Retrouvez le débrief de l'actu du mercredi 10 décembre dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
00:00BFM Business et RMC Live présentent la matinale de l'économie.
00:05Good morning business.
00:08On débriefe l'actualité économique avec Philippe Mabille qui nous a rejoint, directeur éditorial de La Tribune.
00:13Philippe, on a ce vote du PLFSS, c'est entre soulagement et consternation.
00:17Je titrerai ce matin, victoire politique, défaite économique.
00:20Oui, effectivement, il faut quand même d'abord regarder la victoire politique parce qu'on a enfin un budget.
00:25Alors c'est sans doute le pire budget à l'exception de tous les autres.
00:28Et il ne convient évidemment pas ni au gouvernement qui avait proposé une autre copie, ni à ceux qui ont voté contre, évidemment.
00:35Et ceux qui ont voté pour, ils ont voté pour un compromis.
00:37Alors c'était un peu ce qui était recherché par le Cornu.
00:39Il faut reconnaître qu'il a dit je ne ferai pas de 49-3, je laisse l'Assemblée discuter et trouver les voies de passage.
00:47Alors les voies de passage ne sont pas glorieuses, c'est une hausse de long dame.
00:51Alors on sait qu'effectivement il y a des dépenses de santé, il y a des besoins, il y a des besoins pour l'hôpitau.
00:55Mais à un moment donné, il faut quand même se mettre dans une perspective d'économie relativement raisonnable.
01:01On ne peut pas financer les dépenses de santé, les dépenses maladie des Français sur le dos de nos petits-enfants.
01:08À un moment donné, ça devient presque immoral.
01:10C'est comme la retraite.
01:11Autre compromis qui a été exigé par le Parti Socialiste avec cette suspension dont on ne sait pas si c'est un report, un gel.
01:17On verra ça en 2027 du report de l'âge et puis le gel également de tout ce qui était mesure de désindexation qui n'ont pas été prises.
01:28Donc finalement, c'est un peu le budget du plus petit effort possible dans une période où finalement plus personne ne veut faire d'effort et payer pour réduire les déficits.
01:40Ce qui reste quand même un sujet qui est devant nous.
01:42D'ailleurs, ce n'est pas fini.
01:43Vous allez sans doute me poser la question.
01:44Oui, la suite.
01:45La suite.
01:46Et maintenant, qu'est-ce qui va se passer pour le budget de l'État ?
01:48Ce qui s'est passé pour la Sécu, ce petit miracle qui s'est passé pour la Sécu, va se passer pour le budget de l'État ?
01:53Ce n'est pas sûr.
01:53Rien n'est moins sûr.
01:54Rien n'est moins sûr puisque le budget va revenir du Sénat complètement refait et ne correspondant pas du tout, en tout cas, à un compromis possible avec les socialistes.
02:02Alors les socialistes, on sait leurs exigences.
02:03Ils veulent faire payer les plus riches.
02:06Ils veulent...
02:06Alors il y a cette histoire de taxe Zuckman, taxe Zuckman-Lacte.
02:10Est-ce qu'elle va revenir ? Ce n'est pas certain.
02:11Il y a le gouvernement, lui, qui propose un compromis sur la taxation des holdings.
02:16Là aussi, il y a eu une mesure proposée.
02:19Mais LR, parce que là, il faut aussi voir de l'autre côté de l'échiquier politique ce qui est possible, LR avait refusé.
02:25Et donc sur la taxe holding, elle a été un peu vidée de son sens, la mesure qui était proposée.
02:29Et puis il y a le Rassemblement National, qui, avec le Modem, dans une alliance assez contre-nature, on peut dire, propose une réforme de l'IFI, une sorte de nouvelle ISF,
02:38ce fameux impôt dit sur la fortune improductive, qui ne contentera également personne, parce qu'il n'a aucune cohérence économique en réalité.
02:46Donc qu'est-ce qui va se passer sur le budget de l'État ?
02:49Peut-être le sujet du 49-3 va finir par revenir sur la table, parce qu'on n'imagine pas les socialistes voter pour.
02:56Donc la seule chose qu'il pourrait faire, c'est s'abstenir sur un éventuel 49-3, sur une demande de responsabilité de Lecornu,
03:03qui pourrait venir, d'après ce qu'on entend, peut-être pas de Lecornu lui-même, mais d'Emmanuel Macron, qui sifflerait la fin de la fin.
03:08En disant, à la fin, on arrête ce 49-3 ?
03:10Ça fait des mois qu'on parle de ces budgets, on n'avance pas, on se bat sur des pécadilles, quand même, sur le fond du problème,
03:18on ne résout pas les problèmes de déficit, et puis il y a des tas de réformes qui doivent attendre.
03:22Vous parliez ce matin du prix de l'énergie, ça c'est un sujet concernant pour les Français, il faut une PPE, il faut voter des textes,
03:30il y a énormément de sujets qui sont vraiment beaucoup plus concernants pour les Français que simplement, aujourd'hui,
03:35avoir un budget qui est simplement nécessaire pour faire tourner la vie économique de la nation,
03:39les entreprises aussi, elles n'en peuvent plus, elles attendent qu'il y ait de passer à autre chose, d'une certaine façon.
03:45Mais on a quand même acté deux choses, on a acté le fait qu'on n'a pas du tout l'intention de redresser les comptes,
03:49et on a acté qu'on sacrifie les jeunes pour les vieux. Ça c'est désormais notre art de vivre à la française, quand même.
