics
24:05et pour subventionner
24:06la part des investissements
24:08indispensables,
24:09non rentables
24:09dont on a besoin
24:10ou envisager
24:11un tout autre dispositif
24:13de financement alternatif
24:15dans lequel
24:16la Banque Centrale
24:17émettrait des subventions monétaires
24:19et les affecterait
24:21à des investissements
24:23de transformation
24:24via un réseau
24:26de sociétés financières publiques.
24:28C'est très différent,
24:28précisément parce que
24:29le compte de la Banque Centrale,
24:31ce n'est pas le compte
24:32de l'État.
24:34Il n'y a pas un compte
24:34consolidé entre les deux.
24:36Cela est foncièrement faux.
24:38Non.
24:39Alors,
24:39la Banque Centrale,
24:40comptablement,
24:41appartient au secteur
24:42des sociétés financières
24:44et non pas au secteur
24:45des administrations publiques.
24:46C'est une société financière publique.
24:48Peut-être,
24:48mais ça appartient
24:49au secteur des sociétés financières.
24:50Mais à un moment donné,
24:51il faut payer.
24:51Il faut rembourser.
24:53La Banque Centrale
24:54a ce pouvoir
24:55de création monétaire
24:57ex nihilo.
24:59Utilisons-le.
25:00Faisons-le quelque chose.
25:00Ce qui veut dire,
25:01j'appelle,
25:01que pour vous,
25:02il n'y a aucun problème budgétaire.
25:04Le sujet n'est pas là.
25:05Il suffit de créer
25:05de la monnaie ou de la dette.
25:06Je ne dis pas ça.
25:07Je dis justement
25:08qu'il ne faut pas,
25:08si vous voulez,
25:10il ne faut pas nier
25:11le problème
25:13d'insoutenabilité
25:15de la dette
25:16quand l'État
25:17s'endette
25:18sur le marché financier
25:19et qu'il faut
25:20soit essayer
25:22d'élargir
25:22cet espace budgétaire,
25:23trouver comment
25:24augmenter
25:25la dette
25:26sans que ça explose.
25:28D'accord ?
25:28D'où les solutions
25:29que j'ai envisagées tout à l'heure.
25:29Mais pas réduire les dépenses.
25:30Ou bien...
25:31Mais pourquoi tous les autres
25:32ont fait autrement alors ?
25:33Mais est-ce que les autres
25:34véritablement
25:35se portent mieux ?
25:36Est-ce que vraiment
25:37on a avancé
25:38vers un modèle
25:39économique alternatif
25:41où on a fait
25:41la transition écologique
25:43où on ne va pas dans le mur ?
25:44Personne n'a fait ça.
25:46D'accord ?
25:46Donc ça veut dire
25:46qu'il faut vraiment envisager
25:47des transformations importantes.
25:49qui allaient mal
25:49et qui vont beaucoup mieux
25:50qu'avant
25:51et bien mieux que nous.
25:52Et aucun n'a fait ça.
25:53Tous ont fait la même chose.
25:54Ils ont rééquilibré
25:55leurs finances publiques
25:56sans demander à la BCE,
25:58au Père Noël,
25:58etc.
25:59de l'argent.
25:59Ils ne vont pas
26:00beaucoup mieux
26:00au niveau social.
26:01Pour vous, c'est un leur.
26:02On n'a pas besoin
26:02de rééquilibrer
26:03les dépenses publiques.
26:04Alors, encore une fois,
26:06je ne dis pas ça.
26:07Je dis que, en fait,
26:08si vous voulez,
26:09on ne peut pas tout financer
26:10par la dette.
26:11Il faut trouver comment
26:12avoir un petit peu plus
26:14d'espace.
26:15Il faut justement
26:16aller chercher
26:17des financements,
26:19des modes de financement
26:20alternatifs
26:20et le levier monétaire.
26:23Mais, alors,
26:23la croissance,
26:24effectivement,
26:25on court après
26:25quand on se finance
26:26par la dette
26:27parce que la croissance,
26:28c'est nécessaire
26:28pour rembourser la dette.
26:30Mais, la croissance,
26:31c'est aussi la matrice
26:33de nos dérèglements
26:34écologiques et sociaux.
26:35Donc, si on continue...
26:36Donc, à la fin,
26:37c'est ça l'origine
26:38du désaccord.
26:38C'est que vous êtes décroissante.
26:40Alors, je ne suis pas
26:42décroissante,
26:43je ne suis pas
26:44croissantiste non plus.
26:45Je pense qu'il nous faut
26:46évoluer vers un modèle
26:48post-croissance
26:49où l'objectif,
26:51ce n'est pas la croissance
26:52à tout prix,
26:53où l'objectif,
26:53c'est comment
26:54satisfaire nos besoins
26:55en respectant
26:56les limites planétaires
26:57et en respectant
26:58les humains.
26:58Bon, moi, je venais en paix
27:00dans ces experts.
27:01Vous avez une accumulation
27:02de besoins
27:03et donc, ça veut dire
27:04qu'il faut de la croissance.
27:05Il faut produire plus
27:06pour satisfaire des besoins.
27:07Vous avez une égalité comptable,
27:09consommation plus investissement
27:10égale au produit.
27:11Et il faut produire
27:12en respectant
27:13les limites planétaires
27:14et en respectant les gens.
27:15Bon, je ne sais pas
27:16si je vais vous mettre d'accord,
27:17mais juste après la pub,
27:18on va parler du Mercosur.
27:19Voilà un sujet
27:20qui va nous apaiser.
27:21J'en suis sûre.
27:21A tout de suite.
27:22BFM Business et la tribune
27:29présente
27:29Débat et controverses
27:31Les experts.
27:3310h31 sur BFM Business.
27:34Les experts continuent
27:35avec Gézabel Coupès-Souberan,
27:37avec Olivier Redouless
27:37et avec Philippe Manière,
27:39des experts très animés
27:40ce matin.
27:41On va parler du Mercosur
27:42pour vous mettre tous d'accord,
27:43j'en suis sûre,
27:44avec l'Italie qui arrive
27:45au secours de Paris.
27:47Paris qui a du mal
27:47à trouver des alliés
27:49pour être contre le Mercosur.
27:50avec Friedrich Merz
27:50qui dit ce matin,
27:52Philippe Manière,
27:53que clairement,
27:54il aimerait bien
27:54qu'on arrête de chipoter.
27:56C'est le terme.
27:57Est-ce qu'on chipote
27:57sur le Mercosur ?
27:59C'est aussi ce qu'a dit Lula.
28:01Ça fait plus de 20 ans
28:01qu'on négocie
28:02ce traité de libre-échange.
