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  • il y a 4 mois
Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay.

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00:00BFM Business et la Tribune présente
00:02Le 18-19 d'Edwige Chevrillon
00:07Bienvenue dans le 18-19, on va parler de pub, on va parler de fiscalité bien sûr,
00:16on va parler du discours de Donald Trump à Loni,
00:19mais tout de suite on va parler du médicament avec le président du LEME
00:23qui tire la sonnette d'alarme.
00:26Bonsoir Thierry Hulot.
00:27Bonsoir Edwige Chevrillon.
00:28Merci d'être avec nous, vous êtes président du LEME,
00:30alors le LEME on va dire que c'est le syndicat de l'industrie pharmaceutique,
00:36et puis donc le patron pour la France de Merck, c'est un point aussi important.
00:41Vous avez aujourd'hui tenu votre conférence de presse,
00:44vous vous appelez à des états généraux, vous vous dites, attends, stop,
00:47vraiment la France va vers un déclassement,
00:50regarder des médicaments, des nouveaux médicaments,
00:53que ce soit contre l'Alzheimer, l'antimigraineux,
00:55on ne peut pas les avoir en France,
00:57donc la France est en train de tomber dans une spirale
01:00où l'innovation est en train de disparaître.
01:03C'est-à-dire que vous avez des choses à nous dire.
01:04Je voudrais d'abord qu'on commence peut-être, je ne sais pas si vous avez vu,
01:08je crois que vous êtes en plus pharmacien de formation,
01:11si vous avez vu cet appel au boycott de commandes de vaccins pour le Covid,
01:17contre la grippe, qui commence le 14 octobre,
01:20et il y a des pharmaciens qui disent, non, non, il ne faut pas en commander.
01:23Vous leur répondez quoi ?
01:24C'est scandaleux.
01:26Je suis pharmacien et je ne crois pas un instant qu'un de mes confrères,
01:30qui a signé comme moi le serment de Galien,
01:34refuse un moment de fournir un vaccin à un patient qu'en a besoin.
01:38Ça n'a aucun sens.
01:39Mais comment vous expliquez ça ?
01:41On va dire que c'est un mouvement de colère,
01:43et ça n'aura pas lieu, ça ne peut pas avoir lieu.
01:47Nous avons un devoir de garantir que quand un patient a besoin de son traitement,
01:52on lui fournisse.
01:53Mais comme vous dites, c'est un mouvement qui dépasse la France,
01:57c'est un mouvement, regardez, les antivax,
01:59il est en train de prendre le pouvoir,
02:01enfin, bon, il faut faire attention,
02:02mais aux États-Unis, notamment avec le ministre de la Santé, Robert Kennedy,
02:05c'est assez incroyable ce qui se passe.
02:08Mais ce qui est en train de se passer à l'échelle mondiale,
02:11et c'est nouveau, ça date de ces derniers mois,
02:13le médicament est devenu un enjeu géopolitique.
02:17Et donc, il faut une politique du médicament,
02:19et on voit la crispation à l'échelle mondiale,
02:23et je crois que tous les sujets que vous couvrez aujourd'hui en votre journal vont le montrer,
02:28et le médicament est devenu au cœur de cet enjeu,
02:30avec un bloc des États-Unis qui veut renforcer son indépendance sanitaire,
02:34un bloc chinois qui l'a construit jour après jour,
02:36et quelle est la réponse de l'Europe ?
02:37Quelle est la réponse de la France ?
02:39Si on ne fait rien, la France sera déclassée en termes de médicaments,
02:43c'est pourquoi j'en appelle très solennellement à des États généraux du médicament.
02:47On ne peut pas remettre éternellement à deux mains
02:49de décider quelle place on veut donner aux médicaments dans ce pays,
02:54quelle part de notre richesse on veut y consacrer,
02:56comment on le finance, où est-ce qu'on va chercher des économies.
02:59Donc il faut réunir d'urgence toutes les parties prenantes.
03:02Ce n'est pas que l'industrie pharmaceutique,
03:04ce sont les médecins-prescripteurs,
03:05ce sont les responsables des réseaux de distribution,
03:08ce sont bien entendu nos confrères officinaux,
03:10ce sont toutes les administrations concernées,
03:12et que l'on dise honnêtement aux Français,
03:14voilà comment on va gérer l'accès aux médicaments à l'avenir.
03:17Si on ne le fait pas, on ne se déclassera comme l'Angleterre est en train de le faire.
03:20Il y a urgence.
