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  • il y a 6 jours
Retrouvez le débrief de l'actu du jeudi 18 décembre dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00On débriefe l'actualité du jour avec Robin Rivaton, le président de Stonald, qui nous a rejoint.
00:04Bonjour Robin, il y a un sujet qui vous énerve ce matin, c'est France 2030 et ses crédits gelés au Sénat.
00:09C'est un amendement LR qui a été voté et qui a des chances de passer ?
00:13Oui, c'est un amendement LR, donc les Républicains, qui propose de geler les crédits d'engagement de France 2030 pour 2026.
00:21France 2030, c'est un parapluie qui englobe beaucoup de programmes d'investissement dans la recherche et développement, dans l'innovation.
00:28Alors forcément, il y a sans doute des effets d'aubaine, il y a sans doute quelques problèmes,
00:32mais si on enlève ces crédits-là pour préserver les retraites, on peut directement fermer la porte de ce pays
00:37et se dire qu'il n'y en a pas besoin, qu'il n'y a plus besoin de rien faire,
00:40parce que ce sont des entreprises innovantes, jeunes, qui bénéficient de ces crédits.
00:45C'est des programmes comme iLab, iDemo, les usines du futur.
00:50Et donc vraiment enlever ça, c'est vraiment signifier, ok, désormais on a fait le choix de préserver les retraites.
00:56Merci, au revoir, dans 20 ans c'est fini.
00:58Bon, ça, ça vous déprime, mais je sais que vous allez me dire qu'il n'y a pas de quoi flamboyer,
01:02il n'y a pas de quoi se réjouir, mais 0,9% de croissance cette année, c'est ce que nous dit l'INSEE,
01:07c'est plus que la prévision du gouvernement, ce qui est quand même assez étonnant.
01:10Ça tient.
01:10C'est vrai que c'est assez étonnant et c'est assez dissonant, moi, avec ce que j'entends sur le terrain.
01:16Ah ben moi aussi !
01:17J'ai mes collègues entrepreneurs, chefs d'entreprise qui, eux, disent, moi je coupe mes investissements,
01:24je coupe mes embauches, vu l'incertitude.
01:26Mais ça tient sur cette année 2025.
01:30La question, c'est encore une fois, c'est la pérennité et surtout, j'insiste là-dessus,
01:37on le sait que sur le débat de la finance, il y a des choses qui ne verront jamais le jour.
01:42Mais c'est l'impact psychologique de ces discussions, de ces mesures,
01:45auprès de gens qui se disent, mais s'ils commencent à discuter de ça, un jour ils y viendront.
01:50Et c'est ça qui, aujourd'hui, à mon avis, est quand même dommageable,
01:53c'est que ça va pénaliser l'activité pour les prochaines années.
01:56Et 0,9, c'est mieux que la prévision du gouvernement,
01:59ce qui est, comme vous l'avez dit, assez exceptionnel.
02:01On a toujours eu des gouvernements qui maljouent.
02:02Mais l'investissement tient.
02:03C'est ça qui est quand même...
02:05C'est-à-dire que j'entends, moi aussi, j'ai levé le crayon, j'attends,
02:08mais quand même, les patrons jouent le jeu.
02:10Oui, il y a des secteurs, il y a des entreprises,
02:13notamment ceux qui dépendent de la consommation.
02:14La consommation la plus directe, ils continuent de bénéficier du fait que,
02:18dans un pays qui dépense autant, encore une fois,
02:215,5% de déficit public, 3 000 euros de dette par an par français,
02:27cet argent finit par retomber dans la consommation courante.
02:31Et donc, vous avez des secteurs qui bénéficient, et tant mieux pour eux.
02:33Ce n'est pas du tout une critique.
02:35Et donc, ça enclenche un peu la pomme des investissements.
02:38Mais quand on regarde des secteurs de plus long terme,
02:40qui peuvent avoir des effets plus latents sur l'économie,
02:43on voit quand même, sur les biens d'équipement, sur les biens industriels,
02:47on voit quand même des très forts reculs dans les intentions.
02:51Et ça, c'est important.
02:52Il y a la concrétisation.
02:53La croissance, c'est les décisions d'il y a 12, 18, 9 mois.
02:59Ce qui, aujourd'hui, doit vous inquiéter,
03:01c'est les anticipations qui se traduiront en 2026 et 2027.
03:06Et j'insiste sur un point, c'est qu'on a vécu dans un monde
03:09où la croissance mondiale de nos partenaires n'était pas si mauvaise.
03:15Elle ne va pas tenir éternellement.