28:04On sait que le libre-échange
28:05sera favorable
28:06aux deux zones en question.
28:07Il n'y a pas de doute là-dessus.
28:08C'est documenté.
28:09Il y a eu plein de négociations.
28:10Il y a eu plein de mesures
28:11de précautions,
28:13de préservations
28:14qui ont été décidées.
28:15Bon, pour des raisons
28:16qui sont à la fois
28:17objectivement techniques
28:19qui n'est pas contestable
28:20mais surtout
28:20pour des raisons politiques,
28:22la France a besoin
28:23d'un délai supplémentaire
28:24parce qu'aujourd'hui,
28:25c'est un peu la perfect storm
28:26du côté agricole.
28:28Un délai ?
28:28Mais de toute façon,
28:29on n'en veut pas.
28:30De toute façon,
28:31on n'y comprenait pas.
28:32L'idée que le Mercosur
28:33ne se fera pas,
28:35à mon avis,
28:35est une idée
28:36qu'il faut abandonner.
28:36Mais on ne sera toujours pas d'accord.
28:40Officiellement,
28:40on le saura.
28:41Encore une fois,
28:41tous ces traités,
28:43c'est le fruit de négociations
28:44dans le cadre d'un mandat
28:46qui est donné
28:46à la Commission
28:47par les États.
28:47Donc, ça ne tombe pas du ciel.
28:48Ce n'est pas un type
28:49qui a dit à l'Union européenne
28:51et à l'Amérique latine
28:52qu'on a pensé à un truc
28:53qu'on va vous vendre le Mercosur.
28:54Non.
28:54Nous en sommes officiellement désireux.
28:57Les États de l'Union européenne
28:58se sont engagés
28:59dans un processus de négociation
29:00avec les États du Mercosur
29:01pour organiser une zone
29:02de quasi libre-échange.
29:03Bon, voilà.
29:04Donc, aujourd'hui,
29:05ça tombe extrêmement mal
29:06parce qu'il y a l'épizeautie
29:07qui fait que les campagnes
29:10sont un peu,
29:10comme on le sait,
29:11aujourd'hui à feu et à sang.
29:13Et c'est vrai que les Français
29:15ne sont pas ceux
29:16qui comprennent le mieux
29:17les bénéfices de libre-échange
29:18et qu'il y a,
29:19objectivement, là encore,
29:20toujours des gens
29:20qui ont à y perdre.
29:21Donc, il faut vendre ça.
29:23Il faut organiser la protection
29:25de ceux dont on pense
29:26qu'ils y perdraient à tort, etc.
29:28C'est pour ça que la France
29:29demande encore un peu de temps,
29:31M. Le Bourreau.
29:31Mais, de toute façon,
29:32c'est presque impossible.
29:34Vous imaginez,
29:35tous les autres États,
29:36Mélanie, elle a pris une position
29:38qui, probablement,
29:39est alignée avec les intérêts
29:40de son pays,
29:40mais qui est surtout
29:41de circonstance.
29:42Elle ne va pas la tenir
29:43sans sept ans.
29:44Et la France et l'Italie
29:45peuvent obtenir au mieux
29:46quelques concessions supplémentaires.
29:48Mais je vois mal
29:48dans quel monde
29:49on aurait un Mercosur
29:50qui ne se ferait pas
29:51puisque, en gros,
29:52tout le monde en est désireux
29:53sauf vestigealement
29:54la France et l'Italie
29:55aujourd'hui,
29:55au moment où on se parle.
29:56Gisabelle.
29:57Moi, j'espère que le Mercosur
29:58ne se fera pas.
29:59Je pense que c'est un accord
30:00d'un autre temps,
30:02complètement dépassé,
30:04qui a commencé à être négocié
30:05au temps où on pensait
30:06que la mondialisation,
30:07c'était formidable.
30:09En fait, c'est un accord
30:10entre l'Europe
30:12et des pays d'Amérique du Sud
30:14qui n'ont pas du tout
30:16les mêmes normes,
30:18les mêmes normes sociales,
30:19les mêmes normes environnementales,
30:21les mêmes normes sanitaires.
30:23Et la Commission européenne
30:25essaie de colmater
30:26un petit peu les brèches.
30:28Mais en fait,
30:28c'est un accord
30:29qui, s'il se fait,
30:30sera complètement régressif
30:32pour l'Europe
30:33parce que c'est tout à fait
30:35incompatible
30:35avec les normes
30:36de durabilité européennes.
30:38Alors certes,
30:39on est là
30:40en plein omnibus européen.
30:42On est en train
30:43de détricoter complètement
30:45le fameux pacte vert européen.
30:48Donc, l'écart
30:49entre les normes,
30:50malheureusement,
30:51va se réduire.
30:53Mais si on reste
30:54un tant soit peu
30:56fidèle
30:58à ces engagements
30:59qu'on a pris
31:01lors des accords
31:02de Paris,
31:03eh bien,
31:04il ne faut pas
31:05aller vers...
31:05Mais on n'a rien à y gagner
31:06vis-à-vis de la Chine,
31:07vis-à-vis des Etats-Unis
31:08pour montrer
31:09qu'on a d'autres
31:09partenaires commerciaux.
31:12Vraiment,
31:13encore une fois...
31:13Pour vous,
31:14on a tout à y perdre.
31:16On n'a peut-être pas
31:17complètement tout à y perdre.
31:18On n'a beaucoup
31:19à y perdre
31:19en termes de normes
31:21de durabilité,
31:22en termes de respect
31:23d'un cadre
31:24de durabilité.
31:26On va être
31:26de plus en plus
31:28moins dix ans
31:28si on s'oriente
31:30vers ce type d'accord.
31:31Je renvoie
31:32aux travaux
31:33de Mathilde Dupré
31:34à l'Institut Veblen,
31:36institut auquel
31:36j'appartiens.
31:37C'est un Cintan
31:38auquel j'appartiens.
31:39On travaille
31:40chacun,
31:41chacune
31:41sur des sujets
31:42un peu différents.
31:43Ça,
31:43c'est vraiment
31:44le sujet
31:44de Mathilde Dupré.
31:45Je vous invite
31:45à regarder
31:46tous les travaux
31:47qu'elle réalise
31:48sur le sujet.
31:49On va l'inviter.
31:50Olivier ?
31:50Sur Mercosur,
31:52je pense qu'en fait
31:52ça recouvre
31:54beaucoup de sujets
31:55mais ça montre
31:56quand même
31:56sa main-lumière
31:57le fait que la France
31:58devient un peu
31:59le problème de l'Europe.
32:00Elle n'est pas
32:01pour la croissance.
