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  • il y a 4 mois
Au lendemain de la chute du gouvernement de François Bayrou, il se présente comme l'alternative et affiche ses ambitions. Est-il prêt à gouverner ? Jordan Bardella, le président du Rassemblement National, est l'invité de RTL Matin.
Regardez Face à Fogiel du 09 septembre 2025.

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Transcription
00:00RTL Matin, Thomas Soto
00:028h16, clap de fin pour le gouvernement de François Bayrou qui ira à la mi-journée remettre sa démission au chef de l'Etat.
00:08Comme on s'y attendait, le Premier ministre n'a pas obtenu la confiance des députés hier.
00:12La dissolution n'est pas une option, mais une obligation à dit Marine Le Pen.
00:16Et ce matin, Marc-Olivier, vous recevez le Président du Rassemblement National, Jordan Bardella.
00:20Bonjour Jordan Bardella.
00:21Bonjour M. Fogiel, bonjour aux Françaises et aux Français qui nous écoutent.
00:25Retour donc à la case départ. Pas de Premier ministre, pas de majorité à l'Assemblée.
00:28Un pays endetté à hauteur de 3,3 milliards d'euros.
00:32D'abord, est-ce que vous avez fait la fête hier soir avec Jean-Luc Mélenchon entre artisans du chaos, comme dit François Bayrou ?
00:39Non, je n'ai pas fait la fête, encore moins avec M. Mélenchon.
00:42Pourtant, vous avez les mêmes objectifs.
00:43Parce que, je vais vous répondre, parce que l'heure est extrêmement grave.
00:46Et que la situation dans laquelle Emmanuel Macron et l'ensemble de ses soutiens depuis 2017 ont mis notre pays
00:52fait peser un risque aujourd'hui à la fois d'instabilité et d'incertitude dans le quotidien des Français,
00:57dans le quotidien de nos chefs d'entreprise.
00:58Et en faisant tomber le Premier ministre hier, ou en tout cas en y contribuant,
01:02est-ce que cette instabilité que vous décrivez, vous n'avez pas tendance à l'alimenter ?
01:07C'est ce que disait tout à l'heure à Thomas Yael Brunki.
01:09Non, pas du tout. Nous avons protégé les Français de 20 milliards d'euros
01:12d'augmentation des prélèvements obligatoires dans un pays qui a déjà les prélèvements obligatoires
01:16parmi les plus élevés des économies développées.
01:18Nous avons empêché notamment la suppression de deux jours fériés dans ce budget Bayrou
01:25qui apparaissait comme un scandale pour beaucoup de nos compatriotes qui travaillent et qui
01:28en ont un petit peu assez, qu'on ne fasse pas d'économie dans la mauvaise dépense publique,
01:32dans l'augmentation de la contribution de la France au budget de l'Union Européenne,
01:35dans la fraude, dans le coût de l'immigration par exemple, et qu'on demande des efforts toujours au même.
01:39Et donc concrètement, puisqu'aujourd'hui on est à J plus 1, et maintenant, comme le dit Thomas, on fait quoi ?
01:45Donc, je faisais une allusion tout à l'heure à LFI, puisque vous avez la même ambition.
01:50Pas du tout.
01:50Faire partir le chef de l'État.
01:52Non, est-ce que vous allez voter la motion de destitution proposée par LFI ?
01:57C'est pas Jean-Luc Mélenchon que vous avez en face de vous.
01:59Je sais bien, c'est Jordan Bardet.
02:00Moi, je suis président d'un mouvement politique qui est arrivé en tête,
02:03à la fois au premier tour et au deuxième tour des dernières élections législatives.
02:06Ça ne vous empêche pas d'avoir des intérêts communs ?
02:08Pas du tout.
02:09Et M. Mélenchon, que vous citez beaucoup, et M. Macron, se sont mis autour d'une table
02:14pour priver le pays d'une majorité et pour faire ce qu'ils ont appelé le front républicain,
02:19c'est-à-dire empêcher le Rassemblement National d'avoir 289 sièges à l'Assemblée.
02:22Nous avions dit à l'époque que cette situation allait provoquer un blocage institutionnel.
02:27Nous nous retrouvons depuis un an dans cette situation de blocage institutionnel.
02:31Par conséquent, la situation dans laquelle nous sommes n'est pas une fatalité.
02:35Et moi, je viens dire que si on ne dissout pas l'Assemblée Nationale,
02:38si on ne revient pas devant les Français d'une manière ou d'une autre,
02:41c'est-à-dire soit par la dissolution du Parlement, soit par la démission du Président de la République
02:45et par l'organisation d'une nouvelle élection présidentielle
02:47qui pourrait permettre au pays de retrouver non seulement un cap, une majorité, mais de la stabilité.
02:52Alors, je ne vois pas comment quelque chose de sain pourrait émerger d'une situation
02:57où, encore une fois, je le dis et je le redis, nous n'avons aucune responsabilité.
03:01M. Bayrou, M. Bayrou, M. Bayrou, M. Bayrou, M. Bayrou, M. Bayrou, M. Bayrou, il est bien gentil,
03:06mais il est venu hier présenter ses dettes.
03:08Il est responsable de la situation avec Emmanuel Macron,
03:12d'endettement spectaculaire depuis deux ans.
03:13On prend point par point, vous dites le départ d'Emmanuel Macron.
03:17Est-ce que vous allez voter la motion de destitution proposée par LFI ?
03:21Cette motion de destitution n'a aucune chance d'aboutir
03:24au regard de l'état actuel des forces du Parlement.
03:26Donc, la différence avec la France insoumise,
03:29c'est que moi, je suis attaché à l'ordre républicain,
03:31à la stabilité du pays et que je ne veux pas le chaos.
03:34Or, M. Mélenchon, il veut le désordre, il veut l'implosion du pays
03:37et il veut abîmer la cohésion sociale.
03:39Donc, vous ne la votez pas.
03:40Elle n'a aucune chance d'aboutir parce qu'il faut, vous savez,
03:43une partie des voix à l'Assemblée nationale, mais aussi une partie des voix au Sénat.
03:46Donc, ne mentons pas aux Français.
03:47La question, c'est est-ce qu'on rompt oui ou non avec le macronisme ?
03:49Et donc, depuis 2017, Emmanuel Macron, il suit une doctrine
03:52qui est on ne change pas une équipe qui perd.
03:54Et moi, je viens de dire qu'aujourd'hui, si un nouveau gouvernement
03:57veut avoir une chance d'aboutir à des mesures concrètes pour le pays
03:59et un retour de la stabilité, il faut évidemment
04:02qu'il rompe avec le macronisme.
04:04Vous avez entendu Gabriel Attal proposer une solution,
04:09un négociateur qui ne soit pas un Premier Ministre,
04:12les parties autour de la table avec ce négociateur,
04:14vous vous mettez d'accord sur les compromis à faire
04:16et ensuite un Premier Ministre, issu des compromis,
04:19porte ce budget.
04:21Finalement, pas qui, mais quoi d'abord et qui après ?
04:25Est-ce que vous allez vous asseoir à cette table de négociation
04:27si c'est un négociateur ?
04:29C'est dommage que M. Attal n'ait pas été Premier Ministre
04:32et Ministre du Budget, puis Ministre...
04:33Non mais attendez, je pense qu'il faut arrêter de raconter n'importe quoi.
04:40Donc, il n'y a pas de négociateur à avoir,
04:42il n'y a pas de tierce personne d'un gouvernement technique
04:44qui viendrait mettre en place des projets pour quelques mois,
04:47il faut revenir devant les Français.
04:48Les Français, ils ont des problèmes de pouvoir d'achat.
04:50Les Français, ils ont des problèmes d'insécurité.
04:52Les Français, ils ne supportent plus qu'on demande des efforts
04:54toujours au même et qu'on vienne augmenter les impôts
04:55sur les gens qui bossent ou leur supprimer des jours fériés
04:58pendant que de l'autre, on a des éléphants dans le salon
05:00que personne ne voit.
05:03Pour vous, en clair, parce qu'il faut qu'on avance,
05:05pas dans l'interview, mais dans le pays,
05:08pour vous, c'est dissolution ou rien.
05:10Ça veut dire que tous les prochains Premier Ministre
05:12proposés par Emmanuel Macron,
05:13vous faites du baltrap, vous les plantez.
05:16Je pense qu'il faut que vous arrêtiez, pardon,
05:18mais d'avoir une lecture caricaturale des choses.
05:20En même temps, elle est un peu caricaturale, la vie politique.
05:22Si je faisais du baltrap, engagez-vous, peut-être que vous seriez élu
05:26et vous porteriez la rupture que les Français attendent, M. Fogel.
05:29Si on jouait au baltrap et avec la stabilité du pays,
05:32on aurait censuré M. Bayrou dès son arrivée à Matignon.
05:36C'est ce qu'a fait la gauche.
05:37La gauche vote motion de censure tous les deux jours.
05:40Nous, nous avons pris nos responsabilités en protégeant le pays l'an dernier,
05:43en faisant tomber M. Barnier,
05:45pour protéger le pays d'une augmentation de 40 milliards d'euros
05:47des prélèves obligatoires,
05:48qui aurait eu des conséquences dramatiques sur la vie des Français.
05:50Ça veut dire que vous êtes prêts à étudier ce que proposera un prochain Premier ministre
05:56en toute objectivité.
05:58D'abord, je suis prêt à finir une phrase.
06:00Nous avons obtenu l'an dernier, au début de l'année 2025,
06:03une baisse des factures d'électricité pour 25 millions de Français
06:05grâce à notre action au Parlement.
06:07Nous avons empêché que des médicaments soient déremboursés
06:09et nous avons obtenu dès le début de l'année la réindexation des pensions de retraite.
06:13M. Bayrou est arrivé.
06:14Nous avons dit à M. Bayrou, nous vous laissons l'opportunité,
06:17parce qu'encore une fois, nous sommes des gens responsables, de rompre avec le macronisme.
06:20À partir du moment où M. Bayrou et son gouvernement, les LR compris,
06:24poursuivent la politique qui est menée depuis 7 ans et que les Français ont rejetée dans les urnes,
06:27alors, à ce moment-là, nous protégeons non seulement nos électeurs, mais nous protégeons le pays.
06:31Donc, si le prochain Premier ministre,
06:34si M. Macron fait le choix de nommer un nouveau Premier ministre,
06:37alors ce Premier ministre n'a aucune autre possibilité que de rompre avec la politique
06:41qui est menée depuis 8 ans, auquel cas, les mêmes causes entraîneront les mêmes conséquences
06:46et entraîneront par définition une censure du gouvernement.
06:50On a besoin de stabilité, on a besoin d'un budget,
06:52plus tôt nous retournerons aux urnes.
06:54À vous lire, c'est la dissolution ou rien,
06:57puisque l'équation politique, selon vous, est impossible pour vous à accompagner.
07:02Donc, c'est dissolution ou rien.
07:04N'importe quel autre Premier ministre aujourd'hui nommé,
07:06demain ou après-demain, vous êtes amené à le censurer.
07:09C'est ce que je crois, et c'est en tout cas ce que croient une majorité de Français,
07:13puisque d'après un sondage qui a été, je crois, commandé par RTL,
07:16plus de 60% des Français souhaitent un retour à la dissolution.
07:19Vous savez, les Français, ils sont lucides.
07:20Les Français, ils ne veulent pas le désordre,
07:22mais il n'y a jamais rien de malsain à se tourner vers les Français.
07:26Vous avez entendu le président de la République proposer,
07:28dans les jours qui viennent, un Premier ministre,
07:30ce n'est pas l'option qu'il choisit.
07:30Je pense que le peuple français est la clé de déblocage de la situation dans laquelle nous nous trouvons.
07:35Il faut faire confiance aux Français,
07:37et moi, j'ai au moins la lucidité de dire aux gens que si on ne change pas les politiques,
07:41si on ne change pas les gens qui sont au pouvoir,
07:43alors leur quotidien ne pourra pas changer.
07:45Et donc, quand vous entendez le président de la République dire
07:48qu'il nommerait un Premier ministre dans les jours qui viennent, vous dites ?
07:51La question du figurant importe peu.
07:57C'est la politique de fond qu'il faut changer.
07:59Vous savez, je rencontre des Français tous les jours.
08:01Les Français, ils sont extrêmement inquiets,
08:03mais les Français, dans le pays qui a le plus haut taux de prélèvement obligatoire,
08:07ils ne comprennent pas qu'on vienne leur faire les poches
08:08et qu'on vienne leur demander des efforts
08:10quand, par exemple, de l'autre, on verse 15 à 20 milliards d'euros
08:13de prestations sociales sans aucune condition
08:16à des étrangers qui sont présents en France.
