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  • il y a 2 jours

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Transcription
00:00Arthur Devatrigan est en direct avec nous, Arthur Devatrigan, directeur de la rédaction du magazine L'Incorrect,
00:07le meilleur ami de Thomas Legrand et Patrick Cohen.
00:10Arthur Devatrigan, bonjour, ravi de vous retrouver.
00:13Bonjour Eliott.
00:14Pardonnez-moi, j'avais un chat dans la gorge, c'est l'effet Patrick Cohen, Thomas Legrand,
00:19lorsque je prononce leur prénom, ça y est, hop, je commence à tousser.
00:25Plus sérieusement Arthur Devatrigan, si vous êtes en direct avec nous sur Europe 1,
00:28c'est parce que vous avez proposé un numéro vraiment exceptionnel,
00:31au sens propre comme au sens figuré, sur l'art d'être français.
00:35C'est une merveilleuse où on voit Delon et Brigitte Bardot,
00:41et vous avez posé cette question à Brigitte Bardot,
00:43comment définiriez-vous l'art d'être français ?
00:46Et elle vous a répondu l'élégance, l'érudition, la souveraineté, l'humour, le talent, le charme, le goût et l'amour.
00:52Et cette déclaration est mon fil rouge depuis hier,
00:56parce que c'est la France qu'on aime, c'est la France avec un F majuscule,
01:02c'est cette France élégante, libre, souveraine,
01:08qui nous rend peut-être nostalgiques.
01:10C'est-à-dire que Brigitte Bardot, c'est une période,
01:13on n'a pas grandi pour certains dans ce studio,
01:18avec en soi les films ou la musique de Brigitte Bardot,
01:20mais pourtant elle était intemporelle et effectivement...
01:24Non, c'est le gil d'une époque qu'on n'a pas connue.
01:25Pas forcément, oui, vous avez raison Hélène Roué.
01:28Alors, en coulisses, racontez-nous tout, Arthur de Vatrigan,
01:30c'était quand cet entretien avec Brigitte Bardot ?
01:33Et puis racontez-nous, comment elle était ?
01:35C'était un peu avant l'été, en fait,
01:37on avait fait un premier hors-série consacré à l'art d'art de toi français.
01:42Et évidemment, on avait de quoi écrire 50 livres,
01:44mais la question, c'est qu'est-ce qu'on met en couverture ?
01:47Qu'est-ce qu'il incarne ?
01:48Alors, tout y est passé, on a vu des cathédrales,
01:51Lucas Soulet, Belmondo,
01:52et puis je tombe sur cette photo de Delon,
01:55une série de photos de Delon et Brigitte Bardot.
01:58En août 68, ils sont sur le bateau de Tabarly
02:02parce qu'Alain Delon tourne la piscine de Brigitte Bardot et Chazelle
02:06et Tabarly, entre eux, trois navigations, est un sarafèle.
02:09Et cette photo, tout de suite, c'était comme un court point dans la figure,
02:14c'était, on voit l'espèce de Delon qui admire Bardot,
02:18qui elle-même a un regard un peu mystérieux, un peu étrange,
02:22un peu fragile, un peu fort en même temps,
02:23donc c'était une évidence.
02:25Parce qu'on disait souvent que Bardot, c'était la version féminine de Delon
02:30et que Delon, c'est la version homme de Bardot.
02:32C'est une espèce de deux anomalies,
02:34Delon qui est le dieu malheureux tombé du ciel par accident
02:36et Bardot qui est aussi un accident,
02:38une sorte de phénomène naturel qui arrive,
02:40qui bouleverse tout puis qui repart.
02:41Et en effet, vous l'avez dit, c'est un souvenir qu'on a connu
02:45ou qu'on a rêvé d'une France belle, grande, insolente, bravache,
02:50un peu le symbole de l'anticonformisme
02:51qui est l'automne de la liberté.
02:53C'est pourquoi beaucoup la critiquent aujourd'hui,
02:55on n'aime pas trop ça en France.
