- il y a 4 mois
Ce vendredi 29 août, Mabrouk Chetouane, responsable de la stratégie globale de marché chez Natixis Investment Manager, et Bettina Mazzocchi, co-responsable Wealth Solutions pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique chez BlackRock, se sont penchés sur le bilan des marchés américains et européens à la fin du mois d'août, l'inflation qui reste stable sur un an aux Etats-Unis, l'impact des droits de douane sur l'inflation, ainsi que l'instabilité politique qui pèse sur les banques au Royaume-Uni, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
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00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:04Beaucoup équipiers du club ce soir, ils viennent de s'installer.
00:06Bettina Mazocchi, bonsoir Bettina, bienvenue.
00:09Ravenir de vous retrouver, co-responsable Wealth Solutions pour BlackRock,
00:12pour l'Europe, l'Europe, le Royaume Moyen-Orient et l'Afrique.
00:14Mabrouk aussi est avec nous, Mabrouk Chetouane, bonsoir Mabrouk.
00:16Bonsoir Guillaume.
00:17Responsable de la stratégie globale de marché pour Natixis IM.
00:20On parlera de tech dans quelques minutes, de la France qui est en retard aussi,
00:24qui risque de le rester, voire d'aggraver sa sous-performance.
00:27On en parlera dans un instant.
00:28D'abord, le bilan du mois d'août, c'est quand même la dernière séance du mois d'août.
00:31On va arriver sur le pire mois de l'année, le mois de septembre.
00:33Ah ben oui, à Wall Street, septembre est statistiquement le pire mois de l'année.
00:37On en parlera.
00:38Mais le bilan du mois d'août, ça s'est pas si mal passé finalement.
00:40En tout cas, à Wall Street, l'indice S&P a pris 2%.
00:44En Europe du Sud, Madrid a pris 4%, Milan 2,5.
00:47Bon, à Paris, c'est plus mitigé, mais c'est essentiellement dû à la semaine qu'on est en train de clore.
00:51Bettina.
00:52On a de nouveau tapé un plus haut sur le S&P cette semaine.
00:57Et j'ai appris cette semaine une statistique intéressante.
01:02C'est que si on regarde sur les 40 dernières années, 36% des mois ont connu au moins une séance
01:07où on a eu un plus haut historique.
01:09Donc finalement, ces plus hauts historiques, dont on a l'impression qu'ils sont très rares,
01:12sont plus fréquents.
01:15Mais plus sérieusement, cela traduit aussi bien aux Etats-Unis qu'en Europe
01:20un certain calme des marchés par rapport aux bruits et aux nouvelles qui ont continué à bousculer.
01:30C'est-à-dire qu'à vos yeux, les marchés sur des records, les marchés américains sur des records,
01:34font preuve de sagesse.
01:36Ce sont eux qui font preuve de sagesse ou ils font preuve d'une forme de déni ou d'aveuglement ?
01:39Alors, c'est une bonne question.
01:41Notamment si on regarde les marchés américains,
01:43ils ont beaucoup été tirés par les 7 magnifiques et les titres de la tech dont vous parliez.
01:52Et il est légitime de poser la question de, est-ce qu'on a une bulle ou est-ce que c'est rationnel ?
01:58Notre réponse est très clairement qu'il n'y a pas de bulle sur l'intelligence artificielle
02:05et qu'il s'agit en revanche d'une révolution structurelle de beaucoup plus long terme.
02:09Donc on est plus sur la machine à vapeur que sur les tulipes du XVIIe siècle.
02:15À plus court terme, la question se pose de se dire,
02:19celle des valorisations, qui est une vraie question.
02:23À moyen terme, on a vraiment une thèse d'investissement en parstrate.
02:31Donc d'abord la construction, le développement des modèles,
02:35ensuite l'adoption et le développement des applications.
02:40Ce qui a été particulièrement intéressant dans les résultats qu'on avait eus sur les entreprises de la tech
02:44au cours des dernières semaines, pour moi, il y a eu deux choses.
02:47La première, c'était une évolution du modèle économique.
02:50Donc alors que les deux premières années, ça a vraiment été des dépenses,
02:54de l'entraînement du modèle, de l'infrastructure sans revenu,
02:57on commence à voir une monétisation de toutes ces belles puces
03:02par une monétisation de l'inférence,
03:04enfin d'une monétisation de l'utilisation de ces capacités de computing.
03:11Et la deuxième, c'est un réengagement, un renouvellement de l'engagement,
03:16de développement, d'investissement dans la tech.
03:21Donc ces deux éléments nous confortent dans le fait que c'est porteur pour la technologie.
03:30Et c'est peut-être, Antoine, une des raisons pour lesquelles certains analyses,
03:33certains brokers sont hyper optimistes sur le potentiel du marché américain.
03:38On en parlait tout à l'heure dans la préparation de cette émission.
03:40Pour 2027, certains voient le S&P à des niveaux assez dents.
03:45Alors c'est un horizon d'un an et demi, deux ans, et toutes choses étant égales par ailleurs.
03:48Oui, c'est à horizon 2027, effectivement,
03:50mais ils prédisent un gain encore de 50% pour le S&P 500,
03:54du fait de cette transformation-là.
03:57Et bon, alors il va falloir pas mal baisser les taux de la Fed, peut-être.
04:01Mais ce n'est pas à prendre au pied de la lettre, on le dit quand même.
04:02Voilà, effectivement.
04:03Mais effectivement, si on suit des modèles mathématiques,
04:06et en tout cas, il y a un économiste de Bank of America
04:08qui pense qu'on a encore un upside de 52% horizon 2027 pour le S&P 500.
04:13Ben voilà, Mabrouk, il suffit de faire la planche, ça montre.
04:15On sera au-dessus des 9000.
04:15Ça s'appelle tirer une tendance, ça c'est facile.
