00:05Bonjour à toutes et à tous, vous écoutez Christophe Bordet et vous, c'est jusqu'à 13h sur Europe 1. Bonjour Christophe.
00:12Et bonjour à tous, on est ravis de vous retrouver sur Europe 1 pour deux heures d'informations, de décryptage, de bonne humeur aussi, il faut quand même le reconnaître.
00:23Et puis ça va être un moment gourmand que nous allons vivre un peu avant 13h.
00:27Ah, on salive d'avance.
00:28Oui, absolument, puisque nous aurons un grand pâtissier qui sera avec nous pour nous dire un peu ce qu'il faut manger en dessert pour ce réveillon du Nouvel An, bien entendu.
00:40C'est Yann Couvreur qui a plusieurs boutiques à Paris.
00:44Il serait temps qu'il ait quelques boutiques dans nos belles villes en région, que ce soit à Bordeaux, alors c'est chez moi, donc forcément j'y tiens particulièrement.
00:53Je pense à Lille, je pense à Marseille, je pense à Clermont-Ferrand, je pense à toute la France les amis.
00:58Voilà, tout simplement.
00:59Avec nous aujourd'hui, alors que du beau monde, oui, tant qu'à faire, on n'a invité que du beau monde, nous avons Gabrielle Cluzel qui est avec nous, éditorialiste, rédactrice en chef du site Boulevard Voltaire.
01:09Bonjour, bonjour, bonjour, merci beaucoup d'être avec nous, merci pour ce pull aussi.
01:16C'est pour voir la vie en rose, c'est magnifique, c'est vous qui l'avez tricoté ?
01:21On voit que vous connaissez mal, non absolument pas.
01:23Vous n'êtes pas à droite de vos mains peut-être ?
01:26Pas du tout, je suis gauche, gauchère et gauche.
01:29Et vous êtes droite au niveau de l'esprit si j'ai bien compris ?
01:31Voilà, pour le reste c'est plutôt vers la droite.
01:34Ça c'est dit au moins.
01:37Et puis Raphaël Stainville est avec nous également, l'ami Raphaël du journal du dimanche, qui est donc directeur adjoint de la rédaction.
01:43Merci beaucoup d'être là, j'ai cru à un moment que vous seriez en retard.
01:47Non, je ne veux pas chanter sagement, attendant qu'on me fasse entrer en studio.
01:52Ah, comme une princesse.
01:55Ça c'est les stars, c'est comme ça.
01:57Chers amis, on va évoquer évidemment ce nouvel an, un peu sous toutes ses formes bien entendu.
02:05La forme gourmande c'est à la fin de l'émission, vous l'aurez compris.
02:08Et puis on va évoquer évidemment l'aspect sécuritaire qui est très important aujourd'hui.
02:13On va évoquer l'aspect politique, puisque notre cher président Macron va s'exprimer ce soir à 20h.
02:21Vous pourrez l'entendre sur Europe 1, vous pourrez entendre le débrief qui suivra son intervention
02:27avec en chef d'orchestre l'ami Rudi Saada, qui sera donc dans ce studio.
02:33Et on va essayer de comprendre un petit peu, finalement, vers quoi l'on va pour 2026.
02:38Pour cela, nous avons quand même deux personnalités importantes du service politique
02:44et du service police-justice qui sont autour de la table.
02:48Puisque nous avons évidemment Arthur Delaborde, que l'on connaît bien sur Europe 1.
02:53Bonjour Arthur.
02:54Bonjour Christophe, bonjour à tous.
02:55Et Jean-Baptiste Marti.
02:57Bonjour Christophe, bonjour à tous.
02:57Qui est notre policier de service, on va dire.
03:00Et qui est là pour nous raconter un petit peu à quoi va ressembler cette soirée au niveau sécuritaire.
