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  • il y a 2 mois
Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste, était l’invité de BFMTV vendredi 24 octobre.

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00:00Et j'accueille Olivier Faure, bonjour Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste.
00:05Est-ce que je me trompe en disant ce matin que Boris Vallaud, qui est le chef des députés socialistes,
00:11hier a lancé un véritable ultimatum au gouvernement sur la discussion budgétaire
00:16qui commence cet après-midi à 15h dans l'hémicycle ?
00:20Il y a eu un avertissement, y compris en conscience des finances,
00:23qui a, depuis le début de la semaine, cherché à examiner le texte qui était proposé par le gouvernement.
00:28Et comme vous l'aurez noté, ce texte n'a pas trouvé de majorité.
00:32Et donc il y a aujourd'hui effectivement une réalité, c'est que si dans les toutes prochaines heures,
00:39en gros jusqu'à lundi prochain, il n'y avait pas d'évolution sensible sur le texte,
00:44il n'y aurait aucune marge de manœuvre accordée sur le PLF et sur le PLFSS,
00:49sur le budget de l'État et sur celui de la Sécurité sociale.
00:52Et donc en réalité, ce serait terminé.
00:55– Alors attendez, pour que celles et ceux qui nous regardent comprennent bien,
00:59ce que vous dites ce matin, et ce qu'a dit Boris Vallaud hier,
01:02c'est en clair, s'il n'y a pas de taxe Zuckman,
01:03s'il n'y a pas de retour de l'impôt de solidarité sur la fortune,
01:07s'il n'y a pas de mesure majeure avec des milliards à la clé sur la fiscalité des plus riches,
01:13il n'y aura pas de budget, vous ne voterez pas,
01:14et en plus vous ferez tomber le gouvernement, c'est bien ça.
01:16– Vous avez bien compris.
01:18Vous avez bien compris tout simplement parce que,
01:20alors je veux quand même préciser les choses,
01:22il ne s'agit pas de dire que nous serons des taxophiles,
01:25le but n'est pas là.
01:26Mais simplement, il faut comprendre que nous examinons dans un premier temps
01:29la partie recette du budget.
01:31Si nous n'avons pas de recette supplémentaire,
01:33nous ne pourrons pas corriger le reste de la copie qui viendra après.
01:37et par exemple, moi je ne voterai jamais
01:39et je me battrai même contre un budget
01:42qui ferait les poches des retraités, des malades, des jeunes, des familles,
01:48tout ça n'est pas supportable.
01:49On ne peut pas demander à toutes ces catégories-là de la population,
01:52aux classes populaires, aux classes moyennes,
01:53de continuer à faire des efforts quand les plus riches n'en font pas.
01:56Et ce que tout le monde doit comprendre,
01:58c'est que tout ce que les plus riches ne paieront pas,
02:01tous les autres auront à le payer.
02:03Et donc c'est la raison pour laquelle il y a effectivement de gros efforts à faire
02:06et de l'ordre de 15-16 milliards aujourd'hui.
02:10Et donc nous avons besoin d'avancer.
02:12Si ça n'était pas le cas...
02:13Je vous laisse entre le moins de mes camarades...
02:16Est-ce que ça veut dire que c'est la taxe Zucmane, rien que la taxe Zucmane ?
02:19Ça veut dire que la taxe Zucmane est une solution
02:21et au gouvernement de faire la démonstration qu'il y a une autre solution.
02:25Moi ce que je veux c'est un rendement.
02:27Ce que je veux c'est qu'on ait assez d'argent dans nos poches
02:30pour éviter de prendre dans les poches des Français moyens, ordinaires,
02:34qui eux n'en peuvent déjà plus
02:36et donc il y a nécessité...
02:37Alors attendez, soyons concrets ce matin, vous avez appelé le mot de rendement.
02:40Vous avez dit rendement.
02:42La taxe Zucmane, vous espériez en recueillir 15 milliards d'euros au bas.
02:45Bon, peut-être 20 même disaient certains.
02:48Vous voulez combien pour considérer que l'effort demandé aux plus riches est suffisant ?
02:53Je pense que si on arrive à trouver de l'ordre de 15 et 20 milliards d'euros de recettes supplémentaires,
03:01et bien effectivement nous avons là les moyens de corriger la copie,
03:04de corriger une copie qui est...