04:18Donc on tire le trait, puis surtout quand la tendance,
04:20elle montre des signes exponentiels.
04:22Mais passons, ce n'est pas le sujet.
04:23Le point, enfin, on a quand même passé un été assez tranquille,
04:27parce qu'on a commencé avec une loi budgétaire,
04:30on va dire titanesque aux États-Unis,
04:31avec 50 000 milliards de dépenses, entre guillemets,
04:35enfin de plafonds de dettes qui ont été rehaussés aux États-Unis.
04:38Ça n'a pas fait sourciller les marchés obligataires
04:40qui ont plutôt bien accueilli finalement la nouvelle.
04:43Et puis, on a quand même, à la fin de l'été,
04:45la confirmation que Jérôme Powell va effectivement baisser
04:48les taux d'intérêt directeur.
04:50Donc c'était la dernière patte un peu qui manquait,
04:51puisque finalement, on était assez confiants sur le cycle américain.
04:54On a vu finalement que tous ceux qui achetaient la thématique
04:58de la stagflation sont peut-être en train de se tromper.
05:01Et les chiffres qui ont été publiés tout à l'heure le prouvent encore.
05:04Le PCE.
05:04Beaucoup, le PCE, effectivement.
05:06Conforme aux attentes.
05:07Conforme aux attentes.
05:07Et surtout, c'est en deçà de la projection implicite de la Fed,
05:10parce que c'est quelque chose qu'on ne regarde pas assez.
05:12La Fed a une projection implicite,
05:13enfin une projection explicite, pardon,
05:14de 3% d'inflation en moyenne sur cette année,
05:17ce qui veut dire un 0,4% de variation mensuelle.
05:20On est deux fois en dessous.
05:22Donc clairement, en fait, on n'arrivera pas à cette cible d'inflation,
05:25en tout cas escomptée par la Fed.
05:27Donc, on a les moyens de baisser les taux d'intérêt directeur.
05:30Et puis, encore une fois,
05:31quand on regarde les travaux de la Fed de Cleveland,
05:33ils sont très clairs.
05:35L'impulsion inflationniste que l'on observe,
05:38qu'on a pu observer finalement au cours,
05:39sur les derniers points qu'on a eu au cours de cet été,
05:43notamment sur le CPI,
05:44l'indice effectivement des prix à la consommation,
05:47en fait, il ne vient pas du tout des biens manufacturés.
05:49C'est ça qui est extraordinaire.
05:50Ça vient des services.
05:51En fait, les services restent toujours,
05:53on est toujours à la même thématique.
05:54La front renversée.
05:54Les key prices,
05:55donc les prix qu'on appelle visqueux ou rigides,
05:58c'est ça, en fait,
05:58qui continue de faire la persistance de l'inflation.
06:00Parce qu'il n'y a pas encore l'impact,
06:02le plein impact des droits de douane.
06:03Ça viendra, Mabrou.
06:04Mais ça aussi, à un moment donné,
06:05il faut...
06:05Soyez patient.
06:06Oui, soyez patient.
06:06Mais paradoxalement,
06:08on voit l'impact sur la partie budgétaire,
06:10la partie fiscale aux États-Unis.
06:12Dès le mois de juin,
06:13on a vu l'augmentation très nette
06:15des rentrées fiscales liées aux droits de douane.
06:1627 milliards.
06:17Boum, c'est passé, effectivement,
06:18de quasiment 3...
06:20Oui, c'est ça, en rythme de croisière,
06:218-9 milliards à 27 milliards.
06:23On voit un impact concret.
06:25Mais bizarrement, sur l'inflation,
06:26ça ne se voit pas.
06:27Et en fait,
06:27c'est nier complètement la structure,
06:29en fait, tout simplement,
06:30de l'économie américaine.
06:31Je rappelle juste une stat très simple,
06:32qui est connue de tous
06:33et qui est publiée dans les tableaux de l'OCDE.
06:35Dans les biens manufacturés,
06:36vous n'avez qu'un seul quart
06:37de ces biens consommés aux États-Unis
06:39qui proviennent de l'étranger.
06:40Donc, si vous dites que l'inflation,
06:41c'est 0,2...
06:42Enfin, l'inflation des biens manufacturés,
06:43c'est 0,2 point de l'indice.
06:45S'il n'y a que 0,2 fois 0,4,
06:47pardon, fois 0,25,
06:48eh bien, ça fait très peu, finalement.
06:50Donc, on a acheté la thématique
06:51de ce retour de l'inflation.
06:53Et encore une fois,
06:54quand vous regardez même
06:55les prix importés du Canada,
06:57du Japon, de la Chine, etc.,
06:59vers les États-Unis...
07:01Donc, pour résumer,
07:02le marché a raison de s'enflammer
07:04sur des baisses de taux et de montées.
07:05Wall Street de battre des records.
07:06Et les commentateurs ont tort.
07:09Le marché a raison.
07:09Le marché ne s'enflamme pas.
07:10Le marché s'est recalé, tout simplement.
07:12On était en train d'hésiter...
07:13On est sur des valeurs records.
07:14Oui, mais encore une fois,
07:15les valeurs records,
07:16l'argument a été tenu déjà par le passé.
07:18Les valeurs sont chers,
07:19on n'achète pas.
07:20Erreur fatale.
07:21Qu'est-ce qui se passe ?
07:21Le marché continue de monter.
07:22Il y a un coup d'opportunité
07:24à ne pas être exposé
07:25sur le marché américain.
07:26Et donc, aujourd'hui, fondamentalement,
07:28à ceux qui disent
07:29le marché est trop cher,
07:31je réponds,
07:32le marché demain sera encore plus cher.
07:33Donc, ça ne sert à rien, finalement,
07:35de regarder cette approche fondamentale.
07:37C'est un peu comme les températures
07:38quand on dit
07:39il fait trop chaud pour la saison.
07:40Oui, il fait peut-être trop chaud pour la saison,
07:41mais il se trouve qu'il y a
07:42un réchauffement climatique.
07:43Donc, il faut changer juste les...
07:44Si la tendance est à la hausse,
07:45les paradigmes évoluent.
07:47Oui, mais très bien.
07:47Mais dans ce cas-là...
07:48C'est pareil, c'est pour aller
07:49dans votre sens, effectivement.
07:50Dire que c'est trop cher aujourd'hui,
07:51c'est comme dire
07:51qu'il fait trop chaud,
07:52ça devrait baisser.
07:53Ben non, il fera encore plus chaud demain.
07:54En l'occurrence, c'est pareil.
07:55Non, mais d'accord,
07:56mais pour prendre une analogie.
07:57Et sur les marchés, c'est pareil.
07:58C'est trop cher, oui,
07:59mais sauf que les marchés
07:59ont changé de paradigme.
08:01D'une part et d'autre part,
08:02regarder la valorisation
08:03quand on fait de l'allocation,
08:04c'est à mon sens
08:05la pire chose à faire.
08:06En gros, finalement,
08:06si on tenait cet argument
08:07et qu'on mettait la variable valorisation
08:11au sommet finalement
08:12du spectre de décision,
08:15on prendrait toujours
08:16les pires décisions,
08:16en quelque sorte.
08:17Et donc, finalement,
08:18ce n'est pas ça qui compte.
08:19Quelle est la capacité
08:20de l'économie américaine
08:21à continuer de délivrer de la croissance ?
08:22On le voit, ça ne change pas.
08:23L'exceptionnalisme est toujours là.
08:25Ah, alors ça,
08:26mais vous misez donc
08:26sur des baisses de taux,
08:27clairement, parce que,
08:27à vos yeux, il n'y aura pas
08:28de cycle d'inflation à venir
08:30aux Etats-Unis,
08:30malgré les droits de douane.
08:31Est-ce que ce point de vue,
08:32vous le partagez, Bettina ?
08:33Alors, pas entièrement.
08:35Donc, on est d'accord
08:36sur le fait qu'on n'a vu
08:38qu'une partie de l'impact
08:40des tarifs sur une possible inflation.
08:44C'est vrai que l'économie américaine
08:46est moins dépendante des importations
08:48et donc que l'impact des tarifs
08:49sera moindre.
08:50Mais il n'y a pas que ça
08:51comme poussée inflationniste.
08:52Il y a également le fait
08:53qu'on cherche,
08:54qu'on a une main-d'œuvre vieillissante
08:57de tous les baby-boomers
08:58qui vont à la retraite,
08:59qu'on a une main-d'œuvre immigrée
09:01qui est réduite
09:03par toutes les expulsions.
09:07Et on a également une volonté
09:09de relocaliser aux Etats-Unis
09:13des industries fondamentales.
09:15Donc, tout ça nous amène
09:15à être finalement assez d'accord
09:17avec le marché
09:18sur les coupes immédiates.
09:20mais on est peut-être
09:21un peu plus hésitants
09:23que le marché
09:24sur la capacité de la Fed
09:25à moyen terme
09:27à continuer ses baisses de taux
09:29à cause de ces pressions inflationnistes.
09:31Donc, nous, on est plutôt
09:33avec une vue
09:33sur une politique monétaire
09:36accommodante
09:37qui s'accompagnerait
09:38d'un renforcement
09:40de l'inflation
09:41qui induirait...
09:43Donc, vous anticipez
09:44une erreur de politique monétaire
09:45pour dire les choses ?
09:46Alors, du moins
09:47un raffermissement
09:49de l'inflation.
09:50Donc, pas une non-baisse
09:51de l'inflation
09:51qui induirait
09:53une baisse du dollar
09:54et une augmentation
09:56des taux,
09:56notamment des taux longs
09:57parce que les investisseurs
09:58vont demander
09:58une prime supplémentaire
10:00pour compenser
10:00pour l'inflation.
10:01Ce point est hyper intéressant
10:02parce qu'en fait,
10:03c'est juste
10:03sur le fond, finalement,
10:05l'impact de la démographie
10:06et des variables démographiques
10:07que vous avez mentionnées.
10:08Je suis entièrement d'accord.
10:09C'est plutôt inflationniste
10:10mais à moyen terme,
10:12semble-t-il,
10:12plutôt à long terme.
10:14En revanche,
10:15sur le court terme,
10:15il y a une question
10:16qui est un peu sous-jacente
10:18à toutes celles-ci,
10:19c'est si jamais demain
10:20on a des coups de canis,
10:22finalement,
10:22sur l'indépendance
10:23de la Fed,
10:24ça veut dire que globalement,
10:25et Jérôme Powell
10:26l'a déjà fait,
10:26en quelque sorte,
10:27il a déjà indiqué
10:28que l'objectif d'inflation,
10:30du moins dans la fonction
10:30de réaction de la Fed,
10:31était passé au second plan.
10:32Maintenant,
10:33c'est le marché du travail
10:33qui compte
10:33parce qu'il y a un faisceau
10:34d'indicateurs
10:35qui nous montre
10:35que c'est en train
10:36de ralentir
10:37et que la priorité
10:38est à l'emploi.
10:39Une fois qu'on a dit ça
10:40et si jamais demain
10:40on a un gouverneur
10:41de la Réserve fédérale
10:42qui est, on va dire,
10:43à la solde de l'exécutif,
10:46peut-être que cet objectif
10:47d'inflation va effectivement
10:48passer au second plan
10:49et qu'on va tolérer
10:50davantage d'inflation
10:51aux Etats-Unis.
10:52Et là, je rejoins le point,
10:52effectivement,
10:53c'est un peu plus inflationniste.
10:54Mais ça, c'est véritablement
10:55sur un horizon
10:57beaucoup plus long.
10:57À court terme,
10:59c'est très clair,
10:59ce que Jérôme Powell a dit
11:01à Jackson Hole
11:02est parfaitement clair,
11:03c'est que globalement,
11:04on a un shift
11:04sur le marché du travail,
11:05il va falloir réajuster
11:06le niveau des taux d'intérêt
11:08parce qu'ils ne sont plus en phase
11:09avec la réalité macro-comic
11:10américaine,
11:11notamment celle du marché du travail.
11:12Oui, mais donc,
11:13en fait, vous êtes d'accord,
11:13il y aura sans doute
11:14une baisse des taux d'intérêt
11:15au moins une d'ici la fin d'année,
11:16vous partagez cet avis,
11:17voilà, Bettina,
11:18pour vous,
11:19ce sera peut-être un chiffre,
11:19en tout cas,
11:20au moins deux baisses.
11:21Deux par trois, oui, c'est tout à fait.
11:22Dans les deux cas,
11:22est-ce que c'est déjà dans le marché ?
11:24Est-ce que ça peut,
11:25au contraire,
11:25encore porter plus haut Wall Street
11:27parce que Wall Street
11:28ne le price pas complètement encore,
11:29Bettina ?
11:29Non, c'est complètement pricé,
11:31je crois qu'on est à 89%
11:33de 50 points de base
11:35d'ici la fin de l'année.
11:36C'est dans les cours.
11:37Donc, au jour du 2025,
11:38ce qui pourrait surprendre Wall Street,
11:42c'est si on avait un chiffre
11:43soit sur l'inflation,
11:45soit sur le marché du travail
11:46qui serait radicalement en surprise,
11:48enfin en désaccord avec les attentes.
11:51Et il faut quand même reconnaître
11:52que beaucoup des données
11:53ont été un peu yo-yo.
11:55Et donc, si on avait une surprise
11:57de ce côté-là,
11:58peut-être que ça pourrait
11:59surprendre le marché.
12:00Mais sinon,
12:01pour ce qui est des baisses de taux...
12:02Et si les taux baissent encore,
12:03ce sera favorable
12:03aux valeurs de croissance,
12:04donc encore une fois favorable
12:05à la tech,
12:06qui en plus n'a jamais pesé autant.
12:07On est à 8% du S&P la tech,
12:09c'est le plus haut jamais on avait vu.
12:11On en parlait déjà il y a un an,
12:12on était déjà sur les plus hauts,
12:13mais là, on est encore plus haut.
12:14Et en plus, on a devant nous
12:14des baisses de taux
12:15qui seront favorables à la tech
12:16ou pareil,
12:17et c'est déjà dans les cours de la tech.
12:19Je pense que les baisses de taux
12:20sont déjà dans les cours.
12:21Maintenant, ce qui va favoriser,
12:22en fait, je pense,
12:24ce biais croissance,
12:26c'est surtout
12:27la seconde patte du plan,
12:29c'est-à-dire
12:30l'implémentation immédiate
12:32du plan budgétaire.
12:33Parce que ça, en fait,
12:34c'est passé un peu à la trappe.
12:36Mais en réalité, finalement,
12:37on a des baisses
12:38d'imposition
12:39qui sont quand même
12:40dans le tuyau,
12:42qui vont pouvoir effectivement
12:42à un moment donné
12:43soutenir davantage la croissance.
12:44et la beauté, quelque part,
12:46du...
12:47Big, beautiful, big.
12:48Oui, mais même
12:49de la politique globale.
12:50Parce que ça,
12:51c'est un élément seulement
12:52de la politique de Trump.
12:53C'est-à-dire,
12:54je ponctionne effectivement
12:55le surplus extérieur
12:56à travers des droits de douane.
12:58Je réinjecte ça, effectivement,
13:00dans mes finances publiques
13:02qui va me permettre, effectivement,
13:03d'absorber une partie.
13:04Encore une fois,
13:05je ne néglige pas
13:05la dimension inflationniste
13:07des tarifs,
13:08notamment sur certains secteurs,
13:09certains produits.
13:09On n'a pas encore parlé
13:10de la pharma, etc.
13:11On ne sait pas
13:11ce qui va se passer.
13:12Mais certains secteurs
13:14seront plus touchés que d'autres.
13:15Eh bien, je vais pouvoir
13:16redonner un peu de latitude
13:17aux consommateurs
13:18via, effectivement,
13:19des baisses de taxes.
13:20Et c'est quand même
13:20un plan rudement mené.
13:23Limite, si ça se déroule
13:24sans accro,
13:24comme dirait l'autre,
13:25eh bien, finalement,
13:26ce serait encore
13:27une réussite totale
13:28sur le plan
13:29de la politique macroéconomique
13:30pour les États-Unis.
13:31C'est une baisse de taxes
13:32visible,
13:34financée par des taxes
13:36non visibles.
13:37Oui, absolument.
13:37Donc, c'est génial.
13:39Alors, voilà,
13:39c'est génial.
13:40Il y a quelques mois,
13:41vous parliez de Trump,
13:42de l'administration
13:43et de ses projets
13:43en expliquant
13:44que c'était des fous.
13:45Et là, vous êtes en train
13:46de nous expliquer
13:46que c'est des génies.
13:47Alors, j'ai toujours dit
13:48que c'était un génie
13:48du marketing politique,
13:49d'une part,
13:50et que sur la,
13:52comment dire,
13:52d'un point de vue
13:53de la théorie économique,
13:54on ne résout pas,
13:55si on regarde un problème
13:56d'endembre particulier
13:56qui est celui
13:57du déficit américain,
13:59d'ailleurs,
13:59les chiffres sont tombés
14:00aujourd'hui,
14:00ça continue, effectivement,
14:01de plonger.
14:01Donc, on ne résout pas
14:02un déficit
14:03à travers, effectivement,
14:03des taxes.
14:04Donc, c'est quand même formidable.
14:05Mais néanmoins,
14:06si on considère
14:07la politique microcomique
14:08dans son ensemble,
14:09il faut quand même dire
14:10que, j'ai presque envie de dire
14:11que l'Europe devrait
14:12en prendre de la graine.
14:13Bettina, finalement,
14:14il est un peu plus génial
14:15qu'on osait le penser
14:17en début d'année,
14:18Donald Trump
14:18et son administration ?
14:19Sans porter de jugement
14:21sur sa politique,
14:23il est en tout cas cohérent
14:24dans ce qu'il avance
14:27et c'est vrai
14:28que les marchés,
14:29après l'électrochoc
14:31des premières annonces,
14:32finalement,
14:33ont bien digéré.
14:35Oui, j'en avalais la pilule.
14:36Digéré,
14:37ce qui nous semblait
14:38totalement...
14:39Ce qui nous semblait
14:41totalement lunaire
14:42il y a un an.
14:43Tout à fait.
14:43Parce qu'on rappelle,
14:44les droits de douane,
14:44par exemple,
14:45sur l'Inde
14:45ont été augmentés,
14:46relevés il y a deux jours
14:46à 50%.
14:48On est au niveau,
14:49voire au-dessus
14:49de ce qui avait été annoncé
14:50le jour du Liberation Day.
14:51Mais ça passe crème,
14:52là, finalement, maintenant.
14:53Après,
14:54je ne suis pas sûre
14:54que la théorie économique
14:55soutienne quand même
14:56complètement le fait
14:57de mettre des droits de douane
14:58dans une industrie
14:59bien déquilibrée.
15:01Donc, à terme,
15:02on verra ce que ça va.
15:03Une estimation du CBO,
15:04c'est le bureau
15:05au Congrès américain
15:06chargé de mesurer
15:06l'impact des politiques budgétaires.
15:07C'est a priori non partisan.
15:09Pour le CBO,
15:10les tarifs douaniers
15:10devraient réduire
15:11en une décennie
15:12le déficit américain
15:13de 4 000 milliards de dollars.
15:15Alors, voilà,
15:154 000...
15:16C'est le déficit budgétaire,
15:20c'est ça ?
15:22Oui, c'est le déficit budgétaire.
15:244 000 milliards...
15:26Oui, d'abord.
15:26En 10 ans.
15:27En 10 ans, oui.
15:28Après, on va voir,
15:28effectivement,
15:29parce qu'il y a quand même
15:30un État un peu dispendieux
15:31aussi en face.
15:32Donc, ça aussi,
15:33il faut le noter.
15:34Mais sur la partie émergente,
15:35ce qui est très intéressant,
15:36c'est qu'on a,
15:39quelque part,
15:39quand on regarde finalement
15:40les tarifs douaniers,
15:41Brésil, 50 %,
15:42Inde, 50 %,
15:43Chine, bien au-delà.
15:44Donc, en fait,
15:45et c'est les grands émergents
15:46qui sont touchés.
15:47Donc, les fameux BRICS,
15:48je l'excuse,
15:48enfin, la Russie est dedans,
15:49mais il faut quand même
15:49la Russie a d'autres problèmes.
15:52Et donc, globalement,
15:53et on voit bien que ces pays-là,
15:55ces grands émergents-là,
15:56malgré finalement
15:57ces tarifs punitifs,
15:58quelque sorte,
15:59ne souffrent que relativement,
16:01entre guillemets,
16:01sur les marchés boursiers.
16:02Parce qu'ils viennent à peine
16:02d'être mis en place.
16:03Oui, oui, sur les marchés boursiers.
16:04Sur les marchés boursiers.
16:05Donc, je ne parle pas
16:06sur le plan macroéconomique.
16:07Et encore sur le plan macroéconomique,
16:14c'est le cas par le passé.
16:15Ils ont déjà eu
16:15quelques tentatives,
16:17finalement, allant dans ce sens-là.
16:19Si on se réunissait
16:19pour essayer, finalement,
16:20d'organiser nos flux de commerce
16:22par ailleurs,
16:23eh bien, finalement,
16:24on pourrait s'affranchir
16:25des États-Unis.
16:26Et c'est aussi ce qui va se jouer
16:27à partir de dimanche à Pékin.
16:28Il se trouve que les deux
16:29plus grands pays,
16:30les plus peuplés au monde
16:32vont se rencontrer.
16:33L'Inde va à la rencontre de la Chine.
16:34Le premier ministre
16:35indien Narendra Modi
16:35sera à Pékin
16:36et rencontrer Xi Jinping
16:37dimanche et lundi.
16:38Voilà, ça, c'est deux pays
16:39qui ne s'aiment pas trop,
16:40généralement.
16:41C'est un rapprochement
16:44que tente le premier ministre indien.
16:46Il va rendre visite
16:46à Xi Jinping,
16:47chez lui, à Pékin.
16:48Et nous, on a d'ailleurs
16:49plutôt une vue positive
16:51sur les actions
16:52des marchés émergents.
16:55Après l'électrochoc
16:56à nouveau des tarifs,
16:59il y a eu une reprise,
17:01mais les valorisations
17:02restent finalement
17:03assez typiques
17:05d'un milieu de cycle.
17:07Les pays sont plutôt
17:08bien positionnés
17:09pour tirer parti
17:10de taux bas
17:12et de baisse du dollar.
17:17Et donc,
17:18quand on cherche
17:19à ajouter du risque
17:20dans nos portefeuilles,
17:21on a tendance
17:22à les ajouter
17:23plutôt sur les marchés émergents
17:24plutôt que sur les pays développés.
17:25D'accord.
17:26Oui, c'est ça.
17:27L'Europe n'est pas encore
17:28un marché émergent,
17:28ça viendra peut-être.
17:30On va en parler de l'Europe
17:31dans un instant, bien sûr.
17:32On est à 12 minutes
17:32de la clôture,
17:33on accélère,
17:34on entre dans la dernière ligne droite
17:35de cette séance.
17:37Et le CAC 40
17:38est en repli de 0,7%.
17:397709 points
17:40vient quand même
17:41mettre en danger
17:41les 7700 points.
17:42On a un peu accéléré
17:43à la baisse
17:43depuis le milieu
17:44de l'après-midi.
17:45La faute essentiellement
17:46à Nvidia
17:47qui à Wall Street
17:47perd 3%,
17:48ce n'est pas la Qatar.
17:49Mais Antoine,
17:50vous nous en parlez
17:50depuis tout à l'heure,
17:51il se trouve que
17:52Alibaba annonce une puce
17:53peut-être amenée un jour
17:55à concurrencer Blackwell.
17:56Alibaba,
17:57l'ARD coté à New York
17:59gagne 11%
17:59et Nvidia recule de 3%,
18:01ça pèse sur le Nasdaq.
18:02Les valeurs à Paris,
18:03Pernod Ricard
18:03qui avait progressé hier
18:04sur sa publication
18:05finalement recule aujourd'hui
18:06de 3%
18:06et se retrouve plus bas,
18:07plus bas qu'avant
18:08sa publication d'hier matin.
18:10Ça avait bien progressé hier
18:12après la publication de 8%
18:13et puis finalement
18:14ça s'est dégonflé hier en séance
18:15et là on perd 3%.
18:16On est donc plus bas
18:17qu'avant cette publication
18:18finalement à l'instant même.
18:19On a aussi Rémi Cointreau
18:20qui est emporté
18:21et qui perd 3,5%.
18:22Alors Rémi Cointreau
18:23veut rassurer sur l'impact
18:24des tarifs.
18:25Ils estiment que l'impact
18:26sur leur business
18:26sera peut-être finalement
18:27un peu moindre
18:28qu'anticipé initialement
18:29mais Rémi est emporté
18:30par Pernod Ricard.
18:31A la hausse,
18:32des défensives.
18:33On a Orange
18:33qui gagne 1,5%
18:34qui vit vraiment
18:35une super année Orange.
18:36Il ne faut pas l'oublier
18:36c'est l'un des gagnants
18:37de l'année sur le CAC 40
18:39pour l'instant.
18:39Société Générale aussi
18:40d'ailleurs qui gagne 0,9%
18:41et qui fait un peu bande à part
18:43dans le secteur bancaire
18:43parce que le reste du secteur bancaire
18:45est orienté à la baisse
18:46aujourd'hui à nouveau.
18:47On en parle avec Bettina Mazzocchi
18:48et Mabrouk Chetouane.
18:49Oui, le secteur bancaire
18:51encore orienté à la baisse
18:52aujourd'hui
18:52avec les inquiétudes politiques
18:54ici en France.
18:55La probable chute à venir
18:57du gouvernement Bayrou
18:57le 8 septembre.
18:59On a aussi une grosse pression
19:00sur les banques britanniques
19:01parce qu'il y a des rumeurs
19:01au Royaume-Uni
19:02d'une éventuelle taxation
19:03des banques
19:03pour justement aussi
19:05équilibrer les comptes publics.
19:06C'est les banques
19:06qu'on viendrait taxer.
19:07Résultat, le titre HSBC
19:09perd en ce moment à Londres
19:10un peu plus de 0,6%
19:12mais surtout Lloyds
19:13perd 3%,
19:14Barclays perd 2%.
19:15Les banques,
19:16c'est les victimes idéales
19:17de ce genre de situation politique
19:18au Royaume-Uni
19:19et surtout ici en France.
19:21Bettina ?
19:21Alors, depuis le début de l'année,
19:24on observe sur les marchés européens
19:26une dispersion historiquement importante.
19:29Je crois qu'on est à 48%
19:32entre les secteurs
19:33les plus performants
19:34et les moins performants
19:34contre aux Etats-Unis.
19:36On est à 30%.
19:37Et parmi les plus performants,
19:38il y a en effet
19:39les bancaires
19:39et la défense.
19:42On pense que l'environnement
19:44va continuer probablement
19:46d'ici à la fin de l'année
19:47dans le même ordre d'esprit.
19:50Donc, on est assez prudent
19:52sur l'Europe.
19:52On se concentre sur
19:53des opportunités ciblées
19:56dont les banques,
19:57dont la défense
19:58tant que les valorisations
19:59ne nous donnent pas tort
20:01ou éventuellement
20:02des stratégies peut-être
20:03un peu plus systématiques.
20:05Mais on reste
20:06sur des opportunités très ciblées.
20:07Mais c'est ça,
20:08l'Europe,
20:09pas plus que ça.
20:10Cet été,
20:10l'écart de valorisation
20:11entre l'Europe
20:12et les Etats-Unis
20:12c'est à nouveau
20:13un peu accru.
20:14Il reste tout
20:15encore proche
20:16de plus haut historique.
20:16Cet écart de valorisation,
20:17ça ne rend pas l'Europe
20:18fondamentalement attractive
20:20à vos yeux
20:21chez Backrock.
20:22On est passé à neutre
20:23et positif
20:25pendant une partie de l'année.
20:26On est de nouveau
20:26plutôt neutre.
20:27Pourquoi ?
20:28Parce qu'il y a aussi
20:28des doutes
20:29sur la capacité
20:30à véritablement honorer
20:31les contrats
20:32dans la défense,
20:32à prendre plus de temps
20:33que ce qu'on imaginait ?
20:34Le multiple de la défense,
20:38c'est-à-dire la diffusion
20:40de la croissance
20:41par des investissements
20:42sur la défense
20:43est un des secteurs
20:44qui est le plus difficile
20:45à capillariser.
20:49Et d'une part,
20:50et d'autre part,
20:52dépense dans la défense,
20:53ne veut pas nécessairement dire
20:54dépense dans la défense
20:55des entreprises européennes.
20:56Ça fait mal.
20:59On parlera de la France,
21:00on se fera encore plus mal
21:01dans un instant.
21:01L'Europe,
21:02un peu plus d'Europe quand même
21:03ou pas après l'été ?
21:04Non, ma boue.
21:05Non, parce que finalement,
21:06il y a d'autres sources
21:08d'incertitudes.
21:09Alors tout le monde,
21:10une des raisons
21:10qui expliquent finalement
21:11la très bonne trajectoire
21:14boursière de l'Europe,
21:15c'est finalement d'une part
21:16le rattrapage
21:17par rapport à 2024
21:18et surtout finalement
21:20l'annonce
21:21de ce plan allemand
21:22et dont on commence
21:24finalement à sentir
21:25qu'il y a quelques hésitations
21:26aussi là-dessus.
21:26Alors je ne sais pas bien sûr
21:27quand on fait part,
21:30quand on explique finalement
21:31qu'il y a deux parties,
21:31le hors-bilan,
21:32où là les Allemands
21:33vont dépenser,
21:34mais la partie effectivement
21:35qui rentre dans le déficit,
21:36par contre là,
21:37on se rend compte
21:38que les discussions
21:38sont beaucoup plus dures,
21:39beaucoup plus âpres
21:40et donc finalement,
21:41ça ne va pas délivrer autant.
21:42Donc finalement,
21:43la partie stimulus budgétaire
21:44qui est absolument inexistante
21:45par ailleurs chez nous,
21:46elle est beaucoup plus réduite
21:48en Allemagne
21:48et puis finalement,
21:50on va voir de quelle manière
21:51ce qu'on ne sait pas par ailleurs,
21:52c'est comment les marges
21:53des entreprises européennes
21:54qui sont sujettes aux tarifs
21:55effectivement vont se comporter.
21:57Donc on commence à avoir
21:58un peu quelques faisceaux
22:00d'indicateurs
22:01qui nous montrent effectivement
22:02que pour le moment ça tient,
22:03parce que ça tiendra à la durée,
22:04ça on n'est pas sûr.
22:05Donc finalement,
22:06il n'y a pas un vent très favorable,
22:07d'autant plus que finalement,
22:08la surprise positive
22:11pourrait venir quelque part
22:12de la Banque Centrale Européenne
22:13où on a finalement,
22:14le marché ne price absolument plus rien
22:16pour la BCE,
22:16c'est-à-dire qu'en gros,
22:17la prochaine baisse de taux,
22:18on avait regardé ça hier,
22:20ce n'est pas avant juillet 2026.
22:22Donc autant dire,
22:23pas de baisse de taux
22:23d'ici effectivement
22:24les 12 prochains mois.
22:26En revanche,
22:27si on commence à avoir,
22:28et on a vu les chiffres allemands
22:29de croissance
22:29qui n'étaient pas très très bons,
22:30si on commence à avoir
22:31une situation française
22:32qui se dégrade davantage
22:33sur le plan macroéconomique
22:34et une inflation qui baisse,
22:37à un moment donné,
22:37on va se dire,
22:38il faut peut-être faire quelque chose
22:39parce que là,
22:40on risque de retrouver
22:41les vieux démons
22:42de la grande modération,
22:44c'est-à-dire une croissance
22:45qui étale
22:45et avec finalement des moteurs
22:47qui sont,
22:48on va dire,
22:48relativement éteints.
22:49L'investissement aujourd'hui
22:50est plutôt endormi en Europe
22:52et on n'a pas les moyens
22:53finalement d'entretenir
22:54une croissance durable
22:55en Europe
22:56et de faire face
22:57à tous les défis finalement
22:58qui sont devant nous.
23:00Donc pour le moment,
23:01on attend de voir
23:02un peu de clarification
23:03sur finalement
23:04quelle va être
23:04la feuille de route,
23:06quelle va être
23:06la stratégie européenne.
23:08Il y a effectivement
23:08ce sommet à Toulon.
23:10Oui,
23:10le sommet franco-allemand,
23:11le conseil des ministres
23:12franco-allemand aujourd'hui.
23:12C'est 40%.
23:13Relancer le couple franco-allemand.
23:15Mais c'est 45%
23:15du PIB européen.
23:17Donc quand même,
23:17ça compte.
23:18Et donc du coup,
23:19effectivement,
23:20on attend d'en savoir plus.
23:22Alors que la stratégie américaine,
23:23on en a parlé,
23:25elle est parfaitement claire.
23:26C'est un rouleau compressé
23:27là les Etats-Unis.
23:28On commence à lire
23:29un peu plus clairement
23:30effectivement la stratégie
23:31et ils avancent
23:31sur tous les fronts
23:32en même temps.
23:32Ils bossent,
23:33ils sont sacrément mieux
23:34architecturés
23:34que dans le premier mandat
23:35de Donald Trump.
23:37Ils sont plus organisés
23:38parce qu'il est...
23:38Et nous,
23:38on a une grosse architecture
23:39européenne aussi
23:40sauf qu'elle ne crée
23:41que des complications quasiment.
23:42On ne dirait pas jusque-là
23:44mais finalement,
23:45on a une forme de,
23:46on va dire,
23:46de bureaucratie européenne
23:49qui est,
23:50on va dire,
23:50moins dans l'exécution.
23:52Parce que les Américains
23:53effectivement décident
23:54et exécutent.
23:56Oui.
23:57On va voir si ça va au bout
23:58parce qu'il y a toujours
23:58aussi l'art des effets d'annonce
23:59de Donald Trump quand même.
24:00Je parle de l'administration.
24:02Je parle de l'administration
24:02centrale américaine
24:03et elle exécute un plan
24:04une fois qu'il est décidé.
24:05Bon, Trump,
24:05il est dans son rôle
24:06de jouer effectivement,
24:08de souffler le chaud et le froid
24:09pour tester quelque part
24:10où est la limite.
24:10C'est ce que j'expliquais
24:11de la stratégie
24:11de l'adolescent avec ses parents.
24:13C'est-à-dire qu'en gros,
24:13on teste la limite constamment.
24:16Les adolescents
24:16testent la limite avec leurs parents
24:17jusqu'à savoir
24:18où ils peuvent aller.
24:19Trump, c'est pareil.
24:20Il teste la limite effectivement
24:21en allant effectivement dire
24:23très bien,
24:23on va découper du cas.
24:24Et là, c'est l'enfant roi
24:25parce que tout le monde
24:25laisse faire.
24:26La preuve,
24:27c'est lui qui a raison.
24:28Oui, bien sûr.
24:29Tiens, hier,
24:30l'écho du monde,
24:31c'est une séquence disponible
24:32en replay.
24:32Philippe Wächter
24:33était notre invité
24:34et il se trouve
24:34que ce replay cartonne
24:35disponible sur l'application
24:36BFM Business.
24:37On évoquait le PIB français
24:38justement.
24:39Est-ce que le PIB français
24:40va souffrir
24:41de l'instabilité politique
24:43à nouveau ?
24:43Sans doute,
24:44nous disait Philippe.
24:45Et du coup,
24:45on est rentré dans le détail
24:46de ce PIB français
24:47et figurez-vous
24:47qu'il intègre les chiffres
24:48du trafic de drogue.
24:50Oui, oui,
24:50c'est des données publiques.
24:51Il n'y a rien de secret
24:52là-dedans.
24:53Tous les PIB européens
24:54intègrent le trafic de drogue.
24:56C'est une norme Eurostat.
24:58Nos PIB européens
24:59sont-ils du coup
24:59artificiellement boostés
25:01par le fait
25:04et puis pour nous Français,
25:06est-ce que quelque part
25:07ça ne vient pas aggraver
25:08la balance commerciale ?
25:09C'est beaucoup d'importation
25:09quand même la drogue.
25:10C'est des questions
25:10qu'on a abordées franchement
25:11sans tabou avec Philippe Vecheter hier.
25:13L'écho du monde
25:14séquence toujours disponible
25:15en replay sur l'application
25:16BFM Business.
25:17Voilà.
25:17Oui, c'est comme ça.
25:19Ça n'est pas le sujet.
25:21La question est de savoir
25:23si on arrivera à se refinancer
25:24sur les marchés obligataires.
25:25On est d'accord.
25:25Oui, oui.
25:26Bien sûr.
25:27Pour le coup,
25:27on est drogué à la dette.
25:29On ne leur fait pas trop peur
25:30aux créanciers quand même.
25:31On est à 3,5 sur le 10 ans
25:32en français.
25:33Ce n'est pas horrible, Bettina ?
25:34La légalisation de la drogue
25:36rapporterait effectivement
25:37un fric fou.
25:37Enfin bon,
25:38ça c'est un autre débat.
25:39Mais je veux dire,
25:42à un moment donné,
25:42il faut regarder aussi
25:43les chiffres
25:43et l'agence France Trésor
25:44publie tout un tas de données
25:45qui sont hyper intéressantes.
25:46Depuis la dissolution,
25:48vous avez effectivement
25:48la dette française
25:49qui est sursouscrite
25:51de manière tout à fait significative.
25:53C'est-à-dire qu'en gros,
25:54à 3,50,
25:55à 3,40,
25:563,50 effectivement de rendement,
25:57on achète.
25:59On achète effectivement
25:59la dette française
26:00et ça ne s'est pas démenti.
26:02Des fonds japonais expliquent
26:03même que les taux français
26:04qui montent,
26:04c'est une opportunité
26:05d'investissement.
26:06Mais évidemment,
26:07évidemment.
26:07Donc en gros,
26:08évidemment,
26:08bien sûr que ça nous pénalise
26:10sur la question
26:11de la charge de la dette
26:12puisqu'émettre de la dette
26:13avec des taux d'intérêt
26:15plus élevés,
26:15ce n'est pas bon effectivement
26:16pour les déficits, etc.
26:18Mais néanmoins,
26:19encore une fois,
26:19il faut arrêter
26:20d'aller effectivement
26:21d'un point de vue
26:22de l'investissement,
26:23bien sûr.
26:23Je mets de côté
26:24la rationalité économique
26:25de tout ce qui se passe.
26:26Du point de vue investisseur,
26:27il n'y a absolument
26:28pas de risque.
26:30Pas de risque
26:30de crise financière
26:31pour la France en fait ?
26:33Crise politique,
26:34oui, financière,
26:34moins probable, Béthina ?
26:36Alors le risque politique
26:37de la France
26:38est pricé par les marchés,
26:40et compris par les marchés,
26:41depuis que le président Macron
26:43a perdu ça
26:44en juin 2022,
26:46quand il a perdu
26:46sa majorité à l'Assemblée.
26:48Donc les actifs français,
26:51qu'ils soient obligataires
26:52ou les actions,
26:54price ce risque.
26:57Ce qu'il faut quand même
26:57avoir en tête,
26:58et je crois qu'on l'a dit,
26:59c'est que les difficultés budgétaires
27:03ne sont pas propres à la France.
27:05C'est partagé par beaucoup
27:07de pays européens,
27:08et au-delà,
27:09je souligne et au-delà.
27:11Les taux japonais
27:12sont un peu historiques,
27:13par exemple.
27:14Oui, japonais, américains,
27:16enfin, donc la France
27:18n'est pas dans une situation
27:20totalement isolée.
27:21Merci.
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