03:07Alors, pour évoquer ce sujet, je souhaite d'abord que l'on écoute les propos du ministre de l'Intérieur,
03:15hier soir à la télévision, Laurent Nunez, qui a promis en gros qu'il n'était pas question que ça déborde.
03:25Donc voilà, attention, ça va serrer la vis.
03:27Donc on va l'écouter, puis on va en parler.
03:29Tolérance zéro, ça veut dire qu'il n'y aura aucune forme de violence, de dégradation qui ne sera tolérée.
03:35Donc j'ai passé des instructions très fermes au préfet, mais comme on le fait à chaque 31 décembre dans ce pays,
03:40des instructions très fermes d'intervention immédiate,
03:43dès qu'il y aura des dégradations, des prises à partie des violences ou des prises à partie des forces de l'ordre.
03:47Il y aura forcément des incidents demain.
03:49Si c'est votre question, ma réponse est oui, il y aura des véléités de violences urbaines.
03:52Forcément, pour les gens qui seront sur l'espace public, il y a un gros dispositif de sécurisation,
03:57il n'y aura pas de problème.
03:58Ce sera notamment le cas sur les Champs-Élysées à Paris, dans les grandes villes.
04:00Mais il y aura aussi des tentatives de violences urbaines.
04:03Et la tolérance zéro, ça veut dire qu'on interviendra systématiquement pour y mettre un terme,
04:07comme ça a été encore le cas ces derniers jours, on l'a vu avec les festivités de la Coupe d'Afrique des Nations,
04:11où systématiquement les forces de l'ordre sont intervenues pour mettre un terme aux exactions et aux violences.
04:15Alors moi j'adore le ministre de l'Intérieur, parce qu'il nous dit quoi ?
04:19Il nous dit tolérance zéro, mais oui bien sûr il y aura des débordements,
04:23évidemment il y aura des problèmes.
04:25Donc on se dit bon, le double discours, le « et en même temps macroniste » une fois de plus qui ressort,
04:31ça c'est la première chose,
04:33et puis une fois de plus l'incapacité de l'État, finalement, à assurer une véritable sécurité.
04:39Alors bon, vous allez me dire, il n'y a pas besoin d'être au soir du Nouvel An pour le constater,
04:44parce qu'on le constate presque tous les jours.
04:46Mais enfin, l'incapacité de l'État à assurer une véritable sécurité des Français
04:50lorsqu'il faut faire la fête, lorsqu'il faut se détendre, etc.
04:53Gabriel Cluzel, pour commencer, quel est votre, comment dire, sentiment après ce que l'on vient d'entendre ?
04:59J'ai un sentiment d'insécurité, ça vous rappelle quelque chose ?
05:02Ça ne m'étonne pas, oui.
05:03Non mais c'est vrai que ce qui est frappant, c'est ce double discours,
05:07c'est un peu un aveu d'échec à l'avance, c'est-à-dire qu'il dit qu'il y aura une tolérance zéro,
05:10on interviendra, mais il y aura des violences.
05:12Je vous rappelle que sur une autre scène, il avait dit 24 heures auparavant,
05:16il y aura les traditionnelles violences urbaines dans certains quartiers.
05:21Vous voyez, on connaissait les langues de belle-mère, on connaissait les confettis, les serpentins,
05:26mais maintenant on a une nouvelle tradition du 31, c'est les voitures brûlées, les émeutiers, les tirs de mortier,
05:34puis on peut rajouter quand même, et ça a été dit dans les informations,
05:38c'est-à-dire que ce soir il y a un combo, il y a un feu d'artifice,
05:41c'est-à-dire qu'il y a aussi un match comprenant l'Algérie,
05:45et on sait qu'il y a des répercussions en France, on l'a vu dans le match contre le Burkina Faso le 28 décembre,
05:51donc l'alliance 31 décembre, match Algérie promet,
05:56et moi ce qui me frappe, c'est que comme on n'arrive pas à coffrer les délinquants,
06:00et bien ce sont les braves français ordinaires, si j'ose dire, qui vont s'auto-coffrer,
06:04qui vont dire à leurs enfants, oulala, va pas sur les Champs-Elysées,
06:07oulala, il vaut mieux rester chez soi, il ne faut pas prendre les transports en commun, ça va être terrible.
