- il y a 20 heures
Chaque week-end, Emilie Broussouloux vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Et on va maintenant tenter de décrypter ces images et de comprendre ce qui s'est réellement passé sur place avec vous, Ludovic Pingano.
00:08Quand on regarde ces images-là, on le rappelle, on est le soir du 31 décembre, il est 1h30 du matin, la fête bat son plein, on voit toutes ces bouteilles de champagne et ces feux de Bengale qui sont allumés.
00:23C'est ça qui marque. Là, c'est le moment où l'incendie se déclenche.
00:26C'est le moment où l'incendie se déclenche. On voit que déjà les bouteilles avec ces feux de Bengale ont commencé à enflammer cette mousse isolante, cette mousse phonique située au niveau du plafond sur l'ensemble de la surface.
00:39Et on voit qu'à ce moment-là, personne n'a encore pris conscience du drame qui était en train de se jouer.
00:43On voit encore la serveuse sur les épaules de son collègue en train de servir ce fameux champagne avec ces feux de Bengale.
00:50On voit tous ces jeunes qui font encore la fête et qui filment parce que finalement, pour eux, encore à ce moment-là, c'est la fête.
00:58Et puis, c'est un petit incident. Malheureusement, ils découvriront après l'horreur de cette situation.
01:02Oui, à ce moment-là, personne ne semble vraiment prendre conscience qu'il y a cet incendie qui s'est déclenché.
01:07On va voir la vidéo après où là, on voit que les personnes sur place ont pris conscience qu'un incendie s'était déclaré.
01:14où on voit le feu justement qui s'est déclaré. Alors, on voit ces gouttes.
01:18Oui, alors exactement, Emilie. On voit que le feu est en train de prendre beaucoup d'ampleur.
01:22On voit qu'il est en train de se propager. On voit ces fumées.
01:24On voit également ces fumées en partie haute du plafond.
01:29Et on voit surtout ces gouttes enflammées de cette mousse justement qui tombe par terre.
01:35Et ces jeunes qui, avec leurs pulls, avec leurs affaires, essayent en vain de tenter d'arrêter ce feu.
01:41Là, on voit bien justement ces flammes qui sont en train de lécher ce plafond.
01:46Et qui sont en train, en plus, de générer des gaz qui, eux-mêmes, sont flammes.
01:49Vous voyez, on voit bien que ce sont des flammes qui sont très différentes de celles qu'on voyait au début de l'incendie.
01:53Donc, ce sont des flammes qui, déjà, sont en train de consommer des gaz de combustion.
01:59Et on voit bien que ce feu, déjà, commence à prendre une autre tournure.
02:04Oui, donc pour vous, en fait, tout ça se fait très rapidement en seulement quelques secondes.
02:08Ça se fait très rapidement, ça va très vite, la propagation est très rapide.
02:13Et finalement, il était déjà temps de fuir.
02:17Essayer d'éteindre cet incendie, c'était déjà complètement impossible.
02:20Je vous assure que les...
02:21Ça veut dire que là, ça ne servait à rien d'essayer d'éteindre ces flammes.
02:24C'était trop tard.
02:24Là, c'était bien trop tard.
02:25Il fallait fuir.
02:26C'est le principe même face à ce type de situation.
02:29On peut intervenir, Émilie, uniquement sur des feux naissants avec un instincteur.
02:33À partir du moment où on ne trouve pas l'extincteur tout de suite, où on prend trop de temps pour intervenir,
02:38et qu'on s'aperçoit que le feu commence à se propager, il faut évacuer.
02:43C'est un principe de base dans les établissements recevant du public.
02:46C'est la même chose dans les appartements, il faut le dire.
02:48Quand on brûle dans un appartement, on sort de son appartement pour se mettre en sécurité.
02:52Par contre, à la différence des établissements recevant du public,
02:55ceux qui sont dans les autres appartements restent dans leur appartement.
02:57Ce ne sont pas les mêmes principes de sécurité.
02:59Alors là, vous disiez justement que la première des choses, c'est d'évacuer.
03:03Justement, on va regarder à quoi ressemble ce bar, le Constellation.
03:07Alors là, ce qu'on a indiqué en rouge, c'est la porte d'entrée et de sortie.
03:13Ici, il y a le premier étage, en tout cas le rez-de-chaussée du bar.
03:16Ensuite, il y a cet escalier qui mène au sous-sol, et c'est là qu'a démarré l'incendie.
03:23Qu'est-ce qui vous marque là, quand vous voyez ce plan ?
03:25Alors, tout d'abord, la première chose qui rend la situation beaucoup plus compliquée,
03:30c'est que ce bar, il est au sous-sol, et qu'évacuer du public quand il est dans un sous-sol,
03:34c'est toujours beaucoup plus compliqué.
03:36Ce qui est très choquant sur cette image également, c'est que je ne vois qu'un escalier.
03:39En France, au-delà de 19 personnes, il faut au moins deux issues de secours espacées de 5 mètres minimum.
03:46Ce point-là n'est pas très clair, et je ne suis pas certain que ce plan soit exact,
03:50puisque la procureure générale, cet après-midi, s'est exprimée et a confirmé le fait
03:54qu'il y avait bien deux sorties de secours, mais que seule l'une d'entre elles était identifiée par les occupants.
04:01Donc justement, cet escalier que vous montrez, qui était l'escalier qui permet d'entrer et bien sûr de sortir,
04:06et qu'il y avait a priori un deuxième escalier qui permettait d'évacuer,
04:10mais dont tout le monde ignorait l'existence.
04:12Deuxième point, le bar est au milieu, on a plusieurs dizaines, voire centaines de personnes
04:18dans un espace extrêmement réduit.
04:20Il est extrêmement difficile d'évacuer de façon ordonnée quand le feu se propage aussi vite.
04:27On va voir l'escalier pour appuyer un petit peu plus ce que vous dites,
04:32parce que beaucoup disent que cet escalier était étroit.