32:02On a une croissance
32:03qui est plutôt
32:03plus dynamique
32:04que d'autres pays,
32:04pas que l'Espagne
32:05mais que l'Allemagne
32:06de l'autre pays
32:06mais parce qu'on fait
32:076% de déficit
32:08donc 5-6% de déficit
32:09cède un petit peu.
32:11Mais en fait,
32:12la réalité,
32:12c'est que depuis
32:1320-25 ans,
32:14on a divergé
32:14considérablement
32:15par rapport à l'Allemagne.
32:16En fait,
32:16si on se replace
32:1725 ans en arrière,
32:18on avait une Allemagne
32:19qui était un peu plus riche
32:20que nous,
32:20ça c'est sûr.
32:21On avait à peu près
32:22le même équilibre
32:23pour les comptes extérieurs.
32:24On avait le même niveau
32:25de dette,
32:25le même niveau de déficit
32:26et on traitait
32:27à peu près
32:27d'égal à égal.
32:28Ce n'est plus du tout le cas.
32:29En fait,
32:30on rentre en deuxième zone
32:32et on est un petit peu
32:34en fait,
32:35en bon français,
32:36une liabilité
32:37ou un boulet
32:37pour l'Europe
32:38parce que nos problèmes
32:39un petit peu internes,
32:41alors là,
32:41ça tient en fait
32:43à la structure
32:44de notre secteur agricole
32:45qui est quand même
32:46très petit en fait
32:47et qui a eu
32:47un poids politique
32:48disproportionné.
32:50Ça tient aussi
32:51à nos problèmes
32:52de finances publiques,
32:54ça tient à nos attachements
32:55à un modèle social particulier.
32:56en fait,
32:57toutes nos contradictions internes
32:59nous empêchent
33:00de jouer au jeu européen.
33:01C'est-à-dire qu'on ne peut
33:02rien dire
33:03quand on a 6% de déficit.
33:05Déjà,
33:05on ne peut pas dire
33:06grand-chose
33:06parce que par ailleurs,
33:07si on regarde
33:08pourquoi ça vaut le coup
33:09de faire un accord
33:10du Mercosur,
33:11certes,
33:12effectivement,
33:12ça fait plus de concurrence
33:14et ça mène aux concurrences
33:15nos agriculteurs
33:16face à d'autres agriculteurs
33:17mais ça permet,
33:18il n'y a pas que
33:19de l'agriculture
33:20dans ce accord,
33:20il y a aussi de l'industrie.
33:21Mais si c'était
33:22de la concurrence
33:22pour de meilleurs produits,
33:23ce ne serait pas mal
33:24mais là,
33:24ça va vous faire manger
33:25de la viande aux hormones ?
33:26Dans des quotas infimes.
33:28Déjà,
33:29ça pose la question
33:29de...
33:30Il y a les quotas,
33:31il y a les moyens de contrôle,
33:31il y a aussi...
33:32Ça pose la question
33:33de nos propres contradictions.
33:34C'est qu'à un moment donné,
33:34l'appareil réglementaire européen
33:36et français en particulier,
33:38s'est emballé
33:38sans aucune considération
33:40des réalités économiques.
33:41À un moment donné,
33:41on pose tout un tas de choses
33:43et le consommateur,
33:44à la fin,
33:44lui,
33:44il dit aussi
33:45bon,
33:46ça c'est le bœuf
33:47ou le poulet ou autre
33:48qui est de très bonne qualité,
33:49etc.
33:49mais que je ne peux pas me payer,
33:50je vais plutôt prendre l'autre.
33:51Et ça,
33:52il y a une vraie disjonction
33:54entre ce qui serait parfait
33:56en termes de normes,
33:58etc.
33:58et puis ce qu'on peut se payer
34:00avec l'argent
34:00dont on dispose.
34:02Cela étant,
34:02pour revenir quand même
34:03sur les bénéfices du Mercosur,
34:05on a un sujet
34:06quand même de guerre commerciale.
34:07On est pris un peu
34:07en étau entre la Chine
34:09et les États-Unis.
34:12C'est bien d'aller chercher
34:12des alternatives.
34:14Ça permet déjà,
34:14c'est bien en termes
34:15de diversification des risques,
34:17mais aussi il faut aller chercher
34:19d'autres moteurs de croissance.
34:21L'Europe, en fait,
34:21est globalement
34:22un pourcent de croissance
34:23comme la France.
34:24Le reste du monde,
34:24c'est plutôt 3-4%.
34:25Il faut aller chercher
34:26d'autres marchés
34:28parce qu'il faut
34:29à un moment donné
34:29financer tous nos projets,
34:32tous nos défis,
34:33mais aussi financer
34:33notre modèle social.
34:34Et ce n'est pas juste
34:35un modèle français,
34:37c'est aussi un problème européen.
34:38Et donc,
34:38ce qu'il se passait,
34:39c'est que nos voisins européens
34:41ils nous disent
34:42bon, écoutez,
34:43si vous voulez,
34:44faites bande à part
34:45parce que là,
34:46vous nous retardez un peu trop
34:47et vous nous posez
34:48trop de problèmes.
34:48Vous parlez, Olivier,
34:49de ces questions de normes
34:50qui sont votées
34:52sans regarder
34:52l'impact économique.
34:54On a eu ça avec 2035
34:55et les voitures thermiques.
34:56On a eu un retour
34:57sur l'accord cette semaine.
34:59Ça a quand même permis
35:00de pousser l'ensemble
35:01de la filière
35:01vers l'électrique.
35:03Ce qu'elle n'aurait pas fait
35:04si on n'avait pas eu une norme,
35:05certes,
35:06qui va beaucoup trop loin
35:07et qui n'a pas regardé
35:08les impacts
35:09sur l'ensemble de la filière,
35:10ça a permis de prendre
35:11une impulsion,
35:12si je puis dire.
35:12Moi, j'ai l'impression
35:13que ça a surtout poussé
35:14la filière hors d'Europe
35:15pour une grande partie.
35:17En fait,
35:18si on regarde
35:18le secteur automobile français,
35:22on voit que la période
35:23du Covid
35:23a correspondu
35:25à pas mal
35:25de pertes
35:27de production
35:29à la fois
35:30et d'effectifs
35:31et de productivité.
35:33Et en fait,
35:34une réalité,
35:34c'est qu'il y avait
35:35pas mal de délocalisations
35:36qui étaient déjà programmées,
35:38qui ont eu lieu
35:38au moment du Covid,
35:39qui ont été peut-être
35:39accélérées.
35:40Une partie, en fait,
35:41de notre perte
35:42de capacité industrielle,
35:43ça a été fait sans doute.
