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00:00Bienvenue au Cœur du Crime, un podcast issu des archives d'Europe 1.
00:11Savez-vous que plus d'un tiers des crimes et délits commis en France sont traités par la Gendarmerie nationale ?
00:19Je m'appelle Yann Kermadek, je suis commandant de gendarmerie.
00:25Je dirige une section de recherche dont la mission essentielle est une mission de police judiciaire.
00:41L'histoire que je vais vous raconter est une histoire vraie.
00:46Tous les faits sont réels et se sont déroulés en France.
00:50Seuls, les noms des personnes et des lieux ont été changés.
00:55J'ai jamais fait partie de la police, mais les gens me prennent parfois pour un flic.
01:05Et c'est le cas de ce type qui sort au galop de la ruelle, qui me cogne et qui manque de me fiche par terre.
01:11Je cherche un agent de police, qui me dit.
01:14Je lui réponds gentiment.
01:15« Il n'y a pas de commissariat dans le voisinage, mais vous pouvez sûrement en appeler un depuis ce café là-bas. »
01:23Il me dévisage et me demande.
01:25« Vous croyez qu'il y a du monde dans ce bar ? »
01:27« Avec le barman, vous et moi, on sera déjà trois. »
01:31« Quelqu'un poursuit, monsieur. Je ne le connais pas. Et cependant, il veut me tuer. »
01:36« À mon avis, » que je lui réponds, « ce qu'il vous faut, c'est un verre de quelque chose de fort. »
01:44Et je l'entraîne vers le café.
01:47On entre dans le bar, qui n'est pas très bien éclairé, et il n'y a que cinq clients.
01:52Quatre hommes et une femme, sans doute, parce qu'on est lundi soir.
01:56Ils sont tous assis.
01:57On avance jusqu'au bout du comptoir.
02:00Le barman vient vers nous.
02:01Le type sort un billet de cinq dollars et demande un whisky.
02:06« La même chose pour moi, » que je dis.
02:09« Laissez-nous la bouteille. »
02:12Le barman remplit nos verres et laisse la bouteille.
02:15Le type est tout disposé à raconter son histoire à n'importe quel inconnu.
02:21Alors je l'écoute.
02:24Son histoire est incroyable.
02:26Il s'appelle Everett Beiner et il travaille pour une fabrique d'appareils électriques.
02:33Il voyage beaucoup et se déplace en voiture.
02:36C'est en s'arrêtant pour dîner dans un restaurant de la ville qu'il est devenu une bête traquée.
02:43À peine assis, il a commandé un steak et un bourbon.
02:46Quand une fille arrive, plutôt jolie, brune, un mètre soixante,
02:52Beiner la remarque parce qu'elle a des larmes plein les yeux.
02:56Il se décide à lui offrir un verre.
02:58Elle accepte et s'assied à sa table.
03:02Beiner n'a pas encore entamé son steak.
03:05Ils en sont déjà au deuxième whisky.
03:07Elle en avale deux autres encore tandis qu'ils mangent sa viande.
03:11Quand elle suggère d'aller dans un endroit plus animé,
03:15Beiner accepte sans trop savoir pourquoi.
03:17La fille insiste pour le conduire.
03:22Sa grosse décapotable est en harmonie avec elle, de la classe mais un peu vulgaire.
03:27Elle s'appelle Marcia.
03:30Elle roule un peu trop vite au gré de Beiner.
03:32Au bout de quelques kilomètres, il traverse en trombe un carrefour mal éclairé
03:36quand un chien bondit du trottoir de gauche au moment même où un flic descend d'une voiture parquée à droite.
03:42Marcia ne voit que le chien, donne un coup de volant et projette le flic sur le trottoir.
03:48« Arrêtez, Marcia ! Vous avez renversé un agent ! »
03:50Qu'il lui dit, Beiner.
03:53Marcia, elle ne s'arrête pas.
03:55Elle continue de rouler.
03:58Finalement, elle s'arrête à 1500 mètres du lieu de l'accident.
04:02« Le commissariat est en bas de cette rue. »
04:05Qu'elle dit.
04:06« Alors, on ferait peut-être mieux d'y aller. »
04:10Quand ils entrent dans le poste de police,
04:13un vieux gradé en bras de chemise est en train de parler dans un micro.
04:18« Peter, va voir le docteur Bardi pour qu'il t'examine. Ce sera plus prudent. »
04:23Marcia s'approche du vieux flic.
04:26« J'espère que je ne l'ai pas trop blessé, chef. »
04:29Le chef lui jette un coup d'œil de biais et reprend son micro.
04:34« Peter, c'était bien une cadillac décapotable comme celle de Marcia Bellman ? »
04:40« Bon, d'accord. Merci. »
04:45« Vous voulez faire une déposition, mademoiselle Bellman ? »
04:48« Chef, je vais vous expliquer ce qui s'est passé. »
04:52« Un idiot de chien a traversé devant moi et j'ai renversé Peter sans même m'en apercevoir. »
04:58« Monsieur Beiner, ici présent, me l'a bien dit, mais j'ai cru qu'il plaisantait. »
05:05« Marcia s'est exprimé avec lucidité, mais son haleine empeste l'alcool. »
05:11« Le chef, cependant convaincu, fait taper sa déposition, puis il ordonne à Beiner de le suivre dans le couloir. »
05:20« Monsieur Beiner, je veux que vous quittiez cette ville en vitesse. Mais ne me regardez pas comme si j'étais un péquenot de flic. »
05:27« Nous ne voulons pas avoir un assassinat sur les bras. Et c'est ce qui arrivera si vous restez ici. »
05:34« Un assassinat, chef ? Mais quel assassinat ? »
05:38« Votre assassinat, monsieur Beiner. Si Mademoiselle Bellman a recommencé à biberonner, je donne pas cher de votre peau. Écoutez-moi bien, monsieur Beiner.
05:50Mademoiselle Bellman vaut presque un million de dollars quand elle ne boit pas.
05:56En revanche, si elle recommence à boire son père la déshérite, il lui laissera qu'une petite rente à peine de quoi vivre.
06:02Et ça, ça, c'est pas du tout du goût de Jack, le fiancé de Mademoiselle Bellman.
06:08Lui, il a réussi là où tout le monde avait échoué. Il l'a mise au régime sec et il l'y a maintenue. Jusqu'à ce soir, en tout cas.
06:18« Mais enfin, chef, voyons, parce que je me trouvais là par hasard quand elle a bu quelques whisky, son fiancé voudrait me tuer. »
06:25« Oui, c'est ça, monsieur Beiner. C'est une certitude. Tout le monde le sait ici.
06:32Quand il parle de ce million de dollars dont elle devrait hériter, le Jack, il a l'air d'une bête fauve. »
06:39Et j'étais là quand il a dit un jour « Marcia a assez de crans pour renoncer à l'alcool.
06:45Mais si jamais quelqu'un l'incite à recommencer, ce quelqu'un se transformera rapidement en cadavre.
06:52Et un cadavre pas joli à voir, parce que je lui aurais découpé le visage à coups de bouteille. »
06:59« Mais enfin, chef, il est complètement fou, ce Jack-là. Je comprends qu'on ait envie de tuer un type qui vous prive d'un million de dollars,
07:07mais il y a peu de gens capables de mettre ce genre de menace à exécution. »
07:11« Oh, le Jack, il en est tout à fait capable, monsieur Beiner. Je peux vous l'assurer. Quand il promet quelque chose, il tient parole.
07:17J'admets qu'il est un peu fêlé. Pour lui, la seule justice, c'est la loi du talion.
07:24Vous avez fait boire sa fiancée. Je parie qu'il essaiera de vous tuer avec une bouteille cassée. »
07:30« Bon sang, mais personne n'a forcé Marcia à boire, chef. Elle est venue s'asseoir à ma table, mais ce qu'elle a bu, elle l'a commandé elle-même. »
07:39« Oui, mais qui c'est qu'a payé, monsieur Beiner ? Elle ou vous ? »
07:46À ce moment de son récit, Beiner s'interrompt pour avaler le bourbon auquel il n'a pas encore touché.
07:53Je lui renverse un second.
07:55Il l'ingurgite avant que j'aie le temps de remplir mon propre verre,
07:59puis un troisième avant que j'aie reposé la bouteille sur le comptoir.
08:02Le bar commence à se vider.
08:07Je lui sers un quatrième whisky et il reprend son histoire.
08:13D'abord, il n'arrive pas à concevoir que quelqu'un puisse vouloir le tuer avec une bouteille cassée.
08:20Il se rend donc comme prévu à Flynn City et travaille normalement toute la semaine.
08:24Comme il fait sa valise, le téléphone sonne. Il décroche. Rien.
08:29Beiner appelle alors la standardiste.
08:33« Mademoiselle, savez-vous qui essayait de me joindre ? »
08:36« Un mufle, monsieur. Il prétendait téléphoner de Flush Town juste pour savoir si vous étiez descendu ici.
08:44Il n'a même pas voulu vous parler. Il m'a raccroché au nez. »
08:48« Mais a-t-il laissé un nom, un message ? »
08:51« Non, monsieur. Rien. »
08:55Beiner refuse de se laisser gagner par la panique.
08:58« Six cents kilomètres séparent les deux villes. Il a du temps devant lui. »
09:04« C'est dingue, se dit Beiner. J'ai jamais vu ce type, mais il connaît mon nom. Et moi, je ne sais de lui que son prénom. Jack. »
09:14Beiner téléphone au commissariat de Flush Town, mais là, on refuse de lui donner le nom du fiancé de Mademoiselle Bellman.
09:21Il demande à parler au chef. Celui-ci refuse de lui répondre.
09:26Écœuré, Beiner raccroche. Il songe à aller trouver la police de Flint City, mais il ne le fait pas.
09:34Au moment de quitter l'hôtel, il donne un billet de vingt dollars au réceptionniste en lui demandant de garder son nom sur la liste des clients pendant trois jours encore.
09:43« Il se peut qu'un homme vienne demander après moi, dit-il au gars de la réception. Je voudrais savoir à quoi il ressemble et son nom, si possible. »
09:55En pochant les vingt dollars, le réceptionniste lui dit qu'il fera de son mieux.
10:02Beiner monte en voiture, regagne l'autoroute et s'arrête peu après dans un motel.
10:09L'employé du motel réagit à l'énoncé de son nom. Quelqu'un a cherché à le joindre au téléphone deux ou trois jours plus tôt.
10:18Beiner se demande comment ce quelqu'un a retrouvé sa trace.
10:21Il en déduit que le type a dû téléphoner à tous les hôtels de la région.
10:28Beiner prend une chambre et s'installe, mais incapable de dormir, refait sa valise, règle sa note et retourne en ville dès deux heures du matin.
10:38Il entre dans un bar de nuit et téléphone à l'hôtel qu'il vient de quitter.
10:43Le veilleur de nuit lui dit que son ami est venu, qu'il l'a appelé de la cabine téléphonique de l'hôtel,
10:52mais qu'il a disparu avant qu'il ait eu le temps de voir à quoi il ressemblait.
10:56Le veilleur ajoute que s'il revient, il lui dira que Beiner habite toujours ici, comme convenu.
11:04« Ainsi, Jack est à ses trousses.
11:12Que va faire Beiner maintenant ? Où va-t-il aller ?
11:17C'est ce que vous saurez dans quelques instants. »
11:23À proximité d'un bar, j'ai rencontré Everett Beiner, affolé, effrayé, en quête d'un commissariat de police.
11:37Comprenant qu'il a besoin de se remonter, je l'emmène boire un verre.
11:42Et Beiner me raconte son histoire.
11:46Une histoire incroyable.
11:48Quelques jours plus tôt, dans un restaurant, il a offert quelques whisky à une jeune femme,
11:54l'entraînant, sans le savoir, à replonger dans l'alcoolisme.
12:00Jack, le fiancé de la fille, est fou de rage.
12:04Car si la fille se remet à boire, son père la déshérite.
12:09Et le Jack en question perd ainsi un million de dollars.
12:14Depuis, il poursuit inlassablement Beiner.
12:20Il a menacé de le tuer avec une bouteille.
12:22Beiner s'efforce de lui échapper, car il a compris que le fiancé était bien capable de mettre sa menace à exécution.
12:32Et Jack le poursuit inlassablement.
12:38Beiner décide que le mieux serait de mettre la police au courant.
12:41Sans doute, celle de sa propre ville sera-t-elle plus disposée à l'aider.
12:48Il lui téléphonera demain matin.
12:50Pour l'heure, il prend la direction du Nord et s'arrête à Capital City.
12:55De là, il téléphone à son bureau.
12:57Et sa secrétaire lui annonce qu'un homme l'a appelé pour essayer d'obtenir son adresse.
13:02Brusquement, Beiner se sent cerné.
13:07Il sait cependant ce qu'il lui reste à faire, s'il trouve le courage nécessaire.
13:12Le journal qu'il a lu pendant son petit déjeuner lui a donné une idée.
13:16Il ouvre le journal à la page des petites annonces où se trouvent plusieurs chambres à louer.
13:22Il quitte le restaurant, monte dans un taxi et se fait conduire au 7 Madison Street.
13:26Là, il se dirige vers le numéro 8, notant qu'il est presque en face du 7.
13:32Parfait.
13:33Il espère que les deux chambres sont encore libres.
13:37Le numéro 8 qu'il va visiter en premier propose une chambre sur le devant.
13:42Beiner paie une semaine d'avance et laisse sa valise.
13:46Il dit à la logeuse qu'il s'appelle Johnson et qu'il reviendra plus tard avec le reste de ses bagages.
13:52Puis, il rentre à son hôtel, change de costume, paie sa note et repart avec sa voiture pour Madison Street.
13:59Cette fois, il entre au numéro 7.
14:03La chambre est toujours libre.
14:05Il paie une semaine d'avance et donne son vrai nom.
14:10« Je ne serai pas beaucoup là », explique-t-il à sa logeuse.
14:14« Je travaille en dehors de la ville.
14:16La compagnie met des caravanes à notre disposition.
14:18Je passerai un soir de temps en temps.
14:20J'attends un ami.
14:22S'il vient, et si vous n'y voyez pas d'inconvénients, il peut occuper ma chambre. »
14:28Beiner espère de toutes ses forces que Jack se laissera piéger.
14:33Beiner trouve un garage pour sa voiture.
14:35Puis, il fait quelques achats avant de revenir s'installer au 8 Madison Street,
14:42muni d'une paire de jumelles, d'un appareil photo à téléobjectif et d'un stock de pellicules.
14:50Le lendemain matin, il photographie tout le monde, sans exception, note l'heure et le signalement de chacun.
14:59Tous les soirs, il téléphone à sa logeuse du numéro 7 pour savoir si son ami était passé le voir.
15:05Le troisième jour, une voiture noire passe lentement devant le numéro 7, puis s'arrête au coin de la rue.
15:17Une femme en sort et revient sur ses pas.
15:20Une femme grande et forte qui porte un long manteau.
15:26Cette femme, c'est un homme.
15:29Beiner ne s'y trompe pas.
15:33La silhouette pénètre au numéro 7.
15:35Beiner se précipite sur le téléphone et compose le numéro de la police locale.
15:40« Allô ? Allô, je m'appelle Everett Beiner.
15:43J'habite actuellement au 8 Madison Street.
15:45Je viens de voir un homme déguisé en femme entrer au numéro 7 de la rue.
15:48J'ai des raisons de croire qu'il s'est ainsi déguisé pour parvenir jusqu'à moi
15:51et à se livrer à des voies de fête sur ma personne.
15:54Je vous en prie, envoyez immédiatement un quart de police ! »
15:58Le flic, étonné, demande des détails.
16:01« Mais dépêchez-vous, monsieur l'agent !
16:03Envoyez une voiture au numéro 7 Madison Street !
16:06Je vous attendrai ! Dépêchez-vous pour l'amour de Dieu !
16:08Sinon, un assassin va s'échapper ! »
16:12Il raccroche brutalement et se rue vers la fenêtre.
16:15La femme est-elle ressortie pendant qu'il téléphonait ?
16:20Enfin, une voiture de police fait son apparition et s'arrête devant le numéro 7.
16:25Une femme descend le perron au même instant et les policiers s'approchent d'elle.
16:29« Mais bon sang, mais c'est la legeuse ! »
16:33Elle ne comprend évidemment rien à ce que racontent les deux flics.
16:36Pendant qu'ils discutent, le type qui s'était déguisé en femme ressort à son tour
16:40et se dirige vers sa voiture.
16:41Beiner ouvre sa fenêtre et hurle au policier.
16:44« Mais non, mais non, pas elle ! C'est l'autre !
16:47Celle qui s'éloigne ! C'est un homme ! »
16:51Les deux flics se retournent, mais trop tard.
16:53Ils voient alors la femme franchir au galop les derniers mètres qui la séparent de son véhicule.
16:59Elle en perd une de ses chaussures, mais ne s'arrête pas pour autant.
17:02Elle ou il monte dans sa voiture et s'éloigne
17:05sans que les flics aient pu relever le numéro minéralogique.
17:09Beiner sort de la maison et s'assied sur les marches.
17:14Il a envie de pleurer.
17:15Il raconte aux policiers que ce fou déguisé en femme veut le tuer,
17:20qu'il ne sait même pas pourquoi, qu'il ne l'a jamais vu.
17:22Il ne sait même pas quelle tête il a.
17:26Les flics lui demandent s'il veut faire une déposition au commissariat.
17:30Il répond que ça ne servira à rien, mais qu'il va le faire tout de même.
17:36Beiner s'arrête de me raconter son histoire
17:38pour s'enfiler deux autres bourbons.
17:42Le bar s'est vidé.
17:44Beiner fixe d'un air hébété le buveur solitaire à l'autre bout du comptoir.
17:51Puis il reprend son récit.
17:57Donc il fait sa déposition au commissariat
17:59et revient au 8 Madison Street à la nuit tombée.
18:04Sa logeuse l'accueille.
18:07« Ah, monsieur Johnson, vous venez de rater votre ami.
18:10Je n'ai pas su lui dire à quelle heure vous rentreriez.
18:13Alors, il est retourné à son hôtel. »
18:17« Est-ce qu'il a laissé un message, madame ? »
18:19« Non, juste un petit paquet que j'ai déposé dans votre chambre.
18:23Est-ce que j'ai bien fait ? »
18:25« Oui, oui, c'est parfait, madame. Merci. »
18:30Le paquet en question contient une bouteille de whisky miniature
18:34dont le culot est brisé.
18:38Alors la panique s'empare de Beiner.
18:41Il jette ses affaires pêle-mêle dans ses valises.
18:43Puis il fonce dans la rue.
18:45Chaque pas derrière lui déclenche un spasme de terreur.
18:48Pour un peu, il abandonnerait ses bagages sur place.
18:51Il finit malgré tout par aîner un taxi
18:53et se fait conduire à la gare centrale.
18:55Ce bref parcours lui donne le temps de reprendre un peu son sang-froid.
19:00Il décide de laisser ses valises à la consigne,
19:02d'aller chercher sa voiture et de revenir prendre ses bagages.
19:06Puis il rentrera chez lui,
19:08ce qui représente un pénible voyage de douze cents kilomètres.
19:11Mais il sait qu'il ne pourra pas s'arrêter
19:13avant de s'être mis sous la protection de la police de sa ville.
19:18En partant de la gare,
19:20il change deux fois de taxi
19:21et fait arrêter le troisième devant le garage.
19:24Mais là, il comprend qu'il est de nouveau traqué.
19:29Un autre taxi s'est arrêté juste derrière le sien,
19:31saisi d'une insurmontable panique.
19:34Il se met à courir.
19:35Il court à l'aveuglette comme un fou,
19:37bousculant les passants.
19:38Il traverse des rues, devant des voitures,
19:41tourne à des carrefours,
19:42descend des ruelles sans savoir où il se trouve,
19:44sans regarder derrière lui,
19:45sans tendre l'oreille pour savoir si on le poursuit.
19:47Il n'a qu'une seule idée en tête.
19:49Continuez de courir.
19:50Continuez jusqu'au moment où, émergeant d'une ruelle,
19:52il me rencontre
19:54et je l'emmène boire un verre.
19:56À présent, nous sommes seuls dans le bar.
20:02Le départ du buveur solitaire
20:04semble avoir soulagé Beiner.
20:09Barman s'est absenté un moment, sans doute,
20:11pour pousser un petit roupillon dans son arrière-salle.
20:16Beiner me tend son verre vide.
20:18J'attrape la bouteille de whisky à pleine main.
20:20« Depuis qu'on est là, on a siroté pas mal.
20:24On a fait baisser considérablement le contenu de la bouteille.
20:29C'est pourquoi il tombe que très peu de whisky par terre
20:33lorsque je la frappe violemment sur le comptoir
20:36afin d'en briser le fond. »
20:41Beiner me regarde
20:42hébété.
20:46Il comprend.
20:48Mais trop tard.
20:50Vous venez d'écouter
20:57« Au cœur du crime »,
20:58un podcast issu des archives d'Europe 1.
21:01Réalisation, Julien Tarot.
21:03Production, Estelle Laffont.
21:06Patrimoine sonore,
21:07Sylvaine Denis, Laetitia Casanova
21:09et Antoine Reclus.
21:13« Au cœur du crime »
21:14est disponible sur le site
21:15et l'appli Europe 1.
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21:20sur votre plateforme d'écoute.
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