03:21Alors, ce qui est d'autant plus intéressant,
03:23c'est qu'on voit qu'il y a vraiment une ruée de tous les grands labos,
03:28notamment britanniques, vers les États-Unis,
03:31parce que lui, Donald Trump, il a dit,
03:33c'est simple, si vous ne produisez pas aux États-Unis,
03:35c'est le coup de matraque sur les médicaments.
03:38Qu'ont fait les États-Unis ?
03:40Déjà, ils ont réalisé qu'avec des prix beaucoup plus chers
03:43que les autres pays européens,
03:45que les pays européens,
03:46ils payaient plus l'innovation que les autres.
03:49Et comme ils l'ont fait pour l'armement,
03:51ils ont dit, ça, c'est terminé,
03:52maintenant, on va se répartir la charge.
03:55Et donc, il va falloir que les prix s'ajustent quelque part
03:57à la hausse en Europe.
03:59Et en même temps,
03:59ils veulent renforcer leur indépendance sanitaire.
04:02Donc, ils disent,
04:03si vous ne produisez pas aux États-Unis,
04:05si vous ne faites pas de la recherche clinique aux États-Unis,
04:08eh bien, vous aurez des droits de douane
04:09qui vont simplement augmenter,
04:11qui seront une barrière d'entrée.
04:12Donc, immédiatement,
04:14ça a attiré les investissements.
04:15300 milliards de dollars.
04:17350 même, je crois, oui.
04:18Peut-être 350 annoncés ces dernières semaines.
04:21Et pendant ce temps,
04:22qu'est-ce qui se passe en France ?
04:23Si on regarde en arrière,
04:26Choose France, il y a un an, un an et demi.
04:28Un milliard d'investissements fléchés sur la santé.
04:32Choose France 2025,
04:33un quart de cette somme.
04:34Alors, le ministère de l'Industrie...
04:35Ce n'est pas un grand labo invité.
04:37Le ministère de l'Industrie
04:38fait tout ce qu'il peut
04:39pour attirer les investissements,
04:41mais sans une politique de santé claire,
04:43lisible, prévisible, forte,
04:45les investissements partiront ailleurs.
04:46Les Français en souffriront.
04:48C'est mon combat aujourd'hui.
04:49Ces États généraux...
04:50Oui, j'ai envie de dire,
04:51on va faire un petit touche plus personnel.
04:53C'est votre combat,
04:54d'autant plus que vous l'avez révélé.
04:57Vous avez été victime d'un cancer,
04:59dans l'info,
05:00mais du reste, je vous remercie.
05:01Je crois que c'est votre première intervention
05:02depuis que vous avez fait cette annonce.
05:04C'était déjà il y a quelques mois.
05:06J'espère que vous allez mieux.
05:07Oui, tout à fait.
05:08Je suis en rémission.
05:09J'ai été pris en charge de manière extraordinaire
05:11par les hospices civils de Lyon,
05:12mais aussi par mon infirmier,
05:14par mon biologiste de quartier,
05:16par ma pharmacienne de quartier.
05:17Et on ne remercie jamais après assez
05:19tous les professionnels de santé.
05:20Mais donc, on trouve quand même,
05:21parce que votre raisonnement de dire
05:23pourquoi vous appelez à ces États généraux,
05:25Thierry Hulot,
05:25c'est de dire,
05:27enfin, on ne va plus trouver en France
05:30les grandes innovations médicamenteuses,
05:33notamment sur les anticancéreux, etc.
05:35Je vais vous donner un exemple
05:36très concret, très personnel.
05:39Si je suis ici aujourd'hui,
05:41c'est parce que j'ai bénéficié
05:43d'une innovation thérapeutique majeure
05:44qui date déjà d'une vingtaine d'années.
05:47Mais à l'époque,
05:48elle est arrivée en France
05:48très vite après les États-Unis.
05:50Elle a été valorisée
05:51à son juste prix thérapeutique.
05:53Ça a permis d'investir
05:54dans de la recherche clinique complémentaire.
05:56Et les cliniciens français,
05:57dont tout le monde reconnaît l'expertise,
05:59se sont aperçus qu'en utilisant
06:00cette molécule en association à d'autres,
06:03ont changé le pronostic de cette maladie.
06:05En quelques mois,
06:06ils ont établi un nouveau standard de traitement
06:09qui est devenu la référence mondiale
06:10de traitement pour les lymphomes,
06:12dont j'ai bénéficié.
06:13J'ai eu cette chance inouïe.
06:15Qu'est-ce qui va se passer demain
06:16si les innovations n'arrivent pas rapidement en France ?
06:19Cet exemple que je viens de vous donner
06:21de la France qui gagne,
06:22qui sauve des patients,
06:23ça aura lieu ailleurs.
