Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 mois
Olivier Faure, premier secrétaire national du Parti socialiste, était l’invité du face-à-face de BFMTV ce mercredi 15 octobre, au lendemain de la déclaration de politique générale de Sébastien Lecornu.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Olivier Faure.
00:03Bonjour Apolline de Malher.
00:04Olivier Faure, vous êtes officiellement le premier secrétaire du Parti Socialiste,
00:07mais ce matin j'ai presque envie de vous dire que vous êtes le vice-premier ministre,
00:12parce que le vrai chef du gouvernement c'est vous ?
00:14Oui, ah bon, j'aimerais qu'on ait un gouvernement de gauche,
00:18malheureusement c'est un gouvernement de droite qui reste à Matignon,
00:22et donc nous allons maintenant nous battre.
00:24Non mais c'est vous, c'est vous qui avez quasi écrit le texte prononcé hier à l'Assemblée nationale.
00:30Non, je n'ai pas écrit le texte, et si c'est moi qui l'avais écrit, je peux vous dire qu'il aurait été très différent.
00:35Il y a aujourd'hui un gouvernement de droite, il y a une opposition de gauche,
00:38mais nous avons accepté l'idée de commencer à travailler sur le budget,
00:43de le faire donc sans voter la censure demain, pour une raison simple,
00:46c'est que nous avons besoin d'un budget, et que nous avons un gage donné par le Premier ministre,
00:51c'est de sa bonne foi, puisqu'il a accepté de suspendre la réforme des retraites jusqu'au 1er janvier 2028.
00:56À ce moment-là, nous aurons eu entre les deux une élection présidentielle,
01:00qui déterminera le sort définitif de la réforme des retraites.
01:03Vous l'avez applaudi hier, on va rentrer évidemment dans les détails,
01:05non seulement de ce que vous dites être une suspension,
01:08que certains économistes de gauche disent n'être qu'un décalage, on va y revenir,
01:12mais il y a aussi beaucoup de choses dans ce budget,
01:16avec lesquelles, a priori, vous ne sembleriez pas tout à fait d'accord.
01:19Et on va voir, vous l'avez dit, ce n'est qu'une première victoire,
01:23quelles sont les autres victoires que vous espérez ?
01:25Sur cette question de suspension, voilà les mots exacts du Premier ministre hier.
01:29Aucun relèvement de l'âge n'interviendra à partir de maintenant jusqu'à janvier 2028,
01:34comme l'avait précisément demandé la CFDT.
01:35Il prend soin évidemment de citer la CFDT plutôt que le Parti Socialiste,
01:38mais enfin j'imagine que vous vous êtes sentis visés.
01:40En complément, la durée d'assurance sera elle aussi suspendue
01:43et restera à 170 trimestres jusqu'à janvier 2028.
01:47Vous dites suspension, mais en réalité ça n'est qu'un décalage.
01:50C'est une suspension.
01:52Pour l'instant, plus personne ne verra l'âge légal et les trimestres bouger.
01:56Ce qui était la réforme borne.
01:58Maintenant, en 2028, ça veut dire que nous sommes en 2025,
02:02il y a trois ans pendant lesquels tout ça est suspendu,
02:06et en 2027, il y aura une élection présidentielle.
02:09Et là, les Français choisiront, puisque je n'imagine pas un seul instant
02:12que les candidats à l'élection présidentielle ne disent pas ce qu'ils veulent faire
02:16sur cette réforme des retraites.
02:17Est-ce qu'ils veulent l'abroger ? Est-ce qu'ils veulent au contraire la prolonger ?
02:20Et à ce moment-là, on aura en fait une légitimité pour le prochain président
02:25à réaliser une réforme ou à prolonger celle-ci,
02:28puisqu'il aura été élu par les Françaises et les Français.
02:30On a presque l'impression, à vous entendre, Olivier Faure,
02:33que c'est le début de la campagne présidentielle.
02:35D'une certaine façon, oui.
02:37Oui, parce que maintenant, à partir d'aujourd'hui, chaque vote va compter.