03:06Donc à moins de 15 milliards, c'est censure du gouvernement.
03:09La copie initiale du gouvernement ne sera pas la copie de sortie.
03:14Alors après, il y a un équilibre, pardon de la technique,
03:17mais il y a un équilibre entre les nouvelles recettes et puis le montant du déficit,
03:22puisque le Premier ministre a laissé passer l'idée
03:24qu'on ne serait pas forcément à 4,7 points de PIB de déficit,
03:28peut-être on irait jusqu'à 5.
03:30Donc c'est peut-être pas 15 milliards, ça peut être moins.
03:32Ça veut dire qu'il faut retrouver des marges de manœuvre
03:35pour éviter tout ce que la copie initiale comprend,
03:39l'abattement sur les retraités,
03:41je pense au gel des pensions de retraite, au gel des prestations sociales,
03:45à tout ce qui va faire rentrer dans l'impôt sur le revenu des gens qui n'y sont pas aujourd'hui,
03:49toutes ces séries d'horreurs qui aujourd'hui frappent les Français
03:54et qu'il faut retirer, et pour les retirer, il faut des moyens pour cela.
03:57Est-ce qu'il faut obligatoirement taper sur les riches ?
04:00Jean-René Cazeneuve, qui est du socle commun de Renaissance,
04:03a fait une proposition, peut-être c'est de taxer davantage les GAFAM.
04:06Est-ce que ça c'est quelque chose qui vous conviendrait,
04:07avec un rendement là aussi autour de 15 milliards visiblement ?
04:10Non, ce n'est pas 15 milliards.
04:12La réalité, d'abord, nous avons nous-mêmes proposé d'augmenter la taxe sur les GAFAM,
04:17nous l'avons proposé dès le mois d'août.
04:20Donc ça n'est pas pour nous évidemment un problème.
04:23Simplement, il faut faire attention là aussi,
04:25les GAFAM, il faut effectivement augmenter leurs contributions.
04:28Dans quelle proportion ?
04:29Les GAFAM, pour ceux qui nous regardent, c'est Google, Apple, c'est les géants de la tech.
04:34Oui, ils ne proposent pas 15 milliards.
04:36Mais il faut faire attention là aussi,
04:38est-ce qu'il n'y a pas de mesure de rétention du côté américain,
04:40qui coûterait plus cher en réalité aux entreprises françaises que l'inverse ?
04:44Donc il faut taper sur les gros patrimoines.
04:46Mais il faut taper sur les GAFAM, il faut taper sur les ultra-riches, bien sûr.
04:50Il faut taper sur les héritages, sur les super-héritages aussi.
04:53Il faut faire en sorte qu'on prenne l'argent là où il est disponible.
04:56Tout ça en deux jours.
04:57Vous vous rendez compte, vous vous rendez compte, vous vous rendez compte.
04:58Vous pensez que vous pourriez trouver des accords ?
05:00Chémi Trottin, rendez-vous compte quand même que la semaine dernière,
05:04Bernard Arnault, première fortune de France,
05:06qui a une fortune qui est de plus de 150 milliards d'euros,
05:10a gagné en une journée 19 milliards de dollars.
05:13Est-ce que vous considérez que quelqu'un qui gagne en une journée 19 milliards de dollars
05:18ne peut pas contribuer plus largement à la prospérité commune ?
05:23Est-ce que c'est possible de l'imaginer ou pas ?
05:25Est-ce qu'il est possible d'imaginer d'avoir ces débats sans parler de Bernard Arnault ?
05:30Voilà l'autre question.
05:31Mais pour vous, je remarque que la sémantique est importante.
05:35Ce n'est pas un ultimatum, c'est un avertissement.
05:38Vous vous dégagez toujours une petite marge.
05:40Est-ce que vous êtes prêt à vivre avec les conséquences politiques
05:43de l'ultimatum ou de l'avertissement
05:46et de forcer une dissolution ?
05:48Et possiblement, politiquement, avoir à vivre avec les conséquences d'une dissolution.
05:52Parce que votre menace, elle est opérante
05:54si M. Lecornu pense que vous avez le cran d'aller jusqu'au bout.
05:59Mais nous avons déjà fait la démonstration à plusieurs reprises
06:02que nous avions à la fois le cran de chercher à négocier
06:06quand il y avait quelque chose à négocier
06:07et que nous avions aussi le cran d'aller jusqu'au bout,
06:10c'est-à-dire jusqu'à la censure et jusqu'à la dissolution.