04:36Bon, à première vue, c'est difficile de l'imaginer, parce que bon...
04:40Alors, reste à savoir s'il y a des normes à respecter.
04:42En France, en tout cas, il y en a.
04:44On dimensionne les escaliers et les issues de secours en fonction de l'effectif,
04:47en nombre et en largeur.
04:48On parle d'unité de passage.
04:51Maintenant, s'il devait y avoir deux sorties de secours utilisables,
04:53et s'il n'y en avait qu'une qui était identifiée,
04:55forcément, elles se retrouvent sous-dimensionnées par rapport aux besoins.
04:59Voilà.
05:00Mais ce qui est extrêmement important également, c'est cet effet de panique.
05:03Les gens ont peur, s'aperçoivent que le feu prend de l'ampleur.
05:06Ils doivent certainement se rendre compte aussi que des gens
05:08commencent à s'évanouir sous l'effet des fumées,
05:11du monoxyde de carbone et du cyanure en présent.
05:15Ça, ces images sont terribles.
05:16On voit les gens fuir et on voit, c'est le début de l'incendie,
05:18on voit déjà à quel point l'incendie s'est propagé.
05:21Là, les images qu'on voit sont au rez-de-chaussée.
05:23Et on voit que déjà le rez-de-chaussée...
05:24Là, c'est au rez-de-chaussée, là, ce sont les personnes
05:26qui essayent de s'enfuir du bar.
05:28Sauf qu'on a déjà compris que le feu avait démarré au sous-sol.
05:31Et que finalement, dans un espace-temps extrêmement limité,
05:36le feu s'est déjà propagé à l'étage.
05:39Alors, c'est un chalet, c'est dans la tradition de ces habitations en montagne,
05:44c'est en bois.
05:45Et donc, il y a tout un tas d'éléments très, très défavorables
05:48qui ont favorisé la propagation de ce feu et de ces fumées
05:51qui ont malheureusement provoqué ce drame.
05:54Alors, au milieu de ce cauchemar, il y a tout de même certaines personnes
05:58qui ont réussi à s'en sortir et à quitter ce bar alors qu'ils prenaient feu.
06:03C'est le cas de Victoria, qui a livré un puissant témoignage sur BFM TV ce soir.
06:08Elle faisait partie de ces jeunes qui étaient venus faire la fête
06:10aux Constellations la nuit du 31 décembre,
06:13lorsque la soirée a viré au drame.
06:15Elle raconte ce qu'elle a vu et ce qu'elle a vécu au micro de Marie Chantret.
06:18Bonsoir, Victoria.
06:19Bonsoir.
06:20Merci beaucoup d'être avec nous ce soir sur BFM.
06:22Merci d'accepter de témoigner.
06:26Vous étiez dans cette boîte, dans ce bar, le Constellation,
06:31cette nuit de la Saint-Sylvestre, ce 31.
06:33Vous êtes française, vous étiez en vacances à Grand-Montana avec des amis.
06:37Vous avez décidé de rentrer rapidement en France, à Paris, dès hier.
06:43Vous passiez quelques jours avec des amis.
06:45J'ai envie de vous demander d'abord, et merci vraiment d'être là,
06:48comment vous vous sentez ce soir ?
06:50Ça va, toujours un peu sous le choc.
06:53Ça vient par vagues.
06:54Il y a des moments où je suis dans des instants de déni,
06:56comme si c'était un film et que je n'avais pas vécu ça.
07:00Je me rappelle vraiment des images,
07:02mais je me dis que ce n'était pas moi qui étais,
07:03c'était quelqu'un d'autre.
07:04Et j'ai vu, c'était un film que je regardais.
07:07Et par moments, ça revient très fort.
07:09Et je repense à toutes ces personnes que j'ai rencontrées dans ce bar
07:13et que je n'aurai pas de nouvelles d'eux
07:15parce que je n'ai pas leur contact.
07:18Mais ça vient par vagues.
07:20Il y a des moments de déni et des moments très durs.
07:23On va revenir ensemble sur cette soirée.
07:25Vous étiez avec cinq de vos amis, je crois,
07:28pour cette soirée du Nouvel An.
07:30C'était festif.
07:31Comment vous avez d'abord pu rentrer dans ce bar ?
07:34Comment se sont faites les choses ?
07:36Alors, en fait, le Nouvel An, un peu la tradition pour les jeunes là-bas,
07:40c'est d'abord de faire la fête sur la place du village
07:42et ensuite de décaler justement dans ce bar.
07:46Et ce que j'ai fait, c'est que je me suis changée dans un café à côté
07:48et là-bas, j'ai rencontré un groupe de jeunes femmes
07:52qui avaient 25 ans, entre 25 et 30 ans, quelque chose comme ça.
07:56Et on a commencé à sympathiser.
07:59Et on est allées au bar ensemble.
08:03Elle vous a fait rentrer ?
08:04Exactement.
08:04Avec vos ailes, elle vous a permis de rentrer ?
08:06Exactement.
08:08Et donc, on est rentrées.
08:11J'ai perdu ces jeunes filles de vue
08:12et je ne sais pas ce qu'elles sont devenues.
08:14Je n'ai pas de prénom et pas de contact.
08:16Donc, pour le coup, ces filles, je ne sais pas ce qu'elles sont devenues.
08:19J'espère vraiment qu'elles sont vivantes
08:21parce qu'elles étaient incroyables.
08:23Elles étaient trop gentilles, hyper drôles.
08:25Mais du coup, c'est grâce à elles que je suis rentrée.
08:29Vous rentrez dans ce bar, vous rentrez dans ce sous-sol
08:31où la musique est à un haut niveau, vous faites la fête
08:34et vous constatez ce début d'incendie.
08:37Oui.
08:38Ce qui s'est passé, c'est que, en fait, ce que j'ai vu,
08:41c'était une serveuse qui était sur les épaules d'un autre serveur
08:45qui portait un masque.
08:45Enfin, il y a les images qui portaient un masque,
08:48un casque sur la tête.