06:25Et mon combat aujourd'hui, il est là.
06:27Comment garantir que demain,
06:28après-demain,
06:29les innovations arriveront
06:30pour les patients qui en ont besoin ?
06:31Oui, mais vous connaissez le raisonnement
06:32de l'autre côté,
06:32c'est de dire qu'il y a des innovations,
06:35il y a des nouveaux médicaments,
06:36mais que les laboratoires en demandent
06:38tellement, c'est tellement cher,
06:41que c'est vrai que la sécu
06:41n'a pas les moyens de payer.
06:43Alors,
06:44vous voyez, où est la vérité ?
06:45Parlons du prix du médicament.
06:47Il est, en moyenne, en France,
06:4910% plus bas
06:49que les autres grands pays européens.
06:51Mais ça, c'est pour le médicament...
06:52Il est 4 à 5 fois moins cher
06:54qu'aux Etats-Unis, en moyenne.
06:56Donc la France paie moins cher que les autres.
06:59Donc dire que les médicaments sont chers,
07:00c'est un marché mondial.
07:01C'était sur les médicaments
07:03où il y a beaucoup d'innovation
07:05sur les nouveaux médicaments,
07:06les nouveaux anticancéreux,
07:07les nouveaux médicaments
07:09contre l'Alzheimer.
07:11C'est là-dessus qu'il y a une polémique.
07:13Mais parce que l'investissement
07:15de recherche est de plus en plus élevé
07:17et de plus en plus risqué.
07:19Si vous prenez une molécule
07:20en phase précoce de recherche,
07:21seule une sur 100
07:22arrivera au bout du parcours
07:24et sera disponible pour les patients
07:25parce qu'elle aura montré
07:26assez d'effets thérapeutiques
07:28et assez de bénéfices risques.
07:30Les compagnies vont avoir investi massivement.
07:33Le coût de développement d'une molécule
07:34est entre 1 et 2 milliards
07:35et très peu de molécules arrive au bout.
07:37Donc il faut à un moment amortir
07:39que l'investisseur retrouve sa mise au départ.
07:41Mais il n'y a pas des excès quand même ?
07:43De votre côté,
07:43il y a peut-être aussi des manquements
07:45du côté de l'art ?
07:46Je crois qu'il y a suffisamment
07:47d'autorité régulatrice
07:49pour éviter les excès.
07:50Je pense simplement
07:51qu'il va falloir accepter
07:52en Europe, en France,
07:54de payer l'innovation
07:55à son juste prix
07:56et en même temps arrêter d'étouffer
07:58complètement les traitements
08:00du quotidien
08:00qui sont à bien plus bas prix
08:01dont on rogne le prix
08:03en permanence
08:04et à un moment
08:04il n'y aura plus de modèle économique
08:05pour les produire.
08:06C'est pour ça qu'on fait des états généraux.
08:08C'est quoi la situation
08:09aujourd'hui en France ?
08:11La situation se dégrade.
08:12On a publié au mois de juin
08:14un baromètre de la situation
08:15qui montre que sur tous les critères,
08:17la France se déclasse.
08:20Un traitement,
08:20j'allais dire,
08:21standard,
08:22temps d'accès au marché en France,
08:23500 jours avant d'être disponible
08:25pour les patients.
08:26C'est moins de 50 jours
08:27en Allemagne.
08:28Sur les innovations
08:29approuvées en Europe,
08:30l'agence européenne
08:32juge
08:32est-ce qu'il y a innovation ou pas
08:34et donne l'autorisation.
08:3560% seulement
08:36arrivent en France.
08:38La balance commerciale
08:38du médicament
08:39de la France
08:40se dégrade
08:41et va être probablement
08:42négative cette année.
08:43La seule réflexe
08:44qu'il y a
08:45en l'absence
08:45d'une feuille de route
08:47stratégique claire,
08:48c'est que tous les ans
08:49on parle du médicament
08:50quand,
08:51au mois de septembre,
08:52au moment de la loi de finances,
08:53donc on ne voit
08:54que l'aspect financier
08:55et on essaye de faire
08:56rentrer un budget
08:57dans une case.
08:58La question à long terme,
09:00comment on va garantir
09:01que nos concitoyens
09:02aient accès au traitement,
09:03aient accès à l'innovation
09:04et aient accès au traitement
09:05du quotidien,
09:06on ne la règle pas,
09:07il faut d'urgence
09:07des états généraux.