35:45Alors, il n'y a pas
35:46de relation de causalité
35:47démontrée,
35:47mais par anticipation,
35:49on fait qu'on accumule
35:50un certain nombre
35:50de contraintes
35:51et il fallait chercher
35:52à aller soit
35:53à des marchés
35:53peut-être plus propices,
35:56soit même
35:56à des coûts plus bas.
35:57Et donc,
35:57si vous savez,
35:58c'est allé plutôt
35:58de la sud-Europe,
35:59voire de l'autre côté
36:00de l'Amérique.
36:00Il y a un problème
36:01d'orientation stratégique aussi.
36:03Enfin, si l'industrie
36:05automobile européenne
36:07et notamment française
36:08s'était orientée davantage
36:10vers des petits,
36:11vers la construction
36:12de petits véhicules électriques,
36:13sobres, abordables,
36:15eh bien,
36:16je pense qu'en fait,
36:17on aurait pu davantage
36:18développer l'électrique.
36:19Mais comment on fait ça ?
36:20Parce qu'on appelle
36:20les batteries,
36:21c'est chers.
36:22Avec des batteries énormes.
36:25Je pense qu'il y a aussi
36:26une erreur
36:27de myopie collective,
36:29c'est que personne
36:29n'a vu arriver
36:30le missile chinois.
36:32Au fond, en fait,
36:32en 2022,
36:33moi je me souviens très bien,
36:34on commençait à voir
36:35les exportations chinoises
36:37dépasser,
36:38en fait,
36:39prendre de la marge
36:39alors que la Chine
36:40n'était pas vue
36:41comme un producteur
36:42de véhicules.
36:43Et je me souviens
36:44avoir parlé
36:45à mes homologues allemands,
36:46ils me disaient
36:46« Ah, mais oui,
36:48ça reste des voitures
36:49allemandes
36:50qui sont fabriquées
36:50en Chine. »
36:51Pas grave.
36:52La réalité, maintenant,
36:52c'est que c'est des voitures
36:53chinoises fabriquées
36:54en Chine.
36:55Et ça, en fait,
36:56on n'a pas compris
36:57collectivement,
36:58la puissance publique
36:59mais sans doute aussi
37:00les constructeurs,
37:01qu'on avait une machine
37:02à exporter chinoise
37:03automobile
37:03qui se mettait en place
37:04et qui était partie
37:05des batteries
37:06et qui avait descendu
37:07complètement la chaîne
37:08et qui, au fond,
37:09allaient nous vendre,
37:10allaient prendre
37:11complètement la marche européenne.
37:12Parce qu'ils ont
37:12une planification écologique
37:13qu'on n'est pas capable
37:14de mettre en œuvre ?
37:15C'est plus simple
37:16quand vous êtes une dictature.
37:17Ça, c'est quand même
37:18un argument qui,
37:19à un moment donné,
37:19quand vous pouvez imposer,
37:21ça marche mieux.
37:22Philippe ?
37:22Il y a eu plusieurs
37:23erreurs successives,
37:24en tout cas des décisions
37:25qu'on peut regretter,
37:27mais tout ça,
37:27dans le fond,
37:27est assez logique.
37:29Moi, je pense qu'on peut
37:29regretter quand même
37:30la décision de l'Union européenne
37:31qui était très castratrice,
37:32avec un deadline unique,
37:33quelle que soit la taille
37:34de la voiture,
37:35ce qui est un peu idiot.
37:36Honnêtement,
37:37quand une toute petite voiture
37:38qui consomme très peu,
37:40parce que les Européens
37:41étaient devenus les champions
37:41du moteur
37:42qui consommaient
37:433 litres de gazole,
37:43c'est-à-dire 3 fois rien,
37:45c'est une voiture...
37:45En thermique ?
37:45En thermique.
37:46Une voiture qui roule
37:4710 000 kilomètres
37:48en consommant 3 litres de gazole,
37:50c'est vraiment pas très intelligent
37:52de dire qu'on va la faire basculer
37:53sur quelque chose
37:54qui a également un coût planétaire
37:55en la passant
37:57en véhicule électrique.
37:58Surtout quand ce sont
37:58de très gros vides.
37:59Mais là, je parle des petites.
38:00Donc les petites,
38:01on aurait dû les laisser
38:02plutôt en thermique.
38:02On aurait dû laisser
38:03aux constructeurs
38:04la possibilité de faire le choix
38:05d'avoir une partie
38:06de leur gamme,
38:06en particulier les petites,
38:07qui restaient en thermique
38:08au moins un temps.
38:09Après, le choix des constructeurs
38:11d'aller plutôt sur les grands véhicules,
38:13vous vous souvenez
38:13que ça correspond aussi
38:14à une optimisation
38:15de ce dont ils disposaient
38:16en sortie de Covid,
38:17parce qu'il y avait
38:17une raréfaction des pièces,
38:19il y avait des pénuries,
38:20et donc ils ont plus de marge
38:21évidemment sur les grosses voitures
38:22que sur les petites,
38:22donc c'était assez logique
38:23qu'ils poussent
38:24les grosses voitures.
38:25Les petites,
38:26elles n'ont pas d'avenir
38:27de production en France.
38:28Mais les petites,
38:29on le sait d'ailleurs,
38:29il y en a très peu
38:30qui sont encore produites en France
38:31et on sait que normalement,
38:32elles n'ont pas vocation
38:33à être en France.
38:33Il y a la R5
38:33et puis il y a Porte
38:34qui va produire ces petites...
38:35Je pense que c'est
38:36l'autorité qui a empêché
38:38vraiment le développement
38:39du dernier.
38:39Il y a quand même
38:39un problème qui est irréductible
38:40parce que quand vous avez
38:41une petite voiture
38:42qui a un petit coût,
38:43l'équipement électrique
38:44est relativement difficile
38:46à défendre,
38:47à justifier
38:48par rapport au prix
38:49que vous voulez à la sortie
38:51et évidemment,
38:52les pays à bas coût de main-d'œuvre
38:53ont un avantage comparatif
38:55considérable par rapport à vous
38:56pour faire ce type de véhicule.
38:58Donc en fait,
38:59chacun a pris des décisions
39:00qui étaient assez logiques
39:01et à l'arrivée,
39:02s'il n'y avait pas
39:03des enjeux de souveraineté,
39:04s'il n'y avait pas des enjeux
39:04de déséquilibre de la balance,
39:06tout ça serait finalement
39:06assez bien.
39:07C'est-à-dire que les Chinois
39:08font bien des voitures
39:09pas chères électriques,
39:10on les achète,
39:11c'est normal.
39:12Le problème,
39:12c'est que nous avons
39:13des emplois dans l'automobile
39:14et que peut-être
39:14on aurait pu éviter
39:15d'en perdre une partie.
39:22Du point de vue écologique,
39:23vous êtes assez contente.
39:24Oui, mais comme vous le dites,
39:25il y a aussi un enjeu
39:26de souveraineté.
39:27Et bien sûr qu'il faut
39:28réduire nos dépendances
39:29à l'égard de la Chine,
39:31à l'égard des États-Unis.
39:32Mais c'est vrai,
39:33je crois que c'est très important
39:33ce que disait Olivier Céter,
39:34c'est qu'on n'a pas vu venir,
39:36moi je me rappelle
39:37Jean-Démi Xenard disant
39:38qu'on n'a rien vu
39:39de la vague chinoise,
39:40c'était il y a 3-4 ans,
39:41on n'écoutait pas tellement.
39:42Non mais en 3 ans quand même,
39:43ce qui est quand même
39:43une rapidité phénoménale.
39:45Olivier.
39:46Alors peut-être qu'un point,
39:47c'est que justement,
39:48Jézabelle parlait de stratégie
39:50de transition écologique
39:51et c'est vrai qu'au fond,
39:52quand même,
39:53la transition écologique,
39:54c'est le fait industriel majeur
39:55des prochaines décennies,
39:57des prochaines années,
39:57des prochaines décennies.
39:58Et ce que l'on voit,
39:59c'est que les approches
39:59entre grandes zones économiques
40:01sont très différentes.
40:02L'Europe,
40:03ça tient aussi à ses institutions,
40:04surtout active
40:06le levier réglementaire.
40:07Le levier réglementaire,
40:08il y a un avantage,
40:09c'est que c'est assez clair,
40:10vous n'y mettez pas
40:11plus que tant ou autre,
40:12sous réserve de savoir
40:13le contrôler.
40:13Le problème,
40:14c'est que de fait,
40:15en quelques articles de loi,
40:17vous détruisez massivement
40:18du capital.
40:19Mais ça ne veut pas dire
40:20que forcément,
40:21l'appareil productif potentiel
40:24va tout de suite apparaître
40:25comme un coup de baguette magique.
40:27On dirait que le pacte vert,
40:28ça a détruit du capital.
40:29Évidemment,
40:29puisque ceux qui avaient
40:30fixé du capital
40:31pour des usines
40:32qui faisaient des voitures thermiques,
40:33vous les mettez à la poubelle.
40:34Donc,
40:34ils avaient objectivement
40:35détruit du capital.
40:35Par exemple,
40:35le plan de Biden,
40:36il avait un intérêt,
40:37alors maintenant,
40:38il a été un peu,
40:39comment dire,
40:39réorientant,
40:40on va dire,
40:40mais il y avait un intérêt,
40:41c'était de solvabiliser
40:42avec une vision assez neutre
40:44d'un point de vue technologique,
40:45mais de solvabiliser
40:46de nouveaux secteurs
40:46sans forcément
40:47de détruire le capital
40:48des anciens.
40:49Et du coup,
40:49à la fin,
40:50on arrive à trouver
40:50un équilibre.
40:51La Chine,
40:52c'est un autre contexte,
40:53c'est-à-dire,
40:53c'est un marché protégé,
40:54c'est beaucoup de concurrence,
40:56c'est un financement public
40:57très important,
40:58mais c'est aussi,
40:58c'est un financement public
41:00très important
41:00parce que ce sont
41:01des ménages pressurisés
41:02où il n'y a pas de consommation.
41:03Donc ça,
41:04si c'est à ce coup-là
41:10qui est au ménage européen,
41:11en particulier au ménage français.
41:13Isabelle,
41:14vous voulez réagir
41:14ou on passe à Trump ?
41:15Il me reste 13 minutes.
41:16Là encore,
41:17il ne s'agit pas de caricaturer,
41:18il ne s'agit pas de dire
41:19qu'on doit tout faire
41:20comme la Chine.
41:21Vous êtes les premiers
41:22à constater
41:23que la Chine
41:25a réussi
41:26en quelques années
41:27à développer
41:29son industrie
41:31de voitures électriques
41:35et nous,
41:36on a été incapables
41:38de le faire
41:39parce qu'on n'a pas
41:40véritablement
41:41de planification écologique
41:42et qu'on n'a pas
41:43une mise en cohérence
41:45des politiques
41:48pour y parvenir.
41:50Après,
41:52bien sûr
41:52qu'en Chine,
41:54c'est fait
41:54de manière
41:55très autoritaire,
41:57ce n'est pas
41:58de cette façon-là
41:58qu'on accepterait
41:59de le faire en Europe
42:00mais ça n'empêche pas,
42:01je pense,
42:02de réfléchir
42:03à une planification
42:05écologique
42:05et à une mise
42:06en cohérence
42:08de nos politiques économiques
42:10sur le plan monétaire,
42:11sur le plan budgétaire,
42:12sur le plan environnemental.
42:14On ne fait pas ça.
42:15On est en train,
42:16au contraire,
42:16de tout détricoter.
42:17On prend le dernier quart d'heure
42:18pour parler des États-Unis.
42:19Bonsoir l'Amérique.
42:20Il y a 11 mois,
42:21j'ai hérité d'un désastre
42:22et je le répare.
42:23C'est par ces mots
42:23que Donald Trump
42:24a commencé son allocution.
42:26C'était 20 minutes
42:26cette nuit
42:27sur l'économie américaine.
42:28Il est en difficulté
42:29dans les sondages.
42:30Il considère évidemment
42:31que tout est de la faute
42:32de Joe Biden
42:33et qu'on va s'apprêter
42:34à avoir une croissance
42:35comme on n'en a jamais connu
42:36aux États-Unis.
42:37Philippe Manière,
42:39comment se porte
42:40l'économie américaine ?
42:41Il n'y a pas
42:42la moindre corrélation
42:43entre ce que dit
42:44Donald Trump
42:44et la réalité.
42:45Quand je dis
42:46aucune corrélation,
42:46ça veut dire que par hasard
42:47ça peut tomber juste.
42:49C'est comme on dit
42:50des horloges qui sont arrêtées,
42:51elles donnent l'heure
42:51deux fois par jour.
42:53Bon,
42:53donc parfois il dit
42:54des choses justes.
42:54Là en l'occurrence,
42:55ce n'est pas vrai.
42:55C'est-à-dire que
42:56quand vous regardez les chiffres,
42:57Biden avait des tas de défauts
42:59mais l'économie
42:59avant l'arrivée de Trump
43:00était plutôt bien
43:02avec des problèmes
43:04qui étaient principalement
43:06d'ordre exogène,
43:06c'est à l'inflation
43:07et aujourd'hui,
43:09on ne peut pas vraiment dire
43:09que ça va beaucoup mieux.