08:49Et quelques minutes après, je tourne la tête
08:53et je vois le plafond avec des flammes.
08:58Donc, au début, ce n'était pas des grosses flammes,
09:01c'était vraiment des petites flammes qui étaient très répandues.
09:06On voit dans les vidéos un homme qui essaye de déteindre...
09:08Un autre t-shirt.
09:09Oui, son pull, plutôt.
09:11Qui essaye d'éteindre le feu.
09:14Ça, pour le coup, ces images, elles sont très claires dans mes têtes.
09:16Je m'en rappelle exactement.
09:17Après, mon cerveau, il s'est mis en pause.
09:21Même sur le moment où je ne réalisais pas ce qui se passait.
09:24J'étais assise sur une chaise à ce moment-là.
09:27Il y avait mon manteau sur la chaise et je l'ai attrapée.
09:29J'ai pris mon sac et je suis partie.
09:31Avec vos amis ?
09:32Avec mes amis.
09:33Vous êtes sortie par où ?
09:34Par l'entrée principale.
09:36Le petit escalier ?
09:36Exactement.
09:37J'ai pris l'escalier.
09:38Je suis allée dans l'entrée.
09:40J'ai dit au videur, il y a le feu.
09:43Le videur avec mes amis.
09:46Beaucoup de personnes critiquent le videur.
09:47Mais en fait, le videur a tout fait pour éteindre le feu.
09:50Il s'est jeté dans les flammes.
09:51Il a essayé d'éteindre le feu.
09:53Exactement.
09:53Il a essayé de sauver des gens.
09:55Je ne crois pas qu'il ait survécu, malheureusement.
09:58Et je sais que beaucoup de personnel est mort dans ce feu en essayant de l'éteindre.
10:03Vous me racontiez hors antenne que ce videur descend.
10:07Exactement.
10:07Et à ce moment-là, des jeunes, moins jeunes, qui souhaitaient entrer dans ce bar, qui étaient empêchés, ou qui attendaient de rentrer, se disent que le videur n'est plus là, c'est l'occasion de rentrer.
10:18Donc, à ce moment-là, il y a aussi des gens qui entrent dans ce bar ne réalisant pas ce qui se passait.
10:23Ils se jettent dans un piège.
10:24Exactement.
10:26En fait, j'ai entendu beaucoup de témoignages depuis que j'y étais.
10:29Et je pense que c'est très clair.
10:30Enfin, ils pensaient que tout ce que c'était soit, soit ce que je disais était faux, et que juste je donnais une excuse comme ça, le videur partait et les jeunes pouvaient rentrer.
10:42Soit c'était un petit incendie qui allait être contrôlé super rapidement.
10:46Et sur le moment, je pensais que ça allait être contrôlé.
10:49Mais il y a quand même une partie de moi qui me disait que ce n'est pas normal, il y a beaucoup, beaucoup d'alcool.
10:53Enfin, c'est un bar, il y a toujours beaucoup d'alcool.
10:55Donc, c'est un truc très inflammable.
10:59Donc, c'était sûr que le feu ne pouvait pas être contrôlé.
11:01Vous êtes arrivée à quelle heure sur les lieux, dans ce bar ?
11:04Une heure de matin, une heure et demie, quelque chose.
11:06Enfin, je suis arrivée et dix minutes après, il y a eu le feu.
11:09On s'interroge sur le nombre de personnes qui étaient présentes.
11:11Est-ce que quand vous êtes arrivée sur place, vous avez senti ou ressenti un peu une oppression ?
11:16Vous vous êtes dit, oh là là, il y a un peu trop de monde pour moi ?
11:19Ou vous n'avez pas hésité un instant à participer à cette soirée ?
11:22Ça ne vous a pas du tout retenu ?
11:24En fait, on qualifie ça de boîte.
11:25Mais je trouve que ce n'était pas vraiment une boîte.
11:27C'est parce qu'il y a beaucoup de tables.
11:29Un parc qui prend beaucoup de place.
11:30Il n'y a pas d'endroit.
11:31Un billard aussi, je crois.
11:31Oui, un billard.
11:33Il y avait aussi un petit truc avec des fléchettes.
11:36C'est plus un endroit pour s'amuser entre jeunes.
11:39Il n'y a pas d'endroit où on peut vraiment danser.
11:41On peut danser un peu avec nos amis, mais il n'y a pas d'endroit où on peut vraiment danser.
11:46Donc, il n'y avait pas tant de monde que ça.
11:53J'ai vu sur Internet que la capacité maximale était à 400 personnes.
11:59Je n'avais pas l'impression qu'ils avaient atteint ce nombre.
12:02Je dirais plus entre 300 et 200 personnes.
12:05Qu'est-ce qui vous fait basculer et vous décidez à sortir ?
12:08Est-ce que c'est un instinct de survie ?
12:09Comment vous le voyez aujourd'hui ?
12:10Vraiment, comme je l'ai dit, mon cerveau était en pause.
12:13Je n'ai pensé à rien.
12:15Je ne comprenais même pas ce qui se passait.
12:17Je suis partie en courant.
12:20C'était vraiment mon instinct de survie.
12:21Avec vos amis ?
12:22Exactement.
12:23Vous avez vu, en étant à l'extérieur, en vous sauvant avec vos amis,
12:27les pompiers arrivaient rapidement.
12:29Vous avez été témoin de tout cela ?
12:30Oui, les pompiers, je crois, sont arrivés au bout de 5 minutes, 7 minutes.
12:34Vous leur avez donné des informations ?
12:35Vous avez aidé au secours ?
12:37Vous étiez en état de choc ?
12:37Oui, on était en état de choc.
12:40Je sais que quand on est sortis, on a essayé de s'éloigner le plus possible.
12:43La première chose à laquelle j'ai pensé, c'est qu'il y a peut-être du gaz.
12:47Il peut y avoir des explosions, donc il faut s'éloigner.
12:52Vous avez prévenu votre famille ? Comment vous avez fait ensuite ?
