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  • il y a 4 mois
Retrouvez le débrief de l'actu du mardi 16 septembre dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00BFM Business et RLC Découverte présente
00:03Good Morning Business, la matinale de l'économie
00:08On débriefe l'actualité économique avec Christian Parizeau, conseiller économique pour Aurel BGC.
00:12Bonjour, on va parler de cette réunion très attendue de la réserve fédérale américaine.
00:16C'est aujourd'hui et demain avec ce jeu de chaises musicales avec Stéphane Miran qui arrive,
00:21avec Lisa Cook qui va pouvoir rester à son siège.
00:24On avait ce débat ce matin entre Jean-Marc Daniel et Emmanuel Lechypre.
00:26Est-ce qu'il faut se battre pour l'indépendance de la fête ?
00:28Est-ce que ça a un sens ou est-ce que finalement chaque réserve fédérale
00:32applique un peu finalement la politique qu'on lui demande de faire ?
00:36Alors ça a un sens, moi je dirais que le vrai sens ça sera les marchés obligataires qui le donneront.
00:41C'est-à-dire que si les marchés obligataires considèrent que la banque centrale est crédible,
00:44qu'elle soit indépendante ou pas, c'est pas vraiment une question d'affichage,
00:47mais l'indépendance rendait peut-être plus crédible, d'après certains,
00:51le fait que la banque centrale allait lutter contre l'inflation.
00:54Donc si vous dites qu'une banque centrale n'est pas indépendante
00:57mais qu'elle est crédible sur l'objectif d'inflation,
00:59les marchés obligataires ne vont pas vous mettre de primes de risque liées à l'inflation.
01:03Et donc vous aurez des taux beaucoup plus bas et ça c'est beaucoup plus efficient pour l'économie.
01:07Donc l'indépendance en soi ça ne veut rien dire, ça ne veut tout et rien dire.
01:10Elles ne sont pas indépendantes les banques centrales.
01:11Une banque centrale n'est pas fermée.
01:14La banque centrale est un prêteur en dernier ressort.
01:16C'est ce que nous a montré la crise des souverains en Europe
01:18lorsque Draghi a fait le « whatever it takes ».
01:21Il a dit « si jamais un jour les marchés obligataires ne veulent plus de la dette d'un pays,
01:24on sera là pour assurer la liquidité ».
01:26Donc elle n'est pas indépendante.
01:28Elle n'est pas indépendante de ce que font les États, de la politique
01:30et elle ne va pas laisser l'économie européenne s'effondrer
01:32sous prétexte qu'elle est indépendante.
01:35Donc elles ne sont pas vraiment indépendantes.
01:36Mais la seule chose qui est importante, c'est qu'on a marketé ça au marché
01:40en leur disant « comme on est indépendant,
01:42on a un objectif d'inflation,
01:44donc ne nous mettez pas une prime sur les taux d'intérêt,
01:46une prime de risque qui est liée à l'inflation. »
01:48Certains, quand vous prêtez à 10 ans à l'État français,
01:51vous aurez une inflation qui sera inférieure à 2% dans la zone euro
01:54et donc ne mettez pas une prime de risque.
01:56Après, si vous cassez cette crédibilité de la Banque centrale,
01:59c'est en ça que Trump, moi il me gêne,
02:01c'est qu'il est en train de casser la crédibilité de la Banque centrale.
02:03Il dit en gros « c'est au président américain de diriger la Banque centrale,
02:06c'est à lui de lui dire comment mener à bien les taux d'intérêt,
02:09parce que moi je sais mieux que M. Powell ».
02:10Après, ça c'est M. Trump, on le connaît,
02:13mais derrière, est-ce que les gens lui font confiance ou pas ?
02:17Est-ce qu'ils lui font confiance dans la détermination ?
02:19Si vous êtes certain que M. Trump s'est mieux géré que M. Powell,
02:22ça ne fera pas de problème.
02:22Donc le juge arbitre, ça sera les marchés obligataires.
02:25Tout est quand même une question de mandat.
02:26Et alors en août, le mandat de la Fed a changé.
02:28Ah oui, c'est-à-dire que ce n'est pas le mandat.
02:31En tant que tel, c'est plutôt la stratégie de politique monétaire.
02:34Et ça c'est important.
02:35Alors c'est peut-être passé un peu inaperçu,
02:36mais aujourd'hui, la Banque Centrale,
02:38elle avait par exemple, la Banque Centrale Américaine,
02:40elle avait un objectif de 2% d'inflation,
02:43mais en moyenne sur le cycle économique.
02:45Maintenant, c'est un objectif d'inflation strict à 2%.
02:48Donc déjà, elle a un petit peu durci son ton,
02:50mais d'un autre côté,
02:51elle a un objectif asymétrique sur le marché de l'emploi.
02:53C'est-à-dire que ce qu'elle nous dit,
02:54c'est que quand le taux de chômage baisse de manière très importante,
02:57ce n'est pas forcément générateur d'inflation.
02:59Il n'y a plus de courbe de Philips,
03:00il n'y a plus de relation entre marché de l'emploi et inflation.
03:02Donc, le taux de chômage peut baisser,
03:04je ne vais pas durcir forcément ma politique monétaire.
03:07À l'inverse, elle dit que dès que le taux de chômage remonte,
03:10ça peut avoir des impacts économiques très forts.