02:41Il n'y a plus de 49-3.
02:43Ça veut dire quoi ?
02:43Ça veut dire que chaque député sera amené à se prononcer
02:47et son vote aura une conséquence directe.
02:50C'est la première fois depuis 1958.
02:53Ça n'est jamais arrivé.
02:54Pour la première fois, vous aurez des députés qui sont responsables de leurs actes.
02:58Et donc, ils devront à la fois voter des recettes, voter des dépenses
03:01et dire aux Françaises et aux Français quelles sont les raisons de leur choix.
03:05Eh bien, moi, je pense que dans cette circonstance-là, les masques vont tomber.
03:09On aura des gens qui défendront plutôt les milliardaires
03:11et puis des gens qui défendront plutôt les retraités ou les salariés ou les jeunes.
03:15Et donc, nous verrons bien.
03:16Mais à chaque étape, chacun sera devant sa conscience et devant ses électeurs.
03:20Et il y a un certain nombre de points sur lesquels je voudrais vous interroger
03:22et notamment le gel du barroom de l'impôt sur le revenu.
03:25200 000 foyers vont mécaniquement entrer dans l'impôt.
03:29Ça, vous voterez contre ?
03:30Oui, absolument.
03:31En fait, à chaque étape, ce qu'il faut bien que tous ceux qui nous écoutent
03:34et qui nous regardent comprennent,
03:36c'est que, Olivier Faure, ce que vous êtes en train de nous dire,
03:38c'est que ce que vous avez fait hier,
03:39c'est-à-dire, au fond, être celui qui peut soit lever le pouce pour dire on continue,
03:45soit baisser le pouce pour dire on s'arrête.
03:47Ce mécanisme-là, vous pourrez le faire à chaque étape.
03:50Puisque comme il n'y a pas de 49.3, chaque article qui va être examiné de ce budget,
03:55vous pourrez dire, non, ça, je ne suis pas d'accord.
03:57Et si vous n'êtes pas d'accord, ce budget tombe.
04:00Pas tout à fait comme ça.
04:01Il n'y a pas que les socialistes qui vont décider.
04:04Sur chaque vote, vous aurez tous les groupes qui seront amenés à prendre des positions.
04:09A chaque vote, il y aura à chaque fois quasiment l'épée de Damoclès de la censure.
04:16Non, à chaque vote, il y aura tout simplement la possibilité d'avancer ou de reculer.
04:22Et je prends l'exemple que vous venez de citer.
04:24Sur la question, donc, de l'entrée dans l'impôt sur le revenu de 280 000 foyers,
04:30200 000, 280 000, on ne sait pas exactement,
04:32mais enfin, des gens qui, jusqu'ici, ne payaient pas l'impôt sur le revenu,
04:36qui vont, du fait du gel du barème de l'impôt sur le revenu...
04:38Qui ne suivra donc pas l'inflation ?
04:40Qui ne suivra pas l'inflation, et donc qui vont rentrer dans l'impôt sur le revenu.
04:42Donc les ménages les plus modestes, en réalité,
04:44puisque ce sont des gens qui sont juste en dessous du seuil d'entrée dans l'impôt sur le revenu.
04:48Eh bien, vous aurez là un vote, et vous aurez des gens qui diront
04:52« Oui, ça m'est égal », et des gens qui diront « Non, c'est impossible ».
04:55Et nous verrons donc ce que chacun fait.
04:57Et en face de cela, il faudra trouver des recettes.
04:59Donc là, nous aurons aussi un premier débat, dès les prochains jours, sur les recettes.
05:04Qu'est-ce qu'on fait ?
05:05Est-ce qu'on accepte l'idée que finalement, eh bien, sur les holdings, on prélève 1,5 milliard ?
05:10C'est ce que propose le gouvernement dans sa copie initiale.
05:13Ou est-ce qu'on va vers la taxe Zuckman, celle que nous suggérons,
05:16qui permettrait de récolter 15 milliards sur les milliards d'euros ?
05:18Je voudrais qu'on s'arrête un instant sur ce que vous êtes en train de dire.
05:21Vous venez de lâcher le mot Zuckman, le nom Zuckman.
05:25Olivier Faure, allez-vous réintroduire la taxe Zuckman par amendement ?
05:28Oui, bien sûr.
05:28Oui.
05:29Bien sûr.
05:29Vous allez réintroduire la taxe Zuckman par amendement ?
05:31Bien sûr. Et nous verrons à ce moment-là qui est pour et qui est contre.
05:34Et puis, nous aurons d'autres propositions.
05:36Si cette taxe Zuckman n'était pas adoptée, nous aurons d'autres propositions
05:39sur la flat tax, sur ce qu'on appelle le PFU, sur la CDHR, sur la CEHR,
05:47enfin sur toute une série de taxes qui visent les grandes fortunes,
05:52les grands patrimoines, les grandes entreprises.
05:54Et nous verrons bien qui est de quel côté.
05:57À chaque fois, il faudra effectivement sortir du bois, comme vous le dites, Olivier Faure.
06:01Un autre exemple.
06:02Vous avez une taxe sur l'impôt sur les sociétés qui vise aujourd'hui
06:06les 400 plus grands groupes qui sont sur notre territoire.
06:10Cette taxe, elle était de 8 milliards l'an passé.
06:12Elle est ramenée à 4 milliards cette année.
06:15Par exemple, on verra ceux qui sont prêts à la laisser à 4 milliards,
06:19comme le veut le gouvernement, ou ceux qui disent
06:20« ils ont payé 8 milliards l'an passé, ils ne sont pas morts »,
06:23eh bien, ils peuvent payer ces 4 milliards supplémentaires.
06:25Ça permettrait, par exemple, d'éviter notamment l'entrée
06:28dans l'impôt sur le revenu de ces ménages.
06:30Vous allez donc remonter à 8 milliards cette assiette-là ?
06:35Nous le proposerons et nous verrons après.
06:37C'est la démocratie.
06:38Nous avons, ou les Français plus exactement,
06:41ont l'an passé choisi des représentants.
06:44Et nous n'avions jamais autant voté depuis 40 ans.
06:47Donc ce Parlement, il est parfaitement légitime.
06:49Et c'est à chacun maintenant de se prononcer.
06:51Il y a un autre gel, c'est le gel des prestations sociales,
06:54des minima sociaux et notamment du RSA.
06:56Est-ce que là aussi, vous allez vous y opposer ?
06:58Oui, bien sûr.
06:59Vous vous opposerez à ce point-là.
07:00Les franchises médicales qui vont être doublées,
07:03vous vous y opposerez ?
07:04Donc vous vous opposerez à cette question du non-remboursement,
07:07le Doliprane par exemple,
07:08qui allait devenir quasiment à la charge des malades ?
07:11Oui, bien sûr.
07:11Vous vous y opposerez.
07:12La question des services publics,
07:13il y a un gel du budget d'un certain nombre de services publics.
07:16Est-ce que là aussi, vous vous y opposerez ?
07:18Oui, il faut voir dans les détails ce que ça comprend,
07:20mais effectivement, moi je souhaite que l'hôpital fonctionne.
07:23Donc ça veut dire qu'à la fin,
07:25ce budget déposé par Sébastien Lecornu,
07:28il n'en restera pas grand-chose ?
07:30Mais le Premier ministre lui-même a dit,
07:32c'est ma copie initiale, ce ne sera pas la copie d'arrivée.
07:34J'ai compris aussi hier qu'il disait que la trajectoire budgétaire
07:37qu'il fixait n'était pas exactement celle
07:40qui était la trajectoire initiale dans son projet de budget.
07:43Si on parle de technique 2 secondes,
07:45pour l'instant, il veut réduire le déficit à 4,7 points de PIB,
07:49et il a dit, je suis prêt à revenir à 5.
07:53Ça veut dire quoi ?
07:53Ça veut dire qu'entre les deux, il y a 9 milliards d'économies en moins.