06:13Ces nécessités s'en faisaient sentir.
06:14Mais j'ai eu l'impression, pendant cette semaine
06:16où on ne savait plus vraiment qui était Premier ministre,
06:19si M. Lecornu restait ou s'en allait,
06:21que vous avez eu un petit frisson quand même à l'idée
06:24qu'on se retrouve plus rapidement que prévu
06:26dans un scénario de dissolution.
06:28Non, aucun frisson.
06:29Je vous rassure, aucun frisson.
06:32Je suis maintenant rassuré.
06:33Vous avez un des accords plus fondamentaux
06:35avec Sébastien Lecornu, au-delà même de la taxe Zuckman,
06:38c'est son rendement qu'on évoquait il y a quelques instants.
06:40Les services de Matignon disent
06:41que ça ne ramènerait pas 15 à 20 milliards
06:43dans la mesure où...
06:46Non mais ils disent que ça aura des effets néfastes
06:48et ça ne rapportera pas autant.
06:50En partant du principe, en contestant la méthodologie
06:52qui a été utilisée, à savoir reposer sur le classement formes,
06:56non, finalement, ce n'était pas une source scientifique
06:59pour le calcul d'une telle taxe.
07:02Est-ce qu'en dessous de 15 milliards,
07:03ça ne discute pas, encore une fois,
07:05si vous tombez sur un effort fiscal de 10 milliards
07:08qui repose sur un bassin à définir avec le Premier ministre ?
07:13Ou est-ce que c'est vraiment qu'importe vos questionnements
07:15sur la méthode, c'est 15 à 20 milliards et rien d'autre ?
07:19Je vous répète ce que j'ai dit tout à l'heure,
07:22c'est-à-dire que je veux un rendement.
07:24Je veux qu'on puisse épargner les classes populaires
07:26et la classe moyenne.
07:27Oui, mais ce n'est pas la même chose
07:28si vous divergez sur le rendement de la taxe
07:30et que vous arrivez à un effort finalement
07:32et à un calcul commun.
07:32Si le gouvernement considère que la taxe Zuckmann
07:35ne rapporte que 5 milliards,
07:36eh bien...
07:37Il faut trouver autre chose.
07:38Non, non, bien sûr qu'il faudra trouver autre chose,
07:41mais jusqu'ici, ce qu'on nous expliquait,
07:43c'est que c'était trop.
07:44Il ne fallait pas spolier les grandes fortunes.
07:46Bon, si ça ne prélève que 5 milliards
07:49sur les grandes fortunes,
07:51alors allons-y.
07:52Quel est le problème ?
07:53En fait, vous pensez vraiment
07:54que des gens qui ont accumulé,
07:55enfin qui sont passés d'un patrimoine
07:57de 600 milliards à 1 200 milliards
08:00en 8 ans,
08:02est-ce que vous pensez
08:02qu'on ne peut pas leur prélever 5 milliards ?
08:04Si on ne peut pas leur prélever 5 milliards,
08:06alors comment voulez-vous,
08:08dans le même temps,
08:09prélever en fait près de 4 milliards
08:11sur les prestations sociales,
08:12sur les pensées de retraite, etc.
08:14Olivier Faure, moi j'aime bien qu'on raconte
08:16les coulisses de ce qui se passe,
08:18pour que les gens comprennent.
08:19Il y a ce qui va se discuter dans l'hémicycle.
08:22Les députés vont commencer à plancher
08:23cet après-midi à 15h,
08:25ils vont travailler samedi,
08:26ils vont travailler toute la semaine prochaine.
08:27Le vote solennel, c'est de 4 novembre.
08:29Pendant qu'il y a ce travail-là dans l'hémicycle,
08:32est-ce que vous pouvez nous confirmer ce matin
08:34que vous discutez avec le Premier ministre,
08:37parallèlement à ce qui se passe dans l'hémicycle,
08:40pour discuter du meilleur périmètre possible,
08:43pour qu'il n'y ait pas cette censure
08:45et qu'on puisse voter,
08:46que vous puissiez voter ce budget ?
08:48Évidemment que des contacts existent,
08:50mais le débat, il aura lieu à ciel ouvert.