43:10Alors il y a des éléments
43:11qui vont mieux,
43:12c'est-à-dire qu'il a dynamisé
43:13ceci, cela, etc.
43:14Enfin,
43:15sur les grands agrégats,
43:16encore une fois,
43:16Olivier va nous donner
43:18sans doute plus de détails
43:19que je suis capable
43:19de vous en donner moi
43:20mais je n'ai pas l'impression
43:22du tout qu'on puisse dire
43:23que ça va bien.
43:23D'ailleurs,
43:23la perception,
43:24quand vous regardez
43:24les sondages d'opinion,
43:25la perception des Américains
43:26n'est pas du tout celle-ci.
43:27Donc,
43:28il fait toujours,
43:28quoi qu'il arrive,
43:29Trump, on le sait,
43:30il fait toujours
43:30cocorico,
43:31c'est génial,
43:31ce que je vais faire
43:32est formidable,
43:32on vient de faire
43:33remporter une grande victoire
43:34et encore une fois,
43:35parfois c'est vrai,
43:35parfois c'est faux,
43:36donc il ne faut juste
43:36pas écouter ce qu'il dit,
43:37il faut regarder,
43:37ce n'est pas vrai,
43:38ce n'est pas vrai
43:39que l'Amérique va mieux.
43:40Alors ce qui est vrai,
43:41c'est qu'elle fait trembler
43:41le monde entier,
43:43ce qui est vrai,
43:43c'est qu'elle a eu des gains
43:45à court terme
43:46en bloquant ceci,
43:48en forçant cela,
43:49mais qu'à moyen long terme,
43:51ça se paiera presque forcément,
43:52en tout cas,
43:52moi il me semble
43:52que dans les grands agrégats
43:53au regard desquels
43:54on peut mesurer
43:55la performance d'une économie,
43:56on ne peut pas dire
43:57qu'aujourd'hui,
43:57l'Amérique a le plus mieux.
43:58Il y a le chômage
43:59qu'on a eu cette semaine,
44:00on attendait les indicateurs,
44:01le problème c'est que
44:01bon, difficile à interpréter.
44:03Le chômage,
44:04on voit bien
44:06qu'on n'est plus
44:06dans des créations d'emplois
44:07considérables
44:08qu'on a eues
44:08pendant des années avant.
44:10Sur ça,
44:11on est d'accord.
44:11Il n'y a pas de raison
44:14qu'on soit à des accords
44:14systématiquement,
44:15Gézabelle.
44:16Tout à fait.
44:17Sur ce constat-là,
44:18on est d'accord.
44:19En fait,
44:20Trump a quand même
44:20accentué le problème
44:22qu'il était censé résoudre,
44:24en tout cas,
44:25qu'il voulait résoudre
44:25en arrivant,
44:26c'est la vie chère
44:28aux Etats-Unis.
44:29Tout coûte
44:30très très cher
44:31quand on vit
44:32aux Etats-Unis.
44:33Donc,
44:35se loger,
44:36ça coûte très cher.
44:37Faire garder ses enfants,
44:39ça coûte...
44:39Ça dépend si vous êtes
44:39en haut de la chambre.
44:40Franchement, ça dépend.
44:40Alors, se soigner,
44:42ça coûte très cher.
44:42Il y a des tas d'endroits
44:43où se loger
44:44coûte beaucoup plus cher.
44:45Ça coûte très cher.
44:46Faire des études supérieures,
44:48ça coûte très cher.
44:49Tout coûte très cher
44:50parce qu'on est
44:50dans un système
44:51ultra marchand,
44:54ultra privatisé.
44:56Il y a eu,
44:56je ne sais pas
44:57si vous avez vu passer
44:57le poste
44:59d'un financier
45:00qui s'appelle
45:01Michael Green
45:03sur son blog.
45:05Alors,
45:06le poste a fait polémique,
45:07mais en gros,
45:08ce qu'il a expliqué,
45:09c'est que si on est
45:12une famille américaine
45:13de 4 personnes
45:15dans une ville moyenne,
45:17si on ne gagne pas
45:17140 000 dollars
45:19par an,
45:21on ne s'en sort pas.
45:23On est vraiment
45:24sur la ligne
45:24de survie.
45:26À 100 000 dollars,
45:28on est pauvre.
45:29En fait,
45:30aux Etats-Unis,
45:30on n'arrive pas
45:31à se loger,
45:33on n'arrive pas
45:34à payer...
45:35Mais dans la flûte,
45:36ça ne veut rien dire,
45:37c'est en fonction
45:37du coût de la vie,
45:38en fonction des salaires...
45:39Les rémunérations
45:41sont très élevées aussi.
45:42Justement,
45:42c'est très intéressant
45:43de regarder
45:44les différences
45:45de coût de la vie
45:46entre l'Europe
45:48et les Etats-Unis.
45:49Et je sais
45:50que vous êtes
45:51assez critique
45:52envers Gabriel Zuckman
45:53en règle générale.
45:54Moi,
45:55j'aime beaucoup
45:55ce qu'il fait.
45:57Et il a publié
45:58une tribune
45:59dans Le Monde
46:00hier
46:01où il montre
46:02que si précisément
46:04on corrige
46:05nos stats
46:07sur la trajectoire
46:09de croissance américaine,
46:10sur la productivité
46:12aussi
46:12de ces différences
46:14de coût de la vie,
46:16eh bien,
46:16on se rend compte
46:18qu'en fait,
46:20cette petite musique...
46:21Mais allons-y,
46:22soyez-nous aussi productifs
46:23que les Etats-Unis,
46:24de l'intelligence artificielle
46:25partout,
46:25mais dans ce cas,
46:26il faut lever
46:26un certain nombre de freins.
46:27Il montre que
46:28les Etats-Unis
46:30ne sont pas
46:30beaucoup plus productifs
46:32que l'Europe,
46:35d'accord ?
46:35Non, mais quand vous voyez
46:36le divorce du pouvoir
46:38d'achat,
46:38ils sont beaucoup plus riches
46:39que nous.
46:40Quand on fait cette correction
46:41avec le coût de la vie,
46:44ils sont beaucoup plus riches
46:44que nous
46:45parce que aussi
46:46la population américaine
46:47est un petit peu
46:49moins importante
46:49que la population européenne.
46:51Donc,
46:51quand vous regardez
46:52effectivement
46:52le PIB par habitant,
46:54vous avez un PIB par habitant
46:55qui est un peu plus important
46:57aux Etats-Unis.
46:58Mais vraiment,
46:59je vous invite
46:59à regarder
47:01ce travail
47:03de Zuckman
47:03qui permet
47:04de corriger
47:07la petite musique
47:07qu'on entend
47:08en ce moment
47:08parce que la petite musique
47:09qu'on entend
47:09en ce moment,
47:10c'est
47:10l'Europe,
47:12c'est la catastrophe
47:12et les Etats-Unis,
47:13c'est l'Eldorado.
47:14Bon,
47:14c'est vraiment pas ça.
47:15Olivier ?
47:15Non,
47:15je pense en fait
47:16la réalité,
47:17c'est un petit peu
47:18on se décrit
47:21comme une sorte
47:21de pays émergent
47:23par rapport aux Etats-Unis
47:24et si on se revient
47:24à quelques décennies passées,
47:26qu'on revient
47:27il y a quelques décennies passées,
47:29on allait
47:30d'un pays sous-développé,
47:32le coût de la vie
47:33était bas,
47:34rien n'était cher
47:35et les gens
47:36vivaient plutôt bien
47:37parce qu'ils avaient
47:37plus de temps,
47:38etc.
47:38Et en fait,
47:39on a pris cette position
47:40où vis-à-vis des Etats-Unis,
47:41on a eu une forme
47:42de sous-développement
47:43ou de retard de développement
47:44qui n'est peut-être
47:45pas aussi élevé
47:46que celui qu'on avait
47:47à sortir de la Deuxième Guerre mondiale
47:49mais qui s'est quand même creusé.
47:50Après,
47:50sur les chiffres
47:51de Gabriel Zuckman,
47:51je pense qu'il a fait
47:52un certain nombre
47:53de travail statistique
47:54pour faire passer ce message
47:56c'est-à-dire qu'effectivement
47:57en corrigeant
47:58d'un certain nombre de choses
47:58la productivité
48:00pouvait être équivalente
48:01mais la réalité
48:01c'est que si on prend
48:02le PIB par heure travaillée
48:04en corrigeant
48:05de parité
48:05le pouvoir d'achat ou non
48:06en fait,
48:07l'écart est juste considérable
48:08il s'est accru très fortement
48:09au cours de ces dernières années.
48:10Je vous invite à regarder.
48:11Non mais j'ai regardé
48:12mais si on prend aussi
48:12les comptes nationaux
48:14si on prend
48:14la productivité en volume
48:16le taux de croissance
48:17depuis 20 ans
48:18mais surtout depuis 5 ans
48:19en fait,
48:20depuis 5 ans
48:20la productivité américaine
48:22elle a accru à peu près
48:23de 2% par an
48:24celle de l'Europe
48:24de 0,5% par an
48:26et celle de la France
48:26a baissé.
48:27Donc ça,
48:28en fait,
48:28notre capacité
48:29ça c'est ceux des comptes nationaux
48:30moi je prends ceux des comptes nationaux
48:31je ne suis pas en mesure
48:32de les inventer.
48:33Mais par contre
48:34ce qui est important
48:35c'est que
48:36et là où je suis d'accord avec vous
48:37c'est qu'au fond
48:38cette productivité
48:39et ces gains de productivité
48:41qui sont très positifs
48:42en fait
48:42ils sont accompagnés
48:44surtout d'une hausse
48:44du niveau de vie
48:45et donc en fait
48:46les coûts augmentés
48:47et les salaires augmentés
48:48du même ordre de grandeur
48:50que le coût de la vie
48:51et en fait
48:52là où les américains
48:53se sentent riches
48:53c'est quand ils viennent à Paris
48:54parce qu'ils se disent
48:55c'est chouette
48:56on va dans un pays
48:56un peu sous-développé
48:57donc tout est moins cher
48:58mais aux Etats-Unis
49:00en fait
49:00ce sentiment-là
49:01il ne s'est pas forcément développé
49:03parce que
49:04les coûts des services
49:05notamment des restaurants
49:06ont fortement augmenté
49:07et puis par ailleurs
49:08une partie de ces gains
49:08de productivité
49:09est très concentrée
49:11il y a quand même
49:12ce problème de courbanca
49:13aux Etats-Unis
49:14c'est-à-dire qu'on a vraiment
49:15deux parties de la population
49:16entre le consommateur de base
49:17et le galère
49:18c'est-à-dire qu'il y a
49:19certains secteurs
49:20qui tirent l'économie
49:21et qui vont très bien
49:22et je pense notamment
49:22au numérique
49:23et tout ce qui en y avait
49:25l'IA
49:25en fait
49:26qui faisait l'essentiel
49:27de la croissance
49:27de ce début d'année
49:28et le reste quand même
49:29et c'est peut-être ça
49:30qui a un impact sur l'emploi
49:31et c'est peut-être pour ça aussi
49:32que l'emploi va mal
49:33mais juste
49:33mais de faire en fait
49:34une situation particulière
49:36où on fait des gains
49:36de productivité importante
49:37en fait cette année
49:38les Etats-Unis font
49:39beaucoup de croissance
49:40et pas d'emploi
49:40de la même façon
49:41que pour la France
49:42ou pour le monde
49:42on a révisé
49:43nos prévisions de croissance
49:44on l'a fait aussi
49:45pour les Etats-Unis
49:46mais en fait
49:46pour l'emploi ça stagne
49:47et donc en fait
49:48on fait de vrais gains
49:49de productivité
49:49mais ces gains de productivité
49:51ça ne fait pas
49:52de la croissance inclusive
49:52et de fait au fond
49:54si on se souvient
49:55Biden
49:55il n'a pas été réélu
49:57malgré des résultats économiques
49:59très importants
50:01en termes de productivité
50:01au moment où on sortait
50:03le rapport Draghi
50:04au moment où on sortait
50:05le rapport Draghi
50:06voire l'écart
50:07en termes de puissance économique
50:08et de capacité productive
50:10Biden perd des élections
50:11il n'y a pas peut-être
50:12que les éléments macro
50:13qui ont joué
50:13mais quand même
50:14ça a sans doute joué
50:15après peut-être
50:16pour venir quand même
50:17dire quelques mots de Trump
50:18j'ai envie de dire
50:19que oui tout n'est pas parfait
50:20mais d'une certaine façon
50:21une partie de l'impulsion
50:23qu'il a donnée
50:24est en train de se manifester
50:25au fond
50:25qu'est-ce qui est en train
50:26de se passer
50:26il a mis des droits de douane
50:27il y a un peu plus d'inflation
50:29le solde extérieur se réduit
50:32le déficit extérieur se réduit
50:33les ménages consomment moins
50:35ils investissent
50:36il y a un peu plus
50:37de production
50:38donc en fait
50:39on a une forme
