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  • il y a 4 mois
Regardez L'esprit de l'info avec Anne-Charlène Bezzina avec Thomas Sotto du 16 septembre 2025.

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Transcription
00:00Il est 9h15, on est ensemble jusqu'à 9h30, c'est l'esprit de l'info avec notre grand témoin du mardi Anne-Charlène Bézina, politologue et constitutionnaliste.
00:10Rebonjour Anne-Charlène.
00:11Rebonjour.
00:12Bon, ça tangue un peu, ça secoue un peu, il va y avoir les manifestations prévues jeudi qui s'annoncent assez massives avec un dispositif de sécurité qui lui aussi s'annonce massif.
00:20Il y a beaucoup d'agitation aussi autour d'une pétition, un appel à référendum, lancé par Philippe Devilliers, il veut un référendum sur l'immigration.
00:30C'est une pétition qui a recueilli selon lui un peu plus d'un million de signatures, même si on peut signer cette pétition plusieurs fois.
00:38Écoutez ce qu'il disait Philippe Devilliers, c'est une archive qu'on vous a fait entendre ce matin dans le visage du jour avec Agnès Bonfion, c'était à 7h15.
00:45Le peuple s'est prononcé dans une pétition cet été pour les oiseaux, les abeilles et les insectes, avec la pétition sur la loi du plomb.
00:53Et je me suis dit, à côté des insectes, des abeilles et des oiseaux, il y a des petits français qui sont en train de disparaître.
00:59Alors, il faut faire la même chose, une pétition.
01:02Alors, il y a le fond et la forme, Anne-Charlène.
01:03Déjà, est-ce que c'est possible un référendum sur l'immigration, même s'il obtenait 15 millions de signatures ?
01:08Alors déjà, moi, je n'arrive pas à comprendre quel est l'objet de ce référendum, parce qu'un référendum doit porter sur un projet de loi.
01:13Donc, vous ne pouvez pas dire stop ou encore à l'immigration, plus ou moins d'immigration, un quota ou pas.
01:19Ça, ce n'est pas un référendum, c'est un sondage.
01:23En réalité, c'est une question qui vous est posée pour obtenir votre opinion.
01:27Un référendum, c'est la substitution du peuple français au Parlement.
01:31C'est-à-dire que c'est lui qui va décider d'un texte.
01:33Mais il faut un texte.
01:34C'est-à-dire que le Parlement représente le peuple et qu'à un moment, le peuple prend la parole directement pour dire oui ou non à quelque chose.
01:40Mais de ce fait, c'est vrai que moi, je ne vois pas à quel projet de loi on fait référence ici.
01:44Alors, il y a autre chose, c'est qu'en plus, l'article 11 enferme le référendum dans des domaines.
01:49Et dans les domaines du référendum, il y a les réformes sociales, économiques, environnementales, des services publics.
01:55Donc, non à l'immigration d'emblée et comme un domaine propre, néanmoins, on peut tout à fait poser des référendums sur l'immigration si la loi qui porte sur l'immigration a un objet économique, social ou environnemental.
02:10Il faudrait en fait, pour que ça soit vraiment, que ça serve à quelque chose et que ça soit possible, il faudrait qu'il y ait une loi au Parlement.
02:14Exactement.
02:14Ou peut-être directement par le gouvernement.
02:17Directement par le gouvernement, puisque justement, le peuple se substitue au Parlement, donc il n'y a même pas de convocation du Parlement.
02:21C'est vraiment le gouvernement qui prépare une loi sur un sujet, social ou environnemental, ou économique, mais qui peut porter sur l'immigration.
02:29Restriction des aides sociales, question de l'accès aux services publics, toutes ces questions-là peuvent rentrer dans le domaine de l'article 11.
02:34Bon, ça c'est clair. On n'a pas tous les matins une constitutionnaliste sous la main, donc j'ai une autre question à vous poser.
02:38Ça concerne la taxe Zuckman.
