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  • il y a 3 mois
Ce jeudi 9 octobre, Vincent Le Sann, DG adjoint Portzamparc, s'est penché sur la résistance des smallcaps à la crise politique, la perspective sur les cours des smallcaps, la performance des secteurs de la défense et du Biotech, et la hausse des introductions en Bourse des smallcaps, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.





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Transcription
00:00BFM Bourse, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:06Cette semaine c'était un stress test quand même pour les small caps, vous savez ces petites valeurs qui sont plus exposées évidemment que les grandes à ce qui se passe ici en France, un peu moins international que les grandes valeurs.
00:16Comment ont-elles passé ce premier stress, enfin ce premier, non il y en a eu des stress tests depuis la première dissolution il y a un peu plus d'un an, mais comment cette semaine l'ont-elles traversé les small caps ?
00:24Vincent Le Salle les a suivis de près, directeur général adjoint de Ports-en-Parts, bonjour Vincent.
00:28Bonjour.
00:28Stress test politique qui évidemment pour les small caps n'est pas évident parce que quand la France vacille politiquement, que les investissements ralentissent, que le doute prend de l'ampleur, c'est pas bon pour leur business.
00:39Comment ont-elles en bourse traversé cette semaine boursière ?
00:42C'est effectivement un peu surprenant mais on voit qu'effectivement les small caps ne sont pas en fait perturbés par l'environnement politique national.
00:52Alors en fait ça c'est un constat qu'on fait déjà depuis pas mal de temps en fait, il y a une décorrélation entre tout l'environnement politique et les incertitudes qui tournent autour de ça.
01:02Bon, clairement il y a différents éléments. Ce qui pousse aujourd'hui les valeurs moyennes et ce depuis maintenant le mois d'avril, c'est clairement les flux.
01:12Les flux qui reviennent, on le voit parce que depuis avril on est en collecte sur ces fonds valeurs moyennes et c'est ça qui tire en fait le rebond.
01:21Et comme vous le disiez, depuis une semaine en fait, les valeurs moyennes évoluent comme les grandes valeurs et depuis un mois, elles ont même progressé un peu plus vite que le CAC 40.
01:31Donc pas d'impact en fait lié au contexte politique.
01:35Les small caps depuis le début de l'année continuent de surperformer largement le CAC 40.
01:40C'est assez historique, pas complètement mais assez historique. Ça faisait plusieurs années qu'on ne les avait pas vus.
01:45Exactement, ça faisait tout simplement 5 ans en fait que cette classe d'actifs faisait dans le meilleur des cas comme les large caps.
01:53Et puis souvent, je pense à l'année 22 notamment, elle est très largement sous-performée.
01:58Oui mais ça se fait quand même au prix d'un très très fort phénomène de concentration.
02:05Parce que ça se situe autour de plusieurs titres bien précis.
02:09Il y a les Abivax dans les biotech, Exail Technologies dans la défense.
02:16On sent vraiment qu'il y a des entreprises qui ont certes changé de dimension, mais du coup ça instaure un peu de déséquilibre finalement, non ?
02:22Vous avez raison en fait, quand on regarde ce qui tire la croissance de segments aujourd'hui, c'est clairement l'apport en fait de flux chez les investisseurs professionnels
02:32pour investir cette classe d'actifs. Parce que ce n'est pas du côté en fait des fondamentaux des entreprises.
02:40On l'a vu, on suit plus d'une centaine de valeurs et on a fait récemment un bilan sur les résultats semestriels.
02:46Qu'est-ce qu'on en retire de ces résultats semestriels ?
02:49C'est que dans plus de la moitié des cas, on a plutôt revu à la baisse pour l'année 25.
02:53Pour l'année 26, les investisseurs ont toujours leur lunette rose et sont toujours sur une attente en fait du redémarrage de la croissance économique européenne.
03:02Mais ce n'est clairement pas ça qui tire les valeurs moyennes.
03:06Non, ce qui tire c'est les flux et comme vous l'avez raison, en fait il y a deux secteurs qui tirent leur épingle du jeu, particulièrement depuis le début de l'année.
03:13C'est bien simple, quand on regarde les dix meilleures performances de l'indice Caxmall, vous avez cinq valeurs biotech et vous avez cinq valeurs liées à la défense.