08:18Ou quand on augmente, par exemple,
08:19la contribution de 5 à 7 milliards d'euros de la France
08:21au budget de l'Union européenne,
08:22quand des grandes économies comme l'Allemagne ou comme les Pays-Bas
08:25réussissent à obtenir des rabais.
08:26Nous, nous avons proposé un contre-budget,
08:27encore une fois, parce qu'on est responsable.
08:29On a proposé sur 5 ans un plan d'économie
08:31de 100 milliards d'euros dans la mauvaise dépense publique de l'État,
08:33étant entendu que ces 100 milliards d'euros
08:35doivent être redirigés derrière, selon la règle, des 3 tiers.
08:38Un tiers pour baisser les impôts,
08:40un tiers dans le remboursement de la tête,
08:42et évidemment, un tiers dans la bonne dépense publique,
08:45c'est-à-dire la santé, l'éducation,
08:47et évidemment la sécurité de nos compatriotes.
08:49La suite, en tout cas, à une élection présidentielle en 2027,
08:52a priori, pas avant.
08:54D'ici là, un procès pour Marine Le Pen.
08:55Elle en a appris hier que ça allait se faire avant les municipales,
08:58janvier, février.
09:00Vous êtes soulagée, finalement.
09:01Elle va pouvoir savoir à quelle sauce elle sera mangée
09:05avant la présidentielle ?
09:06D'abord, Marine Le Pen est présumée innocente dans cette affaire.
09:09Mais elle a une peine d'inéligibilité.
09:10Puisqu'elle a fait appel.
09:11Il y a une peine d'inéligibilité avec exécution provisoire,
09:13vous avez raison.
09:14Nous allons évidemment nous battre,
09:16et je vais me battre à ses côtés,
09:17pour qu'elle puisse, au cours de ce procès,
09:18en appel, prouver à la fois sa bonne foi
09:20et prouver son innocence.
09:22Je considère que les reproches qui nous sont faits
09:24sont des reproches politiques dans cette affaire,
09:26qui visent sur la façon dont travaillent
09:28des assistants au Parlement européen.
09:29Il y a un désaccord administratif avec le Parlement européen,
09:32et nous allons évidemment le prouver.
09:34Écoutez, je regrette que ce calendrier
09:36ait lieu pendant les élections municipales.
09:38C'est-à-dire qu'on est en pleine campagne
09:39des élections municipales.
09:40Il y aura peut-être une élection législative entre-temps,
09:42mais ça, vous me direz, la date n'est pas fixée.
09:43En revanche, la seule élection dont on connaît la date,
09:44aujourd'hui, ce sont les élections municipales.
09:46Et c'est évidemment un petit peu regrettable
09:48qu'il faille mener cette bataille sur deux fronts,
09:51mais nous avons intégré que le combat judiciaire
09:52faisait partie du combat politique.
09:54C'est-à-dire ?
09:54C'est-à-dire qu'une grande partie des reproches
09:59qui nous sont faits, notamment dans le cadre de cette affaire,
10:01les perquisitions que subit mon mouvement politique
10:03en plein été au motif que des gens,
10:06puisque les banques refusent d'accorder des prêts
10:07au Rassemblement national,
10:09ont accepté de prêter de l'argent aux partis
10:11en respect total de la loi et des règles
10:12de la Commission nationale des comptes de campagne,
10:13se voient perquisitionnées.
10:14Donc, je pense qu'il y a un acharnement
10:16de la part de l'autorité judiciaire
10:18contre certains mouvements politiques.
10:20Et il se trouve que certains mouvements politiques,
10:21c'est étrangement souvent les mêmes.
10:23En tout cas, elle connaîtra son sort
10:26avant la présidentielle,
10:27et c'est ce qu'elle souhaitait.
10:28Absolument.
10:29Donc, de ce point de vue-là, c'est une...
10:30Et elle est innocente,
10:31et je me battrai évidemment à ses côtés
10:33pour qu'elle puisse non seulement démontrer sa bonne foi,
10:35mais aussi celle du Rassemblement national sur ce dossier.
10:37Merci, Jordan Bardala, d'être venu ce matin sur RTL.
10:40Merci à vous.
10:41Merci à vous.
10:41Merci, Marc-Olivier.
10:42On vous retrouvera évidemment demain matin
10:43face à Fogel à Récouté.
10:45Quand vous le souhaitez...
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