08:53D'accord, mais lors de ces contacts,
08:56vous discutez de quoi concrètement ?
08:57Mais de ce que je vous dis là,
08:59et il n'y a pas de on et de off,
09:01il y a en réalité un débat
09:03qui est un débat que nous devons avoir
09:05devant les Français, dans l'hémicycle,
09:08et il y aura à ce moment-là,
09:09il avait été dépris,
09:11qui a commencé d'ailleurs en commission.
09:13C'est un élément parallèle à ce qu'on vient de se dire.
09:18Mais vous aviez jusqu'ici un rassemblement national
09:20qui s'est toujours tiré de toutes les discussions
09:23en appelant à la dissolution,
09:25à la démission, tout ce que vous voulez,
09:26mais qui ne disait jamais ce qu'il était.
09:29Aujourd'hui, chacun peut se rendre compte
09:30que les masques tombés,
09:33le RN n'est pas un parti
09:34qui protège les classes populaires et la classe moyenne.
09:37C'est un parti qui est du côté du grand capital,
09:39Qu'est-ce qui vous permet de dire ça ?
09:41Mais ils sont absolument contre toute forme
09:43de taxation des plus riches.
09:45Ils ont défendu les plus riches
09:47tout au long de la commission des finances.
09:49Et nous allons maintenant voir en séance publique
09:51qu'ils vont à nouveau,
09:53j'imagine,
09:54prolonger ce qu'ils ont fait en commission
09:56et nous verrons bien que c'était une imposture
09:59et qu'en réalité, ces gens qui se sont fait passer
10:02pour les défenseurs de la veuve et de l'orphelin,
10:05en réalité, n'ont Dieu que pour, en fait, Vincent Bolloré.
10:09– Bon, en tout cas, une information,
10:10le Parti Socialiste, les députés discutent bien
10:13avec Matignon pour trouver une porte de sortie
10:15sans savoir d'ailleurs si cette porte de sortie
10:17sera ouverte ou fermée.
10:18– Mais porte de sortie, justement.
10:20– Aurore Malval.
10:21– Par rapport à ça, je reviens sur la question
10:23de la suspension de la réforme des retraites,
10:24donc cette lettre rectificative qui en a précisé
10:26les modalités de financement.
10:27Est-ce que vous avez une impression
10:28d'une entourloupe, là,
10:30parce que vous n'êtes pas du tout d'accord
10:31sur les pistes qui sont proposées,
10:33donc notamment de faire payer aux retraités
10:34la suspension de cette réforme ?
10:37Comment ça s'est décidé, finalement ?
10:39– C'est le gouvernement qui a accédé
10:42à notre demande d'avoir une lettre rectificative
10:44qui permet de sécuriser le processus.
10:46Il fallait en reprendre la technique.
10:47Mais enfin, en gros, maintenant,
10:49on est sûr que la suspension aura lieu.
10:51– Mais à quel prix ?
10:52– Le problème, c'est à quel prix et qui paye.
10:54Et là, nous ne sommes pas d'accord,
10:55mais vous pouvez regarder sur le site de l'Assemblée,
11:00il y a la lettre rectificative
11:01avec une annotation manuscrite du Premier ministre
11:04qui dit « à débattre sur la façon
11:06dont on va financer cette suspension ».
11:10Et donc, nous débattrons
11:11et nous nous opposerons au financement
11:13tel qu'il est prévu aujourd'hui.
11:14On ne peut pas dire que parce qu'on va permettre
11:17à des gens de partir plus tôt,
11:18ce sont les autres retraités qui doivent le payer.
11:20Donc, ça n'est pas possible.
11:21– Sur le budget, Sébastien Lecornu a dit
11:23que ce ne serait pas le budget Sébastien Lecornu.
11:25Mais on a l'impression que vous voulez
11:26que ce soit le budget Olivier Faure.
11:28Mais le budget Olivier Faure
11:29ne trouvera pas non plus de majorité.
11:31Le budget Olivier Faure tombera
11:32parce que les LR ou Horizon votera compte.
11:35Donc, en réalité, il n'y aura pas du tout de budget.
11:36Est-ce que vous n'êtes pas en train
11:37de faire monter trop les enchères actuellement
11:38avec un risque au final politique
11:40que tout ça se réduise à un état de poussière, en réalité ?
11:44– On parle de quelle copie ?