03:20Vous avez cité Abivax, alors Abivax, il y avait clairement, il y a une vraie réalité économique derrière.
03:25Ils ont publié cet été des résultats de cliniques de phase 3 très positifs, il y a eu une augmentation de capital tout de suite derrière.
03:31Enfin, ils ont pris une nouvelle dimension. Excel, il y a effectivement aussi une accélération.
03:35On sait que tout ce qui est lié à la défense va tirer ces entreprises-là.
03:37Donc, clairement, c'est concentré effectivement sur quelques valeurs, mais c'est aussi très concentré sur deux secteurs, la santé et la défense.
03:45Mais pas que, parce qu'en fait, quand on regarde une valeur, vous en avez souvent parlé sur le plateau, une valeur comme Steve qui est dans le domaine industriel,
03:52ou même encore La Croix qui a publié récemment des... On voit que ces valeurs, en fait, dès qu'il y a la moindre nouvelle, c'est des forts rebonds parce que, globalement, il y a des flux positifs.
04:02La Croix, je la vois encore écrite sur mon écran, c'était il y a une semaine à peu près plus de 30%, je crois, en séance. C'était incroyable.
04:06– Exactement, des valeurs qui avaient fortement aussi baissé, comme on le disait, ça faisait 5 ans qu'en fait, la classe d'actifs.
04:12Quand on regarde les multiples de valorisation, on reste encore sur des multiples qui sont peu ou prou comme la moyenne historique,
04:19on est à 15 fois les bénéfices sur les smalls, c'est plus ou moins peu ou prou la moyenne.
04:24Donc, il n'y a pas réellement de bulle, mais effectivement, on commence en fait à passer, à rentrer dans cette phase, en fait,
04:33où les valeurs moyennes recommencent à être payées plus cher que ce qu'elles étaient par le passé.
04:37– Alors, Ricky nous suit régulièrement sur le Félix BFMbourg, il nous a interpellé tout à l'heure en lui disant
04:41« vous devriez parler plus des valeurs petites et moyennes, on en a dans nos PEA, PME » et il a parfaitement raison.
04:47Pour la suite, est-ce qu'on pourra se dire que les small caps continueraient de monter grâce aux institutionnels
04:53qui, à leur tour, s'y intéressent ? Est-ce que les particuliers aient pris de l'avance sur les institutionnels ?
04:56Est-ce que la hausse, depuis le début de l'année, est tirée par les particuliers et les institutionnels prennent le relais
05:01ou on n'est pas encore dans ce relais-là ?
05:03– Alors, on est clairement… La hausse, elle est clairement tirée par les investisseurs institutionnels
05:07qui avaient clairement déserté, en fait, ce marché-là, parce qu'eux-mêmes, en fait, on leur redemandait
05:11de rendre de l'argent, donc ils étaient en situation, en fait, ce qu'on appelle de décollègue,
05:16donc ils doivent vendre, ils avaient vendre pour redonner l'argent à leurs porteurs.
05:19Alors, soit c'était des particuliers eux-mêmes, soit c'était ce qu'on appelle des grands assureurs et autres
05:23qui souhaitaient ne plus être investis.
05:25Et vous avez raison, durant toute cette période-là, en fait, c'est les particuliers qui tenaient le marché,
05:29qui faisaient plus de la moitié, en fait, des échanges.
05:31Là, cette année, c'est clairement les investisseurs institutionnels qui tirent le marché.
05:36La participation des particuliers, on le voit, elle est beaucoup plus régulière dans le temps.
05:41C'est des gens qui sont investis, qui continuent, qui suivent les valeurs.
05:44Et c'est clairement… Ce qui tire les marchés aujourd'hui, c'est clairement les institutionnels.
05:48Et donc, on sait qu'il y a notamment la Caisse des dépôts qui accélère ce mouvement, en fait,
05:53en montant… Ils ont monté un fonds, en fait, de 500 millions d'euros
05:56pour eux-mêmes, en fait, un fonds de fonds, alimenter ces sociétés de gestion spécialisées.
06:01Ça, c'était le constat qu'avait fait la Caisse des dépôts,
06:03qu'il fallait remettre de l'argent dans le système pour faire une partie institutionnelle.