06:11Vous voyez, on en est arrivé à un point où finalement ce sont les braves gens
06:16qui s'auto-mettent en prison, ça a quelque chose de profondément choquant.
06:22De toute façon, en plus, il y avait un sondage dans Le Parisien ce matin qui était intéressant,
06:26qui disait que 42% des français n'avaient pas l'intention de fêter ce nouvel an,
06:31ils préféraient rester dans leur canapé avec leur plaid,
06:34c'est vrai qu'avec le froid dehors finalement c'est pas plus mal,
06:37et ça montait même pour les 50-64 ans, on était à 53%
06:41à ne pas vouloir fêter le nouvel an, donc à ne pas vouloir sortir, etc.
06:47Donc au moins on sera en sécurité, peut-être, on sera peut-être en sécurité chez nous.
06:51Vous oubliez les home-jacking !
06:52Parce que suivant où on habite, il n'est pas impossible qu'il y ait une rafale d'automatique
06:58qui traverse la paroi de l'appartement, parce que c'est arrivé déjà ailleurs.
07:02Votre voiture peut brûler, il faut y rester chez nous.
07:05Et la voiture peut brûler, on va en parler de tout ça,
07:07on va continuer d'en parler évidemment tout au long de cette émission.
07:11Raphaël Stainville, est-ce que le ministre de l'Intérieur,
07:15lorsqu'il dit ce qu'il a dit, ce qu'on a entendu sur l'antenne d'Europe 1
07:19il y a quelques secondes, déclaration hier soir à la télévision,
07:23est-ce qu'on a le sentiment que finalement il est impuissant en réalité,
07:27qu'on peut déployer tous les policiers, les gendarmes que l'on veut dans ce pays,
07:30et que ça ne changera rien ?
07:32En fait, Sia, c'est qu'aujourd'hui la réponse à cet ensauvagement de la France
07:37se fait en multipliant les annonces,
07:43en organisant des déploiements de forces absolument considérables
07:47pour chaque événement festif,
07:49pour essayer de garantir un minimum de sécurité,
07:52sans que ça se traduise en deux résultats absolument concrets.
07:57Moi je ne sais pas vous, mais franchement,
07:58quand on se balade comme ça,
08:00moi je suis déjà allé une fois sur les Champs-Elysées pour le nouvel an par exemple,
08:04quand on voit des policiers, des militaires un peu partout, etc.,
08:07honnêtement, ce n'est pas très festif.
08:09On ne se sent pas en sécurité,
08:11moi je suis désolé de vous le dire,
08:12mais ça ne me donne pas le sentiment que je vais être en sécurité,
08:15je me dis, s'ils sont là, c'est qu'il y a un problème.
08:16Le refrain du ministre de l'Intérieur était le même
08:19que son prédécesseur Bruno Rotaillot l'année dernière,
08:22qui lui-même avait affiché un ton martial,
08:25promettait une tolérance zéro,
08:28pour autant il y avait eu plus de 900 voitures brûlées,
08:30il y avait eu un certain nombre de personnes
08:33qui avaient été placées en garde à vue.
08:35La question c'est,
08:36quel est l'effet dissuasif de ce déploiement de forces de l'ordre,
08:39quel est l'effet dissuasif de ces gardes à vue,
08:42si ce n'est pas...
08:44De toute façon, les voyous n'ont plus peur des policiers ni des gendarmes.
08:46Par une justice qui, à la fin, met fin à la récréation,
08:50c'est-à-dire avec des peines,
08:52qu'elles soient de prison ou d'autres natures.
08:55Mais aujourd'hui, c'est bien la réponse pénale
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