11:46– Non, mais on parle d'une copie qui est une copie partagée
11:50entre, en réalité, à la fois les LR et ce qu'on a appelé le…
11:56je ne sais plus comment on les appelle.
11:57– Le bloc central.
11:58– Le bloc central.
11:59Bon, eh bien, en fait, tous ces gens-là étaient d'accord
12:02sur la copie initiale.
12:03C'était même la copie initiale du gouvernement Lecornu 1
12:06dans lequel ils étaient tous présents.
12:08Donc, cette copie-là, c'est la leur.
12:09On parle de leur copie.
12:11Et donc, nous, nous amendons leur copie.
12:13Et il n'est pas illogique que nous ayons des exigences
12:17parce que c'est quand même un peu fort de café.
12:19Nous avons, l'an passé, été placé en tête
12:22par les Français dans le scrutin.
12:24Ils sont, eux, au gouvernement.
12:25Les LR sont encore au gouvernement
12:27puisqu'ils sont simplement suspendus pour ceux qui y sont.
12:30Et je rappelle que ces gens-là ont fait 5%.
12:33Donc, comment est-il possible
12:34qu'on nous demande à nous
12:36de vouloir approuver un Premier ministre,
12:38un gouvernement et une politique
12:41qui ont été défiées par les Français
12:43et maintenant, il faudrait en plus
12:44qu'on baisse pavillon.
12:45Non, nous ne baisserons pas pavillon.
12:47Et donc, nous exigeons effectivement
12:48de vrais correctifs.
12:50Si ces correctifs n'existent pas,
12:51alors nous partirons aux urnes.
12:53Et ça n'est pas si grave.
12:54Moi, ça ne me pose pas de problème.
12:55Je veux tout faire pour que nous ayons un budget
12:59avant la fin de l'année.
13:00Mais si, à un moment, il n'est pas possible
13:02d'en trouver les conditions,
13:03alors nous irons aux urnes.
13:04Donc, ça revient à dire,
13:05nous censurerons tout Premier ministre.
13:07Parce que si je fais de la politique fiction
13:08pour vous suivre,
13:09Sébastien Lecornu,
13:10qui a une autorité toute relative
13:14sur ce bloc central,
13:15c'est-à-dire que ce coup de pression
13:16fonctionne s'il avait la main
13:18sur la majorité,
13:19que l'ensemble des députés
13:20l'équipentait de LR jusqu'à EPR,
13:22c'est-à-dire Renaissance,
13:23le groupe de Gabriel Attal,
13:25ce n'est pas franchement le cas.
13:26Vous censurez Sébastien Lecornu.
13:27Derrière, pas de budget,
13:29ou en tout cas,
13:30difficilement des débats budgétaires
13:31dans les temps contraints
13:33par la Constitution.
13:34Ça veut dire,
13:35très probablement,
13:36si un nouveau Premier ministre
13:37est nommé ordonnance,
13:40aucune raison,
13:42par ordonnance,
13:42de vous accorder la même chose
13:43que Sébastien Lecornu a refusé
13:44sur la taxation des plus riches,
13:47etc.
13:47Non, mais je continue le scénario.
13:49Donc, on recensure.
13:51Et donc, c'est ce que vous êtes en train de dire.
13:52Nous censurons tant que nous n'obtiendrons pas.
13:52Mais vous êtes en train d'expliquer
13:53très exactement les raisons
13:55pour lesquelles nous n'avons pas censuré
13:56a priori.
13:57Et donc, je partage complètement
13:59ce point de vue.
13:59Mais donc, c'est-à-dire censure
14:01de tout Premier ministre
14:02renommé par Emmanuel Macron
14:03qui ne cèderait pas à vos demandes ?
14:05Mais, il y aura une discussion.
14:08Et la réalité,
14:09c'est que nous avons quand même,
14:10enfin, c'est là où je trouve ça,
14:12il ne faut pas inverser
14:13à la charge de la preuve.
14:14La réalité, c'est que nous,
14:15nous avons fait l'effort
14:15de ne pas censurer
14:16un Premier ministre a priori
14:17pour toutes les raisons
14:18que vous venez d'évoquer
14:19parce que c'était en réalité
14:20et très contre-productif
14:21puisqu'en réalité,
14:22nous nous aurions fait imposer
14:24tout ce que nous ne voulons pas.