50:39de rééquilibrage
50:41mais ce rééquilibrage
50:42il est assez coûteux
50:43parce qu'en fait
50:43il se fait au prix
50:45d'une baisse du pouvoir
50:46d'achat des ménages
50:46par exemple
50:47les droits de douane américains
50:49c'est au fond
50:50il y a eu des chiffres
50:51très importants
50:52qui ont circulé
50:52qui ont été annoncés
50:53mais grosso modo
50:54la hausse effective
50:55du taux
50:56des moyens
50:57de droits de douane
50:57c'est plutôt 8%
50:58les importations
50:59ça doit faire
51:0011% de la consommation
51:01donc on a
51:02une hausse des prix
51:03de 1%
51:03mais 1%
51:04ça commence à mordre
51:05et surtout que les effets
51:06commencent à se faire
51:07Trump il a dit
51:08vous n'avez qu'à consommer
51:08américain
51:09si vous ne voulez pas
51:09payer plus cher
51:10mais du coup
51:10ça va être quand même
51:11plus cher
51:11et donc si on veut
51:14faire cette transition
51:15qui est aussi présente
51:17des débats publics
51:17en France
51:18on se dit acheter français
51:19mais acheter français
51:20ça veut dire à un moment donné
51:21payer des choses plus chères
51:22peut-être ça va se voir
51:23en emploi
51:24mais dans un premier temps
51:25pour le consommateur
51:26ça va se voir négativement
51:27au pouvoir d'achat
51:28il est arrivé à impulser ça
51:29c'était un petit peu ça
51:30son pari
51:31c'est pas la fanassée
51:33c'est fou quand même
51:33ce complexe qu'on a
51:34vis-à-vis des Etats-Unis
51:35je trouve
51:35c'est vraiment un modèle
51:38complètement dépassé
51:39Trump ne fait que
51:41l'accentuer
51:42et on continue
51:44de complexer
51:45vis-à-vis de ce pays
51:46on essaie de les singer
51:47on se dit qu'en fait
51:48ce qui va sauver
51:48la compétitivité
51:49des entreprises européennes
51:50c'est la dérégulation
51:51mais c'est tout l'inverse
51:52en fait
51:53on vit mieux
51:55en Europe
51:56qu'aux Etats-Unis
51:57et il faut préserver ça
51:58ça dépend ce qu'on appelle
52:00on vit mieux
52:00on vit mieux
52:02déjà on a un petit peu
52:03plus de temps de loisir
52:03aussi
52:04et on n'a pas
52:05des si gros écarts
52:06de productivité
52:06c'est ce que je vous dis
52:07il y a des critères
52:08sur lesquels
52:08on vit mieux
52:09c'est-à-dire que
52:09les Américains
52:09travaillent beaucoup plus
52:10que nous
52:11probablement
52:12c'est lié au fait
52:13qu'ils ont
52:14ça ne peut pas être
52:15décoré complètement
52:16du fait qu'ils ont
52:16un pouvoir d'achat
52:17qui est supérieur
52:18futile
52:18en légère érosion
52:19aujourd'hui
52:20mais enfin
52:20l'histoire des 25
52:21dernières années
52:22des Etats-Unis
52:23c'est un enrichissement
52:24par rapport à nous
52:24qui est absolument considérable
52:25alors oui
52:26il y a des problèmes
52:26de pouvoir d'achat
52:27parce que les prix
52:27ont augmenté également
52:28vous avez quand même
52:29des Américains
52:30qui sont beaucoup plus riches
52:32par rapport à nous
52:33les entreprises françaises
52:34là ils sont
52:35oui c'est ça
52:35mais voilà
52:37ils ont constitué
52:38des moyens
52:39très considérables
52:40donc on ne peut pas
52:42on ne peut pas
52:43les Etats-Unis
52:44n'ont rien de parfait
52:45mais il y a des sujets
52:46sur lesquels
52:46on ne peut pas contester
52:47leur supériorité
52:48enfin sur le digital
52:49pardon
52:49vous connaissez beaucoup
52:50de très grands groupes
52:51internationaux
52:52dont vous ne pouvez pas
52:53vous passer
52:53d'origine française
52:54allemande ou italienne
52:54non
52:55il y en a plein d'Américains
52:56je trouve que c'est
52:57un peu regrettable
52:58à certains égards
52:58mais si on regarde
53:00les faits
53:00c'est un fait
53:01c'est un fait observable
53:02de la même manière
53:03les Américains sont
53:03aujourd'hui plus riches
53:04que nous
53:04c'est un fait
53:05est-ce qu'aujourd'hui
53:06ça s'érode un peu
53:06oui
53:07pas en termes
53:08de pouvoir d'achat
53:09si bien sûr
53:10parce que même
53:11si vous retraitez
53:11tout ce que vous voulez
53:12en plus
53:12comme vous savez
53:12parler des Etats-Unis
53:14en général
53:14c'est toujours
53:15se condamner à dire des bêtises
53:16parce qu'il y a un écart-type
53:17énorme
53:18entre
53:18vous parliez tout à l'heure
53:19du coût du logement
53:20si vous êtes
53:21dans la banlieue de Wichita
53:22vous n'avez pas de problème
53:23pour vous loger
53:24vous logez même bien mieux
53:25qu'en France en moyenne
53:25pour bien moins cher
53:27si vous êtes à San Francisco
53:29à New York
53:29ce qui n'est pas la majorité
53:30des Américains
53:30ça coûte cher partout
53:32oui ça dépend
53:32il ne faut pas généraliser
53:34vous avez des excellentes
53:35universités d'Etat
53:35tout est privatisé
53:36non vous avez
53:37des excellentes
53:38universités d'Etat
53:39qui sont pratiquement
53:39accessibles gratuitement
53:41aux ressentissants de l'Etat
53:42tout est compliqué
53:43vous n'allez pas me dire
53:44quand même que ça
53:44c'est le modèle prédominant
53:45aux Etats-Unis
53:46si vous voulez
53:47Harvard ou Columbia
53:48vous payez très cher
53:48je ne trouve pas ça bien
53:49mais c'est un fait
53:50je suis d'accord avec vous
53:51mais il y a des tas de manières
53:52de faire des études supérieures
53:53aux Etats-Unis
53:54sans se ruiner
53:54donc on ne peut pas généraliser
53:56merci à tous les trois
53:58d'être venus débattre
53:59de manière animée
54:00ce matin
54:00dans Les Experts
54:02demain
54:02je ne sais pas
54:03si Raphaël Lejean
54:03sera de retour
54:04je ne peux pas
54:05me prononcer à 7h
54:06mais en tout cas
54:06dans un instant
54:07c'est tout pour investir
54:08avec Antoine Larigauderie
54:10je vous dis à demain matin
54:11à moins 6h
54:12bonne journée
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