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  • il y a 2 jours
Tous les soirs, les chroniques du 20h BFM font leur choix dans l'actualité.

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00:00Celle du Groenland, Elsa Vidal, avec vous pour votre choix, après ce qui s'est passé au Venezuela, la capture de Nicolas Maduro, le suivant qui lui a succédé,
00:13Donald Trump a donné rendez-vous dans 20 jours. Dans 20 jours, on pourra reparler du Groenland et avec les Etats-Unis qui aura visiblement très envie de s'occuper précisément du Groenland.
00:22Si ça arrive, la question qui se pose c'est que peuvent faire en face les Européens ?
00:26Oui, c'est la question fondamentale et elle commence à clairement occuper une grande partie de la classe politique européenne.
00:32Difficile de faire autrement, effectivement, depuis que s'est déroulée cette opération absolument incroyable de brutalité au Venezuela.
00:42Et surtout, depuis que Donald Trump a réitéré son intention de disposer du Groenland en se donnant 20 jours.
00:50Dans Air Force One, on va l'écouter.
00:52Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale et le Danemark ne sera pas en mesure de s'en occuper.
01:02Alors, et cette affirmation, déjà en soi assez choquante, a été suivie d'une très longue explication de texte qui ne laisse aucun doute sur la détermination des Etats-Unis.
01:13Elle est proposée par le conseiller à la sécurité intérieure de la Maison-Blanche, Stephen Miller, dans une longue interview à CNN donnée la nuit dernière.
01:23« Les Etats-Unis sont la puissance de l'OTAN. Pour que les Etats-Unis puissent sécuriser la région arctique, protéger et défendre les intérêts de l'OTAN,
01:34le Groenland doit faire partie des Etats-Unis. Et c'est une conversation que nous allons avoir. Personne ne va se confronter militairement aux Etats-Unis pour le Groenland. »
01:44Il anticipe déjà que personne ne s'opposera aux Etats-Unis.
01:46Oui, c'est une déclaration d'impunité et de toute puissance. Et pour ceux qui ne préfèrent pas les longs discours, mais qui préfèrent les images, qui sont sensibles aux images,
01:56la veille, sa femme, Cathy Miller, avait posté sur Twitter une petite photo très, très éloquente du territoire groenlandais aux couleurs américaines avec le petit commentaire « bientôt ».
02:07Bientôt, soon, bientôt. Comment les Européens pourraient-ils lutter si les Américains bougeaient vers le Groenland ?
02:15Alors déjà, on va écarter quelque chose. Non, nous n'allons pas faire la guerre aux Etats-Unis. Pas parce qu'il s'agit du Groenland, mais tout simplement parce que nous ne le pouvons pas.
02:24Et nous sommes engagés aussi dans un théâtre très important qui est en Europe et qui est l'Ukraine. Aujourd'hui, d'ailleurs, on pourra en parler. Il y avait une réunion très importante.
02:34Donc on ne va pas faire la guerre aux Etats-Unis. En revanche, on peut s'engager très activement. On peut, d'une part, rappeler le cadre, ce qu'a fait la première ministre danoise en disant
02:43« Vous savez, le Danemark est quand même un allié de l'OTAN. Si vous attaquez, si vous prenez d'assaut la souveraineté et l'intégrité d'un allié de l'OTAN, alors là, tout va changer, tout s'arrête. »
02:55Parce que le Groenland est danois, on le rappelle.
02:57Le Groenland est danois et le Danemark est dans l'UE et dans l'OTAN.
03:02Et donc, il faut rappeler le cadre, mais aussi, il faut un petit peu de solidarité quand même européenne.
03:06Ça a mis un peu de temps au démarrage. Côté français, on a un peu traîné des pieds.
03:10Mais aujourd'hui, il y a eu une déclaration conjointe de plusieurs pays européens, notamment la France, les Polonais, les Britanniques, l'Espagne, l'Italie et bien sûr le Danemark.
03:19Pour rappeler que la sécurité dans l'Arctique doit être assurée collectivement avec les alliés de l'OTAN, dont les États-Unis, en respectant les principes de la charte des Nations Unies, la souveraineté, l'intégrité.
03:30Et puis, il faut aussi donner un peu de réassurance, entretenir la relation avec les États-Unis.
03:36Et ça, c'est ce qu'a fait Emmanuel Macron aujourd'hui, en rappelant qu'il ne s'imaginait pas que les États-Unis viendraient violer la souveraineté danoise.
03:45Ça, c'est ce qu'il dit ce soir. Il n'y a pas pour moi de scénario. Les États-Unis d'Amérique seraient mis dans une situation de violer, effectivement, cette souveraineté danoise.
03:54Ça permet de mettre de l'huile dans les rouages et de rappeler qu'on est dans une situation de confiance. Mais en réalité, il faut aller beaucoup plus loin.
04:00Ce que l'on peut faire, à défaut de se battre contre les États-Unis, c'est augmenter les défenses militaires en vue de la défense du Groenland,
04:07puisque Donald Trump a dans son visageur la Chine et la Russie là-bas.
04:12Les Danois augmentent cette dépense. Nous, autres membres de l'OTAN, nous pouvons en faire tout autant.
04:19Et puis, nous avons un moyen d'action, un tout autre moyen d'action. Il s'agit d'un moyen commercial.
04:25Nous sommes, avec les États-Unis, nous tous les Européens, le premier partenaire commercial.
04:30Nos échanges commerciaux avec les États-Unis, c'est-à-dire entre l'Europe et les États-Unis, c'est 1 680 milliards annuels d'euros.
04:3930% du commerce mondial. L'UE est le premier partenaire commercial des États-Unis.
04:44Et ces États-Unis ont un déficit avec nous. Ils sont très attachés à nous vendre des services, notamment des services numériques.
04:50C'est aussi cette conversation que nous devons avoir, mais nous devons l'avoir de manière unie, si nous voulons peser.
04:56Réaction Yves-Amélie.
04:57Alors, ce qui est très simple, si vous voulez, c'est que déjà, il y a des bases militaires américaines au Groenland.
05:04Et des bases militaires importantes, d'ailleurs.
05:06La base de Pitoufik.
05:07Pitoufik, oui.
05:08Et on ne sera pas la guerre sur le terrain groenlandais, évidemment.
05:11Mais ce qu'il faut absolument, c'est éviter et s'opposer à Donald Trump sur le sujet groenlandais.
05:20Et sur d'autres sujets, d'ailleurs.
05:22Il faut impérativement instaurer un rapport de force avec lui.
05:26Alors, je sais qu'il y a des téléspectateurs qui vont dire, oui, et qui vont sourire.
05:31Le belliqueux très hard.
05:32Qu'est-ce qu'on pèse, nous, les Français, les Européens ?
05:35Sur quoi on semble ?
05:36Eh bien, non, ce n'est pas vrai.
05:37Parce que sur un plan commercial, sur un plan, exactement, on peut effectivement faire des choses.
05:44Il ne faut absolument pas laisser la loi de la jungle s'installer n'importe où.
05:48Parce que demain, ça sera quoi ?
05:50Et puis, il faudrait peut-être aussi que l'Europe et la France,
05:53qui a des positions sur certains continents, je pense à l'Afrique,
05:57eh bien, reprennent un peu de la vigueur là où elle a une histoire.
06:03Eh bien, faisons-le.
06:04Moi, je suis quand même très vécimiste parce que je retiens quand même
06:07que Donald Trump dit globalement ce qu'il fait avant de le faire.
06:12Ensuite, il le fait.
06:13Parfois, il change d'avis.
06:14Parfois, il le défait.
06:15Parfois, il le défait.
06:16C'est pour ça qu'il le fait et puis il le défait.
06:17Mais globalement, il fait ce qu'il dit, premièrement.
06:20Deuxièmement, sur le rapport de force commerciale,
06:22je crois qu'effectivement, c'est la voie qu'on devrait choisir.
06:25Mais quand je vois que les États-Unis ont réussi à se sortir de l'accord de l'OCDE
06:30qui imposait de taxer les multinationales mondiales à hauteur de 15%
06:34et qui ne le font pas et que c'est la première chose qu'a fait Donald Trump,
06:37ça va être un rapport de force commercial extrêmement compliqué à mettre en œuvre.
06:42Mais ayons de l'espace.
06:43Quand on est fort, on est fort avec les faibles et faible avec les forts.
06:47C'est exactement ce qui se passe entre Poutine aujourd'hui et Trump.
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