03:16Je rappelle juste que les États-Unis, hormis la phase Covid,
03:19sont en expansion depuis 2009.
03:22C'est quand même assez exceptionnel.
03:24On est à 16 années d'expansion continue, hormis deux trimestres.
03:26C'est la fin de cycle ?
03:27Au bout d'un moment, ça n'ira pas jusqu'au ciel.
03:29Donc, au bout d'un moment, cette croissance finira par retomber.
03:32On bénéficie beaucoup du Royaume-Uni.
03:34Aujourd'hui, dans les échanges, on bénéficie beaucoup de la piètre performance du Royaume-Uni.
03:38Ça ne durera pas éternellement.
03:40Donc, ce que j'ai envie de dire, c'est que oui, c'est mieux que ce qu'on aurait anticipé.
03:430,9, c'est quand même en dessous de beaucoup de choses.
03:46Et il faut surtout regarder le futur.
03:48Et ce n'est pas très glorieux.
03:49Un sujet qui vous passionne, nos relations avec l'Allemagne.
03:51On a aujourd'hui le Mercosur.
03:53On n'est d'accord sur rien.
03:54Arrêtez de chipoter, nous a dit Mertz, sur le Mercosur.
03:56On n'est plus d'accord sur les traités commerciaux, sur la stratégie face à la Chine, sur les voitures thermiques, sur les avoirs russes, sur la Banque Centrale Européenne.
04:03Au point que l'Italie, maintenant, c'est celui qui fait l'arbitre entre nous deux.
04:07On n'est d'accord sur rien.
04:08Et c'est ce qui va aujourd'hui, ce qui pénalise l'Union Européenne.
04:11C'est-à-dire que dans le monde dans lequel on vit, qui est un monde concurrentiel, avec des blocs qui se réaffirment,
04:17on a une Union Européenne dont les institutions sont grippées par le fait qu'il faut aligner les intérêts des parties prenantes.
04:24Or, on est désaligné sur tout, vous l'avez dit, sur tous les sujets.
04:28Et si demain, on devait revivre un scénario de crise économique, de récession, quels seraient les outils de la relance qu'on utiliserait ?
04:35Est-ce qu'on ferait comme en 2010-2011, c'est-à-dire l'austérité, et on se tirerait encore une balle dans le pied ?
04:40Et c'est sans doute la voie que choisirait plutôt l'Allemagne.
04:43Ou est-ce qu'on ferait autre chose ?
04:44Aujourd'hui, on est d'accord sur rien.
04:46Et ça nous pénalise énormément.
04:48Je pense vraiment, et je l'ai déjà dit, je l'ai déjà écrit et je le redirai,
04:50je pense que les Allemands vont entraîner l'Union dans sa chute, avec une vision qui est une vision mercantiliste des 20 dernières années,
04:57qui ne reflète pas la réalité des échanges d'aujourd'hui.
05:00Juste un chiffre, parce qu'il est important.
05:02L'Union, c'est 194 milliards d'excédents de la balance courante sur le premier semestre.
05:08194 milliards, on se dit, c'est pas mal, on vit bien, c'est pas si mal.
05:1180% de ces échanges sont faits avec le Royaume-Uni.
05:1380% !
05:14Donc on est dépendant de la nullité d'un pays qui est sorti de la zone.
05:18La réalité, c'est qu'on est en déficit avec la Chine,
05:20on est en déficit avec les États-Unis sur bien plus services, plus revenus primaires.
05:25Et ça se creuse, ça se creuse, ça se creuse, ça se creuse.
05:27Donc on raconte que tout va bien, qu'au final c'est un continent qui continue de faire des excédents.
05:32On est, en réalité, ça masque vraiment des vrais problèmes.
05:36Et les Allemands refusent de voir ça, refusent de changer.
05:38Qu'est-ce que vous voulez faire ? Emmanuel Macron fait des tribunes dans les Echos, dans le Financial Times, il fait des plans.
05:44Il a fait deux discours de la Sorbonne, là-dessus, c'est peut-être la seule chose où j'aurais aucun reproche à lui faire.
05:50C'est-à-dire qu'il a dit ce qu'il fallait faire, il a reconnu depuis le début que l'Union ne jouait pas à son vrai niveau.
05:57Il a poussé les Allemands à réagir.
06:00Le vrai problème, c'est qu'aujourd'hui, on est irresponsable en France et on n'est pas vertueux.
06:04Et quand on n'est pas vertueux, on ne peut pas donner des leçons au reste du monde.
06:07Merci beaucoup, Robin, il va t'en être venu ce matin dans la matinale de l'économie.
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