12:54D'abord, j'ai une amie qui a été un peu paniquée.
12:59Elle a fait une crise d'angoisse.
13:01D'abord, on a perdu cette amie-là.
13:03On ne la trouvait plus pendant 10 minutes.
13:05Je ne savais pas.
13:07On était toutes paniquées parce qu'on ne savait pas.
13:09On pensait qu'elle était peut-être encore restée.
13:10Exactement.
13:10On a eu très peur à ce moment-là.
13:13Heureusement, elle était juste tombée dans les escaliers
13:15et elle a eu juste une entorse.
13:17Par rapport à ce qu'on a vu là-bas, c'est rien.
13:20Mais oui, on était hyper soulagées de la retrouver.
13:23À ce moment-là, elle était un peu angoissée.
13:26Au début, dans les présences, c'était voir si tout le monde était là,
13:30si tout le monde allait bien.
13:32Après, on s'est réfugiées dans les sapins, en quelque sorte.
13:35Parce qu'il y a des amis qui sont retournés sur place.
13:39Même moi, quand je me suis retournée, les images étaient horribles à voir.
13:44On s'est cachés derrière les sapins pour se protéger un peu de ça.
13:48Je ne veux pas vous remémorer de souvenirs dramatiques.
13:51Mais on voit aussi ces vidéos, ces gens à l'extérieur qui tentent d'ouvrir ces baies vitrées,
13:56qui cassent des fenêtres.
13:58Ça aussi, vous avez pu l'apercevoir ?
14:01J'ai vu un homme en feu qui a cassé une vitre et qui a sauté par la...
14:08C'était apocalyptique, c'était un film d'horreur.
14:11C'est vraiment le genre de truc qu'on voit dans des films.
14:14C'était une scène de panique, mais énorme.
14:17On voit des gens tombés, enflammés sur le sol par les fenêtres.
14:23J'ai une amie qui devait...
14:25En fait, elle avait pris un manteau pour la panique qui n'était pas le sien.
14:28Et même si, je pense, ça ne servait à rien,
14:31elle voulait absolument le mettre aux objets trouvés.
14:33Parce qu'il y avait des affaires personnelles dedans,
14:35il y avait des clés, il y avait plein d'affaires.
14:37Et quand elles y sont retournées,
14:39il y en a une qui a vu un homme qui marchait devant elle
14:42et qui est tombée, la peau du torse arrachée,
14:47les cheveux en feu, les veines noires qui convulsaient et qui vomissaient.
14:53Une image traumatisante, sans doute, qu'il faudra du temps.
14:56Vous nous disiez... Vous étiez cinq ?
14:58On était cinq, cinq copines.
15:00Seulement une à une entorse, vous allez toutes bien, heureusement.
15:03Je crois qu'on fait partie des cinq personnes les plus chanceuses de cet endroit.
15:08Ce soir-là, je crois que pratiquement tous les groupes d'amis
15:12ont perdu au moins une personne.
15:13Sur le moment, on a rencontré plein de personnes.
15:16On est tombés tous les bras dans les uns, dans les autres.
15:19J'ai fait plein de calap, plein d'inconnus
15:21qui étaient en train de pleurer parce qu'elles avaient perdu une de leurs amies.
15:25Tout le monde pleurait, tout le monde...
15:29Il y avait des personnes qui hurlaient.
15:31Elle est où, telle personne ?
15:33J'ai besoin de la retrouver, j'ai perdu mon amie.
15:35C'est ça, les images qui vous reviennent sans cesse aujourd'hui ?
15:37Oui, c'est des personnes qui pleurent, qui cherchent leurs amies
15:41et qui ne les trouvent pas.
15:43Et ces filles que j'avais rencontrées dans le café,
15:46je ne sais pas ce qu'il leur est devenu.
15:51Mais oui, j'ai failli savoir.
15:52Parce que certains sont allés, vous nous le disiez aussi,
15:54peut-être aux toilettes, enfermés peut-être.
15:56Est-ce que vous avez entendu, Victoria,
15:59l'alarme incendie à un moment donné de cette soirée ?
16:01Non.
16:02J'ai entendu aucune.
16:03Peut-être qu'il y en avait une, mais je n'en ai entendu aucune.
16:05Est-ce que vous avez vu des extincteurs ?
16:08Je ne crois pas.
16:09Je n'ai pas vraiment regardé.
16:11La musique ne s'est pas arrêtée ?
16:13La musique a continué de fonctionner ?
16:14Mes souvenirs sont un peu flous,
16:16mais je crois que oui, elle a continué.
16:19Est-ce que vous avez vu quelqu'un, une cellule d'aide psychologique ?
16:22Est-ce qu'une aide vous a été proposée
16:24ou est-ce que vous en ressentez maintenant le besoin ?
16:26Je pense que c'est important que j'en parle,
16:30avec ma famille, avec mes amis.
16:32Mais pour l'instant, ça va.
16:35Sur le moment, non.
16:37Sur le moment, j'étais plus focalisée.
16:41Mon premier réflexe, c'était de me focaliser sur mes amis.
16:43C'est ça qui m'a permis de rester un peu, pas dans le déni,
16:47mais un peu, en quelque sorte, de ne pas penser à ce que j'ai vécu
16:49et penser plus à essayer d'aider mes amis.
16:53Victoria a rescapé de l'incendie au micro de Marie Chantret.
16:56Le bilan, on le rappelle, est de 40 morts, au moins 119 blessés.
17:00Il pourrait s'alourdir à ces prochaines heures,
17:03car de nombreuses personnes sont dans un état très grave.
17:06Au milieu de cette nuit cauchemardesque, certains ont risqué leur vie
17:10pour sauver des victimes de cet incendie mortel.
17:13Parmi eux, Paolo.
17:15C'est vous qui l'avez rencontré, Maxime Brunch-Tester.
17:18Bonsoir. Merci d'être avec nous, Maxime.
17:20Bonsoir.