14:26Donc, nous avons accepté
14:27d'entrer dans la discussion.
14:29Maintenant, il faut
14:29qu'il y ait une discussion.
14:30Pour l'instant,
14:31nous n'avons pas vu trace
14:32de la volonté de compromis
14:34de la part du bloc central.
14:37Et l'avertissement,
14:38il n'est pas simplement
14:39pour le Premier ministre.
14:40Il est aussi pour les groupes
14:42parlementaires qui constituent
14:43ce bloc central
14:43et qui ont eux aussi
14:45une part de la réponse.
14:46Et donc, c'est à eux aussi
14:47de faire l'effort.
14:48Stéphane Bureau,
14:49vous parlez de ce que,
14:50sur la question des dépenses,
14:54pardon, des revenus,
14:55il faut faire des gains.
14:56Vous voulez absolument
14:57faire des gains, soit.
14:58Mais sur la question
14:59des dépenses,
15:00où êtes-vous prêt
15:00à retrouver peut-être
15:01à mi-chemin
15:02M. Lecornu
15:03et le fameux bloc central?
15:05Parce que, nécessairement,
15:06il doit y avoir
15:07un point d'équilibre.
15:08Sinon, on se retrouve
15:09dans les passes,
15:09comme le dit Nela.
15:10Et êtes-vous prêt
15:11à mettre sur la table
15:12déjà d'annoncer
15:13des choix que vous seriez
15:14prêt à concéder
15:16au gouvernement?
15:16– Mais vous aurez noté
15:18que j'ai parlé tout à l'heure
15:20d'entre 16 et 20 milliards.
15:21Je n'ai pas dit
15:21que c'était l'intégralité
15:22de ce qui était proposé
15:23qu'il fallait rejeter.
15:25Donc, j'ai bien conscience
15:26du fait qu'il faut arriver
15:28à trouver une trajectoire
15:29de désendettement du pays.
15:31Et quand nous,
15:32nous avons proposé
15:33notre propre contre-budget
15:34au mois d'août,
15:35nous avons fixé
15:36une trajectoire
15:37à 5 %,
15:38ce qui n'est pas en fait
15:42ce qui est une vraie émotion.
15:44– Très évoilier
15:44de ce que propose
15:45Sébastien Le Corbus.
15:46– Il propose 4,7.
15:47On propose 5.
15:48On est à 5,4 aujourd'hui.
15:50Donc, on est à mi-chemin.
15:51Et cette trajectoire,
15:52nous ne l'avons pas fixée seul.
15:53C'est la trajectoire fixée
15:54par l'OFCE.
15:55Et donc, nous sommes
15:56dans une situation
15:56où nous cherchons
15:57à faire à la fois
15:59du désendettement,
16:00mais ne pas étouffer
16:01l'économie.
16:02Si vous tuez
16:02la consommation populaire,
16:03vous tuez l'économie tout court
16:04et vous n'aurez pas de croissance.
16:06Donc, nous avons besoin là
16:07de maintenir un effort
16:09qui soit un effort soutenu,
16:11mais un effort
16:11qui soit acceptable,
16:12un effort qui ne porte pas
16:14principalement
16:14sur les classes populaires
16:15et la classe moyenne
16:16parce que si c'est eux
16:17qui payent,
16:18vous savez que vous allez
16:19effondrer l'économie française.
16:20– Je reviens sur ce que
16:21Boris Vallaud,
16:21le chef des députés socialistes,
16:23a dit hier.
16:23Il a dit,
16:24moi ça m'a frappé cette phrase,
16:25il a dit,
16:26tout se joue ce week-end.
16:27Parce que je le disais,
16:28les députés vont travailler
16:29dès cet après-midi,
16:30toute la journée de samedi
16:31et puis reprendre
16:32la semaine prochaine.
16:33Pourquoi ce week-end ?
16:35Ça veut dire que
16:35dès ce week-end,
16:37vous pourriez dire,
16:37ok, le compte n'y est pas,
16:39on arrête les frais
16:39et mettre le pouce en bas ?
16:41– Parce que dans la discussion
16:43des premiers articles,
16:46il y a là, en fait,
16:47des éléments
16:47qui permettent de se dire
16:49si nous aurons des marges
16:50de manœuvre ou pas
16:51pour la suite.
16:52Et donc,
16:53c'est peut-être pas
16:55simplement aujourd'hui.