06:06Donc, ça contribue également à la bonne tenue des flux sur ce segment.
06:10Et du coup, pendant quelques années, on a vu le private equity venir se goinfrer
06:15auprès des petites valeurs cotées en bourse, en les sortant de la bourse, en les rachetant.
06:18Est-ce que ce mouvement-là, il est parti pour ralentir ? Moins de retraits de la cote à venir ?
06:23Alors, bon, il y a déjà… On sait que la hausse des taux, en fait, c'est quelque chose
06:27qui est déjà un frein, en fait, au montage qui s'appuie beaucoup sur la dette également,
06:32puisque eux-mêmes venaient, les fonds de précaire qui venaient, mais bien souvent,
06:35c'était des montages qui s'appuyaient aussi sur de la dette.
06:37Donc ça, en fait, la tension sur les taux, c'est quelque chose qui n'est pas favorable.
06:42Clairement, je pense que le gros est passé. Il y aura toujours, quand on regarde,
06:45il y a aujourd'hui 650 PME-ETI qui sont cotées à Paris. On regarde, il y en a certaines d'entre elles
06:50qui n'ont pas d'intérêt à rester cotées. Donc, il y aura toujours un flux d'une vingtaine
06:54de sorties de bourse au cours des prochaines années, mais que probablement,
06:59le gros qu'on a connu il y a un ou deux ans est probablement derrière nous sur ce volet-là.
07:03Donc, peut-être moins de retraits de la cote à venir et peut-être plus de nouveaux entrants
07:06dans le marché. On a vu une IPO, alors c'était à Stockholm, hier, Vérissur,
07:10qui a réussi son introduction en bourse, la plus grosse depuis 2022 en Europe.
07:13C'est Stockholm Mois, c'est la bourse de Stockholm, c'est propre à là-bas
07:17ou c'est à l'échelle européenne que vous sentez que ça repart ici aussi en France ?
07:20Alors, quand on regarde uniquement les introductions en bourse qui se réalisent,
07:24clairement, c'est tout sauf la France, puisque la France, malheureusement,
07:27on reste sur des niveaux bas. On a à date une seule réelle opération
07:32qui était SEMCO, qui a certes été un vrai succès quand on va regarder SEMCO.
07:35Donc, c'est une société qui intervient dans les semi-conducteurs,
07:3830 millions d'euros de chiffre d'affaires, 9 millions d'euros débit de date,
07:40très rentables, internationales, c'est une société qui a été sursouscrite
07:44lors de l'IPO et surtout qui a un très beau parcours, coté en juillet, plus 55%.
07:48Mais en revanche, il y en a encore très peu en France.
07:50En revanche, vous avez raison, en Europe, on le voit, on le voit également en Italie,
07:53il y a eu 14 introductions en bourse de PME, en Italie, des sociétés rentables,
07:57des petites sociétés, mais toutes rentables.
07:59Donc, on voit que la France, en fait, ça vient, parce que nous, on le voit,
08:02en fait, par rapport à nos activités, on sait qu'on a déjà des mandats,
08:05on sait qu'on est sollicité par les entreprises, mais dans les faits,
08:08aujourd'hui, la France est à la traîne en Europe.
08:10À cause du contexte politique, c'est ça la cause ?
08:12C'est la fiscalité ? C'est plus profond, donc structurel ?
08:14Non, clairement, je pense clairement, en fait, c'était ce que...
08:17Vous savez, les entreprises, d'autant qu'elles reviennent,
08:19qu'elles remettent la bourse comme étant une possibilité pour elles,
08:23elles regardent effectivement comment se comportait le marché.
08:27Il n'y avait pas de collecte sur les fonds, il n'y avait pas d'investisseurs,
08:29concrètement, il n'y avait pas de demande côté investisseur.
08:30Désormais, les investisseurs ont de l'argent,
08:32ils nous demandent, en fait, des projets dans lesquels ils souhaitent investir.
08:37Donc c'est ça qui va relancer le marché.
08:40Et je pense qu'en 26, très clairement, la France devra bénéficier
08:42de nouvelles introductions en bourse de PME.
08:45C'est tout ce qu'on souhaite et on croise les doigts.
08:46Merci beaucoup Vincent Le Sainte de nous avoir accompagné,
08:48directeur général adjoint de Ports en Part.
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