17:23Oui, on l'a rencontré, pour tout vous dire, il sortait tout juste de l'hôpital.
17:26Alors, il n'a pas été gravement baissé, mais il avait été intoxiqué par des fumées.
17:30Donc, il est sorti seulement ce matinée de l'hôpital.
17:33Et vous l'avez dit, il a aidé, il a risqué sa vie pour sauver des gens.
17:37En fait, ce soir-là, ce soir du 31 décembre, il était avec sa famille.
17:41Il a un appartement non loin du bar.
17:44Leur fille était dans ce bar et les a appelées.
17:47Elle est indemne, elle les a appelées en disant qu'il y a un incendie.
17:50Il a tout de suite décidé, avec son fils et sa femme,
17:52de descendre pour essayer d'aider les gens.
17:54Il est arrivé sur place, nous a raconté une scène de chaos, une scène de guerre.
17:58Il a commencé à aider devant.
18:00Et tout de suite, il a fait le tour pour essayer de voir s'il y avait une deuxième sortie.
18:03Et il a effectivement trouvé une deuxième sortie du bar,
18:06mais la porte était fermée.
18:07Il nous l'a raconté, écoutez-le.
18:09J'ai trouvé ce qui ressemble à une porte de service,
18:12pas du tout une porte de sécurité avec les fameuses barres qu'on pouvait voir,
18:16puisque la porte était transparente.
18:19Et cette porte ressemblait beaucoup à une porte de service typique
18:22de quelconque entrée de bâtiment.
18:28Et j'ai pu voir au travers de la vitre, malgré l'opacité de la fumée,
18:31j'ai pu voir des corps contre la vitre.
18:33Ils bougeaient très très peu.
18:34Certaines personnes bougeaient, d'autres étaient vraiment avachies.
18:36envoyaient leur visage contre la vitre des filles.
18:43Et donc, la nuit une et deux, j'essaie d'ouvrir la porte.
18:46La porte bougeait quelque peu, mais elle était bloquée par quelque chose.
18:50Je ne sais pas si c'était simplement le blocage par une clé
18:55ou le blocage par simplement le gond qui se ferme naturellement,
19:00qu'on peut ouvrir depuis l'intérieur et pas depuis l'extérieur.
19:01Il a fini par réussir à ouvrir la porte.
19:05Il a sorti des dizaines de victimes, nous dit-il, de ce couloir.
19:08Pendant ce temps-là, son fils Gianni, lui, était à l'intérieur
19:10et avait improvisé en enlevant des coussins de canapé,
19:13des brancards pour sortir les gens un par un.
19:15Et sa compagne, elle, elle prenait des rideaux dans les bars autour
19:19pour recouvrir les blessés qui étaient sur place.
19:21C'était une scène de chaos auquel toute la famille a participé.
19:23Aujourd'hui, ils sont très choqués.
19:25Et ils n'ont qu'un souhait, c'est que le nombre des victimes,
19:28le nombre des blessés graves s'amenuise.
19:31Merci beaucoup, Maxime Brandstetter, avec Juan Palencia.
19:36Merci pour ce témoignage extrêmement fort.
19:38On va maintenant faire le point sur l'enquête avec nos invités.
19:41Paul Conge, bonsoir.
19:42Journaliste police-justice BFM TV, Thierry Arnault, bonsoir.
19:45Bonsoir, Amélie.
19:46Éditorialiste politique internationale BFM TV.
19:48On est aussi avec Ludovic Pingano, consultant gestion de crise BFM TV,
19:52fondateur du cabinet Atrisque.
19:54Merci d'être là.
19:56Gilles Rex, bonsoir.
19:57Bonsoir.
19:58Ancien major à la police technique et scientifique de la police judiciaire de Paris.
20:02Auteur de l'ouvrage Parmi les morts aux éditions Mareuil.
20:05On est aussi avec maître Dorothée Bizaccia Bernstein.
20:08Bonsoir.
20:09Bonsoir.
20:09Vous êtes avocate pénaliste.
20:11Et David Gruber, bonsoir.
20:13Bonsoir.
20:13Consultant en sécurité incendie.
20:16On va se demander que s'est-il vraiment passé au sous-sol de ce bar la nuit du 31 décembre.
20:21Cette tragédie aurait-elle pu être évitée ?
20:23Le feu, c'est ce qu'affirme la procureure ce soir,
20:26est parti des bougies incandescentes qui étaient trop proches du plafond.
20:30On va d'abord regarder les images et les témoignages
20:33et retracer minute par minute ce qui s'est passé cette nuit-là.
20:39Elles sont au cœur de l'enquête.
20:41Ces bougies incandescentes, c'est elles qui auraient causé l'incendie de Cran-Montana.
20:45Tout laisse à penser que le feu est parti des bougies incandescentes ou des feux de Bengale
20:53qui ont été mises sur les bouteilles de champagne et le tout a été approché de trop près du plafond.
21:02Une piste obtenue grâce au visionnage de vidéos, aux récits de témoins, aux constatations faites sur place
21:08et aux auditions des deux gérants du bar.
21:10Selon le ministre des Affaires étrangères italien, dix personnes ont été interrogées.
21:14Autre point important, celui des issues de secours.
21:17Plusieurs témoins affirment en effet avoir eu du mal à sortir du bâtiment.
21:20Avec la fumée qui rend quelques minutes impossibles, qui plonge les personnes dans l'incapacité
21:28de se déplacer, de voir et ensuite l'embrassement généralisé, on peut estimer qu'il y a peu de personnes
21:36sans doute qui ont peut-être trouvé ces sorties.
21:38Des issues difficiles à ouvrir et même parfois à trouver.
21:41Ce DJ habitué des bars et boîtes de nuit en témoigne.
21:44Sur les issues de secours, je viens d'entendre qu'il y avait une issue de secours, je n'en avais pas conscience,
21:49je ne le savais pas.
21:50Difficile aussi d'accéder à la sortie principale située à l'étage comme le montre ce plan.