16:56D'ailleurs, ce soir,
16:57on va commencer les articles
16:58à 21h.
16:59Mais ce soir,
17:01demain,
17:02lundi,
17:02il y a l'essentiel
17:04de ce que peut être
17:05la marge de manœuvre
17:07d'un budget
17:08qui permettrait ensuite
17:10d'enlever
17:11tout ce qu'on a appelé
17:11nous-mêmes
17:12le musée des horreurs.
17:13Donc,
17:13si nous n'avons pas
17:14les moyens
17:15de retirer ensuite
17:16les horreurs,
17:17effectivement,
17:18il n'y a plus
17:18de débat possible.
17:19– Quand on vous écoute,
17:20on a l'impression vraiment
17:20que le pouvoir est vraiment
17:22entre Matignon
17:23et le Parlement.
17:25Est-ce qu'il y a
17:25un troisième personnage,
17:27le président de la République,
17:28qui gêne les discussions
17:30que vous pouvez avoir
17:31avec le Premier ministre
17:32ou est-ce que vous avez
17:33le sentiment
17:33que le Premier ministre
17:34a carte blanche
17:35pour négocier avec vous ?
17:38– Je n'en sais rien.
17:39Le nom du président de la République
17:40n'apparaît jamais
17:41dans les discussions.
17:42Mais peut-être est-il
17:45effectivement un frein.
17:46Je n'en sais rien.
17:47Je n'en ai aucune idée.
17:48Mais simplement,
17:49ce que je sais,
17:50c'est qu'il y a en fait
17:51un chemin qui est étroit.
17:53Nous avons fait un pari.
17:54Le pari,
17:55il est un pari conjoint.
17:56Se dire que nous pouvons
17:57avoir un Parlement
17:59qui, en liberté,
18:00parvient à trouver
18:01un moment,
18:02une voie de passage,
18:03donc des compromis,
18:05qui permettent au pays
18:06d'avancer.
18:06Voilà, c'est simple.
18:07– Vous parlez avec Gabriel Attal,
18:08avec Laurent Wauquiez,
18:10avec Marc Fénaud,
18:12puisque vraisemblablement,
18:13vous dites que c'est au Parlement
18:13de trouver les voies du compromis.
18:15Or, pour l'instant,
18:15le message de Boris Vallaud,
18:17il est adressé
18:18à Sébastien Lecornu
18:19et pas aux autres présidents
18:20de groupe.
18:20– Non, non, non.
18:21Il s'adresse à Boris Vallaud,
18:22il s'adresse aussi aux présidents
18:23de groupe.
18:23– Vous nous avez dit
18:23qu'on parle avec Matignon.
18:25Il y a des échanges.
18:25Est-ce que vous avez des échanges
18:26avec les autres présidents
18:27de groupe parlementaire ?
18:27– Il y a des échanges
18:28entre les présidents
18:36mais infertiles vraisemblablement.
18:39– Mais inaboutit.
18:40Donc, pour l'instant,
18:41nous n'en sommes pas.
18:42Enfin, vous avez le résultat
18:43de la commission.
18:44Mais si vous voulez
18:45qu'on reproduise
18:45en séance publique
18:46sur la commission…
18:47– Non, il disait hier
18:48que ce n'est pas un échec,
18:49c'est juste un rejet.
18:50Il disait qu'il y aura
18:50de la responsabilité
18:51dans l'hémicycle.
18:52Ça, vous ne croyez pas ?
18:52– Si, j'y crois.
18:53Je crois que c'est possible.
18:54Je ne suis pas venu ce matin
18:56vous dire que c'est fini.
18:57Je suis en train de vous dire
18:58que pour l'instant,
19:00on est très loin du compte.
19:01et que donc,
19:02il y a une discussion
19:03qui va être une discussion
19:04difficile
19:04que nous mènerons ardemment
19:07et nous ferons en sorte
19:08de nous faire entendre
19:09parce que si nous ne sommes
19:10pas entendus,
19:11l'histoire s'arrête.
19:12– J'ai noté tout à l'heure
19:13que vous avez dit
19:13« nous »
19:14qui avons été choisis
19:15il y a un an
19:15par la majorité des Français.
19:18Ce « nous »
19:18est-il encore existant ?