09:09Oui,
09:09ce n'est pas nouveau
09:10que vous tirez
09:11la sonnette d'alarme
09:12parce que vous êtes venu
09:13plusieurs fois sur ce plateau,
09:15Thierry Hulot,
09:16et donc là,
09:16vous dites,
09:17on est arrivé
09:18à un point extrême.
09:20Oui,
09:21parce que ce qui est nouveau,
09:22c'est qu'on a fait
09:25maintenant du médicament
09:26un enjeu géopolitique
09:27et donc se dire
09:28qu'il n'y a pas
09:29de réponse française
09:29ou européenne.
09:30On va régler ça
09:31d'un point de vue budgétaire
09:33au sein de l'administration
09:34franco-française,
09:35ça ne marchera pas.
09:37Qu'est-ce qu'on voit ?
09:38L'Angleterre
09:39qui était montrée
09:40en exemple
09:40pour accueillir
09:41les innovations
09:42est rentrée
09:43comme la France
09:43où on va taxer,
09:45taxer, taxer
09:45cette industrie
09:46encore et encore.
09:47qu'est-ce qu'on voit ?
09:49Des grands laboratoires
09:49pharmaceutiques
09:50ces dernières semaines
09:51ont dit qu'ils ont
09:51désengagé de l'Angleterre
09:52et qu'ils ne construiraient
09:53pas les usines
09:54qu'ils avaient prévues
09:55en Angleterre,
09:55qu'ils iraient les mettre
09:56aux Etats-Unis,
09:57que la recherche clinique
09:58n'aurait plus lieu
09:58en Angleterre
09:59et certains disent
10:00s'il y a continu
10:00comme ça,
10:01on déménagera
10:02notre siège social
10:02ailleurs.
10:03C'est ce qui nous attend
10:04demain.
10:05Mais c'est ce que déjà
10:05fait un peu Sanofi
10:06lorsqu'il va justement
10:08faire plutôt sa recherche
10:09aux Etats-Unis
10:10et lorsqu'il vend
10:11sont de l'Iprane.
10:13Je ne le dirais pas
10:14comme ça
10:15et la situation
10:16est plus complexe.
10:18Ce que je vois
10:18c'est l'industrie pharmaceutique
10:19en général.
10:21Le marché français
10:22c'est 3% du marché mondial.
10:25Si on n'est pas attractif,
10:26si on n'a pas une politique claire,
10:28on sera mis à l'écart.
10:30Et c'est ce qui est
10:31en train de se produire.
10:31Voilà,
10:32c'est ça que c'est le point
10:33quand même très important
10:34c'est que vous dites
10:34c'est ça qui est en train
10:35de se produire,
10:36les chiffres le montrent.
10:37C'est-à-dire qu'aujourd'hui
10:38le marché français
10:39n'est plus suffisamment rentable
10:41pour les grands labos pharmaceutiques.
10:44C'est ça que c'est ça.
10:45C'est prédictif.
10:45On nous promet
10:46dans le nouveau PLFSS
10:47une septième taxe sectorielle.
10:50Mais c'est uburois.
10:52On représente uniquement
10:549% des dépenses
10:56de l'assurance maladie.
10:57C'est important,
10:58mais ce n'est que 9%.
11:00Qu'est-ce que je constate
11:01depuis maintenant
11:02à peu près un an ?
11:04La ministre de la Santé
11:05et du Travail
11:05ne nous a pas reçus
11:06parce qu'elle ne reçoit pas
11:07les syndicats professionnels
11:08dans l'industrie pharmaceutique.
11:10Où va-t-on
11:11s'il n'y a pas de dialogue ?
11:13Il faut une volonté politique.
11:15Il faut avoir le courage
11:16de dire aux Français
11:16voilà comment on va investir
11:18demain dans les innovations,
11:19voilà comment on va vous garantir
11:21l'accès au traitement
11:21du quotidien.
11:23Et qu'est-ce qu'on constate ?
11:24Quand on se met tous
11:25autour de la table,
11:26ça marche.
11:27Quand je suis venu
11:28il y a 18 mois,
11:29on avait longuement parlé
11:30des pénuries.
11:31Je vous ai dit
11:31il y a un plan
11:32qui a été mis,
11:33un plan pénurie
11:33mis en place
11:34sous l'égide du ministre
11:35de la Santé de l'époque
11:36avec toutes les parties prenantes.
11:37On s'est tous engagés.
11:3918 mois après,
11:40qu'est-ce que je constate ?
11:41La situation est loin
11:42d'être parfaite
11:43mais elle s'est améliorée.
11:45Et jour après jour,
11:46on se bat
11:47pour qu'elle s'améliore.