21:55Pour se situer au sous-sol, il fallait emprunter cet escalier étroit.
21:59Les issues de secours comme la capacité d'accueil ou encore les matériaux du bar.
22:03Autant de zones à éclaircir pour les enquêteurs.
22:06On va faire le point sur cette enquête.
22:09Paul Conge, peut-être une première question.
22:11On sait que le gérant du bar a réagi d'abord dans les colonnes d'un quotidien suisse où il explique que tout était aux normes.
22:21Et ça c'est important, il faut quand même donner sa version à lui.
22:24Oui, chez nos confrères de la tribune de Genève, Jacques Moretti, l'un des propriétaires de la Constellation,
22:29explique que son établissement a été contrôlé trois fois en l'espace de dix ans.
22:34Tout s'est fait dans les normes, dit-il.
22:35Alors si les chiffres sont exacts, ça pourrait bien être insuffisant.
22:38Parce que selon la loi suisse, pour ce type d'établissement, les contrôles doivent avoir lieu une fois par an.
22:44Et c'est sûr que la question des normes de sécurité va être au cœur de l'enquête des autorités suisses.
22:49Et l'enquête portera notamment aussi sur cette fameuse mousse acoustique isolante qui couvre les plafonds de l'établissement.
22:55Le plus probable c'est qu'effectivement le feu soit parti des bougies incandescentes qui l'ont ensuite enflammé cette mousse.
23:01Mais cette mousse normalement elle doit être iniffugée, c'est-à-dire qu'elle ne doit pas être inflammable.
23:05Donc la question sera de savoir si cette mousse était bien conforme, si elle avait été posée avec ou sans autorisation.
23:11Et voir si c'est effectivement les propriétaires.
23:13Lorsqu'ils ont racheté le bar en 2015, ils avaient toutes les autorisations nécessaires.
23:17Alors ils ont été auditionnés tous les deux.
23:19Ils ne sont pas inquiétés pour le moment, mais ils ont été entendus comme personnes appelées à donner des renseignements.
23:25C'est un peu un statut à mi-chemin entre le témoin et le prévenu.
23:28Et au-delà de la mousse, il y a la question des sorties de secours.
23:31On l'a entendu, était-elle bien visible ?
23:33Était-elle ouverte ?
23:35Et aussi celui des extincteurs et des systèmes de sécurité.
23:38Suivant les résultats de l'enquête, il pourrait être mis en cause pour homicide par négligence.
23:43C'est un peu la version suisse de notre homicide involontaire.
23:45Et ou pour lésion corporelle et incendie par négligence.
23:49Et toutes ces questions, on va se les poser évidemment sur ce plateau.
23:52Mais d'abord, David Gruber, je vous voyais réagir à ce que nous disait Paul Conge.
23:56Ce qui vous marque particulièrement, vous, c'est ce faux plafond, disons, que l'on voit sur ces images.
24:03Effectivement, c'est vraiment typique de mousses polyuréthanes qui, lorsqu'elles sont soumises à l'effet de l'incendie,
24:12se désagrègent et forment des gouttelettes enflammées.
24:16Et ce qui suppose que ces mousses en polyuréthane n'étaient pas conformes ni à la réglementation,
24:23si ça devait se passer en France, ni à la réglementation suisse qui, aujourd'hui, demande une catégorie RF2,
24:31ce qui est résistante au feu numéro 2.
24:35Je précise juste, pardon, pendant que vous parlez, que là, on voit les installations qui sont faites en 2015.
24:40Et là, on voit cette mousse, justement, qui est installée sur le plafond.
24:44Et ce type de mousse, généralement, sont installées dans les boîtes à sons.
24:48C'est les boîtes à sons que l'on a dans les bureaux pour téléphoner.
24:53Quand on s'enferme dans une boîte, on téléphone.
24:55Ça évite que le son puisse s'échapper de la boîte.
24:58Ce qui est pratique, c'est que la boîte, elle, elle est protégée,
25:02mais elle n'est pas directement au contact de l'air ou du feu.
25:06Et là, probablement, ces mousses en polyuréthane n'étaient pas conformes.
25:11Oui, donc c'est ce qui vous marque le plus quand vous voyez ces images,
25:14c'est que ça, c'est pas possible de pouvoir ouvrir l'établissement avec ces mousses qui sont apparentes.
25:21En France, ça aurait été interdit.
25:23C'est ce que vous constatez, Ludovic Pingano, c'est ça qui vous marque aussi ?
25:26Alors, il y a deux choses qui me marquent.
25:28Et effectivement, ces mousses, puisqu'on comprend bien que l'origine du feu part de ces mousses
25:32et qu'elles se sont consumées extrêmement rapidement,
25:34qu'elles ont généré en plus des fumées particulièrement toxiques
25:37avec à l'intérieur du monoxyde de carbone et du cyanure.
25:41Mais ce qui me choque aussi, c'est le témoignage juste avant par rapport à cette deuxième issue de secours.
25:44On a cru pendant longtemps qu'il n'y en avait qu'une.
25:46Et là, très clairement, on entend des témoins qui disent
25:49« Moi, j'ai appris qu'il y avait une deuxième sortie de secours,
25:51mais je n'étais même pas au courant. Je ne l'avais jamais vue. »
25:54Donc, c'est d'abord surprenant d'entendre ce type de témoignage,
25:59mais plus que surprenant, c'est affligeant, Émilie.
26:01Parce que c'est affligeant que dans un établissement
26:04qui doit recevoir un certain nombre de personnes
26:06et pour lequel on doit dimensionner les sorties de secours
26:10en nombre et en largeur
26:12pour permettre justement l'évacuation
26:14du public
26:16avec l'effet de panique en cas de début d'incendie
26:18ne soit pas clairement identifié.
26:20Je pense que ça, c'est un vrai sujet.
26:23Et le témoignage, il est vraiment troublant
26:24parce que cette personne qui se trouve derrière la porte,
26:27vitrée, dit « Moi, je vois des gens
26:29qui sont agglutinés derrière cette porte.
