Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 mois
Gabriel Zucman, économiste et directeur de l'Observatoire européen de la fiscalité, est l'invité du Face à Face d'Apolline de Malherbe sur RMC et BFMTV ce mercredi 29 octobre.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00D'abord, il y a une mécompréhension dans ces propos que vous avez rappelés, c'est-à-dire qu'il ne s'agit pas de taxer l'appareil productif, on ne taxe pas les entreprises, c'est un impôt sur la fortune personnelle des ultra-riches.
00:13Ça ne va pas du tout affecter la capacité des entreprises françaises à investir, à se développer, à conquérir de nouveaux marchés, ça n'a rien à voir.
00:22Dans le fond, moi je suis très optimiste sur le fait que cette taxe, elle finira par avoir le jour, pour une raison très simple, qui est que 86% des Français la soutiennent.
00:31Et c'est une majorité écrasante dans toutes les sensibilités politiques.
00:34Alors ensuite, combien de temps est-ce que la traduction politique de cette demande démocratique va prendre ?
00:39Et ensuite, où est-ce qu'elle arrive exactement ? Quelle taxe ?
00:40Ça peut mettre des semaines, des mois, des années.
00:41Mais sur le principe, disons, et on commençait l'interview là-dessus, vous avez déjà remporté une victoire, qui est que cette question de la contribution des ultra-riches est devenue le cœur du débat.
00:50La Zuckman Lite, c'est-à-dire la version que le Parti Socialiste a proposée sous forme d'amendement, plutôt que d'instaurer un impôt de 2% sur les patrimoines de plus de 100 millions d'euros,
01:01il propose l'idée d'un impôt minimum de 3%, mais à partir de 10 millions d'euros en excluant les entreprises innovantes et familiales.
01:08Est-ce que vous en reconnaissez une forme de patenté ? Est-ce qu'on peut l'appeler Zuckman Lite ?
01:12D'abord, je me réjouis que le principe de l'impôt planché soit repris.
01:17C'est important parce que c'est ça qui cible l'effort sur les personnes qui sont à la fois extrêmement fortunées et celles qui, parmi ces gens très riches, sont sous-taxées.
01:25Puisqu'on vient leur demander de payer la différence par rapport à ce dont ils s'acquittent aujourd'hui et le taux planché de 2%, de 3%.
01:30Donc ça, c'est très important.
01:32Ensuite, ce que j'explique dans le livre, les milliardaires ne paient pas d'impôts sur revenus et nous allons y mettre fin,
01:35c'est que l'expérience internationale et historique en matière d'imposition des grandes fortunes doit nous alerter sur le risque qu'on prend quand on crée des échappatoires.
01:46Parce que les grandes fortunes, elles sont très bien conseillées par des armées d'avocats fiscalistes.
01:51Donc si on introduit des exonérations comme dans cette proposition du Parti Socialiste.
01:54Quand on introduit des exonérations comme dans la proposition du Parti Socialiste, on prend le risque de lancer la machine à optimisation.
02:06C'est ce qui s'était passé avec l'ISF.
02:08Moi, vous savez, je suis très critique de l'ISF.
02:10En 1981, le pouvoir socialiste crée l'impôt sur les grandes fortunes, qui est ensuite devenu ISF.
02:15Mais avec une exonération pour les mal nommés biens professionnels, c'est-à-dire les gros paquets d'actions.
02:20Si vous possédez plus de 25% d'une entreprise, c'était exonéré d'ISF.
02:25Ça a laminé le rendement budgétaire de l'ISF et surtout la conséquence que ça a eu.
02:30C'est-à-dire que c'est un impôt qui ne rapportait pas ?
02:31Beaucoup moins que ce qu'il aurait pu.
02:33Et surtout la conséquence que ça a eu, c'est que les milliardaires ne le payaient pas.
02:36À la veille de son abolition, le taux effectif d'imposition d'ISF pour les milliardaires français, c'était 0,005% de leur patrimoine.
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations