00:00Nous avons été victimes sur notre structure qui est donc basée à Rosier-en-Senterre.
00:04Dans le 80, on a été victimes d'une escroquerie, en fait un abus de confiance pour vraiment fermer les choses.
00:11Et aujourd'hui, on est dans une situation un petit peu compliquée parce que l'abus de confiance n'est pas reconnu par l'assurance pour qu'on puisse être remboursé du préjudice.
00:18Alors Clément, vous commencez par la fin et je comprends parce que vous m'avez expliqué hors antenne que c'est ce que vous venez d'apprendre et le bras vous en tombe.
00:25Tout à fait.
00:25Mais commençons par le début. Comment ça s'est passé ? Comment des gens, on voit les images ici, vous ont volé, vous ont abusé de votre confiance ? Comment ils s'en sont pris ?
00:37C'est tout simple. Chez nous, en fait, vous passez un coup de téléphone, vous réservez du matériel, on vous met à disposition du matériel.
00:43C'est valable sur les tireuses à bière, c'est valable sur le vin, c'est valable sur le champagne, c'est valable sur tout ce qui va être consommable, en fait.
00:49Donc vous venez chez nous, soit on vous le livre, soit vous venez les chercher. On vous demande une pièce d'identité, un chèque de caution et puis on fait un bon de commande, en fait.
01:00Les gens nous laissent donc tous ces documents, profitent donc du matériel et des consommations sur leur événement.
01:07La semaine suivante, le lundi ou le mardi, les gens nous ramènent ce qui n'a pas été consommé et nous, nous facturons uniquement ce qui a été consommé.
01:14Ces gens-là, il s'est passé qu'ils ont créé une société. Ils nous ont laissé un chèque de société, un vrai cabisse de société, une vraie pièce d'identité.
01:22Les visages, c'est leur vrai visage et c'est leur vraie pièce d'identité. Ils ne nous ont jamais ramené le matériel.
01:28Donc ça s'est passé comment ? Le matériel n'est pas revenu le lundi. Nous les avons contactés. On n'a pas réussi à rentrer en contact avec eux.
01:34On a réussi à les contacter par un autre numéro de téléphone que nous avons trouvé sur les réseaux sociaux.
01:38Cette personne nous a menacés. Elle m'a carrément insulté.
01:41La personne qui vous a excluté ?
01:43Tout à fait, tout à fait. Cette personne m'a insulté, donc par écrit et par oral.
01:48Parce que vous réclamiez juste votre dû ?
01:50Voilà, tout à fait. Et il m'a dit qu'en fait, lui, son métier, mais mot pour mot, moi, je suis un escroc.
01:54Il me l'a dit clairement. Et donc nous, on a déposé plainte. Nous sommes allés en gendarmerie.
01:59D'ailleurs, je remercie les gendarmes parce qu'ils ont été au top du top.
02:02Malheureusement, ils font avec leurs moyens ce qu'on leur met à disposition.
02:05C'est des gens extraordinaires qui nous ont encore soutenus ce matin.
02:08Et ils nous ont dit, c'est une personne qui est coutumière des fêtes.
02:10C'est une personne qui est insolvable et pour laquelle on ne peut pour l'instant rien faire.
02:15On a un manque de moyens. Voilà les réponses qu'on a eues.
02:18Et aujourd'hui, on se retrouve, en fait, dans ma situation personnelle, je me retrouve menacé.
02:21Donc sur mon pavillon personnel. Et j'ai peur aujourd'hui pour ma femme et mes enfants, tout simplement.
02:27Alors je sais que vous avez pris votre courage à deux mains, que vous êtes extrêmement émue, que vous êtes bouleversée.
02:32Je vous ai persuadée de venir jusqu'à nous pour pouvoir témoigner, pour pouvoir tenter, en tout cas, de vous aider à crier votre douleur.
02:41D'avoir été extorqué, vous, de 9000 euros. Votre femme est en coulisses et vous soutient. Je sais que c'est très difficile pour vous.
02:49Mais en plus d'être menacé par la personne qui vous a volé. Et en plus, les gendarmes vous disent qu'ils ne peuvent rien faire.
02:54Pour le moment, ils ne peuvent rien faire.
02:56Après la plainte qui a été déposée.
02:58Après la plainte, en fait, ils vont essayer de l'attraper. Mais je veux dire, quand ils vont l'attraper, c'est quelqu'un qui est coutumier des fêtes, en fait.
03:03Voilà. Vous vous êtes rendu compte que c'est quelqu'un qui a l'habitude ?
03:05Tout à fait. En fait, on a mis sa photo sur les réseaux sociaux. Volontairement, je sais que je ne suis pas dans mes droits.
03:10J'assume entièrement ce que j'ai fait. Mais c'est le seul moyen de l'arrêter.
03:14Aujourd'hui, on est plus d'une quinzaine de commerçants, à ce jour, et c'est vérifié, à avoir été escroqués par cette personne.
03:21Et aujourd'hui, si on n'a pas le courage de le dénoncer et de mettre sa photo sur les réseaux sociaux, il va continuer.
03:27Encore il y a deux jours, il continuait. On a réussi à éviter encore un drame.
03:31Parce que, excusez-moi, on a des petites structures. On est tout petits.
03:33On a réussi à éviter un drame grâce à la photo.
03:36Il s'est rendu chez un commerçant dans le 0-2, à Guise.
03:39Et en fait, le commerçant a reconnu.
03:41Et c'est comme ça qu'il n'y a pas eu un nouveau larcin qui a été fait.
03:43Et aujourd'hui, le matériel a été revendu.
03:45Et c'est ce que je disais quand j'ai commencé.
03:47D'ailleurs, je m'en excuse, j'ai commencé un peu à l'envers.
03:49Il y a tellement de colère et tellement de...
03:50Je sais que vous êtes en colère. On est là pour vous entendre.
03:53Et j'ai eu mon assureur tout à l'heure au téléphone, pour ne pas le citer, la gane à Rosière.
03:57Et en fait, il me dit qu'il fallait lire les petites lignes tout en bas du contrat
03:59parce qu'un abus de confiance, ce n'est pas considéré comme un vol.
04:02Donc aujourd'hui, les 9000 euros...
04:03Donc on vous a volé 9000 euros et on ne peut pas vous les rembourser.
04:06Non, parce que mon assureur m'a dit textuellement tout à l'heure au téléphone,
04:09en fait, il y a des petites lignes à lire en bas du contrat
04:11et l'abus de confiance n'est pas considéré comme un vol.
04:13Et c'est un gros trou dans votre budget.
04:15Exactement. Et puis en fait, le problème, c'est que du matériel, ça ne s'amortit pas sur 6 mois.
04:18C'est des machines qui coûtent quand même assez cher.
04:20Et aujourd'hui, je fais comment pour mettre à disposition ce matériel-là à d'autres clients ?
04:23Je voulais absolument vous entendre parce que ce sont des gens comme vous
04:27qui vous levez le matin pour travailler et qui se font avoir et sans avoir de solution
04:33et où les extorqués sont finalement, ce sont eux qui s'en criminalisent.
04:37J'ai quelque chose à vous dire dans un instant, mais continuez.
04:39Mais en fait, je vous remercie de m'accueillir parce que nous, on est au fin fond de la Somme.
04:45On n'intéresse personne. Vous voyez, des hommes politiques, vraiment les gens qui nous dirigent,
04:48on ne les voit jamais. On est des petites entreprises.
04:51On est vraiment des toutes petites entreprises. J'ai deux salariés.
04:54Mais on a l'impression d'être les oubliés.
04:55Et en fait, vous voyez, nous, on travaille. Il va y avoir un trou de 9000 euros.
04:58Comment on va rembourser ça ? Et comment je vais racheter du matériel ?
05:01J'ai une semaine de vacances dans l'année à titre personnel.
05:04Je vais dire à mes enfants, cette année, on ne part pas en vacances
05:05parce que les 9000 euros, ça va être le chiffre d'une semaine.
05:07Vous avez trois ans.
05:08Oui, tout à fait. Et en fait, comment on va leur expliquer ça ?
05:11Déjà, en étant à notre compte, on ne passe pas de temps avec eux.
05:14On travaille jour et nuit parce que des gens nous appellent la nuit
05:16pour aller remettre des fûts à droite, à gauche. Donc, on le fait, en fait.
05:20On ne compte pas nos heures, si vous voulez.
05:21On est entre 70 et 80 heures par semaine.
05:23Mais c'est mon plaisir. C'est ma passion. Je l'impose à ma famille.
05:26Mais j'aime ce que je fais.
05:28J'aime mes clients. J'aime l'échange avec les gens.
05:30Et je remercie tous mes clients parce que, vous voyez,
05:32on a posté la photo hier soir. Vous, vous l'avez vu aussi.
05:34Et en fait, on a eu un élan de solidarité.
05:37Et je trouve que, dans ce pays,
05:40j'étais vraiment au fond du trou
05:41parce que je me suis dit, comment on va se relever de tout ça ?
05:44Nous, on travaille. 9 000 euros, ce n'est pas rien pour nous.
05:46C'est énorme, une petite structure.
05:48Comment on va se relever de tout ça ?
05:49Et en fait, c'est les gens qui m'ont donné la force.
05:50Alors aujourd'hui, je ne sais pas comment je vais racheter le matériel.
05:53Mais c'est vraiment les gens, ma compagne,
05:55qui fait beaucoup et qui est dans l'entreprise aussi.
05:57C'est mes enfants qui m'ont dit,
05:58papa, écoute, il faut se relever, il faut repartir.
06:01Mais en fait, je vais encore perdre du temps avec eux
06:03pour justement payer ce larcin.
06:06Et il n'y a personne qui vient vous aider.
06:08On ne donne pas de solution.
06:09La seule personne qui m'a aidé, c'est le collectif Ralevol,
06:12grâce à Jérôme Jean, en fait, qui est toujours là en soutien,
06:14qui m'envoie des messages.
06:15Moi, ils sont plusieurs, mais c'est vrai que c'est mon interlocuteur.
06:18Et c'est Jérôme, il m'a dit, t'inquiète pas Clément,
06:19on va être là, on va t'aider, on va y arriver.
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