07:58Ça veut dire que là où on pourrait prélever sur tous ces gens
08:01qu'on vient d'évoquer, parce que ce sont des gens
08:03et non pas simplement des chiffres,
08:05eh bien on pourrait là récupérer 9 milliards.
08:08Si nous augmentons les recettes,
08:09il y a là peut-être la possibilité de faire 10, 15 milliards de différence,
08:14et donc de faire en sorte que demain, on ait un budget
08:18qui soit un budget plus juste que ce qu'il est aujourd'hui.
08:20Ça veut dire que vous respecterez, Olivier Faure,
08:22vous respecterez la commande qui a été passée par Sébastien Lecornu
08:27et par son ministre de l'économie,
08:30qu'il y ait à chaque fois qu'il y ait un moins,
08:31un plus de l'autre côté.
08:33Bien sûr.
08:33Ça, vous respecterez.
08:34Vous trouverez les sous ailleurs.
08:36Mais moi, je souhaite qu'on soit gouverné.
08:38Je ne souhaite pas que le pays parte...
08:41Je ne souhaite pas mettre le pays en vrac.
08:43Je souhaite au contraire qu'on ait un pays qui puisse se tenir debout.
08:47Je souhaite qu'on puisse réduire la dette,
08:48mais pas au rythme qui avait été fixé par François Bayrou
08:51et que semblait rejoindre Sébastien Lecornu jusqu'ici.
08:55Je vois qu'il évolue.
08:56C'est une victoire là aussi.
08:58Et donc, je m'en satisfais.
08:59Et ce que je veux, c'est que...
09:00D'ailleurs, la trajectoire que nous avions nous-mêmes fixée,
09:03il y a un mois et demi à Blois,
09:04nous avions dit non pas 4,6 comme le voulait Bayrou,
09:08mais 5, ce qui permettait de faire en sorte
09:09que nous n'étouffons pas l'économie.
09:11On a besoin que l'activité reprenne,
09:13on a besoin que la consommation populaire...
09:145% du PIB, qui est effectivement le chiffre
09:17qui a d'ailleurs été repris par Sébastien Lecornu.
09:19Il vous avait prévenu hier, juste avant de monter à la tribune.
09:22Juste avant.
09:22Juste avant.
09:23Il vous a envoyé un SMS, il vous a dit c'est bon ?
09:25Il m'a dit je prends mon risque.
09:27Je prends mon risque ?
09:28Oui, parce qu'il prend un risque politique et je le reconnais.
09:30C'est les mots qu'il vous a écrits, je prends mon risque.
09:32Oui.
09:33C'est pour ça que vous avez applaudi ensuite lorsqu'il l'a prononcé.
09:35J'ai applaudi quand j'ai entendu l'ensemble des phrases
09:38qui permettaient de comprendre qu'il s'agissait non seulement
09:40d'une suspension de l'âge légal, mais aussi des trimestres
09:44pour qu'il n'y ait pas en fait de l'heure sur la nature
09:47de ce qu'était l'engagement du Premier ministre.
09:49Lorsque Bruno Retailleau dit hier,
09:51ce gouvernement s'est mis entre vos mains,
09:54entre les mains du Parti Socialiste, il a donc raison ?
09:56Non, il s'est mis entre les mains des Français.
09:58Parce que tout simplement, ce que j'ai fait hier,
10:00c'est que j'ai été simplement le porte-voix
10:01de millions de Français qui ont manifesté,
10:03de syndicats qui se sont prononcés à l'unanimité
10:06et qui ont réclamé que cette réforme s'interrompte.
10:10Un certain nombre de syndicats, ils demandent à aller plus loin.
10:12Sophie Binet de la CGT dit que c'est un décalage
10:15plus qu'une suspension et elle appelle même à l'abrogation.
10:19Est-ce que vous le tenterez dès maintenant, l'abrogation,
10:21ou est-ce que vous vous contenterez de la suspension,
10:23voire même du simple décalage ?
10:25Mais le débat sémantique sur décalage-suspension,
10:27je trouve qu'il n'a aucun sens.
10:29Il y a bien une suspension au sens où tout est interrompu.
10:33Maintenant, ce n'est pas définitif.
10:34Il faut maintenant gagner l'élection présidentielle.
10:37Et c'est une évidence qu'il y aura un choix
10:39entre la droite et la gauche au moment de l'élection présidentielle.
10:42Si vous voulez voter pour Jean-Dane Bardella ou Marine Le Pen,
10:46vous savez qu'en réalité, ils sont en train de renoncer
10:49progressivement à tout ce qu'ils avaient dit.
10:51Et là où ils avaient, paraît-il, une doctrine sociale,
10:54on voit bien que c'est maintenant une doctrine patronale.
10:56Si vous voulez choisir au contraire la gauche,
10:59vous savez qu'avec la gauche, nous reviendrons sur la réforme.
11:03C'est qui la gauche ?
11:04La gauche, c'est les socialistes, c'est les écologistes, c'est les communistes.
11:07Parce que là, vous allez tous en ordre dispersé.
11:08Vous l'avez annoncé, vous ne censurerez pas,
11:10à part quoi ? Il y a trois de vos députés qui s'apprêtent à censurer ?
11:13Oui, à peu près, je pense.
11:14C'est ça ? Pas davantage ?
11:16Non.
11:16Au moment où on se parle, ça veut dire que, donc, effectivement,
11:19votre consigne, ou en tout cas, votre décision collective
11:21de ne pas censurer sera globalement respectée ?
11:25Je vous arrête une seconde pour dire que ce n'est pas une consigne.
11:26Moi, je ne suis pas un caporal-chef.
11:29Je suis, en fait, celui qui anime un parti politique,
11:31un parti démocratique.
11:32Et nous avons donc délibéré collectivement.
11:35Et j'entends effectivement maintenant que la dilation collective
11:37soit respectée, parce que quand on est dans un parti démocratique,
11:42les décisions, eh bien, elles s'imposent à tous.
11:43Et il y a vos anciens partenaires du Nouveau Front Populaire
11:48qui, à l'inverse de vous, vont censurer.
11:50LFI va censurer, les écologistes vont censurer,
11:53les communistes vont censurer.
11:55Avez-vous encore quelque chose en commun ?
11:57Bien sûr.
11:58Dans les combats que nous allons mener maintenant sur le budget,
12:01texte, article par article, nous allons nous retrouver.
12:04Alors, je respecte leurs décisions, ce n'est pas la mienne,
12:06parce que je pense que, justement, il fallait avancer.
12:09Et d'ailleurs, ce que je regrette, c'est que, parfois,
12:11on a des gens qui cherchent à avoir ceinture et bretelles.
12:15C'est-à-dire qu'au fond, c'est les socialistes qui font l'effort de ne pas censurer.
12:18Donc, ça évite une dissolution.
12:21Et puis, derrière, c'est nous qui, parfois, prenons aussi les attaques de celles et ceux
12:26qui disent « mais vous auriez dû censurer, etc. »
12:28Parce que c'est plus facile de prendre...
12:30Tous ceux qui, aujourd'hui, vont censurer et qui font le choix de la facilité.
12:36C'est toujours plus facile de dire « moi, je suis totalement vierge de toute forme de reproche possible. »
12:41Je ne me suis pas compromis.
12:42Je ne me compromis pas, etc.
12:44Eh bien, moi, ce que je dis, c'est qu'à un moment, la politique, c'est aussi une affaire de responsabilité.
12:48C'est aussi un moment où...
12:50Vous lui avez dit à Marine Tondelier « tu ne prends pas tes responsabilités ? »
12:52À un moment, il faut y aller.
12:53Non, je ne lui ai pas dit ça comme ça.
12:55Et c'est une amie, donc je n'ai pas du tout de raison.
12:57Ça peut être une amie, mais vous pouvez avoir une certaine franchise.
13:01En tout cas, vous estimez qu'elle ne prend pas ses responsabilités,
13:03que les autres ne prennent pas leurs responsabilités.
13:05Je dis simplement qu'il y a une forme de facilité, souvent, à dire « eh bien, moi, je reste pur,
13:09je n'ai rien à voir avec ce gouvernement, etc. »
13:11Mais enfin, en même temps, si le débat démarre,
13:14et si demain, on a la possibilité de revenir sur des mesures qui sont des mesures terribles,
13:18ce sera grâce à ce débat.
13:20Parce que s'il n'y avait pas eu de débat, si on avait eu une dissolution,
13:22eh bien, chacun l'a compris, le budget, il n'était pas votable dans les temps.
13:27Et qu'est-ce qui se serait passé ? Une loi spéciale.
13:29Alors là, c'était l'intégralité.
13:30On avait, tout ce que le gouvernement souhaite, était en réalité produit.
13:35Et nous avions donc un budget qui était un budget très régressif.
13:39Grâce au fait que nous allons commencer et que nous allons démarrer le débat,
13:43nous allons certainement avoir d'autres victoires qui permettront d'éviter le pire de ce budget.
13:47Et on les a analysés ensemble, les points sur lesquels vous espérez obtenir victoire.
13:51Mais Olivier Faure, s'il n'y avait pas eu effectivement ce nouveau gouvernement, il y aurait eu dissolution.
13:58Marine Le Pen, elle vous accuse d'avoir peur d'aller aux urnes.
14:02Elle dit, je savais que les socialistes trahiraient.
14:05Ils veulent des excuses, trouver des excuses pour ne pas aller aux urnes.
14:10Écoutez, je ne sais pas très bien, je n'ai pas tellement envie de répondre à Marine Le Pen,
14:15qui pour moi est insignifiante.
14:17J'ai quand même un peu l'impression que c'est aussi ce que vous disent LFI, donc vous pouvez aussi répondre à LFI.
14:21Oui, mais je peux répondre à tout le monde.
14:24Il y a des gens qui passent leur vie à d'abord changer de pied,
14:27parce que Marine Le Pen, en l'occurrence, quand on a demandé la censure au mois de juin,
14:32elle n'était pas là.
14:33Et que donc, maintenant, elle a décidé qu'elle censurait tout à n'importe quel prix.
14:37Moi, ce que je vois, c'est que dans un pays qui est un pays qui va mal,
14:41on a besoin aussi d'avoir un budget, et on a besoin aussi de gens qui sont responsables.
14:46Bon, pour le reste, est-ce qu'on s'est fait acheter ?
14:48Pas du tout.
14:49Vous voyez bien que ce que je vous dis ce matin, c'est que je n'ai pas échangé,
14:53à partir du moment où il y avait la suspension, je n'ai pas acheté le budget.
14:57C'est tout le contraire.
14:58Je vous dis que je vais me battre désormais, pied à pied,
15:00et nous verrons bien qui, de la droite et de la gauche,
15:03obtient satisfaction, article par article.
15:06Olivier Faure, je parlais à l'instant des insoumis, des écologistes et des communistes.
15:11Les insoumis, vous aviez déjà dit que vous n'iriez pas ensemble à la présidentielle,
15:15mais les écologistes et les communistes, tout de même,
15:18vous aviez évoqué l'idée d'une primaire de cette gauche-là,
15:22c'est-à-dire toute la gauche, moins LFI.
15:24Est-ce que c'est encore d'actualité aujourd'hui,
15:26alors que vous ne partez pas ensemble sur cette question de budget ?
15:29Oui, bien sûr, mais nous avons déjà fait des choix différents,
15:32rappelez-vous, l'an passé.
15:34Et ça n'avait pas empêché, derrière, que socialistes, écologistes, communistes se retrouvent.
15:39Et j'espère bien que nous allons continuer à travailler ensemble,
15:42parce qu'il peut y avoir des différences d'appréciation à un moment donné.
15:45Ça ne veut pas dire que nous sommes en désaccord sur tous les sujets.
15:47Au moment où on se parle, vous irez ensemble à la présidentielle.
