- il y a 1 jour
Actuellement en rodage de son nouveau spectacle, mais aussi présent sur Youtube avec son Djadel Show, Ilyes Djadel est passé par le studio d'À la régulière.
A seulement 28 ans, Ilyes Djadel s'est déjà bien imposé dans le milieu du stand-up français : passé par le Jamel Comedy Club, il s'est révélé au Festival d'humour du Marrakech du Rire, et a connu un franc succès avec son premier spectacle Vrai, produit par Jamel Debbouze.
A seulement 28 ans, Ilyes Djadel s'est déjà bien imposé dans le milieu du stand-up français : passé par le Jamel Comedy Club, il s'est révélé au Festival d'humour du Marrakech du Rire, et a connu un franc succès avec son premier spectacle Vrai, produit par Jamel Debbouze.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue dans À la Régulière, l'émission de toutes les cultures.
00:15Ce soir, on reçoit un humoriste qui, en quelques années, a grillé toutes les étapes.
00:19Un humoriste qui arrivait dans le stand-up presque par erreur, mais il s'y imposait par évidence.
00:23Il a grandi dans le nord, il a commencé par de l'impro, par vanner le premier rang, par tester, rater, recommencer.
00:29Il a presque forcé la porte du Jamel Comedy Club et son premier spectacle vrai a été un immense succès.
00:34Aujourd'hui, à 28 ans, Ilyes Djadel est déjà passé à l'étape d'après.
00:38Il est en rodage d'un nouveau spectacle et surtout, il a lancé le Djadel Show sur YouTube.
00:42Un format très inspiré des comédies shows américains avec des humoristes, des rappeurs, des invités de toutes les cultures comme nous.
00:48Et un roast final, exercice encore fragile en France.
00:52Alors ce soir, on va parler de succès rapide, de pression, d'héritage peut-être du Jamel Comedy Club
00:56et de pourquoi le roast fait encore peur chez nous.
00:58Ilyes Djadel est avec nous à la régulière.
01:01France Inter
01:02À la régulière
01:06Medimizing
01:10J'ai vu en Algérie, ils ont ouvert un Starbucks sans l'autorisation de Starbucks.
01:19Vous n'avez pas compris ce que j'ai dit.
01:21Ils ont ouvert un Starbucks sans demander un Starbucks.
01:24Ça veut dire qu'il y a un arabe, il a dit j'ai une idée là.
01:27On lui a dit non c'est pas ton idée.
01:28Il a dit si c'est mon idée.
01:30On lui a dit mais t'as pas peur de Starbucks ?
01:31Il a dit j'ai peur que de Dieu, j'en ai rien à foutre.
01:34Il a ouvert un Starbucks, Starbucks, Starbucks.
01:36Les américains de Starbucks, quand ils ont vu ça dans leur loco à Washington, ils étaient choqués.
01:40Ils étaient sur leur téléphone, ils voyaient des arabes, ils faisaient des lattes macato avec des grenadines, du couscous.
01:44Ils ont pris un avion, ils sont partis, vérifiez sur internet, ils ont pris un avion, ils sont partis en Algérie pour voir de leurs propres yeux.
01:51Même là, les Algériens ils n'ont pas eu peur.
01:53Ils ont vu le patron de Starbucks arriver, dès qu'ils ont vu arriver, ils leur ont dit
01:57Maintenant que vous êtes là, on aimerait bien vous parler d'un petit projet.
02:01Extrait donc d'un de ces sketchs, Ilyes, Jadel, bonsoir, comment ça va ?
02:06Ça va très bien Mehdi, je suis très content d'être là, à la régulière, ça fait plaisir.
02:10Tu vas pas me vanner là ?
02:11Non, jamais, j'ai trop aimé ton introduction, je me suis redécouvert.
02:16Ça me fait plaisir, ça me fait très plaisir.
02:18Tu sais que je parlais de toi avec un rappeur dont je tire l'on, il m'a dit, lui j'aime bien mais je veux pas être en face de lui.
02:22Tu commences à faire peur, tu sais, dans le paysage, tu commences un peu.
02:26Je suis toujours très bienveillant, pour de vrai par contre, j'improvise un peu dans mon spectacle, mais quand j'improvise c'est de façon bienveillante.
02:35On va en parler de ça évidemment, là on l'a dit, t'es en rodage d'un spectacle, il y a le show sur Youtube dont on va évidemment parler,
02:41mais dans quel état d'esprit était, parce que j'ai l'impression qu'il y a beaucoup de choses en ce moment, tu jongles avec plusieurs projets, comment tu gères tout ça ?
02:47C'est vrai que c'est assez intense, mais comme c'est un kiff, c'est assez naturel en vrai, la fatigue, on la ressent pas vraiment trop.
02:56Je suis très heureux, je réalise tous mes rêves en fait, je suis en train de faire tout ce que j'ai toujours voulu faire, j'ai toujours été un mec, je fais plein de choses à la fois, d'ailleurs on me l'a toujours beaucoup reproché et on m'a toujours dit, fais attention, c'est pas possible de faire plein de choses à la fois.
03:08Mais je suis comme ça en vrai, et du coup autant l'assumer à fond.
03:13Ça veut dire que quand t'étais petit, tu voulais faire de la scène, c'était quelque chose qui t'animait depuis tout petit ?
03:16J'ai toujours aimé la scène, je savais pas que c'était possible de le faire, ça a été possible en fait grâce à ma prof de français, qui voyait que j'étais un peu turbulent en cours, qui m'a inscrit dans une scène ouverte, sans m'en parler.
03:27Elle m'a dit un truc pour toi, elle a pris de son temps personnel, elle a pris sa voiture et elle m'y a emmené, et grâce à elle j'ai découvert que c'était possible de monter sur scène.
03:36Donc on a écrit un sketch tous les deux dans l'après-midi.
03:38Donc elle a co-écrit avec toi ?
03:39C'était assez éclaté, mais je vais pas te mentir.
03:42C'est début !
03:43C'était des vannes de profs de français, mais bon.
03:46Des vannes de profs de français, j'ai fait de la conjugaison sur scène, mais quand, au final, quand je suis arrivé sur scène, ce soir-là, ça a été très dur pour moi, parce que c'était la première fois que je montais sur scène et j'ai pas forcément fait rigoler les gens, mais bizarrement, j'ai kiffé.
04:00T'as compris quelque chose ?
04:01Je me suis dit, c'est ça que je veux faire plus tard, c'est incroyable, tu peux parler pendant dix minutes et les gens ils t'écoutent.
04:06Mais c'est incroyable ça, qui fait ça ?
04:08Et ouais, je suis sorti de scène en me disant, ok vas-y, c'est ça que je veux faire plus tard.
04:11Est-ce que quand t'étais plus jeune, c'était toi, t'étais un gars marrant, tu faisais des vannes, t'avais déjà ce truc-là ?
04:16J'ai toujours été, j'avais une réelle satisfaction, en cours, quand je faisais des blagues et que j'encendais la classe rigoler, ça me procurait une satisfaction, c'est inexplicable en fait.
04:26T'étais un petit con, c'est ce qu'on appelait comme, c'était le cauchemar des profs.
04:31Non, même pas le cauchemar, parce qu'au final, comme je faisais des blagues et que les profs, ils voyaient que c'était toujours bienveillant, que c'était pas pour foutre le bordel, c'est pour ça qu'ils voulaient m'aider.
04:39Parce qu'ils se disaient, purée, en fait c'est un bon mec, il est juste pas intéressé par l'école.
04:43Et c'est comme ça.
04:45C'est le cas de beaucoup de gens, parfois c'est comment tu trouves un moment ta voie, ton chemin.
04:49Je pense qu'il y a plein de gens qui vont à l'école qui sont pas intéressés.
04:53Souvent on les catalogue vite en se disant, ouais ils sont nuls alors que pas du tout.
04:57C'est juste qu'ils sont pas à leur place.
04:59Et c'est juste qu'ils sont intéressés par d'autres choses.
05:01Et c'est bien ce qu'a fait cette prof, c'est parce qu'en fait elle a cherché, elle a creusé.
05:07Et elle a essayé de trouver le bien en moi.
05:09Et elle l'a trouvé.
05:10Et je pense qu'on a tous un talent ici.
05:12Dans la vie, dans ce monde, on est tous faits pour quelque chose.
05:15Des fois on sait pas.
05:16Mais c'est assez prof de nous aider.
05:18Et ouais, faut le faire.
05:19Parce qu'au final, regarde, ça fait de belles choses.
05:21Le spectacle vrai, donc, ton premier spectacle a été un vrai succès.
05:25Pourquoi tu l'as appelé comme ça déjà ?
05:27Je l'ai appelé vrai pour plusieurs raisons.
05:28Parce que tout ce que je racontais dedans était vrai.
05:31C'était mon premier spectacle que je me présentais.
05:32J'étais assez authentique sur scène.
05:34C'était le vrai Iliès.
05:36Et voilà, je voulais que les gens le sachent.
05:37Et surtout, surtout, c'était un hommage à ma mère.
05:39Qui avant que je parte du Nord pour Paris,
05:42elle m'a dit, sois toujours toi-même, sois toujours vrai.
05:45Peu importe ce qui se passe.
05:46Donc je me suis dit, pour lui montrer que j'ai compris,
05:49je vais l'appeler vrai le spectacle.
05:51Maintenant que t'es quelqu'un qui est très suivi sur les réseaux,
05:54qui a un spectacle qui a marché, etc.
05:55Maintenant une émission sur YouTube, on en reparlera un peu plus tard.
05:58Est-ce que ça change quelque chose peut-être dans l'écriture ?
06:00Parce que t'es suivi par beaucoup plus de gens fortement que quand t'as commencé.
06:04Peut-être qu'on est un peu plus libre au départ.
06:07Est-ce que la pression, la notoriété,
06:09notamment dans l'humour, tu sais, aujourd'hui avec les réseaux,
06:10on sait qu'une séquence, elle peut très vite tourner.
06:13Ça peut très vite, même parfois, être mal compris.
06:15Est-ce que ça change quelque chose dans ton rapport au public,
06:18à l'écriture, à l'autoriété ?
06:20C'est une bonne question.
06:21Et j'ai envie de te dire que j'en suis conscient.
06:23Mais en même temps, j'ai pas envie de le prendre en compte
06:25parce que ça va me brider.
06:27Aujourd'hui, je pense qu'on n'a pas besoin d'être bridé.
06:30Au contraire, il faut qu'on soit débridé.
06:32Moi, je pense que l'humour, ça marche quand tu blesses personne.
06:36Moi, j'ai jamais été quelqu'un qui va diviser.
06:38Au contraire, j'essaie de rassembler.
06:40J'essaie de pas blesser les gens.
06:42Pour moi, elle est là la limite.
06:43C'est-à-dire qu'à partir du moment où tu blesses,
06:45c'est plus marrant, c'est plus de l'humour.
06:47On est là pour faire rigoler.
06:48Et donc, j'ai toujours suivi cette ligne de conduite.
06:51Je pars du principe où il faut que ça me fasse rire, moi, en premier.
06:53Mais je vais pas forcément me bloquer.
06:55Tu sais, moi, je suis très fan de l'humour d'avant
06:56où il n'y avait pas trop de limites,
06:59où ça pouvait partir en cacahuètes dans les plateaux télé.
07:02Ou alors, tu voyais Jamel, Eric et Ramzi,
07:05ils faisaient des trucs de fou, ils disaient des trucs de fou,
07:06mais ça faisait pas deux des mauvaises personnes.
07:09C'est juste que ça, ça nous manque un peu.
07:11Le débordement.
07:11Le débordement.
07:12Aujourd'hui, on est trop...
07:13On contrôle tout.
07:15On est trop...
07:15Ah, on peut pas dire ça parce que sinon ça...
07:17Et ça, moi, ça me va pas.
07:19Et je sais qui je suis, je sais que je peux faire des vannes sans...
07:24C'est pas méchant.
07:25Ça a jamais été mal pris, la preuve.
07:27Tu vois, et pourtant, je fais des vannes sur tout le monde sur scène.
07:30Parce que c'est toujours dans la bienveillance.
07:31Donc non, je me limite pas.
07:33Je pars du principe qu'il faut que ça me fasse rire.
07:35Et faut pas que je manque de respect aux gens.
07:36J'ai fait un sketch sur le lycée catholique,
07:37c'est ce qui m'a valu d'être connu.
07:38Exactement, qui est ton hit.
07:40C'est mon hit, c'est un peu touchy la religion.
07:41Mais quand c'est fait avec bienveillance,
07:44et bien généralement, les gens, ils le ressentent.
07:45D'ailleurs, on en a fait un film, là, on vient de finir.
07:48Qui a été sélectionné à l'Alpe d'Huez.
07:50Ok, incroyable.
07:51Qui est tiré de ce sketch.
07:52Qui est tiré de ce sketch.
07:53Donc d'un sketch où d'ailleurs, les gens au début nous disaient
07:55attention, la religion, c'est touchy.
07:57Mais non, il n'y a rien.
07:58On peut tout dire tant que c'est bien fait.
08:00Je propose qu'on écoute un extrait du sketch.
08:02Moi, mes parents, ils m'avaient inscrit dans un lycée catholique.
08:04Il faut que je vous raconte ça.
08:06Premier jour, je suis arrivé au lycée catholique.
08:07Ils étaient tous dans une grande chapelle, un peu comme ça.
08:10Moi, je suis arrivé en retard.
08:10Je me souviens, la dame qui faisait la prière, elle m'a vue.
08:12Elle a fait, oh, Seigneur.
08:15Hein, Sarrazin ?
08:18Je ne m'attendais pas à ça.
08:18Moi, je me suis dit, c'est sûr, ils vont me rejeter.
08:20Pas du tout.
08:21La dame, j'arrive, je dis, bonjour, madame, excusez-moi, je suis un portat.
08:23Elle me dit, ah, non, non, non, tu ne m'appelles pas madame.
08:25Tu m'appelles ma sœur.
08:27Moi, je ne l'avais jamais vue avant.
08:30Je dis, écoute, ma sœur, là, t'abuses.
08:32Comme tu es un peu plus vieille que ma mère, ça ne te dérange pas, je vais t'appeler ma tante.
08:34Moi, je lui dis...
08:36Elle me dit, ah, non, ça, c'est péché, tu vas te confesser là-bas.
08:39Moi, je regarde là-bas, je vois une armoire.
08:43Et là, elle me dit, tu vas dans l'armoire ?
08:46Dans l'armoire, il y a un mec.
08:49C'est ton père, mon père, c'est notre père à tous.
08:52Moi, je me suis dit, il est défoncé.
08:55Est-ce que tu arrives encore à l'écouter ou ça y est ?
08:57Je le connais plus que ma mère.
09:00Je le connais plus que ma famille.
09:02Ce skate, je l'ai tellement mangé.
09:03Parce qu'en fait, pour être précis, il faut répéter.
09:06C'est un hit, j'ai dit un hit.
09:07C'est comme un artiste qui chante la même chanson depuis des années.
09:09C'est un peu ça, en fait.
09:10C'est un hit parce que quand je vais sur scène et que je le fais, les gens, ils finissent mes phrases.
09:13Donc, c'est là que tu reconnais, tu te dis, c'est un marqué.
09:16Les gens dans la rue, ils m'appellent parfois le lycée catholique.
09:19C'est là que tu te dis.
09:19Ils ne connaissent pas ton nom, mais qu'ils t'ont vu sur les réseaux.
09:21Oui, et ça a marqué les plus vieux comme les plus jeunes.
09:26C'est un sketch qui a vraiment touché plusieurs générations.
09:29Et d'ailleurs, on m'en a proposé d'en faire un film.
09:30Donc, pour te dire, oui, je pense qu'on peut appeler ça un hit.
09:34Mais oui, les gens le finissent à ma place sur scène.
09:36Je ne peux pas le jouer.
09:37Et quand je commençais à le jouer dans le premier spectacle, les gens, ils applaudissaient.
09:42Ils criaient à ce moment-là.
09:43C'était dingue.
09:44Ça veut dire que tu parles de films.
09:45Ça, c'est une envie chez toi aussi d'aller sur le cinéma.
09:48Oui, pour moi, c'est un métier qui regroupe un peu tout ça.
09:53Quand tu es sur scène, tu dois aller au cinéma.
09:57Mais après, c'est une passion personnelle.
09:58Oui, bien sûr.
09:59Je préférerais toujours la scène parce que j'aime trop ce contact avec le public.
10:02Demain, si tu me dis choisi, je te dis la scène.
10:04Mais le cinéma, c'est quelque chose qui m'attire.
10:08Bon, on l'a dit, ton spectacle s'appelait Vrai.
10:10Et j'ai envie qu'on se fasse un petit plaisir et qu'on écoute un morceau de Rof qui s'appelait Que pour les Vraies.
10:16Voilà, en hommage à Rof et aussi à ta maman qui t'a dit de rester vrai.
10:19C'est son morceau préféré.
10:20À ta mère ? J'en étais sûr.
10:22On s'écoute Rof.
10:23Quand je rentre, il y a ma mère quand même.
10:25Que pour les Vraies, dans la régulière.
10:34Sous-titrage Société Radio-Canada
11:04Sous-titrage Société Radio-Canada
11:34Sous-titrage Société Radio-Canada
12:04Sous-titrage Société Radio-Canada
12:34Sous-titrage Société Radio-Canada
13:04...
13:34Sous-titrage Société Radio-Canada
14:04...
14:06Rof, classique du rappeur du 94 qui s'appelle Que pour les Vraies.
14:34...
14:36...
14:40...
14:42...
14:44...
14:46...
14:48...
14:50...
14:52...
14:54...
14:56...
14:58...
18:00...
20:32...
22:34...
28:36...
28:38...
28:40...
28:42...
29:44...
30:16...
30:18...
43:20...
43:22...
43:24...
43:28...
43:30...
43:32...
43:34...
43:36...
43:38...
43:40...
43:42...
43:44...
43:46...
43:48...
43:50...
43:52...
43:54...
43:56...
43:58...
Écris le tout premier commentaire