19:20Est-ce qu'il y a un « nous »
19:20de la gauche
19:21qui travaille
19:22ou ce sont les socialistes
19:24en cavalier seul
19:24qui aujourd'hui
19:26arbitrent les débats ?
19:27Avez-vous l'impression
19:27de parler aussi
19:29avec vos anciens amis ?
19:31– Mais il n'y a pas
19:31d'anciens amis.
19:32En fait,
19:33il y a des gens
19:34avec qui je partage des combats
19:36et avec lesquels
19:36je continue à partager des combats.
19:38On a beaucoup parlé
19:39de la taxe Zuckman.
19:40On pourrait aussi parler
19:41de la suspension des retraites.
19:42On pourrait parler
19:43de tout ce qui a été
19:45notre socle commun à nous.
19:47– Il y a toujours à nous ?
19:48– Il y a toujours à nous,
19:49bien sûr.
19:49– Avec les insoumis aussi ?
19:50– Mais en commission,
19:52les combats sont souvent
19:53des combats partagés
19:54où nous votons ensemble
19:55les mêmes amendements.
19:56Après,
19:57il y a ceux qui sont
19:58dans une forme
19:59d'intransigeance
20:01et qui considèrent
20:02que c'est tout ou rien.
20:04– Vous n'êtes donc pas
20:04dans le cas des intransigeants ?
20:06– Nous, nous considérons
20:07que ce n'est pas tout ou rien
20:07parce que si c'est tout ou rien,
20:08ce ne sera rien.
20:09Donc, nous préférons,
20:11évidemment,
20:11le fait d'avoir
20:12au moins une partie
20:14de ce que nous cherchons.
20:15Mais sur les objectifs fixés,
20:17bien sûr,
20:18que nous sommes ensemble.
20:18– Ce n'est pas un peu compliqué,
20:21dangereux même,
20:22de jouer avec le feu,
20:23la censure,
20:23etc.,
20:24au moment où
20:24une troisième agence
20:26de natation
20:26s'apprête peut-être
20:28à dégrader
20:29la note de la France.
20:30On imagine les conséquences
20:32d'une censure.
20:33Vous dites,
20:33tout se joue ce week-end.
20:34Donc, ce que j'entends,
20:35c'est qu'il pourrait y avoir
20:36déjà peut-être
20:37une censure
20:37qui arriverait
20:38dès le début
20:39de la semaine prochaine.
20:40Ce n'est pas dangereux
20:41de jouer avec le feu comme ça
20:42compte tenu
20:42de la situation économique
20:43de la France ?
20:44– Laurent Neumann,
20:44en fait,
20:45le gouvernement chiffre
20:47à 15 milliards
20:47le coût d'une dissolution.
20:49Je vous ai dit
20:50que moi,
20:50je cherchais des marges
20:51de manœuvre
20:51entre 15 et 20 milliards.
20:53Et qu'est-ce que
20:55préfère le gouvernement ?
20:56Il préfère chercher
20:57une stabilité
20:58avec nous
20:59et faire en sorte
21:00qu'il y ait
21:01une vraie évolution
21:01pour épargner
21:02les Françaises
21:03et les Français
21:03qui ne peuvent plus
21:04payer ce qu'on leur demande ?
21:06Ou est-ce qu'il préfère
21:07une dissolution
21:07qui coûtera de toute façon
21:0815 milliards ?
21:09Moi, je pense qu'à un moment,
21:10il faut essayer
21:11de raisonner à froid
21:12et essayer de trouver
21:13les bonnes solutions.
21:14– Merci Olivier Faure,
21:15merci d'être venu répondre
21:16aux questions
21:17de tous mes complices.
21:19Il y avait plein de questions
21:19à vous poser.
21:20Je retiens un chiffre,
21:2115 à 20 milliards.
21:22– On peut rester
21:22pour une heure, c'est-à-dire ?
21:23– 15 à 20 milliards.
21:25Non, parce que
21:26dans un instant,
21:27on va aller suivre
21:28Gérald Darmanin
21:29qui arrive dans quelques minutes
21:30à Bordeaux.
21:31Il se rend
21:32à l'École nationale
21:33de la magistrature.
21:34C'est tous les futurs magistrats.
21:35On a besoin de magistrats.
21:37On va parler de droit,
21:38entre autres.
21:38On revient dans un instant.
21:39– Sous-titrage Société Radio-Canada
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