15:50Et vous verrez que dans le combat qui va commencer dès aujourd'hui,
15:53nous serons ensemble, à chaque fois, nous allons défendre ensemble la taxe Zuckman,
15:58nous allons défendre ensemble les services publics,
16:00nous allons défendre ensemble le fait que les Français les plus modestes
16:04se soient épargnés des mesures qui sont aujourd'hui imposées.
16:06Il y a d'autres choses que vous allez glisser dans ce budget ?
16:09Oui, bien sûr.
16:10Moi, je veux, par exemple, qu'il y ait une mesure sur le pouvoir d'achat.
16:15Et nous avions proposé qu'il y ait un taux différencié de CSG,
16:19ce qui permettrait à des gens qui sont juste en dessous du salaire médian,
16:22c'est-à-dire 1920 euros nets par mois,
16:25que ces gens-là puissent gagner entre 900 euros pour une personne seule
16:29et 1500 euros pour un couple de plus de 40 ans.
16:31Vous le glisserez dans ce budget ?
16:33Et nous ferons en sorte que ce soit voté.
16:34Maintenant, nous verrons, là aussi, chacun sera devant sa responsabilité.
16:38Et donc, chacun devra dire s'il est pour ou s'il est contre.
16:40Une question juridique.
16:41Le député RN Jean-Philippe Tanguy estime qu'il y a un risque
16:46que la suspension de la réforme des retraites
16:48soit vue comme un cavalier législatif.
16:50Et dans ce cas, elle serait censurée par le Conseil constitutionnel.
16:55L'avez-vous anticipé ?
16:56Mais c'est que Jean-Philippe Tanguy n'a pas tout à fait compris ce qu'il se passait,
17:00puisque Jean-Pierre Farandou, le nouveau ministre du Travail hier,
17:03a annoncé que ce serait un texte qui serait un texte spécifique
17:06qui serait présenté d'ici le mois de novembre.
17:09Eh bien, ça veut dire que ça ne peut pas être un cavalier,
17:11parce que c'est l'objet même du texte.
17:12Donc là, c'est de la technique parlementaire, mais ce n'est pas un cavalier.
17:14Mais donc, en tout cas, vous avez anticipé cette question-là.
17:16Autre question, vous l'avez peut-être vue hier.
17:18L'agence France Trésor, qui est donc en charge, au nom de la France,
17:21d'emprunter sur les marchés l'argent,
17:24a donc annoncé qu'elle allait demander 310 milliards d'emprunts sur les marchés.
17:29C'est du jamais vu, c'est un montant record.
17:32Et en plus, elle va devoir le payer plus cher que ce qu'elle payait jusqu'à présent,
17:36puisqu'on emprunte plus cher sur les marchés désormais.
17:40Est-ce que, dans ce contexte-là, tout ce qu'on vient de se dire vous paraît vraiment raisonnable ?
17:45Vous aurez remarqué une chose hier soir, c'est que les marchés ont réagi immédiatement.
17:50Quand il y a eu le sentiment que la stabilité était acquise,
17:53eh bien, ils ont réagi positivement.
17:55Ce qui veut dire que les taux d'intérêt vont baisser.
17:57Ce sera là aussi un élément qui permettra de retrouver un peu d'oxygène pour tout le monde.
18:02Vous-même, vous en avez retrouvé de l'oxygène, là, Olivier Faure ?
18:05Je ne sais pas si j'ai retrouvé de l'oxygène,
18:06mais je pense que les Français retrouvent de l'oxygène
18:08quand ils ont le sentiment qu'il y a des gens qui, aujourd'hui, se préoccupent d'eux
18:13avant de se préoccuper de leur prochaine présidentielle.
18:16Merci, Olivier Faure, avant de se préoccuper de la prochaine présidentielle.
18:18Mais cela dit, vous l'avez quand même reconnu,
18:20c'est comme si l'élection présidentielle commençait aussi aujourd'hui.
18:22La campagne et le débat.
18:25Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste,
18:27merci d'avoir répondu à mes questions.
18:29Il est 8h47 sur RMC et BFM TV.
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations