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Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay.

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00:00FM Business et La Tribune présente
00:02Le 18-19 d'Edvie Chevrillon
00:07Bonsoir à tous, bienvenue dans cette première émission qui traîne en 2026.
00:15Je vous présente tous mes meilleurs voeux en espérant qu'on arrivera ensemble avec ces émissions
00:20à comprendre, à décrypter tout ce qui va se passer et Dieu sait qu'il s'en passe déjà beaucoup de choses.
00:25Dans cette émission, dans ce 18-19, j'aurai à m'inviter Denis Ferrand, le patron de Rex & Code
00:31avec lui François Eccal, fondateur de Philpeco.
00:34J'essaierai de voir avec eux quels sont un peu les grands défis pour 2026.
00:40Ensuite, mon invité partira à New York, en duplex à New York, avec Rodolphe Romuald-Siora
00:47qui est chercheur associé à l'IRIS, qui est directeur de l'Observatoire politique et géostratégique des Etats-Unis.
00:52On parlera de Maduro qui doit être présenté d'ici une à deux minutes devant le juge.
00:58Et puis ensuite, c'est Gilles Bonenfant avec Emmanuel Lechypre qui seront avec nous
01:01pour leur baromètre Eurogroup qu'ils font avec nous depuis plus de 20 ans.
01:06On verra que pour les entreprises, elles sont optimistes sur l'étranger, mais pessimistes sur la France.
01:12Mais en même temps, on voit bien que sur l'étranger, ça devient aussi compliqué.
01:15Mais tout de suite, c'est Le Journal avec Stéphanie Collot.
01:19Le Journal.
01:22Bonsoir Stéphanie.
01:24Bonsoir Edwige.
01:25Avec vous, on va commencer par Nicolas Maduro.
01:27Tous mes voeux Stéphanie, bien sûr.
01:29Également, j'oublie.
01:30L'essentiel.
01:31Nicolas Maduro, je vous le disais, qui comparait devant un juge fédéral à New York.
01:35Le dirigeant qui était au pouvoir depuis mars 2013 et détenu à Brooklyn depuis samedi soir
01:41et doit répondre de quatre chefs d'accusation de trafic de drogue.
01:44Il a été enlevé à Caracas il y a deux jours lors d'une opération militaire américaine.
01:49Un enlèvement qui est au cœur d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU
01:53qui réclame le respect de l'indépendance politique des États.
01:57De son côté, la Suisse bloque avec effet immédiat les éventuels avoirs de Nicolas Maduro en Suisse.
02:04D'autres personnes que lui sont liées comme sa femme et d'autres anciens ministres
02:09sont également touchés par cette mesure.
02:12Mais aucun membre du gouvernement vénézuélien en place n'est concerné.
02:16Après la capture de Nicolas Maduro au Venezuela, Donald Trump réitère sa menace de prendre le contrôle du Groenland.
02:22Le pays doit être prêt pour tous les scénarios, estime une députée représentant ce territoire autonome au Parlement danois.
02:29Face à ces menaces d'annexion répétées, les capitales européennes apportent leur soutien au Groenland et au Danemark.
02:37Dans le reste de l'actualité, ça se précise pour le traité entre l'Union Européenne et les pays du Mercosur.
02:42L'Italie prévoit de signer l'accord commercial selon Bloomberg.
02:45Le mois dernier, Rome avait suivi Paris dans son opposition au traité,
02:49estimant qu'il était prématuré de le signer et réclamant plus de mesures de protection.
02:53Une réunion spéciale des ministres de l'agriculture de l'UE est prévue mercredi à Bruxelles.
02:58En France, les agriculteurs y sont toujours fermement opposés.
03:03Sébastien Lecornu reçoit aujourd'hui et demain les syndicats du secteur pour tenter de désamorcer leur colère.
03:10Colère aussi chez les médecins libéraux.
03:12En grève aujourd'hui et pour les dix prochains jours, il dénonce la baisse des tarifs de certains actes médicaux
03:17ou encore la limitation des prescriptions d'arrêt de travail.
03:20Ils craignent aussi la remise en cause de leur liberté d'exercice.
03:25La rentrée politique avec un chantier urgent, adopter un budget le plus rapidement possible,
03:29alors que les députés vont devoir négocier sur ce point.
03:32À partir de jeudi, Emmanuel Macron réunissait ses ministres ce matin.
03:35Et pour relancer la consommation, le gouvernement veut mettre en place une nouvelle mesure.
03:39Il veut permettre aux salariés de débloquer jusqu'à 2000 euros sur leur intéressement sans payer d'impôts.
03:44Ça concernerait ceux qui gagnent jusqu'à 2 SMIC.
03:47La mesure passerait par décret pour la rendre effective plus rapidement.
03:52Et puis, cette info pratique, 15% des vols sont annulés aujourd'hui dans les aéroports parisiens.
03:58C'est en raison de l'épisode neigeux en cours en Ile-de-France et dans la partie ouest du pays.
04:03Paris-Charles-de-Gaulle est concerné jusqu'à 20h.
04:05Paris-Orly jusqu'à 23h.
04:07On dénombre plus de 1000 kilomètres de bouchons en Ile-de-France, un record.
04:12L'exploitation du réseau bus de la RATP est interrompue à Paris.
04:1618h03 sur BFM Business, les marchés.
04:20Votre rendez-vous avec CG Finance.
04:22Notre mission, vous proposer des solutions personnalisées dans la gestion de votre patrimoine.
04:27C'est votre rendez-vous avec Emirates.
04:31Avec Emirates.
04:33Voyagez mieux.
04:33Les marchés avec Antoine Larigauderie.
04:40Bonsoir Antoine.
04:41Bonsoir Stéphanie.
04:42Bonne année, meilleur vœu.
04:43Bonsoir Antoine.
04:45Et on commence avec une séance qui se termine dans le vert.
04:49Oui, qui se termine bien alors qu'on était indécis toute la journée.
04:53C'est vrai qu'il y a eu une petite impulsion de fin de séance, plus 0,2%, rien de bien méchant, à 8211 points.
04:58A noter quand même que les places européennes dans leur ensemble étaient nettement plus en forme, plus 1,25% notamment pour l'Eurostox 50.
05:05Le DAX à Francfort, plus 1,3%.
05:07Plus forte hausse de l'indice parisien, c'est Eurofins scientifique qui gagne 8,3% à 67,14€.
05:13Thalès, le secteur de la défense qui était très orienté à la hausse, plus 4,7% pour Thalès à 246,10€.
05:19A noter Excel Technologie qui a même gagné 15% à 97,80€ avec un contrat à la clé de nouveaux drones sous-marins.
05:28En revanche, à la baisse, a noté des mises à l'écart de certaines valeurs plutôt défensives.
05:33Danone a perdu 2,16% à 74,40€.
05:37Renault moins 2,09 à 35,60€.
05:39En revanche, mauvaise pioche pour Thalès qui a perdu 0,55% à 55,79€.
05:44Un total qui n'était absolument pas agité par la spéculation autour d'un éventuel retour des pétroliers privés au Venezuela.
05:51D'ailleurs, le prix du baril est resté assez stable.
05:54Petite hausse, 61,50€ pour le baril de Brent de Mer du Nord.
05:58Le brut léger américain, 58,15€.
06:00L'euro s'est renforcé, 1,17,15€.
06:03Et le CAC termine sur cette petite hausse, plus 0,2%.
06:06Nette performance de la technologie aussi, puisque l'Euronext Tech Leaders prend un petit peu plus de 2%, 1,2,17€.
06:12– Merci beaucoup Antoine, merci Stéphanie.
06:15Et vous, on vous retrouve, les bonnes habitudes, 19h, 19h30.
06:18À suivre, quel défi pour 2026 ?
06:20On en parle avec Denis Ferrand, le patron de Rex & Code, et François Eccal, le patron de Fipeco.
06:26À tout de suite.
06:28– Business et la Tribune présente…
06:31Le 18-19 d'Edwish Chevrillon.
06:34– Vous êtes bien dans le 18-19, mes invités.
06:41C'est Denis Ferrand, le patron de Rex & Code, qui nous rejoindra dans un instant.
06:43Et François Eccal, qui est le fondateur de Fipeco, qui lui est bien en studio avec nous.
06:48Bonsoir François Eccal.
06:49– Bonsoir.
06:50– Bonne année.
06:51– Merci.
06:51– En tous les cas, c'est vous, on va attendre, on va voir ce que vous allez nous dire.
06:54Ça sera une bonne année, 2026 ou pas.
06:57On va commencer peut-être tout de suite sur la question budgétaire,
07:01parce que vous avez dit dans vos notes que je recommande à tout le monde,
07:04vous avez dit l'incertitude en fait des impôts fait que pour les entreprises,
07:10l'incertitude budgétaire fait que les entreprises se demandent un peu à quelle sauce ça va être mangé,
07:15donc elles freinent sur l'investissement.
07:17Si on essaie de savoir exactement, un, si on a des hausses d'impôts telles qu'elles sont annoncées aujourd'hui,
07:25taxe sur les grandes entreprises, taxe sur les holdings, pardon, retour de l'ISF,
07:30est-ce que ça, c'est un impact majeur pour les entreprises ?
07:34– Ça a un impact majeur pour les entreprises, d'abord direct quand il s'agit d'impôts
07:39qui sont payés par les entreprises, donc si on maintient d'une façon ou d'une autre
07:44la majoration d'impôts sur les sociétés, ça, ça concerne directement les entreprises.
07:49Si on augmentait les cotisations patronales aussi, ça aurait un impact,
07:54bon, apparemment ce n'est pas envisagé, mais voilà,
07:58si, si, on ne peut pas les augmenter directement,
08:02mais réduire des allégements de cotisations, oui, si, ça c'est envisagé,
08:07et réduire un allégement, ça veut dire augmenter en pratique.
08:10Donc si, si, c'est possible aussi.
08:14Après, ce qui concerne l'ISF, les impôts sur le patrimoine,
08:18ou les revenus du patrimoine des ménages,
08:20ça les concerne indirectement, parce que, en général, il s'agit,
08:25dans les débats actuels, il s'agit surtout de taxer les plus riches,
08:28et les plus riches, les multimilliardaires, comme on dit,
08:31ce sont bien souvent des actionnaires de sociétés et de sociétés françaises.
08:36Le patrimoine de la famille Dassault, c'est des actions de la société Dassault.
08:41Le patrimoine de la famille Bettencourt, c'est des actions de L'Oréal.
08:44Voilà, donc quand on veut les taxer plus, que ce soit à travers la taxe Zoukman, ISF, etc.,
08:53c'est vrai que ça peut avoir des effets sur le financement de ces entreprises,
08:57parce qu'ils peuvent être amenés à vendre quelques actions,
09:00on ne sait pas qui va les racheter d'ailleurs, probablement peut-être des étrangers,
09:04et donc, oui, indirectement, ça a des effets sur les entreprises, bien sûr.
09:08En ce début d'année 2026, lorsqu'on observe ce qui se passe à l'Assemblée nationale,
09:16est-ce que vous êtes très inquiet, François Ecole ?
09:18Est-ce que vous vous dites que nous sommes dans une situation très complexe ?
09:25Alors, je suis inquiet pour les finances publiques,
09:27parce que je pense qu'il faut quand même qu'on arrive à reprendre le contrôle de la dette publique,
09:34ne serait-ce qu'au moins en la stabilisant en pourcentage du PIB,
09:39pas en euros, en euros, elle va continuer à augmenter, mais en pourcentage du PIB,
09:43et pour ça, il faudrait ramener le déficit public en dessous de 3% du PIB.
09:49Non, mais là, vous rêvez, là, je sais bien qu'on fait des vœux.
09:51Non, non, on ne va pas faire ça en an, de toute façon, ce n'est pas l'objectif.
09:54J'en profite pour saluer Denis Ferrand, qui a réussi à nous rejoindre,
09:59malgré la neige, malgré les bouchons, merci, bonne année.
10:02On essaie de voir, justement, il est en train de faire des rêves, François Ecole, plus sérieusement.
10:07Et donc, mon rêve, ce serait qu'au moins qu'il y ait une première marche,
10:10soit entamée, une première étape en 2026,
10:14et qu'on arrive à le ramener au moins en dessous de 5% du PIB.
10:18Donc, ce serait très loin de l'objectif encore,
10:20mais ce serait déjà une première étape, ce qui n'est pas du tout évident.
10:22Parce que là, pour le moment, qu'est-ce qu'on a ?
10:24On a une loi de financement de la Sécurité sociale,
10:26qui ne réduit pas le déficit de la Sécurité sociale.
10:28Bon, voilà. Donc, il n'y a aucun effort de ce côté-là.
10:31Et on a une loi spéciale budgétaire.
10:34Bon, cette loi spéciale budgétaire,
10:36elle peut permettre de réduire le déficit.
10:38Parce qu'en fait, elle conduit à augmenter au moins un impôt,
10:42qui est un impôt sur le revenu,
10:43puisque si elle était poursuivie jusqu'à la fin de l'année,
10:47en prenant l'hypothèse d'école, d'une loi budgétaire
10:50qui dure jusqu'au 31 décembre.
10:51Elle n'est pas faite pour ça.
10:52Elle n'est pas faite pour ça, mais voilà, théorie en théorie.
10:56Donc, il y aurait plus d'impôts sur le revenu.
10:58Et du côté des dépenses,
10:59elles sont plafonnées au maximum à ce qui a été dépensé en 2025.
11:04Mais ça peut être beaucoup moins.
11:06Parce qu'en fait, si on lit la Constitution,
11:08la loi organique sur les lois de finances,
11:10et le ministère du Budget a une interprétation quand même très stricte
11:13de ce qu'on y lit,
11:14on ne peut financer que les dépenses nécessaires
11:18au bon fonctionnement des services publics.
11:20Donc, il y a des tas de choses qu'on ne va pas financer,
11:22des tas d'intervention, de subvention...
11:24Et on va faire des économies,
11:25l'État va faire des économies malgré lui.
11:28Exactement.
11:29Mais ça ne suffira pas pour ramener le déficit à 5 points de PIB.
11:31Et en plus, ce n'est pas de la bonne gestion.
11:33Parce qu'on revient sur le sujet d'incertitude.
11:36Comme on ne sait pas combien de temps ça va durer,
11:38c'est d'incertitude pour les gestionnaires
11:40et pour les entreprises qui ne savent pas
11:42à quelle sauce elles vont être mangées.
11:44Alors, ça tombe bien que vous nous ayez rejoint, Denis Férent.
11:46à quelle sauce va-t-on être mangée ?
11:49Si on essaie...
11:50La question que je vais vous poser maintenant,
11:51vous êtes là tous les deux.
11:52Quels sont les défis pour 2026 ?
11:54Alors, je vais commencer par vous.
11:55Est-ce que c'est la croissance, l'inflation, l'incertitude,
11:59la panne d'investissement, le travail ?
12:03Quels sont pour vous les 3-4 défis essentiels ?
12:08L'incertitude, bizarrement, je ne le mettrai pas au premier rang.
12:11D'accord.
12:11Parce que quand on regarde ce qui s'est passé
12:13au cours de l'année dernière,
12:15un élément qui nous a beaucoup surpris,
12:16c'est la résistance à l'investissement des entreprises.
12:19Quand bien même il y avait toute cette chape de plomb,
12:21cette grande incertitude sur la trajectoire politique,
12:24eh bien, les entreprises ont continué à investir.
12:26Mais il faut bien regarder pourquoi elles ont investi.
12:29Elles ont investi principalement pour se transformer,
12:31pour se moderniser,
12:33certainement pas pour faire de l'investissement,
12:34on va dire, de capacité pour introduire des nouveaux produits.
12:37Les motivations de l'investissement
12:38étaient vraiment des investissements d'adaptation
12:40à un monde qui change très rapidement.
12:42Et c'est probablement dans cette dimension-là
12:45qu'il faut regarder les éléments les plus déterminants.
12:48C'est la vitesse de transformation,
12:50que ce soit sur le plan technologique,
12:51l'adaptation que l'on a à faire,
12:53que ce soit sur le plan technologique,
12:54que ce soit sur l'adoption de l'IA,
12:55et surtout, évidemment,
12:57le tumulte nouveau qui intervient.
12:59C'est assez saisissant de voir
13:01combien les crises sont de plus en plus rapprochées,
13:03enfin, les événements géopolitiques
13:04sont de plus en plus rapprochés.
13:06Et en fait, les entreprises sont amenées
13:07à réfléchir désormais presque moins
13:09en termes de prévision qu'en termes de scénario.
13:11Qu'est-ce qui se passe pour moi
13:15si j'ai les États-Unis
13:17qui font un coup d'État au Venezuela ?
13:19Bon, ben, ça, ce sont des choses
13:20qu'elles doivent intégrer.
13:22Qu'est-ce qui se passe si les États-Unis
13:23vont en Groenland ?
13:24Qu'est-ce qui se passe pour la Chine avec Taïwan ?
13:27Parce que c'est pour les grandes entreprises, évidemment.
13:29C'est sûr pour les grandes entreprises,
13:31mais ça aura des effets de capillarité
13:32sur les plus petites.
13:33Oui.
13:33Autre défi ?
13:35Effectivement, c'est moins la macroéconomie.
13:37L'autre défi, je pense que
13:38quand on va regarder les éléments
13:39qui pourraient nous soutenir,
13:41on a beaucoup glosé sur la relance allemande,
13:45sur le plan allemand d'investissement
13:47qui est censé délivrer des montants
13:49assez importants pour remettre à niveau
13:52le militaire allemand,
13:53faire de l'investissement dans les infrastructures.
13:55500 milliards au total ?
13:56500 milliards, mais...
13:57Perler sur plusieurs exercices.
13:58Ce n'est pas dans ce coup.
14:00De toute façon, on sait très bien
14:01qu'ils n'arrivent jamais à dépenser
14:02exactement ce qu'ils annoncent.
14:05On pourrait quand même leur donner
14:05quelques leçons en matière
14:06de capacité à dépenser.
14:08Mais l'incertitude allemande
14:10est, me semble-t-il, assez forte.
14:12Quand vous regardez encore aujourd'hui,
14:13l'indicateur PMI,
14:15donc l'indicateur auprès des directeurs d'achat,
14:16en Allemagne, a reculé
14:17de manière quand même extrêmement forte.
14:20C'est ça qui est même très étrange.
14:22Pardonnez-moi de m'interrompre,
14:23mais on a des incertitudes,
14:25on vient d'en parler avec François Eccal,
14:27qui est quand même, qui sont là.
14:28Et puis, on a des entreprises françaises
14:29qui se portent bien
14:30dans un contexte quand même compliqué.
14:32Et les entreprises allemandes,
14:35elles se portent moins bien
14:36dans un contexte qui est quand même plus clair.
14:39Oui, tout à fait.
14:39Alors qu'elles devraient...
14:40Ah oui, c'est l'inverse !
14:40C'est justement les incitations qui sont là.
14:43Et c'est pour ça que la lecture macroéconomique
14:45se trouve extrêmement complexifiée
14:46parce que ce qui change fondamentalement le paysage,
14:50c'est bien entendu cette dimension géopolitique,
14:52mais c'est aussi ce qui s'est passé
14:53en provenance de la Chine.
14:55Le bouleversement majeur
14:56que constitue le choc de compétitivité
14:58que nous a administré la Chine,
14:59nous en avions parlé ensemble
15:00il y a quelques semaines de cela,
15:02ce choc de compétitivité
15:03percute de plein fouet l'Allemagne
15:06plus qu'elle ne nous touche d'ores et déjà.
15:09Alors évidemment, c'est un choc
15:11auquel n'échapperont pas les entreprises françaises
15:13qui sont sur des marchés concurrencés désormais par la Chine.
15:16Mais le choc est bien plus violent
15:17dans un premier temps sur l'industrie allemande
15:19qu'il ne l'est sur l'industrie française.
15:21Pour vous, c'est quoi ?
15:22Alors on a vu la côté fiscalité avec vous, François et Karl.
15:25Pour vous, c'est les quatre défis,
15:27les trois défis, les deux défis, c'est quoi ?
15:29Il y a les finances publiques, bien sûr,
15:31dont on a parlé.
15:32Il y a la croissance avec tout ce qu'il y a avec.
15:33Mais finances publiques, sérieusement,
15:35vous dites en dessous de 3 %,
15:36ce n'est pas réaliste.
15:37Non, mais à l'horizon de 2027, 2030...
15:40En 2026, la ligne rouge, c'est 5 %.
15:42Vous êtes comme le premier ministre.
15:43Mais je pense qu'on n'y arrivera pas.
15:45D'accord, on n'y arrivera pas.
15:46Voilà.
15:47Mais ça serait bien qu'on y arrive.
15:50Voilà.
15:51Le défi, il est là.
15:53Mais ce n'est pas un défi absurde.
15:55Le projet de loi de finances de Le Cornu,
15:57il visait 4,7 points de PIB.
15:59Donc, ce n'était pas des mesures absolument impossibles à prendre.
16:03Bon, c'est politiquement aussi.
16:05Ça n'est pas passé.
16:06Mais c'est tout à fait possible.
16:08Après, il y a un autre déficit dont je parle moins souvent,
16:11parce que je me concentre plutôt sur les finances publiques,
16:13mais c'est les échanges extérieurs.
16:15On a un déficit récurrent de nos échanges de biens et services
16:19depuis 20 ans.
16:21Alors, il n'est pas très important.
16:22C'est une dizaine de milliards, probablement, cette année.
16:26Mais quand on a un déficit de ces échanges extérieurs,
16:31ça veut dire qu'en fait, on le finance soit en empruntant à l'extérieur,
16:36soit en cédant une partie de notre patrimoine à des non-résidents.
16:40Aujourd'hui, par exemple, la dette publique,
16:42elle est détenue à 50% par des non-résidents.
16:45Le CAC 40, pour prendre un exemple du patrimoine des entreprises, etc.,
16:4850%, c'est des actionnaires étrangers.
16:51Voilà, c'est ça que ça veut dire.
16:52Quand on a un déficit de nos échanges extérieurs.
16:55Donc, un autre défi, ça serait de rééquilibrer ces échanges extérieurs,
16:59de rééquilibrer les échanges de biens et services.
17:02Ça paraît assez facile, parce que c'est relativement faible,
17:06mais ça fait 20 ans qu'on n'y arrive pas.
17:08On verra, je dis, les chiffres du commerce extérieur.
17:10Vous partagez l'importance de ces défis ?
17:15Exactement, parce que derrière, ce que cela emporte comme conséquence,
17:20c'est qu'on doit repenser stratégique.
17:21Et en fait, 2026, ça doit être vraiment une année où on se pose la question de
17:27qu'est-ce que l'on produit ?
17:29Où est-ce que l'on fait les efforts pour se donner des espaces de compétitivité,
17:33des espaces où on peut construire de l'accumulation de richesses ?
17:37On n'a pas vocation à tout produire.
17:38Mais véritablement, l'année 2026, c'est une année qui nous amène à penser
17:42sur des espaces où on est pertinent.
17:46Et donc, si on commence à amasser un peu de...
17:48Ça veut dire quoi, ça, en termes simples ? Pardonnez-moi.
17:50Non, non, non, mais ça veut dire...
17:52On est pertinent en quoi ?
17:53Pertinent en termes de...
17:55Où est-ce qu'on est... Vous avez évoqué tout à l'heure l'aéronautique.
17:57Et c'est vrai que quand vous regardez, par exemple, l'indicateur PMI qui est sorti aujourd'hui,
18:00qui est meilleure en France, qui vient de repasser au-dessus de la ligne de 50,
18:03qui fait la démarcation entre la zone d'expansion et de contraction,
18:06cela vient d'un seul secteur, l'aéronautique.
18:09Alors, est-ce qu'on peut bâtir toute une économie sur le seul aéronautique ?
18:12Non.
18:13Sur l'industrie défense, heureusement qu'on l'a.
18:15C'est ce qu'on peut dire.
18:15Oui, voilà. Heureusement qu'on l'a.
18:16Mais justement, par l'intermédiaire de l'aéronautique,
18:19c'est un peu une invitation à aller chercher où sont les espaces,
18:21où sont les domaines sur lesquels on a encore de la valeur à faire valoir à l'étranger
18:26et sur lesquels on peut bâtir.
18:28On a une telle agression, je pense que c'est vraiment le mot qui est consacré,
18:32une telle agression qui vient de l'hyper-compétitivité chinoise,
18:35qu'on ne va pas pouvoir tout faire.
18:37Il va falloir trouver les espaces où on peut être en zone de complémentarité avec la Chine,
18:41bien plus qu'en zone de confrontation, parce qu'en confrontation...
18:43Je vais être un peu cynique.
18:45Je pense que c'est plutôt vous qui allez répondre, Denis.
18:47Après, j'ai le même cynisme pour François et Karl.
18:51À la limite, plus la guerre en Russie, enfin en Ukraine, dure,
18:55mieux c'est pour l'industrie de défense française.
18:58Mieux c'est pour notre commerce extérieur ?
19:00Oui, mais c'est la multiplication des conflits plus que le seul conflit en Ukraine.
19:05Oui, bien entendu.
19:07À l'inverse, si on regarde ce qui se passe au Venezuela,
19:09on en parlera dans un instant, on partira à New York.
19:12Est-ce que c'est vrai que du coup, ça va générer un business,
19:18notamment des compagnies pétrolières américaines, non ?
19:21Oui, ça va en créer, mais aussi...
19:23C'est un effet plutôt positif.
19:24Mais d'une manière générale, ça va en créer aussi pour les entreprises de défense.
19:28Vous avez vu sur les performances aujourd'hui des actions des entreprises de défense,
19:34on était quand même assez positives.
19:35Donc, il y a le...
19:37Donc, tout n'est pas négatif dans ces conflits géopolitiques.
19:41Évidemment, la dimension humanitaire, on n'en parle pas.
19:43Bien entendu.
19:44C'est évidemment, si on reste dans le strict registre économique,
19:49cyniquement économique, oui, bien entendu, c'est plutôt...
19:51Dans ces conditions, c'est pour ça que vous êtes pour la signature du Mercosur,
19:54François et Karl, vous êtes...
19:57J'ai vu un de vos tweets où vous avez expliqué pourquoi il fallait signer le Mercosur.
20:01C'est demain ou après-demain qu'on connaîtra la position européenne,
20:04je dirais qu'il ne fait aucun doute au grand dame des agriculteurs françaises.
20:09Expliquez-nous votre position.
20:10Alors, ça résulte d'abord de deux observations.
20:13La première, c'est que l'Europe ne peut pas vivre en autarcie.
20:16Nous n'avons pas de matières premières non agricoles,
20:19soit le pétrole, les matières premières industrielles, etc.
20:21Donc, nous devons faire des échanges commerciaux
20:24et donc passer des accords commerciaux avec d'autres pays.
20:28Deuxième observation, les États-Unis veulent vassaliser l'Amérique latine.
20:34C'est désormais totalement évident, mais aussi l'Europe.
20:37C'est dans leurs orientations stratégiques.
20:39L'Europe doit payer et devenir vassale des États-Unis.
20:44Donc, notre intérêt commun à l'Europe et à l'Amérique latine,
20:47c'est d'essayer d'éviter cette vassalisation.
20:50Et donc, d'un point de vue géostratégique,
20:52je pense que nous avons intérêt à renforcer nos liens avec l'Amérique latine.
20:56Et il y a un moyen aujourd'hui de renforcer ces liens qui est évident,
21:00c'est de signer l'accord avec le Mercosur.
21:02Alors, c'est un accord commercial.
21:04Donc, ça veut dire qu'il y a des secteurs qui vont y gagner
21:07et d'autres qui vont y perdre.
21:08Il ne peut pas y avoir que des gagnants dans un accord commercial
21:11parce qu'on est obligé de faire des compromis avec les autres.
21:13Donc, il y a sans doute...
21:15Alors, l'élevage français va sans doute y perdre.
21:17Mais même dans l'agriculture française,
21:19la viticulture, par exemple, va y gagner.
21:21Et je pense que du côté du Brésil ou de pays d'Amérique latine,
21:25il y a des producteurs de rhum qui s'inquiètent
21:27de voir arriver les vins français se substituer aux rhum brésiliens.
21:31Donc, c'est normal.
21:32Il faut les aider, mais il ne faut pas s'arrêter à ça.
21:35On a un intérêt, d'un point de vue général, à signer cet accord.
21:40Vous partagez ça, Denis Ferrand.
21:41Est-ce que pour vous, le Mercosur, c'est quelque chose d'important ?
21:43Parce que ça va être un des sujets d'actualité demain et après-demain.
21:47Non, mais je partage tout à fait l'analyse de François.
21:51Et c'est intéressant aussi de se reporter un petit peu en arrière
21:53et de regarder ce qui s'était passé avec le CETA.
21:56Oui, c'est vrai, au Canada.
21:57Avec le Canada, où au total, on en avait des piques pendres,
22:01des manifestations du même acabit que celles que l'on connaît actuellement,
22:04et qui, in fine, débouchent sur une situation
22:07qui est plutôt gagnante pour les pays européens,
22:10avec, évidemment, des gagnants et des perdants.
22:14Et donc, c'est penser la compensation des perdants
22:17par le gain que l'on peut faire en termes d'activité industrielle,
22:21parce qu'il y a eu un approfondissement très net des échanges
22:23qui s'est produit avec le Canada,
22:25et pas seulement parce que Trump est passé par là.
22:28C'est vraiment quelque chose qui s'est approfondi
22:30au cours des dernières années
22:31et qui reflète bien que, oui, in fine,
22:33dans les accords de libre-échange,
22:35on se spécialise, on est plus efficace
22:37sur les domaines dans lesquels on est pertinent
22:39et donc on est plutôt gagnant en collectif.
22:42Quelles sont les forces et les faiblesses de la France
22:44en ce début 2026 ?
22:46Alors, les forces...
22:47Pas de manière générale.
22:48C'est quoi ?
22:50Parce que vous parliez tout à l'heure en disant
22:51qu'il faut s'appuyer sur ces points forts.
22:53Quels sont-ils ?
22:54Il y a quelque chose qui s'est quand même produit
22:56pendant plusieurs années,
22:58qui est vraiment un mouvement à bas bruit,
23:01qui est le fait qu'on a eu une restauration
23:02de la compétitivité coût en France.
23:04Pour une raison très simple,
23:05c'est qu'on a eu bien moins d'inflation.
23:07Alors, on a payé très cher, cette moindre inflation.
23:09C'est tout l'ensemble des dispositifs
23:11qu'on a mis en place face aux chocs énergétiques,
23:13qui ont coûté beaucoup aux finances publiques.
23:15Mais ça a perdué au-delà de l'arrêt, justement.
23:17Voilà, ça a perdué.
23:19Et surtout, ça a fait bien moins d'inflation
23:21que dans les pays de la zone euro,
23:23qui n'avaient pas mis en place des dispositifs
23:24de même ampleur que ceux qu'on a déployés en France.
23:26Résultat, qu'est-ce que vous voyez ?
23:28Vous avez une évolution des coûts unitaires en France
23:31qui est bien plus faible
23:32que celle que l'on observe
23:34dans l'ensemble des pays de la zone euro.
23:35Et donc, c'est un des leviers de restauration
23:37de la compétitivité
23:38qui s'est restauré au cours des dernières années.
23:40Et ça, c'est un point d'appui
23:41dont on ne verra les effets de manière perlée.
23:45Ça ne va pas se voir tout de suite.
23:46Et les coûts ne se résument pas, évidemment,
23:48aux seuls coûts salariaux, bien entendu.
23:50Mais c'est une dimension.
23:51C'est un point d'appui que l'on ne mentionne pas assez.
23:52Donc ça, en fait,
23:54même si ça doit déplaire à François Eccal
23:55parce que ça a grevé l'endettement de la France,
23:59vous dites, en fait, ça a été gagnant
24:01de faire cette stratégie-là
24:02à être gagnante aujourd'hui.
24:04Voilà.
24:06Ça a été gagnant, oui,
24:09parce que les exportations se compensent
24:11finalement pas si mal que ça en France
24:13relativement à la demande mondiale.
24:15Et sans doute, il y a-t-il une trace
24:16de cette évolution de la compétitivité.
24:18Mais il faut faire la balance
24:19entre ce que l'on a perdu
24:20en termes de finance publique
24:21et les conséquences de l'éthère que ça a.
24:23Et la balance, elle est quoi ?
24:24Elle est positive ou elle est négative ?
24:25Ça va mettre du temps
24:26avant que ce que l'on a consommé
24:29en finance publique,
24:30qui a été une dépense immédiate,
24:31soit regagné par du revenu additionnel
24:33du fait d'une meilleure exportation.
24:35Et donc, c'est combien de temps ?
24:36Il faut 10 ans.
24:37Ah oui, d'accord.
24:38François Eccal, de votre point de vue, à vous ?
24:40La macro, c'est très long.
24:42Oui, 10 ans, d'accord.
24:43Je suis d'accord avec ce que dit Denis.
24:47Est-ce que ça a coûté trop cher,
24:48étant donné le niveau d'endettement de la France ?
24:51Est-ce qu'on a été trop généreux ?
24:53Je veux dire, quand vous regardez aujourd'hui,
24:54on est le 5 janvier 2026,
24:56vous vous dites quoi ?
24:58Ça a eu des effets favorables, en effet.
25:00On a aujourd'hui, en effet,
25:01des taux d'inflation les plus faibles.
25:03Et ça se traduit, en effet,
25:05par une amélioration de la compétitivité coût.
25:07Mais on l'a payé très cher.
25:10Je pense qu'on en a probablement fait un peu trop.
25:13En matière, on a multiplié les boucliers tarifaires
25:16pendant les années 2021-2022.
25:18Ça a coûté combien, vous savez ?
25:20Quelqu'un a le chiffre au total ?
25:21Je n'ai pas le chiffre en tête, là.
25:23J'avais une quarantaine de milliards.
25:24Oui, j'avais une quarantaine de milliards pour l'année 2022.
25:26Ça se coûte en dizaines de milliards.
25:28Donc, voilà, il faut mettre les deux.
25:30Il y a le positif et le négatif.
25:33C'est vrai que, dans la durée,
25:35on peut espérer que le positif l'emportera,
25:37mais ça ne peut être que dans une durée très longue,
25:39et à condition qu'on ne recommence pas ce genre de politique.
25:44Si on revient un instant, justement,
25:46parce que j'aime bien savoir qui sont les gagnants et les perdants.
25:49Je ne sais pas si vous avez eu cette déclaration tout à l'heure
25:50d'Amélie de Montchalin, la ministre du Budget,
25:52qui dit que rien ne changera pour les retraités en 2026.
25:55Eux, ce sont les gagnants.
25:57Les gagnants, par rapport, je dirais,
25:59aux projets qu'ont beaucoup et que je soutiens,
26:02qui consisteraient à ne pas indexer les retraites sur l'inflation.
26:07Là, on les a revalorisées de 0,9% au 1er janvier.
26:13Bon, ce n'est pas beaucoup parce que l'inflation a été faible,
26:16mais 1%, mettons, pour simplifier,
26:18d'augmentation des retraites publiques,
26:21c'est 3 à 4 milliards d'euros de plus.
26:22Bon, voilà.
26:24Donc, ce sont les gagnants, ils gagnent trop ?
26:27Ils n'y gagnent pas trop.
26:28Ils ne sont pas dans l'absolu.
26:29Il y a des retraités qu'on peut plaindre,
26:32mais par rapport à la situation des retraités dans les autres pays,
26:36ils ont un niveau de vie qui est à peu près le même
26:38que celui de l'ensemble de la population.
26:40Ce n'est pas le cas dans les autres pays,
26:41sauf en Italie.
26:42Mais l'Italie a aussi des retraites.
26:44Et les perdants, ce sont les entreprises ?
26:46Les perdants, c'est tous ceux qui vont devoir faire des efforts
26:50pour réduire le déficit public.
26:52Alors, probablement, on ne voit pas très bien qui
26:53parce qu'on ne voit pas très bien ces efforts de réduction.
26:55Mais un jour, un jour, un jour, il faudra le faire.
26:56Si vous les avez trouvés, vous me prévenez.
26:58Parce que maintenant, je veux bien...
27:00C'est drôle, le mot économie,
27:01il y a un truc qui a complètement disparu.
27:03Non, les gagnants, c'est ceux aussi qui prêtent à l'État
27:06parce qu'il y a une revalorisation de la charge d'intérêt qui est là
27:11et qui, en termes d'inflation, commence à faire un taux réel assez sympathique.
27:16Quand on fait 3,6 en taux marginal, en taux sur les nouvelles émissions,
27:20alors que vous avez un d'inflation,
27:222,6 en réel, c'est pas mal.
27:24Pour le coup, c'est bien mieux que les retraités.
27:26Mais en fait, ce sont précisément les retraités
27:28qui aussi détiennent en gros parti la dette publique.
27:32Il y a une circularité entre les gagnants qui est quand même assez forte.
27:36Oui, ça c'est un point important, effectivement, de l'inflation.
27:39C'est bien, il n'y a plus d'inflation, très faible,
27:41en tous les cas en France.
27:43Et c'est sûr que du coup, vu le niveau des taux,
27:45des intérêts auxquels la France emprunte,
27:49l'addition est de plus en plus roulue.
27:51Peut-être en conclusion, il y a un mot qu'il n'y a pas prononcé,
27:54et moi je l'ai prononcé, mais aucun n'a relevé,
27:56c'est le travail, le niveau, le chômage, le taux de chômage.
27:59Pour vous, c'est derrière nous ?
28:00C'est un point qui n'existe plus ?
28:02Oui, le taux de chômage est résolu.
28:05Ça rentre un tout petit peu ?
28:05Oui, mais on ne le voit pas redémarrer très fortement,
28:08ne serait-ce déjà que parce que la population active,
28:10son rythme de progression ralentit quand même assez fortement.
28:14Maintenant, toute la question, c'est de savoir
28:16pourquoi est-ce qu'on a faible baisser le chômage ?
28:18Est-ce qu'on a réussi à créer des jobs de quantité ?
28:20Oui. Est-ce qu'on a réussi à créer des jobs de qualité ?
28:23Il y a débat.
28:24C'est là aussi les manières de résoudre.
28:26Le débat, c'est quoi ?
28:26C'est oui ou non ?
28:27On a fait le droit de oui ou non ?
28:28Le débat, c'est non, on n'a pas créé des jobs de qualité.
28:30D'accord, ok.
28:31Non, mais voilà, comme ça, c'est clair.
28:32Voilà.
28:34C'est quand même un bémol.
28:35On a réussi à réduire le chômage.
28:38On n'y était pas arrivé depuis très très longtemps,
28:41mais on a ramené le taux de chômage vers 7%, c'est ça ?
28:447,5.
28:447,5.
28:46Et ce n'est pas un taux extraordinaire.
28:48Il y a beaucoup de pays qui ont un taux de chômage inférieur à 5%.
28:51Et ce qui est extraordinaire, enfin, ce qui est quand même très inquiétant dans le cas de la France,
28:56c'est qu'avec un taux de chômage supérieur à 7%, on ait des tensions sur le marché du travail.
29:01C'est qu'il y ait plein d'entreprises ou d'administrations, d'ailleurs,
29:03on a le même problème dans les administrations, qui n'arrivent pas à recruter.
29:07Donc, il y a une spécificité française, là, qui est très fâcheuse.
29:11Parce que si on ne peut pas descendre en dessous de 7% et qu'on n'arrive toujours pas à recruter
29:16avec un taux de chômage de 7%, il y a un problème.
29:19Est-ce qu'il faut diminuer les allégements de cotisations sociales ?
29:23Sujet difficile.
29:25Oui, Noura, allez, engagez-vous.
29:27Après, vous pourrez dire le contraire.
29:29Non, pas trop.
29:30On peut surtout faire quelques économies sur ces allégements, peut-être quelques milliards.
29:34Mais de toute façon, ça restera très loin des...
29:37Il faut plus de 100 milliards pour arriver à stabiliser la dette.
29:40Donc, on en sera très loin.
29:43Et il ne faut pas espérer faire beaucoup d'économies sur les allégements.
29:49Un peu, oui.
29:50Un peu quand même, oui.
29:51Un peu quand même, oui.
29:52Il faut les reprofiler, surtout.
29:54C'est vraiment notre situation.
29:56Donc, ça ne fonctionne pas en tant que tel ?
29:58Non, c'est parce qu'ils sont trop concentrés sur les bas revenus
30:01et trop faibles sur les hauts revenus.
30:06Certains disent que c'est le contraire.
30:07Non, mais justement, quand vous regardez la structure de spécialisation de l'emploi,
30:11on ne crée pas des jobs de haut niveau.
30:14On crée pléthore de jobs de faibles qualifications.
30:17Et là, la nature, le profil des allégements y contribue beaucoup.
30:20Bon, merci messieurs.
30:23Je vous donne rendez-vous d'ici quelques semaines
30:26pour voir si vous avez raison sur vos défis, sur les perdants et les gagnants.
30:30Merci beaucoup, François Eccol.
30:31Donc, tous les deux, vous êtes très, très présents sur X.
30:35Donc, je recommande les notes de Fipeco.fr.
30:39Aussi, ça, c'est sur le site.
30:40Et celle de Rix et Côte et de Denis Ferrand.
30:42Merci beaucoup d'avoir été avec nous.
30:43Dans un instant, on va partir à New York.
30:45On nous attend Romuald Sura.
30:48Il est chercheur associé à l'IRIS,
30:50directeur de l'Observatoire politique et géostratégique des États-Unis.
30:53Pendant que nous parlions,
30:54eh bien, normalement,
30:56Maduro a été présenté devant un juge.
30:58Quelles conséquences pour nous ?
30:59On voit ça tout de suite.
31:01« Femme Business et la Tribune » présente
31:03Le 18-19 d'Edwish Chevrillon.
31:11Et on part tout de suite à New York,
31:13où nous attend Romuald Sura,
31:15chercheur associé à l'IRIS,
31:17directeur de l'Observatoire politique et géostratégique des États-Unis.
31:20Romuald Sura, merci d'être là.
31:22J'ai envie de savoir un peu comment vous réagissez.
31:26Je ne sais pas si vous avez vu Nicolas Maduro,
31:28le président vénézuélien,
31:30parce qu'il vient de déclarer devant le juge
31:32où il a été présenté
31:34« Je suis toujours le président du Venezuela ».
31:37Il a dit plaider, évidemment, non coupable.
31:40Est-ce que pour vous,
31:41c'est une grande surprise qui s'est passée, Romuald Sura,
31:44cette intervention,
31:46agression américaine au Venezuela ?
31:49Oui, cette agression est effectivement une grande surprise.
31:54La plupart des observateurs pensaient
31:56que quelque chose allait se passer.
31:58Bien évidemment, on ne déploie pas une telle force militaire,
32:01on ne fait pas une telle pression
32:02si rien ne doit arriver.
32:05Mais on pensait qu'il y aurait au moins encore
32:07un minimum de vernis civilisationnel de la part des Américains.
32:10Par exemple, qu'ils enverraient un commando
32:12pour soutenir une insurrection de la part de l'opposition,
32:17une prise de pouvoir, ce genre de choses.
32:18Non, non, ce qui a été très choquant,
32:22c'est qu'ils y sont allés cash,
32:23c'est-à-dire qu'ils ont envoyé un commando,
32:25ils ont kidnappé le président,
32:27sans répondre à l'appel de l'opposition,
32:29tout simplement parce qu'ils avaient décidé
32:31d'arrêter cet homme.
32:34Nous avons assisté à un basculement
32:36d'une ampleur rare dans les relations internationales.
32:39Nous sommes littéralement passés dans une autre époque.
32:42Dans la loi du puissant.
32:43Exactement, écoutez, en deux mots,
32:47l'objectif pour l'international de cette administration
32:50est de mettre à base tout ce qui demeure du système multilatéral
32:53mis en place après 1945.
32:55Nous ramener, comme vous l'avez dit,
32:56à un ordre bilatéral,
32:58plus semblable à celui que nous avons connu
33:01à la fin du 19e siècle, au début du 20e siècle,
33:04où la loi du plus fort prime,
33:05où les alliances sont de circonstance,
33:07le rapprochement avec la Russie,
33:10et où on fait fi, évidemment,
33:11de toutes les lois internationales,
33:12des organisations comme l'ONU, etc.
33:14Donc là, on est en plein dedans.
33:15De toute manière, l'ONU était déjà plus ou moins morte.
33:17En tous les cas, on ne peut pas dire
33:18qu'elle soit beaucoup intervenue dans tous les conflits.
33:21Le système multilatéral est moribond
33:23depuis déjà plusieurs décennies.
33:23La gouvernance mondiale est à repenser, on va dire.
33:26Voilà, et l'ONU est une naine
33:28sur la scène politique internationale
33:29depuis un bon moment.
33:30Trump n'aura fait qu'accélérer le mouvement,
33:33mais par contre, avec cette intervention de l'autre nuit,
33:35il en a sans aucun doute signé officiellement l'arrêt de mort.
33:39Alors, la question maintenant, c'est
33:41comment est-ce que vous voyez la suite, Romuald ?
33:44Vous voyez, qu'est-ce qui va se passer ?
33:48On voit déjà au Venezuela,
33:49est-ce que la transition va se faire
33:51d'une manière gérable, j'ai envie de dire,
33:55c'est-à-dire que sans provoquer une révolution, une crise ?
33:58Qu'est-ce qui va se passer de l'autre côté aussi au Mexique ?
34:02Parce qu'on a vu les réactions quand même très virulentes
34:04de la présidente mexicaine.
34:06Qu'est-ce qui va se passer aussi en Colombie ?
34:10Qu'est-ce que vous voyez sur cet échiquier d'Amérique latine ?
34:15Alors, écoutez, pour ce qui est du Colombien,
34:17il y a plusieurs scénarios.
34:19Soit l'actuel gouvernement, le régime de Maduro,
34:23réussit à se maintenir,
34:24et l'administration Trump mettra le paquet
34:28pour le faire tomber,
34:29de nouveaux bombardements,
34:30de nouveaux raids,
34:32peu importe, mais ils mettront le paquet.
34:35Soit un accord sera trouvé
34:39entre l'actuel régime et la Maison-Blanche,
34:42cela me paraît difficile,
34:44ou soit les États-Unis ne réussiront pas
34:47à faire tomber par quelques actions ponctuelles
34:50ce gouvernement,
34:51et tenteront une opération terrestre.
34:53Cela m'étonnerait, car cela sera très risqué.
34:55Néanmoins, quelque chose devrait se passer.
34:59Il est fort peu probable qu'un accord soit trouvé,
35:01ou du moins un accord qui tienne sur le long terme,
35:04entre Caracas, le gouvernement actuel,
35:06et la Maison-Blanche.
35:07Pour ce qui est de la Colombie,
35:08oui ?
35:08Non, non, allez-y.
35:10Pour ce qui est de la Colombie,
35:11ils sont dans le viseur de la Maison-Blanche,
35:14mais je ne pense pas que Trump, pour l'instant,
35:16décide de s'embarquer dans une situation
35:19qui pourrait être difficile.
35:20Non, c'est Cuba.
35:21Cuba, qui est évidemment la prochaine cible.
35:26Cuba, pourquoi ?
35:27Plusieurs raisons.
35:28D'abord, Cuba, dans l'imaginaire américain,
35:31c'est le grand Satan,
35:32c'est l'ennemi héréditaire.
35:33Il y a des cochons, c'est Kennedy.
35:37Exactement.
35:38Et pour Trump,
35:39à la veille du 250e anniversaire des États-Unis,
35:42quelle victoire symbolique vis-à-vis de son électorat
35:44d'être celui qui aura fait tomber Cuba
35:46qu'aucun de ses prédécesseurs,
35:48de Kennedy, comme vous l'avez si bien dit,
35:50à Obama et Biden,
35:52n'aura réussi à faire plier
35:54et à faire tomber.
35:56Cuba, c'est une cible très facile.
35:57Est-ce que vous y croyez ?
35:58Pardon de vous interrompre, Romuald.
36:00Est-ce que vous y croyez ?
36:01Parce qu'on dit que le fait
36:03de mettre la main sur le pétrole de Venezuela,
36:08ça va, en fait,
36:10un impact très important vis-à-vis de Cuba,
36:12qui justement, jusqu'à présent,
36:13trouvait sa richesse,
36:15c'est un bien gros mot,
36:16quand on voit l'économie cubaine,
36:17enfin, en tous les cas,
36:18a été alimenté sur le plan énergétique
36:20par le Venezuela,
36:21idem pour les Chinois
36:22et idem pour les Russes.
36:24Donc, si le robinet se tarait,
36:26parce que, et maintenant,
36:27ça sera direction les États-Unis,
36:28la donne est quand même sérieusement changée.
36:31Oui, mais je pense que Trump voudra se payer,
36:36pardonnez-moi l'expression, Cuba.
36:38Comme je le disais, symboliquement,
36:40si le régime tombe progressivement de lui-même,
36:43cela ne fera pas son affaire
36:44à la veille du 250e anniversaire des États-Unis.
36:47Voir Cuba tomber serait, de son fait,
36:51une grande victoire symbolique pour le président.
36:53Et sans oublier que c'est un cadeau
36:56qu'il veut faire également
36:57au secret d'État, Marco Rubio,
37:00qui lui-même, ancien fils d'une exilée cubaine,
37:04d'une réfugiée cubaine aux États-Unis,
37:06s'est promis de faire tomber le régime castriste.
37:09Donc, ça ne mange pas beaucoup de pain
37:10de faire tomber le régime.
37:12Je ne pense pas qu'il y aura
37:12une intervention militaire de grande ampleur.
37:15Je pense que ce que l'administration Trump va faire,
37:18c'est d'une manière ou d'une autre
37:19s'arranger pour que le régime cubain
37:21tombe avec fracas
37:23d'ici le 250e anniversaire des États-Unis.
37:27– Ah, d'accord.
37:27– Ok.
37:27Et Groenland, en un mot,
37:28vous avez 10 secondes pour répondre ?
37:31– En 10 secondes,
37:33le Groenland a de quoi s'inquiéter.
37:35Il y a fort à parier
37:36que, durant ce mandat,
37:38Trump tente de prendre le Groenland par la force.
37:40– Ah bon ?
37:42Alors, ce sont des Danois,
37:43donc des Européens ?
37:44– Je suis entièrement d'accord,
37:46sans parler que le Danemark
37:47fait partie de l'OTAN
37:48et que donc le pays fondateur de l'OTAN,
37:51son nom le plus puissant,
37:52annexerait par la force
37:53un autre pays de l'OTAN.
37:54– Moi, je suis moins sûr que vous,
37:55on va prendre le pari,
37:57parce que c'est l'heure de Paris,
37:58je suis moins sûr.
37:58– On va prendre le pari,
37:59alors je ne dis pas que ça va se passer,
38:01je ne dis pas non plus que c'est probable,
38:02je dis qu'il est fortement possible,
38:03et à titre personnel,
38:04je parierai dessus,
38:05que Trump ait besoin
38:06d'un coup d'éclat
38:08d'ici la fin de son mandat,
38:10et une fois encore,
38:11prendre par la force
38:12le Groenland
38:13est moins risqué
38:14que le coup
38:14d'il y a quelques jours
38:15à Caracas.
38:16Les habitants du Groenland,
38:19les Groenland,
38:19je vais y arriver,
38:22mais qu'est-ce qui va se passer ?
38:23L'Europe ne va pas rentrer en guerre
38:25contre les Etats-Unis,
38:25le Canada non plus.
38:27– Il faudra bien
38:27qu'on répasse un jour ou autre,
38:28quand même.
38:29Merci beaucoup, Romain.
38:30– Oui, mais à part quelques discours,
38:32merci à vous.
38:32– Merci d'avoir été avec nous,
38:34Romain El-Siora,
38:35en direct de New York.
38:37Tout de suite,
38:38on revient un peu
38:38sur le moral des entreprises,
38:40elles sont pessimistes
38:42pour la France,
38:43optimistes pour l'étranger,
38:45c'est le baromètre de l'Eurogroupe.
38:46Jules Bonenfant,
38:47le président de l'Eurogroupe
38:48est notre invité.
38:48– Le 18-19
38:52d'Edwish Chevrion
38:53sur BFM Business.
38:57– Bonsoir,
38:58Jules Bonenfant.
38:58– Bonsoir.
38:59– Merci d'être avec nous,
39:00vous êtes le président de l'Eurogroupe
39:01et avec Emmanuel Lechiffre
39:02qui devrait être en ligne
39:03avec nous,
39:04mais lui,
39:05il s'est retrouvé coincé
39:06par la neige,
39:08il est à 950 kilomètres
39:09de Bouchon
39:10qu'il y a en Ile-de-France.
39:12Vous avez publié
39:13un baromètre
39:14que vous faites avec lui,
39:15je crois,
39:15depuis 20 ans,
39:1621 ans.
39:16– Oui,
39:16ça fait une vingtaine d'années,
39:18c'est vous dire
39:18si ça fait longtemps.
39:20J'ai regardé
39:21ce que vous disiez
39:22l'année dernière
39:22parce que vous étiez
39:23aussi mon invité,
39:24vous disiez
39:24la majorité des dirigeants français
39:26affichent leur volontarisme,
39:28signe d'une énergie
39:28et d'une résilience
39:30qui ne se tarissent pas.
39:31Est-ce que vous diriez ça
39:32aujourd'hui ?
39:33– Oui,
39:33je dirais que même plus.
39:34– Même plus ?
39:35– Non mais c'est ça,
39:36on en parlait tout à l'heure
39:36avec Denis Ferrand,
39:37André Xecode
39:38et François Ecole.
39:39– J'ai un peu écouté mais je…
39:41– Les entreprises françaises,
39:43c'est incroyable,
39:43on a l'impression
39:44que rien ne les effraie,
39:46qu'elles continuent
39:47leur bonhomme de chemin.
39:48– Je crois qu'il y a
39:49plusieurs crises successives
39:50et aujourd'hui,
39:51on est dans un environnement
39:53à la fois géopolitique
39:54et un environnement
39:55en France
39:57qui demande de la part
39:59des dirigeants
39:59d'avancer
40:00et ils ont envie d'avancer.
40:01Ils ne peuvent plus
40:02se permettre de luxe,
40:03d'attendre,
40:03d'attendre telle ou telle réforme
40:05qui serait faite
40:06ou telle ou telle évolution
40:07sachant qu'on voit bien
40:09qu'il y a des zones du monde
40:10qui bougent,
40:11on l'a vu dans l'étude
40:12puisque on regarde
40:13cette étude,
40:14c'est 1000 dirigeants français
40:15basés en France
40:16ou à l'étranger,
40:17en gros à 50-50
40:18qui est fait avec le réseau
40:19des chambres de commerce,
40:20le réseau des conseils
40:21du commerce extérieur
40:21de la France
40:22et finalement,
40:23ils nous disent quoi ?
40:24Ils nous disent
40:251, on n'a plus le temps
40:27d'attendre,
40:27il faut agir,
40:29il faut garder un cap,
40:30on vit dans un monde
40:31qui est ce qu'il est,
40:31vous venez de commenter
40:32ce qui vient de se passer
40:33ce week-end
40:34de l'autre côté
40:36mais il faut qu'on avance
40:37et il y a des zones
40:38dans le monde
40:38sur lesquelles
40:39on peut finalement
40:40aller chercher
40:41des parts de marché.
40:43Ce qui est très intéressant
40:44de regarder dans la géopolitique,
40:45la géopolitique est le sujet
40:46qui les préoccupe le plus
40:47depuis post-2022.
40:50Avant 2022,
40:51quand on faisait ce baromètre,
40:52la géopolitique
40:53était toujours très déclassée,
40:54j'étais toujours surpris.
40:55Ok, mais est-ce que ça veut dire,
40:56pardonnez-moi,
40:57ça veut dire qu'en fait,
40:59ils croient plus tellement
40:59dans la France ?
41:00Ils croient, pardon,
41:01plus tellement dans la France ?
41:03Non, je crois que c'est pas...
41:03En termes de marché ?
41:04Non, non, je pense qu'il y a les deux.
41:06Je pense qu'ils ne croient pas
41:07qu'on va faire,
41:08d'abord en plus
41:08dans la période politique qu'on vit,
41:09on voit bien que dans les 18 mois
41:10qui viennent,
41:11tout ça est compliqué
41:12et après, je ne sais pas.
41:13On vit depuis 2024,
41:15je vais appeler ça pardon,
41:16un concours lépine
41:17sur l'économie
41:17et sur la gestion
41:18dont on gère les impôts
41:19dans les entreprises.
41:20Mais finalement,
41:21il ne se passe pas
41:21tout ce qui est évoqué
41:22dans certaines chaînes d'info
41:24et eux, ils disent
41:25qu'il faut avancer.
41:26Il faut avancer
41:27dans un environnement
41:28international et national
41:29qui est ce qu'il est,
41:30sur lequel le court-termiste,
41:31la réactivité,
41:33la capacité à vivre
41:34dans l'immédiat
41:35leur permet d'avancer.
41:36Ils doivent le faire
41:37pour soutenir l'économie,
41:39pour soutenir l'entreprise.
41:40Ils n'ont pas le luxe
41:41de retourner.
41:41Ils regardent
41:42ce qui se passe dans le monde.
41:43Il y a des bassins
41:43dans le monde qui évoluent.
41:45Pardon,
41:45plus 20 points
41:46par rapport à l'année dernière
41:48sur cette volonté
41:49de se développer
41:50à l'international.
41:51Quelle que soit la taille
41:51d'entreprise,
41:52parce que là,
41:52pour les grandes entreprises,
41:53les ETI,
41:54on peut comprendre.
41:55Pour les plus petites entreprises,
41:56c'est plus difficile.
41:57C'est vrai pour tous,
41:58mais c'est vrai
41:59que les grands groupes français
42:00avaient cette culture
42:01de l'international.
42:02Les ETI,
42:03le PME,
42:04bien moins par rapport
42:05à la comparaison
42:05qu'on peut faire
42:06avec d'autres pays européens,
42:08l'Italie,
42:09l'Espagne,
42:10la Suisse,
42:11qui a aussi
42:11une logique internationale.
42:13Et là,
42:13ces entreprises-là
42:14sont en train de regarder
42:15le monde évoluer
42:16différemment.
42:17Ils ne sont pas simplement
42:17dans une logique d'export,
42:18ils sont également dans une logique
42:20d'aller s'installer
42:21pour avoir des zones
42:21dans le monde.
42:22L'Asie,
42:23le bassin ASEAN
42:25est un bassin
42:26qui est très promoteur.
42:27Le Moyen-Orient
42:27sont des bassins
42:28qui sont extrêmement promoteurs.
42:30Et ils regardent
42:30ces zones d'intérêt.
42:31L'Europe, d'abord,
42:32dans le haut du panier,
42:33il y a l'Europe
42:34et puis il y a ces deux zones-là,
42:35avec des vraies évolutions.
42:37Juste puisqu'on reste
42:38un tout petit peu
42:39sur l'international,
42:40quand on parlait
42:40des pays où s'installer
42:41et qui créent
42:42le plus d'attractivité,
42:44les Etats-Unis
42:45étaient à 43%
42:46cités l'année dernière.
42:47Ils sont tombés
42:48à 23%.
42:49L'Italie était à 5%.
42:51Ils font trois fois mieux.
42:52Ils sont à 15%.
42:53Donc, il y a des mouvements.
42:54Il y a des évolutions.
42:55Et ça, c'est intéressant.
42:56C'est bizarre
42:57sur les Etats-Unis,
42:58quand même,
42:58parce que 43%
43:00passent à 43%
43:01d'intérêt à 23%.
43:03Alors que, certes,
43:05Trump, c'est Trump,
43:05tout ce que vous voulez,
43:06mais on voit bien
43:07le nombre d'entreprises
43:08françaises
43:09qui s'installent
43:10aux Etats-Unis,
43:11qui rachètent des entreprises
43:12aux Etats-Unis.
43:12Oui, parce qu'on a besoin
43:13de ce volet-là,
43:13mais il y a comme
43:14un petit regard
43:16sur l'effet Trump.
43:17L'effet Trump
43:18qui n'a pas démarré,
43:19pas Trump,
43:19qui a démarré par Obama,
43:20qui a été amplifié
43:22par Biden et patronne,
43:23mais sur le protectionnisme.
43:24Mais on voit bien
43:24quand même,
43:25même les Américains
43:25sont en train de regarder
43:26d'autres zones d'installation.
43:27On peut chercher aussi
43:28d'autres éléments
43:29et de stabilité.
43:30Gilles, maintenant,
43:30on va revenir un peu
43:31sur la France.
43:32Emmanuel Luchyp
43:32nous a rejoint.
43:34Bonsoir, Emmanuel.
43:35Donc, vous avez été
43:36coincé dans la neige.
43:38Bonsoir, Emmanuel.
43:39Je suis désolé,
43:40j'avais prévu
43:41d'être parmi vous,
43:42mais les conditions
43:44de circulation
43:44ne l'ont pas permis.
43:45Oui, le moins
43:46qu'on puisse dire.
43:47J'ai une question
43:49quand même,
43:50Gilles Bonenfant,
43:50c'est est-ce que
43:51pour eux,
43:53la France reste
43:55un pays
43:57où investir ?
43:58Alors, oui,
43:59dans les indicateurs
44:01on mesure
44:01le pessimisme.
44:03Il y a 9%
44:04de pessimistes,
44:059% d'optimistes
44:06sur l'ensemble
44:06de l'économie.
44:07Finalement,
44:08et on a au milieu
44:09tout un tas
44:11de dirigeants
44:11qui se disent
44:12incertains,
44:1341%,
44:14mais si je cumule
44:15ceux qui considèrent
44:17qu'ils sont
44:18neutres,
44:18confiants
44:18ou optimistes,
44:19c'est quand même
44:19une majorité.
44:20Et ça, c'est important.
44:23Et donc,
44:24je crois qu'on a
44:25deux regards.
44:26Un regard d'abord
44:27des Français en France,
44:28des dirigeants français
44:29en France,
44:30et des dirigeants français
44:31à l'intranger
44:31sur la France.
44:32Il y a 11 points d'écart.
44:34Les Français en France
44:35y croient un peu plus
44:36parce que vu de l'étranger,
44:39quand même,
44:39quand on regarde
44:40notre pays,
44:40autant il y a eu
44:41un élan sur l'attractivité
44:42fait depuis 2017
44:44qui avait un vrai attrait
44:45et des vrais résultats,
44:47autant depuis un an,
44:47un an et demi,
44:48on voit bien
44:48que ça bafoue
44:49un tout petit peu.
44:50Et cet retour arrière
44:51sur certaines réformes
44:52ou cette non-continuité
44:54de volonté de réformer
44:55crée un certain nombre
44:56de doutes.
44:57Mais vu de la France,
44:58on est dans une situation
44:59où de toute façon
44:59on faut avancer.
45:00Leur vrai sujet,
45:01c'est continuer
45:04à trouver des marges
45:05et gestion des talents.
45:06Ça,
45:06c'est les deux vrais sujets
45:07qu'ils ont
45:07plus le développement
45:09international.
45:10Emmanuel,
45:10Emmanuel Lechypre,
45:11vous,
45:12qu'est-ce qui vous a frappé
45:12dans ce baromètre
45:14et quelles questions
45:14vous voulez poser
45:15à Gilles Bonenfant ?
45:16Moi,
45:17ce qui m'a vraiment frappé,
45:19c'est quand même
45:19cet écart
45:23sans précédent
45:24dans notre baromètre
45:24entre cet optimisme
45:25pour l'étranger
45:27et ce pessimisme
45:28pour la France.
45:30Et ce qui est inquiétant,
45:31c'est qu'on a l'impression
45:33que 2026
45:34se présente un peu
45:36comme une année pour rien,
45:38finalement,
45:38puisqu'on voit déjà
45:40les débats
45:41qui ont quand même
45:41fragilisé la confiance
45:43en 2025
45:44sur la taxation des riches,
45:48sur les entreprises
45:49doivent payer leur part,
45:50alors que quand même,
45:51c'est elles qui ont tenu
45:52la barrage en 2025,
45:53il faut être honnête.
45:54Pendant que les ménages
45:54se planquaient
45:55dans leur madeleine,
45:56c'est quand même
45:57les entreprises
45:58qui ont fait
45:58les 0,9% de croissance
46:00en maintenant l'emploi,
46:01en investissant.
46:03Et là,
46:03elles voient que le débat
46:04recommence.
46:04Regardez les propos
46:05de Roland Lescure
46:06qui nous dit
46:06finalement,
46:07il faut maintenir peut-être
46:08la taxation
46:08sur les entreprises.
46:09Donc,
46:10le climat en France
46:11leur paraît quand même
46:12singulièrement bouché,
46:14au moins jusqu'à
46:15la présidentielle
46:15de 2027.
46:17Moi,
46:17j'ai été frappé de voir
46:18dans les discussions,
46:19ils ne parlent même
46:20plus de 2026,
46:21c'est une année
46:22qui est presque passée
46:24par pertes et profits.
46:25Gilles Bonnefant,
46:26vous êtes d'accord
46:26avec ça ou pas ?
46:27Non, pas du tout.
46:28Parce qu'Emmanuel
46:28en a déjà débattu.
46:29Gilles Bonnefant
46:29qui n'était pas d'accord
46:30avec vous, Emmanuel.
46:32Il y a plusieurs raisons.
46:32D'abord,
46:33moi,
46:33je préside un groupe
46:33de conseils
46:34et je vois bien
46:35les clients qu'on accompagne
46:36et on voit bien
46:37leur volonté d'avancer.
46:38Et donc,
46:39on peut regarder les choses
46:40d'une certaine façon.
46:41Je crois que les dirigeants
46:42ont compris
46:42qu'il fallait qu'ils avancent
46:43par eux-mêmes
46:44et qu'il y a l'État
46:44Providence
46:45qui allait tout régler.
46:46Ils attendent une chose.
46:47Il y a une chose
46:48qu'ils disent.
46:49Assurer la souveraineté.
46:52Ça, c'est un vrai sujet
46:52sur lequel, finalement,
46:54il y a tout des tas de mesures
46:55qu'on peut faire
46:56pour protéger
46:57un tout petit peu
46:57nos dispositifs,
46:58pour avoir des angles d'attaque
46:59sur des sujets industriels
47:01qui soient ciblés
47:02et qui ne soient pas refabriqués.
47:03L'industrie qu'on a perdue
47:04il y a 20 ans,
47:05mais fabriquée
47:06l'industrie de futur.
47:07Donc, il y a des vrais sujets
47:08et il y a des vrais choix.
47:09Mais il faut qu'ils avancent
47:10par eux-mêmes.
47:11Objectivement,
47:11vous savez que l'étude
47:12s'est déroulée
47:13de mi-novembre
47:14à fin décembre.
47:15Moi, je m'attendais
47:16à des résultats
47:16beaucoup plus pessimistes
47:17que ça.
47:18Et pour rejoindre
47:18le propos d'Emmanuel,
47:20on est dans un dispositif
47:21où le dirigeant dit
47:21écoutez, malgré ceci,
47:24nous, on va avancer.
47:25Alors, moi,
47:26j'ai une question
47:26pour vous deux.
47:28Tout à l'heure,
47:28je recevais Denis Ferrand
47:29de Réal-Second.
47:30Il disait,
47:31en fait, les entreprises,
47:32c'est vrai qu'elles sont résilientes,
47:33elles sont plutôt
47:34dans une bonne dynamique.
47:35Dynamique,
47:36c'est peut-être excessif.
47:37Mais, en fait,
47:39la macroéconomie
47:40ne les intéresse plus vraiment.
47:42C'est la microéconomie
47:43parce qu'elles sont confrontées
47:44à des transformations
47:45absolument gigantesques.
47:47Que ça soit
47:48sur le plan technologique,
47:50sur le plan
47:51la compétitivité
47:52avec les rats de marée chinois
47:55qui arrivent.
47:56Donc, en fait,
47:56elles sont en train
47:57de se restructurer.
47:59Et du coup,
48:00c'est pour ça
48:00qu'elles sont moins focalisées
48:01sur la macro, etc.
48:04Qu'est-ce que vous en pensez,
48:04Gilles ?
48:05Qu'est-ce que vous en pensez,
48:06Emmanuel ?
48:06Allez-y, Gilles.
48:07Premier élément,
48:07d'abord,
48:07je pense qu'ils ont appris
48:08à fond.
48:08Pardon, Emmanuel.
48:09Allez-y, Emmanuel.
48:12Non, mais elles ont appris
48:15à se restructurer.
48:16Elles sont surtout
48:16en train de se recentrer.
48:18Moi, c'est ça aussi
48:19la conclusion majeure.
48:20C'est qu'aujourd'hui,
48:22pour se faire leur place
48:24dans le monde de demain,
48:25parce que si vous n'êtes pas
48:27autour de la table
48:28demain,
48:29présent à l'étranger,
48:30vous n'aurez rien
48:31dans votre assiette.
48:32Et donc,
48:32il faut aller chercher
48:33à l'étranger.
48:34Et là,
48:35moi, ce qui me frappe,
48:35c'est qu'on se recentre
48:36sur les priorités absolues
48:39qui sont la profitabilité,
48:41la rentabilité,
48:43il faut être solide,
48:44et que tous les objectifs
48:47qui pouvaient paraître
48:48des objectifs de long terme
48:49sont aujourd'hui de côté.
48:50Je pense que Gilles a été frappé,
48:51comme moi,
48:52par le recul,
48:53encore une fois,
48:54de la priorité donnée
48:56à l'adaptation
48:57à la transition écologique.
48:58c'est devenu
48:59une des dernières préoccupations
49:01des entreprises.
49:02C'est une chute
49:04année après année
49:05depuis trois ans.
49:06Et ça,
49:06c'est encore plus marquant.
49:07Un sujet qui est inquiétant,
49:08on l'avait déjà souligné
49:09et on l'a vu
49:10avec les fêtes,
49:11ce qui s'est passé
49:11à la Poste
49:12ou ce qui s'est passé
49:13au ministère de l'Intérieur,
49:14cyberattaque,
49:14c'est des sujets
49:15qui sont encore
49:16un peu trop en retrait.
49:18Et ça n'intéresse
49:19que 20% des entreprises,
49:20Gilles ?
49:20Oui, bien sûr,
49:21c'est très faible.
49:22Après,
49:22je pense qu'ils ont compris
49:24que les crises successives
49:26ont compris
49:26qu'il fallait travailler
49:27sur du moyen terme.
49:28On n'est plus sur des logiques
49:28que vous parlez
49:29de macroéconomie.
49:30On est sur des logiques
49:30d'aller chercher
49:31des parts des marchés,
49:32d'être assez agile.
49:34Il disait qu'en fait,
49:35maintenant,
49:35les entreprises,
49:35les chefs d'entreprise
49:36raisonnaient par scénario.
49:39C'est-à-dire qu'ils établissaient
49:40des scénarios
49:40et non plus des perspectives
49:43comme ils raisonnaient avant
49:45pour leur compte d'exploitation.
49:46Oui, c'est ça.
49:47Les plans à 10 ans aujourd'hui
49:48ou à 5 ans,
49:49on ne les voit plus.
49:51On est sur des budgets tournants,
49:52on est sur des logiques
49:53cumulatives et glissants.
49:55On n'est plus sur ces logiques-là
49:56parce qu'il faut s'adapter
49:57à ce qui se passe.
49:58D'abord,
49:59si on fait un tout petit peu
50:00retour arrière
50:00sur les 5-6 dernières années,
50:02il y a des frontières
50:02qui s'ouvrent,
50:03il y a des frontières
50:03qui perdent,
50:03il y a des déplacements
50:04qui se font.
50:05La Covid a accéléré
50:06un certain nombre des sujets.
50:07Vous soulignez juste avant
50:08sur le plateau
50:09ce qui vient de se passer
50:10au Venezuela.
50:11Au Venezuela,
50:11pour les entreprises françaises,
50:12on n'était pas tellement marqué.
50:13Mais si on parle de la Colombie
50:14ou qu'on parle du Mexique,
50:15on a d'autres éléments
50:16qui pourraient se passer.
50:18L'effet Trump d'un côté
50:19met d'un autre côté
50:20l'effet chinois
50:20sur le protectionnisme
50:21crée quelque chose.
50:23Après, la vraie...
50:23Est-ce que vous avez testé
50:24cette...
50:24Avec les manales,
50:25est-ce que vous avez testé
50:26le protectionnisme ?
50:27En disant,
50:27est-ce qu'elle serait pour...
50:28Vous parliez de souveraineté
50:29tout à l'heure.
50:30Est-ce que les entreprises françaises
50:31seraient pour plus de protectionnisme ?
50:33Elles seraient pour plus
50:33de souveraineté.
50:34Je pense qu'il y a
50:35une différence entre la protectionnisme.
50:38Protectionnisme,
50:39c'est pas la même chose.
50:40Oui, c'est pas la même chose.
50:41Non, mais elle serait quand même
50:42pour un peu plus de réaction
50:44vis-à-vis de l'hyperprotection
50:47que mettent en place
50:48la Chine, les Etats-Unis.
50:49Je pense qu'elle serait quand même
50:51pas contre des réactions
50:52un peu plus fermes
50:52de la part de l'Europe.
50:55Mais pour revenir à cette histoire
50:56de scénarios,
50:56c'est bien joli les scénarios.
50:58Sauf que quand vous avez
50:59cinq scénarios sur la table,
51:00comment vous faites
51:01pour en choisir un
51:02et pour être résilient ?
51:03La seule solution,
51:04c'est d'abaisser finalement
51:06votre base de coût de production
51:07pour être le plus résilient possible
51:09et être capable de résister
51:11à tous les scénarios.
51:13Justement, vous faites le lien.
51:14C'est la question,
51:15j'ai dû vous poser.
51:15Et d'ailleurs, Edwige,
51:16pour terminer,
51:17non, juste pour dire
51:18que c'était là
51:18où je voulais en venir,
51:19c'est que ce qui est intéressant,
51:20c'est qu'après des années
51:21où elles ont maintenu l'emploi
51:22coûte que coûte,
51:23là, on voit bien
51:24qu'il y a un vrai retour
51:25aujourd'hui de la recherche
51:26de la productivité
51:27et des gains de productivité.
51:29Oui, mais le recherche d'emploi
51:31ne s'effondre pas
51:31un an en courbe aujourd'hui.
51:33C'est vrai.
51:33Il y a eu, après 2022,
51:35il y a eu un effondrement
51:36sur l'ensemble
51:37des quatre indicateurs
51:38qu'on mesure,
51:39rentabilité, investissement,
51:41emploi et activité.
51:43Une reprise clairement
51:44à l'international,
51:45mais ça s'est stabilisé,
51:46plutôt à la baisse,
51:47mais ça s'est stabilisé
51:48en France.
51:49On aurait pu craindre
51:50une logique double
51:52liée à la recherche
51:53de rentabilité
51:53comme l'évoque Emmanuel Instant,
51:56mais également liée
51:57à la venue de l'IA
51:58dans les entreprises
51:58qui va quand même
51:59avoir un impact
52:00à un moment donné,
52:01en particulier
52:01sur l'emploi des jeunes.
52:02Alors, les priorités
52:03justement pour 2026
52:05que vous avez testées
52:06chez Eurogroups,
52:08un, la rentabilité
52:09et les performances,
52:1083 %,
52:11c'est assez logique,
52:12vous me direz,
52:13la première des priorités,
52:14le développement
52:15à l'international
52:16que vous mentionnez
52:16tout à l'heure,
52:17Emmanuel,
52:17est 56 %,
52:18et les ressources humaines
52:1952 %.
52:20La gestion des talents,
52:22c'est ça que vous disiez
52:22parce que les ressources humaines,
52:23pardonnez-moi,
52:25mais c'est un peu vague quand même.
52:26Oui, c'est la gestion des talents,
52:27c'est à la fois la rétention des talents
52:28et la capacité
52:29à attirer les meilleurs.
52:32En fait,
52:33d'abord,
52:34on n'a pas suffisamment de lèvres,
52:35on l'évoquait tout à l'heure,
52:37on a un taux de chômage
52:37qui est descendu assez bas,
52:38mais finalement,
52:39on a quand même
52:39énormément de mal à recruter.
52:41En tout cas,
52:41dans certains pans de l'économie,
52:43on a énormément de mal à recruter.
52:45Et donc,
52:45on voit bien
52:45qu'il y a une volonté
52:46d'avoir un vivier
52:48de potentiel
52:49et de talent
52:50qu'on est capable,
52:51sachant qu'on a besoin
52:53de fabriquer
52:53dans notre industrie
52:54aussi des gens
52:54qui ont envie de revenir
52:57et dans une industrie de demain
52:58et pas dans une industrie
52:59d'avant-hier.
53:00Et ça,
53:00on a aussi un travail
53:01sur le fond,
53:02pas simplement de formation,
53:04mais également
53:04et d'attractivité
53:06et d'aiguillage très tôt.
53:08Oui, ça c'est sûr.
53:09Je regarde les inquiétudes,
53:10juste pour résumer
53:11un peu ce que vous disiez,
53:12Emmanuel et vous,
53:14Julie Bonenfant,
53:15les risques géopolitiques
53:16sécuritaires,
53:17c'est 66%,
53:18c'est les inquiétudes
53:19des dirigeants français,
53:20donc c'est en tête de liste.
53:22Risques économiques,
53:2348%.
53:24Risques économiques,
53:25c'est quoi exactement,
53:26risques économiques ?
53:27La question c'est
53:27de ne pas avoir
53:29de financement,
53:31de problèmes de trésorerie,
53:33d'avoir des fournisseurs,
53:35des clients qui ne payent pas,
53:36tout ce qui peut créer
53:38un appel
53:39et un besoin de BFR,
53:40si je le résume différemment.
53:41La fiscalité,
53:4233%,
53:43ça n'est pas très haut,
53:44numérique et cybersécurité,
53:4520%
53:45et risque climatique,
53:47j'y arrive,
53:48seulement 8%.
53:50Là, Emmanuel,
53:51c'est fou en tous les cas,
53:53on est loin des accords
53:53de Paris,
53:54des grands messes
53:55qu'on a connus.
53:57On a un double phénomène là-dessus.
53:59Il y a eu quand même,
54:01finalement,
54:02une logique normative,
54:04punitive et un peu trop rapide.
54:06L'étau s'est un peu desserré,
54:07donc quand un d'étau se desserre,
54:09on le regarde différemment,
54:09et puis on a à gérer
54:11d'un certain nombre de priorités.
54:12Aujourd'hui,
54:13entre deux risques,
54:13un qui s'appelle cyber
54:15ou être dans les normes
54:17de la tech
54:18et l'environnement,
54:21il y a des priorités
54:21qui sont mises.
54:23Emmanuel ?
54:25Non,
54:25je crois qu'effectivement,
54:26il y a cet arbitrage
54:28entre les vraies priorités
54:31sur lesquelles il faut concentrer
54:32toutes les forces
54:32de l'entreprise
54:34et qui sont effectivement
54:35cette conquête de marché
54:36à l'étranger.
54:37Et Gilles a raison de dire
54:39que la conquête de marché
54:40à l'étranger,
54:40c'est plus seulement
54:41chercher à vendre ses produits
54:42depuis la France,
54:43c'est aussi s'implanter,
54:45s'implanter industriellement,
54:46s'implanter commercialement
54:47et ça,
54:48ça absorbe une grande partie
54:49des forces
54:49et que les objectifs
54:50de long terme
54:51sont un peu mis
54:53entre parenthèses
54:54manifestement.
54:57Merci beaucoup,
54:58merci Emmanuel Lechypre.
54:58Merci Gilles Bonenfant
54:59d'avoir été avec nous
55:01et présenté ce baromètre.
55:02Bonne année,
55:03parce que bon,
55:03ça ne se présente pas trop trop mal,
55:05même si c'est vrai
55:05que le 2026,
55:06c'est peut-être une année pour rien
55:07parce que tous les grands choix
55:08se feront en 2027.
55:09Mais ça ne peut pas être
55:10une année pour rien
55:10pour les dirigeants.
55:11Eh bien oui,
55:12ça c'est sûr,
55:13vous avez raison,
55:14on a insisté,
55:14merci beaucoup.
55:15Voilà,
55:15c'est la fin de ce 18-19,
55:16bien sûr,
55:17on se retrouve demain
55:18avec notamment
55:19Dominique Schellcher,
55:20le patron de Coopérative U
55:21et Angelo Gopé,
55:23le patron de Live Nation France
55:24qui aura des annonces
55:25à nous faire.
55:27Bonne soirée,
55:27tout de suite,
55:28vous retrouvez Stéphanie Collot.
55:29Le 18-19
55:33d'Edwish Chevrillon
55:33sur BFM Business.
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