02:57Et donc voilà, c'était vraiment ce symbole qui était fort
02:59et puis on s'est dit, bon, on va refaire un deuxième
03:01et la seule condition, c'est d'avoir Bardot cette fois-ci.
03:04On ne va pas faire un deuxième hors-série sur l'art d'être français
03:06sans Brigitte Bardot.
03:07Et donc j'avais appris par son secrétaire
03:09qu'elle avait été touchée, en tout cas curieuse de la couverture
03:13et donc elle avait lu le hors-série, qu'elle avait aimé
03:15et donc je lui ai envoyé un transmis, une lettre
03:19en disant qu'on se ferait honorer de l'avoir dans nos pages,
03:23surtout pour ouvrir un de nos chapitres,
03:25parce que c'est divisé en trois chapitres
03:26et pour ouvrir nos chapitres, il fallait absolument Mme Bardot.
03:29Et donc elle a dit oui, alors par contre,
03:31c'était pas par téléphone, pas par courriel,
03:33c'était en échange à la main, écrit à la main.
03:36Donc on lui a envoyé nos questions
03:37et puis quelques semaines plus tard,
03:39on a reçu un pli dans une boîte aux lettres bien épais,
03:41donc je me suis dit, ce serait bien,
03:42elle m'a raconté sa biographie.
03:44Alors dedans, il y avait plein de documents
03:45pour aider sa fondation, des dépliants pour sauver les animaux
03:48et puis au milieu, une lettre manuscrite
03:50avec des numéros
03:52et chaque numéro correspondait à la question
03:54et puis elle avait répondu à la main.
03:56des réponses sangras, drôles, franches
03:59et puis qu'elle avait évidemment signé.
04:02Et vous aviez pu reconnaître son écriture
04:06parce qu'elle a une écriture très singulière,
04:11ronde, etc.
04:12Une belle écriture.
04:14Oui, tout à fait, une très belle écriture.
04:15Et est-ce que, là aussi au sens propre
04:18comme au sens figuré,
04:19parce que beaucoup nous ont raconté,
04:22notamment hier,
04:23ce qui était très proche,
04:24c'est que Brigitte Bardot a une belle plume.
04:29Elle écrit parfaitement bien.
04:32Elle écrit parfaitement bien,
04:33puis elle écrit toujours.
04:34D'ailleurs, quand elle communique,
04:35je pense que c'était ses assistants à l'époque
04:37sur les différents réseaux sociaux,
04:39elle publiait un message qu'elle écrivait.
04:41Elle a mort d'Alain Delon,
04:42elle a publié une très belle lettre,
04:44très triste et tragique,
04:46toujours en manuscrit.
04:48Mais quand on y repense,
04:51on a quand même perdu des mythes.
04:53On a Belmondo,
04:54qui était le bonheur d'être français,
04:56Delon et Bardot,
04:57qui étaient la fierté d'être français.
04:58Et justement, c'était de ça
04:59qui les rassemble aussi.
05:01Ils étaient très proches,
05:02et pourtant, de mémoire,
05:03ils n'ont pas joué dans un film en commun,
05:05mais une espèce de deux mythes.
05:06Vous savez, forcément,
05:08les mythes sont sollicités par les rois
05:09parce qu'ils sont eux-mêmes nus
05:11et donc ils veulent voler un peu de lumière.
05:12Et la rançon,
05:13il y a une rançon à ces mythes.
05:14Et c'est une question
05:15que j'avais posée à Mme Bardot,
05:16justement,
05:16c'est quoi la rançon de votre gloire ?
05:19Et elle m'a répondu,
05:20c'est être prisonnière de moi-même.
05:22Je suis une prisonnière de moi-même,
05:24je suis prisonnière de mon image.
05:25Et c'est une réponse assez triste
05:28et qui explique peut-être aussi
05:30son départ de la scène,
05:33son départ du cinéma,
05:35son départ de la musique également,
05:37très rapidement.
05:39La vie de Mme Bardot hors scène
05:42était bien plus longue
05:42que sa vie sur scène.
05:43C'est quand même assez rare
05:44à notre époque.
05:47C'est quand même un personnage,
05:49je veux dire, c'est fascinant.
05:50Mme Bardot, c'est quelqu'un
05:51que les Américains,
05:52comme Alain Delon,
05:53nous enviaient,
05:54voulaient avoir
05:54et qu'ils ne l'ont pas eue.
05:55Ce ne sont pas des choses
05:56qui arrivent souvent en France.
05:57Et c'est parce que c'est Brigitte Bardot
05:58qui a refusé.
05:59Patrick Mahé,
06:00son agent littéraire,
06:01nous racontait
06:01qu'elle aurait pu avoir
06:04des millions
06:06et des millions
06:07de francs
06:08en guise
06:09de travailler
06:13et de traverser l'Atlantique
06:15pour bosser
06:16avec les productions américaines.
06:18Et elle l'a refusé.
06:19Et c'est pour ça
06:20que quand elle dit
06:20l'art d'être français,
06:22c'est aussi d'être souverain.
06:24C'est de ne pas être soumis
06:26finalement
06:26à la loi du plus fort.
06:29Parce que la force aussi,
06:31c'est dans sa liberté
06:32de choisir
06:34si elle veut
06:34ou non
06:35poursuivre
06:35sa carrière
06:37dans le cinéma,
06:39dans la musique.
06:39Elle a tout choisi,
06:40tout décidé.
06:41C'est beau
06:41la manière dont vous en parlez
06:43Arthur de Vatrigan
06:43parce qu'on sent
06:44qu'il y a presque
06:44des frissons.
06:46Vous dites
06:46Madame Bardot.
06:47Vous avez entièrement raison.
06:48C'est Madame Bardot.
06:51Vous ne l'avez jamais rencontré
06:52en fait Arthur ?
06:52Non, non.
06:53Je ne l'ai jamais rencontré.
06:54On a échangé.
06:54Vous imaginez ?
06:55A l'ancienne.
06:58C'est fascinant.
06:59Et puis après
07:00on a échangé.
07:01J'ai essayé
07:01de savoir ce qu'elle faisait.
07:03Et ce qui est fascinant
07:03c'est qu'en fait
07:04elle disait comme tout le monde
07:05tout en étant comme personne.
07:07C'est quand même...
07:07C'est un mystère entier
07:09Madame Bardot
07:10si vous regardez.
07:12C'est-à-dire
07:12elle n'était ni actrice
07:14ni comédienne
07:14ni chanteuse.
07:15Elle avait un talent inné.
07:17On ne sait pas trop de quoi.
07:18C'est-à-dire
07:19c'est comme une entreprise
07:19tautologique
07:20qui est faite femme.
07:21D'ailleurs Gainsbourg
07:22avait complètement perçu
07:23la nature
07:23puisqu'il avait même marqué
07:25au fer sublime
07:25de ses initiales
07:26initiales bébés
07:27et le reflet tutélaire
07:28qui irradie
07:29tout le pris
07:31le même prispe
07:32que convoquait Godard
07:33dans Le Mépris
07:34et s'il filme Bardot
07:36c'est pas pour rien.
07:37C'est-à-dire
07:37c'est quand même fascinant
07:38et si on regarde
07:39pourquoi elle pouvait
07:40la refuser
07:41alors ça c'est mon interprétation
07:42mais les sirènes hollywoodiennes
07:44c'est parce qu'elle était
07:45à l'opposé
07:46des actrices hollywoodiennes.
07:47A l'époque
07:47c'était Marine Monroe.
07:49Marine Monroe
07:50c'est un objet
07:50fabriqué de toute pièce.
07:52C'est une poupée de chair
07:52qui est construite
07:53par les studios hollywoodiens
07:54et comme vous lisez
07:55sa biographie
07:55c'est infernal
07:56et donc Madame Bardot
07:57c'est l'anti
07:59l'anti
08:00Marine Monroe.
08:02C'est fascinant
08:03mais comme toutes les actrices
08:04elle a imposé
08:05une façon de jouer
08:06qui est unique
08:06toutes les actrices
08:07qui ont été la stringer
08:08elle a ringardisé tout le monde
08:10c'est une tornade.
08:12Et cette tornade
08:13nous en parlons
08:13depuis 16h
08:1416h18h
08:15sur Europe 1.
08:16Merci beaucoup
08:16Arthur Devatrigan
08:17hommage national
08:18ou pas
08:18pour Brigitte Bardot ?
08:20Je suis pas certain
08:21que Madame Bardot
08:22ait envie d'un hommage national
08:23avec un écran
08:23mais vous avez raison
08:24non mais alors
08:25je lisais un article
08:27du Figaro
08:28à l'instant
08:29si le choix
08:30d'un tel hommage
08:31appartient strictement
08:32au chef de l'état
08:32il doit cependant
08:33écrit le Figaro
08:34prendre en compte
08:35les volontés
08:36de Brigitte Bardot
08:36bien sûr
08:37et de sa famille
08:38et la question se pose
08:39l'actrice aurait-elle
08:41cautionné cette idée
08:42à en croire
08:43les propos tenus
08:44lundi matin
08:44au micro TF1
08:45par la journaliste
08:46Wendy Bouchard
08:47proche de Brigitte Bardot
08:48un tel hommage
08:49n'était pas souhaité
08:50par la comédienne
08:51elle était
08:52tout sauf dans la recherche
08:53de médailles
08:54d'un signe de protocole
08:55a-t-elle déclaré
08:56ça part probablement
08:57d'un bon sentiment
08:57mais je ne suis pas sûr
08:59qu'elle qui vivait
09:00dans la simplicité
09:01et dans le dénuement
09:02ait voulu cet hommage national
09:04mais c'est aussi
09:05ça peut être
09:07un rassemblement populaire
09:09un hommage populaire
09:11un peu comme pour Johnny
09:12parce que vous avez
09:14des français
09:15qui ont envie
09:17de se retrouver
09:18autour de la musique
09:20de Brigitte Bardot
09:22qui ont envie
09:23de la remercier
09:23qui ont envie
09:24de se rassembler
09:25en quelque sorte
09:26donc c'est pour ça
09:26que la question
09:27peut se poser
09:29mais ce que dit
09:30Wendy Bouchard
09:30n'est pas étonnant
09:32vous avez raison
09:32Arthur de Vatrigan
09:33je ne suis pas certain
09:34qu'au vu de tout
09:36ce qu'elle a pu écrire
09:37sur Emmanuel Macron
09:38et même
09:38elle a refusé
09:40par exemple
09:40la Légion d'honneur
09:43qui lui a été proposée
09:45par un certain
09:46François Mitterrand
09:46elle a refusé
09:47donc peut-être
09:49que tout ce qui est
09:49protocolaire
09:50l'insupportait
09:51mais encore une fois
09:53cet hommage
09:55de la populaire
09:56peut être un hommage
09:57délicat
10:00humble
10:01mais surtout
10:02une ferveur populaire
10:03c'est ça qui peut être
10:05mais cet hommage-là
10:05il n'a pas besoin
10:06de naître
10:06par le politique
10:07justement
10:08des politiques d'ailleurs
10:09qu'elle aborait
10:09que ça fait 30 ans
10:11qu'elle s'en fichait
10:12de la politique
10:12d'ailleurs
10:13on parle de dernière volonté
10:14je constate quand même
10:15que en effet
10:16sa dernière volonté
10:18elle n'a pas spécifié
10:19qu'elle voulait
10:19un hommage national
10:20elle avait refusé
10:21les hommages
10:22et notamment
10:23la Légion d'honneur
10:23et elle voulait
10:24souvenez-vous
10:26ça elle l'a dit
10:26être enterrée
10:27à la Madrague
10:28et dans sa dernière volonté
10:29elle n'y sera pas
10:31puisqu'elle sera aussi
10:32Pierre-Marin
10:32donc j'aurais aimé
10:33plus qu'un hommage national
10:34qu'on respecte
10:34sa dernière volonté
10:35c'est-à-dire
10:35d'être enterrée
10:36où elle le souhaite
10:37c'est-à-dire
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