02:40C'est la fameuse taxe qui doit taxer à 2% du patrimoine.
02:45Les plus riches, eux, qui ont plus de 100 millions de patrimoine.
02:47Tiens, écoutez cette taxe qui ne plaît ni à François Bayrou ni à Gérard Larcher.
02:53La taxe Zuckman, elle est inconstitutionnelle.
02:56Nous avons voté contre le Sénat, très largement.
02:58C'est une mesure d'abord anti-constitutionnelle.
03:02Alors, est-elle anti-constitutionnelle ?
03:04Oui ou non, et si oui, pourquoi ?
03:06Alors, il y a des doutes, en effet.
03:08Il y a des doutes ?
03:09Il y a des doutes parce qu'on ne connaît pas encore bien le régime juridique de cette taxe Zuckman.
03:12On connaît Gabriel Zuckman, on sait à peu près quelle est son idéologie.
03:15Mais on ne voit pas, en fait, encore si ça frappe tous les revenus,
03:19si ça frappe les revenus du capital distribué ou pas,
03:22si ça va concerner une personne ou un foyer.
03:24Et donc, toutes ces questions vont être déterminantes pour savoir si la taxe, elle est constitutionnelle ou pas.
03:28Néanmoins, c'est vrai qu'il y a des doutes très soutenus
03:31par l'idée que le Conseil constitutionnel empêche à l'impôt d'être confiscatoire.
03:36Et ça veut dire quoi, un impôt confiscatoire ?
03:38Ça, c'est une idéologie de la Révolution,
03:41depuis l'article 13 de la Déclaration des droits de l'homme,
03:43qui nous dit qu'on ne doit pas être amené à se priver d'un bien pour payer son impôt.
03:49Et dans l'idée, en tout cas, de la taxe Zuckman,
03:52on se dit bien qu'il va falloir vendre du patrimoine pour payer cet impôt.
03:56Et là, il peut y avoir un risque.
03:57Anne-Charlène, moi, je ne suis ni pour ni contre la taxe Zuckman, bien au contraire.
04:00Mais 2% du patrimoine, on ne se dit pas que c'est confiscatoire ?
04:06Alors, justement, il faut faire attention avec les faux semblants.
04:08C'est-à-dire qu'on va se dire que l'égalité devant les charges publiques
04:11suppose des impôts au bain des bois,
04:13ou on va demander plus à celui qui a plus.
04:15Néanmoins, il faut regarder ça aussi sur la somme globale de ses revenus à lui.
04:19C'est-à-dire que le Conseil constitutionnel va estimer qu'au-delà d'un certain taux,
04:23au-delà d'un certain revenu disponible,
04:24on ne laisse pas assez de revenus disponibles à une haute fortune.
04:28Donc, ce n'est pas une équité qui est recherchée par le Conseil constitutionnel
04:31qui essaye d'avoir une vision le moins politique possible de cette question,
04:34mais une égalité devant la charge publique,
04:37c'est-à-dire que chacun contribue suivant ses moyens
04:39et la globalité de son revenu doit lui permettre à autre chose qu'à payer l'impôt.
04:43Donc, vous vous dites plutôt tendance anticonstitutionnelle ?
04:45Plutôt tendance anticonstitutionnelle,
04:47sauf si on précise bien son régime juridique,
04:49qu'on ne tape pas des personnes mais des foyers
04:51et qu'on fait attention aux revenus qui seront frappés.
04:54Absolument. Bon, ça c'est clair aussi.
04:55Troisième point, alors ça, ça va être plus compliqué.
04:57Sébastien Lecornu, comment il fait pour trouver un gouvernement ?
05:00Alors ça, pour le coup, ce n'est pas marqué dans la loi.
05:01Alors ça, ce n'est pas dans la Constitution.
05:02Ce n'est pas dans la Constitution, ça.
05:04Comment il fait pour trouver un gouvernement ?
05:05Moi, j'ai l'impression qu'on est en train de retourner à la Quatrième République,
05:07mais dans les pires heures de la Quatrième,
05:09où justement, on avait installé ce qu'on appelait la double investiture.
05:11C'est-à-dire que je me présente d'abord en tant que Premier ministre
05:14et ensuite, je reviens avec mon programme et mon gouvernement,
05:16parfois des semaines, parfois des mois après.
05:18Alors, en réalité, ça amène à beaucoup d'instabilité
05:20parce qu'on a une période où on a un Premier ministre
05:22sans son gouvernement et sans son programme.
05:24Donc, c'est un peu la période que nous vivons là,
05:26qui est une période de latence constitutionnelle
05:27et pour consulter pour des éléments qu'il prendra
05:31une fois qu'il aura composé son gouvernement.
05:32Donc, moi, j'ai l'impression qu'on est dans une espèce d'anachronie
05:35qui me semble gênante, une période de flottement.
05:38Pardon, madame, mais les deux prédécesseurs,
05:39Michel Barnier et François Badroux, ils ont fait l'inverse.
05:41Ils ont nommé le gouvernement, après, ils se sont dit
05:42bon, sur quoi on se met d'accord ?
05:44Et ça n'a pas marché non plus.
05:45C'est vrai.
05:45Alors, après, on se pose aussi la question du communiqué présidentiel
05:48qui a donné cette tâche à Sébastien Lecornu
05:50en disant qu'il faudra qu'il consulte les forces de la nation.
05:53Moi, je pense que ça aurait pu être fait
05:56après la composition d'un gouvernement.
05:58J'ai l'impression que cette période de flottement,
06:00elle nourrit l'idée qu'on peut tout à fait se passer d'un gouvernement
06:02et qu'on peut tout à fait se passer, finalement,
06:04de politique aujourd'hui.
06:06C'est vrai ou pas ?
06:06Parce que, finalement, on nous dit
06:07regardez en Belgique, regardez en Espagne.
06:10Est-ce que c'est vrai ?
06:11Est-ce que, finalement, on peut avancer ?
06:13Le pays peut fonctionner pas si mal ou pas plus mal
06:16sans gouvernement ?
06:17Ce qui paraît quand même un peu...
06:18Ça va vous rappeler quelque chose,
06:19normal, les affaires courantes.
06:20On a eu des gouvernements démissionnaires en affaires courantes.
06:23Eh bien, oui, bien sûr, on peut fonctionner sans un gouvernement.
06:25Sous la Quatrième République, c'était presque la loi, d'ailleurs.
06:28Mais, encore une fois, ça suppose qu'on arrête le politique,
06:30qu'on n'ait plus d'ambition.
06:31Et donc, vu les urgences et vu le temps
06:33qui s'accélère en matière politique,
06:36j'ai l'impression qu'en fait,
06:37on serait complètement en anachronie, comme je l'ai dit.
06:40Alors, on n'entend pas beaucoup Sébastien Lecornu.
06:41Oui, il a parlé à la presse quotidienne régionale,
06:43il a fait son tweet hier pour dire
06:44fin des avantages pour les premiers ministres.
06:47Tiens, vous trouvez ça bien ou pas ?
06:48Ou c'est démago, ça ?
06:49J'ai l'impression que c'est sa méthode,
06:50que ça lui correspond assez bien.
06:51Mais le fait de retirer les avantages
06:53aux anciens premiers ministres ?
06:54Pour moi, purement démago,
06:55surtout qu'en fait, on considère
06:56qu'il s'agit des seuls avantages à vie
06:58des membres du gouvernement au premier ministre
07:00qui devaient concerner un des avantages en nature sur trois.
07:02Donc, ça signifie vraiment quelque chose d'assez marginal.
07:04En revanche, il a parlé il y a dix ans,
07:06Sébastien Lecornu,
07:06alors personne ne le connaissait à l'époque.
07:08Il était l'invité du TOC Le Figaro
07:10et il était face à Yves Tréard pour parler politique
07:12et écoutez ce qu'il disait Sébastien Lecornu en 2015.
07:16Elle est sclérosée, on est dans l'entre-soir.
07:18On voit bien un petit peu autour de nous
07:19dans tous les pays européens ou occidentaux
07:21lorsque une majorité est battue,
07:24lorsque le leader de cette majorité est battu,
07:26on ne le revoit pas.
07:27Il n'y a qu'en France,
07:27on revoit réapparaître les mêmes visages perpétuellement.
07:30Bon, ça fait curieux, non ?
07:32Ça fait mal, en effet,
07:34puisque, en plus, le vrai problème qu'il rencontre,
07:37c'est son visage.
07:38C'est-à-dire qu'on a le sentiment
07:39qu'il est le clone d'Emmanuel Macron
07:41et c'est véritablement quelque chose
07:43qui peut nuire à son action,
07:44d'autant qu'en réalité,
07:45il a véritablement une méthode qui est la sienne,
07:47il est assez sincère,
07:48mais il arrive un train trop tard
07:50ou un train trop tôt d'une nouvelle présidence.
07:51On voit bien qu'il est dans un temps
07:54qui ne correspondra absolument pas
07:55à l'action urgente et de coalition qu'on recherche.
07:58C'est un problème de considérer aujourd'hui
08:01qu'on peut encore gouverner
08:03avec un premier ministre de ce bloc central
08:05sans avoir à rechercher au moins
08:06un peu de diversité dans le nom.
08:09Donc, c'est aussi un problème de casting,
08:10malheureusement pour lui, mais...
08:13Oui, alors, ce que je trouve malin,
08:14en revanche, dans son interview,
08:15c'est justement l'idée qu'il...
08:162015, hein, 2015 ?
08:17Oui, mais là, il a dit,
08:19samedi, il a dit,
08:21il faudrait arrêter de dire
08:22que le bloc central est battu,
08:23nous sommes à 210 députés,
08:25nous avons le Sénat,
08:25nous avons la présidence,
08:26et donc, il y a un côté un petit peu
08:28chant du signe en se disant,
08:29finalement, on ne va pas s'avouer battu,
08:31on va essayer de voir aussi
08:32toute la force que nous avons.
08:33Donc, voilà, on lui souhaite bon courage.
08:34On lui souhaite bon courage,
08:35ça, c'est jamais très bon signe.
08:38Un petit clin d'œil pour finir.
08:39Tiens, écoutez ça.
08:39Le petit bonheur en monceau.
08:42Vous connaissez, évidemment.
08:43Le petit bonheur en monceau, bien sûr.
08:44Patrick Sébastien.
08:45Il paraît que le Figaro,
08:46que l'Elysée, pardon,
08:48selon le Figaro,
08:49surveillerait Patrick Sébastien
08:50qui serait le porte-voix
08:52d'une autre France
08:52et qui se poserait la question
08:54pour 2027,
08:54il l'a dit chez Cyril Hanouna.
08:56C'est réconfortant
08:58de se dire qu'on n'écoute personne,
08:59qu'on n'écoute tout le monde,
09:00pardon,
09:01c'est affligeant,
09:02c'est quoi ?
09:03Ça vous inspire quoi ?
09:04L'Elysée en est à surveiller,
09:05Patrick Sébastien ?
09:06Ça m'inspire une forme d'inquiétude
09:07quand même
09:07parce que cette tentation
09:08d'un BP Grigio,
09:10elle a existé en Italie.
09:11Cette idée d'aller chercher
09:12tout sauf le politique,
09:13j'ai vraiment le sentiment
09:14que c'est la tendance du moment
09:15parce que les gens
09:15n'ont plus confiance
09:16dans leurs élus
09:17et ça, c'est vraiment
09:18le symbole
09:20d'une fin de règne
09:22et ça me fait peur.
09:23Merci beaucoup.
09:24Anne-Chaine Bézina vous revient.
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