03:53Non, mais je pense que c'est un moment de la vie politique, je pense que 2027,
03:57c'est-à-dire que le grand débat sur les grands choix qu'on doit faire, c'est l'élection présidentielle.
04:01Là, ce qu'on voit, c'est qu'aujourd'hui, on a une France qui est fracturée,
04:05le résultat des élections législatives l'a montré.
04:07Donc, il va falloir qu'il y ait, à un moment donné, effectivement, une grande explication sur tous ces sujets,
04:13prendre les Français à témoin, et puis ils trancheront.
04:15Alors, est-ce qu'on aura le même résultat qu'aux élections législatives,
04:19aux législatives d'après-présidentielle, s'il devait y en avoir une ?
04:21Parce qu'il faudra bien, si un nouveau président est élu, quel qu'il soit,
04:25qu'il va tenter d'avoir une majorité.
04:28Et puis, c'est sur la base du projet du président de la République qui sera élu,
04:32qu'on retrouvera peut-être une certaine cohérence économique.
04:35– Et vous pensez qu'on va porter dans la campagne d'autres sujets que les retraites ?
04:40– C'est parfois long de maturer et de comprendre les sujets.
04:42Souvenez-vous, le débat Macron dissout, trois semaines après, il faut voter.
04:48On n'a pas le temps de prendre les Français à témoin, de leur expliquer les sujets qui sont compliqués.
04:53On a bien vu aussi que ça a été saisi comme une opportunité pour la gauche de se refaire,
04:56ce qui a été plutôt bien joué.
04:58Sauf que là, maintenant, c'est un peu raté, puisqu'ils se sont divisés eux-mêmes.
05:01Donc, c'est une victoire politique, sans doute aussi pour Olivier Faure et pour le PS, il faut le reconnaître.
05:06Alors, est-ce qu'il y a une incarnation suffisamment forte aujourd'hui ?
05:09Il y a les bases, en tout cas, pour le PS, peut-être avec un accord avec les écologistes,
05:14pour reconstruire quelque chose.
05:16Et puis, on voit bien, ce qui s'est passé quand même hier, c'est que les LR sont très divisés.
05:20– Oui, c'est ça.
05:20– Une grande partie du groupe LR a voté pour, alors que le président du parti avait demandé de voter contre.
05:25Donc, à un moment donné…
05:26– Eux, ils ne sortent pas gagnants de cette séquence.
05:28– Plus personne ne sait vraiment où ils habitent aujourd'hui.
05:30Je crois que c'est vraiment le problème auquel on est confronté dans ce parlementarisme un peu revisité.
05:37C'est qu'il va falloir, effectivement, que l'élection présidentielle, elle rebatte les cartes,
05:41dise un petit peu où va la France.
05:43Là, aujourd'hui, ce n'est pas un budget qui nous donne un cap,
05:45qui nous dit de façon claire, par rapport aux grands enjeux du monde,
05:49l'accélération, ce qui se passe en Chine, ce qui se passe sur l'IA,
05:52ce qui se passe avec Trump, qui aujourd'hui menace très clairement le projet européen,
05:56ce budget français, il les permet juste d'envoyer peut-être un petit message
06:01que une relative stabilité politique est possible pour les deux ans à venir.
06:06Parce que si on devait vivre les deux prochaines années jusqu'à 2027 dans la même instabilité,
06:11je pense que pour le pays, ça sera très mauvais.
06:13Et c'est d'ailleurs ce que tout le monde nous dit.
06:14La parole de la France n'est plus écoutée.
06:17Les entreprises ne savent plus si elles doivent investir,
06:19dans quel cadre, avec quelle réglementation, avec quelle fiscalité.
06:23Donc il faut, je pense, remettre les compteurs à zéro, d'une certaine façon.
06:26C'est ça que ce budget 2026 va faire.
06:29Vous êtes plein d'espoir, en fait.
06:30Je sais que vous adorez la macroéconomie et le budget.
06:33Mais après, le budget 2026, en espérant qu'il y en ait un,
06:35même si c'est par une loi spéciale, il y aura de toute façon une année 2026.
06:39On va rentrer en 2026.
06:41Eh bien, il va falloir faire le budget 2027.
06:42Donc je vous donne rendez-vous, bon courage.
06:44Vous avez adoré le budget 2026.
06:45Je ne suis pas journaliste politique dans l'âme.
06:47Vous avez aimé le budget 2026, vous adorez probablement le budget 2027.
06:50– Mais vous avez quand même un peu d'espoir qu'on mette de côté
06:53cette séquence un peu bitoyable.
06:54– Moi, je pense qu'il faut, là, j'en pense une porte ouverte,
06:56mais le milieu économique qu'on rencontre, ils n'en peuvent plus.
07:00Il faut simplement, à un moment donné, retrouver la raison.
07:04Il n'y a pas que le budget dans la vie, il y a la vie réelle de l'économie,
07:08toutes ces entreprises.
07:09Hier, à la tribune, on faisait un événement sur les entreprises familiales.
07:12Eux, ce qu'elles veulent, c'est dans quel cadre on va pouvoir créer des emplois,
07:15investir, se développer, innover.
07:17Voilà des sujets, je crois, qui à BFM Business, comme à la tribune, nous préoccupent.
07:22Et les Français aussi, je pense, ont besoin de retrouver simplement de la stabilité.
07:28– Merci beaucoup Philippe, ma vidéo est venu ce matin dans la matinale de l'économie.
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