Pierre d'Epenoux, PDG d'ImCheck Therapeutics, était l'invité de Laure Closier dans French Tech, ce vendredi 24 octobre. Il s'est penché sur la nouvelle piste thérapeutique proposée par la biotech marseillaise, rachetée par Ipsen, qui développe des anticorps innovants pour lutter contre la leucémie, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
00:008h23 sur BFM Business et sur RMC Live, ce matin focus sur Imchec Thérapeutics, une biotech marseillaise qui passe dans les mains du groupe pharmaceutique Ibsen pour 350 millions d'euros et ça pourrait atteindre le milliard.
00:13On est avec Pierre Despenoux, bonjour, merci d'être dans la matinale de l'économie. Le lien entre Ibsen et vous, c'est l'oncologie, c'est la lutte contre le cancer.
00:21Vous développez des anticorps innovants, qu'est-ce que vous faites qui a tant intéressé Ibsen ?
00:26Merci pour l'invitation, c'est la troisième fois que je viens chez vous, j'ai expliqué, donc je recommence.
00:32Il faut toujours recommencer.
00:33Il faut toujours recommencer.
00:35Depuis maintenant à peu près une vingtaine d'années, nous sommes rentrés dans l'ère de l'immunothérapie.
00:40Donc après la radiothérapie, la chimiothérapie, nous sommes désormais dans l'immunothérapie.
00:45L'utilisation du système immunitaire pour combattre le cancer.
00:48Plusieurs technologies existent, des anticorps thérapeutiques, des approches où on va délivrer des toxines à des endroits bien spécifiques dans les tumeurs.
01:00Donc nous, nous sommes sur le champ des anticorps thérapeutiques.
01:02Et l'idée première, c'est d'activer une population de cellules immunitaires, qu'on appelle les cellules T gamma delta,
01:12et dont le but va être d'aller cibler et tuer les cellules cancéreuses dans des cancers dits solides, donc des organes, ou hématologiques du sang.
01:25– Là vous étiez au début, si je puis dire, là vous allez avancer beaucoup plus vite grâce au rachat d'Ibsen.
01:31– Oui, alors d'abord les données que nous avons démontrées dans une maladie qui s'appelle la lecéime myéloïde aiguë,
01:39on pourra revenir sur le détail, sont transformationnelles.
01:45Elles permettent d'obtenir une efficacité d'à peu près 50% supérieure au traitement standard actuel,
01:53et sans aucun problème de sécurité, c'est-à-dire de safety, de toxicité du produit.
02:01Et ces données permettent d'envisager de pouvoir accélérer et de passer directement de la phase 1 à une phase 2-3,
02:11c'est-à-dire l'étape ultime du développement de l'anticorps avant sa commercialisation.
02:15Et une société comme Imcha, qui a accompli cette mission depuis 10 ans, arrive à un moment où son expertise interne n'est plus suffisante,
02:26les fonds disponibles ne sont plus suffisants, je vous rappelle que nous avons levé jusqu'à 154 millions,
02:30mais donc il faut toujours continuer.
02:33Et donc Ibsen s'est intéressé à nos travaux depuis assez longtemps,
02:37et on a décidé effectivement de joindre nos forces.
02:40– Et ça, ça passe forcément par un rachat, parce que nous on est ravis pour vous évidemment,
02:43mais ce qu'on aime encore plus, c'est les entreprises françaises qui grandissent,
02:47qui grandissent et qui deviennent des laboratoires géants eux-mêmes,
02:50ça c'était pas possible, il fallait forcément s'adosser à un géant à un moment ?
02:53– Ibsen est une société qui va nous permettre de combiner nos forces et de grandir ensemble.
02:59Non, une société de la taille d'Imcha, d'abord n'a pas pour mission d'aller jusqu'à la commercialisation.
03:04Notre mission c'est vraiment le développement, la démonstration de l'efficacité clinique supérieure à l'existant,
03:10et significativement supérieure à l'existant.
03:13– Parce que c'est une biotech quoi, c'est-à-dire que vous êtes allé au bout du processus de la biotech.
03:16– Une biotech, et nous passons, ensuite nous devons rentrer dans l'ère de la préparation à la commercialisation,
03:22et donc de s'adosser à des structures qui ont cette ambition, cette expertise,
03:29et cette capacité à le faire non seulement en Europe, mais partout dans le monde, aux Etats-Unis.
03:33– Vous pourriez devenir un médicament blockbuster, c'est-à-dire un médicament dont les ventes annuelles dépassent le milliard d'euros,
03:39ça veut dire qu'il y a beaucoup beaucoup d'attentes de la part des patients aujourd'hui ?
03:42– Absolument, alors là la maladie dont on parle c'est la leucémie myeloïde aiguë,
03:48qui s'adresse à toute une partie de la population, à deux patients atteints de cette leucémie,
03:56et notamment là ce qu'on a démontré c'est dans les patients qui sont âgés au-delà de 75 ans,
04:00et qui ne sont pas éligibles à ce qu'on appelle les thérapies d'induction,
04:03dans des chimiothérapies très dures,
04:06et ce qu'on vient apporter c'est notre anticorps en plus de cette thérapie qu'il aurait spécifique,
04:16et donc avec les résultats dont je vous ai parlé au départ.
04:19Et donc l'idée c'est vraiment maintenant de pouvoir continuer à accélérer avec YPSEN sur ces indications-là,
04:26regarder d'autres indications, toujours en cancer hématologique, en cancer sur les tumeurs solides,
04:32et puis on a un pipeline non clinique à ce stade, des anticorps, des bispécifiques, des trispécifiques.
04:38– Et sur d'autres types de cancers ça pourrait être réplicable ?
04:40– Oui absolument, en cancer solide et en cancer hématologique.
04:45– Ah oui, donc le potentiel est énorme.
04:46Et alors on a dit étape, essai clinique phase 2-3,
04:50et la commercialisation du coup on pourrait espérer que ce soit à quelle échéance ?
04:54– Alors on envisage après 2030,
04:59il nous reste encore un peu de travail à faire,
05:00donc au moins 5 ans,
05:03et oui à partir de 2031-2032 on vise une commercialisation mondiale du médicament.
05:10– Merci beaucoup Pierre Dépnoux d'être venu ce matin pour nous parler d'Imshek Thérapeutics.
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