26:30Je ne peux pas ouvrir la porte et je vois qu'ils sont derrière.
26:32Et ce qu'on comprend, c'est que lors de l'incendie,
26:34ces gens ont malgré tout essayé de fuir en utilisant
26:36cette porte et qu'ils n'ont pas réussi à l'ouvrir.
26:38Et ça, c'est terrible. »
26:39Oui. Gilles Rex, par quoi est-ce qu'on commence
26:41pour pouvoir y voir plus clair dans cette enquête ?
26:43Là, on imagine que les enquêteurs sont à pied d'œuvre
26:46sur les lieux du drame.
26:49Par quoi est-ce qu'on commence précisément
26:50pour comprendre comment ça a pu se passer ?
26:52Là, comment ça a pu se passer ?
26:54Là, c'est flagrant.
26:55On a les images, on a les vidéos.
26:56J'entendais dans le reportage tout à l'heure
26:58quelqu'un qui disait « La piste pourrait être celle-là ».
27:01Non, les enquêteurs ne vont plus parler de pistes.
27:03Ils vont parler de preuves, maintenant, je pense.
27:05Ces images-là, ces vidéos, les téléphones qui ont été pris
27:10vont être versés à la procédure judiciaire, en cours.
27:15Et là, maintenant, avant, si vous voulez,
27:16quand on arrive normalement dans un incendie,
27:18tout est brûlé, tout est détruit.
27:21Et il faut qu'on remonte dans le temps
27:23avec des laboratoires pour essayer de trouver la source du feu.
27:27Mais là, on l'a.
27:28On a la preuve, là.
27:30Qui peut dire autrement, maintenant,
27:33que l'incendie est parti de ce phénomène-là ?
27:36Mais alors, ce qu'on va chercher aussi à savoir,
27:38c'est si les gens pouvaient facilement sortir du lieu,
27:42s'il y a eu des problèmes aussi de sécurité.
27:45Là, en revanche, là, effectivement,
27:47il va falloir aller voir sur les lieux.
27:49Il va falloir s'assurer de la configuration des lieux.
27:51Il va y avoir les témoignages aussi des gens
27:53qui étaient à l'intérieur, qui vont dire
27:55« Non, je n'ai pas pu sortir, je n'ai pas trouvé la porte. »
27:57Il n'y avait ou il n'y avait pas d'extincteurs.
28:02Parce que quand on voit les images, là, de la vidéo,
28:04des jeunes qui lancent plutôt leur pull
28:07pour essayer d'éteindre le feu,
28:09on ne voit ni personnel, ni personne
28:11qui attaque le feu avec aucun extincteur.
28:13En fait, pour l'instant, on ne le voit pas.
28:15Peut-être que ces images-là existent.
28:16Des témoins ont dit, certains témoins ont dit
28:18que les videurs, les serveurs avaient participé,
28:21avaient essayé, en tout cas,
28:22de toute leur force d'éteindre l'incendie.
28:23Avec des extincteurs ?
28:24Non, non, par d'autres moyens.
28:26Ah oui ?
28:26Mais bon, ça n'apparaît pas sur une vidéo.
28:28Maître, on imagine que tous ces témoignages
28:30vont être pris aussi avec des pincettes,
28:32évidemment, en attendant les suites de l'enquête.
28:35C'est, à mon sens, un vrai travail de fourmi
28:38qui va commencer ensuite pour les enquêteurs.
28:40Alors, non pas pour déterminer les causes de l'incendie,
28:43mais plutôt les responsabilités.
28:44Parce que l'émotion, là, est la première des, on va dire, des étapes.
28:51Mais ensuite, le droit qui est là, après, pour identifier comment ça a pu arriver,
28:57pourquoi, qui a commis, et si on a commis des fautes,
29:02l'imprudence, la maladresse, c'est une chose.
29:04Des violations caractérisées ou des manquements à des obligations de sécurité,
29:10c'est plus grave.
29:11C'est-à-dire qu'il y a deux stades en France, en droit français.
29:15On distingue vraiment la simple maladresse, l'imprudence, la négligence
29:19qui fait qu'on arrive à des drames et à des homicides involontaires
29:22de violations caractérisées à des obligations légales ou réglementaires.
29:27Et effectivement, si on avait signalé, par exemple, à ce directeur d'établissement
29:33à une ou deux reprises que tel ou tel dispositif n'était pas aux normes,
29:38évidemment, ça prend une ampleur bien plus importante dans sa responsabilité.
29:45Est-ce qu'il avait déjà été, on va dire, peut-être redressé pour tel ou tel manquement ?
29:54Est-ce qu'on lui avait déjà demandé de changer une configuration ?
29:57Est-ce que sur ces dispositifs, par exemple, de bougies, de feux de bengale,
30:00on lui avait déjà dit qu'il ne fallait pas les utiliser dans l'espace où on avait de la mousse ?
30:05On ne peut pas imaginer que cette mousse, elle ait été,
30:07même si elle ne revêtait pas le caractère sécuritaire qu'on rappelle,
30:13qu'elle ait été installée sans que, même à seulement trois contrôles dans les dix dernières années,
30:18on la remarque.
30:19Donc cette mousse-là existait, elle avait donc été forcément validée.
30:22Mais est-ce qu'on devait peut-être l'utiliser dans des circonstances très particulières ?
30:27Tout cela, c'est des choses que les enquêteurs ensuite vont identifier,
30:31avec des témoignages croisés, pour voir si, oui ou non,
30:35les directeurs d'exploitation utilisaient leur établissement
30:39dans un sens conforme à la loi et au règlement.
30:41Oui. Thierry Arnaud, vous voulez ajouter une précision ?
30:43Oui. Enfin, il y a deux choses que dit le propriétaire ce soir en réponse à ces interrogations
30:49et ces possibles accusations à l'occasion de très brefs échanges qu'il a eus avec deux journaux suisses.
30:55Il dit, un, que de son point de vue, tout était en règle, tout était, dit-il, dans les règles de l'art.
31:00Je précise qu'il a été, Paul le disait, contrôlé trois fois en l'espace de dix ans.
31:05Alors, ce qui soulève effectivement l'interrogation relative à des contrôles plus fréquents
31:10que semble exiger la loi 6, mais en tout cas, lui dit que, de son point de vue,
31:12il a respecté les règles, bien sûr.
31:15Et la deuxième chose qu'il confie à l'occasion de ces brefs échanges,
31:18c'est qu'il est en situation de pleine coopération avec les enquêteurs
31:23qui l'ont auditionné aujourd'hui, et c'est important de relever qu'ils l'ont auditionné
31:27avec ce qui est l'équivalent pour nous, je pars sur le contrôle de Paul, d'un statut de témoin.
31:31C'est-à-dire qu'au moment où on se parle, il n'est pas mis en examen,
31:35il n'est pas accusé, il n'est pas inculpé de quoi que ce soit, même si ça peut venir plus tard.
31:39C'est un statut qui n'existe pas en France, pas exactement de cette forme-là,
31:43mais ce n'est pas non plus un statut de témoin, c'est-à-dire qu'il pourrait être suspecté,
31:48il peut y avoir des charges qui peuvent être contrôlées,
31:50mais pour le moment, on estime qu'il n'y en a pas, soit qu'il n'y en a pas assez,
31:54mais en tout cas, ce n'est pas exactement un statut de témoin.
31:56En tout cas, il est laissé en liberté sans procédure particulière, on est d'accord ?
31:59Je voudrais revenir sur la configuration des lieux, parce que c'est extrêmement important,
32:06et on n'avait pas eu le temps de vous faire réagir dessus, M. Gruber.
32:11Pourquoi est-ce que c'est temps au cœur de l'enquête ?
32:13C'est vrai que cet escalier, il revient beaucoup dans les témoignages,
32:16beaucoup disent qu'il était étroit, est-ce qu'il en faut plusieurs normalement ?
32:20Dans la réglementation suisse, effectivement, les escaliers doivent être calibrés
32:26en fonction du nombre de personnes.
32:28Typiquement, là, il est supposé qu'il y avait deux escaliers au sous-sol,
32:34un escalier, à proprement dit, d'un mètre vingt,
32:36et un deuxième escalier qui devait probablement faire 0,90.
32:41Dans le cadre de la réglementation suisse, on a l'autorisation d'avoir jusqu'à 200 personnes
32:45avec ce nombre d'escaliers en sous-sol.
32:48Donc, l'étroitesse de l'escalier, tout est relatif en fonction du nombre de personnes
32:53qui passent à travers.
32:55Typiquement, quand vous prenez le métro, le matin,
32:58les escaliers sont étroits, parce qu'il y a beaucoup de monde.
33:01Donc, en fonction de l'effectif qui est amené à l'emprunter,
33:04probablement qu'il y a eu cette impression d'étroitesse.
33:08Après, l'enquête le dira si, effectivement, les escaliers en sont conformes,
33:14et surtout si l'effectif dans le sous-sol était conforme au nombre d'escaliers nécessaires.
33:21La procureure générale s'est prononcée sur ce sujet cet après-midi
33:26en disant qu'effectivement, il y avait des limitations d'effectifs
33:29et qu'il était extrêmement difficile de l'évaluer,
33:30puisque dans ce type d'établissement, les gens entrent et sortent,
33:33et que finalement, on n'est pas en capacité de savoir si à l'instant T,
33:35en l'occurrence, au moment où l'incendie a débuté,
33:39si le seuil est bien fixé à 200 personnes pour le sous-sol,
33:43si à l'instant T, il y avait plus de 200 personnes ou moins de 200 personnes,
33:48et ça, c'est un point qui sera très difficile à prouver.
33:50Moi, je voulais aussi réagir, Émilie, sur les responsabilités,
33:53parce qu'on parle beaucoup de ce chef d'établissement,
33:59mais il y a d'autres responsabilités dans ce dossier.
34:01La commune a des responsabilités, puisque c'est elle qui a l'obligation
34:04d'organiser les visites de sécurité qui doivent être faites sous le contrôle de sachants.
34:09Donc ça, c'est un premier point.
34:10Et puis, la procureure, c'est également...
34:12Enfin, ce n'est pas la procureure, c'est le représentant du canton
34:14qui s'exprimait également cet après-midi,
34:16pour dire que nous, au niveau du canton,
34:17enfin, qu'eux, au niveau du canton,
34:19n'avaient pas reçu d'informations de la part de la commune
34:21pour dire qu'il y avait des anomalies ou des dysfonctionnements d'identifier.
34:24Ce qui veut dire qu'en termes de responsabilité,
34:27il appartient bien, si je comprends bien, à la commune
34:29de réaliser les visites et de s'assurer de la conformité de l'établissement
34:32et de faire remonter l'information vers le canton
34:34si elle identifie les dysfonctionnements.
34:37Or là, on voit bien qu'il y a un trou dans la raquette
34:40entre le canton et ce chef d'établissement.
34:44Et là encore, c'est l'enquête qui déterminera,
34:46de façon posée, vous avez raison,
34:48mettre les responsabilités des uns et des autres.
34:50On continue d'en parler dans un tout petit instant
34:53pour les téléspectateurs qui nous rejoignent.
34:55Je voudrais juste qu'on revienne sur le déroulé de cette nuit d'horreur.
34:5840 morts, on le rappelle, 119 blessés,
35:00des victimes souvent très jeunes.
35:02C'est le bilan provisoire de l'incendie
35:04qui a touché ce bar de Grand Montana en Suisse
35:06lors de la nuit de la Saint-Sylvestre.
35:09Retour sur toutes ces images et ces témoignages
35:12avec Nicolas Coadou, Manuel Abron
35:14et toutes les équipes de BFM TV sur le terrain.
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