11:48Donc quand on s'y met
11:49tous ensemble,
11:50ça marche.
11:51Quand on dresse
11:51les uns contre les autres,
11:52ce qu'on voit
11:53avec le projet de PLFSS actuel,
11:55c'est le déclassement
11:56de la France.
11:56Le projet de loi
11:57de financement
11:57de la sécurité sociale.
11:58Merci.
11:59On va dire, oui.
12:00Et donc,
12:01une des mesures phares,
12:02effectivement,
12:03c'est,
12:03enfin il y en a deux,
12:05c'est le prix du médicament.
12:06Donc on va vous renier
12:08de combien encore ?
12:09Alors on parle
12:10de baisser les prix
12:11encore plus
12:12que l'année précédente
12:13où déjà c'était
12:14un milliard cette année.
12:16Jamais atteint.
12:17Et donc,
12:18quand on voit
12:18que le marché mondial
12:19dit qu'il va falloir
12:20se partager le coût
12:21de l'innovation
12:22parmi les pays développés,
12:24la réponse de la France
12:25c'est qu'on va baisser
12:25les prix encore plus.
12:26Mais les innovations
12:27n'arriveront plus.
12:28On est en train
12:29de mettre une barrière
12:29à l'arrivée des innovations
12:31dans ce pays.
12:32Et qu'est-ce qu'il faut faire alors ?
12:34Qu'est-ce qu'il faudrait faire ?
12:35Attendez,
12:35il y a une autre mesure
12:36aussi dans ce PLFSS
12:37c'est sur les génériques.
12:38En fait,
12:39c'est la volonté
12:39de multiplier encore plus
12:41les génériques.
12:42Est-ce qu'on ne peut pas
12:43changer nos habitudes
12:44quand même
12:44de consommation
12:45de médicaments ?
12:47Sur les médicaments génériques.
12:49Une fois qu'un médicament
12:51est hors brevet,
12:52que les frais de recherche
12:53et développement
12:53ont été amortis,
12:54qu'ils soient génériqués,
12:55c'est très bien.
12:56Ça a permis pendant des années
12:57de financer l'innovation
12:58mais les prix partout
12:59sont arrivés tellement bas
13:00que ça ne suffit plus.
13:01Qu'est-ce qu'il faut faire ?
13:02C'est se mettre tous
13:03autour de la table.
13:04Ça pèse pour combien
13:04le générique en France ?
13:06Je n'ai pas le chiffre
13:07exact en tête.
13:08Ce qu'il faut faire,
13:08c'est se mettre tous
13:09autour de la table
13:10et dire quelle politique
13:11du médicament
13:12on veut dans ce pays.
13:14Et le dire clairement
13:15à nos concitoyens
13:15et réfléchir ensemble
13:16comment on va la financer,
13:18comment on va aller chercher
13:19de l'efficience
13:19dans le système.
13:20Vous m'aviez invité
13:21il y a un an,
13:22j'étais venu avec un plan
13:23d'économie sur le médicament,
13:25pas en allant prendre l'argent
13:26à l'hôpital
13:28ou chez mes confrères officinaux
13:30en disant
13:30dans l'économie du médicament,
13:31on peut aller chercher
13:32un milliard d'économies par an.
13:34Je n'ai reçu aucune réponse.
13:36Il n'y a pas eu
13:36de volonté politique
13:37d'aller contractualiser
13:38avec l'État.
13:38Peut-être que les ministres
13:39ont changé,
13:40ça va encore changer peut-être.
13:41Mais il y a urgence.
13:43On ne va pas attendre
13:45de revenir dans une situation
13:46plus stable
13:47pour agir
13:48parce qu'à la fin,
13:49nos concitoyens
13:50n'auront pas accès
13:50au traitement.
13:53Et donc là,
13:53les États généraux,
13:54vous demandez ça
13:55avec quelle échéance,
13:57comment vous voyez bien
13:58la situation
13:59dans laquelle nous nous trouvons
14:00sur le plan politique ?
14:01On a un nouveau Premier ministre
14:03qui a proposé
14:05une rupture
14:06dans la méthode de travail.
14:08Je demande
14:08de travailler
14:10sur une méthode
14:10de dialogue,
14:11de réunir
14:12toutes les parties prenantes
14:13et de dire
14:13voilà,
14:14à court et à moyen terme,
14:16la politique du médicament
14:17qu'on va mettre en place
14:18pour commencer
14:19de geler
14:19les textes délétères
14:20prévus au PLFSS
14:21et vraiment d'avoir
14:22une réflexion stratégique
14:24et ensuite
14:25de s'en donner les moyens.