03:12Donc, elle sera très sensible,
03:13beaucoup plus sensible que par le passé,
03:15à l'évolution du marché du travail.
03:16Et puis, dernière chose qui est peut-être pas assez inaperçue,
03:18c'est qu'elle s'est montrée garante dans sa politique monétaire
03:21pour stabiliser les marchés.
03:23Et ça, c'est un élément important.
03:24Alors pourquoi ?
03:25Parce que ça veut dire que si par exemple,
03:27on considère que l'État américain, l'État fédéral,
03:30fait n'importe quoi sur sa dette,
03:32M. Trump a raison de dire qu'il faut s'endetter à court terme.
03:35Parce que s'il s'endette à court terme,
03:36il essaye d'économiser, de limiter la hausse du service de la dette
03:40en disant, je vais emprunter pas cher.
03:41Donc, il met une pression pour la Banque Centrale pour qu'elle baisse ses taux.
03:43Mais elle dit aussi implicitement que si jamais il y avait une défiance
03:46et que les gens ne voulaient plus financer l'État fédéral américain
03:49parce qu'on avait crainte sur la dette,
03:50la Banque Centrale considéra que ça rentre dans ses prérogatives
03:53de sa politique monétaire et de soutenir l'État américain.
03:55Donc, c'est quand même un élément important aussi.
03:57– Mais ça, ce n'est pas une décision de Trump,
03:58c'est les gouverneurs en même.
03:59– Ce n'est pas une décision, c'est une décision des gouverneurs.
04:00Donc, il y a une volonté de stabilité des marchés,
04:03une volonté de stabilisation de la volatilité sur les marchés,
04:09de regarder la liquidité.
04:12Et ça, c'est quand même un élément important pour les marchés.
04:14Alors, est-ce qu'on…
04:16Là, ce n'est même plus une question d'indépendance.
04:18On est vraiment dans le côté, on a une protection,
04:21on a un filet de sécurité qui est la Banque Centrale.
04:23Et ça, ça joue quand même important dans la psychologie du marché.
04:25– Il nous reste deux minutes.
04:26Un mot d'Alphabet qui a dépassé les 3 000 milliards
04:28de capitalisation boursière pour la première fois.
04:30Bon, il faut dire que sur les marchés américains,
04:32ça se passe plutôt bien.
04:33Quand même, Alphabet, boîte incroyable,
04:36qui en plus produit des résultats impressionnants.
04:39– Oui, alors après, peut-être au prix d'une position dominante,
04:42notamment sur le marché publicitaire.
04:44Alors après, c'est plutôt étonnant,
04:45mais ça montre à quel point on a un optimisme assez fort.
04:49Alors, c'est vrai qu'Alphabet a l'avantage
04:50qu'ils ont leur propre modèle d'intelligence artificielle
04:52qui est assez performant, qui est Jiminy, ça, il faut le reconnaître.
04:54Mais ils ont un choc, ils ont un changement de business model
04:58puisque avant, c'était le moteur de recherche Google qui est intégré.
05:01Aujourd'hui, de plus en plus, on ne va plus sur Google,
05:03on va sur ces modèles d'intelligence artificielle
05:05pour effectuer une recherche.
05:0740% des demandes sur ChatGPT, c'est des demandes Ask.
05:10C'est-à-dire, on demande à ChatGPT de faire une recherche pour nous.
05:13On a une question, ce n'est pas seulement de converser avec ChatGPT.
05:17Donc, ça veut dire que demain, une grosse partie du trafic du moteur de recherche
05:21va aller sur les intelligences artificielles.
05:23Par contre, on ne sait pas comment monnayer ça.
05:24Donc, il y a quand même une certaine incertitude.
05:26Par contre, ce que nous a vendu Google, et très clairement,
05:30c'est qu'ils profitent énormément de la croissance
05:32de tout ce qui est informatique dématérialisé,
05:34des serveurs, les serveurs intelligents.
05:35C'est-à-dire qu'aujourd'hui, vous vendez des serveurs,
05:38mais vous vendez l'intelligence artificielle
05:39ou les outils qui vont aller avec les serveurs
05:41et ils sont très bien positionnés.
05:43Donc, on a une valorisation qui est énorme.
05:45On est tous d'accord là-dessus.
05:47C'est énorme, mais on valorise surtout ce potentiel de développement.
05:51Et ça sera les géants, ce sont les hyperscalers.
05:54On a ces géants informatiques américains
05:56qui risquent de remporter cette mise.
05:58Et c'est ça qui est aujourd'hui valorisé sur le marché actions.
06:00Mais encore une fois, Alphabet, c'est un changement.
06:03Il y a un gros changement de métier.
06:04Mais l'avantage, c'est ce que nous a prouvé Alphabet,
06:06c'est qu'ils savaient se retourner, s'adapter.
06:08La meilleure chose, rappelez-vous, il y a encore quelques années,
06:10quand ils ont lancé Android.
06:12Tout le monde disait, mais c'est quoi cette idée d'aller sur Android ?
06:14Mais ça leur a sauvé, puisqu'on a fait les recherches
06:15via les téléphones mobiles.
06:17Donc, ils sont en train de pérenniser leur modèle
06:18et c'est ça qui est aujourd'hui valorisé.
06:19Merci beaucoup, Christian Parizeau, d'être venu ce matin
06:22dans la matinale de l'économie.
06:23Merci.
06:24Sous-titrage Société Radio-Canada
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