14:26Madame Bobigny,
14:27présidence du CEPS,
14:28le comité des prix,
14:29a fait récemment
14:30des recommandations
14:31au gouvernement
14:31en disant
14:32il faut réfléchir ensemble
14:33à comment est-ce
14:35qu'on veut valoriser
14:36l'innovation,
14:37comment on veut
14:37l'accueillir,
14:38comment on veut
14:38la favoriser,
14:39comment on va financer
14:40sur le long terme
14:41en réfléchissant
14:43pas année après année
14:44mais sur plusieurs années
14:45le médicament en France.
14:47Thierry Hulot,
14:47qu'est-ce qui reste
14:48comme recherche
14:49en France
14:49dans le médicament ?
14:51Il reste des laboratoires,
14:53Français investis
14:55dans la recherche.
14:55La recherche,
14:56par exemple,
14:56évidemment la recherche
14:57elle n'est pas en France.
14:58Mais je vais répondre
15:00de manière suisse
15:00en disant oui et non
15:01parce qu'il y a
15:02des essais cliniques
15:02en France.
15:03Tous les grands groupes
15:04internationaux,
15:05dont le mien,
15:06font de la recherche clinique
15:06en France.
15:06Oui mais ça ne pèse pas
15:07très lourd.
15:08Ça ne pèse pas très lourd.
15:09Ça pèse relativement lourd
15:11et c'est fondamental.
15:13Quel est l'intérêt
15:13de la recherche clinique ?
15:15Quand un protocole
15:16de recherche clinique
15:16a lieu en France,
15:17c'est un patient
15:18qui a une option
15:18thérapeutique de plus.
15:20C'est des coûts
15:21qui sont pris en charge
15:21par le laboratoire.
15:23Ça permet à l'excellence
15:24de nos chercheurs français
15:25de mettre en place
15:26de nouveaux protocoles
15:27de traitement
15:28comme celui dont j'ai bénéficié.
15:29Il faut attirer
15:30la recherche clinique.
15:31Il faut la faciliter.
15:32Qu'est-ce qu'a fait l'Allemagne ?
15:34L'Allemagne dit
15:34si vous avez 5%
15:35de vos patients
15:36dans votre recherche clinique
15:37en Allemagne,
15:38vous aurez un premium
15:39sur le prix.
15:41Depuis,
15:41il y a plus de recherches cliniques
15:42qui vont en Allemagne
15:42qu'ailleurs.
15:43Qu'est-ce qu'on attend ?
15:45Est-ce qu'il n'y a pas aussi
15:48une autre manière
15:51de consommer le médicament ?
15:53On sait que les Français
15:54sont très férus
15:54de consommation,
15:56férus de médicaments.
15:57Ils consomment
15:57beaucoup plus
15:58que d'autres Européens.
16:02Comment faire ?
16:02Parce que les médecins
16:03aussi nous font toujours
16:04des ordonnances très longues.
16:06En plus,
16:07on prend,
16:07vous avez besoin
16:08d'un comprimé,
16:09de comprimé
16:09et puis vous vous retrouvez
16:10avec toute une boîte
16:11de médicaments.
16:12On voit bien que là aussi
16:13ça ne fonctionne pas.
16:14Est-ce que,
16:15alors c'est une art lésienne,
16:17est-ce qu'on ne peut pas faire
16:18un peu comme ce qui existe
16:19en Grande-Bretagne
16:21où quand vous regardez
16:22votre traitement,
16:23vous arrivez chez le pharmacien
16:24et vous dites
16:24vous avez besoin
16:24de 30 pilules
16:25et je vous donne
16:2630 pilules
16:27et pas 3 boîtes
16:28de médicaments ?
16:29Ça peut être
16:30un très long débat.
16:31Il y a une chose
16:33qui est certaine,
16:33il faut aller chercher
16:34de l'efficience
16:36partout.
16:37On avait proposé
16:38l'an dernier
16:38de renforcer
16:40le bon usage
16:41du médicament.
16:41On a fait une campagne
16:42notamment chez la personne
16:43âgée de plus de 65 ans.
16:45Il y a souvent
16:46trop de prescriptions
16:47ou beaucoup de prescriptions.
16:48On veut inciter
16:49les médecins
16:49à se poser la question
16:50est-ce que chez cette personne-là,
16:52ce patient-là,
16:53chaque prescription
16:53est nécessaire ?
16:5525 000 médecins
16:56ont participé
16:58à cette campagne
16:59que l'on a lancée.
17:00Ça s'est traduit
17:01pour une ordonnance
17:02sur 20
17:03pour une correction
17:04de l'ordonnance
17:05à la baisse.
17:06Ça c'est des économies
17:07qui sont à nos portées de main.
17:10Pourquoi derrière
17:10le relais n'a pas été pris
17:11par l'administration
17:12pour généraliser ça
17:13à l'échelle nationale ?
17:15Il y a des économies
17:16à nos portées de main,
17:17on n'y pense pas.
17:17Par contre, taxer, taxer, taxer,
17:20vieille rengaine,
17:20on sait faire,
17:21on remplit une bêbe noire
17:22qui fuit.
17:22C'est vrai qu'en France
17:24on est assez bon.
17:25Je ne vous poserai pas
17:25la question pour une fois
17:26sur la taxe du Kman,
17:27j'imagine que ce n'est pas
17:28tellement votre sujet.
17:29Mais en revanche,
17:30est-ce que vous avez l'impression
17:31qu'il y a toujours
17:32un peu la lutte des classes,
17:33le privé contre le public ?
17:35Qu'on voit dans les hôpitaux,
17:36qu'on voit d'une manière générale
17:38sur l'ensemble
17:39du système de santé.
17:40Mais est-ce que vous,
17:40vous voyez
17:40un nostracisme
17:42vis-à-vis de vous ?
17:43Non, je ne vois pas
17:44une lutte entre le privé
17:45et le public.
17:46Ce que je vois pour l'instant,
17:47c'est qu'en l'absence
17:49de vision politique,
17:50stratégique claire,
17:51l'administration reproduit
17:52les vieilles recettes d'hier
17:53et ça n'aide pas
17:54et ça ne règle pas
17:55le problème fondamental.
17:57Alors, de temps en temps,
17:58il y a des mesures qui sortent.
17:59Vous avez sûrement entendu parler
18:00dans les affections
18:00de longue durée.
18:01On va rembourser
18:02les médicaments à 15%,
18:03sans études d'impact,
18:05sans concertation
18:06avec les parties prenantes,
18:07alors que dans la liste,
18:08il y a des molécules
18:09d'intérêt thérapeutique majeurs
18:10sur la liste
18:11des médicaments essentiels
18:12de l'OMS.
18:13Donc, on prend comme ça,
18:15dans un bureau,
18:16des mesures
18:16qui n'ont pas de sens.
18:21Et donc,
18:22même vous,
18:23vous n'arrivez pas
18:24à rencontrer
18:24le ministre de la Santé
18:25pour lui expliquer
18:26que ça n'a pas de sens ?
18:27On m'a encore dit
18:28un bel longtemps
18:28que la ministre de la Santé
18:29et du Travail
18:30ne recevait pas
18:31l'industrie pharmaceutique.
18:32Alors, on voit son cabinet,
18:33mais son cabinet
18:34n'est pas lui
18:35qui fixe
18:36avec toute la volonté des gens.
18:38La feuille de route stratégique,
18:39c'est pourquoi,
18:40j'en appelle
18:40le nouveau Premier ministre
18:41qui propose une rupture
18:42de méthode
18:43pour des états généraux
18:44du médicament.
18:45C'est fondamental
18:46si on veut garantir
18:47dans les années qui viennent
18:49de pouvoir être
18:50aussi bien traité
18:51que je l'ai été
18:51ces derniers mois.
18:52Et qui vous mettez dedans ?
18:53Vous l'avez dit
18:54rapidement tout à l'heure,
18:55mais si vous mettez
18:57tout le monde,
18:58ça va ne déboucher
18:58sur rien,
18:59ça va être
18:59la foire
19:01aux médicaments.
19:03Non, s'il y a
19:04une volonté politique
19:05forte,
19:05on y arrivera
19:06et chacun sera engagé
19:07parce qu'on est tous là
19:07pour quoi ?
19:08Pour s'assurer
19:09qu'un patient
19:09ait accès à son traitement
19:11quand il en a besoin.
19:12C'est ce qui nous motive tous.
19:14Et donc,
19:14en partant de ça,
19:15c'est-à-dire
19:16qu'est-ce qu'il faut faire
19:17pour qu'à court,
19:18moyen et long terme,
19:19on soit toujours aussi fiers
19:20de cette sécurité sociale
19:22qui était une superbe vision
19:23en 1945.
19:24On a une feuille de route
19:25extrêmement ambitieuse
19:26en 1945,
19:27ça nous a tous protégés.
19:29Quelle est la vision
19:30pour demain ?
19:30Quelle est la place
19:31du médicament demain
19:32dans notre société ?
19:33C'est que ça coûte moins cher.
19:34C'est ça la vision aujourd'hui.
19:36Non, la vision,
19:37c'est qu'on continue
19:37de traiter
19:38avec des standards internationaux
19:41une population
19:41qui vieillit.
19:43C'est que l'on apporte
19:43des solutions
19:44dans des domaines thérapeutiques
19:46où il n'y en a pas.
19:47J'ai été traité pour un lymphome,
19:48il y a 20 ans,
19:48il n'y avait pas de solution.
19:49Aujourd'hui, il y en a.
19:50Qu'est-ce qu'on fait
19:51pour l'Alzheimer ?
19:52Qu'est-ce qu'on fait
19:52pour la maladie de Charcot ?
19:54Il y a encore malheureusement
19:55de nombreuses pathologies,
19:57dont certains cancers,
19:57où la thérapie va être nécessaire,
20:00où l'innovation est nécessaire.
20:01La recherche, l'innovation,
20:02elle n'est pas en France.
20:03Elle est aux Etats-Unis
20:03avec Moderna,
20:04avec d'autres laboratoires.
20:06Mais attirons-la.
20:07Et quand il y a
20:08une volonté politique,
20:09on le voit en ce moment
20:10aux Etats-Unis,
20:11les choses changent.
20:12D'où l'urgence
20:13de ces Etats généraux.
20:14Et au niveau européen,
20:16est-ce qu'il y a quand même,
20:17est-ce qu'au niveau européen,
20:18il y a des...
20:19Il se passe quelque chose.
20:20On avait vu qu'au moment du Covid,
20:22justement,
20:22il y a eu une offensive
20:23commune un peu la première fois.
20:26On a réussi
20:27à trouver des financements
20:30immédiatement.
20:31Qu'est-ce qu'au niveau européen,
20:32il faudrait faire ?
20:34Mais avoir cette volonté politique
20:36de se dire,
20:37on voit que
20:38les autres blocs géopolitiques
20:41sont en train d'adopter
20:42des politiques très claires
20:43sur le médicament et la santé.
20:45Quelle est la position européenne ?
20:46Vous mentionnez le Covid.
20:48Sur une pandémie,
20:50comme le Covid,
20:51qu'est-ce qui s'est passé
20:51quand il n'y a pas de médicament ?
20:53Les médecins étaient démunis.
20:55Le réseau hospitalier
20:56était démunis.
20:56On était tous enfermés.
20:58Le médicament a une valeur.
21:00Le médicament fait partie
21:01du parcours de soins.
21:02Le médicament,
21:03en sortie du Covid,
21:04tout le monde a dit
21:04l'industrie pharmaceutique
21:06est stratégique,
21:07il faut la protéger.
21:09Conséquence,
21:09on se retrouve quelques années après
21:10pour un PLFSS 2026,
21:12où on dit
21:13on va commencer par la taxer plus
21:14en créant la septième taxe
21:16spécifique de cette industrie.
21:18C'est lunaire.
21:19Je n'ai pas d'autre mot.
21:20Et pour l'instant,
21:21vous n'avez aucun contact,
21:23évidemment,
21:24sur ce PLFSS.
21:25est-ce qu'il va être différent
21:27ou pas ?
21:28Les premiers signes
21:29que j'ai,
21:30c'est qu'il y aura une nouvelle taxe,
21:33on va garder la fameuse
21:34clause de sauvegarde
21:35qui est un impôt
21:35absolument extraordinaire,
21:37on va continuer
21:38à renforcer les baisses de prix,
21:40et on est en train
21:41de se demander
21:41si l'accès précoce,
21:42qui est une des rares choses
21:43post-Covid
21:44qu'on avait mis en place
21:45qui marchait,
21:45on ne va pas le réformer.
21:46il y a urgence
21:48d'appuyer sur le bouton
21:49pause
21:50et de se dire
21:50que veut-on
21:51pour le médicament
21:52en France.
21:52Eh bien,
21:53vous nous direz
21:53si vous avez été entendu,
21:55Thierry Hulot,
21:55en tous les cas,
21:56merci d'avoir été là,
21:58bonne santé,
21:59et puis rendez-vous
22:01d'ici quelques semaines.
22:05Quelques semaines.
22:06Voilà, c'est ça.
22:07Le budget,
22:08ça devrait être
22:08normalement mi-octobre.
22:10Normalement,
22:10c'est vrai que pour l'instant,
22:11la norme,
22:12elle n'est pas tellement respectée.
22:13Merci d'avoir été avec nous,
22:14Thierry Hulot.
22:15Merci.
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